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que tout le rovaume de Tlemsen; mais la capitale, doustan. Son père , Hadji-Mohammed , Turc d'oridéfendue par Abou-Tachefyn en personne, Ht une gine, mais né à Ispahan , et issu du prophète Mahorésistance opiniâtre, et ce ne fut qu'après trois ans met, ayant été forcé, par la tyrannie de Nadir-Schah, de siège que le roi de Fez la prit par escalade. Abou- d'abandonner la Perse, avait passé dans l'Inde; Tachefyn se jeta dans la citadelle avec son Hlset ses très-bien accueilli par le nabab d'Aoude, Al «m M anplus braves soldats, résolu à se défendre jusqu'à la sour-Sefder-Djenk , il était devenu l'un des premiers dernière extrémité ; mais la forteresse ayant aussi été favoris de Mohammed - Kouli - Kan, gouverneur emportée d'assaut, il fut fait prisonnier et conduit d'Aoude et neveu de ce prince. Choudjah-Eddaulah, avec son fils devant le vainqueur, qui leur fit tran- fils et successeur de Sefdcr-Djenk , en 1755, ayant cher la tète, et éteignit en eux la dynastie des fait périr son cousin, Hadji-Mohammed se sauva Zyany . B — P. dans le Bengale pour éviter le même sort , et mourut ABOU-TEMAM-HABYB BEN AW S, surnommé à Mourschcd-Abad en 1768. Deux ans avant sa mort Althayy, le prince des poètes arabes, naquit à Dja- il y avait fait venir sa famille, que Choudjah-Edçem, bourg situé entre Damas et Tibériade, vers l'an daulah avait épargnée, en raison d'anciennes liaisons 170 (786-7 de J.-O.), de la tribu de Thay, illustrée par d'origine et d'amitié, et à laquelle il avait donné Hatem et Dawoud j voy. ces deux noms). Il fut élevé des secours , après l'avoir dépouillée de ses biens, en Egypte, où il était occupé dans une mosquée à pré- Abou-Taleb, à seize ans, se trouva cliargé de sousenter la boisson a ceux qui la fréquentaient. D'autres tenir sa famille. Fiancé à la fille d'un proclie parent disent qu'il exerçait à Damas le métier de tisserand, du nabab de Bengale, dépendant des Anglais, il Quoi qu'il en soit, il obtint bientôt une réputation passa quelques années au service de ce prince, l.orsbrillante, par la fertilité de son imagination et la pu- qu'Assef-Eddaulah eut succédé, en 1775, à son père reté de son style. Les califes sous le règne desquels Choudjah , son ministre engagea Aliou-Talcb à reil vécut le comblèrent de bienfaits : il chanta leur venir à Lacknaw , et le fit nommer percepteur gégénérosité et leurs exploits, et composa trois recueils ,„.r,,| des taxes dans le pays entre le Djemnah et le de poésies extraites des ri i «ans des meilleurs poètes Gange. Deux ans après , la mort de son protecteur arabes avant et depuis Mahomet. Ces recueils sont iui fit perdre cette place ; mais il fut adjoint penintitules : Hamacah , Fohoul - al - Choara, et Kttab- dant trois ans à un colonel anglais dans les mêmes alikh-lyar-min-chaar-akhoara. Plusieurs fragments fonctions. Ce colonel fut réformé , et Abou-Taleb du premier de ces recueils ont été publies par Schul- retourna à Lacknaw. Cependant les exactions des tens, à Leyde, en 1748, à la suite «le la Grammaire agents du fisc de la compagnie anglaise des Indes d'Erpénius; par Hirt, dans son Anthologie arabica, soulevèrent les zemindars, ou fermiers des terres de impriméeàlénaenl774.Schultensenat!iséiéencore ia couronne. Ils prirent pour chef un rajah qui, quelques pièces en 1740, dans ses Monumenla anii- descendant des anciens rois de l'Inde et ayant à ses quitsima hùtoriœ Arabum. Carlyle a réimprimé ces ordres un grand nombre de radj|»uls , méconnaisfragments en 1796, dans ses Ettait. Enfin, on trouve sait l'autorité du nabab d'Aoude. Les troupes de encore des extraits An Hamacah, à la suite du Pointe celui-ci, les cipayes de la compagnie, l'interposition de Zoheïr, publié par M. Lette. I^s poésies d'Abou- du gouverneur général Hastings, échouèrent contre Temam ont été réunies en corps d'ouvrage par Abou- ce rebelle, par les intrigues du minisire Haydcr- Bekr-al-Souly , qui les a disposées