ADO M
mMM. H m» déploya pas moins de caractère dans les Interrogatoires qu'on lui fit subir. « Si J'eusse
* réussi , dit-il , dans le projet que j'avais formé « de tuer Robespierre et Collot-d'Herbois , j'aurais « été admiré de tout le monde. » Barrère fit quelques jours après, au nom du comité de sûreté générale, un rapport sur cette affaire. Dans cette pièce. Admirai fut déclaré le principal instrument du parti de l'étranger, l'agent de Pltt et de Cobourg, enfin le correspondant de tous les souverains de l'Europe. À l'appui de cette accusation, Barrère produisit des lettres interceptées. On lui donnait pour complices le vieux Sombrcull, gouverneur des Invalides, un Rohan , un Montmorency et toute la famille Stc-Amaranthe. {Toy. Rouesihehke.) Ce malheureux partit devant le tribunal révolutionnaire avec plus de cinquante individus dont il n'avait jamais entendu parler. « Est-ce que vous avez lo a diable att corps, dit-il froidement à Fouquier- « Tinville, d'accuser tout ce monde d'être mes com- « pliecs I » Et quand il entendit le sanglant arrêt qui n'en épargna pas un seul, il s'écria douloureusement '. « Que de braves gens compromis pour « mol I » En rentrant dans la prison, il clianta avec beaucoup de force ce refrain patriotique :
Plutôt la mort que l'esclavage...
On lé conduisit à l'échafatul en chemise rouge : et il périt le dernier de soixante-deux victimes qui eurent la tête tranchée en vingt-huit minutes. Dans le moment où on l'attachait à la fatale planche, Il dit encore : « J'ai conçu seul mon projet, j'ai voulu sau-
• ver la France...» M — n j.
ADOLPHE 11, comte de Ilolsteln, régnait a l'éjtoque où Henri le Superbe et Albert l'Ours se disputaient la sooYeraihcté de la Saxe ; il embrassa le parti du premier, et éprouva une alternative de succès et de revers, qui, tour à tour, agrandirent ses États, et l'en dépouillèrent. Rendu enfin A une situation paisible , il rebâtit la ville de I.ubcck qui venait d'être détruite : la splendeur de la nouvelle cité nuisant a celle de Luncbourg, Adolphe se brouilla avec Henri le Lion, vit brûler Lubcck, et fut contraint d'en abandonner le sol à son ennemi, qui fit relever la ville eh lui laissant son nom. Adolphe fut tué, en 1164, au siège de Denunin en Poméranie. G— t.
ADOLPHE DE NASSAU, élu empereur le 1" mat 1»2, et couronné à Aix-la-Chapelle, le 25 juin de la même année, n'était qu'un simple gentilhomme, d'une famille Illustre, à la vérité , et d'une bravoure éprouvée, mais sans autre patrimoine que son épéo, saus influencé, sans fortune, et n'ayant aucune des qualité* morales qui avaient aidé Rodolphe de Habsbourg, son prédécesseur, né pomme lui loin du trAne, à y monter et A s'y maintenir. Adolphe dut son élection au désir qu'avaient les électeurs de se rendre Indépendants du chef de l'Empire, à leur lwine contre Albert, fils de Rodolphe, dont l'arrogance les avait blessés (voy. Albert P') • enfin à des transactions honteuses et illégales avec les archevêq*s de Cologne et dé Mayence. Ces électeurs ecclé-
slasihnjes crurent l'occasion favorable pour tmîter les papes qui, depuis quelque temps, avaient essayé de prescrire de certaines lois aux cm|>ercurs avant de ratifier leur nomination. Ils imposèrent à Adolphe les conditions les plus onéreuses, le forçant & leur abandonner des portions de territoire et des villes qui ne lui appartenaient pas. Le comte Adolphe, qui se sentait faible, les accepta toutes. L'empereur Adolphe, qui se crut puissant , n'en voulut tenir aucune. De là ses fautes et ses revers. Décoré de la couronne impériale, ce prince se trouva dénué mémo de l'argent nécessaire aux frais du couronnement. Il essaya de l'extorquer aux juifs de Francfort, qui lui résistèrent avec courage et succès. L'électeur de Mayence, son cousin germain, Gérard d'Eppenstein, qui avait été le prtncqnl auteur de son élévation, lui prêta les sommes indispensables ; mais les emlarras du monarque ne cessèrent pas après qu'il eut été couronné. Chercliant partout des ressources, Il se mit d'abord à la solde de l'Angleterre contre Philippe le Bel, et se fit payer par Edouard I" 100,000 liv. sterl., somme énorme pour le temps; mais il révolta contre lui l'Allemagne, qui rougissait de voir son chef au rang des mercenaires. Boniface VIII, qui n'était pas encore l'ennemi de Philippe, dérendit à Adolphe de prendre les armes. Celui-ci, payé d'avance des efforts qu'il devait faire, ne demanda pas mieux (pie d'obéir au pape pour s'en dispenser ; et licenciant 2,000 cavaliers qu'il avait rassemblés pour le service d'Edouard, il ne garda du traité cohelu entre eux que les subsides. L électeur de Mayence saisit ce moment pour lui demander la restitution des avances qu'il lui avait faites. Adolphe crut plus Utile d'acquérir des États que de satisfaire à des engagements dont il avait déjà reçu le prix ; il profita dé l'aversion d'Albert le Dénaturé, landgrave de Thuringe, contre ses fils légitimes, pour acheter de lut sa principauté. Par cette u-ansaction doublement injuste, Adolphe se fit un ennemi mortel de l'archevêque auquel il devait son trône, et souleva contre lui l'Allemagne entière, qui ne vit plus dans son monarque qu'un vil s|>olialcur. La Thuringe se déclara pour les princes dépouillés. Adolphe se vitengagé dans une guerre qui dura cinq ans; il ne parvint jamais à soumettre les jwuples qu'il prétendait avoir achetés, et, contraint de tolérer les excès de ses troupes, qui ne le servaient qu'à regret, et dont il fallait vaincre la répugnance par le pillage, il acheva de s'aliéner tous ses partisans. Albert d'Autriche, qui, depuis l'élection d'Adolphe, épiait l'instant favorable pou? ressaisir le sceptre que son père avait porté, se réunit à l'électeur Gérard, dont les intrigues disi>osaienl du plus grand nombre de ses collègues. La majorité de* électeurs, après avoir cité Adolphe à comparàUre devant l« collège électoral , le condamna |»r contumace. On lui reprochait de s'être vendu à urt prince étranger, d'avoir usurpé des Etats qui n'avaient pu lui être cédés, et chacun joignait à ces griefs généraux des griefs particuliers. Adolphe enfin fut déposé le 2$ juin 1298. Ses torts étaient avérés, mais sa déposition était illégale. Trois beaux-Wrcs d'Albert avaient siégé parmi les juges ; l'injustice qu'A-
dolphe éprouvait affaiblit le souvenir de celles qu'il avait commises. L'Allemagne se divisa; Adolphe parvint à réunir une armée supérieure à celle de son compétiteur, et le parti d'Albert semblait avoir tout à craindre ; mais ce dernier, trompant son ennemi par de faux rapports, l'enveloppa près de Gellieim, dans les environs de YVorms, et, le tuant de sa propre main, devint ainsi, de rebelle, souverain légitime. Adolphe périt le 2 juillet 1298; il avait combattu avec tant de bravoure , que l'auteur de sa perte, l'archevêque de Maycncc , ne put s'empêcher de s'écrier en voyant son corps : « L'Allemagne a « perdu en ce jour le plus brave chevalier de son « siècle. » Adolphe fut enterré d'abord à Roscntlial, prés du champ de bataille ; mais une destinée singulière mêla ensuite ses cendres à celles de son ennemi : Albert et Adolphe, transportés à Spire, et placés d'abord dans deux cercueils séparés, reposent ensemble confondus et paisibles , depuis la destruction de la cathédrale de cette ville. Adolphe avait essayé, dans les premiers moments de son règne, de marcltcr sur les traces de Rodolphe de Habsbourg. Il avait tenté de se créer des appuis par des alliances et des mariages. Il avait rap|>elé dans une diète les ordonnances de Rodolphe sur la |iaix publique. Il voyageait fréquemment pour juger par lui-même de l'état de l'Empire. Ses premières fautes ne vinrent peut-être que de la disproportion qui existait entre sa situation et ses moyens. Faible, il appela au secours de sa faiblesse la duplicité et l'injustice. Engagé dans cette route, il ne put s'arrêter; il alla d'erreurs en erreurs, de crimes en crimes ; il en fut sévèrement puni ; et ce qu'il y a de triste, c'est que ses peuples, qu'Albert n'opprima pas moins que lui, ne gagnèrent rien à sa punition. B. C — T.
ADOLPHE X, comte de Clèves et de la Marche, 2* fds d'Adolphe IX, comte de la Marche, et de Marguerite, fille deThéodoric X, comte de Clèves, était encore fort jeune lorsqu'il fut élu à l'évêché de Munster en 1357. Il se lit d'abord chérir de ses sujets ; mais s'étant mêlé des querelles de ses voisins, il attira dans ses États la guerre et ses désastres, ce qui le rendit bientôt odieux. Guillaume de Gennep, archevêque et électeur de Cologne , étant mort en 1362, le pape Urbain V nomma Adolphe de Clèves areltevêquc , contre son gré et sans l'assentiment du chapitre de Cologne , qui ne tarda pas à accuser le nouveau primat de prodigalité et d'inconduitc. Adolphe fut cité a comparaître devant le saint-père à Avignon ; mais soit qu'il se défiât de ses moyens de défense, soit qu'il fût las de l'état ecdésiasUque, il se démit de son archevêché, et épousa Marguerite, fille de Gérard, comte de Juliers et de Berg, qu'il aimait depuis longtemps , et qui avait été destinée d'abord à prendre le voile. Jean, comte de Clèves, étant mort sans enfants mâles, sa succession fut dévolue à Adolphe par l'em|>ercur Charles IV, et il hérita pareillement du comté de la Marche, à la mort de son frère aîné, Engelbert, arrivée en 1392. On lui attribue l'institution de l'ordre des Fous, qui n'a subsisté que peu de temps, et qui n'avait guère d'autre but que d'entretenir l'union parmi les gentilshommes
du pays de Clèves. Les chevaliers portaient sur leur* manteaux un fou brodé en argent. Le dimanche après la féte de la St-Michel , ils se rassemblaient à Clèves, faisaient des banquets â frais communs, et s'appliquaient à terminer les différends survenus entre eux. Adolphe mourut à Clèves le 7 septembre 1394, laissant plusieurs fils, dont l'alné, Adolphe, fut élevé au rang de duc de Clèves. G — t.
ADOLPHE I", duc de Clèves, fils du précédent, né en 1371, surnommé U Victorieux, à cause des nombreuses victoires qu'il remporta, dut le titre de duc et de prince de l'Empire à la reconnaissance de l'empereur Sigismond, qui le lui conféra en 1417, au concile de Constance, pour le récompenser des services qu'il lui avait rendus. A peine revêtu de ces nouvelles dignités , Adolphe eut une longue guerre à soutenir avec son frère Gérard , qui s'opposa, en 1418, à la réunion des pays de Clèves et de la Marche. L'électeur palatin ayant rendu en 1 425 une sentence fort avantageuse à Gérard , Adolphe mécontent en appela au pajie, qui désigna pour médiateur Févequc deCambray. La sentence de celui-ci n'ayant favorisé que le duc de Clèves , la guerre éclata de nouveau entre les deux frères ; elle dura dix ans , et se termina, en 1437, par un congrès où tous les différends furent enfin arrangés. En 1399, Adolphe avait épousé Agnès, fille de l'électeur palatin Ruperti ; cette princesse étant morte sans enfants deux ans après, le duc de Clèves épousa Marie, fille de Jean l'Intrépide, duc de Bourgogne. Ce mariage, en étendant ses Etats et son pouvoir, assura le bonheur de ses nouveaux sujets : sa piété, sa justice et sa fidélité étaient si reconnues, que sa simple jorole avait plus de poids que les traités les plus solennels Il mourut le 19 septembre 1448. G — t.
ADOLPHE VIII, duc de Sleswig, fils de Gérard, comte de Holstein, de la famille de Schaum bourg, n'avait que trois ans lorsqu'il perdit son père, tué dans une bataille. Elevé à la cour de l'empereur Sigismond, il montra une sagesse prématurée et un grand mépris pour le luxe. Marguerite, reine de Danemark, ayant voulu un jour attacher elle-même au cou de ce jeune prince un collier de perles, il jeta cette parure avec une sorte d'horreur, ce qui fut regardé à la cour comme un signe fâcheux. Ce fut en 1410 qu'il reçut du roi de Danemark l'investiture du duché de Slcswig. Le sage Adolphe ne s'occupa depuis que du bonheur de ses sujets : il étouffa leur esprit de révolte en leur donnant des lois. Après la mort de Christophe de Bavière, la couronne de Danemark lui fut offerte par les grands et le peuple ; mais il refusa, en disant que ce fardeau était au-dessus do ses forces. Il désigna Christian I", fils de sa wrur Hedwigc, que les Danois couronnèrent en 1 448. Adolphe mourut en 1459, estimé de ses contemporains, et cltéri de ses sujets. B — p.
