‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 46 sur 129 · JET · texte numérisé non relu

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ti-er dans la eonfêdération des nobles contre l'Espagne et le saint-siége, il fit frapper une médaille de la Vierge, qu'il porta à son chapeau, et toute sa maison fut obligée de suivre son exemple. Arrivé à Bruxelles, il fut Imite par une foule de |>ersoi>nes, et sa conduitc plut tellement a la duchesse de Parme, gouvernante des Pays-Bas, qu'elle en instruisit le pftfM Pie V. Le jiontife, charnu* du zèle d'Aersehot, accorda des indulgences a tous ceux qui portaient le même signe. Les états lui confièrent ensuite la direction de la guerre. En 1577, il fut nommé bourgeois d'Anvers; quelque temps après il partit a Gcrtruydomberg en qualité de député , pour faire révoquer l'édit séculaire ; mais il n'y put réussir. 11 fit aussi d'inutiles efforts contre la maison d'Orange, et contre le prince Matlnas, que ce parti venait de faire nommer landwngd. Étant ensuite allé à Garni, en qualité de stathouder de Flandre , et ayant annoncé qu'il venait |K>ur rétablir les anciens privilèges, les partisans du prince d'Orange armèrent les bourgeois et le firent prisonnier dans son propre palais. Devenus, par ce coup hardi, maîtres de Gand, les orangistes firent prêter aux bourgeois serment de fidélité ; mais leur hardiesse déplut A l'assemblée des états, et le duc d'Aersehot fut remis en liberté. Nommé ensuite stathouder de Bruges, il fut député, en 1.">88, A la diète de l'Empire, où il resta quelques années. De retour en Hollande, il ne put sup|iorter les désagréments auxquels l'exposaient son rang et sa religion , et il se retira à Venise, où il mourut en 1808. D— o.

vESClirNE. Voyez EscmXE.

AiSC UNION, de Pcrgame , médecin empirique du 2e sièele , s'appliqua beaucoup A la matière médieale. Galien , qui l'appelle son coneitoyen et son maître, le rite avec éloge, comme l'inventeur d'un remède contre la morsure des animaux enragés. C'était un mélange de cendres d'éerevisse, de gentiane et d'encens, qu'il faisait prendre intérieurement. B appliquait en même temps sur la plaie un emplâtre conqiosé de poix, d'opoponax et de vinaigre; et cette dernière pratique, dont les moderne* ont trouvé un analogue plus puissant dans la cautérisation, explique le succès qu'obtenait ALschrion. Très-conllant dans l'astrologie , Aisrhrion recommandait expressément de ne brûler les écrevisses qu'en un certain temps de la lune. La crédulité de Galien n'cst-elle pas aussi étonnante que la folie de l'empirique î C. et A-n.

JESCHYLE. Voyez Esciitle

gSOPE. Voyez Esope.

jETHÉB ILS, architecte, vivait sous le règne d'Anastasc I", empereur d'Orient, qui le combla d'honneurs , et lui donna une place dans son conseil. On attribue à cet artiste la grande muraille qu'Anastasc fit construire pour préserver Constantinoplc des iusultes des Huns , des Gotbs et des Bulgares. Ce monument de la grandeur et de la faiblesse romaine avait 18 lieues de long et s'étendait du Pont-Euxin k la Propontide , au midi de Selvmbria. JEthérius éleva aussi plusieurs édifices dans Constantin oplc. 11 Hérissait vers l'an SOO de J.-C. L.S-k.

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AETION , peintre grec , exécuta et fit porter â une ex|>osition publique , aux jeux olympiques , un tableau dans lequel il avait représenté les Nom d'Alexandre et de Roxane. Cet ouvrage eut un si grand succès, que Proxcnidas, l'un des juges nommés pour décider du mérite des productions de l'art , enchanté du talent d'Aétion , lui donna sa fille en mariage. Lucien assure avoir vu ce tableau en Italie, et en fait une description brillante, d'après laquelle Baphaêl a tracé l'une de ses plus riches compositions. L. S — e.

