‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 17 sur 129 · ABD M · texte numérisé non relu

ABD M

quels il donna le nom de Zhéra , que portait une de ses plus belles favorites. Ennemi généreux, il accueillit don Sanche, roi de Léon , qui, chassé de ses Étals et malade d'une hydropisie , était venu se faire traiter à Cordoue par des médecins arabes. 11 lui donna un corps d'armée, et l'aida, en 900, à remonter sur son trône. Abdérame mourut l'année suivante, à l'âge de 73 ans, après avoir porté le sceptre pendant un demi-siècle , avec plus de gloire encore que de bonheur, si l'on en juge par l'écrit suivant , tracé de sa main , et trouvé dans ses papiers : a Cinquante ans se sont écoulés depuis que a je suis calife. Richesses, honneurs, plaisirs, j'ai o joui de tout, j'ai tout épuisé. Les rois, mes rivaux, a m'estiment, me redoutent et m'envient. Tout ce « que les hommes désirent m'a été prodigué par le « ciel. Dans ce long espace d'apparente félicité, j'ai a calculé le nombre de jours où je me suis trouvé « heureux : ce nombre se monte à quatorze. Moro tels, appréciez la grandeur, le monde et la vie ! j» Abdérame eut pour successeur son fils aîné, Al- Hakem II , qui prit aussi le titre d'Emyr-rl-Moununyn. R — p.

ABD-ERRAHMAN ibn Mohammed, ibn Al- A m ii v i, capitaine arabe du 7r siècle, était de race royale, car son aïeul Al-Asehat, l'un des amis de Mahomet , le législateur des musulmans, avait été le chef de la tribu «le Kenda dans l'Yémen, et ses ancêtres avaient régné sur toutes les tribus arabes issues d'ismaél, (ils d'Abraham. Abd-Errahman se distingua dans toutes les guerres de l'islamisme sous les califats de Moavviah lrr et de Yézid I"; et quoique après la mort de ce dernier, loin de s'opposer au reU-lle Schebid, il se fût retiré à son approche et l'eût laissé entrer dans Koufah , l'an de l'hégire 73 (de J.-C. 691) , il était regardé comme un des plus habiles généraux de l'empire musulman. Hedjadj ayant été nommé, parle calife Abd-el-Mélek , gouverneur de Koufah, de IJassora et de toute la Perse, ne tarda pas à se montrer jaloux d'Abd-Errahman , et il saisit la première occasion de le perdre. Oubéidah, gouverneur du Scistan, réclamait des renforts pour continuer la guerre contre le roi de Kaboul. Abd-Errahman fut envoyé avec 20,000 hommes pour remplacer ce gouverneur et poursuivre une entreprise périlleuse dans laquelle son ennemi espérait le voir succomber; mais il s'avança vers le Kalwulisian , sans se laisser arrêter par les menaces du roi, ni par ses offres de paix et de tribut. Comme les villes et les châteaux se rendaient sans coup férir, et que l'armée ennemie n'opposait aucune résistance, Abd-Errahman jugea qu'on ne le laissait pénétrer que pour lui couper plus facilement la retraite. Il prit donc ses quartiers d'hiver, tint garnison dans les places fortes, fit occuper les défilés les plus importants, et bornant là ses conquêtes, avec l'intention de les poursuivre l'année suivante , il adressa la relation de sa campagne à Hedjadj. a Vous êtes un lâche, lui répondit cet « émir ; je ne vous ai point envoyé pour vous reposer. « Hâtez-vous donc d'achever la conquête du Kabou- « listan. » Indigné d'un outrage aussi sanglant, Abd-

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