ADOLPHE , fils unique d'Arnold, duc de Gueldre, naquit en 1438. Dès son enfance, il montra une résistance formelle aux volontés de son père. Catherine de Bourbon, sa mère, femme méchante que le duc avait répudiée, le fortifia dans ses mauvaises
dispositions. Devenu plus grand, Adolphe se créa un parti considérable , dans lequel entréreut aussi les principales villes du duché, Nimègue, Arnhcm et Zutphcn , mécontentes de la négligence avec laquelle Arnold gouvernait ses États. Enfin, encouragé par les insinuations de sa mère et par les forces toujours croissantes de son parti , Adolphe forma , en 1464, le projet de déposer son père, et de se mettre à sa place : l'année suivante, Arnold fut arrêté dans son château , et transporté en robe de chambre , par-dessus la glace , au château de Burcn , qui fut sa prison jusqu'en 1470. Cependant Jean, duc de Cléves, entreprit de le délivrer, et remporta sur Adolphe quelques avantages qui amenèrent une trêve dont la conclusion eut lieu en 1469, à Gand, par la médiation de Cliarles , duc de Bourgogne , et beau-frère d'Adolphe. Le duc Arnold, sorti enfin de prison , se rendit à Hesdin , où il eut une entrevue avec son fils rebelle, devant le duc de Bourgogne. Le père et le fils cherchèrent à se justifier, en s'accusant l'un l'autre avec beaucoup d'animosité. Adolphe ne voulut entendre parler d'aucun accommodement, avant que son père s'engageât par serment à abdiquer et à renoncer au titre de duc; Charles, en qualité de médiateur, rejeta cette proposition. Plusieurs autres entrevues eurent lieu sans succès. Adolphe, suivant son imjiétuosité naturelle, quitta secrètement le duc de Bourgogne ; mais il fut arrêté dans sa fuite, et transporté, par ordre de Charles, au château de Vilvordcn, on il resta jusqu'à la mort du duc. Après plusieurs aventures, il périt dans une escarmouche devant la ville de Doornick , en 1477, n'ayant pas encore atteint l'àgc de 59 ans. Il fut enterré dans l'église de Notre-Dame de cette ville. D— c.
ADOLPHE I", duc de Holstcin, fils de Frédéric I", roi de Danemark, et de Sophie, duchesse de Poméranic , tige des ducs de Holstcin-Gottorp, né le 25 janvier 1526. C'était un prince d'une humeur singulièrement belliqueuse , et qui passa sa vie à faire la guerre. Il se rendit en 1548 à la cour de Charles-Quint, et suivit l'empereur au siège de Metz. Après avoir pris part aux querelles de plusieurs princes allemands , il fit un voyage en Angleterre , où la reine Elisabeth le reçut avec beaucoup de distinction ; il reçut de sa main l'ordre de la Jarretière : on parla même d'un projet de mariage projeté entre ces deux souverains ; mais ce projet n'eut pas plus de suite que tous ceux du même genre dont Elisabeth fut l'objet. De retour en Allemagne , le duc Adolphe ne fut pas longtemps sans prendre les armes : il entra au service de Philippe II, et se battit contre les Hollandais. Rassasié cependant de guerres et de victoires, il se retira dans ses États, rebâtit la ville de Gottorp, qu'un incendie avait presque entièrement détruite , et mourut le 1" octobre 1586. G— t.
ADOLPHE (Jean), duc de Saxe, de Querfurtct de Wcissenfels, né le 4 septembre 1685. La nature l'avait doué de facultés brillantes; une bonne éducation les développa; ses voyages en Hollande et en France lui donnèrent cette expérience si nécessaire à qui doit gouverner. Entré comme capitaine
dans les troupes hessoises, en 1701 , il monta un des premiers à l'assaut au siège de Juliens, s'élança pardessus les palissades , et entra dans la citadelle. De jtareils traits, souvent répétés, lui acquirent bientôt l'estime de Marlborough et des autres généraux. En 1704, il fut fait lieutenant général des troupes hessoises. Après s'être distingué dans plusieurs campagnes contre les Français, il entra en 1710 au service d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne , qui le nomma major général de son armée. Cliarles XII et ses généraux éprouvèrent souvent sa valeur ; non moins liabile à calmer les troubles intérieurs qu'à vaincre les ennemis , il pacifia la Lithuanie et la Pologne, et, en 1718, marcha avec 6,000 hommes contre les Turcs , à qui l'empereur Charles VI venait de déclarer la guerre. La paix, conclue la même année, lui permit enfin le repos ; il épiusa Jeanne-Antoinette , princesse de Saxe-EUcnach , et ne la quitta qu'au bout de deux ans , pour reprendre les armes. 11 se distingua sous Auguste III [)ar la prise de Dantzick ; comblé d'honneurs et de gloire, il se vit appelé , en 1736, à une vie plus tranquille ; la mort de son frère , le duc Christian , le rendit souverain du pays de Weissenfels : il quitta le service de l'électeur, et se consacra tout entier au bonheur de ses sujets, jusque-là opprimés et malheureux ; par sa sagesse et son économie , il releva de sa décadence ce petit État , qui s'agrandit, en 1739, par la réunion du comté de Barby. La guerre qui éclata en Bohême força Adolphe à reprendre les armes; en 1744, il signala contre les Prussiens son ancienne valeur : mais il était déjà malade, et, de retour a Weisscnfels après la bataille de Willdorf, il y mourut le 16 mai 1744 , âgé de 59 ans. G — t.
ADOLPHE-FRÉDÉRIC DE nOLSTEIN-ECTIN, roi de Suéde, né le 14 mai 1710, proclamé le 6 avril 1751, après la mort de Frédéric 1", était auparavant évéïpje de Lubcck et administrateur du duché de Holstcin-Gottorp. Dès l'année 1743, les états de Suéde, désirant se rapprocher de la Russie, après une guerre malheureuse, avaient déjà déféré à ce prince la succession au tronc, quoiqu'un parti considérable penchât pour un prince de Danemark. Ce fut pour empêcher une élection aussi contraire aux intérêts de la Russie, que l'impératrice Elisabeth consentit à la paix, à condition qu'Adolphe-Frédéric serait appelé au trône de Suède. L'élection eut lieu le 3 juillet 1743, et la paix définitive fut signée à Abo,le 18 août suivant. Adolphe-Frédéric fit aux états le serment de maintenir les lois, et de gouverner la Suéde suivant la forme établie en 1729, et il dirigea ensuite tous ses efforts vers le bonl>cur et la prospérité de son royaume. Il protégea les sciences et les arts, et fit élever, en 1755, à Tornéo, dans la Bothnie occidentale, un monument destiné a consacrer le souvenir des opérations de plusieurs académiciens français qui y étaient venus pour déterminer la ligure de la terre. 11 confirma, dans la même année, l'Académie des inscriptions et belles-lettres établie à Stockholm par Louise Vlriquc, son épouse, et fonda plu- I sieurs établissemenls où la jeunesse fut instruite, et
Où la vieillesse indigente trouva un asile. Il établit une compagnie d'assurance, et lit réiiarer les fortilieations de la Finlande ; niais l'acltarnement des factions ne s'était pas apaisé , et les atteintes que portaient continuellement les états et le sénat à l'autorité royale entravèrent plus d'une fois ses projets d'améliorations. Obligé de permettre que le sénat se servit du sceau royal , lorsqu'il refusait sa signature, il ne lui resta bientôt plus qu'une ombro d'autorité. Cependant ces usurpations excitèrent l'indignation de quelques grands du royaume, et un complot se forma pour soustraire le roi a cette bumiliante dépendance ; mais ce complot fut découvert au mcnieut de l'exécution, et les conjurés furent arrêtés et livrés a la question par la faction aristocratique connue sous le nom de parti des chapeaux. I>es états firent nonuncr une haute cour de justice qui les condamna à ùlrc décapités, pour avoir voulu rétablir l'autorité arbitraire, à laquelle l bique, sœur de Otaries XII, avait renoncé à son avènement. Le comte de Brahe, le baron de liorn, et plusieurs autres seigneurs subirent leur jugement, malgré les sollicitations auxquelles le roi et la reine ne dédaignèrent pas de s'abaisser pour les arracher à la mort. Le triomphe du parti dominant mit le comble à son audace, et acheva de plouger l'autorité royale dans le dernier avilissement. L'influence des cours étrangères ne servit qu'a prolonger les dissensions. Tandis que la France, chcrclianl à entretenir la mésintelligence entre la Russie et la Suède, demandait que celte dernière puissance s'unit au Danemark, l'Angleterre s'efforçait de diminuer l'influence de la France, (Kir la distribution de quelques faibles libéralités dans le parti des bonnets ; mais les sommes promises hautement par cette dernière puissance, à titre de subsides, assurèrent l'influence de sa politique, et le roi se jeta entièrement dans son parti. Ce fut par les conseils du cabinet de Versailles qu'il abdiqua la couronne, le 12 décembre de la même année, et la reprit huit jours après, lorsque la convocation des états eut été décidée. A celte diète, ouverte le 17 avril 1760, quelques chefs du parti des chapeaux, qui pencliaient pnur la couronne, parurent d'al>ord l'emporter ; mais les principaux uobles, excités par l'Angleterre et la Russie, suspendirent les résultats de la révolution préparée en faveur du pouvoir monarchique. Le roi ne montra jmis d'ailleurs assez de fermeté ni de résolution. Près de la vieillesse, né avec un caractère |>aisible et presque indolent, et effrayé d'une tentative périlleuse, il se contenta d'envoyer son lils Gustave a Paris, alin de régler, avec le ministère français, la marebe qu'il serait convenable de suivre pour substituer à la constitution existante une monarchie plus absolue ; mais il mourut pendant le voyage de son lils, en février 1 77 1 , laissant à ce jeune prince l'exécution de ses projets. ( Yoy. Gustave III. ) B — p.
ADON (Saint), archevêque de Vienne, en Dauphiné, naquit dans le Câlinais, vers l'an 800, d'une famille ancienne. Élevé dans l'abbaye de Ferrièrcs, il s'y consacra â la vie monastique , et passa quelque temps au monastère de Pruui , où il éi>rouva
des contrariétés. Il alla alors voyager en Italie , séjourna cinq ans à Rome, et partout amassa des matériaux pour les ouvrages qu'il composa depuis. St. Remi , archevêque de Lyon , le retint à son retour, et, après l'avoir employé dans son diocèse, le fit ébre archevêque de Vienne, en 860. Le pape Nicolas lui envoya le pallium. Adon ne changea rien à l'humilité de sa vie chrétienne. Son clergé attirait sa principale attention. Il lit aussi de sages règlements pour la décence du culte, fonda des hôpitaux , parut avec éclat dans divers conciles, et en tint lui-même plusieurs à Vienne pour maintenir la pureté de la foi et des mœurs. Adon mérita la conliance des papes Nicolas I", Adrien II , et l'estime des rois Cliarlcs le Chauve et Louis II , qui déférèrent sou- , veut û ses avis. Il eut aussi part aux affaires pu— i bliques ; et lor sque Lothairc voulut renvoyer la reine Tlùctbcrge , il lit à ce prince les plus fortes représentations pour l'en détourner. Il mourut le 19 décembre 875, à 76 ans. L'Eglise de Vienne a toujours honoré sa mémoire. La longue carrière d'Adon fut remplie par les devoirs de la religion , de l'épiscopat, et par l'étude des lettres et surtout de l'histoire. 11 est auteur: 1° d'une Chronique universelle, commençant à la création du monde , et divisée en six âges : elle a longtemps fait autorité |»our les premiers temps de l'histoire de France. On voit qu'Adon connaissait les bons auteurs ; mais le défaut de critique lui a fait mettre beaucoup de confusion dans son ouvrage, qui fut imprimé à Paris, en 1512, 1522, in-fol.; 1561, iu-8»; Rome, 1745, in-fol. 2" D'un grand et d'un petit Martyrologe. Le 1er fut bien accueilli, parce qu'il était dans un meilleur ordre que ceux qui avaient déjà paru, qu'il ne laissait point de jours vides , et qu'on y trouvait d'assez longs extraits de la vie des saints. Ou remarque qu'Adon a, le premier, inséré dans la liste des fêtes celle de la Toussaint; qu'il a préféré les anciens actes de St. Denis à la fabuleuse histoire fabriquée par llilduin; qu'il ne confond point Sic. Maric- Madelaine avec la pécheresse de ITÀangile, cl qu'a l'exemple des Grecs, il dorme le nom de Dormition à 1'Assomplion de la Ste. Vierge. La meilleure édition est celle qu'a donnée Roswcidc, Anvers, 1613; Paris, 1645, in-fol. C'est la même qui est dans la Bib. des Pères (I). Ces deux ouvrages annoncent
(1) L* première édition du Martyrologe d'Adon fui publiée a Ve- I ni m' en t.vti par L Lippomaui (ooy. ce nom); mais il ne connut pas li- vni nom de l'auteur. Trompe pur une lettre mise à la tête de son i manuscrit, et qui portait pnur «ivription i Sputtta Adonu trekiepiteofi Tretirenstê, il donna cet ouvrage tous le nom tïldon ou Odo» de Trertt, que Creguire VU employa, en 1078, en qualité de légat, pour négocier la paix entre Henri et Rodolphe. J. Mosander, on Marsman, religieux dp l'ordre des chartreux, avant recouvré quatre manuscrits que l.ippomani n'avait point ras donna en 1581 une seconde édition beaucoup pins correcte, et il la 01 réimprimer i Cologne en 1586. La troisième édition est celle de Hoswcyde. (Voy. ce nom.) Outre te* manuscrits dont Mosandcr avait fait usage, le savant jésuite hollandais eut communication de ceux de l'abbaye d'Everbode et de P. Srrlvcrius, lesquels riaient, sans contredit, les meilleurs Ce fut Iltnweyde qui découvrit et prouva le premier que ce Martyrologe n'était point d'Odon, archevêque de Trêves, mais bien d'Adon, archevêque de Vienne, dont le manuscrit d'Everbode portail le nom sur le frontispice. — L'édition la pJui complète et la plus critique cm celle dont nous tmtstntOBJ le uire «a eutter : Utrctroiogium
une grande connaissance de l'histoire, tant profane
qu'ecclésiastkrue. Adon est aussi l'auteur d'une Vie de St. Didier, martyr, l'un de ses prédécesseurs , qui se trouve dans Canisius; et de celle de St. Theuditr ou St. Chef, imprimée dans les Acta $aneto~ rum ord. S. B. L'ouvrage qu'il avait écrit contre le schisme des Grecs est perdu. T— d.