AETIt'S, hérésiarque du V siècle, surnommé i.* Athée, naquit à Antioche; il était lils d'un Soldat de Célé-Syrie, Sa pauvreté l'obligeant de vivre du travail de ses mains, il commença par être vigneron, puis chaudronnier, et ensuite orfèvre; mais force de quitter cette dernière profession, parce qu'il avait substitué un bracelet de cui\ re doré à un bracelet d'or, il suivit un cliarlatan, pratiqua ensuite la médecine avec quelque succès; s'étant fait chasser d'Antioche, il alla étudier la dialectique à Alexandrie. Comme il était très-exercé dans cette science , et |>cu versé dans l'Écriture sainte, il donna dans les nouvelles erreurs, auxquelles il en ajouta plusieurs autres. St. Epiphaue a conservé 47 propositions erronées, tirées de ses ouvrages, qui en contenaient plus de 300. Les principales consistaient à enseigner quo le fils de Dieu n'est pas semblable à son père ; a prétendre connaître Dieu comme soi-même, et à faire regarder les actions les plus blâmables comme des besoins de la nature ; k rejeter l'autorité des prophètes et des apôtres; à rebaptiser, au îmm d'un Dieu incréé, et du St-Esprit procréé par le Fils créé ; Aétius soutenait enlin que la foi seule, sans les u'uvres, suffisait. Ses autres ci reurs n'étaient que de purs sophismes, fondés sur des équivoques de mots. II fut ordonné diacre |>ar Léonce , évêque arien , qui se vit ensuite forcé de lui interdire les fonctions de cet ordre. Les anoméens l'excommunièrent, quoiqu'il fût leur chef. Rétabli |>ar Georges d'Alexandrie, condamné par les eusébiens dans les conciles d'Ancyrc et de Séleucie, dégradé par les acaciens dans celui de Constantlnoplc , il fut exilé en Cilicie par Constance, lorsque Julien parvint A l'empire, II rappela Aétias, lui écri vit une lettre pour l'inviter a venir A sa cour, et lui donna des terres prés de Mylilénc, dans l'Ile de Les» bos. Eusoius d'Antioche leva la sentence d'excommunication portée contre lui , et on l'ordonna évêque; enfin , ayant échappé au supplice qu'il était sur le |K)int de subir |>our être resté attaché A l'empereur Valcns, lors de la révolte de Proeope, il vint mourir en 566, A Constantinoplc, où Eudoxe lui fit des obsèques magnifiques. T — D.

AÉTllS , général romain , né A Dorostorc , dans la Ma'sle. Gaudence, son père, Scythe d'origine, parvint aux premiers emplois militaires, et fut tué dans les Canles par des soldats mutinés. Aéflus, élevé parmi les gardes de l'empereur, et donné bientôt en otage an redoutable Alaric , apprit l'art de la guerre sous ce conquérant , et profita de son séjour chez les liarbares pour se faire aimer de ces peuples , qu'il devait un jour avoir alternativement jjotn* ennemis et

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pour alliés. En 434 , l'usurpateur Jean ayant voulu s'emparer du sceptre d'Occident , Aétius se chargea de le faire secourir par les Huus; mais Jean fut vaincu , et son défenseur se soumit aussitôt A Valcntinien, qui régnait en Occident, sous la tutelle de Placidie «a mère. Avide des faveurs de la cour, et jaloux du crédit du comte Bonifàce, Aétius ourdit contre lui une trame odieuse, dont le résultat fut la révolte de Bonifàce , qui appela Gcnscric et les Vandales en Afrique. Une explication tardive entre Boniface et Hacidie ne sauva pas l'Afrique ; mais elle fit découvrir l'intrigue d' Aétius qui , dans ce moment , écrasait, dans les Gaules, le» Francs et les Bourguignons, l'iacidie n'osa le punir, mais elle accorda de nouvelles dignités à Boniface. Aétius, furieux , revoie en lUiliu a la tôle de quelques lrou|)CS , rencontre son rival , lui livre bataille , est vaincu ; mais il blesse de sa pro|>re main Boniface , qui mourut quelque temjts après, en 432; Placidie voulut venger sa mort. Aétius, retiré chez les Huns, revint exiger son pardon A la tête de 60,000 barbares; l'impératrice lui rendit ses charges et ses honneurs , et Aétius retourna dans les Gaules servir l'Empire, qu'il défendail avec courage lorsque son ambition n'en décidait point autrement. II battit successivement les peuples qui se partageaient les provinces, et se servit souvent du crédit qu'U avait sur eux pour les ruiner les uns |>ar les autres. Bientôt il eut besoin de les réunir tous pour s'op|)Oser aux Iwrdes barl>arcs conduites |>ar Attila. Ce roi des Huns avait passé le Rhin et la Seine, et s'avançait vers Orléans, qu'il assiégea bientôt ; Aétius , daus ce danger , rassemble les Saxons , les Bourguignons , les Francs , entraiue daus cette alliance Théodoric , roi des Visigoths , et marche avec une armée formidable contre son ennemi. Attila avait quitté Orléans , repassé la Seine , et se trouvait prés de Codions en Chumpagne , dans les champs Catalauniques ; Aétius le joiguit et lui présenta la bataille en 451. Celte journée devait décider du sort du monde entier : Attila , le fléau de Dieu et le roi det roit , allait trouver enfin un vainqueur ; la mêlée fut affreuse; les deux armées étaient innombrables; les peuples et les princes alliés rivalisaient de courage ; la nuit vint eouvrir la retraite d'Attila , et cacher aux deux partis l'horreur du carnage. S'il faut en croire Jornandés, près de 300,000 morts jonchaient la terre ; Théodoric fut trouvé percé d'un dard. Son fils voulait le venger en attaquant sur-le-champ l'armée d'Attila , affaiblie et effrayée de sa défaite ; il parait qu' Aétius craignit à son tour de voir ses alliés trop puissants ; il retint leur courage , leur persuada de se séparer , et laissa échapper Attila. Ce barbare menaça de nouveau l'Italie, où le nom d'Aétius suffit encore pour l'arrêter , en 452 ; mais la porte de ce dernier se tramait en secret à la cour de Valcntinien. Ce lâche empereur venait d'outrager la femme du sénateur Maxime, qui méditait d'en tirer vengeance, et qui, redoutant le courage et le dévouement d'Aétius, voulut d'abord priver le trône d'un si solide appui. 11 fut facile de rendre ce général criminel aux yeux d'un prince ingrat , faible et soujiçonneux ; Aétius , mandé au palais avec quelques-uns de ses amis , «'y

