‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 30 sur 129 · ABU · texte numérisé non relu

ABU

fecerat. Quoi qu'il en soit, ces fables sont inscrites i Rome sur l'index des livres défendus. On trouve une préface d'Abstetnius en tète de l'édition d'Aurelius Victor, faite à Venise en 1505 , et à Baie en 1550, in-80. On conserve à Rome, dans la bibliothèque liarberine , un manuscrit contenant un grand travail qu'il avait entrepris sur la géographie. G— É.

AbTCARA (Théodore), évèque de Carie ou de Charan, disciple de St. Jean Damascéne, profond théologien et philosophe, instruit dans la littérature arabe, s'est fait remarquer, vers l'an 770, par les écrits i qu'il a publiés contre les juifs, les mahométans, les nestoriens, les jacobites et les origénistes. Ses Opuscules, au nombre de quarante-deux, ont été publiés par le P. Gretsor, gr. lat., Ingolstadt , 1600, in-4°, d'où ils ont été imprimés en latin dans la ttibl. Pair. , Cologne, 1i:t8, t. 9, et Lyon, 1077, t. 10; ensuite gr. lat. dans Y Auelarium Vue. fr. , Paris, 1025, t". 1, et dans la Bibl. Pair. , Paris, 1054 et 1654, Gillierl Genebrard traduisit en latin quinze de ces Opuscules «pie l'on trouve dans la Bibl. Palr.} Paris, 1575. t. 5, et 1579. t. 4. Canisius en a publié trois, gr. lat., dans le t. 4, Antiq. fact., Ingolstadt, 1003, in-4", d'où ils ont passé dans la Bibl. Pair. , Cologne, 1022, 1. 15, et Paris, 1024, t. 4. Le Traité de Vnione cl Incarnalione a été publié, gr. lat., par Arnold , Paris, 108:;, in-8°. Cotelier a inséré dans le t. lrr de ses Pair. Aposl. . gr. lat. , l'Opuscule 25e, sur la Consubslanlialilè du Verbe; l'Opuscule 18', qui a pour titre : ex Concertai ionibus eum Saraeenis% exnre Jnhannis Dumasccni, a paru «lans les Œuvres de St. Jean Damascéne. Ces Opuscules d'Abucara sont des dialogues dans lesquels le chrétien converse d'une manière très-simple avec les musulmans et avec les hérétiques «ju'il veut ramener à la véritable religion. Dans le lo", le chrétien ex|>osc à un musulman les principes de notre religion; il résout les difficultés; et, prenant la loi de Mahomet point par peint, il montre combien elle est déraisonnable, «xmtraire aux principes de l'honnêteté, et avec quelle lâcheté elle favorise les passions honteuses. Dans ses Opuscules, surtout dans le 18*, «pii contient la Dispute contre les Sarrasins, notre auteur se dit souvent le disciple de St. Jean Damascéne, «|ui est mort vers l'an 750. Cependant Gretser et Fleury lui-même le confondent avec un autre Aburara,qui, dans le 9* siècle, suivit le parti du célèbre Photius; car, dans leur système, ce dernier Abucara aurait eu au moins cent quatorze ans , lorsqu'en 870 il assista au concile de Constantinople. Aussi Fleury remarque-t-il que si on n'admet qu'un Abucara, il doit avoir vécu très-longtemps ; car ce fut lui qui dicta en langue arabique la grande lettre dogmatique de t'nione et Incarnalione, que Thomas, patriarche de Jérusalem, envoya aux hérétiipies d'Arménie. Or ce prélat était mort en S20, cinquante ans avant le concile de Constantinople, huitième (Tcuméni«|ue. Ces difficultés, devant lesquelles les biographies ont re«mlé jusqu'à présent, l'expliquent facilement, ipiand, av«»ç le savant Fabrieius et avec Cotelier, on admet deux Théodore Abucara, tous les deux évêques de Carie ou de Charan ; l'un, celui dont nous venons de parler, qw

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ABY

fut disciple de Jean Damascéne avant l'an "■>(< ; et l'autre qui, en 870, assista au concile de Constanlinople. G — r.

ABl L-CACIM (Taiuk-Aben-T.uuc), auteur suppose d une Histoire de la conquête d'Espagne par les Arabes. Au commencement du 17 siècle, Michel de Luna, interprète d'arabe au service de Philippe 111, roi d'Espagne, publia ce livre, comme étant une traduction de l'Arabe Abul-Cacini, lequel, d'après l'ouvrage même, aurait été un des premiers Arabes venus en Espagne avec Ebn-Muza. Ce livre était composé avec tant d'art, que les littérateurs conteuq>orains ne soupçonnèrent |>as même l'inqjot»turc ; ci il a juui d'un grand crédit parmi les historiens es|«gnols , qui , pendant longtemps , l'ont copié. Ce ne l'ut qu'à la lin du 17* siècle que D. Nicolas Antonio et quelques savants cs]iagnoU> démontrèrent que ce livre était supposé; mais il avait déjà infecté de fables sans fondement presque tous les ouvrages sur l'histoire d'Espagne , publiés |icndant le 17' siècle. UHistoire de la conquête d'E*i>ayne a été traduite en français par Leroux, 1080,2 vol. in- M ; et par Lobineau, 1708, in-12. G — S— A.

ABIL-FABAGE (Grégoire), dont le véritable nom est Aboi i.-Fah viu , nommé aussi Babiie- Biicxt s, célèbre historien et médecin, de la secte des chrétiens jaeobi tes, naquit à Malntia,dant l'Asie Mineure, en 1220. Son père, d'extraction juive, et médecin de profession, lui enseigna les premiers principes de la médecine. Abul-Furage s'appliqua HICressivement aux langues syriaque et aralu-, à la philosophie et à la théologie. Il alla, en 1344, à Anlioche, puis à Tripoli de Syrie , où il fut sacré évéque de Gouba, à l'âge de v ingt ans. Il passa depuis à l'évéché d'Alep, et, à l'âge du quarante ans, il devint primai des jacobiles d'Orient , dignité qu'il remplit jusqu'en 12X0, époque OÙ il mourut , à Méaghah, ville d'Azerbaydjaii. On a d' A bu I- tarage une Chronique, ou Histoire universelle depuis la création du monde. Cet ouvrage, trés-cstiiné, surtout pour ce qui concerne les Sarrasins . les Mogols el les conquêtes de Gcngis-Kan , fut couq>osé eu syriaque et traduit en arabe |tar l'auteur lui-même, à la prière de ses amis. Pococke publia en 1050, sous le litre de Spécimen historiœ Arabum, in-4°, et avec de savantes notes, une traduction latine, avec le texte aralie, de la partie de la neuvième dynastie qui a rapport aux mœurs des Arabes avant et après Mahomet. M. J. White a donne à Oxford, en 1800, une nouvelle édition du Spécimen, dans laquelle se trouvent plusieurs morceaux inédits d'Aboiil-Feda, en arabe, avec une traduction latine de M. Silvestre «le Sacy. Pococke fit imprimer eu 1003, à Oxford, une traduction latine de l'ouvrage entier d'Abul-Farage, avec la version aralw, sous le titre de : Historia compendiosa dynastiarum, historiam univcrsalem compleclens, 2 vol. in-4". Le second volume contient la traduction de Pococke, quia continué le travaild'Abul- Farage. P.-J. Bruns et G. G. kirsh ont donné en syriaque, avec une version latine, ce grand ouvrage, sous le titre de : ( hronicon Syriacum, Leipsick, 17H0, 2 vol. in-4°. A.-J. Arnolds a publié en 1805, in-4",

des corrections et additions pour cet ouvrage. Il en existe une version allemande par Baver, Leyde, 1 785- 85, 2 vol. iu-8". Abul-Farage a conq>osé aussi beaucoup d'ouvrages de théologie et de philosophie en arabe et en syriaque , dont Bar-Suma son frère , et plus amplement le docte Assemani /;.'./. ortenf., t. 2, p. 275;, ont donné la nomenclature. Ils sont au nombre de trente-quatre. J — K.

ABl NDANCE (Jehan h'), nom sous lequel s'est déguisé un auteur français du lu" siècle, qui a pris aussi le masque de maistre Tyburce , demeurant en la ville de Papetourte, sous h quel il a publié plusieurs dé ses productions. Ce poÊte, qui prenait les litres de basochien et notaire royal de la ville du Pont-Saint- Esprit, mourut, suivant quelques biographes, en 1549 ou 1544, el, selon d'autres, en 1550. On a de lui : 1" Moralité, Mystère el figure de la Passion de N.S. J.-C; nommée secu ndu m legem débet mori, à uiuc personnaiges ; Lyon, Benoist Bigaud, sans date, in-K". Cet ouvrage est si rare, que l'on croit unique l'exemplaire de la bibliothèque royale, qui vient de celle du duc de la Vallière. 2° Lejoyeulx Mystère des trois Roys , à dix-sept jH'rsonnaiges, Mss. in-8°. 5587, bibl. roy., fonds de la Vallière. 3° Farce nouvelle très-bonne el trè*-joyeute de la Cornette, à cinq personnaiges, Mss. in-8", nu 5588, bibl. roy., fonds de la Vallière. V Le Couvert d'humanité , moralité à personnaiges , imprimée à Lyon , ainsi que les suivantes. 5* Le Monde qui tourne le dos à chascun , et Plusieurs qui n'a point de conscience, etc.. 0° Les Grands et merveilleux faits de Xcnm, Lyon, in-10 cl in-8". C'est en français une copie de VI iris OU \em>, |ioeme clégîaque latin d'I Irich île llutten, qui <st une paraphrase de l'Outis du 0* livre de l'Odyssée. A l'exemple des écrivains de son temps, Jéhan d'Abundance avait pris une devise qui était Finsansfin. Ces titres el les dates des autres ouvrages de cet auteur se trouvent dans la Bibliothèque de du Verdier ; ils consistent en plusieurs petits poèmes . ballades, rondeaux, triolets, chansons, etc. B— t.

ABY DEM S ou ABYDINCS. Ce mot. qui peut signifier natif ou habitant d'Abj/de , nous esl donné par Eusèbe, St. Cjrille et le Syncelle, pour le nom propre d'un historien grec , auquel ces auteurs attribuent deux ouvrages, l'un intitulé Assyriaea ,Yaii\re Chalda'ica. Il est |»ossible que ces deux titres ne dénotent que des parties d'un seul et même ouvrage. Les fragments «pu; cilent Eusèbe, dans sa Préparation évangêlique. St. Cyrille dans son écrit contre Julien, et le Syncelle dans sa Chronographic, ont été recueillis et commentés par Scaliger dans son Thésaurus et dans son Kmcndatio temporum. Mais un littérateur napolitain du 10e siècle, Scipio Teltius, assure, dans simCatalogns libror. tnanuscr., cité dans le Supplément de la Ilibliolheca nov. libror. manuscr. de I^bln», p. 1o7, que l'ouvrage rntier d'Abydenus existait en manuscrit dans une bibliothèque d'Italie. Ce serait un objet bien digne des reelu relies des savants, puisque Abydenus parait avoir pris pour Iwse de son travail la grande Histoire babylonienne de Berose, dont il n'existe que des fragmente, à