dans l'ordre al- fiey. Enfin , cédant aux sollicitations de l'agent anphabétique , et par Ali ben Ilamzah-al- Ispahany, glais, et malgré sa répugnance a lutter contre le qui les a classées selon leur genre. Abou -Temam ministre qui était son ennemi personnel, Abou-Taleb mourut à Moussoul ; mais l'époque de sa mort est consentit à se eliarger de rétablir l'ordre dans le aussi incertaine que celle de sa naissance. Aboul- pays. Pendant deux ans il fit avec succès la guerre Féda la place en l'an 228 de l'hégire. La force de son au rajah, et délivra le nabab de la liaine hérédiimagination fut cause de sa mort, ou, pour nous servir taire de ce rival redoutable ; mais ces importants ser de l'expression d'un de ses contemporains, « la viva- vices furent payés d'ingratitude. Après le départ de ■ cité de son esprit consuma son corps, conune la laine Hastings pour l'Europe, Hayder-Bey obtint la faveur « d'une épèe en use le fourreau. * J — x. de son successeur Macpherson , et supprima la pen AB0U-T1L\LEB-AL-H0CEINY florissait sous sion de 6,000 roupies qu'Abou-Taleb recevait du le règne du sultan de Damas et d'Egypte, Milékel- nabab. En 1787, Abou-Taleb revint dans le Bengale Aadel-Scyfed-dyn Abou-Bckr, nommé par nos écri- et porta ses plaintes au nouveau gouverneur Cornwalvains des croisades Saladin , conséquemment vers la lis , qui promit de lui faire rendre justice ; mais il fin du 12* siècle et au commencement du 15*. Il dé- partit pour son expédition contre le sultan Tipdia a ce prince sa traduction persane de Touzoukali- poo, et ce ne fut qu'au bout de quatre ans qu'il put Tymour, Institutes (politiques et militaires) de Ty- effectuer sa promesse. Dans cet intervalle, Abou-Tamour (Tamcrlan), faite d'après l'original turc, leb ayant fait venir sa famille à Calcutta, avait vu c'est-à-dire, Oïgour, qui se trouvait dans la biblio- déserter tous ses amis et périr un de ses fils. En 1792, thèque de Djafer, gouverneur de l'Yémen. J'ai tra- il partit 'pour Lacknaw avec des lettres de Cornwallis duit cet ouvrage en français d'après la version persane, pour l'agent anglais et pour le nabab Assef-Eddau- Paris, 1787, in-8°. ( Voy. Tàmerlan. ) L — s. lah. Il attendait, d'un jour à l'autre , sa nomination , ABOU-TALEB -KAN (Mir/a), voyageur et lorsque le départ deCornwallis pour l'Europe anéantit bttérateur , naquit en 1751 , à Lacknaw , dans l in- I ses espérances. Forcé alors de quitter Lacknaw, il y
laissa une partie de sa famille, et retourna, en 1703, à Calcutta pour la troisième fois. 11 fut accueilli avec intérêt par le nouveau gouverneur général , sir John Shore ; mais la mort d'Assef-Eddaulah et les troubles qui s'ensuivirent dérangèrent tous ses projets de fortune. Accablé d'ennuis, dégoûté de la vie, il consentit à accompagner en Europe son ami le capitaine David Richardson, qui parlait avec lui le persan et l'indou, et qui promit de lui apprendre l'anglais dans la traversée. Il s'embarqua sur un vaisseau danois, qui mit à la voile le 10 février 170!), relâcha aux iles Nieobar, qu'il quitta le 4 avril , et ayant abordé à False-Uay, prés du cap de Bonne- Espérancc, le 25 juin, il aima mieux perdra la somme qu'il avait payée que de rester sur un navire dont le capitaine manquait de procédés envers les passagers. Mécontent de la cupidité de son hôte à False-Bay, il alla au Cap, où il fut bien re«;u du général Dundas, et séjourna plus de trois mois dans cette colonie. Les Anglais l'avaient enlevée depuis peu aux Hollandais, qui formaient encore la majeure partie de sa population, et auxquels l'auteur fait des reproches graves, qui paraissent assez fondés. Il se rembarqua le 23 septembre, sur un navire baleinier anglais qui relâcha le 13 octobre à Ste-Héléne, remit à la voile deux jours après, et aborda à Cork , en Irlande, le » décembre. Le 10 il se rendit à Dublin, et il retrouva l'honorable amitié de lord Cornwullis.Le 18 janvier 1800 il s'embarqua |iour lloly- Hi.nl. tT arriva le 21 a Londres, où