ADONIAS, 4« fils de David , ne lui avait jamais donné le moindre sujet de plainte ; mais , après la mort de ses frères aînés , il conçut le projet de se Taire couronner du vivant même de son pére. Des lors il ne parut plus en publie qu'avec un superbe appareil , escorté de gardes à cheval , et précédé de cinquante coureurs. Joab et le grand prêtre Ahiathar entrèrent dans ses vues. Adonias alors, ne doutant plus du succès de ses projets ambitieux , alla offrir des sacrifices près de la fontaine de Rogel , où furent invités tons ses frères, excepté Salomon. Les principaux de Juda, parmi lesquels se trouvaient plusieurs serviteurs du roi , proclamèrent Adonias. David , instruit de cet événement par le prophète Nathan et par Betlisabéc, mère de Salomon, Ht aussitôt sacrer ce prince à Gihon , par le grand prêtre Sadoc. Tout Israël le reconnut , et Adonias , pour prévenir la punition qui le menaçait , courut se réfugier au pied de l'autel, et n'en sortit qu'après rpio le nouveau roi lui eut promis son pardon. Adonias n'abandonna pas entièrement ses projets. Après la mort de David, il fit demander en mariage Abisag, sa veuve, contre la défense de la loi, qui proscrivait les unions entre le fils et la bcllc-mèrc, et contre l'usage qui ne permettait pas (pie la veuve d'un roi fût unie a d'autres qu'à un roi. Salomon pénétra l'intention de son frère , et le fit mettre à mort vers l'an i(H A avant J.-C. T— D.
ADONIBESECH, roi de Besech, dans la terre de Chanaan , sur les confins de la tribu de Juda , prince féroce et puissant , qui , ayant fait prisonniers soixante-dix rois, leur fit couper les extrémités des pieds et des mains, et ne voulut pas qu'on leur donnât d'autre nourriture que ce qu'ils jtouvaient ramasser avec la bourbe des restes de sa table. Ayant fait la guerre aux Hébreux , qu'il avait juré d'exterminer, il rat défait , pris dans sa fuite, et eut le même sort qu'il avait fait éprouver aux rois ses captifs. On le conduisit, les pieds et les mains coiqiés, a Jérusalem, où il mourut. T — D.
AI K> KM) (Gabriel), marcltand génois, d'une famille du parti gibelin, Simon iloccanegra, le premier doge de Gênes, étant mort en 1365, le peuple choisit , pour lui succéder, Gabriel Adorno, dont la prudence et la probité étaient universellement reconnues. Ge fut le commencement de la grandeur
Aitmh , ere\lrpUe«pl Tlenneiuii, ah 11. hMvfyâo janpHdtm ad Ma. tttmfi«n» ffrprt/»», mur ope évitent* Hbtiolkeev !'»/<emt mvyrtftun, et ad»etathmth*e Ulutmtm, opéra et *t*4lo Homimeé GtoMti. AccMttrt martyrtlofia et mlemltrla êtifuet (tes) u Vaiicené et «Jim MltMkeeii erttu, numr phmum in tueem édita. Rcmte, tt tfpoorapMa Palladù, »7*S. tn-fol. On trouve dan» rctte WltioR ta vartoniM le trots mannvrlts qil, *pf*» «voir «arrrMit*WMil tfturtaitn 1 PMn, coucillrr m portement rte Pirl», tl a la reU»Ojliuae,i^remdmUbU»Uotli<Hiu«daVjtlcaii. C— t>—i.
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de cette m ni «on Les Génois, fatigués des dissensions éternelles entre quatre familles qui , jusqu'à l'an 1340, s'étaient partagé tous les emplois, avaient résolu d'exclure à jamais les nobles de la magistrature suprême, et ils avaient créé un doge {tour être le défenseur du peuple contre les grands : mais ils éprouvèrent bientAt que la rivalité du pouvoir n'était pas chez les plébéiens une passion moina violente que chez la noblesse , et que les Adorni n'étaient pas moins ambitieux que les Doria ou les Spinola. Gabriel Adorno eut sans cesse à combattre les nobles qui s'étaient retirés dans les montagnes de la Ligurie, et qui infestaient par leurs brigandages tout le territoire de la république. Les Visconti , seigneurs de Milan , donnaient des secours à tous les rebelles, et , pour les repousser, le doge fut contraint d'établir de nouveaux impots. Le peuple ne voulut pas s'y soumettre longtemps ; il se souleva en 1370, envoya Gal»riel Adorno en exil à Voltaggio, et lui donna Dominique Frégoso pour successeur. S. S— i.
ADORNO (Axtosiotto) joignait à une ambition insatiable un génie vaste et profond : son cœur était généreux, ses manières grandes et nobles, et son nom respecté par tous les princes de l'Europe. Quatre fois, depuis 1384 , il fut élevé sur le tnrne ducal ; nuis jamais des factions plus acharnées ne s'étaient combattues dans Gênes que pendant sa vie. De même que sesamis étaient prêts à tout sacrifier pour le rendre puissant, ses ennemis, pour le renverser, renouvelaient chaque année leurs attaques avec un redoublement de fureur; aussi fut-li obligé, a plusieurs reprises, de s'enfuir pour faire place à Léonard et a Antoine de Montalto, à Pierre et a Jacob Frégoso, à Antoine ' de Gucrco et à d'autres encore , qu'on lui opposa successivement. Antoniotto Adorno se signala par la délivrance du pape Urbain VI, assiégé, dans le château de Nocéra, par Charles III , toi de Naples. Le doge lui envoya, en 1385, une flotte puissante, pour le ramener à Gênes avec ses cardinaux. Il songea ensuite à punir les Maures de leurs brigandages, et prit sur eux, en 1388, l'Ile de Gerbi , autrefois des Lotopliages; après quoi, il transporta une armée sur les rivages de Tunis. Le duc de Bourbon , avec un grand nomlire de gentilshommes français et anglais, avait marché à cette expédition comme à une croisade. Le roi de Tunis rat obligé de rendre la liberté à tous les chrétiens captifs , de payer un tribut aux Génois , et de promettre qu'à l'avenir ses sujets s'abstiendraient du brigandage. Antoniotto Adorno était allié de Jean Galéas Visant!, duc de Milan ; mais il s'aperçut bientôt que ce voisin ambitieux et perfide excitait les factions de Gênes , pour accabler ensuite la république lorsque ses forces seraient épuisées. Déterminé à ne point lui laisser recueillir les fruits de cette politique cruelle, il résolut de mettre sa ivitrie sous la protection puissante du roi de France. Cltarles VI s'engagea par un traité, signé le 25 octol»re 1396, à respecter tous les privilèges des Génois, qui reconnurent sa suzeraineté; Antoniotto Adorno renonça au titre de doge pour prendre celui de vicaire ou gouverneur royal,
11 se flatta que le nom seul du rot mettrait Gênes à couvert des entreprises du duc de Milan, tandis que la faiblesse du caractère de Charles VI l'empêcherait d'attenter à la liberté génoise. Adorno mourut de la peste l'année suivante , avant d'avoir pu reconnaître combien il s'était trompé. — George Ador.no , fils du précédent, fut créé doge, en « 4 1 3, par le peuple génois, au moment où il parvint à secouer le joug des Français qu'Antoniotto lui avait imposé. George était recommandablc par la douceur et la pureté de ses mœurs ; mais ses talents ou son caractère ne suffisaient point pour dompter la violence des factions, qui s'était encore augmentée pendant que Gênes était privée de sa liberté. Il renonça volontairement à sa dignité, en 1415, pour faire place h Barnabas Goano. S. S— 1.
ADORNO (Raphaël), fils de George et petitfils d'Antoniolto, fut élu doge en 144S. Philippe Marie, duc de Milan, et Alphonse, roi d'Aragon et de Naples, faisaient à la république une guerre acharnée, et donnaient des secours aux rebelles; Rapliaêl réussit a obtenir la paix du roi d'Aragon , et à réprimer Pierre Frégoso, son ennemi personnel ; mais ses partisans se plaignirent de sa modération et de son impartialité, qui ne leur laissaient recueillir aucun fruit de leurs victoires. Ils lui demandèrent , comme une marque de dévouement à sa patrie, de renoncer de lui-même à la magistrature suprême, l'assurant qu'il apaiserait ainsi toutes les factions, llapliaêl suivit leurs conseils ; il donna son abdication en 144T ; et quoique son désintéressement demeurât sans avantage pour la république , il fut applaudi par tous les citoyens vertueux. — Barnabas Aoor.no s'empara, en 1447, à force armée, de la dignité que Rapliaêl venait d'abdiquer. C'était lui que les jwrlisans de la famille Adorai avaient voulu élever au trône ducal , préférant les qualités d'un chef de parti à celles d'un magistrat ; mais Barnabas ne conserva pas plus d'un mois cette dignité suprême. Il fut chassé de son {«liais par la faction ennemie, et Pierre Frégoso lui fut donné pour successeur. S. S — i .
ADORNO (Prosper), 6* doge de la même famille, chassa, en 1461, les Français de Gênes, avec l'assistance de François Sforza, duc de Milan, et se réconcilia aux Frégosi , en élevant l'un d'eux à la dignité d'archevêque de Gènes ; mais il ne put voir sans jalousie la gloire dont Paul Frégoso se couvrait dans la guerre contre les Français ; il lui défendit de rentrer dans la ville, après une victoire sur René d'Anjou. Frégoso y rentra de force , et en chassa Prosper avec ses partisans. Ce même homme fut mis en prison par les ducs de Milan, lorsque Gènes se fut soumise à eux. Jean Galéas Sforza crut ensuite pouvoir le tirer de la forteresse de Crémone ou il était arrêté, pour le faire, en 1477, gouverneur de Gênes. Prosper employa l'aide des Milanais à réduire les factions ; et , dès qu'il eut rétabli Tordre dans la ville, il en chassa ces auxiliaires dangereux. Il battit les troupes de Jean Galeas, le 7 août 1478; et à peine avait-il assuré par cette victoire la liberté de sa patrie, qu'une sediuon des
Frégosi le contraignit a s'enfuir. Il se rendit à la nage sur un vaisseau de Naples, qui le conduisit dans cette ville, où il mourut en 1486. S. S— i.
ADORNO ( Amtomotto II ) fut créé doge de Gênes en 1513 et en 1522, par le crédit de son frère Jérôme, l'un des hommes d'Italie en qui les talents de guerrier et de négociateur étaient le mieux réunis. Il avait recherché pour sa famille et pour celle des Fieschi la protection de la France. Ce fut par elle qu'Antoniotto fut élu doge la première fois. La perte de la bataille de Novare, et les revers des Français en Italie forcèrent Jérôme à se retirer , et son frère , a céder la place de doge à Octavien Frégoso , son adversaire. Les Adorai embrassèrent ensuite le parti de l'empereur, et c'est avec l'appui d'une armée de Charles-Quint qu'Antoniotto fut élu doge la seconde fois; mais son installation fut souillée par le pillage de Gênes , que le marquis de Pcscairc permit a ses soldats. Jérôme , cependant , conseiller intime de Charles-Quint, entreprit de réunir par une ligue toutes les puissances de l'Italie contre les Français ; il détermina le duc de Ferrare à entrer dans cette alliance , et il y avait presque décidé les Vénitiens , lorsqu'il fut surpris par la mort, en 1523, au milieu de ses négociations. La ligue qu'il avait projetée fut conclue au mois de juillet de la même année. Antoniotto Adorno conserva son pouvoir sur Gênes , jusqu'à l'année 1527, époque où cette ville fut prise par André Doria, alors amiral des Français. Le doge se relira dans la forteresse nommée Castclletto ; et il y avait peu de temps qu'il avait été obligé de la rendre, lorsque André Doria, ivassé au service de l'empereur, remit Gènes en Hl)erté, le 12 septembre 1528, et anéantit les factions qui avaient coûté tant de sang à sa patrie. Alors, fut abolie la loi qui excluait les nobles du gouvernement ; le nom des Adorai et des Frégosi , qui avait fait verser tant de sang, et qui avait précipité si souvent la république sous le joug du duc de Milan , des Français et de l'empereur, ce nom fut aboli pour jamais ; les individus de ces deux familles furent obligés de le quitter, pour prendre, à leur choix, celui d'un des vingt-huit Albcrghi, entre lesquels on partagea la noblesse , et cette adoption forcée , dans une famille étrangère, mit fin à une rivalité et à des haines qui avaient duré 165 ans. S. S — I.
ADORNO (le P. François) , jésuite, né en 1531, à Gênes, de la même famille que le précédent, fut envoyé dans sa jeunesse en Portugal, pour y perfectionner ses études. Il embrassa la règle de St Ignace, et peu de temps après, ses supérieurs l'appelèrent à Rome, où il professa la théologie, et se plaça, par ses prédications, au rang des plus célèbres orateurs. Nommé recteur du collège de Milan , il fut ensuite chargé de l'administration de différentes maisons de son ordre. Ch. Borromée, archevêque de Milan, le clioisit pour son confesseur et l'honora de toute sa confiance. Il accompagna ce prélat dans le pèlerinage qu'il fit à Turin pour visiter le saint suaire. Cet acte de dévotion ayant été désapprouvé par le pape Grégoire XIII, Adorno écrivit à ce sujet une lettre qui fut traduite en latin et imprimée à Turin en 1581,
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lu— 4°. Consultant plus son zèle que ses forces, Adorno s'était dévoué tout entier aux naissions. Épuisé de fatigues, il vint à Gènes et y mourut le 13 janvier 1586. Outre un traité de Ditciplina eceletiastiea [libri duo) qu'il composa sur la demande de St. Charles, on cite d' Adorno des sermons, des vers latint , des conseils à Hubert Foglicta; de Rationc Ulutlranda Ligurum hittoria, et un traité des changes ( de Cambiii ) que l'on conserve à la bibliothèque Ambrosienne. \V — s.
ADRAM AN, plus connu sous le nom de fils de la Bouchère de Marseille, pris par les Turcs dans son enfance , devint pacln de Rhodes , grand amiral et général des galères , se rendit cher aux soldats par sa justice et son désintéressement, apaisa une révolte de janissaires, fut accusé par ses envieux d'avoir suscité uu incendie dans la capitale, et étranglé eu janvier 1706, laissant vingt-deux enfants, dont l'alné, capitaine de vaisseau, hérita delà valeur de son père. Son innocence fut reconnue après sa mort, et ses ennemis furent punis du dernier supplice. N— t.
ADRAM YTTl S , frère de Crésus , roi de Lydie, fonda la ville d'Adramyttium , dans la Lydie. 11 imagina le premier de faire subir à des femmes une opération du même genre que celle que subissent les eunuques, pour les employer ensuite dans son palais aux mêmes fonctions. On croit avoir trouvé son portrait sur une médaille d'Adramyttium. C — r.
