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1589. Son père, Jean Mêles, était bourgmestre d'Hasselt; mais, ayant embrassé la religion réformée, il fut obligé de se retirer d'abord à Aix-la- Chapelle, ensuite à Dordrecht. Antoine lit une partie de ses études sous Gérard Vossius, recteur de Dordrecht, qu'il remplaça ensuite. 11 employa alors une grande partie de son temps à commenter et à expliquer les Annales de Tacite. Il fut lié avec Descartes, dont il embrassa la philosophie , et mourut en 1660. Il a laissé un Recueil de harangues et de vers latins, 1651, in-12, qui ne sont pas sans mérite. — On connaît aussi un autre Emilius (Georges), proprement Œm 1er, né àMansfeld, en 1517, parent de Luther, et dont on a aussi des poésies latines : il a traduit les Evangiles en vers héroïques : Ewmgelica heroieo carminé reddila, 1509, in-8", réimprimés plusieurs fois. G — T.
AENAE (Henri), né en 1743, à Oldemardum dans la Frise occidentale, mourut à Amsterdam en 1812. 11 fit ses études à Franckcr, passa maitre ès arts à Leyde en 1769 , et soutint une thèse sur le phénomène de la congélation, qui lui valut le titre de docteur en philosophie. Plus tard il fut appelé a la Haye auprès du gouvernement , et chargé de plusieurs missions diplomatiques dans le midi de l'Europe. En 1795 il fit |»utie de l'assemblée des savants français et étrangers réunis à Paris pour établir l'uniformité des poids et mesures. Dans les dernières années de sa vie, il remplit successivement les fonctions d'inspecteur des poids et mesures et de membre de la commission générale de la marine. On a de lui quelques écrits estimés sur les sciences technologiques, |iarmi lesquels on remarque ceux qui traitent de la roue hydraulique d'Eckliard, des ailes de moulin à vent de Dyck, des instruments d'astronomie inventés |«r van Adam, et de l'emploi du vernier. Son rapport adressé au gouvernement de Hollande, sur les améliorations a introduire dans le système des |*>ids et mesures, mérite aussi d'être mentionné. M— a.
JENEAS-SYLVICS. Voyez Pie II.
./ENESIDÈME, philosophe pyrrhonien, de Gnossus, dans l'Ile de Crète , fut disciple d'Héraclidc du Pont , et contem|torain de Cicéron. On lui donne quelquefois le surnom d'Alexandrin, parce qu'il enseigna la philosophie à Alexandrie. JEnesidémc fut le restaurateur de la secte de Pyrrhon , qui , depuis la mort de Timon de Phliase , était peu considérée. 11 écrivit, au rap|K>rl de Diogènc Lacree, huit livres de la Philosophie sceptique, dont il uc nous reste qu'un extrait dans Photius. Il parait avoir encore été très-partisan des opinions d'Héraclitc. On ignore l'é|>oquc de sa mort. D. L.
JEPWUS (Jean), célèbre coopératcur de LuUier, né en 1 499, dans la Marche de Brandebourg , mort le 13 mai 1553; son nom de famille était Huch ou Uack. lloch (haut), qu'il changea en Aintnkc; de Aî-ù; (élevé), selon l'usage des savants de son temps. Étant entré dans l'ordre de St-François , il quitta l'Angleterre , ou il se trouvait lorsqu'il fit ses vœux, et alla recommencer ses études théologiques sous Luther, à Wittenberg. Ayant adopté les opinions et
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les projets de ce réformateur, il voulut introduire la réforme dans sa patrie. Mais les esprits n'étaient pas encore disposés à l'accepter ; ses prédications restèrent sans effet, et son zélé ne réussit qu'à le faire mettre en prison. Rendu à la liberté, il s'établit d'abord à Stralsund , où on lui avait donné la place de recteur, et ensuite à Hambourg, où il exerça, comme pasteur de l'église de St-Pierre , et comme inspecteur ecclésiastique, une influence, sinon égale à celle de Calvin a Genève, au moins très-remarquable, et qui a laissé des traces dans les institutions tant civiles que religieuses de cette ville hanséatique. Lorsque en 1547 Charles- Quint, après la victoire de Muhlbcrg , eut sommé les protestants d'adopter Y Intérim, en attendant le nouveau concile qu'il avait demandé au pape, et auquel l'arrangement définitif des affaires de l'Église devait être confié, selon les vues de ce monarque, Aipinus fut un de ceux qui s'opposèrent avec le plus de force aux théologiens wittenbergeois , à la télé desquels était Mélanchlhoo, et qui, tout en refusant d'adopter dans son entier le projet d'organisation provisoire de i*em|icrcur, se montraient disposés à un accommodement , en admettant plusieurs points de doctrine et de discipline romaine que Luther avait rejetés, comme choses indifférentes {adiaphora) et étrangères aux articles fondamentaux de la communion d'Augsbourg. jEpinus se déclara contre les adiaphoristes, et se réunit à Flacius-Illyricus, leur plus savant antagoniste. 11 avait, dés 1534, rempli une mission de son parti auprès de Henri VIII, roi d'Angleterre, et signé, en 1558 , les articles de Smalcaldc. Parmi ses ouvrages , qui sont presque tous dirigés contre l'Église romaine , Y Intérim et les adiaphoristes, on doit remarquer quelques écrits dans le dialecte de la basse Saxe , dont les théologiens ne se sont guère servis depuis lui. S— n.
