‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 50 sur 129 · AGA SIS · texte numérisé non relu

AGA SIS

clés, il n'y arait point encore de sophistes dans la Grèce. Nous faisons cette observation jH>ur répondre d'avance au reproche qu'on j h attrait nous faire d'avoir négligé de rapporter des apophUiegmes et des anecdotes qui se trouvent réglés dans toutes les compilations , sans qu'on ait jamais examiné jusqu'à quel jKjint on devait y ajouter foi. C — a.

AGATHARCH I DES , géographe et historien , né à Guide, avait été, dans sa jeunesse, lecteur de l'historien Héraclide, surnommé Lembus, et fut, par la suite, tuteur de Plolémée-Alexandrc , qui régna sur l'Egypte vers l'an 104 avant J.-C., suivant Dodwel. Agatliarchidcs fut attaché à la doctrine despéripatéticicas. Parmi ^cs nombreux ouvrages, relatifs à l'histoire et à la géographie , les anciens nous en font connaître trois: i° de Mari rubro, en 5 livres: c'était un périple du golfe Arabique, contenant en même temps des détails curieux sur les Sabécns et autres peuple- de l'Arabie heureuse ; les fragments conservés par Diodore et Photius ont été imprimés jmr H. Etienne, L'i.S7, in-8", et recueillis plus complètement |«ar Hudson, dans les Geographi minaret. vol. 1". M. Gossclin l'a commenté, avec le savoir qu'on lui connaît, dans ses Reclierchet tur ta géographie. Dans cet ouvrage, il est, pour la première fois, question de la maladie singulière appelée dragonnrauj, espèce de vers qui s'engendrent sous la peau, quelquefois longs de plus d'un pied; maladie que l'auteur dit être endémique chez les |ieuples de la mer Rouge. 2° De Atia, ouvrage en 10 livres, cité par Diodore, Phlegon, Lucien, Athénée, Photius' et qui (tarait aussi avoir été connu de Pline, quiche Agatharchides au sujet des Macrobiens de l'Inde (1.7, p. 2; : cet ouvrage semble avoir été du genre historique. 5° Europiara, grand ouvrage dont Athénée cite les liv. 28, 34 et 38. 11 |«rall encore, d'après Pline (/or. ctï.), qu'Agatharehides avait écrit sur les fameux psylles de la Libye. Le nom de l'auteur de tant d'écrits doit donc exciter les plus vifs regrets chez les amateurs de l'histoire ancienne. On ignore s'il est le même qu'Agatharehides de Samos , auquel sont attribués les Phrygiaca, ou Trait/ de» ehotet mèmorablet de la Phrygie, cité dans le Traité det fleuret, ouvrage faussement attribué à Plutarquc, et dont l'autorité n'est pas d'un grand jwids, ainsi que les Pertira, cités dans le même ouvrage, dans Diodore, Josèphc et Photius. On peut croire que YAgathyrtidn de Samos , auquel Stobéc ( Serm. 7 ) attribue une histoire de la Perse, est le même «pie ce dernier Agatharchides; la ressemblance des noms a pu causer une erreur de copiste. H — B — jt.

AGATHARQL E, peintre, lils d'Eudemus, naquit à Samos; mais ce fut à Athènes qu'il exerça son art. Il travaillait avec une grande facilité, et se faisait remarquer surtout par le talent avec lequel il peignait les animaux. Agalharquc se piquait aussi de terminer avec une extrême promptitude les peintures qu'il entreprenait. Zeuxis l'ayant entendu se vanter de cette célérité, presque toujours nuisible à la jH'rfection. lui répondit froidement : « Moi, je me fais honneur de « ma lenteur. » Agalharquc ne peignait pas avec moins de succès les ornements et les décorations ; et le plut

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présomptueux des Athéniens, Alcibiade, voulut avoir une maison décorée par cet artiste. Démosthène, dans son discours contre Midias, donne à entendre qu'AgaUiarque profita de son séjour dans celle maison pour séduire la maîtresse d'Alcibiade, et que celui-ci, revenant chez lui dans un moment où on ne l'attendait pas, ne put douter de l'outrage qu'il avait reçu; mais il ne se vengea de son rival qu'en le retenant prisonnier, pour le forcer à (inir pronq>tement les ornements de sa maison, et, lorsqu'ils furent terminés, il le renvoya comblé de riches présents. Plutarque raconte cette dernière |«rlic de l'aventure dans la vie d'Alcibiade et dans celle île Pélopidas; mais il n'attribue l'emprisonnement d'Agatharque qu'à l'inq>auenee qu'Alcibiade éprouvait de voir finir sa maison. On peut conclure des ra|>ports d'Agatharque avec Zcuxis et Alcibiade, qu'il vivait vers la 9.V olympiade, MO ans avant J.-C.; mais ce calcul ne s'accorde plus avec ce que Vitruve rapporte du même artiste. Suivant ce dernier auteur, Agalharquc fut le premier qui peignit des décorations pour le théâtre, idée qui lui fut donnée, par le poêle Eschyle, dont les conseils firent faire de tels progrés à l'artiste, qu'il composa un traité sur ectto partie de l'art. Eschyle est mort (80 ans avant J.-C.; il avait quitté la Grèce six ans aiqtaravani; Agatharquc devait en avoir au moins vingt à cette époque, et ce n'eût été qu'à près de cent ans qu'il aurait pu se trouver le rival d'Alcibiade et le contemporain de Zcuxis : cette contradiction autorise à penser qu'il y a eu deux Agalharquc , dont l'un florissait (80 ans ou environ avanl J.-C., et l'autre 80 ans plus tard. L — S — e.