il eut une entrevue avec le ministre Dundas , et fut présenté au roi Georges III et à la reine, qui le reçurent avec affabilité, s'entretinrent quelque temps avec lui, et l'engagèrent à \enir souvent à la cour. Les princes du sang lui témoignèrent beaucoup de bonté, et il fut fêté par tous les grands du royaume. Il eut même des liaisons assez intimes avec les évèques de Londres et de Duriiam, et des relations fréquentes avec la plupart des savants et des hommes de letl res de l'Angleterre. Abou-Talebdul à l'urbanité de son caractère et aux agréments de son esprit très-cultivé l'honneur de se voir recherché à Londres par les personnes de tous les rangs. Passionné pour les femmes, il était galant avec les ladys et leur adressait des vers improvisés en persan, qu'il traduisait en anglais. Après avoir séjourné dans la capitale de l'Angleterre deux ans et quelques mois, pendant lesquels il avait parcouru les environs, Windsor , Oxford, Blenhcim, Greenwich, etc., il s'embarqua à Douvres le 8 juin 1802 , et arriva le 1 1 à Paris, où il employa trois semaines à visiter tout ce qui jurait piquer sa curiosité : aussi ne put-il accepter les invitations de Bona|>arle et de M. de Talleyrand. Il quitta Paris le 1" juillet, passa trois jours à Lyon et quinze jours à Marseille, où il s'embarqua le 23 pour ('■énes. Deux jours après son arrivée, il se rendit par mer à Li tourne, où il fut reçu, le 20 août, sur un vaisseau anglais qui le portai Malte, puis à Smyrne et à Constantinople, où il fut accueilli par lord I ' ;in, ambassadeur d'Angleterre, par le grand vizir Yousouf-Paclia, le même que Kléber avait vaincu à la bataille d'Héliopolis, et par le sultan Sélim 111, au-
quel il présenta une traduction persane , en 2 volumes , du Camout ( fameux dictionnaire arabe ) , achevée et corrigée par lui. Revêtu d'une robed'honneiu*, il refusa le magnifique cadeau que le Grand Seigneur voulait lui faire en retour, satisfait de la promesse que cet ouvrage serait imprimé à Constantinople, et que la préface ferait mention du donateur. Ayant reçu son audience de congé , et ses (irmans pour divers pachas de la Turquie asiatique, Abou- Taleb partit de Constantinople le 2 décembre, se dirigea par Amasieh , Siwas, Malatiah, Diarbekir, Mardin , Nisbin , le Kourdistan et Moussoul , et arriva le 28 janvier 1803 à Bagdad. Pendant le séjour qu'il lit dans cette ville, il visita tous les lieux de pèlerinage réputés saints par les musulmans, telsque les villes d' Imam-Ali et d'Imam-llouçain. Cette dernière venait d'être saccagée par les W ahabis, sur lesquels il donne des détails curieux. Il y retrouva et secourut une de ses tantes qui , forcée par des revers de fortune de se retirer du monde pour se livrer à la vie contemplative, avait été déiwuillée par ces sectaires. Abou-Taleb quitta Bagdad le 10 mars, peu satisfait de l'agent anglais Jones, son hôte, pour lequel il avait refusé un appartement chez le paclia. Il descendit le Tigre jusqu'à Bassora , où il logea chez un ambassadeur de Perse. Mécontent de l'orgueil et de la cupidité du consul anglais Manesty, il s'embarqua le 10 mai sur un vaisseau de cet agent, et aborda le 3 juin à Boinhny, où il fut reçu de la manière la plus affectueuse par le gouverneur Duncan. Il prit place le 10 juillet sur une frégate anglaise et arriva enfin à Calcutta, après une absence de quatre ans et demi. Il est mort dans cette ville vers 1810. Pendant son séjour à I^ondres il avait été question de l'envoyer en ambassade en Perse et au Kaboul ; mais, effrayé de la longueur et des dangers du voyage, il pria M. Dundas de lui permettre de retourner dans l'Inde pour y établir sa famille, préférant prendre Calcutta pour son point «le départ. On agréa sa pro|>osition et on lui donna des lettres pour le gouverneur général du Bengale, qui devait lui faire toucher la pension dont il était privé depuis longtemps par les intrigues de ses ennemis, et l'envoyer au Kaboul, comme représentant de la compagnie «les Indes orientales. Ou ne croit pas qu'il ait rempli cette mission. Ijtt voyaget de Mina Abou-Taleb- Kan , en Atie , en Afrique et en Europe, écrits par lui-même en persan , ont été traduits en anglais , probablement d'après le manuscrit, par Ch. Stewart, Londres, 1810, in-8°, 2 vol. , et réimprimés, A Calcutta, la même année, 1 vol. in-8°. C'est d'après la version anglaise qu'a été faite la traduction française publiée par J.