moins qu'on ne veuille, contre l'opinion unanime des savants, admettre comme authentique la prétendue édition qu'en a donnée Annius de Viterbe. L'époque où vécut Abydenus est aussi incertaine que sa véritable patrie. Le nom d'Abydus est commun à quatre villes, dont l'une est sur i'Hellespont, l'autre en Egypte, où étaient un temple d'Osiris et un palais de Memnon , et que Pline et Plutarque représentent comme une des plus anciennes et des pl us i mportantes de ce pays célèbre ; une troisième dans la Macédoine , nommée Âbydon, par Etienne de Byzance et par Suidas, qui citent Strabon : mais, dans ce géographe, on lit Amydon; enfin, une quatrième dans la lapygie, nommée par Eustathe. Si maintenant on se rappelle que Berose termina son ouvrage à Alexandrie, sous Ptolémée Philadelphe, il devient probable, quoique les critiques n'y aient pas encore pensé, que notre Abydenus, imitateur de Berose, a été un prêtre égyptien , attaché au temple d'Osiris à Abydus , et qu'il a vécu sous les premiers Ptolémées, lorsque le goilt des lettres llorissail encore à la cour d'Alexandrie. Quelques savants ont cru que ce même historien était cité dans Suidas; on lit en elTet dans ce lexicographe : Paiœphatus-Abydenus historicus, etc. ; mais par la suite de l'article de Suidas, on voit que cet auteur était un disciple et ami d'Aristote, qui avait pour nom propre Palaphalus, et dont le surnom Abydenus le désigne comme natif soit d'Abydus, sur I'Hellespont soit d' Abydon , en Macédoine. Ce contemporain d'Aristote a pu écrire les C ypriaca, DeHaca et Attira . que Suidas lui attribue d'après Philon d'Héraclée et Théodore d'Hium ; mais les Arabica, ou V Histoire d'Arabie, que Suidas attribue également à son Paiœphatus-Abydenus, paraissent, à cause de la nature du sujet , devoir appartenir a fauteur de YHistoire des Assyriens et des Chaidéens : on a même cm que c'était seulement un titre différent du même ouvrage, attendu que la Chaldée a souvent été censée faire partie de l'Arabie. Nous croyons plutôt que l'Abydenus égyptien avait décrit dans cet ouvrage les guerres de Ptolémée Évergéte contre les peuples qui habitaient les deux bords de la mer Rouge, et qui ont été compris par beaucoup d'auteurs sous le nom général d'Arabes. Nous ne dissimulerons point que le célèbre J. G. Yossîus, dans son ouvrage sur les historiens grecs, a mis en avant une hypothèse qui , si elle était prouvée , renverserait la nôtre : ce savant croit que le nom d' Abydenus , se trouvant souvent écrit Abudinus et Abidinus, est un nom propre d'homme. Mais Vossius n'ayant point donné de dévelop]>cments à son opiniou, nous pouvons demander aux savants qu'ils prennent en considération la nôtre. M — B — .\.

ACACE, surnommé Monophlhalmus, le Borgne, vivait vers le milieu du A" siècle , et fut élevé par Eusébe, à qui il succéda, en 340, dans l'évèché de Césaréc. Il se distingua aux conciles d'Anlioche et de Sardes, et fut déposé dans ce dernier, avec plusieurs de ses frères; mais ils formèrent un autre concile à Philippopolis, en Thrace, où ils condamnèrent à leur tour la doctrine de leurs adversaires. Fort de la protection de l'empereur Constance,

Acace fit déposer St. Cyrille, évêque de Jérusalem, et eut beaucoup de part à l'exil du pape Libère. C'était un tomme plein de savoir et d'éloquence, mais peu sincère , dominé par l'ambition et l'esprit d'intrigue. Il écrivit un grand nombre d'ouvrages qui se sont perdus. Celui qu'on regrette le plus est une Vie d'Eusèbe dt Cisarée , dont il avait été disciple. Il mourut vers l'an 365. On le considère comme le chef d'une branche d'Ariens , appelés de son nom : Acaeiens. D—t.

ACACE de Bérée, né vers l'an 322, embrassa la vie monastique, fut chargé de plusieurs missions importantes par les évéques d'Antioche et de Bérée, parut avec distinction à Rome, où il défendit la doctrine des deux natures en Jésus-Christ devant le pape Damasc, et parvint à l'évèché de Bérée en 378. II assista, en 381 , au concile de Constantinople. Ses négociations auprès du pape Sirice firent cesser le schisme qui désolait depuis dix-sept ans l'Eglise d'Antioche. D'ami de St. Jean Chrysostome il devint un de ses plus ardents persécuteurs , en se joignant à Théophile d'Alexandrie. Le rôle qu'il joua dans celte occasion, et la part qu'il eut à l'ordination de Porphyre, qu'il fit placer sur le siège d'Antioche, lui attirèrent, delà part du pape, une sentence d'excommunication, qui ne fut levée qu'au bout de dix ans. Son grand Age ne lui permit pas d'assister au concile d'Ephôse. Il n'approuva pas d'abord les anathématismes de St. Cyrille; mais il finit par se réunir aux évéques orthodoxes, après la condamnation de Neslorius. Il mourut à i 10 ans. Sa conduite inégale dans les affaires de l'Église explique la variation dans les jugements à son sujet. 11 riait lié avec St. Épiphane et St. Flavien. Ses Lettres, qui se trouvent dans le recueil des conciles du P. Lupus et dans celui de Baluze, annoncent qu'il n'était pas trop favorable à St. Cyrille dans l'afTaire de Neslorius. T — D.

ACACE, évêque d'Amide, sur le Tigre, vers l'an 420, vendit les vases d'or et d'argent de son église, pour racheter 7,000 esclaves persans. Il subvint à leurs nombreux besoins, et les renvoya à leur roi. Ce prince, touché de cette générosité, demanda une entrevue au respectable évêque, et ce fut principalement à leurs entreliens qu'on attribua la paix qui eut lieu entre le monarque persan et l'empereur Théodose le Jeune. X — Y.

ACACE, patriarche de Constantinople, parvint â cette dignité en 471. Il y porta un caractère ambitieux, entreprenant et versatile. Le premier but d' Acace fut de s'élever, et il ne se rendit pas difficile sur le choix des moyens. 11 essaya de faire reconnaître la suprématie de son Église sur celles d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Forcé de ployer sous l'autorité du pape Simplicius, H chercha bientôt l'appui de ce (tontife contre l'empereur Basilisque, qui favorisait Pierre le Foulon, l'un des zélés défenseurs de l'hérésie d'Eutychcs. Acace souleva Constantinople, et Basilisque ayant été renversé par Zenon , et s'etant réfugié dans une église, le patriarche l'en arracha et le livra au nouvel enqiereur. Les vices et l'hérésie de celui ci ne trouvèrent plus dans Acace un ennemi redoutable. Las de tromper

le pape par ses artifices , il se déclara contre lui et porta Zenon à publier, en 485, une formule ou édit d'union qui fut nommé liénoticon , et qui se trouvait entièrement favorable aux Eutychécns. Aeace mit tout en œuvre pour faire recevoir cet édit dans les provinces : ce qui lui attira les anathèmes de Rome, que des moines osèrent attacher à son manteau lorsqu'il entrait dans son église. Cité par le pape Félix 111 devant un concile assemblé à Home, le patriarche parut fléchir un moment ; mais, à son tour, il anathématisa Félix , ht arrêter les légats , déposa les évoques orthodoxes, en mit de schismaliques k leur place, et persécuta ouvertement les catholiques. En 484, Zénon, irrité contre l'impératrice Ariadne, donna secrètement l'ordre de sa mort; A race en fut instruit, courut au palais, remontra avec chaleur à ce prince l'énormilé du crime, et parvint à l'apaiser. Il mourut paisiblement sur son siège, en 489, après dix-huit ans de patriarcat. Il reste de lui deux lettres, l'une en grec, dans le 4* tome des Conciles, adressée à Pierre le Foulon; l'autre en latin (dans Cave) au pape Simplicius , sur l'état de l'Eglise d'Alexandrie. [Voy. Basilisqle.) L— S — e.

ACADÉMIS, ou plutôt HËCADÉMCS, simple particulier d'Athènes, laissa au peuple un terrain assez considérable pour en faire une promenade. Ilipparchus, fils de Pisistrate, l'entoura de murs; Cimon, fils de Miltiade, le planta d'arbres et en fit un lieu très-agréable ; il y avait un gymnase, et c'était là que Platon rassemblait ses disciples : ce qui fit donner à sa secte le nom d'Académique, et c'est pour cela que les réunions de savants ont pris le nom d'Académie. Cicéron donna le nom d'Académie à sa maison de campagne située près du lac d'Aveme, dans le lieu appelé aujourd'hui Pouzzole, où l'on voyait des portiques et des jardins, à l'imitation de l'Académie d'Athènes. C — h .

ACAMAPIXTLI , premier roi des Astéques, ou anciens Mexicains. Ce peuple, venu du nord de P Amérique, n'avait été gouverné jusqu'alors que par se» principaux guerriers. Acamapixtli , petit-fils d'un roi voisin , nommé Culuacan , avec lequel les Mexicains avaient été longtemps en guerre, fut élu roi vers l'an 1380, par le consentement libre de la nation astéque ; il jura de veiller sans relâche à la sûreté et au bonheur de son royaume. Les Mexicains, qui avaient vécu jusqu'alors en tribus séparées, jouirent enfin des avantages d'une monarchie régulière et tempérée. Acamapixtli fut à la fois le législateur et le père de ses sujets; il fit de bonnes lois, embellit l'ancien Ténochtillan , sa capitale, aujourd'hui Mexico; fit construire des ponts, creuser des canaux , et élever des aqueducs, qui firent, deux siècles après, l'admiration des Espagnols. Il soutint une longue guerre contre Azafazulco, roi de Tépeacan, dont les peuples habitaient les bords du lac de Mexico. Ce tyran avait imposé aux Astéques ou Mexicains un tribut annuel. Si Acamapixtli n'affranchit pas tout à fait ses sujets de ce joug honteux, il parvint du moins à l'alléger. Le règne de ce prince dura 40 ans; il mourut regretté des Mexicains, auxquels il laissa la liberté de se choisir un roi , quoi-

qu'il eut plusieurs enfants; mais les Mexicains, qui chérissaient sa mémoire, proclamèrent unanimement son fils Vilzilocutli , qui lui succéda. B — p.

ACARIE (Pierre (1), conseiller et maître ordinaire de la cliambre des comptes de Paris, en 1580, membre du conseil «les Seize, fut appelé le laquait de la Ligue, tant son zèle pour la sainte union lui dicta de sacrifices et de démarches officieuses. On voit sa signature figurer au bas de la lettre écrite, le 20 septembre 1501, par les Seize au roi d'Esjwgne pour lui offrir la couronne de France. H fut, dans la chambre des comptes, un des quatre opj»osants i la résolution prise, en 1592, par cette compagnie de demander la paix au duc de Mayenne et d'envoyer une dépulation au roi , pour le temondre de se faire catholique. Acarie fut non-seulement un des serviteurs les plus empressés de la Ligue, mais il sacrifia tellement sa fortune au succès de cette cause , que ses biens furent décrétés, pour acquitter les dettes qu'il avait contractées au service de la faction. Après la réduction de Paris, il fut privé de son office et expulsé de la capitale , avec les principaux ligueurs. Il trouva un asile chez les chartreux de Bourg-Fontaine qui partageaient st s sentiments. I n parti armé vint l'arracher de cette retraite et le fit prisonnier; mais il se retira de ce mauvais pas au moyen d'une forte rançon, et obtint de la cknxnce de Henri IV la permission de résider d'abord à Luzarcl.es, ensuite à Ivry, où il mourut, en 1013, entre les bras de sa femme et de sa tille ahiée. Acarie était d'un esprit faible et superstitieux qui étouffait ce que son caractère avait d'enjoué. P. Dupuy, dans ses notes sur le Cathelicon (Salire ilcnippre, édition de 1(i64, p. 7.» ), dit qu'il fut appelé laquais de la Ligue, par ironie, parce qu'il fiait boiteux. S'il faut en croire Le Duchat {Satire Ménippée, t. 2, p. 134, édition de 1027), le P. Maimltourg a mieux rendu le sens de cette remarque , en ajoutant qu'il fut nommé ainsi , parce que, étant boiteux, il était un de ceux qui allaient et venaient et agissaient avec le plus d'empressement pour Us intérêts du parti, Haylc (Dicl. critiq., dernière édit., 1. 10, p. 496) dit que, quoique l'explication du P. Maimbourg soit plus vraisemblable, il ne devait pas y laisser la qualité de boiteux comme une partie de la raison pourquoi Acarie fut appelé laquais. Comment un critique doué de tant de perspicacité n'a-t il pas senti que le contraste de l'infirmité d' Acarie avec le rôle actif et obséquieux qu'il s'imposait au profit de la Ligue rendait l'ironie plus piquante? H avait épousé Barbe A \ ri Ilot {voy. ce nom), qui plusieurs fois eut la cuisse cassée à la suite de chutes. Le Duchat [Satire Mr nippée, t. 2, p. 134) plaisante d'une manière ignoble sur cet accident ; il dit , en parlant du mari et de la femme : o que c'était une belle paire et bien plantée sur ses • jambes. » 11 eût peut-être mieux valu faire remarquer que parmi les personnages qui figuraient, en première ligne, dans la Ligue, il y avait un cer-

(I) Jean Godrfroy (Mémoire* four sertir A riiotoirt it France, par L'Etoile, t. I, p. 80, noie) donne à Ararie If prénom de Pierre. Cependant la signature A'Aearie qu'on lit au tas de la supplique 1 des Seue au roi d'Espagne, e$t précédée de la lettre J

ACC

tain nombre de boiteux, entre autres, la duchesse de Montpensier, Bernard de Montgaillard , connu sous le nom de petit Feuillant , et le maître des comptes Acarie. L— M— x.