A DR ASTE, philosophe péripatéticien , né à Philippes, ville de Macédoine, fut disciple d'Aristotc et vécut entre la 105* et la 1 15" olympiade ( 360 à 517 avant J .-€.). Il a laissé un traité de musique en 5 livres intitulé Ilipi Xp<xs«txûv ( Harmonicorum libri tret) . Gér.-J . Vossius (de Scient mathemal., p. 58, $ 1 4) et Fabricius {Bibliolh. grœea, t. 2, p. 268) disent que cet ouvrage existe dans la bibliothèque du Vatican , et qu'un autre manuscrit, qui était autrefois dans la bibliothèque du cardinal Saint-Ange, a passé dans celle du cardinal Faroèse, son frère. C'est donc à tort que Forkel , dans son Almanach musical «le 1789, et N.-E.-L. Gerber, d'après lui, ont dit que l'on croyait généralement cet ouvrage perdu , puisqu'en 1788 les journaux annoncèrent que M. Pascal Baffi , conservateur de la bibliothèque du roi de Sicile , venait de retrouver dans cette bibliothèque un beau manuscrit sur vélin du traite d'Adrastc, et qu'il s'occupait de le traduire. Cette n*aduction n'a point paru. Porphyre , dans son Commentaire sur les Harmoniques de Ptoléméc(p. 270,édit. Wallis), dit qu'Adraste parle d'un phénomène observé de son temps , lequel consistait à faire résonner les cordes d'un instrument de musique en pinçant celles d'un autre instrument placé à une assez grande distance , et qu'il résultait de ce mélange de sons un ensemble agréable : on ne pouvait aller plus prés de la science de l'harmonie. 11 est bien singulier que les Grecs n'aient pas vu au delà. Au reste, le phénomène il s'agit a été observé et analysé depuis par • , de l'Académie des sciences , et par d'au-
ADRETS (François de Beaumokt, baron des), de l'ancienne maison de Beaumont en Dauphiné ,
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naquit dans cette province, au château de ta Frette, en 1513. Étant entré dans une compagnie de gentilshommes volontaires, il fit, dés l'âge de quinze ans, son apprentissage de la guerre en Italie, et il en avait à peine dix-neuf lorsqu'il fut reçu dans la 1 " compagnie des cent gentilshommes ordinaires de l'hôtel du roi François 1,T , formée de la première noblesse du royaume. Après la mort de ce prince , la guerre s'étant rallumée en Allemagne et en Italie, le maréclial de Brissac , général de l'armée de Piémont , lui fit donner le titre de colonel des légions de Dauphiné , de Provence, de Lyonnais et d'Auvergne. Un événement de cette guerre lit alors beaucoup de bruit , et fixa l'attention de la cour sur le baron Des Adrets Moncalvo, place du Montfcrrat, où il occupait un poste , fut prise par les Espagnols ( 1559 ) sans que d'Ailly de Pecquigny, qui en était gouverneur, eut fait la moindre résistance. Outré de ce revers , Des Adrets en rejeta hautement la faute sur le gouverneur , et offrit de prouver par le duel , selon les anciennes lois du royaume, la vérité de ce qu'il avançait. Ce différend' partagea la cour : Brissac était pour Des Adrets ; mais d'Ailly, soutenu par les princes de la maison de Lorraine, alors tout-puissants, obtint un jugement qui le déchargea de cette accusation du baron. On fit défense à l'un et à l'autre de s'attaquer, sous peine d'être traités comme criminels de lèse-majesté. Des Adrets, irrité, jura hautement de se venger, non de d'Ailly , à qui il avait eu , disait-il , la satisfaction de reprocher en face sa lâcheté , en présence du roi, mais des princes de la maison de Guise, qu'il regarda dès lors comme ses ennemis particuliers. Tel fut le premier motif qui l'entraîna dans un parti qu'il n'aima jamais. Vers le même temps , s'allumèrent les premières étincelles des discordes civiles qui bientôt embrasèrent la France. Les Guises, regardés comme les défenseurs de la religion catholique, avaient élevé leur pouvoir sur l'opinion des peuples. Condé, trop longtemps humilié, chercha en vain à opposer une digue à la puissance des princes lorrains ; il ne vit de ressource que dans la faction contraire, dont il se déclara l'appui. Médicis, se flattant de régner sur les deux partis écrasés, se jeta dans les bras des protestants , pour y chercher un connue-poids à l'ascendant des Guises. Alors cette reine se ressouvint du baron Des Adrets , et elle lui écrivit : « Qu'il « lui ferait plaisir de s'attacher à détruire en Dauphiné « l'autorité du duc de Guise ; que tous les moyens « étaient bons , pourvu que l'affaire réussit ; qu'il a pouvait prendre parmi les protestants des for- « ces pour lui opposer ; que ce n'était point ici une « affaire de religion, mais de politique ; que l'Église ■ y était moins intéressée que le roi ; qu'enfin elle « prenait tout sur elle , et le soutiendrait partout. » ( Foy. Bayle, art. Beaumont De$ Adreli, Mézerai , etc.) Cette lettre , comme Médicis l'avait prévu, réveilla tous les ressentiments du baron, et il se déclara pour le prince de Condé , qui venait de surprendre Orléans. L'esprit de parti , et sa réputation, firent courir en foule sous ses drapeaux la noblesse du pays , qui avait en secret adopté la nouvelle doctrine , et il fit , en moins d'une année , à la tête de*
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protestants, des choses si extraordinaires, qu'elles paraîtraient incroyables si elles n'étaient attestées par tous los historiens. Valence fut la première ville dont il s'empara. Lamoihe-Gondrin, lieutenant de Guise , et qui était détesté des protestants, fut percé d'un coup de hallebarde ; on pendit son cadavre aux fenêtres. Des Adrets fut alors revêtu de toute l'autorité qu'avait aufiaravant Gondrin ; et , après avoir établi dans Valence , dont il lit sa place d'armes , la liberté de religion , il s'empara de Lyon , de Grenoble et de Vienne , avec une diligence incroyable. Nous nous abstiendrons de tracer le tableau des fureurs dont le fanatisme couvrit ces malheureuses contrées. Des Adrets ordonna l'abolition de la messe. Le prêche se tint à Grenoble , dans l'église des jacobins , convertio en temple. Le parlement et la cliambre des comptes y allèrent en corps , ayant k icur tète le baron ; et la crainte que le souvenir do cet événement inspira fut telle , que , pendant une année, la messe ne se dit dans le bas Daupliiné qu'en secret, et |iar des prêtres déguisés. Orange, Montelimart , Pierrelatte , le Bourg , Boulène , etc. , furent successivement le théâtre des exploits et des fureurs du baron Des Adrets. Rien ne lui résista , si ce n'est Monlbrison , où il se livra à une cruauté qui ternit tous ses succès. Ses troupes s'étaient emparées de la ville , et l'avaient inondée du 6ang des Habitants ; il restait un fort où s'étaient retirés ceux qui avaient échappé au carnage ; Des Adrets le prit, -i ut eoupor la tète à une partie des soldats. On ra-
■^cSRfr-qu'apré* le dîner il lit monter les autres sur une tour trés-élcvéc, et qu'il forçait ces malheureux a se précipiter eux-mêmes en sa présence. Un soldat seul dut son salut à une repartie qui a été conservée. Cet infortuné prit deux fois son élan d'un bout de la plate-forme à l'autre, comme pour mieux sauter, et deux fois il s'arrêta au moment de se pré* cipiter. « Allons dono , lui dit le baron , je n'ai pas « de temps à perdre. Voici déjà deux fois que tu te « reprends. — M. le baron, repartit le soldat, jo « vous le donne en dix. n Des Adrets, admirant la force d'esprit d'un I tomme qui pouvait plaisanter dans un danger si pressant , lui accorda sa grâce. Après ces cruelles expéditions, il revint à Lyon, où Soubise venait d'arriver en qualité de lieutenant du prince de Condé* A l'exclusion du baron. Ce fut le commencement de la décadence de son autorité. Il ne put dissimuler son mécontentement; Soubise sut néanmoins ménager sa fierté, et il eut soin de l'adou* tir et de l'exhorter & faire la guerre avec plus de mo> dération , et | ne pas traiter si rigoureusement ceux qui se rendraient. Des Adrets s'excusa sur la manière dont les catholiques avaient traité la ville d'Orange; et il prétendit qH« , pour relever le nom et la répti-> talion des prote«tants, qu'on regardait comme Un parti vil et almttu par les outrages, il avait fallu quelque action d'éclat et quelque châtiment capablo d inspirer de la terreur * ceux qui n'avaient eu jusqu'alors que du mépris pour eux. Malgréces excuses, ou l'accusa bientôt d'avoir compromis les intérêts des protestants par des lenteurs, et enfin dé les avoir trahis. Ce fut dans ce temps que le duc de Nemours
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gagna deux combats sur le baron ; mais il n'osa s'engager a un troisième. Celui-ci , plus irrité qu'abattu , lit tête aux catholiques , et les obligea à quitter la camiMgne. Les troupes du duc de Nemours, épouvantées du nom seul de ce général , se retirèrent avec tant de précipitation , que leur marche avait l'air d'une fuite. Jugeant qu'il était plus sûr et plus expédient pour le service du roi de gagner Des Adrets que de le combattre, le duc de Nemours entra en négociation. La circonstance était favorable ; les désagréments qu'il éprouvait depuis quelque temps augmentaient chaque jour. Soupçonné par quelquesuns , haï de plusieurs , envié jtar les autres , on le craignait , on lui marquait de la défiance. Rebuté de servir un parti ingrat qui lui devait tous ses succès, mais, d'un autre côté, retenu par la considération de tout ce qu'il avait fait contre les catholiques , il flottait encore; quelques lettres injurieuses que l'on surprit , et l'adresse de Nemours, achevèrent de le déterminer. 11 écrivit au duc qu'il n'était entré dans cette guerre que pour défendre cl maintenir la liberté du roi et des protestants contre les violations des édita de Sa Majesté. 11 ajouta que , si l'on voulait remettre le roi en liberté , et rendre justico aux protestants , il était prêt à renoncer au titre de gouverneur du Dauphiné qu'on lui avait donné. Durant les démarches qui précédèrent le traité de la pacification proposé aux états de la province par Des Adrets , on cherchait , auprès du prince de Condé , a le rendre suspect de trahison. Il fut arrêté à Romans, par Montbrun et Mouvans, ses anciens lieutenants. Son premier mouvement fut de |>ortcr la main sur son épée; mais on ne lui donna pas le temps de se défendre: il fut saisi et retenu |>ar ceux qui l'entouraient. Nemours fut três-filché de cet événement, parce qu'il s'était flatté de s'emparer de la plupart des villes de la province |Kir l'autorité du baron. On voulut d'al»ord lui faire son procès; mais il récusa ses juges, « vendus , disait-il, A ses ennemis. t> Tous les auteurs conviennent qu'il fut en grand danger jiour sa vie. Dans les divers interrogatoires qu'il subit, il repoussa avec tant de fermeté tous les clic fit d'accusation, que, lorsque la paix survint, on n'avait point encore prononcé sur son sort. L'édit de pacification fut signé à Amboisc le 19 mars IbTiS. Le prince de Condé , fait prisonnier à la bataille de Dreux, fut rois en liberté ; Des Adrets fut délivré , de son cùté , par les protestants, sans absolution ni condamnation, dit Théodore de Rèze. Cet édit portait le pardon et l'oubli dé tout le passé. !.. s calvinistes évacuèrent Orléansct Lyon, les deux seules grandes places qui leur restassent encore , « et dont la dernière , dit l'histo- « rien de la Ligue , pouvait être regardée comme la « conquête de Des Adrets. >. Le baron n'avait pas été neuf mois a la tête des protestants, et il avait fait des choses si extraordinaires, qu'on n'avait point d'exemple d'une telle activité; son nom fut connu de toute la France. « Jamais homme, dit Le Laboureur, ne s'ao « quit tant de réputation en si peu de temps, et jna mais grand capitaine n'en déchut plus Wt. »SI l'on veut en croire Brantôme, il devait pousser la fortuné, et ne point abandomierun parti où il s'était fait un si
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grand nom ; « car, depuis, ajoute-t-il , 11 ne fit jamais I « rien pour le parti catholique comme jiour le parti « huguenot. > 11 est certain que , depuis cette époque , le baron n'a plus , comme auparavant , joué le premier rôle ; mais («ut-on lui faire un crime d'être rentré dans le devoir? Cependant les troubles se rallumèrent dans toute la France ; lo roi voulut mettre à profit le changement de Dos Adrets, et il remit sur pied pour lui la légion de Daupbiné , sous le nom de bandes fronçait*. Le baron fut la terreur des protestants, comme il l'avait été des catholiques ; et il disait souvent , en se rappelant ses anciennes victoires , a qu'il avait fait les huguenots , mais qu'il « voulait les défaire. » Cependant on le peignait à la cour comme un homme dangereux, qui avait trop fait pour les protestants pour nu pas leur être resté attaché : il fut en conséquence arrêté et conduit à Pierre-Encisc. La paix, publiée au commencement de 1571, lui rendit la liberté. Il se rendit à Paris aupresdu roi Charles IX ; et, en présence de tout son conseil, il déclara « qu'il étaitvcnu pour rendre compte de ses actions du-
■ rant les premiers et les seconds troubles; qu'il n'en- « tendait point s'aider ni se servir du bénéfice des édita c de pacilication pour aucune sorte de puniliou , au « cas qu'il fut trouvé s'être départi de la fidélité qu'un • sujet doit à son roi ; » il ajouta « qu'il était prêt à « soutenir, soit en jugement devant qui il plairait au s roi ordonner, soit par les armes contre quicomnie se