-C. Jansen , avec une réfutation des idées qu'on a en Europe sur la liberté des femmes en Asie, jwr Tauleur, Paris, 1811 , 2 vol. in-8°. Elle a été aussi traduite en hollandais. Leuwarden, 1813, 2 vol. in-8°. Le texte persan des Voyages d'Abou - Taie b a été publié , depuis sa mort , par son fils Mirza-Houçaïn- Ali, Calcutta, 1812, 1 gros vol. in-8°, précédé de quelques détails sur les principaux événements de sa vie. Nous n'avons pu vérifier sur quelle édition a été laite la traduction française qui , publiée par
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M. Ch. Malo,2'édiiioii,Paris,1819, iiv8-, coïncida avec l'arrivéeen France et en Angleterre de l'ambassadeur persan Mirza-Aboul-Haçan-Kan ; l'éditeur confondit ou feignit de confondre cet envoyé avec le voyageur, ce qui donna lieu à des réclamations du premier. ( Voy. Aboui.-Haçan-K.an. ) la» relation de Mirza Abou-Taleb est l'ouvrage d'un homme plein d'esprit et d'instruction. Ses observations sur les montre, les lois, les usages des pays qu'il a visités, sont remplies de linesse et de sagacité. Son tableau de la révolution française et de la fortune de Bonaparte est fort curieux, quoiqu'il contienne quelques erreurs. Abou-Taleb n'ayant, pour ainsi dire, que iraversé la France, en parle beaucoup plus succinctement que de l'Angleterre. Il ne dissimule pas les défauts des Anglais, mais il leur donne eu tout la préférence sur les Français, et cette prédilection n'est pas à l'avantage des dames françaises. Les préjugés musulmans se montrent quelquefois. L'auteur se plaint de ce que la disette d'eau et l'encombrement des hommes sur un navire l'empêchaient de faire ses ablutions. Du reste, il buvait du vin sans se gêner. Atiou-Taleb a composé d'autres ouvrages : un Ijthb al-Tncarikh (Cœur ou Moelle de l'histoire ), abrégé de la géographie et de l'histoire de l'Europe, extrait de Jonathan Scott ; un poème de douze cents vers persans, contenant une description de l'empire britannique , et divisé en sections relatives à quelques curiosités particulières. C'est peut-être le même ouvrage que son Voyage poétique. Le Metnexry , recueil d'odes, dans le genre de Hafiz, principalement consacrées à célébrer le vin, l'amour et les femmes. L'auteur dit que plusieurs de ses odes ont été traduites en français par MM. Silvestre de Sacy et Ijinulès, ainsi que par M. de Hammer,qui en a traduit aussi en anglais et en allemand : le premier de ces orientalistes n'en a aucun souvenir. A — t.
ABOVILLE (Fh ançois-M ame, comte d ), général français, né à Brest le 25 jauvier 1750, descendait d'une ancienne famille , originaire de Normandie , qui a fourni à l'État , depuis plusieurs siècles, des ofliciers distingués (1). Son père, Bernardin d'Aboville, chevalier de St- Louis et commissaire provincial d'artillerie A Brest, moumt en 1750, et le jeune François-Marie, destiné à suivre la même carrière , entra comme surnuméraire dans l'artillerie, dés l'âge de quinze ans. Il se trouva aux bouilles deFontenoy (4745) et de Uufeld (1747), en qualité d'aide de camp du général d'artillerie Julien d'Aboville, son oncle (2) . Pendant la guerre de sept ans, il servit sous les ordres du maréchal d'Ar-
(4) On clic notamment oo chevalier Michel d'Aboville, baron de ia Haye el Champeanx, capitaine d'une compagnie d'ordonnance ion s le roi Jean, tue le 19 septembre IS56, à la bataille de Pnl- Uetv l'n oncle paternel du comte d'Aboville fut lue a la bataille de Loiara {i7W). on antre a celle de Ramillies (I706), un troisième an siège de Fribnurg (4741).