AGATHE (Sainte), vierge et martyre, née à Païenne ou à Catanc, car ces deux villes se disputent l'honneur de lui avoir donné le jour. Noble, belle, et d'une famille illustre, Agathe s'était consacrée à Dieu dés ses plus tendres années. Quintianus, homme consulaire, et gouverneur de Sicile, instruit tle la beauté et des richesses de celle jeune vierge, se flatta de pouvoir satisfaire sa passion et son avarice, au moyen des édits que l'enq>ereur Dêcc avait rendus contre les cluétiens. Il ordonna qu'on se saisit d'Agathe, et qu'on la conduisit devant son tribunal à Catane. La jeune vierge, se voyant livrée à ses persécuteurs, fil cette prière : « Jésus-Christ, souci verain Seigneur de toutes choses, vous voyez mon « cœur, vous savez quel est mon désir, soyez le seul « (tossesseur de tout ce que je suis. » Quintianus, irrité de cette fermeté, fit conduire Agathe en prison, après lui avoir fait meurtrir le visage. Le lendemain, ce juge inique, trouvant en elle la même résistance, lui lit souffrir la plus horrible question; et, furieux de se voir vaincu par sa patience héroïque, il ordonna qu'on lui arrachât le sein et qu'où la fit rouler loute nue sur des charUms ardents. Agathe, traînée en prison après ce supplice, expira en finissant une prière à Dieu, l'an 251 de J.-C. On a deux panégyriques de Sic. Agathe, écrits, l'un dans le 7* siècle, |«ar St. Adeliue d'Angleterre ; l'autre, dans le 9e siècle, par St. Méthodius, patriarche de Constantinople, et en outre deux hymnes coiupo-

, sés en son honneur par le pape Damase et par St. Isidore de Séville. 11 existe au Musée du Louvre un beau tableau de Sébastien del Piotnbo, qui représente le martyre de Ste. Agathe. B — p.

AGATHEMÉRE, géographe grec. On ignore l'époque à laquelle il a vécu ; mais il est certain qu'il est postérieur à Ptoléméc, et probablement du 3* siècle de notre ère. Nous avons de lui un abrégé de géographie, intitulé : Hypotypotet geographicœ, dont la première édition esl celle deTennulius, eu grec et latin, Amsterdam, 1671, in-* , On le trouve aussi dans un recueil d'anciens géographes, que Jac. Granovius a fait imprimer à Leyde, in-4°, en 1097 et 1700; et enfin, dans les Geographi minores, vol. 2. Ce petit ouvrage, qui contient plusieurs particularités échapl>ées à Strabon et à d'autres géograpltes célèbres, semble nous être parvenu dans un état très-im|wrfail. C'est une série de leçons, dictées à un certain Philon ; nuis les choses déjà exposées dans le 1" livre reviennent avec tant de contradictions et d'obscurités dans le 2*, que nous ne saurions regarder cette dernière partie comme étant véritablement du même auteur : ce sont probablement deux extraits du même cours de géographie, donné par Agadiémère. Le I" livre pourrait même, à la rigueur, être considéré comme composé de deux fragments; car, dans les cinq premiers chapitres, on trouve un résumé des différentes mesures générales et particulières, données par des auteurs antérieurs à Plolémée ; dans le 0e, l'auteur s'adresse, par une sorte de préface, à Philon, dont le nom n'est pas prononcé dans les cinq chapitres précédents. Une question aussi minutieuse sur un simple abrégé pourrait paraitre déplacée, si l'on ne savait pas que le déplorable naufrage de l'antiquité a donné de l'imiHirtanec aux moindres fragments qui nous sont restés.- M— B — tt.