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rend sans défiance ; il s'approche de l'empereur, qui, dans rinstant.lirc son é|iée et la plonge lâchement dans le sein d'Aétius ; de vils eunuques l'achevèrent, et se» amis partagèrent son sort. Le meurtre de ce grand capitaine indigna tout l'empire, et sa mort ne larda pas A être vengée, ( Voy. Valentimi v Aétiusétait d'une taille moyenne, d'une ligure maie, d'un tempérament robuste, et d'une adresse remarquable aux exercices du corps; il sup|H>rtait facilement la fatigue et les privations; son ambition, déguisée avec adresse, ressemblait quelquefois A la grandeur d'àme. Ses belles actions ont fait oublier les intrigues et les viles manmivres auxquelles il s'abaissa |«oir |>erdre ses rivaux et ses ennemis. Sa mort arriva eu 454. L — S — e.

AÉT11S, médecin d'Amida, ville de Mésopotamie , vivait sur la fin du ,V siècle et au commencement du 0'. Dans un ouvrage intitulé Telrubiblo* il a compilé avec assez de discernement tous les médecins qui l'avaient précédé, |«rtieuliérement Galien, Arcbigène , Dioscoride , etc. ; il y décrit aussi quelques maladies nouvelles , et on y trouve des notions ignorées avant lui sur les maladies des yeux , et l'emploi des médicaments externes. 11 s'est attaché A décrire tous les prétendus spécifiques, charmes e amulettes qui étaient eu vogue chez les Égyptiens, ce qu'aucun médecin grec n'avait encore fait. Il est surtout reeommandablc sous le rapiwrt de la chirurgie Son ouvrage, divisé, jiar les divers copistes auxquels nous le devons, en quatre létrahiblcs, cl chaque tétrabible en quatre discours , se composait primitivement de seize livres : les huit premiers seulement furent imprimés eu grec, A Venise, chez les héritiers d'Aide Manure, in-fol., 1534. Lcsautressont restés eu manuscrit dans les bibliothèques de Vienne et de Paris. Il y en a eu plusieurs éditions latines, de la version de Janus Cornarius, sous ce titre ; Contractée exreleribut âledirinm (clrabiblot , A Venise, 1643, in-8" ; Baie , 1542 , 1549 , in-fol. ; une autre à BAle , 1535, in-fol., dont les sept premiers livres et les trois derniers étaient de la version de J.-B. Montanus; deux A Lyon, 1540, in-fol., el 1500, 4 vol. in-12, avec des notes de peu d'importance , par Hugo de Soleriis ; et une A Paris, i:»»>7. in-fol., parmi les Media» artis Prineipet. On a confondu souvent Aétius d'Amida avec Aétius l liérésiarquc , qui fut aucsi médecin. — On tonnait un 3e médecin de ce nom , Aétius Sicanus , ou Sicidus , des écrits duquel le livre de atra Bile , attribué A Galien , est , dit-on , tiré en partie. Et enfin Aétius Clctus , de Segni , auteur d'un Dodecaporinn Chaleanthinum , Romm , 1620, in-4°; d'un traité de Morbo Sirangulatorio , Roma , 1036, in-à°, etc. C. et A — ».