'-'I Julien d'Aboville. chevalier de St-Louis, lieutenant général des armées du roi, servit avec distinction depuis 1704 josqu'en I7S7, assista aux sièges de trente-quatre villes, a plusieurs batailles, eut, dans ia guerre de 1741 , le commandement en chef de l'artillerie dans l'armée do maréchal de Saxe, el mourut (ans postérité, en 4773, premier uiapecleur général de I artillerie.
menlières et se distingua particulièrement au siège de Munster, en 1751). Parvenu au grade de colonel, il commanda l'artillerie du corps d'année que le comte de Hocliambeau conduisit en Amérique, dirigea le siège de York-Town avec une habileté qui contribua beaucoup à la prise de cette ville (1781) et qui lui valut le grade de brigadier d'infanterie (I). Les services qu'il avait rendus à la cause de l'indépendance américaine furent aussi récompensés par le litre de chevalier de l'ordre de Cincinnatus. En 1788, il obtint le grade de maréchal de camp ; l'année suivante, il lit partie du comité militaire assemblé à taris ; il y proposa la réunion de l'artillerie et du génie : cette mesure, qui ne fut pas adoptée , occupa rassemblée pendant deux séances et fournil au comte d'Aboville l'occasion de faire voir l'étendue de ses connaissances. Plus heureux dans la création de l'artillerie à cheval , il parvint à faire adopter cette arme qui a produit de si heureux résultats. Lors du voyage de Louis XVI à \ arennes , d'Aboville envoya à l'assemblée nationale l'assurance de son dévouement. Nommé lieutenant général en 17112, il obtint le commandement de l'artillerie de l'armée du Mord , sous les ordres de Bochainbeau , et se trouva à la bataille de Yalmy. ( Voy, Duiuouriez.) Lors de la défection de ce général, il publia contre lui une proelamalion violente datée de Sarre-Louis (2) ; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fut ensuite emprisonné comme noble, à Soissons. Il ne recouvra la liberté qu'après le 0 thermidor. En 1795, il fut chargé de reprendre plusieurs villes du Nord tombées au |iouvoir des Impériaux , puis d'inspecter l'artillerie des places de la Belgique et de la Hollande. De retour en France , il fut nommé président du comité central d'artillerie ; et peu de temps après inspecteur général de l'artillerie. En 1802, il fut fait sénateur, puis grand oflicier de la Légion d'honneur, et, en 1805, pourvu de la sénatorerie de Besançon. Ce fut lui qu'en 180-1 Napoléon chargea d'aller à Alexandrie au-devant de Pie VII pour l'acconqiagner jusqu'à Paris , où le pontife devait le couronner. D'Aboville fut ensuite nommé commandant tles gardes nationales de trois départements de l'Est (Doubs, Jura, Haute-Saône), et gouverneur de Brest (1807). torsqu'en 1800 les Anglais, après s'être emparés des Iles de la Zélande, menacèrent le port d'Anvers , il fut nommé pour commander la réserve destinée a le secourir. Tant de laveurs et de marques de confiance font assez supposer de quel dévouement le comte d'Aboville payait Napoléon par ses votes dans le sénat. Cependant, le 5 avril 1814, se trouvant à Paris , il adhéra sans balancer à toutes les mesures prises pour la déchéance de l'empereur et le rétablissement des Bourbons. Le 4 juin suivant, Louis XVIII le nomma pair de France et commandeur de St- Louis. Devenu de l'Ile d'Elbe, Napoléon l'appela aussi dans sa chambre des pairs ;
(t) La prise de New-York termina la guerre. Lord Cornwallis, prisonnier, rendit un hommage éclatant aux latents d'Aboville en déclarant que c'était au général d'artillerie qu'il rendait 1rs armes.
(9) Insérée dans le Monllnr, et par extrait dans la CtterU ma ■ rUime de F Babié et L. Beaamont. an tS. 1. 1, u. I<M1.
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mais le comte d'Aboville , alléguant ses infirmités , écrivit au président pour se dispenser d'y siéger. Cette espèce de refus lui lit ensuite conserver son rang après le retour de Louis XVIII; mais, accablé de vieillesse et d'infirmités , il ne parut guère a cette assemblée, et il y avait à peine trois mois qu'il avait été nommé grand-croix de St-Louis, lorsqu'il mourut, le 4" novembre 1817 (I). Le comte d'Aboville possédait des connaissances profondes en artillerie. Il était membre de plusieurs sociétés savantes, et la mécanique lui est redevable de l'invention des roues à moyeux de métal, dites roues à voussoir, qui furent distinguées à l'exposition des produits de l'industrie française en 180-2, et dont la classe des sciences mathématiques de l'Institut parle avec éloge dans son rapport de 1808. F— I*.