AGATIII AS, poète et historien, né à Myrine, ville éolienne de l'Asie , vint à Constanlinople, ou il s'attacha à la profession du barreau. Il a continué l'Histoire de Procope de Césarée, depuis l'an 532 jusqu'à l'an 559 de notre ère. Celle histoire, en cinq livres, a été publiée, pour la première fois, par Bon. Vulcanius, Leyde, 1594, in— (■>; il fit imprimer, la même année, sa traduction latine et ses notes, également in-4»; on a réimprimé le lout au Louvre, en 1000, in-fol., pour faire suite à la Byzantine . Cet ouvrage a été traduit en français par le président Cousin, dam le tome second de son Histoire de Constanlinople. Agathias avait fait un recueil des épigranunatistes grecs qui avaient écrit depuis Auguste, pour faire suite aux Anthologies précédentes : ce recueil no nous est pas parvenu, mais il se trouve en grande partie dans les Anthologies de Planudc et de Constantin Cephalas. 11 nous reste d'Agathias un assez grand nombre d'épigrammes, recueillies par Itrunck dans le 5" volume de ses Analecta : ses vers valent mieux que sa prose; sa diction est prolixe, peu naturelle, et remplie de termes spécialement consacrés à la poésie. II est encore plus difficile de lui jwrdonncr son peu de jugement et sa légèreté d'esprit. L'envio d'étaler toute son érudition l'entraîne toujours hors

de son sujet. Il n'avait aucune idée de la manière d'écrire l'histoire; on trouve toutefois, dans son ouvrage, des choses curieuses et exactes. C— n.

AGATHOCLÉE. Voyez Ptolémée IV, surnommé PlIlLOPATOIl.

AGATHOCLES, tyran de Syracuse, fils d'un potier de terre, nommé Ccrcinus, qui, banni dePeggio, sa ville natale, s'était établi il Thermes, en Sicile, naquit vers l'an 3Î>9 avant J.-C. Les Syracusains goûtaient le fruit des victoires et de l'administration paternelle de Timoléon, qui, pour repeupler Syracuse, avait invité les Grecs à s'y établir. Cercinus s'y rendit avec son fils Agathocles, alors âgé de dix-huit ans. Agathocles exerça d'abord la même profession que son pére, fit des TSJes et des statues d'argile, et servit ensuite comme simple soldat. Sa beauté, sa taille et sa force extraordinaire le firent remarquer de Pemase, général des Agrigentins, homme riche et sans mmirs, dont il devint le favori, et qui le fit nommer chiliarque c'est-à-dire, chef de mille hommes. Après la mort de Demase, il épousa sa veuve, héritière de ses richesses, et fut dès lors puissant dans Syracuse. Cette ville, depuis la mort de Timoléon, était de nouveau en proie aux factions et aux déchirements. Sosistrate, s'étant emparé de l'autorité, chassa Agathocles, qui penchait pour la démocratie, et le força de se réfugier aCrolonc. Accueilli d'abord |»ar les habitants de cette ville, mais ingrat envers eux , il voulut s'emparer de l'autorité, et fut obligé de s'enfuir pour se dérober ft la fureur du peuple. Il éprouva le même sort à Tarente. N'ayant plus d'asile, son caractère audacieux lui suggéra l'idée d'assembler une bande de brigands, et de vivre de rapine i\ leur tète. C'est ainsi qu'il se rendit d'abord redoutable en Sicile. Cependant son ennemi Sosistrate ayant été chassé a son tour de Syracuse, avec plus de six cents des principaux citoyens que le jteuple accusait de vouloir abolir la démocratie, Agathocles fut rappelé, et on lui donna le commandement de l'armée destinée à combattre le parti de Sosistrate; il exerça l'autorité militaire avec plus de valeur que de désintéressement ; car, ayant défait les troupes réunies de Sosistrate et «les Carthaginois, dans un combat où il reçut sept blessures, il s'empara aussitôt du [touvoir souverain, et aspira ouvertement à la tyrannie. Les Syracusains alarmés, et n'osant plus se confier à aucun de leurs concitoyens, eurent recours aux Corinthiens, qui leur envoyèrent Acestoridc pour les commander. Ce général ne vit d'autre moyen de délivrer Syracuse que de faire mourir Agathocles. Instruit du danger, ce tyran n'évita la mort qu'en faisant prendre ses armes et ses habits à un jeune homme qui lui ressemblait, et que des gardes apostés assassinèrent, croyant le tuer luimême. Il s'échappa, leva des troupes a la hâte, et parut (outàcoup devant Syracuse, où personne ne doutait de sa mort. Les habitants effrayés lui envoient des ambassadeurs, et lui offrent de le rappeler, s'il veut s'engager par serment a licencier ses troupes, et a ne rien entreprendre contre la liberté publique. Ce fut dans le temple de Cérès qu'A cathodes donna solennellement cette vainc garantie aux Syracusains. Oubliant bientôt ses serments, il gagne ses soldats I