AFER (Cn. Domitius), célèbre orateur sous les règnes de Caligula, de Claude et de Néron, naquit à ISimes, l'an 15 ou 16 avant J.-C , de parents obscurs, et non de l'illustre famille Doraitia, comme l'a dit Faydit dans ses Remarques sur Virgile. Élevé dans l'étude des lettres , au sein de sa patrie , il se rendit jeune A Rome, où ses ma-urs dépravées ne l'empêchèrent |«is de briller au barreau , et de parvenir aux honneurs sous l'empire de Tibère. Modèle des délateurs , il devint cher à Tibère, qui le

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nomma préleur; et , pour gage de sa reconnaissance, Afer accusa de divers crimes sup|>osés, et fit condamner à mort les derniers amis de la veuve de Gcrmanicus. Il avait commencé par attaquer Claudia Pulchra, amie et parente d'Agrippine. Les succès qu'il obtint dans cette cause développèrent en lui des talents qui le mirent au-dessus de tous les orateurs de ce tempslà. L'année suivante, Afer accusa Quintilius Vains, fils d'Agrippine ; et trouvant que cette carrière était le chemin de l'opulence et des charges, il la parcourut jusqu'à sa vieillesse, quoique le déclin de ses facultés finit par nuire à son ancienne réputation d'éloquence. Aussi adroit flatteur qu'orateur brillant, son habileté le tira d'un danger dans lequel l'avait jeté son imprévoyante bassesse. Il avait érigé une statue à Caligula, avec cette inscription : Caïus à vingt -sept ans a été deux foi* consul. Le fantasque tyran, qui avait des prétentions à l'éloquence, et qu'offusquaient les succès d'Afer, prononça au sénat une harangue étudiée, |>our accuser son adulateur d'avoir voulu le signaler comme cou|iable d'une violation des lois, qui fixaient l'âge du consulat à vingt-cinq ans. La condamnation d'Afer était sûre; mais l'habile flatteur se jette aux pieds de son adversaire couronné, et affectant une grande admiration |tour l'éloquence de l'empereur, déclare qu'il la redoutait plus (pie son pouvoir souverain, et répète lest rails les plus saillants de son discours, avec une sorte d'enthousiasme. Caligula charmé, loin de poursuivre son accusation , envoya près d'Afer l'un des consuls en charge pour lui donner les faisceaux consulaires. Cet orateur adroit était fait pour Conserver tonte sa faveur sous Claude et sous Néron ; il fut revêtu pendant leur règne d'emplois mqiorlauLs, et mourut d'intempérance sous l'empire du dernier, l'an 59 de J.-C. Afer a été le maître de Quinlilicn : c'est ce qu'on peut dire de plus honorable en faveur de ses talents, pour diminuer le mépris qu'inspirent ses vices. Quintilien dit, de son éloquence , qu'elle était pleine d'art et de variété , digne enfin d'être conqiarée à celle des plus fameux orateurs du plus hem temps de l'éloquence romaine. Il mêlait souvent dans ses plaidoyers des bons mots et des traits plaisants, |»our lesquels il avait un talent |Kirtieulier. Il en restait des recueils du temps de Quintilien , qui les pro|>osc comme des modèles. Ce célèbre critique faisait aussi un grand cas d'un traité sur les Preuves , qu'avait donné Afer: l'ouvrage ne nous est |>as parvenu. 11 eût été curieux de voir traiter un tel sujet |»ar le modèle des délateurs. Afer écrivit également deux livres sur l'Art oratoire. Il ne nous reste de lui que quelques sentences dans Quintilien , dans Dion et dans Pline le jeune. V. S — t.