■ présenterait , avoir été faussement et méchamment « calomnié et accusé. » Le monarque lui répondit « qu'il demeurait bien content et satisfait des informa- « tions qu'il avait prises; qu'il le tenait pour homme
■ de hien , pour fidèle serviteur et sujet, hors de tout « soupçon. » Les frères du roi , le duc de Lorraine , le cardiual de Guise et le duc de Nemours , furent présents & cette espèce de désaveu. H en fut dressé un acte authentique quo le roi signa de sa main , et qui rut enregistré en la cliambre des comptes de Daupbiné. Cette démarche pleine de fierté, et le succès dont elle fut suivie , durent calmer les inquiétudes du baron et (aire taire ses ennemis. Il fut chargé par le roi de marcher vers le marquisat de Saluées , de réprimer les entreprises du due de Savoie , et ce prince ne put rien entreprendre tant que Des Adrets demeura dans ces contrées. C'est là qu'ayant appris le massacre de la St-Barthélemy , où l'ainé de ses fils périt , et le siège de la Rochelle, où le second fut tué, il demanda son rappel , et revint au sein de sa famille. Epuisé de fatigues , accablé de vieillesse , et dégoûté du monde, il se retira dans son château de la Frctte. Il avait été emprisonné , près d'être assassiné dans un parti , négligé dans l'autre , en butte à tous les traits que les protestants et les catholiques lançaient contre lui ; ceux-ci , parce qu'il avait combattu avec tant d'avantage pour les premiers ; ceuxlà , parce qu'il les avait quittés. Il expira le 2 février 1586, dans la religion de ses pères, qu'il avait tour à tour persécutée et défendue. S'il a lait tant de choses contraires à l'exercice de son culte , pendant prés d'un an qu'il fut à la tête des protestants , c'est la vengeance et la haine , bien plus que le fanatisme religieux , qui lui avaient mis les
armes à la main. 11 fut enterré dans la chapelle du château de la Frette où il était mort. Son portrait gravé se trouve à la bibliothèque royale , au cabinet des estampes. Jamais capitaine ne porta plus loin rintrépldité, l'activité et les autres qualités guerrières ; mais aussi jamais gentilhomme français ne poussa si loin la vengeance. Il ne connaissait ni obstacles ni dangers. Son âme est peinte dans la devise qu'il avait choisie : Impavidum (crient ruina. 11 avait pour maxime , suivant la Poulinière , o que le mal « rend presque tous les hommes plus traitables, et « mieux reconnaissant leurs devoirs en toutes choses, « que toutes les vertus dont on saurait user en leur « endroit. » Né avec une fortune médiocre, il n'augmenta point le patrimoine de ses pères : c'est le témoignage que lui rendent les historiens des deux partis. « Si Des Adrets eût fait pour le roi comme jwur » les huguenots, dit Brantôme, il eût été fait maré- « ehal de France, connue je l'ai ouï dire à la reine. » On doit , à la vérité , remarquer que , quelque effrayant que soit le tableau de ses cruautés , il a encore été chargé par quelques historiens , qui lui ont imputé des crimes qu'il n'a pas commis. Du nombre de ces historiens sont le P. Mainbourg, plus zélé catholique qu'écrivain judicieux ; Brantôme , dont on connaît la légèreté à accueillir des anecdotes controuvécs ; Morcri et le P. Daniel , égarés par des guides infidèles. ( Voy. Dtctionn. critique de Bayle , édit. de 1097, p. 520. ) Ce qui a le plus noirci Des Adrets aux yeux de la |tostérité , c'est d'avoir violé les capitulations, en faisant précipiter du haut d'une tour ou d'un rocher escarpé les soldats des garnisons de Mornas, de Pierrelatte et de Montbrison ; mais îlest prouvé qu'il n'était pas à M ornas, place emportée en son absence par son lieutenant Montbrun. De Thou justifie aussi le baron de l'expédition de Pierrelatte : reste Montbrison. Ce qu'on en a rapjrcrté passe pour constant , et n'a jamais été contredit. Cet événement , transmis de bouche en touche , a servi de canevas à toutes les histoires que l'on a forgées sur son compte. N'y eût-il que ce seul trait , il en restera toujours assez pour condamner Des Adrets, et l'on doit souhaiter, pour le bonheur de l'humanité , qu'il ne naisse pas souvent de tels hommes. Deux siècles écoulés n'en ont point affaibli la mémoire ; aujourd'hui même, en Dauphiné, on ne prononce son nom qu'en frémissant. Sa vie a été écrite par Allard, Grenoble, 1675, in-12, et par J.-C. Martin, 1803, 1 vol. in-8". Le baron Des Adrets était d'une branche puînée de la maison de Deauinont , qui subsiste encore dans les branches d'Autichamp , de Beaumont et de St-Quentin. ( Voy. Iîeai mont. ) T — L.
ADREVALD, écrivain ecclésiastique du 9* siècle, naquit vers l'an 818, dans un village près du monastère de I ■'leurs . où il lit sa profession religieuse. 11 s'acquit beaucoup de réputation par ses écrits, et mourut vers l'an 878. Ses ouvrages sont : 1° un traité de l'Eucharistie contre le fameux Jean Scot, livre savant, mais sans ordre et sans méthode, que d'Achéry a publié dans le 12" volume de son Spicilége ; 2° une Vie de saint Aiguife ou Ayoul, d'abord moine de Fleury, puis abbé de Lérins, mort en
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675, insérée dans le 1" t. des Acla ord. S. Ben.\ 3° un recueil des miracle» de St. Benoit, qui se trouve dans le second siècle des mêmes actes, recueil curieux en ce qu'il contient plusieurs choses intéressantes sur l'histoire de France. L'auteur est un des premiers qui aient designé les gouverneurs des provinces limitrophes par le titre de marquis. 11 fait l'apologie des combats singulière pour terminer les procès, et parait être dans l'opinion renouvelée, il y a quelques années , par le rédacteur des Pensée» de Leibniti, quoique formellement condamnée par St. Augustin et par Bossuct , savoir, que les prières des fidèles peuvent contribuer à soulager les réprouvés. Adrcvald avait composé sur l'Écriture sainte d'autres ouvrages en vers et en prose , dont on ne commit plus qu'un traité manuscrit sur les bénédictions des douze patriarches, qui se conservait dans la bibliothèque de Sl-Victor. Son style est diffus ; mais il avait beaucoup de lecture, et il ne lui manquait que du goût et du discernement. Sigebcrt Papille Adelbert, ce qui l'a fait confondre avec un autre moine de Fleury , de ce nom, mort en 833, et qui est auteur de l' Histoire de la translation de St. Benoit, dont la meilleure édition a été donnée par Mabillon, dans les Âcta ord. S. Ben., avec des observations et notes. Aimoin avait mis cette liistoirc en vers héroïques. T — D.
ADRIA (Jean-J acqles) , historien et médecin de Mazara, en Sicile, étudia sous Augustin Niphus à Naples , fut reçu docteur à Salerne, en 1510, et pratiqua la médecine avec succès a Païenne, ce qui lui mérita le droit de bourgeoisie dans cette ville. Charles V le lit ensuite son médecin. 11 mourut, en 1560, à Mazara. sa patrie, dont il a publié une topographie. Il a aussi écrit sur la peste, sur la saignée, les bains de Sicile, etc. C. et A — N.
ADRI AN, proprement Admansen (Corneille), franciscain débonté, que van Metcrcn, dans son Histoire des Pays-Bas, et J. Roileau dans son Jlistoria flagettantium, accusent d'avoir souillé par ses manirs la sainteté du confessionnal. Il était né à Dordrccht en 1521, et fut longtemps gardien de son ordre. Il se mêla des affaires politiques pendant la guerre des Pays-Ras, et cliangea plusieurs fois de parti, en restant toujours fidèle à celui du vainqueur. Ce fut pour échapper à sa liainc que George Cassander quitta Rrugcs, oU il enseignait les belles-lettres. On appelait communément Adrian, le frère Corneille. 11 mourut à Ypres, en 1581. On a plusieurs éditions de ses sermons, 1569, in-8°, Amsterdam, 1607 cl 1610, in-8°. A ces deux dernières, est jointe une figure qui représente l'infdmc discipline à laquelle Adrian assujettissait ses pénitentes avant la confession, discipline que Voct appelle Disciplinant GymnopygicamCornelianam.[Disp. Select., p. 4, p. 262.) On a prétendu qu'Adrian avait été calomnié par les protestants , mais cela parait peu probable (1 ). G -t. ADR1AISI (Mahcel-Virgile), professeur de
(I) Valr-re André <c\yr ■ ainsi sur Min rompit : Yir nngula-
ru eum entdilienu Inm eloquentiir , trianvfue Imguamm, a uat rtinr ttnj et ttirnntur, callenttttimm , eu<u et Itrtgm h'Imirorum publiée demi/ , pop*!** Brv/eiuem, «uu eonïnuu* XXX iuertdUiii c»m tralU, fruct* o/«m ulitiiett, iuhu ftrti tknutimo
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belles-lettres et chancelier de la république de Florence, né en 1464, était très-versé dans la connaissance des langues grecque et latine. Varchi, dans une de ses leçons, l'appelle l'homme le plus éloquent de son temps. Adriani mourut en 1521 , des suites d'une chute de cheval; il avait donné, en 1518, une traduction latine de Dioscoride, de Maleria medica, avec des Commentaires. Vers la fin de cette traduction, il parle d'un traité de Menturis, ponderibus et coloribus, qu'il était près de publier; mais ce traité n'a point paru. Mazzuchelli parle d' Adriani avec assez d'étendue dans ses Sariilori italiani, et, plus encore, le chanoine Dandini, dans la préface de son ouvrage, intitulé : Collectio Veterum Monumenlorum. La traduction de Dioscoride, qu'il dédia au pape Léon X, lui fit une si grande réputation, qu'on l'appelait le Dioscoride florentin. G— K.
ADRIANI (Jean-Baptiste), fils du précédent, né en 1513, et mort à Florence en 1579, porta d'abord les armes avec distinction dans sa jeunesse, pour défendre la liberté de sa patrie, et se livra ensuite à des études agréables et solides. Il professa l'éloquence, pendant trente ans, dans l'université de Florence , et compta parmi ses amis ses plus illustres contemporains, Annibal Caro, Varchi, Flaminio, les cardinaux Bcmbo et Coniarini. Le principal ouvrage d'Adriaui est l'IIistoire de son temps, «lui s'étend depuis 1556 jusqu'en 1574, et fait suite à celle de Guicliardiu. L'abbé Lenglet du Fresnoy, Bayle, et surtout de Thou, qui en a tiré beaucoup de secours , en ont fait de grands éloges ; ils en ont principalement loué l'exactitude. Adriani la composa sur de bons mémoires, et, entre autres, à ce que l'on croit , sur ceux du grand-duc Cosmc 1" , par l'ordre duquel il l'avait entreprise ; elle ne parut qu'après la mort de l'auteur, à Florence, chez les Junte, 1583, in-fol. Cette édition est rare et plus recherchée que celle de Venise, 1587, 5 vol. in-4". On a encore imprimé d'Adriani des Oraisons funèbre* de Cosmc 1", de Charles V et de l'empereur Ferdinand. On répète, de dictionnaires en dictionnaires, le reproche qu'on lui a fait de s'y être écarté de l'histoire, comme si l'histoire et lesoraisons funèbres étaient ordinairement d'accord. Sa lettre à George \ a sari sur les peintres de l'antiquité, que Pline a nommés dans son histoire, est plutôt un traité qu'une simple lettre; elle fut imprimée à Florence, 1567, in-4". Vasari l'a insérée au commencement du 2* volume de ses Vies des Peintres; il reconnaît qu'Adriani était un amateur très -éclairé des beaux arts, et que ses conseils lui avaient été d'un grand secours lorsqu'il joignit à Florence le palais du grand-duc. G — É.
ADRIANI (Marcel), fils de Jean-Baptiste, né en 1555, et mort en 1604, se distingua dans ses
paru «limetUo, tntertne (rentetUUm haretironm calumniiu, atqué otort/illMliiiM tyeopkënttrum ctrtnot tiuuUtu. liteilorumjué fameta tiutibrta, imper contions et intictiu, tenu BrutnttuM apattolus, religions emnitiu eausa fidei proscriptiê, ptewu dierum ac merUorum, obiil 1681 , prid. jd. jul. an no* Datas 60. On a peinea concilier ces éloges avec les imputations odieuses recoeiMei dans van Meieren. et dans Jacquet Boilcati qui l'i copie, JWtfer. flajtll., Ptmiis, 1700, p. M8. Jl.-*-0.
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études, au point de mériter et d'obtenir, dés la plus tendre jeunesse, la chaire de belles-lettres que son pére avait occupée dans l'université de Florence. Adriani était membre de l'Académie florentine, dont il fut censeur et quatre fois conseiller. On lui doit l'édition de l'histoire écrite par son pére. On a de lui : Ie une traduction italienne du Traité de Vélocutiun de Démétrius de Phalére, qu'il avait laissée manuscrite, et qui n'a été imprimée qu'en 1758, in-8°, par les soins d'A. F. Gori. L'éditeur y a mis une savante préface , et une notice sur la vie et les écrits de Marcel Adriani. 2" Deux Leçons sur l'éducation de la noblesse florentine, imprimées dans la 2* partie du volume 4 des Proie florentine .lia encore traduit en italien les Œuvres morales de Plutarquc; Ammirato et d'autres auteurs ont fait l'éloge de cette traduction, restée inédite. Il y en avait une copie à Florence, dans la bibliothèque Magliabecchi, et une autre dans celle du chanoine Riccardi, réunies toutes deux à la Laurentienne. G— É.
ADRIANO, peintre espagnol, né à Cordouc, et frère lai dans l'ordre des carmes déchaussés. Ses ouvrages sont en petit nombre, et ne se trouvent que dans le lieu de sa naissance. Le plus remarquable est un Crucifiement, dans le goût de Sadclcr, peintre dont il estimait beaucoup la manière. Cet artiste se défiait tellement de lui-même, qu'il était dans l'usage d'effacer ses tableaux aussitôt qu'il les avait exécutés. Ses amis lui demandèrent de les conserver, au nom des âmes du purgatoire, pour qui le pieux Adriano adressait de fréquentes prières au ciel ; ils parvinrent ainsi à préserver de la destruction des ouvrages dignes d'estime. On ignore l'année de la naissance d" Adriano ; il mourut à Cordoue en 1630. D— t.