AÇARQ (d'), grammairien instruit, mais obscur et prétentieux, était né vers 172U, à Audruick dans l'Artois. Étant venu , comme tant d'autres jeunes gens, à Paris pour faire fortune, il y donna des leçons de grammaire, puis établit un pensionnat sous le patronage de Fréron , dont il \u\ a la protection en se chargeant de rédiger la partie grammaticale de Y Année littéraire. En 1759, M. Paris de Meyzieu le nomma professeur de langue française à l'École militaire. Le jour de son installation, il prononça sur l'importance de l'étude des langues un discours que Fréron publia dans son journal [Année, 1760, t. 3, p. 128), en proclamant d'Açarq le premier des grammairiens. C'était le mettre au-dessus dcd'Olivet, de Condillac, de Rcstaut, de Wailly, etc. Mais les éloges de Fréron ne purent empêcher la suppression de la chaire qu'il avait fait créer pour son protégé. Séduit par les louanges de ses partisans, d'Açarq crut pouvoir, à l'exemple de d'Olivet, se permettre des remarques grammaticales sur les ou\ rages de nos grands poètes ; mais il n'avait ni la finesse d'esprit ni la délicatesse de son modèle. Sa folle présomption fut fortement punie par le ridicule dont la Harpe le couvrit dans le Mercure, et le Hruii dans la Wasprie où il le compare à Richesource, misérable grammairien qui prenait la qualité de modérateur de l'Académie des orateurs, à Parib, dans le siècle de Louis XIV. Après avoir tenté de publier, sous le titre de Portefeuille hebdomadaire , un journal qu'il ne put soutenir faute d'abonnés, le malheureux d'Açarq rouvrit son pensionnat en 1776 ; mais ce fut avec aussi |>cu de succès que la première fois. 11 prit alors le parti de retourner dans sa province, où il continua de donner des leçons de grammaire , et de composer des ouvrages pour lesquels il chcrclia vainement un imprimeur. Sa situation n'était |kis devenue meilleure sous le rap|x>rt de la fortune, puisqu'il fut compris dans le nombre des gens de lettres auxquels la convention accorda des secours en 17'Jii. Il mourut peu de temps après à Saint-Omcr, tellement oublié qu aucun journal ne parla de sa mort. D'Açarq était membre des Académies de la Rochelle, d'Airas, de la Crusca, et de la Société royale de Dunkcrquc. On a de lut : 1° Grammaire française philosophique, ou Traité complet sur la physique, sur la métaphysique cl sur la rhétorique du lanyage qui règne jxirmi H' us dans la société. Genève et Paris. I76l>, 2 vol. in-12. \jc premier traite du nom ; et le second, du verbe. Ces deux volumes devaient être suivis de plusieurs autres qui n'ont point paru. L'ouvrage suffit pour prouver ajne l'auteur avait fait une étude approfondie de noire tangue ; mais on lui reproche de manquer d'ordre , de méthode, et surtout de clarté. 2° La Balance philosophique , discours de réception a l'Académie de la Rochelle, Amsterdam, 1765, in-8" de 38 p. « Ce titre, dit l'auteur, est celui d'un ! « ouvrage que je médite. Je me borne aujourd'hui '

« à un essai sur les idées, qui en fait la première « partie. » Elle fut suivie de deux autres, en 1764, qui contiennent les jugements de fauteur sur le mérite de nos grands écrivains. 3" Vies des hommes et des femmes célèbres d'Italie , traduit de l'italien de San-Severino, Paris, 1767, 2 vol. in-12. 4" Observations sur Itoilcau , sur Racine, sur Crébillon , sur Voltaire , et sur la langue française en général, la Haye, 1776, in-8° de 240 p. C'est une réimpression des deux dernières |>arties de la Balance philosophique avec des additions. Le premier ouvrage que d'Açarq soumet à sa censure , c'est Y Art poétique. Il ne s*- contente pas d'indiquer les incorrections qu'il a cru remarquer dans ce chef-d'œuvre, mais il va jusqu'à refaire les vers de Roileau qui lui semblent défectueux. 11 examine ensuite trois tragédies de Racine : Bérénice, Athalie et Phèdre; deux de Crébillon , Electre et Bhadamiste ; et deux de Voltaire , Zaïre et Métope. En terminant , il déclare que Racine lui semble beau , Crébillon , fort , et Voltaire, joli (ij. Après avoir corrigé Roileau, il ne manquait plus à d'Açarq que de donner à ses lecteurs un échantillon de son talent |H>ur la |ioésie. C'est ce qu'il a fait, en plaçant des pièces diverses à la lin du volume. Dans une epitre adressée au dauphin (Louis XYlj, dont il sollicite l'appui, d'Açarq dit à oc prince :

Faites i*mr un moment du mien votre bonheur.

S» Le Portefeuille hebdomadaire , Paris, 1776-71, 3 ou 4 vol. in-8". Ce journal est devenu si rare qu'on ne le trouve |ias même à la bibliothèque du roi (2) ; 6° Plan d'éducation publique, ibid. , 1776, in-8°. Ce plan d'éducation n'est autre chose que le ProsjKîclus du pensionnat de d'Açarq, un |k-u dévelop|»é. 7" Remarques sur la dixième édition de la grammaire française de Wailly, Saint-Oiner, 1787, in-8" de 14 p. L'auteur annonce le projet de réimprimer sa Grammaire philosophique et ses Observations sur BoHcttU , etc., et d'y joindre « des Eléments de la « langue française et de la tangue latine, qui ne de- <■ mandent qu'à sortir de notre portefeuille ; — un « Traité d morale naturelle et universelle ; — un Es- « Ml de traduction en vers latins dyne mythologie « française. "Vous ferons , dit il , imprimer tout à la « fois ces quatre ouvrages, auxquels nou* avons mis « la dernière main depuis plusieurs ant^s; nous « attendons pour cet effet une chxXNtttawO **aN0" u rable qui nous j détermine. » \V—

ACC A Saints évèque de Ilagustald, ou Ilfxnm, dans le comté de Northumbcrland , succéda daî** ce siège à Wilfrid, en l'an 709. Il était moine de l'or^1'6 de Saint-Renolt, et Anglo-Saxon de naissance. Il fic' compagna Wilfrid dam un voyage à Rome, d'où\ H

(t) l'oses la rriliqw* qm* la Harpe a faile do ret ouvrage iV d'Açarq. dan< le re<u.*il d>* vs OF.HSTM, edll. de 1778. t. S, p. 178-83. *

(â) Suivant la France littéraire, il n'a paru que le premier ra- ^ hier de ce journal; mais XArate littéraire, I77f», t. 6, |>. 283. en ■ annonre S *«t. In-8, cl I'j'iIh' Itive, dans la C.t\ro»i<i*e littéraire, p. «. dit que les Lettres philotopkiaM .contre le Sf/steme d* ta nature oui ete Imprimées dan» le Portefeuille keUtmaJaire, t. S el ». p. 1770-71.

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ramena des arcmtectes et d'autres artistes qu'il employa à embellir son église. Il l'enrichit d'ornement* magnifiques , et y fonda une musique permanente. Banni de son siège, on ne sait trop pour quelle raison , il y fut rétabli ensuite. Après, sa mort , arrivée en 740, il fut mis au nombre des saints, et ses reliques opérèrent , k ce qu'on assure, plusieurs miraeles. Acca n'était point étranger à la littérature ; il forma une bibliothèque consistant principalement en livres ecclésiastiques, et écrivit en latin un Traité tur let souffrances des Saints , des Offices |xmr son église, et des Lettres à ses Amis, parmi lesquelles il en est une adressée à Bèdc, qui lui donne des avis sur l'étude des Écritures. S— D.

ACCA RI AS DF> SFRIONNE. Voyez Serionîse.

ACCARISI IAlbekt), né à Cento dans le Ferrarais. Fontanini , dans sa Bibliothèque italienne, dit que ce fut le premier qui publia un vocabulaire italien. Son ouvrage, imprimé en 1545, a pour titre : Vocabvlario. Gramatica e Ortografia délia Lingua volgare ; nais Apostolo Zeno a fait voir qu'avant ce temps , avaient paru , en 1 îiTVÎi , un Vocabulaire des expressions de Boccace, par I.ucilio Minerbi, et, en 1536, celui de Fabricio Luna , imprimé à Naples, par Jean Sultxbaeh , 1 1 qui , s'il est inférieur à celui d'Accarisi, donna au moins à celui-ci l'idée de travailler sur le même plan. 11 a aussi laissé des Observations tur la Langue vulgaire , imprimées par le Sansovinn, en 1562, in-8°, avec d'autres observations sur ce même objet, du Bembo, de Gabriello, Fortunio et autres auteurs. G— É.

ACCARISI ( FRANÇOIS) , jurisconsulte italien , né à Ancone, lit ses études à Sienne, où Hargaglio et Benevolente furent ses maîtres. Bientôt il professa lui-même, et expliqua pendant six ans li s Instituas à Sienne, puis fut chargé d'expliquer les Pandertcs; mais son plus grand titre de gloire est d'avoir été choisi par le grand -due Ferdinand I" pour \ rofesser le droit civil. Il professa avec une telle distinction , que ses nombreux disciples le conqtarcrcnt à Cujas. Bargaglio étant mort, Arcarisi lui succéda dans la place de professeur ordinaire en droit , et la remplit avec succès pendant vingt ans. Sa réputation devint si grande que toutes les universités de l'Italie voulurent se l'attacher. Il résista longtemps aux instances qui lui étaient faites de toutes parts, mais enfin il céda aux promesses du duc de Parme , et accepta le grade de conseiller dont ce souverain l'honora ; cependant le grand-duc ne voulut pas souffrir qu'Actarisi fût longtemps au service d'un autre prince, et le fit revenir dans ses Fiais, en lui donnant la première cliaircde jurisprudence à l'université de Pise. Il exerça cet emploi jusqu'à sa mort , le 4 octobre 1622. On est étonné qu'un jurisconsulte, dont l'éru- Hition et l'éloquence étaient connues de toute l'Italie ,

n'ait pas laissé d'ouvrages imprimés. M ri dit bien

qu'il a laissé divers Traités de droit, mais Nicius Krythraus, le seul auteur cité par Moreri qui ait parlé de ce savant italien, n'en fait aucune mention. M — x.

