‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 20 sur 129 · ABE 6T · texte numérisé non relu

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Rappelé en Europe à cette époque, sans que l'on connaisse la cause de celte révocation, il cessa d'être employé, et devint membre du parlement. 11 fit plusieurs voyages sur le continent, et se trouvait en 1817 a Marseille, où il mourut le 14 février. Ses obsèques s'y firent avec beaucoup de solennité, et on lui rendit tous les honneurs dus à son grade. M — D j.

ABERLI (Je.yn-Loi.is), peintre de paysages, né à Winterthur en 1723, mourut à Berne en 1786. Après avoir passé trois ans chez un peintre médiocre à Zurich, il vint à Berne, et reçut de meilleures instructions rhez J. Grim. 11 peignit d'abord le portrait. En 1739 il fit un voyage à Paris. Ses dessins coloriés de paysages suisses ont fait époque, et ont trouvé un grand nombre d'imitateurs, parmi lesquels Rietter et Biderman ont égalé et même surpassé leur maitre. Les plus grandes et les plus lielles de ses 50 planches représentent les vues de Cerlier, d'Yverdun, de Mûri et de Yimmis. Son ami Rietlcr, qui, depuis 1777, avait partagé ses travaux , tant |Kiur le dessin que pour la gravure, a donné sa vie dans le Journal helvétique des Art» et de la LU lé rature (eu allem. cah. 1 à 3, Zurich, 1800}. L— i.

ABERNETHY (Jean), théologien irlandais, né à Colraine, dans le comté de Loudonderry, en 1680. Fils d'un ministre presbytérien, il se destina à la même carrière. Dans les troubles qu'occasionna en Irlande l'insurrection de 1689, ses parents renvoyèrent en Ecosse pour y suivre ses études. 11 les fit avec succès, et à vingt et un ans il revint en Irlande, où il se distingua par des sermons fort goùlés, et par des écrits qui, pour la plupart, étaient purement polémiques; car, dans ces temps-là, où dominaient l'esprit de secte el le goût de la controverse, la vie des théologiens, même les plus éclairés, se passait presque en entier

i dans le* querelles religieuses. C'était le règne du fa-

; natisme, de l'intolérance et de la haine théologique. Trois communions religieuses étaient établies en

! Irlande, mais y exerçaient une influence très-inégale.

I La religion catholique, adoptée généralement par les classes inférieures, avait pour elle les quatre cinquièmes de la nation ; mais elle était opprimée par des lois rigoureuses qui excluaient de toute participa-

; tion aux fonctions publiques ceux qui la professaient.

| La communion anglicane, beaucoup moins nombreuse, était la plus puissante, parce que c'était celle

j du gouvernement, des fonctionnaires publics et de tous les grands propriétaires. Un assez grand nombre de presbytériens et d'autres sectaires, qu'on appelait dissident* (ditsenlers) , parce qu'ils refusaient de souscrire au symbole anglican et de prêter le serinent du Tett , exigé par le gouvernement, formaient une troisième secte, dont les membres, moins nombreux encore que les anglicans, et, comme les catholiques, exclus de toute participation aux places, étaient, par une suite nécessaire de toute persécution, plus éclairés dans leur ductrine, plus zélés dans leur croyance, et plus réguliers dans leurs mœurs. Les dissidens irlandais formaient plusieurs congrégations distinctes, qui avaient cliacune leur pasteur. Non-seulement le synode jugeait de la capacité des jeunes ecclésiastiques qui aspiraient aux fonctions du ministère, mais

il s'était encore arroge le droit de choisir le pasteur qui pouvait convenir a chaque congrégation, ainsi que la congrégation qui convenait au pasteur ; ce qui était une géne également désagréable aux uns et aux autres. Les églises de Colraine et d'Antrim, ayant eu besoin d'un ministre, désiraient toutes deux d'avoir Abernethy. 11 aurait préféré Colraine, et le synode l'obligea d'aller à Antrim. Quelque temps après, ayant été invité à passer à Dublin, il refusa ; le synode décida qu'il serait forcé de s'y rendre; mais, ferme dans ses principes de républicanisme presbytérien , il se révolta ouvertement contre cette décision, qu'il regarda comme une injustice et un attentat à la liberté religieuse, et il se mit à écrire contre les usurpations de la juridiction ecclésiastique. D'autres sujets de.dispute lui fournirent les occasions de soutenir et d'étendre cette controverse. De là sortirent un grand nombre d'écrits polémiques, qui divisèrent non-seulement les théologiens, mais encore tous les membres de la colonie presbytérienne; et ceux-ci s'échauffaient d'autant pius dans la querelle, qu'ils étaient moins éclairés sur les questions qui en étaient l'objet. Ainsi un homme qui avait des lumières et du zèle consoma à des travaux, pour le moins inutiles, des talents qui auraient pu être employés avec plus d'édification pour ses contemporains, et plus de fruit pour la postérité. Après une vie très -occupée et très-agitée, mais irréprochable et pure, il mourut en 1740. Les plus importants de ses ouvrages sont deux volumes de Sermons sur les Attributs divins. Londres, 17 58. S — D.