par ses largesses, recherche la faveur de la populace, se déclare son protecteur, et se fait nommer général en chef malgré le sénat. Résolu alors de se défaire de tous ceux qui pouvaient encore traverser ses desseins, il assemble ses soldats hors de Syracuse, et leur dit qu'avant de tourner leurs armes contre les ennemis extérieurs, il faut purger Syracuse de six cents tyrans ou ennemis du |>euplc, bien plus dangereux que Us Carthaginois mêmes; provoquant ainsi le massacre de tout le corps de la noblesse, dont il promet les dépouilles à ses soldats. A |H>ine a-t-il achevé sa harangue homicide, que la trompette donne le signal du massacre. En peu d'heures 4,000 personnes tombent sous le fer des mercenaires d' Agathocles, qui leur permet de tuer et de piller pendant deux jours et deux nuits ; les rues de Syracuse étaient couvertes de corps morts; le troisième jour, Agathocles assemble tous ceux qui avaient survécu à cette boucherie, et leur déclare que la grandeur du mal l'avait obligé d'y appliquer un remède violent, mais que son dessein est de rétablir la démocratie, et de se retirer ensuite pour mener une vie libre et tranquille. A ces mots, il jette son é|>ée, se confond dans la foule, et laisse dans la consternation les assassins auxquels il avait abandonné lesdé|touillcsde ses victimes. Ceuxci, voulant s'assurer l'impunité, et jugeantqu'Agalhocles désirait se faire offrir la couronne, lui déférèrent le pouvoir souverain, avec une autorité absolue et sans lKirnes. Agathocles signala sa puissance en ordonnant l'abolition de toutes les dettes, et le partage égal des terres entre les riches et les pauvres. Sur alors de l'affection du peuple et de l'impuissance de SCI Bdversaircs, il change de conduite, devient accessible, équitable, donne plusieurs lois sages, met de l'ordre dans les finances, lait forger des armes, construire des vaisseaux , et n'oublie rien pour se concilier la bienveillance de ses sujets, afin qu'ils le secondent dans ses vues ambitieuses. En effet, en moins de deux ans, il soumit tonte la Sicile, a l'exception île quelques places qui restaient encore aux Carlliaginois. Alarmée du succès d'Agalhoeles, la république de Carthage emoya contre lui une année sous les ordres d'Amilcar. Les mécontents se joignirent à Amilcar aux environs d'Ilimcra. Agathocles attaqua ce général, força ses retranchements, et aurait remporté une victoire complète, si les Syracusains ne s'étaient amusés à piller le camp des vaincus. Un renfort venu à pro[>os, trouvant les vainqueurs en désordre, ramena les fuyards à la charge, et tailla en pièces les Syracusains, l'an 311 avant J.-C. Agathocles fut contraint de se réfugier d'abord a Céla, puis dans sa capitale, dont les Carthaginois formèrent le siège. Ce fut dans cette extrémité qu'il conçut l'audacieux projet de porter la guerre en Afrique, se flattant d'obliger les Carthaginois d'abandonner au moins la Sicile. Aucun obstacle ne put arrêter Agathocles. Il arma les esclaves, forma une armée de 14,000 hommes d'élite, iH.urvut a la sûreté de Syracuse, dont il donna le commandement a son fr ère Antandres, et, lui laissant la moitié des familles puissantes, il emmena avec lui l'autre moitié, pour qu'ainsi divisés, les principaux Syracusains servissent

réciproquement d'otages; puis, mettant à la voile avec soixante galères, il troinjw la vigilance des assiégeants qui le poursuivent, remi>orte une victoire navale, débarque en Afrique, et brûle ses vaisseaux, pour ne laisser à ses soldats d'autres ressources que la victoire. La nouvelle de ce débarquement jeta la consternation dans Carlhagc : cette république n'avait point d'année à opposer aux Syracusains ; mais les Carlliaginois ayant tous pris les amies, 40,000 hommes marchèrent contre Agathocles et furent défaits par la trahison de Bomilcar, qui laissa tailler en pièces les trou|>es d'IIantion. Celui-ci périt dans le combat. Rien alors ne s'opposa plus aux progrés d'Agathoeles; il réduisit sous son obéissance toutes les villes sujettes wx Carthaginois, *i se prépara même à mettre le siège devant Carthagc. Tous les peuples de la Libye, qui supportaient impatiemment le joug, se déclarèrent pour Agathocles, et Ophcllas, roi des Cyrénéens, le joignit avec 20,000 hommes, sous la condition qu'il aurait toute l'Afrique, et Agathocles toute la Sicile ; mais, par la plus noire |>erfidie, le tyran de Syracuse, après avoir attiré Ophcllas sous le voile de l'amitié, le lit tuer, et à force de promesses, engagea ses soldats, qui n'avaient plus de chef, à servir dans son armée. Prenant aussitôt le litre de oi d'Afrique, il investit Carthagc, dans l'cs|>oir de s'en emparer p.u famine. Cependant sou audacieuse entreprise avait déjà sauvé Syracuse. Amilcar, qui avait reçu l'ordre de ramener son armée en Afrique, voulut, avant son départ, emporter la ville d'assaut. Comme il fut repoussé et fait prisonnier, les Syracusains lui coupèrent la tète et l'envoyèrent a Agathocles. Informé néanmoins qu'après la défaite des Carthaginois, plusieurs villes s'étaient liguées pour se soustraire à sa domination, le tyran de Syracuse jugea sa présence nécessaire en Sicile, et repissa la mer, laissant le commandement de l'armée d'Afrique à son fils Archa^alhe. Le bruit de ses victoires l'ayant précédé en Sicile, son arrivée subite répandit une telle frayeur, que tout rentra presque aussitôt sous son obéissance. Sans |ierdre de temps, il retourne en Afrique ; mais tout y avait déjà changé de face ; son (ils Archafçalhe venait de perdre une bataille, et son armée, qui manquait de vivres, était sur le point de se révolter. Agathocles, au désespoir, attaque le camp ennemi ; mais il est re|K>ussé, et les Africains l'abandonnent après cet échec. Ne se trouvant plus en état de résister aux Carthaginois, et manquant de vaisseaux, il ne songe qu'à se sauver seul, avec quelques amis, et Iléraclide le plus jeune de ses (ils qu'il aimait tendrement; mais son dessein est découvert, les soldats courent aux armes, se révoltent, se saisissent d* Agathocles et l'emprisonnent. L'armée une fois sans chef, tout n'est que confusion et désordre. Une terreur panique est semée de nuit dans le camp, Agathocles en profite pour s'évader et mettre à la voile, laissant ses deux fils exposés à La fureur des soldats, qui les massacrent, élisent d'autres chefs, et font la paix avec les Carthaginois. Diodore de Sicile observe qu'Agathocles perdit son armée et ses enfants le inème mois et le même jour qu'il avait fait périr Ophellas. Malgré cette fuite honteuse, Agatho-