ABO VILLE ( Augustin-Gabriel, comte d), fils aîné du précédent, et , après lui , pair de France , naquit à la Fère le 20 mars 1775. Entré au service, en 1789, avec le grade de sous-lieutenant, il devint lieutenant, puis capitaine d'artillerie en 1702, et l!t, en cette qualité , les premières campagnes de la révolution dans les armées du Nord , de la Moselle et de Sambre-et-Meuse. Promu au grade de chef de bataillon le 13 mars 1800, il fut employé, en avril de la même année, à l'armée de réserve qui se formait à Dijon. Peu après la bataille de Marengo , il fut directeur général des parcs d'artillerie île l'armée, et se distingua au siège de Vérone. En 1805, il fut envoyé en Zélande , et mil dans le plus bel état de défense l'Ile de Walchcren et la place de Flessingue. L'année suivante il obtint les titres de colonel et d'officier de la Légion d'honneur. Il lit successivement les campagnes d'Allemagne et de Portugal , à la suite desquelles il reçut une dotation de 4,000 francs de rente et le grade de maréchal de camp. 11 servit encore en Esjiagne avec beaucoup de distinction. Enfermé dans la place de Tuy, il s'y maintint contre des forces supérieures, et contribua beaucoup au gain de la bataille de Talavéra , où il commandait l'artillerie sous le maréclial Victor. 11 assista ensuite au siège de Cadix , où il fut légèrement blessé ; et s'empara du fort de Matagorda en 1810. Lors des désastres qui forcèrent les Français d'évacuer ce royaume , il eut la gloire de sauver, pendant la retraite , une soixantaine de pièces de canon qu'il dirigea sur Bayonne. Il avait été créé baron en 1812. A la première restauration, il alla jusqu'à Calais au-devant de Louis XVIII, qui le nomma chevalier de St-Louis et commissaire prés l'administration des poudres et salpêtres. En novembre 1817, il succéda à son père dans la dignité de pair et dans le titre de comte. Lorsqu'on discuta dans la chambra
(I) El non point en 1SI9, comme Vont écrit plusieurs biographies publiées récemment. Voy. dans te Moniteur dn 10 novembre 1817, p. ISS9, an article nécrologique snr ce général. Son élo«e, prononcé par le maréchal Marmont, a la chambre des pairs dont le général d'AboTille est mort doyen , a été inséré dans le Moniteur de la même année, p. 1J79. U maréchal loue la fixité ie te* principe* et sa pktlotnpkte guerrière, a M. d'Abonille, dit-il, a offert, a pendant plus de soiunte ans. retemple de cette loyauté de senti timents qui. an champ d honneur.double la force des armées. Son « bonheur fol dans le devoir.
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le projet de loi relatif à la fabrication des poudres, H combattit la disposition de cette loi qui supprimait les fouilles obligées, alléguant le long usage, les prérogatives de la couronne, le tort qui serait fait à une branche d'industrie indigène et aux familles qui y trouvaient leur subsistance; mais il ne put faire prévaloir son opinion. Le comte d'Aboville fut l'un des fondateurs de la société créée en 1819 pour l'amélioration des prisons; il faisait aussi partie du comité spécial et consultatif de l'artillerie. 11 est mort à Paris, le 15 août 1820; et son éloge, lu à la chambre des pairs par le comte Ruty, se trouve dans le Moniteur de cette année , p. 1 108. — Ce fut le frère de ce général (AuguHin Marie) qui, le 10 mars 1815, s'opposa à l'entrée de Lefebvre-Desnoucttcs [voy. ce nom ) dans la place de la Fère, dont il avait le commandement. F — ll.