ADR1CH0MIUS (Christian), né à Dclft, en Hollande, le 14 février 1533, embrassa l'état ecclésiastique, fut ordonné prêtre le 2 mars 1561, et eut la direction des religieuses de Ste-Rarbc, jusqu'au moment où, les guerres de religion l'ayant contraint de quitter sa patrie, il se retira d'abord à Malincs, ensuite à Maastricht, et enfin à Cologne, où il mourut le 20 juin 1585. On a de lui : 1° Vita Jesu Chrùti, ex quatuor evangelistù breviter conlexta, Anvers, 1578, in-12. 11 donna sous le nomdeCArutianus Cruciu$, cet ouvrage, à la suite duquel il fil imprimer un discours de chrùtiana Beatitudine, 2° Theatrum terra tanetœ, ouvrage orné de cartes géographiques, et imprimé cinq fois, 1590, 1593, 1600, 1628, 1682, in-fol. Il est divisé en trois parties; la première est une géographie de la terre «ainte ; la seconde, une description de Jérusalem, que l'auteur avait déjà fait imprimer en 1584, 1588 et 1592, in-8°; et la troisième, une chronique depuis le commencement du monde jusqu'à la mort de St. Jean l'Évangéliste, qu'il place à l'année 109 de J.-C. La partie géographique de cet ouvrage est encore estimée (1). Adrichomius a pris souvent le nom de Christian. Crueis. A. B— t.
U) Adricbomias a donné des cartes particulières des douie tribus; Il explique la situation et l'histoire des villes, dos rivières, et
ADRIEN ( P. /Elu s Adria.nds ou Hadriancs), empereur romain, eut pour père JElius Adrianus Afer, cousin germain de Trajan , et pour mère, Domitia Paulina, d'une illustre maison de Cadix. Sa famille était originaire d'Italica en Espagne, ville natale de Trajan, et Eutrope dit qu'Adrien lui-même y naquit. Selon Spartien, Rome lui donna la naissance le 24 janvier de l'an 76 de J.-C, sous le 7* consulat de Vespasien et le 5e de Titus. Il n'avait que dix ans lorsqu'il perdit son père, et il eut pour tu» tcurs Trajan et Taticn, chevalier romains. Après avoir fait de grands progrès dans la langue grecque, fl servit en Espagne jusqu'à ce que Trajan le rap|>clât. Il conduisit ensuite en Mœsic la 2e légion auxiliaire. Ce fut alors, dit-on, qu'il eut la faiblesse de croire a l'astrologie judiciaire, et qu'il apprit d'un nécromancien qu'il parviendrait un jour à l'empire. Son grandoncle lui avait déjà fait la même prédiction, et, dans la suite, Sura, favori de Trajan, lui prédit en mourant que ce prince l'adopterait. Lorsque Trajan fut adopté par Ncrva, Adrien vint le féliciter au nom de l'armée , et ce fut encore lui qui annonça à ce prince la mort de Ncrva. Il parait truc Trajan n'avait pas |HHir lui une affection bien réelle; mais il était mieux vu de l'impératrice Plotinc : celte princesse obtint de l'empereur qu'il lui donnât en mariage sa petite-nièce , Julia Sabina. Nommé questeur , et chargé des registres du sénat, Adrien abandonna cet emploi pour accompagner l'empereur dans la guerre contre les Daccs, la 12* année du règne de Trajan. D devint consul, fut ensuite tribun du peuple, et marcha de nouveau contre les ennemis, à la suite de l'empereur. Il se distingua tellement dans cette guerre, que Trajan lui fit présent du diamant que lui-même avait reçu de Nerva, lorsque ce prince l'avait adopté. Adrien regarda avec raison ce présent comme le gage de son adoption future. Devenu préteur, il donna au peuple des jeux magnifiques en l'absence de Trajan , et, dans la suite, fut nommé archonte d'Athènes. Trajan, étant tombé malade , laissa l'armée sous les ordres d'Adrien , qu'il avait fait gouverneur «le Syrie, et mourut peu de temps après. Les historiens varient sur la manière dont Adrien parvint à l'empire. Les uns prétendent qu'adopté par Trajan depuis une année , il lui succéda légitimement ; d'autres assurent que Plotinc, toujours portée à favoriser Adrien, avait tenu secrète pendant trois jours la mort de Trajan, et que les lettres d'adoption envoyées au sénat étaient suiiposécs. Dion va même jusqu'à déclarer qu'il tenait ces détails d'Apronicn son père, qui avait été gouverneur de la Cilicic, où Trajan était mort. Quoi qu'il en soit, Adrien, parvenu à l'empire, commença par gouverner avec douceur; il annonça l'intention de pardonner à ses ennemis, et on cite le mot qu'il dit à
des lieux places dans ses caries, par des noies qu'il a rangées par ordre alphabétique avec des chiffres qui ont rapport a eeax qui sont dans les cartes. L'ouvrage était un chef-d'wnvrc pour te temps , et qnuiqne l'on ail fait, depuis Adrirhomins, de nouvelles découvertes, cette partie de son ouvrage est et sera toujours lre>-bonne et trésnlile, aussi bien que sa description de la ville de Jérusalem. A l'article de ce théologien, Foppens donne une notice des Belges qui ont visité la terre sainte et en ont fait la descripitoo H,— r— «.
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l'un d'eux à son avènement : <i Vous voilà sauvé. » Il se montra bienfaisant envers le peuple, ennemi du faste, et rempli de lwnté pour les gens de guerre, dont il partageait les fatigues et les dangers. Il lit plusieurs réglementa dont l'ordre et l'équité étaient le principe. Les sénateurs, les chevaliers pauvres et le peuple furent comblés de ses largesses; et, dés le moment où il commença ses voyages, qui occu|>érent la plus grande partit- de son régne , il laissa jwrtout des traces de sa magniliccncc. Enfin, on ne verrait en lui qu'un excellent prince, si ces qualités brillantes n'eussent été mêlées de défauts, et même de vice* tellement odieux, que, selon la manière dont on le considère, Adrien jwut également être comparé à Domiticn ou à Titus. On a déjà vu qu'il croyait a l'astrologie. Il était en effet trés-sui>erKUtieux, et c'est à celle disiKwition d'esprit que l'on attribue la persécution qu'il fit subir aux clurétiens. On n'eut aussi que trop sujet de lui reprocher ses débauches et sa cruauté. S'étant fait déclarer empereur à Anlioohc le 11 août 117, il écrivit au sénat que ses soldats l'avaient forcé de prendre ce titre, et nomma son tuteur Taticn préfet du prétoire. Il abandonna ensuite toutes les conquêtes de Trajan, soit qu'il ne voulût pas trop éteudre un empire déjà immense, soit qu'il fût jaloux de la gloire de sou prédécesseur. Il fit même abattre les arches du magnifique pnmt élevé sur le Danube |>ar ordre de Trajan , dans la crainte, disait-il, qu'il ne servit aux barbares pour faire des incursions sur les terres de l'empire. Arrivé à Home, Adrien refusa les honneurs du triomphe pré|>aré pour Trajan, que le sénat lui offrait, et il les lit rendre à l'image de son prédécesseur. Il fil remise de tout ce qui était dû au fisc depuis seize ans, et brûla publiquement tous les comptes, afin que personne ne pût être inquiété à ce sujet. Plusieurs autres libéralités achevèrent de lui concilier la faveur publique, et il marcha ensuite contre les Sarmates qui avaient fait une Irruption en lllyrie. Il les défit; mais, des lieux mêmes où il venait d'obtenir la victoire, il écrivit au sénat contre quatre personnages consulaires qui avaient été honorés de l'amitié de Trajan, et les accusa d'avoir conspiré contre lui. Le sénat les fit mettre à mort, sans même leur apprendre de quoi ils étaient accusés. L'indignation publique força Adrien de revenir promplemeut a Home, et de déclarer que ces illustres victimes avaient péri à son insu ; mais on ajouta d'autant moins foi a cette justification, que l'empereur fit périr encore plusieurs autres citoyens distingués. 11 cessa cependant enfin de faire couler le sang; et, se contentant d'oler la cliarge de préteur à Taticn , dont il redoutait l'ambition , il lui donna en écliauge une place dans le sénat. Adrien, qui aimait les voyages, et qui disait souvent, « qu'un empereur devait imiter le soleil « qui éclaire toutes les régions de la terre, » se mit à visiter toutes les provinces de l'Empire, et il employa dix-sept ans h ces courses continuelles. 11 passa d'abord dans les Gaules et en Germanie. On a même dit qu'il s'était rendu en Angleterre, et que, |»ur garantir les pays que possédaient les Romains des Incursions des Calédoniens ou Écossais, il fit bâtir
une muraille qui s'étendait dans la longueur de 80 milles, depuis la rivière d'Edcn, dans le Cumlx'rland, jusqu'à celle de T) ne, en Northumberland. Mais ce voyage n'a pas été établi d'une manière certaine ; ce qu'il y a de plus sûr, c'est qu'a celle époque U disgracia plusieurs Romains d'un rang distingué qui avaient manqué de respect a l' impératrice Sabine, et l'historien Suétone fut de ce nombre. De retour dans la Gaule, il y fil élever divers monuments. On lui attribue même la construction de l'arène de Nîmes et du pont du Gard. A Tarragone, en Espagne, un est lave courut sur lui l'éjiéc à la main, et manqua de le tuer. Adrien, ayant appris que cet esclave était fou, se contenta de le faire mettre entre les mains des médecins. Ce fut en Afrique qu'il apprit la mort do i'iotinc; il s'empressa de retourner a Rome, et après lui avoir rendu de grands honneurs funèbres, il la plaça au rang des dieux : il n'avait jamais oublié que c'était à elle qu'il devait la couronne. Ce fut lui qui donna les plans du temple qu'il fit bâtir en l'honneur de la ville de Home cl de Vénus; mais il ne put souffrir la critique qu'en Ut le sculpteur Apullodore, dont la mort, arrivée peu après, est un des crimes qui souillent sa mémoire. ( Voy. Apollodoue. ) Vers ceUe époque, Adrien passa de nouveau en Asie, appela près de lui tous les rois voisins, et combla de présents ceux qui se rendirent k son invitation. Étant en Egypte, il fit rebâtir le tombeau de Pompée, et honora ses mânes par des cérémonies funèbres. Ce voyage est devenu honteusement fameux, en ce qu'on y vit éclater l'odieuse passion de l'empereur pour Antinous, jeune llilhynicn d'une Iteauté rare, qui, selon les uns, se uoya dans le Mil, et selon d'autres , s'immola |>our prolonger la vie d'Adrien. Toujours livré à la plus folle su|>ersiiiion, l'empereur avait eu recours à la magie pour conserver ses jours. Ayant appris que, pour y parvenir, il lui fallait trouver quelqu'un qui s'immolât pour lui, il ne put obtenir que de son favori un si grand sacrifice. Si la seule reconnaissance pour un dévouement aussi rare eût produit les regretl immodérés d'Adrien, a jieinc oserait-on en blâmer l'exagération ; mais l'infâme passion qui s'y joignait les rendit aussi odieux que ridicules. Adrien, dit Spartien, pleura son Antinous comme une femme adorée ; il lui érigea une multitude de temples, et lui donna des prêtres, <|ui rendaient des oracles conqiosés par lui-même. Enfin le bruit se répandit qu'on avait vu dans le ciel un nouvel astre, et que c'était celui d'Antinous. Les artistes eurent ordre d'immortaliser la douleur d'Adrien, en multipliant les images de l'objet de son Culte ; les i>einlrcs et les statuaires travaillèrent à l'envi. Quelques-uns des chefs-d'œuvre qu'ils produisirent sont parvenus jusqu'à nous. Peu de temps après, Pauline, s<rur d'Adrien, mourut, et celui qui avait i>oussé jusqu'à l'extravagance les profusions pour les obsèques d'un vil favori, laissa ensevelir sa propre sœur sans la moindre |wmpc. Tout corrompus qu'étaient les Romains, un contraste si choquant ne manqua pas de faire sur eux une profonde impression. Vers ce temps, les Juifs se révoltèrent contre Adrien, qui, après avoir établi une colonie romaine
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à Jérusalem, avait donné à cette ville le nom d'JElia Capitolina, et bâti un temple aux divinités païennes dans le lieu même où l'on avait adoré Jéhovah. I*cs Juifs, indignés, choisirent pour chef un certain Barcochebas, et lui donnèrent le titra do roi. Tinnius Rufua, qui commandait en Judée, eut d'abord sur eux «pielques grands avantages ; mais le nombre des insurges croissant de plus en plus, tmiB les Romains qui se trouvaient dans cette province furent massacrés. Adrien conlia la conduite de cette guerre a Jules Sévère, général considéré comme le plus habile de son temps. 11 reprit Jérusalem, et la réduisit en cendres, Tan 136 de J.-C. , 20* du régne d'Adrien. Bitther ou Bétber, place forte, fil plus de résistance; mais elle se rendit aussi, lorsque la puqtart des assiégés furent morts de faim. La guerre cependant n'était point terminée ; elle dura trois ans et demi, jusqu'à ce qu'une victoire complète des Romains et la prise de Bareochchos y eussent mis fin. On assure que 580,000 Juifs furent massacrés. Les Romains eu x-mêmes essu yèrent de grandes pertes; les Juifs qui survécurent furent vendus au même prix que les chevaux, tant à une foire dite du Térébinthe qu'à Gaza ; ceux qu'on no put vendre furent traînés on Egypte et livrés à un peuple qui les avait en horreur. Adrien leur défendit ensuite, sous peine de mort, d'entrer dans Jérusalem; et, pour mettre le comble à leur humiliation , il fit placer sur la porte du chemin de Bethléem un pourceau de marbre. On sait qu'aux yeux des Juifs, cet animal est immonde. Peu de temps après, les Alains ou Messagèlee attaquèrent l'empire; mais Adrien envoya contre eux Arrien, alors gouverneur de la Cappadocc, et célèbre par son histoire d'Alexandre. L'empereur se rendit ensuite à Athènes, et décora cette ville, qu'il affectionnait, de plusieurs monuments dont les ruines subsistent encore. II eut le fol orgueil de s'y consacrer à lui-mémo un autel, et île permettre aux Grecs de lui dédier un temple qui fut appelé Panhellénicn. Revenu à Rome, après tant de voyages, Adrien, dont la santé s'affaiblissait , résolut de se choisir un successeur. Commodus Vérus, qui l'emporta sur plusieurs concurrents , était un homme de lunmrs dépravées, et l'on prétendit qu'Adrien ne l'avait adopté qu'à des conditions déshonorantes. Quoi qu'il en soit, le nouveau César fut créé préteur , et mis à la tête de l'armée de Pannonie. Adrien fit ensuite construire près de Tivoli cette fameuse villa, dont aujourd'hui encore les restes attestent la magnificence. Il s'y plongea, selon Aurélius-Victor, comme autrefois Tibère à Caprée, dans de honteuses débauches. Il eut encore avec cet empereur une ressemblance non moins odieuse, c'est la cruauté à laquelle il se livra en faisant périr, par des moyens secrets, et même ouvertement , plusieurs personnages illustres , parmi lesquels on compte Scrvicn son beau-frère, et Fuscus, petit— 01» de Servien, chargés de l'accusation vague d'avoir aspiré à l'empire. Vérus étant mort, Adrien lui accorda les honneurs de l'apothéose , et , Bprès avoir hésité quelque tenq>s sur le choix d'un autre successeur, il nomma Titus Antonin, à condition que celui-ci adopterait à son tour M. Antonius Vérus,
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appelé depuis Marc— Aurèle, et L. Vérus, fils de Commodus Vérus. L'impératrice Sabine mourut peu de temps après l'adoption d'Antonin, et Adrien fut accusé de l'avoir empoisonnée, ou de l'avoir traitée si Indignement, qu'elle se donna la mort. Toutefois, il ne manqua pas d'en faire une divinité. Sa maladie augmentant, il eut recours à la magie; puis, devenu féroce par l'excès de ses souffrances , il ordonna la mort de quelques sénateurs, et chargea Antonin d'en faire périr plusieurs autres. Antonin n'exécuta point cet ordre barbare. Fatigué d'exister, Adrien demanda plusieurs fois une épée ou du poison , et promit de récompenser ceux qui l'aideraient a abréger ses jours; mais personne ne voulut s'exposer au danger de lui rendre un pareil service. Il alla â Bayes, où, méprisant les médecins et leurs ordonnances, il se livra à l'intempérance de la table, et parvint ainsi à avancer le terme de sa vie. 11 mourut dans cette ville, le 10 juillet 15H, à 62 ans. Peu de jours auparavant, il avait composé les vers suivants, que la situation ou il les lit, plus que leur mérite réel, a rendus célèbres :
Animula vagula, Mandait, Hospes coniesque corporis, 'Jim nune nltihis in loca Pnllitlula, rigida, nudula, Née, ut soles, daWs jocos.