ACCARISI (Jacques), de Bologne, professa la rlaHorique à Mantouc, et mourut étant évèque de

ACC 108

Veste, en 1654. On a publié de lui un volume de discours latins sur des sujets de piété. Avant d'expliquer à Rome, en 1656, le livre d'Arislotc de t'.œln, il soutint dans un discours, par des arguments théologiques et philosophiques , l'immobilité de la terre et le mouvement du soleil autour d'elle, Terrœquies, tolisque motus demonstratut primum theologirit , lum pturibus philos, ralionibut; disputatio Jarobi Arr rrW, etc., Rome, 1756, in-4". Plusieurs dissertai ions et autres ouvrages du même auteur sont restés manuscrits, entre autres : 1° de Xatalibus Virgilii; 2° de Conscribenda tragœdia: 3° lîistoria rerum getlarum a sacra congregatione de fide propaganda, etc., duobus annis 1630, 1631 ; 4° Epistola» latime; 5° la Guerre de Flandre, du cardinal Bentivoglio, traduite en latin. Mazzuchclli croit qu'aurun de ces derniers ouvrages n'est imprimé. G — É.

ACClAirOU (Nicolas), grand sénéchal de Naples. Si famille était originaire de Hrixia, et tirait son nom du commerce de l'acier, qui était sa profession. File se divisa en plusieurs branches, dont une s'établit à Florence, où elle obtint un rang distingué nus quitter son commerce ; c'est «le ceite branche que naquit Nicolas, le 12 septembre 1310, à Florence. I.a source de sa fortune a \aplcs fut l'ascendant qu'il prit par les agréments de s*i ligure et de son esprit sur Catherine de Valois, veuve de Philippe, prince de Tarente, qu'on appelait rinqtératrice deConstanlinoplc. File lui conha l'éducation de son fils Louis de Tarente. Il resta Adèle à ce prince dans les cirronslauces difficiles où le jetèrent les malheurs de la reine Jeanne I", qu'il conduisit à Avignon lorsqu'elle vint s'y réfugier; et. lorsque Louis l'eut épousée solennellement, il dispos:i tout pour leur entrée a Naples et leur couronnement. C'est par la reine Jeanne qu'il fut fait grand sénéclwl , et chargé de l'administration du royaume , pour récompense des services qu'il lui avait rendus. Il fut un de ses plus lidêles ministres; seul incorruptible, au milieu d'une cour licencieuse, il travaillait avec [lersévéranrc à répare les maux que Jeanne attirait sur son royaume par ses crimes et ses imprudences. Il fut des derniers à quitter Naples lorsque la reine fut réduite à s'enfuir, et que le roi de Hongrie envahit le royaume pour venger son frère André, époux de Jeanne, qu'elle avait fait périr. Acciaiuoli alla demander des secours aux Florentins, ses compatriotes , et sut les intéresser en faveur de la pelile-lille du roi Robert, leur fidèle allié. Par leur aide, et avec l'appui des généraux qu'il avait gagnés, il ramena Jeanne dans [Vaplcs en 1355, et leva, par son crédit, une armée auxiliaire pour chasser les condottieri qui ravageaient le royaume; mais la cour, toujours indiffcnte, ayant refus»1 une solde à cette armée, elle alla tout entière se joindre aux ennemis. Le grand sénéchal mourut en 1566, comblé d'honneurs et de richesses. Sa Vie, écrite |)ar Matteo Palmieri , a été imprimée au t. 13' de la Collection des Historiens d'Italie, par Muratori. S. S— l.

ACCIAIUOLI ( Renier' , duc d'Athènes, neveu du grand sénéchal, avait été appelé à Naples et adopté par son oncle, qui le plaça à la cour de Marie de Bourbon, i migratrice latine de

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Constant inople. Les empereurs titulaires, réfugiés a I Naples, avaient conservé la souveraineté de quelques provinces en Grèce, et ils les accordaient en licfs d'autant plus volontiers, que le gouvernement de ces pays, toujours cx|iosés aux invasions des barbares, était une charge plutôt qu'un bénélicc. Hénicr Aeciaiuoli acquit, en 1364, les baronnies de Vustitza et Nivelel, en Achaïe; tpielque temps après, il acquit aussi la seigneurie de Corinthe; enfin il conquit sur les Catalans le duché d'Athènes, auquel la seigneurie de Thèbcs était attachée. Argos, Mycènes et Sparte dépendaient aussi de lui , et la Grèce presque entière était soumise à un citoyen florentin, fils d'un marchand; mais cette princqauté , qui s'étendait sur les ruines de plusieurs puissantes républiques, était pauvre, déserte et corrompue. ta liainc des Grecs pour les latins privait le gouvernement de toute ressource intérieure , et cependant les vices des sujets s'étaient communiqués à leurs maîtres; en sorte que l'histoire des maisons souveraines de la Grèce au moyen ;ige ne se conquise que de forfaits. Rénier n'eut pas de fils légitime; il maria sa fille ainée à Théodore Paléologue, fils de l'empereur grec, et il lui donna Gorinthe pour dot. Il laissa Antoine , son b.ltard , seigneur de Thèbcs; Athènes jiassa au roi de [Naples; mais Antoine, ayant contracté alliance avec le sultan Amurath et avec les Vénitiens, recouvra Athènes, où il régna paisiblement. Il amassa de grandes richesses, et il orna sa capitale d ■édifices somptueux. N'ayant pas d'enfants, il lit venir de Florence auprès de lui deux de ses neveux , Renier II et Antoine II , qui régnèrent après lui , mais qui se disputèrent son héritage les armes à la main. Antoine mourut le premier, en 1435, et Rénier, qu'il avait obligé à s'enfuir à Florence, revint gouverner Athènes après lui. Cependant ces ducs tomlwient de plus en plus dans la dépendance du sultan des Turcs, qui prenait occasion de chaque guerre civile dans leur famille pour appesantir son joug. Enfin Mahomet II se fit céder Athènes au mois de juin 1450, |Kir François, lils d'Antoine II, qu'il avait longtemps protégé; et, après l'avoir relégué à Thèbcs, il l'y fil bientôt étrangler. S. S — l.

ACCIAJUOLI (DoSAT), d'une noble cl ancienne maison de Florence, où il naquit en 1428. Sa mère était de la famille Slrozzi. Acciajuoli eut pour premiers maîtres Jacques Ammanati , qui fut | ensuite cardinal de Pavic, et Ixtonard d'Arczzo. Il étudia la laugue grecque sous Argyropile, cl devint l'un des plus liabilcs hellénistes de son temps. 11 fut un des célèbres littérateurs qui assistaient aux conversations littéraires où présidait Laurent de Médieis , dans le bois des Camaldules. Orateur, philosophe et mathématicien, Acciajuoli aurait encore laissé un nom plus grand dans les lettres , si sa faible santé , et la part très-active qu'il prit aux affaires de sa patrie, ne l'avaient détourné de ses travaux. Il remplit un grand nombre d'emplois publics, de commissariats, d'ambassades, dont il s'acquitta toujours avec distinction. En 1473, il fut gonfalonier de la république , et mourut, en 1478, à Milan, ou il était allé demander des secours pour les Florentins, contre le pape et le I

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roi de Naples. Son corps fut transporté à Florence , où ses funérailles furent faites aux frais du trésor public. Le célèbre Ange Politien fit son épitaphe , et Christophe tandino, son oraison funèbre. L'extrême désintéressement d' Acciajuoli fit qu'il laissa ses enfants sans fortune ; les Florentins , reconnaissants, marièrent et dotèrent ses deux filles, et donnèrent à ses trois fils pour tuteurs trois riches citoyens, et taurent de Médieis lui-même. Son portrait est un de ceux qui décorent les voûtes de la galerie de Florence. Ses ouvrages sont : 1° Exposilio tuper librot EthicorumAristotelis, in novam traductionem Argyropili, Florence, 1478, in-fol. 2° In Arùlotelù libros 8 polilicorumcommenlarii, Venise, 1566, in k 3' dans les recueils des Yietde Plularque, traduites en latin par plusieurs auteurs, celles d'Aleibiadcet de Démétrius sont de Douai Acciajuoli. On lui attribue aussi les vies d'Annihal et de Scipion , qui sont dans les mêmes recueils ; mais comme on croit que Plutarque n'a point écrit ces deux vies, on pense qu'Acciajuoli n'en est |»as le traducteur, mais l'auteur. A la fin de ces Vin de l'lutttrque, en latin , se trouve la vie de Chailemagne, qui est aussi de lui. 4° VHittoire latine de Florence, de Léonard d'Arczzo, traduite en langue vulgaire, Venise, 1473, in-fol., et réimprimée plusieurs fois. Il avait fait plusieurs autres ouvrages en prose et en vers, qui n'ont point été imprimés, G— É.

ACCIAJl OLI ('/anobio), dominicain, né à Florence en 1431, d'une fr mille noble et féconde en grands hommes. Ranni dans son enfance avec ses parents, il fut rappelé à l'Age de seize ans par Laurent le Magnifique, et on lui confia, peu de temps après, l'éducation de Pierre-François de Médieis, dont il était proche |iarcnt. Zanohio Acciajuoli mourut a Rome, le 27 juillet 1319. SavanL dans les lettres grecques et latines, il était ami d'Ange Politien et de Marsile Ficin. Léon X le nomma, en 1518, bibliothécaire du Vatican , et le chargea de trans|>orter, de cette bibliothèque au château Saint-Ange , les plus anciens manuscrits, dont il rédigea une table qui a été publiée par Montfaueon (tiibliot. Bibliothecarum , vol. 1 , p. 202). On a de /anobio Acciajuoli des traductions latines d'ËUSèbe de Césarée, d'Olympiodorc, de Théodoret. On dit qu'il avait aussi traduit la plus grande partie des œuvres de Justin, martyr. Un discours latin à la louange de la ville de Naples, un autre à la louange de Rome , ont aussi été imprimés. Giraldi, dans son premier dialogue de Poetit nottrorum tcmjmrum . le met au nombre des bons poètes. Plusieurs autres auteurs parlent de ses vers latins avec éloge; il y en a peu d'imprimés. Ce fut lui qui mit au jour, en 1 495 , les Épigrammcs grecques de Politien, qui l'en avait chargé en mourant. G— É.

ACCIAJUOLI SALVETTI (Madeleine), de Florence, morte en 1610, a laissé deux volumes in-4° de Rime toscane, Florence, 1590, qui eurent beaucoup de célébrité. Après sa mort, on imprima trois citants d'un poëiuc qu'elle avait laissé imparfait, et qui a pour titre : Davide perreguitato , ovrero fuggitivo (David persécuté ou fugitif), Florence, 161 1 , in-40, rare. C'est & cette dame que le chevalier Cornelio Lanci dédia sa comédie de la >'icct>la*a. G — É.

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ACCIAJIOLI (Philippe), poète dramatique et compositeur, né à Rome en 1(07, enlra île bonne heure clans l'ordre des chevaliers de Malte. Les caravanes qu'il dut faire avant d'être décore de la croix de l'ordre lui inspirèrent tant de goôt pour les voyages, qu'il visita non-seulement toute l'Euro|>e et les côtes d'Afrique et d'Asie, mais même l'Amérique, d'où il revint dans sa patrie par l'Angleterre et la France. Le repos dont il jouit alors lui ]>crmit de se livrer aux dispositions qu'il avait toujours cm s pour le théâtre, et principalement pour l'opéra. 11 écrivit plusieurs pièces dont il conqiosa lui-même la musique ; la facilité prodigieuse dont il était doué lui suggéra aussi la pensée d'être en même temps le décorateur et le machiniste de ses o|>éras, et, jiour ces accessoires, il devint bientôt l'un des plus habiles de son temps. L'académie des Arcadi illustri l'admit au nombre de ses membres, et il y figura sous le nom ù'irenio Amasiano. H mourut à Rome, le ."> février 1700. Lesoi>é ras dont Acriajuoli a fait les paroles et la musique sont : 1° il Girello , dramma burleseo per mutica, Modéne, 1673, et Venise, 1(582; 2" la Dttmira plaeata, Venise, 1680 ; 3» Yl'liste in Ftacia, Venise, 1681 ; 4° Chi e causa dtl tuo mal, pianga se tlttto, poesia tfOcidio e musica d'Urfeo. F-T-s.