^IPINLS (François-Marie-Ui,rich-Tiiéo- DORe), l'un des physiciens les plus recommandâmes qui aient existé, naquit le 45 décembre 1721, à Rostock. Il s'est distingué surtout par un ouvrage intitulé : Tcnlamen Theoriœ elcctricitatii et tnagnelismi, imprimé à Pétersbourg, en un volume in-4°. Il y entreprend de soumettre au calcul les phénomènes de l'électricité et du magnétisme ; et, quoiqu'il n'ait pu traiter ainsi que ceux qui dépendent de l'équilibre des forces électriques ou magnétiques, neutralisées à distance , indépendamment de la figure des corps sur lesquels elles sont répandues , son travail cependant a rendu un grand service aux sciences : d'abord , en représentant dans leurs plus petits détails une foule de faits sur lesquels on n'avait que des idées très-vagues ; ensuite, en montrant la manière dont on pouvait appliquer le calcul à ces sortes de questions. La généralité, et, si l'on peut ainsi dire, l'abstraction des considérations mathématiques dont il faisait usage, lui fit découvrir plusieurs modes d'expériences auxquels on n'avait pas encore songé ; et il peut être regardé, à juste titre, comme le véritable inventeur du condensateur électrique cl de l'électrophore, deux appareils dont il a donné complètement la théorie. Les phénomènes qu'^pinus
n'a point considérés sont ceux qui dépendent du mouvement de l'électricité et du magnétisme, de leur neutralisation au contact, des lois suivant lesquelles ces fluides (si toutefois ce sont des fluides) se distribuent sur la surface des corps. Mais ces recherches exigent une analyse très- profonde, qui n'a pas encore été donnée en général , et peul-étre demanderaient-elles aussi que l'on eût, sur la nature de l'électricité et du magnétisme, des idées plus sûres et plus approfondies que celles que l'on a eues jusqu'à présent. M. Hany a donné un abrégé de l'ouvrage d'JEpinus, 1787, in-8°; mais ce n'est qu'mi ex|»osé succinct de sa doctrine, et non pas une traduction , comme on l'a dit trop souvent. jEpinus a encore publié un autre ouvrage , 1702, in-4°, intitulé : Réflexions sur la distribution de ta chaleur sur la surface de la terre (traduites en français |wr Raoult de Rouen). Il a aussi donné plusieurs mémoires intéressants dans les volumes de l'Académie de Pétersbourg. 11 est le premier qui ait fait des expériences exactes sur l'électricité de la tourmaline, et il a publié ses recherches sur ce sujet, conjointement avec celles de quelques autres phj siciens, dans un petit ouvrage in-8°, publié en 17G2, à Pétersbourg. Il mourut à Dorpt, en Livonie, en août 184)2, Agé de 78 ans. Le caractère principal qui distingue les ouvrages d'JEpinus, c'est une grande sagacité dans les expériences, unie à une grande rigueur de raisonnement dans les démonstrations. 11 devait le premier de ces avantages a la nature , et le second à l'emploi des mathématiques , qu'il savait manier habilement. L'uuion de ces deux qualités consli'uc le vrai physicien. D — T.
AÉRIUS, hérésiarque du 4* siècle, naquit dans le Pont, et suivit d'abord les opinions d'Arius. Vers l'an 555, il disputa vainement à Eustathe l'évéché de Séliaste, en Arménie. On a conjecturé qu'il prit alors la résolution de se séparer des chrétiens, dont il avait jusque-là fait partie; il est seulement certain qu'il fonda une nouvelle secte, et eut beaucoup de partisans qui, de son nom , furent appelés aériens. St. Augustin, qui écrivit, en 428, son livre des Hérésies, dit que les aériens étaient alors nombreux dans la Pamphilic. Le principal point de leur doctrine était que les évèques ne sont distingués des prêtres par aucun droit divin; mais que, d'après le Nouveau Testament, leurs devoirs et leur autorité sont les mêmes. Aérius soutint aussi qu'il ne fallait point prier pour les morts , et nia la nécessité d'observer les fêtes établies, ou de célébrer le jour de Pâques. Il appelait antiquaires les fidèles qui suivaient les cérémonies établies par l'Église, et qui s'attacliaient au traditions ecclésiastiques. Ces erreurs furent également combattues par les aériens et par les orthodoxes : elles excitèrent un grand scandale. Aérius et ses sectateurs, exclus des églises et des villes, furent obligés de mener une vie errante. D— t.
AERSCHOT (duc d'), d'une illustre famille du Rrabant, fut décoré, par Philip|>e 11, roi d'Espagne, de l'ordre de la Toison d'or, en 1556, obtint un commandement dans l'armée, et fut créé membre du Raad van state (conseil d'État). Ayant refusé d'en-