AFFAITATI ( Foim MO } , philosophe italien, était né vers la lin du 45' siècle, à Crémone, d'une famille féconde en hommes de mérite. ( Voy. lafliojr. Crémonese de Lancetti. ) Les talents de Fortunio lui méritèrent la bienveillance du pape Paul 111. qui se l'attacha par quelque emploi ; il lui dédia son ouvrage intitulé : Physicœ ac astronomicœ Considérationet, Venise, 4549, in-8". Ce volume, devenu rare, contient six traités dont les plus curieux sont ceux :

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de varia gemtllorum Forluna , et de Androgyne a

te ipso concipiente. Il est assez vraisemblable que ce dernier opuscule était connu de l'auteur de Lucina tine coneubitu. ( Voy. John Hill. ) Le P. Moschini s'étonne que le pape ait accepté la dédicace d'un ouvrage aussi singulier ( Biograf.universal., t. 4 , p. 265). Après la mort de son protecteur, Fortunio quitta Rome; et ayant passé en Angleterre, il s'y noya dans la Tamise, vers 1550; on ne sait si ce fut par accident. A des connaissances variées , il joignait de l'esprit et de l'imagination. W — s.

AFFICHAHD ( Thomas l' ) , né à Pont-Floh , diocèse de St-Pol-de-Léon , le 22 juillet 1698, mort à Paris le 20 août 4755, a travaillé pour le Théâtre-Français, pour le Théâtre-Italien, pour l'opéra-comique , et même pour les marionnettes. A l'exception des pièces qu'il a faites pour ce dernier théâtre, il a presque toujours eu pour collaborateurs ou Panard , ou Nomagnesi , ou Valois Dorville , ou Gallet. On trouve la liste de ses ouvrages dans le Dictionnaire des Théâtres de Paris , t. 5 , p. 255 ; dans la France Littéraire , 1769 , t. 2 , etc. ; beaucoup de ces pièces ne sont pas imprimées ; quelques-unes de celles qui le sont ont été recueillies s»us le litre de Théâtre de l'Affichard, 4746, in-42 ; ce volume contient les Acteurs déplacés, la Famille , l' Amour imprévue, la Nymphe des Tuileries, le Fleuve Scamandre , Us Fffels du hasard. Une nouvelle édition, 4768, in-42, contient : le Fleuve Scamandre, les Fffets du hasard, la Aymphe des Tuileries , le Retour imprévu , la Famille , la Béquille. Il a aussi compost1 des romans : 4" le Songe de Clydamil , 4752, in-42; on y trouve un Voyagea Cythére. 2° Voyage interrompu, 4737, 2 parties in-42. 3° Caprices romanesques, 4743, in-42. On lui attribue aussi le Pouvoir de la Beauté, 4755, in-42. I>e son vivant, l'Affichard avait été apprécié. Voici une épigramme d'un de ses contemporains :

Quand l'afficheur afficha l'Ankhard,

L'afllchcur afficha le poète sans art. A. B — T.

AFFL1TTO (Matthiel) , petit-fils de Matthieu Afllitto, conseiller royal en 4409, sous Ladislas, naquit à Naplcs, vers 4 430. S'étant adonné à l'étude des lois dés sa jeunesse, il y fit des progrés prodigieux, et acquit une réputation qui le porta au conseil d'État sous le roi Ferdinand 1" ; il jouissait de la confiance de ce prince et de celle du duc de Calabre, son fils (depuis Alphonse II ). Nommé ensuite président de la chambre royale, Matthieu Afllitto fut employé dans les affaires les plus im|>ortantes , sous cinq rois successifs ; il joignait, aux connaissances profondes dont ses ouvrages font foi, une probité et une douceur extrême : les envieux même rendaient hommage à ses vertus, et surtout à son savoir. Camerario, lieutenant de la même chambre royale, très-savant feudiste, s'exprime ainsi à son sujet : Èlatllieum Afflictum , virum plane litleratissimum , nostra et prafccdcnti a>tate prestanlissimum. Arnoldo Fcrron, conseiller de la même chambre, appelle ce magistrat probus vir, et juris civilis scientia illustris. Fonta-