ABRABANEL ou ABRAVANEL (Isaac), ministre des finances en Portugal et en Espagne, et savant rabbin , naquit à Lisbonne en 1437, d'une famille qui prétendait descendre de David, et fiit, par ses emplois et ses richesses, un des hommes les plus distingués de sa nation. 11 parut de l»nnc heure à la cour d'Alphonse V, roi de Portugal , qui lui confia la direction de ses finances ; mais , à la mort de ce prince , Abrabanel fut accusé d'être entré dans une conspiration tendant à livrer le Portugal à l'Espagne. Que ce soupçon fût fondé ou non, il est certain qu'Abralianel , voulant se soustraire a ses ennemis , passa secrètement en Castille, où il fut accueilli {>ar Ferdinand et Isabelle , qui se servirent de lui pour rétablir les finances de l'Espagne. II résida plusieurs années dans ce pays ; mais la faveur dont il jouissait à la cour ne le fit point excepter de la mesure générale qui , en 1492 , ordonna l'expulsion des juifs. Abrabanel se retira d'abord à Naples , où il obtint la confiance de Ferdinand 1". A la mort de ce prince , Otaries VIII s'étant emparé du royaume de Naples, Abrabanel s'enfuit en Sicile avec Alphonse II , qui avait succédé à son |>ère Ferdinand. 11 demeura fidèle à Alphonse au milieu de ses malheurs ; et ayant survécu à ce prince , il fut encore forcé de changer de retraite, passa àCorfou, de là dans la Pouille, et alla mourir à Venise, en 1508, à l'âge de 71 ans. Lorsqu'il était dans cette ville , il fut chargé d'accommoder un différend entre les Vénitiens et les Portugais , au sujet du commerce des épiceries , et il obtint beaucoup de considération par la manière dont il s'en acquitta. Il employait ses heures de loisir à étudier les écritures hébraïques , et écrivit des Commentaires très-estimés des Juifs. Ils le regardent comme un de leurs écrivains les plus instruits, et le comparent même à Maimonides. Plusieurs nobles vénitiens et les juifs les plus distingués assistèrent à ses funérailles. Son corps fut transporté et enterré à Padoue. Abrabanel est célèbre par ses nombreux ouvrages , écrits d'un style pur et facile , et qui lui donnent un rang distingué parmi les rabbins. On peut en voir la liste dans le tome 41" des Mémoires de Xicfron, et dans le 2* volume des Mémoires de Littérature portugaise. Les principaux sont : 1° Commentaire sur le Pentateuque, Venise, 1579, in-fol.
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et réimprimé dans la même ville , et à Hanau , en 1709, et enfin à Amsterdam, en 1768. Dans l'édition donnée en 1584, on a fait des changements et retranchements par ordre de l'inquisition. Plusieurs parties de cet ouvrage, qu'Abrabanel écrivit à l'âge de vingt ans, ont été traduites en latin et publiées séparément. 2° Des Commentaire* sur le Léviiique , le Deuléronome, le% Prophètes, etc. 5° Huit Dissertations, qui ont été traduites de l'hébreu en latin, |mr Jean Buxtorf , et imprimées à Bâle , 1642, in-4* On trouve dans le t. 2 du Trésor des anliquités sacrées de Biaise Ugolin, Venise, 1744, in-fol. ,des observations d'Abrabanel sur la structure du cadran solaire d'Achas, traduites de l'hébreu en latin, par J. Mcyer. 4° Les Œuvres de Dieu (en hébreu), Venise, Î392, in-4», ouvrage où l'auteur combat l'opinion d'Aristote sur la durée du monde. 5° Caput Fidei ( en hébreu ) , Constantinople , 1506, in-4°, réimprimé à Venise en 1557, in-4°, Altenaviœ, 1750, in-4». C'est un traité des articles de foi des juifs. Abraham»! était infatigable dans le travail ; il y passait les nuits entières, et pouvait jeûner fort longtemps. Il écrivait avec beaucoup de facilité ; et quoiqu'il traite avec le dernier emportement les chrétiens, qu'il regardait comme les auteurs de ses disgrâces, il vivait avec eux d'une manière civile et polie. « Abrabanel, dit Ricliard Simon, est celui de « tous les rabbins dont on puisse le plus profiter pour « l'intelligence de l'Écriture, bien qu'il soit trop « étendu : sa méthode est cependant ennuyeuse , « parce qu'il fait quantité de questions qu'il résout « ensuite. D'ailleurs, il ne fait le plus souvent que « raffiner sur les explications des autres rabbins, et a il est, en plusieurs endroits, trop subtil. » Il laissa trois fils, Juda, Joseph et Samuel. — Juda, qu'on nommait ordinairement maître Léon, exerça la médecine à Gènes, et publia en 1535, à Home, des Dialogi d'Amore, sous le nom de Léon l'Hébreu. Dans l'une des traductions espagnoles, on appelle cet auteur meslre Léon Abarbanel. Denis Sauvage Duparc , et Pontus de Tyard , ont donné cliacun une traduction française de cet ouvrage, qui, au jugement de plusieurs écrivains , ne méritait pas cet honneur. B — p.