ACCIKIS, émir ou prince d'Antioclie. dont les véritables noms sont Bagijy-Sïa>, était petit lils d'Alp- Arcelan (voy. ce nom), qui. après avoir vaincu Romain-Diogênc, empereur d'Orient, et soumis une jortic de l'Asie Mineure, avait donné à Mohammed, son fils, père d'Acrien, la souveraineté d'Antioclie. Aérien succéda à son père, et régnait dans cette ville lorsque les croisés vinrent l'assiéger, en 1097. Méprisant leur ennemi, ils conduisirent d'abord ce siège avec négligence, ce qui fournil à Aérien l'occasion d'obtenir quelques avantages; mais, devenus plus prudents, les croisés formèrent leurs attaques avec plus de méthode, et donnèrent un assaut général que le bon-état des fortifications et le courage des assiégés firent échouer. Ils changèrent alors le siège en blocus ; mais la rigueur de l'hiver, les courses des garnisons voisines, et lïnqiossibilité de recevoir des secours par mer, les réduisirent à une détresse telle, qu'ils étaient sur le point de perdre le fruit de leurs longs travaux, lorsqu'une victoire remportée par Bohémond et le comte de Toulouse sur un corps de cavalerie inri voulait se jeter dans la place leur rendit le courage, qu'acheva de ranimer l'arrivée de deux flottes venant d'Italie, cliargées de vivres. Cependant Aérien se défendait toujours, et l'approche de Korboughah, émir de Mossoul, avec une armée nombreuse, allait faire lever le siège, lorsque la ville fut livrée aux croisés par trahison, en 1008. ( Voy. BoiiÉuon. ) Quand les chrétiens en furent maîtres, Aérien, soit qu'il eut perdu le courage et l'esprit, soit qu'il désespérât de se défendre, sortit d'Antioclie, et erra jusqu'au lendemain matin ; alors, réfléchissant sur le sort de sa famille restée dans la ville, et sur l'Iiorrcur de sa |)osition, il s'abandonna à sa douleur, et se couvrit la tête avec sa robe, résolu d'attendre la mort. Ses esclaves le firent enfin consentir a monter sur son clieval; mais il était tellement

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blé et affaibli, qu'il ne put s'y tenir. Pressés par la crainte des ennemis, ses esclaves l'abandonnèrent. Bientôt après, un bûcheron arménien l'ayant reconnu, lui coupa la tête, et l'apporta aux chefs des croisés. *

ACCIO-ZI CCO, surnommé da Scumacampagna , poète italien du 15» siècle , né à Vérone, florissait vers l'an 1470. Maffei a dit de lui , dans sa ferma illustrata , qu'il avait traduit en autant de sonnets italiens les Fables d'Esope; que chaque fable est précédée d'une épigramme latine, et suiv ie d'un second sonnet qui renferme la moralité. L'ouvrage fut imprimé pour la première fois à Vérone, en 1470, in-4°, sous ce titre : Accii Zueehi Svmma Campanea, Yeronensis, viri erudiliitimi, in Mtopi. fabulas Inlerprclalio per rhylhmos,[in libellant Z*chaiïnum inscriptum, etc. C'est par erreur que quelques biographes donnent à cette édition la date de 1178. Le Quadrio en cite trois autres éditions dn même siècle, 1491 , 1493 et 1497. G- É.

ACCU S iNEVIL'S, ou ACTIL'S NAVll i\ l'un des augures romains du temps de Tarquin l'Ancien. Ce prince, étant en guerre avec les Sabins, voulut lever quelques nouveaux coq*» de cavalerie ; mais Acrius, secondé de ses collègues, s'y opposa. Dans la vue de décréditer leur art, Tarquin les fit paraître devant lui en jHiblic , et demanda à Acrius si ce qu'il |>cnsail alors pouvait s'exécuter. Accius, ayant consulté ses oiseaux, déclara que la chose était possible. « Je songeais, reprit alors le roi, à cou|»er « ce caillou avec ce rasoir. — Essayez , lui répondit « Accius, et si vous n'y réussissci pas, faites-moi « punir comme vous le jugerez à proi»os. » Le roi , selon Denys d'Halycarnasse , coupa le caillou avec tant de facilité , qu'il se blessa même légèrement a la main dont il le tenait. Ici, comme en plusieurs autres circonstances relatives aux premiers temps de Rome, les historiens différent ; carTitc-Live prétend que le caillou fut coupé par l'augure lui-même. Quoi qu'il en soit , le peuple fut transporté d'admiration ; Tarquin renonça à son projet , et des lors on n'entreprit plus rien sans consulter les augures. Accius Ncvius disparut peu après cet événement, et les lils d'Aneus Martius accusèrent Tarquin de sa mort. Le peuple les livra au roi, qui, par clémence, par politique, ou peut-être d'après les témoignages de sa conscience, ne les punit |»oint. Au reste, Tarquin fit dresser à Accius Nev ius une statue d'airain, qu'on voyait encore à Rome du temps d'Auguste. Le rasoir et' le caillou , preuves matérielles du prodige, furent enterrés prés de là, sous un autel, devant lequel ceux qui servaient de témoins dans les causes civiles prêtèrent serment dans la suite. Quoique tous les écrivains de Rome aient parlé du caillou et du rasoir d' Accius Ncv ius, et que quelques Pères do l'Église, en admettant la vérité de cette aventure merveilleuse, l'attribuent à la magie, l'opinion de Cicéron est la seule qu'on puisse adopter. « Regar- « dcz , dil il , avec mépris le rasoir et le caillou du « fameux Accius ; tout ami de la sagesse n'a aucun « respect pour les fables. » D— T.

ACCU S, ou ATTJCS (Licws), poète tragique

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latin, fils d'un affranchi, naquit, selon St. Jérôme, l'an de Rome 584 (170 av. J.C., mais cette date n'est pas certaine. On citait Acciuset Pacuvius comme les plus anciens auteurs tragiques dont les pièces eussent été représentées |»r ordre des édiles. Quoique Pacuvius fût plus âgé de cinquante ans, ils furent cependant contemporains ; et Accius, se rendant en Asie et passant par Tarente où s'était retiré Pacuvius, lui lut sa tragédie tVAlrèe. l'acuvius loua la grandeur et l'élévation de la pensée, mais il critiqua la rudesse et la roideur du style. Tacite adressa depuis le même reproche au style d' Accius; cependant on préférait en général ce poète à l'acuvius. Quinlilien loue dans tous les deux la solidité des pensées, la force des expressions, et la dignité des caractères; mais il reconnaît chez eux les traces de cette dureté inévitable pour tous ceux qui, dans quelque art que ce soit, ouvrent la carrière. Horace et Ovide ont accordé a Accius de l'élévation et de la vigueur ; et il est évident que l'épilhètc d'atroce que lui a donnée Ovide n'a rapport qu'aux sujets de ses tragédies, qui , presque toutes , retracent les grandes catastrophes des temps héroïques de la Grèce. L>e tous ces témoignages, il résulte que l'énergie, la véhémence et la grandeur formaient les traits dominants de ses tragédies. Accius conqiosa cependant une tragédie nationale sur l'expulsion des Tarquins. Il écrivit encore des Annales historiques en vers, citées par plusieurs auteurs latins, et quelques comédies, dont deux étaient intitulées : le Mariage et U Marchand. Decimus Brutus, consul, l'an de Home 615, fut sou ami et son protecteur. Accius célébra ses victoires sur les Espagnols, dans des poésies que le choix du sujet rendit si précieuses au consul, qu'il en orna l'entrée des temples et des monuments qu'il lit élever. Cicéron estimait sa tragédie de l'hiloctèle. Yalére Maxime parle d'un |wête nommé Accius, qui, dans les réunions savantes, ne se levait point lorsque Jules César entrait, parce qu'en ce lieu là ilse considérait comme son supérieur. U ne reste plus d'Accius que des fragments peu considérables, recueillis par Robert Etienne, dans son édition des Fragmenta poelarum vtterum laiinorum, 1504, in-8", et les titres de plusieurs de ses pièces. Ce sont, outre celles qu'on a déjà citées ; Andromaque , Clytemnettre , Médée, Andromède, Méléagre, Térée, la Thébaide , kt Tro^fennei, etc. Au rapport de Pline, Accius était de petite taille. Ce poète était si généralement considéré qu'un comédien fut puni pour l'avoir simplement nonuné sur le théâtre. On trouve dans les fragments de sa tragédie d'Attyanax, deux vers où se peint toute l'audace satirique de son caractère :

IClhJI credo BOgurlbUS qui aures verhis divilant Aliénas, suas ut auro locuplelent doinos.

Voltaire a dit à peu prés la même chose dans son Œdipe:

Les prêtres ne sont pas ce qu'un vain peuple pense, Notre crédulité fait toute leur science.

Ce poète mourut dans un âge très-avancé ; mais on ne peut indiquer l'époque précise de sa mort. D— t.

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ACCOLTI (Benoit), jurisconsulte et historien, fût le premier de cette ancienne famille de Toscane qui se soit fait un nom dans les lettres. 11 naquit à Arezzo, en 1415, et fut d'abord professeur en droit à Florence. S'étant concilié l'estime des Florentins, il obtint les droits de citoyen, et fut élu, en 1459, chancelier de la république, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1460. On dit qu'il avait une mémoire si prodigieuse, qu'après avoir entendu un ambassadeur du roi de Hongrie prononcer un discours latin devant les magistrats de Florence , il le répela tout entier mot pour mot. L'étude de l'histoire lui avait fait abandonner celle du droit. 11 a laissé : 1° de Ilrllo a christ ianis cvnlra barbaros gesto, pro Chritli tepulchro et Judaa recuperandis, libri quatuor. Cet ou\rage ne renferme que la première croisade; l'historien néglige trop les détails; les discours qu'il met (Lins la bouche de ses personnages sont beaucoup trop longs, et son style n'est pas toujours pur ; en un mot , cette histoire était peu propre à inspirer le Tasse, qui, selon l' opinion de quelques biographes, s'en est servi pour sa Jhutalvm drlivrêe. Klle a été imprimée à Venise, en 1532, in-4" ; à Florence, 1623, in-8°, avec des commentaires de Thomas Dcmpster, et à Groninguc, revue par H. Homider, 1731 , in-8°. François Baldetti la traduisit en italien, Venise, 1849, in-8*; et elle a été traduite en français et en grec par Yves Duchat de Troyes en Chani|>agne, qui lit imprimer cette double traduction à Paris, 1620, in-8". 2" Sui œvi Dialogut. Ce dialogue, écrit avec élégance, a été publié pour la première fois |»ar le P. Hacehiui, auquel Magliabechi en avait communiqué le manuscrit, Parme, 1689, in-12, avec la Vie d'AccoIti, Augsbourg, 1691, in-8°, dans le recueil de J. Gérard Mcuschcn , intitulé : Yitw summorum dignitate et eruditione virorum , Colxturj:, 1755, in-4°. 3"/>r Prmtanlia virwum sui œvi, publié |M>ur la première fois à Panne, en 1689, et réimprimé plusieurs fois. Il eut , de son mariage avec I-mra Fcderighi, trois (ils, dont nous parlerons, après avoir d'abord jwrlé de son frère, qui fut plus célèbre que lui. G— É.