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nella, qui vivait longtemps après lui, dans le 17* siècle, cite Mattheum Afflietum eujus auloritas valet pro mille. Cependant Pancirole dit de lui , dan» son traité de claris Irgum Interprelibus, lib. 2, p. 256 ; Poiius laboriotui in seribendo quant acutus habitm ett. Les orages de ces règnes et la fatigue de ses nombreux travaux n'empêchèrent pas Afflitto de pousser sa carrière jusqu'à 80 ans. 11 mourut |vere 1510, et fut enterré à Naplcs, dans l'église conventuelle de Monte-Vergine, au bas d'un tableau représentant St. Eustachc, dont sa famille prétendait être issue. La piété d' Afflitto, qui était très-grande, l'avait porté à composer VOffiee de la Translation du corp» de St. Janvier . approuvé depuis par le saintsiége. Matthieu perdit jeunes les enfants qu'il avait eus d'Orsina Caraftâ, sa première femme ; de Diana Carmignana, qui fut la seconde, descendent les Afflitto, barons de Rocca-Oloriosa. Les ouvrages que Matthieu a laissés sont : 1" Malthei de afflictit Corntnentariui in conslituliones Sicilia et Neapolis, infol., Francfort, 1603 ; 2° Commentarius super 1res libros feudorum, Venetiis. 1534, in-fol., réimprimé à Lyon en 1548 et 1560, à Francfort en 1598, 1608 et 1629 ; 3° Decisiones Neapolilanœ antiques et nova, Veneliit, 1564, réimprimé en 1600 et 1635 in-fol. , réimprim. dans le même format à Francfort, 1616 et 1635; 4° Lecturœ super cxmsuetudinibus fteapolitani Siciliaque regn i, Lugd. , 1 535, in-fol . , réimprimé sous divers titres, et avec les additions de divers jurisconsultes ; 5° de Jure Protomiseos ru m Italdo et Marantha, Tr. Tr. 18, Francfort, 15T1 et 1588, réimprimé à Spire en 1603, in-8° ; 6° Enpmeratio privilegiorum fisei , Basile*, 1550, in-fol. ; 7° J>cturœ super 7 Codicis Justiniani, 1560; et cnltn, fPdeConsiliariis principum et offieialibus eligendis, ad justitiam regendam, Naplcs : ce dernier ouvrage est très-rare. IL

AFFLITTO ( Jean-Marie), dominicain versé dans les sciences mathématiques, en fit de savantes applications à l'art de fortilicr les places. Appelé en Esjtagne par don Juan d'Autriche , il y publia un traité des fortifications , 2 vol. in-4°. 11 fit aussi imprimer des Mélanges théologiques et philosophiques, et mourut à ISapIes, en 1673. — Afflitio {Gaétan- André d' ), avocat général, fit imprimer des Controverses et des Décisions de droit. — Afflitio ( César d' ), habile jurisconsulte, a laissé des Questions sur les matières féodales. V — ve.

AFFLITTO ( le P. Elstache d' ) , biographe napolitain, avait embrassé la règle de St-Dominiquc ; il consacra ses loisirs à rassembler des matériaux pour l'histoire littéraire de sa patrie. En 1782, il mit au jour , sous ce titre : Menwrie dtgli scrittori del regno di Napoli, un volume in-4", qui contient seulement les auteurs dont le nom commence par la lettre A. Le père Afflitto mourut vers 1790, laissant , dit-on , le soin de compléter son travail à l'abbé Franç. Gualtieri, l'un des conservateurs de la bibliothèque royale de Naples, et depuis évêque d'Aquila. Le second volume parut enlin en 1794, douze ans après le premier. Cet ouvrage , bien supérieur à ceux de Toppi, de N'icodcmo, de Tafuri, etc., n'a

pas été continué dès lors ; et le plan trop vaste sur lequel il est conçu ne permet pas d'espérer qu'il soit jamais achevé. W- s.

AFFO ( Ihénée), né à Bussetto, petite ville de l'ancien État Pallavicin, fit profession aux récollets de Santa-Maria degli Angeli, et fut nommé en 1768, par l'infant don Ferdinand, professeur de philosophie à Guastalla. Ce fut là qu'il composa son Historia di Guastalla, Guastalla, 4 vol. in-4°. Il la commence au règne de Charlemagnc, embrasse les trois dynasties qui possédèrent ce petit État, c'est-à-dire celles des Torelli, des Gonzaguc, des Bourbons, ducs de Parme, et finit en 1776. Cet ouvrage lui valut la direction de la superbe bibliothèque de Parme. Affo est diffus, ainsi qu'il l'avoue lui-même dans sa préface; mais il offre des recherches précieuses et exactes. Ecrivant sous un prince aussi minutieux que le dernier infant, cet auteur a été obligé de se taire sur quelques points délicats. Il est mort à l'âge de 60 ans, au commencement de ce siècle. On a encore de lui Vflistoria di Parma, Panne, 4 vol. in-4°, et plusieurs ouvrages relatifsaux antiquitésetà la biographie des souverains de ces deux Étals. Il a de plus laissé manuscrite une Histoire de Pierre-Louis Farnèse trèscurieuse, dont l'infant défendit l'impression. H.