cles, à peine débarqué en Sicile, marcha contre les Egestins qui s'étaient révoltés, prit leur ville d'assaut, et lit égorger les habitants sans distinction d'âge ni de sexe ; puis, tournant sa fureur contre tous ceux qui, parles liens du sang et de l'amitié, tenaient aux soldais d'Afrique qui venaient de massacrer deux de ses lils, il remplit Syracuse de carnage; les enfants même ne furent point épargnés. Tant de cruautés ne firent qu'augmenter le nombre de ses eunemis, et la plupart se joignirent à Dinocratc qu'il avait banni de Syracuse. Effrayé de ce danger, Agathocles rechercha l'amitié des Carlliaginois, et acheta la paix par la cession de toutes les places qu'ils avaient possédées autrefois en Sicile; il envoya même des ambassadeurs à Dinocrate, pour lui offrir la souveraineté, moyennant deux forteresses qui pussent lui servir de retraite ; mais Dinocrate, dont l'armée était de 20,000 fantassins et de 3,000 chevaux, rejeta sa proposition. Agathocles l'attaque aussitôt dans son camp, et remporte une victoire complète, quoiqu'il n'eût que 5,000 fantassins et 800 cavaliers; les restes de l'armée vaincue niellent bas les armes, AgaUiocles leur ayant promis la vie; mais, à peine sont-ils désarmés, qu'il les fait tous massacrer, à l'exception du seul Dinocrate, auquel il trouve une telle conformité avec lui. que, sans hésiter, il lui accorde son amitié et toute sa confiance. Agathocles passa ensuite en Italie, où il subjugua les Bruttiens, plutôt par la terreur de son nom que par la force des armes ; puis il dévasta les lies Liparienncs ; et, pour compléter une contribution de 100 talents imposée aux insulaires, il pilla leur trésor sacré, et dépouilla leurs temples, revint à Syracuse, et essuya en mer une si violente teuqiéte, que tous ses vaisseaux périrent, à l'exception de celui qu'il montait. L'ne mort plus terrible lui était réservée dans sa propre famille. Son petit-fils Archagathe, qu'il voulait écarter du trône pour en assurer la possession à Agathocles son fils, se révolta, fit périr son concurrent, et excita Ménou h cnq>oisonner le tyran dont il était le favori, mais qui lui avait fait le plus sanglant outrage. Ménon trempa le cure-dent d' Agathocles dans un poison si subtil que, dès que ce prince s'en fut servi, ses dents et ses gencives se consumèrent; Unit son corjis se couvrit de plaies, et ses souffrances devinrent si cruelles, que, pour s'en délivrer, il se fit porter vivant sur un bûcher auquel on mit le feu. Ainsi périt Agathocles, l'an 287 avant J.-C., à l'Age de 72 ans, après en avoir régné 28. Malgré le témoignage de l'histoire, le genre de sa mort a paru si extraordinaire, que quelques écrivains l'ont révoqué en doute. Agathocles, disent-ils, était alors septuagénaire ; ainsi le chagrin que lui causa la révolte d'Archagathe, et la mort de son fils, durent suffire |K>ur abréger ses jours. Quoi qu'il en soit, la vie de ce tyran offre des traits rpparenls de modestie et de grandeur d'dme qui sembleraient |>eu compatibles avec ses vices et sa cruauté, si l'on ne savait que le cu?ur humain sait allier les contraires et réunir les extrêmes. 11 se faisait gloire, par exemple, de son origine obscure; et, parvenu au pouvoir suprême, il affecta de faire mêler des vases de terre aux vases d'or qu'on servait sur sa table, disant qu'il n'était pas

moins potier, quoiqu'il portât le diadème, ce qu'Ausone a très-bien exprimé dans une pièce de vers dont voici la fin :

Rcï ego qui sum Sïcanix, figulo sum genitore satus.