ACCOLTI (François), frère de Benoit, nommé aussi François d'Arezzo, ou Arétin, du nom de sa patrie, naquit dans cette ville, en 1418. II eut pour maître dans les belles-lettres le célèbre François Philelphc. Après avoir étudié le droit sous les plus habiles professeurs, il le professa lui-même à Bologne, à Ferrare et à Sienne. Il fut pendant cinq ans secrétaire du duc de Milan, François Sforee, et mourut de la pierre, aux bains de Sienne, en 1483. On l'a accusé d'une avarice sordide. S'il laissa de grandes richesses, c'est que l'état de jurisconsulte élait alors le plus lucratif de tous, et qu'il était le plus célèbre jurisconsulte de son siècle. In voyage qu'il fit à Home, sous le pontificat de Sixte IV, a donné lieu à un conte sans vraisemblance. On prétend qu'il se rendit auprès du pape, dans l'espérance d'obtenir le chapeau de cardinal , mais que Sixte le refusa , en disant qu'il craindrait de nuire aux lettres s'il leur enlevait un savant aussi distingué. On raconte de lui un trait d'une autre espèce

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lorsqu'il enseignai! le droit à Ferrare, voulant prouver à ses disciples combien il importe d'obtenir et de conserver une réputation d'honneur et de probité , et ne les croyant pas aussi persuadés qu'il le désirait, il alla lui ni 'me, (tendant la nuit, accompagné d'un seul domestique , forcer îles coffres où les boucliers renfermaient leurs viandes , et leur en déroba plusieurs pièces. On ne manqua pas d'accuser de ce vol les étudiants en droit , et l'on mit en prison les deux qui avaient la plus mauvaise réputation. Le professeur se présenta devant le duc, demanda leur liberté et s'accusa lui-même. On refusa de le croire; mais il prouva facilement le fait : on le crut plus volontiers, lorsqu'il dit quel avait été le motif de cette action, et il en tira la double preuve des avantages d'une bonne renommée , et des dangers d'une mauvaise. Il laissa un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : 1° S, Chrysostomi IhmUiat in Evtirujclium S. Joannis, interprète Fr. Aretino, Hnmtp, 1470, in fol. : on ne doit pas dissimuler qu'Érasme, dans deux de ses lettres, accusa de peu de fidélité cette traduction , et son auteur, de peu de connaissances dans la langue grecque. 2° Phalaridis Kpistolw , Fr. Aretino interprète \ (Rmna, Llrie Han . eirra 140»), in-8", édition i prineeps {Parisiis), Michel Friburger, etc., 1471, I in-80, avec les Épitrcs de Brutus et celles de Cratès (r»'nvi 1474), in-4", 1473, in-8°, Tarritii, 1471. in 4°, I traduction latine, traduite elle-même en italien par llartolomeo Fontio, Florentin , et publiée la môme année, 1471, in-49 (\). 3" Ihogenis rynici philosofhi Epittnlœ, Fr. Arrtinn interprète .-cette traduc- J lion est ordinairement réunie à la précédente, et à i d'autres traductions latines des Lettres supposées de Brutus et de Cratés le cynique, snus le titre commun d'Epislnlcf cynieœ, etc. 4" Authorit ineerti Libeltusde Thermis Putcolorum, et vicinit in Italia, a Fr. de Accoltù Aretino reprrtus, publicatus, etc., Neapoli, 1475, in-4°:on voit, parce titre même, que Fr. Accolti ne fiit (pie l'éditeur de cet ouvrage qu'il avait trouvé, et dont il ignorait l'auteur; la plupart des bibliographes le lui ontattribué parerreur. "i" Contilia ieu Responsa, Pitœ, 1481 : ce sont cent soixantecinq consultations sur des questions de droit. 6° Commentaria super lib. 2. Drcretalium , Bo~ nonia, 1481. 7° Commentaria, Papier, 1493, itt-fol. : ces derniers commentaires sont encore un ouvrage de jurisprudence. 11 cultiva aussi la poésie italienne ; on conserve en manuscrit plusieurs de ses productions poétiques , dans les bibliothèques Chigi et Strozzi. C.rcscimbeni en a tiré quelques sonnets, qu'il a insérés dans son Histoire de lu poésie vulgaire. Ses Lettres latines sont conservées à Milan dans la bibliothèque ambroisienne. G— É.

ACCOLTI (Beu.naiw), d'Arezzo,quc la célébrité

(t) V*jr« Cmroi.ni, auqtiel la tradorlion «les lettres de IMialarii M de Diofene r»l attribue* stir d assez bonne* autorité*. LlkM Baitaglini a écrit «r te i-oint dhi*ioire littéraire une dissertation fort érudlle. ou il donne res deux lra.locli.ilis et relie de Uirrsostonw a Francesro U\<\>\ tàtvu». Se* raisons nous oui paru tresfnrte». Celle dissertation se trouve dans les Egemertde Itlterark âi JImm, décembre 48M . B.-«.

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dont il jouissait de son tenqts, comme poète, fit surnommer YVnieo Aretino, était lils de Benoit Accolti l'historien, et neveu de François le jurisconsulte. Le» iioésies qui restent de lui sont bien au-dessous de l'idée qui scs contemporains nous ont laissée de son talent poétique. A les entendre, il n'y a (Ktinl d'exemple d'un succès aussi extraordinaire que celui qu'il obtint a la cour d't'rbin, et même a liome, du temps de Léon X. Sitôt que le bruit se» répandait que ITnico réciterait des vers, on fermait les boutiques, on accourait en foule pour l'entendre; il fallait mettre des gardes aux portes; on illuminait toutes les salles, et une assemblée composée des hommes les plus savants et des prélats les plus distingués interronqiait souvent le poète par de vifs applaudissements. Le témoignage de scs plus illustres contemporains, entre autres du cardinal Bemlo, ne permet pas de douter qu'il n'eût un mérite au-dessus du commun: mats peut-être réusMssail-il mieux dans les vers improvisés que dans ceux qu'il travaillait. Au reste, l'élégance «lu style manque seule à Accolli, et l'on reconnaît souvent dans ses vers l'imagination et la verve d'un porte. Il écrivait dans ce style pénible, dur et bizarre <lu Tihaldeo, du Cariteo, du IVolturao, elc, qui régnait a la lin du 13' siècle tt au commencement du 10'. Ses poésies, imprimées pour la première fois à Florence, en 1313, sous ce titre : Yirtjinia comedia, capitoti,e strambtiltidi messrr Rernardo, Accolti Aretino, in Firenze [al di Franccsco Rossryli), 1513, in-rT ; et à Venise, en 151!). sous ce titre : Opéra nuova del prcclai issimo messer Rernardo Accolti Aretino,srrittoreapostolicoed ubbnvialore, etc., in-8", ont été réimprimée* plusieurs fois. On y trouve une comédie intitulée : Virginie, écrite, selon l'usage de ce temps , en octaves , ou ottara rima , et eu plusieurs autres mesures de vers. On dit qu'il lui donna ce lilre de Virginie, du nom d'une lille naturelle qu'il maria, et qu'il dota richement. Léon X, qui l'aimait beaucoup, lui conféra l'emploi d'écrivain et d'abréviatcur a|KJstoliquc. On a aussi prétendu que ce pape lui avait donné le domaine de Nepi ; mais I I uico noti» apprend lui-même , dans une lettre à Pierre Arétin, qu'il avait acheté ce domaine de ses propres fonds, et il se plaint qu'il lui ait été enlevé par l'aul III. On ignore IY|»oque précise de sa uaissanee et de sa mort. Il parait seulement qu'il survécut à l'Arioste. Ce grand poète |>arle de lui, dans son 4* chant, comme d'un chevalier fort considéré à la cour d'L'rbin, et qui accompagnait les dames de cette cour.

Il cavalier che Ira lor vicue, e ch'elle

Onoran si

E* il grau lume Aretin, l'unieo Aeeolti.

ACCOLTI ( Piehre ) , fils, comme le précédent , de Benoit l'historien, naquit, en 1455, à Florence, où ses |iarents avaient acquis les droits de cité. Il étudia les lois à Pise, et y fut docteur et professeur en droit. Il entra ensuite dans l'Église, fut (ait auditeur de rote par Alexandre VI , évèque d'Aucune par Jules II , qui le nomma, six ans après, cardinal, du

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titre de Sl-Eusèbe ; mais il est plus connu sous le nom de cardinal d'Aucune. Il fut ensuite revêtu successivement de sept évèchés, en Espagne, en Flandre, en France, en Italie. Il ne garda que deux mois l'archevêché de Ravcnne, qu'il échangea avec son neveu Benoit Accolli , pour l'évêehé de Crémone. Il exerça de plus à Rome la cliargc de cardinal-vicaire, et celle de légat dans l'armée du pape contre les Français. 11 mourut dans cette ville, lel2déccmbre 1532. Il a laissé quelques ouvrages, de droit peu importants. Ce fut lui qui rédigea, en 1519, la huile contre Luther, où furent condamnées quarante et une propositions de ce réformateur. Aucun historien n'accuse le cardinal d'Aucune de mauvaises mœurs ; mais l'arbre généalogique de sa famille ( Mazzuchelli, Scril. II. , 1. 1 , p. «0 ) lui donne une fille et deux (ils , dont le second, Henni i Accolli, figura, en 1564 , à la tête d'une conspiration des Florentins contre Pie IV. Le complot ayant été découvert, Benoit Accolli fut arrêté et pendu avec ses complices parmi lesquels se trouvait Pierre Aceolti, son parent. G— É.

ACCOLTI ( Benoit ) , connu sous le nom de cardinal de Ravenne, eut |>ourpére un troisième fils de Benoît l'historien , nommé Michel , et fut par conséquent neveu de l'Unico Arctiuo et du cardinal d'Ancone. Il naquit à Florence, en 1497. Ia: cardinal son oncle, qui était en faveur auprès de Léon X , lui procura la place d'abrév'iateur apostolunic, et bientôt après révêché de Cadix, d'où il fut transféré à celui de Crémone, qu'il échangea bientôt avec son oncle pour l'ai-ehcvêchédeRavenne. Clément VII le nomma son secrétaire, en même temps que Sadolet. Il n'avait alors que vingt-cinq ans. II fut fait cardinal en 1527, et envoyé légat, en 1532, dans la Marche d'Ancone. Sous PaulIII, il tomba dans ladisgrdce, fut renfermé au chrtleau St-Ange , et subit un procès rigoureux ; les uns disent pour péculat; les autres , pour quelque autre cause plus grave encore. 11 lui en coûta, i>our avoir sa liberté, la somme énorme «le 59,000 écus d'or. Alors il se retira à Ravenne, puis à Ferrare, à Venise , et enfin à Florence, où il mourut en 1549. 11 a laissé quelques ouvrages latins, dont une partie seulement a été imprimée ; cl des poésies latines insérées dans le recueil Quinque itluitrium Poelarum, Florence, 1562, et depuis dans le 1. 1" des Carmina illustrium Poelarum italorum, Florence, 1719, in-8°. L'arbre généalogique dont il est parlé à l'article précédent donne aussi trois fils à ce cardinal , Hippolytc, Fabrice et Marcel. G — É.

ACCOLTI ( Léonard et Pierre ), eurent pour père Fabrice , l'un des trois Aceolti que l'on vient de nommer. Léonaid fut chancelier «les archives publi- «|ues de Florence, en 1001». Il n'est connu «lans les lettres que jiour avoir publié en 1623, avec son frère, l'histoire de Benoit leur trisaïeul , de llelln a christianis contra barbaros getlo, avec les noies de Thomas Dempster.— Pierre fut docteur en droit et professeur de droit canon à Pisc, en 1609, membre de l'académie florentine et de celle du dessin. On lui doit les deux ouvrages suivants : \" dclle Indi di Cosimo II, grun duca di Toscanu , orazione , etc. , Florence, 1621 ; 2» Ylnganno degli occhi , o prospetlira pratica , etc.,

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Venise, 1625, infol. Il eut, de son mariage avec Léonore Spini , deux filles et un fils nommé Jacopo, le dernier de cette famille illustre, qui s'éteignit avec lui à Florence, en 1699. G — É.