>.FFRY ( Lot is-Aïut'STE-AiGtJSTiN d' ), d'une des plus anciennes familles du canton de Fribourg, fils de François d'Afïry, lieutenant général au service de France, naquit à Versailles en 1713, devint capitaine aux gardes en 1734, et se trouva à la bataille de Guastalla , où son père fut tué. Maréchal de camp en 1748, à la suite d'une conduite pleine de valeur pendant les campagnes de 1746, 47 et 48, il fut, en 1755, choisi j»ar le roi pour son envoyé extraordinaire auprès des états généraux des Provinces- Unies. Revêtu ensuite du caractère d'ambassadeur, il le conserva jusqu'en 1762, où il fut envoyé à l'armée de liesse avec le grade de lieutenant général. 11 soutint sa réputation dans cette campagne. Nommé colonel des gardes-suisses en 1767, et placé, à l'époque de la révolution française, à la tête des régiments chargés de la garde de Louis XVI, il servit ce prince avec zèle dans les journées des 5 et 6 octobre 1789, et parvint à conserver la discipline parmi ses soldats, au milieu des premières tentatives faites pour les corrompre ; mais , presque abandonné ensuite, et affaibli par l'àgc, il s'offrit le premier à servir l'assemblée nationale, lors du départ du roi pour Varenncs. Depuis 1792, il ne prit plus aucune part aux événements politiques. Arrêté néanmoins le

10 août, et conduit dans les prisons de la capitale, il échappa aux massacres de septembre ; et ayant été mis en liberté peu de temps après, il se retira à son château de Sl-Barthélemy, dans le canton de Vaud, où il mourut en 1793, inconsolable de la perte d'un de ses fils, qui avait été tué aux Tuileries le jour où

11 avait été lui-même arrêté. D — i.

AFFRY { Louis-AiiGisTix-PniLiprE, comte d* ), 1" landanunann de la Suisse, fils du précédent, naquit à Fribourg en 1 743. Destiné de bonne heure à l'état militaire, il accompagna son père à la Haye, en qualité de gentilhomme d'ambassade , et fut eu-

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suite aide-major aux gardes-suisses, capitaine, brigadier, maréchal de camp et lieutenant général. Au commencement de la révolution française , il commanda l'armée du Haut-Rhin jusqu'au 10 août 1 71*2 , et, après le licenciement des trou|>cs suisses, il se retira dans sa patrie, fut adjoint au conseil secret de Fribourg, et nommé commandant des forces militaires lorsqu'en 1798 ce canton se trouva, ainsi que toute la Suisse, menacé à la fois d'une révolution et d'une invasion. Le comte d'Affry, sentant toute l'inutilité d'une résistance armée , se conduisit avec une grande prudence, et contribua à détourner de sa ville natale les maux «le la guerre, et ceux surtout qui, dans des moments de crise , naissent du choc des partis. La ville de Fribourg ayant été occupée par les troupes françaises, le comte d'Affry devint membre du gouvernement provisoire; mais il ne remplit aucune place ]>cndant la révolution de la Suisse , en ayant été exclu par une mesure générale. Il n'entra néanmoins dans aucun projet contre le nouveau gouvernement helvétique , et resta étranger aux insurrections de 1801 et de 1802 : mais ce fut avec joie qu'il accepta sa nomination pour Paris, au moment où le premier consul y aj>pela les députés de l'Helvétie, eu leur offrant sa médiation. Il recueillit alors les fruits de sa modération, et de l'adresse avec laquelle il avait su se ménager des liaisons avec des hommes de principes opjHwés aux siens. Quoique le |wrti des unitaires, qui. en nommant le comte d'Affry, avait cm se donner un auxiliaire non équivoque, l'eut ensuite vu passer dans les rangs des fédéralistes , ses manières conciliantes le lirent constamment préférer aux autres députés dont il avait embrassé les opinions, et les unitaires s'empressèrent de le présenter, en toute occasion, comme celui des hommes de son jwrti qui avait l'esprit le plus conciliant , et auquel ils étaient le plus disjioscs a se rallier , en faisant à la patrie le sacrifice de leur système et de leurs affections particulières. Le médiateur de la Suisse le distingua en effet |wrmi les députés de l'Helvétie, et lui confia l'établissement d'une constitution qui devait assurer la tranquillité et le bonheur des anciens alliés de la France. Le 19 février 1803, le comte d'Affry reçut des mains du premier consul l'acte de médiation, par lequel il se trouva lui-même nommé landammann pour cette année, et revêtu de pouvoirs extraordinaires jusqu'à la réunion de la diète. Rentré en Suisse, il fut nommé par ses concitoyenspremieravoyer de Fribourg, ne s'occupa que de remplir les intentions du médiateur, et d'épargner à son pays de nouvelles crises, en amortissant les haines de parti. 11 remplit cette tâche avec lieaucoup de dextérité, et offrit un exemple mémorable du bonheur avec lequel , dans une position délicate , un tact sûr et fin supplée à l'instruction , et l'usage du monde, aux grandes vues et A l'expérience du véritable homme d'État. Dans l'exercice des hautes fonctions auxquelles des circonstances extraordinaires l'appelèrent, et qui semblaient exiger plus de connaissances qu'il n'en avait pu acquérir, il fut secondé par son discernement naturel, et |«ar un art que personne ne posséda à un plus haut degré, l'art de parler sans rien dire ,