Fortunam reverenter babe quicunique repente Dires ab exili progrediere loco.

Agathocles afTcctait aussi de se montrer aux assemblées publiques, seul et sans gardes. Là, naturellement railleur et comédien , il contrefaisait avec tant de vérité les orateurs qui étaient auprès de lui , que le peuple en riait aux éclats, et oubliait sa tyrannie en faveur de sa popularité. L'opinion de Polybe est qu'Agathocles ne dut son élévation et ses succès qu'à ses grands talents et à sa valeur ; Timéc prétend au contraire qu'ils furent uniquement l'ouvrage de la fortune ; mais cet historien a été réfuté en cela par Polybe, qui lui reproche sa partialité. Diodore de Sicile, qui nous a fait connaître Agathocles, loue l'exactitude de Timée dans les choses où il ne pouvait satisfaire sa malignité contre ce tyran, qui l'avait chassé de Sicile. Scipion l'Africain ]>ensait comme Polybe a l'égard d'Agathocles. Consulté un jour sur les hommes célèbres qui avaient , à son avis, témoigné le plus de prudence dans l'arrangement de leurs desseins, et de hardiesse dans l'exécution, il désigna Denys l'Ancien et Agathocles. C'est évidemment de ce dernier «pie Scipion apprit que, |»our vaincre Carthage, il fallait l'attaquer en Afrique. En répondant à Fabius, qui n'approuvait pas une entreprise si hardie, ce grand homme n'oublia |>oint de citer l'exemple d'Agathocles ; mais la prudence, l'habileté et la valeur d'Agathocles n'en ont pas moins été effacées par ses perfidies et sa cruauté. La Vie d' Agathocles , ■ publiée à Londres en 1601, et traduite eu français | par Eidous, Paris, \1VA, in-8", est une sorte de sa- | tire de la tyrannie de Croimvel. Agathocles a fourni j & Voltaire le sujet de sa dernière tragédie. M. Philippon a publié un petit ouvrage intitulé : Agathocles et Monk, ou l'Art d'abattre et de relever les trônes, Orléans, 1707, in-1 8. B — P.

AGATHON (d'Athènes), l'un des premiers poètes dramatiques du siècle de Périclès, partagea la faveur des Athéniens avec Euripide, dont il fut l'émule et l'ami. Jeune encore, il remporta le prix du concours tragique, et ce fut pour célébrer les succès de sa muse qu'il donna dans sa maison ce fameux banquet où se trouvèrent réunis Socrate, Alcibiade, Aristophane, Phèdre, et qui a fourni à Platon le sujet et le titre d'un de ses dialogues. La beauté d'Agathon était proverbiale chez les Grecs ; Socrate lui-même ne l'appelait que le bel Agathon. Aristophane confirme cet éloge, mais il lance en même temps les traits les plus sanglants contre ses mœurs efféminées et ses débauches. Dans les Thesmophories, les femmes, irritées des déclamations d'Euripide contre leur sexe, vont se réunir dans le temple de Cérès et Proserpine pour délibérer sur les moyens de perdre leur ennemi. Euripide, effrayé, prie Agathon de se déguiser en femme, de se glisser dans le thesmophorion, où son sexe ne court aucun risque d'être reconnu, et de prendre sa défense. Au mot.