ACCORAMBONA ( Victoire ) , ducliesse de Bracciano, é|>ousa François Peretti, neveu de Sixte- Oui ni Son mari ayant été assassiné , elle fut accusée de sa mort , et enfermée pendant qucUpies années au château Sl-Ange ; mais , étant parvenue à prouver son innocence , elle fut mise en liberté , et se remaria avec Paul Girolamo Orsini, duc d'Arcenno. Ce seigneur , qui était aussi soupçonné du meurtre «le Peretti , craignant la vengeance du cardinal de Montallc , devenu pape sous le nom de Sixte V, se présenta devant le nouveau pontife pour juger de ce qu'il avait à en attendre d'après l'accueil qu'il recevrait. Le pa|te le reçut fort bien, et l'assura qu'il n'avait rien à craindre de lui ; mais il ajouta qu'il eût à se garder désormais de souffrir dans son duché, comme il le faisait auparavant, des scélérats et des assassins, et que, si cela lui arrivait encore, il le punirait sévèrement. Effrayé de cette menace , Orsini se retira sur le territoire vénitien et y mourut. Des difficultés s'élevèrent sur l'exécution de son testament, entre sa veuve et Louis Orsini , son parent : ce dernier perdit son procès , et s'en vengea en faisant assassiner Victoire à Padoue, en 1585. On a de cette dame des poésies imprimées sous le nom de Virginia N...., avec celles d'Alexandre Bovariniet du chevalier de la Selva, et l'on conserve à Milan, dans la bibliothèque ambroisienne , un poème en terza rima, intitulé Lamentodi di Virginia A'..., où elle déplore la perte de son époux, et fait des imprécations contre les meurtriers. Fr. de Rosset a fait de cet événement le sujet d'une de ses Histoires tragiques ( Lyon , 1621 ). Adry a publié V Histoire de la vie et de la mort de Yiltoria Accorambona , 1800, in-4°; 2e édition, augmentée, Paris, 1807, in-12. G — É.

ACCORAMBOM ( Jérôme ) , l'un des plus liabiles médâdDS de son teuq>s, natpiit, en 1467, à Gubbio, dans le duché d'Urbin, d'une famille honorable. Il étudia la médecine contre le gré de ses parents, qui le destinaient au barreau, mais les succès qu'il obtint dans la pratique de son art durent lui faire pardonner sa désobéissance. 11 remplissait, en 1505, la prcmiércchairc de médecine à l'académie de Pérousc, et déjà sa réputation attirait à ses cours des élèves de toute l'Italie. En 1515, le pape Léon X le nomma son médecin. Clément VU, qui l'honora de sa confiance, ne fut pas moins généreux à son égard que ne l'avait été son prédécesseur ; mais Accoraml)oni ne devait pas jouir de la fortune qu'il avait acquise par ses talents : au sac de Rome, en 1527 , sa maison fut entièrement dévastée. Il ne put même sauver ses manuscrits. Dans l'embarras où il se trouvait. Accoramhoni se hata d'accepter la chaire de médecine de l'académie de Padoue , qu'il avait refusée plusieurs fois. Son traitement, fixé d'abord à 760 écus d'or, fut porté, dès l'année suivante, à 800 écus. Le pape Paul III l'ayant nommé son médecin, il revint à Rome, dans le mois de septembre 1536; mais quelque temps après, il y tomba malade, et mourut le

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21 février 1557 (1). On a de lui : 1° Traetalus de Pu- j tridine, Venise, 1554, in-^iS0 Traetalus de Calarrho. ibid., 1556, in-8-; 5a Traetalus de Satura tl j Vsu lui lis, ibid. , 1556, in-8". Cet ouvrage, qui ren- i ferme des observations utiles, a été réimprimé avec le traité de Sextus Placitus : de Medicina exanimalibus, Nuremberg, 1558, et Raie, 1578, in-4' ( Voy. Gaétan. Marini, Memorie degli arehialri pontif. ) \V — s.

ACCORAMBOM ( Faiiio ) , jurisconsulte, fils du précédent, naquit en 1502, à Gubio, Ht ses étudesa Padoue, et se distingua tellement dans ses cours, qu'en les terminant il fut, à l'âge de vingt et un ans, nommé professeur en droit avec un traitement de 140 florins. Il passa, peu de temps après, a la première cliairc des Inslitutes et la remplit de la manière la plus brillante. Ses affaires l'ayant obligé de se rendre à Home, en 1525, il y fut retenu trois ans, et y donna des leçonsde droit canonique, avec un succès extraordinaire. Apres le sac de cette ville [iar les troupes de Charles- Quint, il revint à Padoueet reprit sa chaire, restée vacante pendant son absence. Cédant aux instances du pape Paul III , il retourna, en 1540, à Rome, et fut nommé avocat consistorial, puis auditeur du tribunal de rote. Sous le pontificat de Paul IV, il fut créé référendaire de l'une et l'autre signature; et l'on dit qu'il aurait été fait cardinal, s'il n'avait pas tenu trop ouvertement pour le parti de Charles -Quint. Fabio mourut doyen de la rote en 1559, et fut inhumé dans l'église Sic-Marguerite, avec une épitaphe honorable. Outre un traité de Comparalionibus, on lui doit plusieurs décisions insérées dans les Repeliliones in jure ririli rariœ, Lyon, 1555, in-fol. { Voy. I ;i].adopoli, Hisi. gymn. Patarin., t. 1, 252.)-JV/£rAccoKAMun m , médecin, porte et philosophe, était, suivant les biographes (1), fils de Jérôme, mais plus vraisemblablement son petit-Ms. Comme son aicul.il s'appliqua dés sa jeunesse à la médecine , et fit dans cette science de rapides progrès. L'étude de la philosophie ancienne, celle de l'histoire naturelle et la culture des lettres remplissaient les loisirs que lui laissait la pratique de son art. Allié du pape Sixte-Quint, par son mariage avec une de ses parentes, il eut beaucoup à m louer de la générosité de ce pontife, et en témoigna sa reconnaissance en lui dédiant le recueil de ses ouvrages, imprimé a Rome, en 1590, in-fol. Ce volume contient : 1° Commentariut obscuriorum Incarum et tenlenliarum in omnibus aristolelieis stripti» ; et eonlroversiarum inter platonieos, Galenum et Arislotelem. Examinatio; 2- Annotnliones in librum Gaieni de Tempéraments; 5° Senientiarvm difficilium Theophrasti in libro de Plantis Explieatio; 4" de Fluxu et Re/îuxu maris. Le commentaire sur Aristotc a rejKiru

(1) Dans VFramfH rrilique ift ftirfiomurirft , Darliicr a donné un article :i Jerdme Acroraniboni, d'après la BiHhthetue tt* medeela* de Carrere; mais il y reproduit le» inexactitudes et le» errrnrs de son devancier, qu'il n'aurait pas d« ropirr m fidèlement.

|S] Les traducteurs de la Biographie anirertttle en italien, an lieu de copier sans eûmes, lesartiiles Aeroramhoni de Barbier, auraient du chercher a dnnner quelques éclaircissements sor la filiation de ces den\ personnages; car si, comme ils le disent, Ktiix. vivant en «00. est Ils de Jérôme, ne en \ 467. t est un fait qui méritait bien d'être remarqué.

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sous le titre : Inlerpretatio obscuriorum loeorvm et senlenliarum Aristatelis, Rome, 1000 ; et sous celui de Vera mens Arislotelis, sire Explieatio in opéra ejus, ibid., 1005; mais les exemplaires avec ces différents frontispices sont de la même édition. Ses notes sur le livre des Plantes de Théophrastc ont été reproduites également sousun nouveau titre .Adnotaiionesin Theophrastum de Plantis, Rome, 1005. C'est par inadvertance que, dans VExamen eritique des Dictionnaires, p. 8, Harbier fait des Sentenliarum Explieatio et des Adnoiationes deux ouvrages différents. Les notes de Félix sur Théophrasle sont trés-estimées. Fabricius regrette qu'on ne les ait pas insérées dans la belle édition de YHistoria Plantarum , Amsterd. , 1644 , in-fol. ( Voy. Fabricius, Bibl. gr., 11,2577.)W— s.

ACCORSO ( Mariangelo ), natif d'Aquila, dans le royaume de Naples , fut un des plus savants critiques de son temps. 11 fleurit dans la première moitié du 16* siècle, et vécut longtemps à la cour de Cltarles-Quint , qui l'estimait beaucoup , et pour lo service duquel il fit des voyages en Allemagne , en Pologne et dans d'autres |«ys du Nord. 11 était trèsversé dans les langues grecque , latine , française , espagnole et allemande , et fut un des plus célèbres antiquaires de son siècle ; il rassembla un grand nombre de monuments dont il enrichit le Capilole. Son occupation favorite était de corriger les itassagcs des auteurs anciens, à l'aide des manuscrits, qu'il recherchait avec beaucoup tic soin ; et le premier ouvrage qu'il publia est une preuve dt- son érudition et de son talent dans ce genre de travail. Ce sont des observations : IHatribœ in Ausonium , Solinum et Ovidium, Rome , 1 524 , in-fol . ; le frontispice est orné de la gravure de monuments antiques , parmi lesquels on reconnaît l'Apollon du Belvédère , une Minerve et deux beaux bas-reliefs qui représentent, l'un , l' Enlèvement de Proserpine ; l'autre , la Mort de JUèlèagre. J'indique ces gravures peu connues , parce qu'elles peuventservir pour la restauration de ces monuments. L'auteur a ajouté à la fin une fable qu'il a intitulée Testudo. Cesdiatribcs ont aussi été insérées, mais non pas en entier/quoique le titre le porte, dans l'édition d'Ausonc, non nolis variorum, Amsterdam, 1671 , in-8°; on les trouve encore dans l'édition à l'usage du dauphin, donnée par J. R. Souchay, Paris, 1750, in-4°.On avait accusé Accorsodc plagiat, en prétendant qu'il s'était approprié, dans ses diatribes sur Ausone, le travail dcFabri/io Varano, évéque deCamérino; mais il s'en justifia par un serment solennel et assez remarquable, dont voici la traduction : « Au nom « des dieux cl des hommes, de la vérité et de la sineé- « reté , je jure solennellement , et si quelque décla- « ration peut lier plus qu'un serment, je déclare de « celte fai.on , et désire «pie ma déclaration soit re- « gardée comme strictement vraie , que je n'ai ja- "• niais vu ni lu aucun auteur dont mes remarques « aient reçu la moindre assistance ou le moindre « avantage. J'ai même eu soin, autant qu'il était « possible , toutes les fois qu'un auteur a publié des o observations que j'avais déjà faites , de les effacer « de mes propres ouvrage». Si , dans cette déclara- « tion , je suis un faussaire , que le pape punisse

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» mon parjure , et qu'un mauvais génie pèse sur mes « écrits, tle sorte que ce qu'il peut y avoir de bon , « ou au moius de tolérable, paraisse à la multitude « aveugle extrêmement mauvais, et même trivial et « méprisable aux gens instruits. Puisse la fai- « ble réputation que je possède aujourd'hui être « abandonnée aux vents , et regardée comme re qu'il « y a de plusvulgairc et de plus faible. » (k> serment, inséré dans la Testudo d'Aceorso, a été cité souvent. En 1533, Accorso publia, à Augsbourg, une nouvelle édition d'Ammien Marccllin , in-fol., plus complète que les précédentes ; il l'augmenta de cinq livres qui n'avaient pas été connus jusqu'alors , et corrigea dans les autres plus de 5,0X10 fautes ; c'est ce qu'il affirme dans le titre. 11 a aussi publié, dans la même année et dans la même ville, les lettres de Cassiodore , et son Traité de l'Ame. Accorso est le premier à qui l'on doive le recueil complet des Lettres de cet auteur, et il assure, à la lin de la table, qu'il a corrigé ."MB fautes dans le Traité de l'Ame. Il nous apprend encore, dans sa Diatribe sur Autour , qu'il a aussi travaille sur Claudicn, et qu'à l'aide des manuscrits qu'il a trouvés dans ses voyages , il en a corrigé prés de 700 passages. Malheureusement son travail n'a pas été publié. Pour se distraire de ces travaux sérieux , Accorso consacrait ses loisirs à la musique, à l'optique et à la iwésie. Ses envieux lui reprochèrent de s'occuper de choses qu'ils regardent comme indignes d'un philosophe , ainsi qu'il le dit lui-nu nu: dans la dédicace de sa fable intitulé Testudo , ou il s'adresse à deux princes de la maison de Rrandebourg. On a un échantillon de son talent pour la poésie , dans son Protrepticon ad Coiyrium, poème qui renferme 87 vers, et qui se trouve dans un ouvrage intitulé Coryciana, imprimé à Home, en 1521, in-4". Ce Corycius était , selon la Monnoie , un Allemand nommé Goritz. Ce volume contient des poésies de plusieurs autres Napolitains, tels que Giovauno Francesco Arisio, Antonio Tilesio, etc. 11 y avait, du temps d'Aceorso, plusieurs écrivains latins qui se plaisaient à se servir des termes les plus surannés. Il s'en moqua d'une manière fort plaisante, dans un dialogue dont le titre commence ainsi : 0*ro , Yolsco, romanaque eloqnenlia interloculoribus, Dutlogus ludit romani* actus. Ha y le a donné ce titre en entier. Cet ouvrage , écrit avec beMCOUp de sel et de gaieté , a |»aru eu 1551, in-8", sans indication du lieu d'impression. La Monnoie a présumé, avec raison, qu'il avait déjà été imprimé, puisqu'il cstcité|mrTori dans son Champ fleuri, qui a paru en 1529. Cet ouvrage ne porte pas le nom de son auteur, mais ils»1 fait connaître dans la préface, qui est adressée à I'ietra Santa. On trouve à la fin un autre petit ouvrage intitulé : Volusii Metiani J. C. antiqui Dislributio. Item Voeabula ac Nota partium in rébus peeuniariis,]H>ndere, numeroet mensura. Le dialogue a été réimprimé à Home, en 1574, in-4", avec le nom de l'auteur, sous ce titre : Osci et Yolsci Dialogus ludis romanis actut, a Mariangelo Arcursio. Luc autre édition in-4° est sans nom d'auteur, ni date, ni lieu d'impression. La bibliodiéque ro\a!e de Paris |>ossède deux éditions du même ouvrage , qui ont oaru l'une et