ABRADATE était roi de la Susiane, qui faisait alors partie de l'empire d'Assyrie ; s'étant brouillé avec son souverain , il l'abandonna pour passer du coté de Cyrus , à qui il rendit de grands services. Il fui tué dans un combat contre les Egyptiens. Son histoire et celle de Panthéc, son épouse, sont le sujet d'un épisode toucliant de la Cyropédie. C — r.
ABRAHAH, roi d'Yémen et d'Ethiopie, bâtit à Ssanaa une église , pour y attirer les pèlerins qui avaient coutume d'aller a la Mecque. Un homme de la nation des Kananiens vint, par mépris, déposer des ordures devant la porte de cet édifice. Abrahah jura de détruire la Kaabah, et marcha vers la Mecque, avec son armée montée sur des éléphants. Le sien, nommé Mahmoud, marchait en avant. Les écrivains arabes rapportent qu'au moment où l'on allait procéder à la démolition de la Kaabah, Dieu envoya contre celte armée des bandes nombreuses
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d'oiseaux gros comme des hirondelles, et venus dû coté de la mer, qui lancèrent des pierres de terre cuite, qu'ils portaient à leur bec et dans cliaque patte ; le Très-Haut anéantit chacun des soldats avec une pierre qui portait son nom; elles étaient plus grosses qu'une lentille, et moindres qu'un pois; elles brûlaient les casques , les hommes et les éléphants. Dieu lança un torrent qui emporta les cadavres dans la mer.... Lorsque Abrahah s'approchait de la Mecque, et qu'il voulait y entrer, l'éléphant qu'il montait rejetait à terre et s'endormait ; quand il essayait de marcher d'un autre côté, aussitôt l'éléplwnt se levait et y courait; enfin, ce souverain retourna en Yémen , où il fut frappé de la main de Dieu ; ses membres se détachèrent. C'est dans ce triste état qu'il parvint jusqu'à Ssanaa , où il mourut. Le prophète a consigné cet événement, arrivé Tannée même de sa naissance, dans la 105' surate du Coran, intitulée: Surate de l'éléphant, qui contient cinq miracles ou versets. Malgré le témoignage formel du livre sainl, je partage le naïf embarras du R. P. Maracci : ce docte confesseur du pape Innocent II, qui vénérait trop les écrivains arabes pour rejeter une seule circonstance d'un fait défavorable même à la religion chrétienne (car Abrahah professait cette religion), ne doute pas que , dans cette circonstance comme dans beaucoup d'autres, les démons n'aient obtenu de Dieu même la permission d'outrager les temples et les simulacres sacres : « Neque vero novum et inau- « ditum est,... Sexcenta sunl hujus rei exempta f « etc. » Hefutationes in Alcoranum, p. 824, et Prodromus ad refutationem Alcorani, pars 2, cap. 4, p. 14. Au reste, l'expédition fabuleuse ou réelle d' Abrahah a donné lieu à une époque connue, parmi les chronologistes arabes, sous le nom de Tarykh* el-Fyl , époque de l'éléphant. La 1" année de cette ère correspond à l'an 571 de l'ère vulgaire, à la 41* du règne de Khosrou - Nouchr ywan en Perse, à la 43» de l'empire des Ethiopiens en Arabie, a l'an 882 de l'ère d'Alexandre, et a l'an 1316 de celle de Bakht-Nassar ou Nabuchodonosor. Le prophète des musulmans naquit celte année-là. L — s.
ABRAHAM. Ce nom, auquel se rattachent l'histoire du peuple de Dieu , les promesses faites à ce peuple, et les merveilles opérées en sa faveur, tout, jusqu'aux grands mystères accomplis par le divin fondateur de la religion chrétienne, est celui du plus célèbre patriarche des Hébreux. Né à Ur, en Chaldée, environ 2,000 ans avant J.-C., Abraham descendait de Scm, fils aîné de Noé, à la huitième génération. Il passa ses premières années dans la maison de son père Tliaré, où il fut préservé de l'idolâtrie qui régnait dans sa famille. Docile à la voix de Dieu , qui, en lui faisant entrevoir ses hautes destinées, lui ordonna d'aller s'établir dans la terre de Chanaan , il partit avec son père, son épouse, son neveu, et fixa sa demeure à Haran, dans la Mésopotamie. Depuis la mort de Tharé, il ne cessa de mener une vie errante, autant pour se conformer aux ordres de Dieu que pour trouver des pâturages commodes à ses nombreux troupeaux. On le vit successivement à Sichem, à Béthel, et dans le pays de Gérarc, d'où