ment où Agathon parait sur la scène, Mnésilochus l'apostrophe ainsi : « D'où vient cet efféminé? quelle « est sa patrie? son vêtement? Que signifie cette vie « désordonnée? cet instrument de musique avec .cette « robe couleur de safran? cette lyre avec ce réseau ? «cette fiole de gymnase avec cette ceinture? Quel « étrange contraste! comment allier une épée avec un «miroir? Toi-même, jeune enfant, qui es-tu? un «homme? Mais où en est la preuve? le manteau? « l'épaisse chaussure? Serais-tu femme? alors où est « ta gorge? Eh bien, tu te tais? Au reste, si tu refuses « de le dire toi-même, ta voix te fait assez connaître. « — Mon costume, répond le poète, est conforme aux « pensées qui m'occupent : un poêle doit prendre le « ton des sujets qu'il traite. Ses pièces roulent-elles « sur des femmes, sa personne doit reproduire leurs a habitudes et leurs mœurs. » Ses pièces ne nous sont pas parvenues; il ne nous en reste que des titres et de courts fragments, conservés par Aristote et Athénée : nous ne savons si l'on doit beaucoup regretter cette perte. l& poésie d'Agathon portait l'empreinte fidèle de son caractère; tous les témoignages sont unanimes à cet égard. Avec lui le drame descend de cette hauteur idéale où l'avaient porté le génie de Sophocle et d'Eschyle; la muse tragique, uniquement préoccupée du désir d'émouvoir et de flatter les sens , achève d'oublier ces accents mâles et graves , ce ton élevé et ferme, ces élans sublimes que lui inspiraient, dans sa jeunesse et dans sa virilité, la religion, le patriotisme et l'amour de la vertu. Au reste, celte dégradation de l'art était la conséquence inévitable de la dégradation des mœurs et descaractères : la génération sensuelle, corrompue, sceptique, polie, frivole et vaniteuse, qui avait remplacé la génération héroïque représentée par Miltiade, Aristide et Thémistocle, avait, dans Euripide, dans Agathon, deux interprètes fidèles et agréables de ses mœurs, de ses sentiments et de ses idées. Les pièces d'Agadion devaient justifier l'accusation que Platon |tortc contre les poêles tragiques, quand il dit « qu'ils livrent l'homme à l'empire des [kis- « sions ; » l'amour sensuel et voluptueux en était le sujet ordinaire et principal : « Quelle douce et vo- « luptueuse mélodie, s'écrie Aristophane, plus ten- « dre et plus lascive que tous les baisera! Tous mes « sens ont tressailli de plaisir. » Telles étaient les impressions que laissaient dans l'àmc les vers de l'ami d'Euripide. Formé à l'école des sophistes, il • prodiguait les maximes et les subtilités. Le discours que Platon lui met à la bouche, dans le Banquet, est rempli d'ornements apprêtés, d'antithèses et de jeux de mots. A l'exemple d'Euripide, il cherchait à engager l'art dans des voies nouvelles; ce fut lui qui, le premier, choisit ses sujets en dehors des traditions mythologiques, et donna à ses personnages des noms imaginés. « Il existe, dit Aristote ( Pratique, liv. 7), des pièces où pas un mot n'est « connu . comme dans la tragédie d'Agathon qu'il « a appelée la Fleur, et elles ne laissent pas de faire «plaisir. ■ Plus loin, l'auteur de la Poétique lui reproche d'avoir manqué à la simplicité de l'action dramatique, en faisant de la tragédie un tissu

épique, c'est-à-dire un tissu de plusieurs fables. Ce Alt sans doute pour se justifier d'avoir multiplié dans ses cadres les événements étranges et extraordinaires, qu'il inventa celte maxime : « Il se passe «chez les hommes bien des choses invraisemblao blcs. » A ses yeux, la perfection de l'art consistait dans la vivacité et la vérité de l'imitation. C'est ainsi qu'à toutes les époques de décadence on a vu se former des écoles réalistes qui pensent répondre à tout avec ce seul argument : cela est dans la nature. Aristophane, avec son ingénieuse et spirituelle bouffonnerie, se moque, en plusieurs endroits, des ressorts compliqués et des moyens tout matériels auxquels ce poète avait recours pour exciter l'intérêt ou la curiosité, et amener le pathétique ; dans les Fêtes de Cérès, il annonce ainsi sa présence sur la scène : « Agatlwn s'avance dans sa machine. » Une altération plus grave que lui attribue Aristote, et qui a, plus que toutes les autres, contribué à précipiter l'art tragique sur la pente où l'avait placé Euripide, c'est d'avoir rendu le chœur entièrement étranger à l'action, en donnant le premier l'exemple de ne plus com|K)scr de chants exprès pour ses pièces, mais d'emprunter à d'autres ouvrages des morceaux de poésie sans rapport avec le sujet du drame, et de les insérer dans les entractes, * comme si nous pre- « nions aujourd'hui des chansons de l'Opéra pour faire «les intermèdes du Cid (I). ■» Grotius a IMMmMd, dans son Recueil de fragments des tragiques et comiques grecs dont les ouvrages sont perdus, quelques vers d'Agathon, qu'il a recueillis dans Aristote et dans Athénée. C. W— ».

AGATHON (Saint), pape, né à Palcrmc, entra d'abord dans l'ordre de St-Bcnoit, devint trésorier de l'église, et se distingua par son humilité et son inclination à faire le bien. Élu pape, et consacré le 26 juin 678, il abolit le tribut que les empereurs exigeaient des papes à leur élection, et combla de bienfaits le clergé et les églises de Borne. Son pontificat est surtout remarquable par la condamnation des monothélites, qui furent jugés dans le 6e concile général tenu à Constantinople , et auquel assista l'empereur Constantin -Pogonat. Les légats du pape revinrent à Rome chargés des bienfaits de l'empereur, et de témoignages d'estime pour Agathon, qui mourut en 682, le 10 janvier, jour auquel l'Église lionorc sa mémoire. D — s.