Fontcnellc a traduit en vers français ce petit morceau de poésie, qui semble prouver qu'Adrien, persuadé de l'immortalité de l'âme , était inquiet du sort qui l'attendait dans une autre vie. Il nous est parvenu encore quelques fragments des |>oésies d'Adrien , que l'on trouve dans Y Anthologie latine de Durmann et dans les Analecla de Brunck. Mclchior Goldast a recueilli des sentences de cet empereur, gr. ht, Genève, 1601, in-8*\ Il avait composé une Alcrmidriade qui ne nous est pas |«rvenue. Le talent de la poésie n'était pas le seul que possédât Adrien. On a vu qu'il connaissait l'architecture ; il était aussi peintre et musicieu ; il réussissait dans beaucoup d'exercices qui demandent de la force et «le l'adresse, et si mémoire était prodigieuse. Lorsqu'il fut mort, le sénat, qui se ressouvenait des cruautés dont le commencement et la fin de son règne avalent été souillés, \uulut casser tous ses édits ; mais Antonin lit observer qu'alors il faudrait aussi casser sa propre adoption , et le sénat n'insista plus. Adrien obtint même, scion l'usage, les honneurs de rajKithcosc. Parmi les nombreux édifices que ce prince lit élever, on distinguera toujours le pont sur le Tibre, nommé aujourd'hui pont St-Ange, ainsi que son mausolée placé près de ce pont , et connu sous le nom de château St- Ange. IVs le règne de Jtislinien , cet immense édifice servit de forteresse, usage auquel il est encore destiné de nos jours. On voyait autrefois à son sommet un char sur lequel était la statue d'Adrien ; maintenant ce char est remplacé par la figure en bronze d'un ange tenant une é|>ée. D— T.
ADRIEN, sophiste, né à Tyr, dans la Phénicie, vint fort jeune a Athènes, où il se livra à l'étude de l'éloquence, sous la direction du célèbre Hérodcs
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Alticus. 11 lui succéda dans son école , et s'acquit une si grande réputation, que l'empereur Marc- Aurèle l'ayant entendu à son passage à Athènes , l'emmena à Rome j>our y professer. Il mourut sous le régne de Cominode. 11 nous reste quelques extraits de ses déclamations , publiés en grec et en latin par Léon Allatius ou Allacci , dans un recueil assez rare , qui a pour titre : Excerpta varia grœcorum sophittarum ac rhelorum, Roma, 1041, in-8°. Ou voit par ces extraits que la perte de ses ouvrages n'est pas à regretter. Les fragments ont été publiés par M. J. Conrad Orelli, à Leipsick, en 1816, à la suite du traité de Philon de Byzance sur les sept merveilles du monde. Adrien avait aussi écrit sept livres de Jilélamorphoiet , un Traité sur Us formes orotoiret , en trois livres ; un discours intitulé : Phalarù ; des Epitret, etc. ( Voy. Fabricius, Biblioth. JF"-.t. 4.) B— ss.
ADRIEN 1", pape, né à Rome, d'une famille distinguée, fut élu en 772, après la mort d'Etienne III, dans un moment où l'Église de Rome avait besoin d'un nouveau protecteur. Les vexations des empereurs d'Orient contre quelques-uns des prédécesseurs d'Adrien ( Voy. Martin 1er, Eugène I", et Silvkhe) avaient fait naître au peuple romain, aussi bien qu'au pape , le désir de se soustraire à la domination de la cour de Constantinople. Cette puissance était d'ailleurs bien affaiblie en Italie par son éloignement et par l'établissement des Lombards. Ceux-ci , de leur côté , n'en agissaient pas toujours très-bien avec la cour de Rome. Quelques-uns de leurs monarques avaient fait au pape des donations que leurs successeurs avaient révoquées; Etienne II avait imploré le secours de Pépin , qui avait obligé Astolfc à une entière restitution. Didier, à son tour, revenait sur l'exécution du traité. Déjà il avait repiis plusieurs villes de l'exarchat. Adri en s'adressa encore au roi de France. Charlcmagne , qui régnait alors , vint secourir le pontife , et porta ses armes dans la Lombardie. Au milieu des opérations du siège de Pavie , il se rendit à Rome pour visiter Adrien , qui le reçut avec des honneurs extraordinaires : ce fut là qu'il confirma au pa|>c la donation de Pépin , en y faisant de grandes augmentations. Adrien , à son tour, créa Charlcmagne |>atrice de Borne. Ainsi fut commencée une révolution mémorable qu'Adrien ne vit pas achever, le rétablissement de l'empire d'Occident ; il ne fut témoin que de la chute de la monarchie des Lombards. Au reste, il est bon d'observer que la donation de Charlcmagne ne consistait encore qu'en droits utiles. Adrien en fit un digne usage ; il secourut les Romains affligés de la famine, enrichit l'église de St-Pierre de magnifiques ornements, et réjKindit d'abondantes aumônes. 11 envoya des légats qui occupèrent la première place au second concile de Nicéc , convoqué contre les iconoclastes , et à celui de Francfort, où fut condamnée l'opinion d'FJipand. (Voy. ce nom.) Il mourut le «fi décembre 7!).'i, après avoir occupé le saint siège pendant 23 ans 10 mois et 17 jours. Il fut regretté des Romains, qui le pleurèrent comme leur perc. Charlcmagne l'honora aussi
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de ses larmes, et lui fit une épitaphe où il joignit son nom à celui du pontife, dans ces vers dictés par une religieuse amitié :
Nomina jungo simul titulis, clarissime, nostra : Iladrianus, Carolus, rex ego, luque pater.
Quisque legas versus, devoto pectore supplex, Ainhorum mitis, die, miserere Dtus.
Adrien joignait à de grandes vertus, des talents politiques et littéraires. En faisant présent à Cbarlemagne du Recueil des canons, des Epltres des \m\ies et des Décrétalcs , il l'accompagna d'une épltrc en forme de poème , dont chaque vers commence par une lettre du nom du monarque. C'était , pour ce temps-là, un ouvrage très-recherché. Adrieu 1" eut pour successeur Léon III. D — 8.
ADRIEN II, élu pape le 14 décembre 867, après la mort de Nicolas I", était romain, et son père, qui fut ensuite évéque, se nommait Talare. Il avait refusé deux fois le pontificat, quoiqu'il y eut été porté unanimement après la mort de Léon 1 Vct de Benoit III. Cette fois, le concours du peuple et du clergé fut si grand, et les instances si puissantes , qu'il ne put se dispenser d'accepter. Les ambassadeurs de l'empereur Louis se plaignirent de n'avoir pas été invités à cette élection. Les Romains répondirent qu'ils ne l'avaient point fait par mépris , mais de peur qu'il ne passât en coutume d'attendre les envoyés du prince i>our l'élection du pa|ie. Le peuple voulait même qu'il fût consacré sur-le-cliamp ; mais on attendit la réjionsc de l'empereur, qui ratifia l'élection, en déclarant qu'il n'entendait pas que l'on donnât rien pour la consécration d'Adrien, et qu'il voulait, au contraire , que , loin d'ôter quelque cliose à l'Eglise romaine , on lui rendit ce qui lui avait été enlevé. Ces circonstances sont essentielles à remarquer pour faire voir à quel point le pape et les Romains aspiraient dès lors à l'indépendance (1). Fleury prétend qu'Adrien était marié, cl que sa femme, nommée Stéphanie, dont il avait une fille, vivait encore. Ce fait assez extraordinaire n'est cependant pas relevé par la plupart des historiens et des biographes modernes. Quoi qu'il en soit, Adrien, parvenu au siège pontifical à l'âge de soixante-seize ans, déploya une vigueur qu'on semblait ne devoir pas attendre de lui. 1 1 poursuivit avec clialeur la condamnation de Pltotius, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer et soumettre à la pénitence publique. Adrien se brouilla dans la suite avec l'cmiwreur Basile et avec l'archevêque Ignace , pour s'être opposé au rétablissement du patriarche de Carie et des prêtres de Bulgarie, qui avaient participé au schisme de Photius : il voulait qu'ils comparussent à Rome pour y être jugés,
(t) Le P. Barre, dan» «n «Moire ffnercle tAllen*t»e, dit
qu'Adrien II fui élu par l'empereur Looi.\ mai* qu'on conteste ce fait; que Guillaume, Farreswur du bibliothécaire Anaslase, assure, au contraire, qu'on ne voulut pas même souffrir que le* ambassadeurs de l'empereur «Mutassent à l'élection. Le P. Barre, pour établir le droit de l'empereur d'élire les papes, cite (I. S. p. un décret de Léon VIII. qui accorde celte grande promeuve a Oibon 1" et il ses successeurs; mais quoique le savant archevêque de Marra ail voulu faire valoir re décret, le p. Page et le I». Alexandre ont soutenu qu'il était apocryphe, et que Léon VIII i un d'ailleurs un ami |upe, de l'aveu même de M. de Narca.
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quoiqu'ils no relevassent pas de son siège. Adrien obtint qne Lambert , duc de Spolctte , rat privé de son duché, pour avoir pillé la ville de Rome le jour même de sa consécration. Sa conduite avec Lodtaire le Jeune fut aussi ferme ipie prudente. Ce monarque avait répudié ïhietberge pour épouser Valdrade; les prédécesseurs d'Adrien II, Benoit III et Nicolas I", avaient prononcé l'excommunication contre Lothaire. { Voy. Loth AiREetGosTHiER, archevêques de Cologne.) Peut-être Charles le Cliauvc, qui convoitait les États de son neveu, travaillait-il sourdement à faire condamner Lothaire sans retour. Adrien préféra l'engager à lui demander un pardon général. Au reste, il ne préjugeait rien sur la question princi|«lc du divorce qu'il avait renvoyée a un concile. Adrien fut moins heureux dans le projet qu'il forma de favoriser les prétentions de l'empereur Louis II , contre les intérêts de Cliarlcs le Chauve, qui s'était emparé d'une partie de la succession de Lothaire. Le iiape menaça Charles de l'excommunier comme usurpateur. Ce fut à cette occasion qu'IIincmar de Reims lui écrivit avec vigueur, pour lui faire sentir que sa dignité ne lui donnait aucun droit de prononcer sur les démêlés qui s'élevaient entre les souverains. Adrien n'en voulut pas moins prendre ensuite le parti de Carloman, révolté contre le roi son pére. Hincmar de Laon , neveu de l'archevêque de Reims, qui s'était rendu odieux j»ar sa conduite, se déclara aussi pour Carloman. Condamné dans le concile d'Attigny, il en appela au |»pe , qui voulut le protéger et le soustraire au jugement du concile; mais Adrien éprouva une telle résistance de la part du roi et des évêques de France, qu'enfin il céda, et fa à Charles le Chauve une réponse remplie de bienveillance et d'éloges. Adrien mourut vers la lin de 872 , laissant des souvenirs rc*|iectablcs de ses lumières et des qualités de son coeur. On loue surtout beaucoup son désintéressement et sa munificence envers les pauvres. Il montra quelques idées exagérées sur l'autorité pontilicale; mais il reconnut ses torts : entin il eut des vertus et répandit des bienfaits. On a conservé quelques lettres de lui. Dans son épi ire au concile de Constantinople, Adrien convient qu'il est permis aux évêques d'accuser, de juger et de condamner le pape pour cause d'hérésie. Adrien II eut pour successeur Jean VIII. D— s.