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ou de se taire, sans que son silence eut jamais ni Pair

de l'ignorance ni celui du dédain. Des lumières et des facultés plus remarquables ne l'auraient (leut-étra |ws servi aussi efficacement. Depuis l'an 1803, où il fut revêtu de pouvoirs extraordinaires pour remplir les fonctions de premier landammann de la nouvelle confédération, jusqu'à la fin de sa vie, il fut employé dans les missions les plus honorables. Au couronnement de l'empereur, il porta la parole, à la tête de la députation chargée de présenter à son médiateur les félicitations des Helvétiens, et, à l'ouverture de la camjiagne de 1807, il fut député vers l'empereur pour lui recommander les intérêts de la neutralité suisse. Choisi encore, en mars 1810, pour complimenter ce monarque à l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, il fut comblé de faveurs, reçut des présents, et la grande décoration de la Légion d'honneur. Au moment où il allait faire à la diète assemblée à Berne le rapjwrt de sa mission, une attaque d'apoplexie termina ses jours, le 26 juin de la même année. Des honneurs funèbres lui furent rendus avec beaucoup de pompe. Son nom occupera une place distinguée dans les annales de l'Helvétie. Landammann de la Suisse, et chargé d'établir une constitution qui devait mettre un terme aux dissensions civiles, il s'acquitta avec succès du rôle de conciliateur et de magistrat suprême d'une nation divisée d'opinions et d'intérêts L'aménité de ses mœurs, un certain enjouemeiit mêlé à beaucoup de bonhomie, et les formes de la franchise militaire, tempéraient en lui les effets d'une sorte de finesse, qui, sans ce mélange, aurait déplu à ses compatriotes, et balancé l'influence heureuse de ses autres qualités. U — i et S — n.

AFFRY ( Charlbs-Phimppk, comte o'), petitfils du colonel général des Suisses au service de France, naquit en 1772. H était lieutenant dans les gardes-suisses à l'é|x>que du 10 août 1792, et n'échappa au massacre de cette journée que jiarec que sa compagnie se trouvait alors détachée en Normandie. Il se retira dans sa patrie aussitôt après le renversement de la monarchie , et ne reprit du service que sous le gouvernement impérial, lorsque son |>ère eut accepté les fonctions de landammann. Il Rit alors nommé colonel d'im régiment suisse, et lit en cette qualité plusieurs campagnes , notamment celle de Russie en 1812, où il fut nommé officier de la Légion d'honneur après le combat de Smolensk. Il était revenu en France A l'époque du retour des Bourbons en 1814, et il reçut d'eux l'accueil que méritaient son nom et les services de ses ancêtres. Créé chevalier de St— Ixntis et commandant de la Légion d'honneur, il commandait un régiment suisse lors du retour de Napoléon en mars 1815. Ayant reçu du général Castella, ainsi que tous lesofliciers suisses, l'ordre de ne pas paraître aux Tuileries , il ne s'y rendit que sur un ordre positif de Napoléon ; et il eut le courage de lui déclarer qu'il n'obéirait qu'aux ordres du roi à qui il avait prêté serment. Napoléon, três-irrité d'une pareille résistance, n'en montra cependant alors aucun ressentiment, et M. d'Affry put retourner paisiblement dans sa patrie, où il fut cm-

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