ABERNETHY (Je as), célèbre médecin et chirurgien anglais, naquit, vers 1763, dans la ville d'Abernethy en Écosse, ou à Derby en Irlande, et reçut les premiers éléments de l'éducation a Londres , où ses parents étaient venus s'établir peu de temps après sa naissance. Au sortir de l'école , il fut confie aux soins de Blick , chirurgien en chef de l'hôpital de Saint-Barthélemy, qui se plut a cultiver ses heureuses dispositions. Plus tard, il devint élève de l'illustre Hunter, dont l'amitié le récompensa bientôt de son émulation et de son ardeur pour acquérir les connaissances qui devaient le placer à un rang si distingué. Ayant été nommé chirurgien en chef adjoint de l'hôpital de Saint-Barthélemy,il entreprit de faire des cours publics ; mais ses leçons furent peu suivies tant que vécut Marshall, professeur qui avait gagné la faveur des élèves par son élocution facile et l'agrément de ses manières , quoiqu'il n'eut rien fait pour la science , et que sa pratique n'offrit rien de remarquable. Ce fut seulement après la mort de ce rival, et lorsqu'il eut remplacé son maître Blick, qu'on apprécia le mérite d'Abernelhy, et qu'on reconnut en lui le meilleur professeur d'anatomie, de physiologie et de chirurgie de Londres. Personne, en effet, ne savait mieux développer et enseigner aux autres les idées originales et philosophiques qui naissaient naturellement en lui à l'examen des sujets dont il s'occupait, communiquer l'enthousiasme dont il était si vivement pénétré pour la science et pour l'humanité, animer et embellir les détails arides de l'instruction élémentaire. En lui confiant une

chaire au collège royal des chirurgiens , on ne fit que céder au vn>u de l'opinion publique, qui depuis longtemps le désignait pour remplir cette place. Fidèle aux principes de Hunter, Abernethy s'attacha surtout à combattre le dogmatisme empirique , et à chercher dans l'étude approfondie de la nature les moyens de soulager et de guérir les maladies. Il fut le premier <pji ébranla l'amas de théories confuses et incohérentes dont l'art se composait alors, et qui tenta de rallier la pathologie à la physiologie , qui rattaclia les maladies ù l'action des organes, troublée seulement dans son exercice, au lieu d'être régulière comme dans les fonctions normales. C'était à l'estomac qu'il les attribuait pour la plupart. « L'estomac est tout, disait-il ; nous en usons mal « avec lui quand nous sommes jeunes , et il en use « mal avec nous lorsque nous sommes vieux. » Voici comment un jour il expliqua d'une manière pittoresque ses idées à un malade qui le consultait pour une affection des yeux : « On vous a dit sans doute « que j'étais un original. Afin de conserver le ca- « ractére qui m'est attribué, je vais me servir d'une « comparaison qui vous paraîtra singulière, mais a qui est juste. La cuisine , qui est l'estomac, étant a en désordre, porte le trouble au grenier, qui est « la tête, et toutes les chambres de la maison sont a affectées. Réparez le dommage de la cuisine, et « tout ira bien. C'est ce que vous pouvez faire par la « diète. Si vous mettez dans votre estomac de? ali- « ments qu'il ne puisse supporter, les choses iront « de mal en pis. Mais, allez -vous me demander, « qu'a de commun cela avec mon œil ? Je vais voua « le dire. L'anatomie nous apprend que la peau « est une continuation de la membrane qui tapisse « l'estomac. Vous-même vous pouvez vous convain- <c cre que les tissus délicats de la bouche, des lê- « vres, du nez, des yeux, ne sont pas autre chose. « Les un* ont des boutons sur le visage ou sur « d'autres parties du corps, les autres ont des nez o monstrueux : tout cela vient de l'irritation des « membranes de l'estomac, irritation qui se com- « munique à leurs aboutissants. Le régime seul « peut remédier à ces désordres, car le médecin ne « fait qu'aider la nature, et ne la force pas. Persé- « vérez dans celui que je vous indique jusqu'au « moment où vous en recueillerez le bénéfice, ce « qui ne pourra manquer d'arriver. On me demande « souvent pourquoi je ne fais pas ce <we je prê- « die ; je réponds par l'exemple du curé et du poo teau de la poste, qui indiquent le chemin, et ne « le suivent jamais, o Ces opinions médicales, qui semblaient alors bien plus extraordinaires qu'elles ne le paraissent aujourd'hui, n'avaient cependant pas influé sur les idées philosophiques d' Abernethy, qui, plein d'admiration pour Hunter, admettait avec lui que la vie et l'intelligence sont indépendantes de l'organisation, quoique, par une singulière inconséquence, il fût partisan de la doctrine de Gall et de Spurzheim. 11 eut même à ce sujet des discussions avec Lawrence, qui soutenait que le principe de la vie, soit sensitif, soit intelligent, est le même dans tous les êtres organisés, que les proprié-

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