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l'autre à Coiognc, en 1598. On voit par la dédicace de la fable intitulée Tcstudo , dont nous avons déjà parlé , qu'Aecorso s'occiqKiit aussi d'une Histoire de la maison de Brandebourg , qu'il rédigeait sur des mémoires (pion lui avait fournis ; mais cet ouvrage s'est perdu avec plusieurs autres de ses écrits , après la mort de son lils Casimir. Nicolo Toppi , Bibliolera napoUt., attribue à Accorso un ouvrage sur l'invention de l'imprimerie, intitulé : de typographicœ arlis Inrentore, ac de Libro primum omnium impresso , mais sans en faire connaître ni la date , ni le lieu de l'impression. C'est une erreur qui vient de ce qu'il a pris pour un ouvrage la courte notice qu'Aecorso écrivit de sa main dans un Donal imprimé en 1450, dont Angelo Rocca fait mention dans sa Bibliotheca valicana. A. L. M.

ACCl RSF [ François ), jurisconsulte, fut le premier qui réunit en un corps d'ouvrage toutes les discussions et décisions éparses des jurisconsultes ses prédécesseurs, sur le droit romain. 11 ligure au premier rang parmi les promoteurs de la renaissance du droit ; ses ouvrages, loués et critiqués avec une égale justice, font époque dans l'histoire de la jurisprudence. Accursc naquit à Florence, en 1151, d'autres disent en 1182. Disciple d'Azon, il devint bientôt plus célèbre que son maître. On prétend cependant qu'il avait prés de quarante ans lorsqu'il commenta à étudier le droit. R'alunl professeur à Hologne, il abandonna |>eu de temps après sa chaire et ses écoliers, pour prévenir Odcfroy, qui avait été comme lui disciple d'Azon, et qui travaillait à Y Explication et Concordance des lois, ouvrage qu'Aocursc avait conçu depuis longtemps. Il réussit en effet à devancer son rival, et acheva en sept ans son immense collection , qui |K>rle indistinctement le nom de Grande Glose, ou Glose continue d'Accurse. On peut regarder Accursc comme le premier des glossa tours, et en même temps comme le dernier, puisque personne après lui ne se permit de faire des gloses, si ce n'est un de ses fils, dont les ouvrages ne sont pas estimés ( voy. Cervot Acci rse): mais il n'était point versé dans les belles-lettres. Aussi les jurisconsultes littérateurs des 14e et 16' siècles ont-ils poussé la prévention jusqu'à mépriser l'érudition d'Accurse, ob imperitiam hisloriarum. C'est à l'école d'Accurse qu'on doit, dit-on, ce proverbe devenu familier : « C'est du grec , on ne peut le lire, » gracurn est, non polesl legi. En effet, c'était assez la coutume des glossatcurs à cette époque. Lorsqu'ils trouvaient un mot grec qu'ils n'entendaient pas, ils cessaient d'interpréter, ou donnaient pour raison que c'était du grec qu'on ne pouvait pas lire, et après avoir, suivant l'expression de Ravie, ainsi sauté cette fosse, ils reprenaient l'explication du latin. Les écrivains des 12* et 13* siècles, ne sachant au contraire quels trophées élever à la gloire d'Accurse , lui ont donné le nom A' Idole des jurisconsultes. Leur admiration pour ses ouvrages était si grande, qu'ils avaient fait passer en principe que l'autorité des Gloses devait être généralement reconnue , et qu'il fallait toujours se rallier sous cet étendard perpétuel de la vérité, tanquam carrocio teritatù perpetuo ad-

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hœrendutn ette. En effet, Hotmail cite, d'après Fulgosius, un principe de jurisprudence consacré à celte épo*|ue, qui prouve la grande autorité que les décisions des glossateurs avaient dans les tribunaux : Si tenlentia glotsalorit , dit-il, duobus docioribut etl contraria, profeclo in judiciis prœcaletet scnlcnlia iptius ylosta*. Deux opinions aussi op|wsées prouvent que chaque siècle a un esprit |»artieulier qui dirige le goùl et les connaissances, et «pie c'est d'après cet esprit que la critique impartiale doit prononcer. L'esprit dominant du temps d'Accurse était «l'accumuler l'érudition, d'interpréter, de commenter les passages ou le texte des lois. Us ouvrages des jurisconsultes estimés à cette époque doiveutdonc être remarquables par la profondeur de leur érudition et de leur jugement; mais, ii étant |«as assez instruits dans l'étude de l'histoire, ces mêmes jurisconsultes ont do commettre de grandes erreurs dans l'interprétation des lois. Tel est Accurse. Le goiit et l'esprit dominants du temps de ses détracteurs, à la tète desquels il faut mettre Alcial et Budéc, était l'étude des antiquités et des historiens grecs et latins. Ils ont dit alors relever les erreurs commises par leurs prédécesseurs ; mais s'ils leur sont supérieurs («r la connaissance di s belleslettres, qu'ils ont eu soin d'associer à l'élude des lois, ils leur sont inférieurs par la profondeur du jugement ; tel est Alciat et beaucoup d'autres. L'injustice des reproches faits à Accurse provient aussi de ce que la Grande (ilote i«orte le nom de ce jurisconsulte, et qu on lui a attribué tout ce qu'il y a de bon et de mauvais dans cette volumineuse collection, qui n'estau reste qu'une compilation des meilleures décisions des jurisconsultes qui existaient avant lui , tels qu'Irnérius, Hugolinus, Mariions Bulgariis, Aiderions, Pilcus, Hogerius, Joannes, Odofredus, Placentinus; or, comme il a mêlé souvent son sentiment avec les discussions des autres commentateurs, et qu'il n'indiquait les auteurs que |>ar la première lettre de leurs noms, cette lettre étant dispirue dans beaucoup d'endroits, un a pu \ rendre pour son sentiment ce qu'il n'avait dit que comme citation de la doctrine d'un autre : telle est du moins l'opinion de Bayle. 11 est certain qu'Accurse a débrouillé avec netteté et précision le sens de beaucoup de lois, s'est décidé presque toujours |>our le meilleur avis, dans les matières sur lesquelles les sentiments sont partagés ; et qu'ainsi il a mérité les éloges que Perrière, Terrasson et Cujas même lui prodiguent si souvent , en l'élevant au-dessus de Bartliole. C'est donc avec plus d'esprit que de justice que Rôilcau s'égaye dans son Lutrin aux dé|»ens de ce jurisconsulte/en disant :

A l'instant il saisit nn vieux fofartfat, Grossi des visions d'Accurse cl d'Altiat.

Cependant on doit avouer qu'Accurse n'aurait pas laissé subsister les fautes grossières et les absurdités dont sa Grande Glose est remplie, sans son ignorance dans l'histoire, ignoram-e qui lui est d'ailleurs commune avec tous les autres plossateiirs. Son ouvrage étant encore souvent cité au Irarreau, il n'est pas inutile de dire que, si les discussions profondes qu'on y trouve peuvent étendre les connaissances des jeunes

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jurisconsultes, ils ne doivent le lin; qu'avec déliance. Parmi les éditions estimées de ses ouvrages, celle que l'on préfère est de Denis Godefroi, Ljon, 1389, 6 vol. in-fol. Au tome G', on trouve la table alphabétique des Glosa d'Accurse. La vie privée d'Accurse offre |M-u de détails intéressants ; il vécut riche et considéré , ayant, comme dit Bayle, belle maison à la ville, li 'Il maison à la campagne, et mourut à Bologne, en 1229, à 1 âne de "H ans. Ceux qui fixent l'époque «le sa morl en 1201) confondent le père avec un «le ses fils «pii |»orlait le même prénom. Son tombeau, tel qu'il existe à Bologne dans l'église des cordeliers, n'a «le reman|uablc que la simplicité de son épitaphe : Srputchrum Accursii , glotsatoris legum, et Franrisri rjus filii. Il laissa deux (ils et une fille. Toule sa famille, sans exception, se livra à l'étude de» lois. — Sa lillc se lit remarquer par une étonnante érudition , et donna des leçons publiques de droit romain à l'université de Pologne. I'ancirolc conlirme ce fait vraiment extraordinaire : Ftiiam quuque habuiste dicitur quœ jus civile Iiononia* publiée ducuil. Bayle parait en douter, mais i-'ravenlobius et Paul Fréher l'avaient rapporté avant Pancirole. M— x.

ACCURSE ( Fham;ois ), fils aîné du précédent, professait le droit à Bologne avec une réputation extraordinaire, lorsquT'.tluuard 1", roi d'Angleterre, passant par cette ville en 1273, à son retour de la terre sainte, l'engagea à venir remplir le même emploi dans les provinces de France soumises à sa domination; mais le gouvernement de Bologne, lier de posséder un savant si distingué, lui défendit de quitter sa cliaire, et le menai, a de confisquer ses biens s'il sortait de la ville. Soit inconstance, soit ambition, Accurse partit pair la France, après avoir fait a un ami une vente simulée île ses biens, ce qui n'empêcha |«s qu'ils ne fussent confisqués. Après avoir enseigné le droit à Toulouse pendant trois ans, François Accurse fut alt:ré à Oxford par Edouard, qui le logêa dans son pilais, et se servit utilement «le ses talents dans les démêlés qu'il eut avec Gaston, duc de Béarn. Il revint i Bologne vers 1280, et rentra en pjsscssion de sa cliaire et de ses biens. Il y mourut en 1321. On raconte que, pendant le temps qu'il professa à Toulouse, Jacques de Ravenne, l'un des plus savants jurisconsultes de son temps, vint incognito se mêler pirmi ses auditeurs. Accurse expliquait le texte de la loi sur les intérêts; Jacques lui fit des objections si fortes, si embarrassantes, que, restant sans réalise, Accurse fut obligé d'avouer que le prétendu écolier en savait plus que le maître. Les savants des siècles suivants ont établi de longues discussions pair savoir si ce François Accurse était contempirain de Bartliole ; mais l»aneirole a prouve que ce «pii avait donné lieu a «vite discussion , c'est (ju'en effet il y eut un Accurse collègue de Bartliole, mais qu'il était fils «l'un autre Accurse, dontGuillaumc Durant] fait souvent mention, qui enseigna le droit à Rejîgio, sa patrie, en l'année 1273. et donna des leçons à Padoue. 11 ne nous est resté de François Accurse aucun écrit <pii justifie sa célébrité. — Cervot AcCDRSS , frère du précédent, eut,

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