ADRIEN III , romain de naissance, fils de Benoit , élu pape en 884, fut le successeur de Marin, et n'occupa le siège qu'un an et quatre mois. Il rompit, à l'exemple de son prédécesseur, avec Photius, patriarche de Constantinople, qui n'admettait point que le St-Esprit procédât du Fils ainsi que du Pére. C'est le seul trait que l'on connaisse de la vie d'Adrien III , qui semblait d'ailleurs donner de grandes espérances. Il eut pour successeur Etienne V. D— s.
ADRIEN IV, élu pape le 3 décembre 1 1 54, était né vers la lin du siècle précédent, à Langley, près St- Albans, dans le Ilertfordshirc. C'est le seul Anglais qui soit mort sur le siège pontifical. 11 se nommait Brekspeare ou Brite-lance. Son père était mendiant, puis serviteur, jmis religieux dans le monastère de
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St- Albans. Le fils ne fut pas jugé digne d'y être admis à cause du défaut absolu d'éducation dont son extrême pauvreté était cause. Obligé de mendier son pain , et d'aller chercher fortune sous un ciel étranger, après avoir traverse la France , il parvint à se faire recevoir domestique dans le monastère de St— Ruf, près Avignon. Ce fut là qu'il s'initia aux lettres et aux sciences , dans lesquelles il fit des progrès aussi rapides que brillants. Sa conduite officieuse, son application au travail le rendirent agréable aux religieux, qui l'admirent parmi eux; et, après la mort de l'abbé, en 1137, son mérite le fit choisir pour supérieur, d'une voix unanime. Mais l'envie ne tarda pas à lui susciter des querelles; les moines l'accusèrent auprès du pape Eugène 111 , qui lut donna gain de cause, et dit à ses adversaires, eu les renvoyant : « Allez , faites choix d'un supérieur « avec lequel vous puissiez , ou plutôt , avec lequel « vous vouliez vivre en paix : celui-ci ne vous sera « pas longtemps à charge. » En effet , Eugène le retint prés de lui , le fit, en 1140, cardiuai-évêque d'Albano , et l'envoya ensuite , en qualité de légat , en Danemark et en Norwége. A son retour, il fut traité avec beaucoup de distinction par le |ia)>c Anastasc IV, auquel il succéda. Henri H, roi d'Angleterre, l'envoya féliciter, et les moines de St-Albans accom|iagnèrent les ambassadeurs du roi, ap]>ortant au pape de riches présents. Adrien n'en accepta qu'une partie , en rap|>elant à ces religieux , mais sans aigreur, et même avec une espèce de gaieté, qu'autrefois ils lui avaient refusé un habit. Le nouveau |>ape signala d'abord son zèle contre Arnaud de Bresse , disciple d'Abailard , enthousiaste séditieux et turbulent , dont les sectateurs avaient attaqué et blfcssé le cardinal Gérard , dans la rue Sacrée. Adrien mit la ville de Rome en interdit, jusqu'à ce que cet attentat fut puni. ( Voy. Arnaud.) Il eut ensuite quelques contestations avec l'emjH;rcur Frédéric Barberousse, d'abord au sujet du cérémonial qui devait être observé pour l'onction impériale que ce prince reçut du pape. Frédéric se trouva ensuite choqué qu'Adrien le traitât connue un vassal, dans une lettre sur laquelle le pape donna des explications qui adoucirent le prince, et la paix se rétablit entre eux. Elle fut encore troublée au sujet de la nomination k l'archevêché de Ravcnne, qu'Adrien refusait de confirmer. Cette querelle embrasse les questions les plus importantes; elle se prolongea bien M delà du pontificat d'Adrien. Nous la suivrons sous le gouvernement de ses successeurs. Dans les intervalles de paix et de bonne intelligence entre Frédéric et Adrien, celui-ci, avec le consentement de l'empereur, voulut soumettre Guillaume, roi de Sicile, qui lui refusait l'hommage de ses États, et quelques restitutions. Adrien marcha lui-même à la tête d'une armée contre Guillaume. Le succès répondit d'abord aux espérances du pape, qui refusa des conditions avantageuses; mais la fortune le trahit à son tour; et Guillaume l'ayant enfermé dans Bénévent, obtint qu'aucun appel de ses tribunaux ne serait porté à la cour de Rome; que le pape n'enverrait point chez lui de légat sans son consentement,
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et que les élections ecclésiastiques aéraient entiéremeiit libres. Il se soumit néanmoins a un tribut annuel. Henri II, méditant alors la conquête de l'Irlande, en demanda l'investiture au pa|»e, sous prétexte d'arracher ces peuples à l'idolâtrie. Adrien accorda au roi d'Angleterre ce qu'il désirait ; et c'est ainsi que les souverains eux-mêmes se soumettaient volontairement à une autorité que, dans d'autres circonstances, ils se Élisaient un devoir de méconnaître et de combattre. Ici se terminent les principaux événements politiques du |iontiticat d'Adrien. Sa vio privée offre des particularités qui ne sont pas dénuées d'intérêt. Il aimait la vérité et la cherchait avec ardeur. Jean de Salisbury, son ami et son compatriote, l'étant venu voir tandis qu'il était dans la Fouille, Adrien lui ouvrit son cœur, et lui dit qu'il voyait l'Eglise accablée de tant de maux, qu'il aurait voulu n'être jamais sorti d'Angleterre. Lui ayant ensuite demandé ce qu'on disait de lui et de l'Eglise de Rome, Salisbury répondit avec une admirable liberté : « On dit qu'on y voit des gens qui dominent a sur le clergé, sans se rendre l'exemple du trou- « peau. Ils sont avares et insensibles aux misères des « pauvres ; ils semblent faire consister toute leur re- « ligion à s'enrichir.... w C'est dans les historiens, et surtout dans Fleury , qu'il faut lire tout entière cette conversation, dont l'esprit et l'objet peuvent servir d'exemple aux princes qui préfèrent les leçons de la bonne foi à l'encens des flatteurs. On ne sait ce qu'on doit admirer le plus, ou de la douceur d'Adrien, ou de la franchise de son ami. Cependant on peut observer que les reproches d'avarice et de cupidité que celui-ci se |>ermet n'étaient nullement applicables à Adrien, dont la générosité et le désintéressement étaient avoués par tout le monde. Il augmenta le patrimoine de St. Pierre de plusieurs acquisitions ; mais il était, dit Fleury, si éloigné d'enrichir ses parents, qu'il ne laissa jiour subsistance a sa mère, qui lui survécut, que les charités de l'église de Canterbury. Adrien mourut à Anagui, le I" septembre 1159, avec une grande réputation d'habileté et de vertu. Ce n'était pas un liomme ordinaire, celui qui s'était élevé, de la mendicité et de l'état de domestique, à la première dignité de l'Eglise. Il eut du savoir, de l'éloquence et de la générosité, et joignit à ces qualités un caractère plein de constance et do fermeté : digne successeur de Grégoire VII, il sut continuer l'enivre de ce grand pape et défendre contre l'Empire les prérogatives et les droits de l'Kglise. — On trouve des lettres d'Adrien IV dans la Collection des conciles. Il avait, en outre, écrit l'histoire de sa légation dans le Nord, un traité de la Conception de la Vierge, et des Homélies, dont il est fait mention dans la Bibliothèque jtontifirate. Adrien I V eut pour successeur Alexandre III. I) — s.
ADRIEN V, élu pape le 12 juillet 1276, était génois de naissance, et se nommait Ottobon de Ficsque. H succéda à Innocent V. qui n'avait occupé le saintsiége que cinq mois, et n'y resta lui-même que trente jours. Il était déjà malade lorsqu'il fut élu. On le transporta de Rome à Vilerbe, ou il mourut, après avoir dit à ses parenu qui venaient le visiter : « J'aimerais
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« mieux mie vous me vissiez cardinal en santé, que « pape mourant, m On a dit , mais sans le prouver, qu'il n'était point évêque , et que même il n'avait pas été ordonné prêtre. Jean XXI fut son successeur. IV— s.
ADRIEN VI, élu pape en 1821, était connu sous ce nom d'Adrien, qu'il ne voulut fMtint changer lors de son avènement au pontificat. 11 naquit à Utrecht en 1458. Son père, nommé Florent Iloeijens, était ou tisserand, ou brasseur de bière, ou, selon d'autres, menuisier. Adrien lit ses études à Ixiuvain , dans le collège du Porc ou de Manrtonck, imc des quatre grandes pédagogies de celle ville. Quelques succès brillante qu'il eut dans la philosophie et dans la théologie engagèrent Marguerite d'Angleterre, sorar d'Edouard IV et veuve do Charles le Téméraire, duc de Bourgogne , à faire les dépenses nécessaires pour sa réception au grade de docteur. Devenu successivement cltanoine do St-Pierre, professeur de théologie, doyen de l'église de Couvain, et enfin vicc-chancclicr de l'université, il paya dans la suite sa delte de reconnaissance envers cetle université, en fondant a Louvain un collège qui |tortason nom, et bit destiné k l'entretien gratuit des |iauvres qui voudraient .s'appliquer à l'étude. Bientôt Maximilien 1" le choisit pour précepteur de son petit-fils, Charles-Ouinl, et ensuite l'envoya en qualité d'ambassadeur auprès de Ferdinand le Catholique, qui le nomma k l'évéché de Tortosc en Espagne. Après la mort de Ferdinand , Adrien partagea la régence de ce royaume avec le cardinal Ximcncx; il fui élevé au cardinalat en 1517, et demeura seul gouverneur do la monarchie en l'absence de l'empereur Charles-Quint, lorsque celui-ci partit pour l'Allemagne en 1520. C'est à celte époque que prirent naissance les troubles de l'Espagne connus sous le nom de communautés, ou guerre de la Mainte ligue. Le nom d'Adrien est attaché à ces événements. Sa conduite, dans ces moments orageux , doit fixer sur lui l'opinion de la postérité, plus que son gouvernement (KHitilical, qui fut de trop courte durée pour avoir laissé des traces historiques. L'Espagne était [«rtéc à un soulèvement général depuis l'avènement de la maison d'Autriche; les impôts excessifs et renouvelé* chaque jour étaient insup|»or labiés au peuple; le* faveurs accordées aux Flamands, et l'insatiable avidité de Chiévres et de ses créatures, révoltaient la noblesse ; enfin la dispensation des bénéfices, où ccî mêmes Flamands avaient une très-grande part, ani mail la jalousie et le ressentiment du clergé espagnol. Ce dernier motif de haine n'était pas le moins violent, et se dirigeait en particulier contre Adrien lui-même, et surtout contre Guillaume de Croy, jHHirvu de l'archevêché de Tolède. I n violent orage menaçait la régence d'Adrien, et, quoique le nombre des gentilshommes à la tète des mécontents ne fût [tas très-considérable, cependant Padilla, Maldonado, Pedrolaso de Gurman, Pedro Giron, Acuna, le comte de Salvalierra, présentent des noms distingués en Espagne, et quantité d'autres seigneurs attendaient un moment favorable pour lever le masque, ou même favorisaient en secret les efforts de la sainte ligue.
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Adrien n'avait ni assez de fermeté, ni assez d'Iiabitude des affaires politiques , pour tenir une marche assurée au milieu de lu révolution qu'il était chargé de réprimer. Après avoir consenti a la commission militaire et civile de l'alcade Ronquillo contre la ville de Ségovie, et à la marche de Fonseca contre Médina del Campo , il donna la mesure de sa faiblesse en rappelant ces deux hommes, trop fougueux peutêtre, mais d'une fidélité inébranlable , et ils furent obligés de quitter l'Ks|mgne pour aller porter leurs plaintes à Charles-Quint. Le cardinal était sans cesse en prières dans son cabinet, pour demander au ciel le remède à tant de maux dont il accusait de Chiévres. Il écrivait de longues lettres aux insurgés, et il en faisait écrire par l'empereur à leurs chefs, qui jugeaient pur là des faibles moyens qu'on avait ù leur opposer. Enfin Charles-Quint fut obligé de donner à son précepteur, qu'il ne voulait point trop humilier, un conseil de six personnes, choisies t>armi i les hommes les plus considérables, et entre lesquels il désigna l'amiral de Custille, don Fadrique llenriquez , et don Inigo Yelasco, connétable. Ces deux illustres Castillans conservèrent la monarchie à leur maître, qui n'hésita point à confesser, dans les lettres ' qu'il leur écrivait , que c'était à leurs bons services qu'il était redevable de la couronne. Le cardinal, en proie a ses irrésolutions , fit des démarches ca|uibles de décourager le parti do l'empereur ; il s'échappa tout seul, pendant la nuit, de la ville de Valladolid, ! pour se rendre à pied à celle de Rio-Sccco, et en- ; voya demander aux insurgés, dans les termes les ' plus humiliants , ses effets qu'il avait abandonnes, îleureusement pour lui, l'amiral llcnriqucz et le conétablc se rendirent aussitôt à Rio-Secco , lassemblèrent les principaux membres de la noblesse, armèrent leurs vassaux, et se mirent à même d'opposer des forces égales à la sainte ligue. Ils parvinrent d'alwrd , soit par violence , soit par adresse, à détacher quelques chefs, et finirent par anéantir l'insurrection dans la plaine de Yillalad. L'année suivante (USB), Adrien fut élevé au iiontifical jwur succéder j a Léon X, qu'il était si difficile de remplacer. Il se trouvait alors à Vittoria avec le connétable et l'amiral de Castille , qui ne rendirent pas moins de services à l'empereur dans la guerre contre les Français, dont Adrien n'aurait jamais pu se tirer, sans le secours de ces deux hommes, si dévoués à leur prince. Le nouveau pape arriva à Rome le Z\ août. Il entreprit quelques réformes, et signala particulièrement son zèle à cet égard dans les instructions qu'il donna an nonce François Cbéregat, qu'il envoyait k la dicte de Nuremberg, assemblée au sujet des troubles excités par Luther, o Avouez ingénument , dit-il , que « Dieu a permis ce schisme cl cette persécution, à « cause des prêtres et prélats de l'Église. .. car nous « savons qu'il s'est passé dans ce saint siège beaucoup « de choses abominables ; des abus dans les cltoses • spirituelles ; des excès dans les ordonnances et « les décrets qui en sont émanés , etc. » Ces aveux, faits avec une humilité profonde, mais que la prudence humaine n'eût peut-être |ias conseillés , renfermaient une censure implicite de la conduite de