AG.VY (Frvnçois-Marie-Bruno, comte n'), intendant de Picardie, était né en 1722, à Besançon, d'une ancienne famille, originaire de Poligny. Nommé à vingt-cinq ans avocat général au parlement de Franche-Comté., il montra un grand talent dans l'exercice de cette place. Il venait de traiter de la charge de procureur général à la même cour, lorsqu'on 17o9 il fut appelé |iar le cliancelier à Paris, et créé successivement maître des requêtes, conseiller d'État, présidait au grand conseil et intendant de Bretagne. Eu 1771, il jwsss a l'intendance de Picardie, où il trouva l'occasion de dévclopjwr les qua-

({) D#cl*r, Remarque* sur U PoHii»* tAruMs.

lités et les vues d'un grand administrateur. Les travaux du canal de la Somme avaient été suspendu)) par l'effet des intrigues de quelques uégociantsd'Abbeville, qui, craignant que ce nouveau canal ne nuisit à leur commerce, cherchaient à prouver que les avantages cm'on eu retirerait ne pourraieui compenser les dé|)cns4's de l'exécution. Il s'occupa sur-le-champ de lever les obstacles qui s'opposaient à l'achèvement de cette entreprise , et parvint à les aplanir. Dans le même temps qu'il procurait au commerce de la province un nouveau débouché, il favorisait les progrès de son industrie par la protection et les encouragements qu'il accordait aux hommes laborieux. Plusieurs manufactures agrandies ou créées par ses soins , en ré|jandanl l'aisance cl le travail , ne laissèrent plus de prétexte à la mendicité. Amiens lui dut des fontaines plus abondantes et décorées avec une élégante simplicité, des halles plus vastes et plus commodes, une salle de spectacle, cl des hôtels publics plus dignes de l'importance de cette cité. Les devoirs de sa place n'avaient point ralenti son goût DOW l'étude. L'intendant d'Amiens, dans ses loisirs, accueillait Belillc et Sélis, tous deux alors professeurs au collège de cette ville. L'aimable auteur de Ver-Vert se plaisait à lui confier les derniers fruits de sa muse ; des talents moins brillants trouvaient dans sa bienveillance de sages conseils et un utile appui. Mais, on doit le dire, s'il avait toutes les qualités d'un grand administrateur, d'Agay n'était point à l'abri des reproches qu'on adressait avec raison à quelques-uns de ses confrères. Passant à Paris une partie de l'année, il se reposait des détails de l'administration sur des subordonnés qui n'avaient ni son affabilité , ni son désintéressement. Le subdeléguc d'Amicus avait la réputation d'un homme avide : on l'accusait d'exactions ; et la haine du peuple, toujours aveugle, s'étendit du subdélégué jusqu'à l'intendant. A l'é|ioque du soulèvement de 1789, d'Agay, menacé par la populace, fut obligé de fuir avec sa famille. 11 trouva dans Paris un asile où il se tint caché (tendant toute la révolution. Étranger à tous les partis, il y mourut le 5 décembre 180.*>, à 83 ans, tellement oublié, que sa mort ne fut annoncée par aucun journal. 11 avait eu le regret de survivre à son lils, nommé son successeur à l'intendance de Picardie , et gendre de l'infortuné Foulon , prévôt des marchands de Paris. Outre deux dissertations conservées dans les recueils de l'Académie île Besançon , l'une où l'auteur examine si le comté de Bourgogne a fait partie du royaume de la Bourgogne transjurane, et l'autre où sont développés les anciens droits des comtes de Bourgogne sur la ville de Besançon , on a de d'Agay : 1° Discours sur l'utilité des sciences et des arts, Amiens, 1771, in- 1°; 2° Discours sur les avantages de la navigation intérieure , ibid., 1782, in-4°. M. Quérard en cile, dans la France littéraire, une édition iu-8". On a le portrait de d'Agay, format in-4\ VV — s.

AGAY (n ). Voyez Dagi et.

AGAZZARI (Agostino), né à Sienne, d'une famille noble, vers 1578, fut quelque temps au service de l'empereur Matlùas et se rendit à Borne, où

il devint directeur de musique de la chapelle Apollinaire. Il se lia avec Yiadana et apprit de lui la théorie de l'harmonie. De retour dans sa f«trie vers 1650, il y l'ut nommé maître de chapelle de la cathédrale. Il mourut en 1040. On connaît de lui : 1° MadrigaH armonioti a einque e sei roct, Anvers, 1800, in-4e; 8° Madrigaiia a einque roct, cm un dinlngo « tei vaci ed un pastorale a otto voci, Anvers, 1602, in-4*. En 1807 Nicolas Stein, libraire à Francfort-sur-le-Meln, fiublia quarante-quatre molela latins de cet auteur à quatre, cinq, six, sept et huit Voix, ih-fbl. On connaît aussi de lui des messes à quatre, cinq et six voix, des psaumes a huit voix, Dialog.ctnccnius.à six voix. Tous ces ouvrages sont cités par Pra-torlus (Synt. Mus., t. 5, p. 158-130). Enfin une collection d'ouvrages d'Agazzari a paru fions le litre de Serlum Roseum, op. 14, Venise, 1619. Ce compositeur est compté parmi les écrivains sur la musique : 11 a publié , la Musiea ecclesiaslica dote si eonliene la ma difinizione delta musiea eome scienia, non piu veduta, e sua nobilta, Sienne, 1638, in-4°. Ouadrio dit que les ouvrages d'Agazzari sont au nombre de vingt-six, tous imprimés. Le catalogue de la bibliothèque musicale du roi de Portugal indique trois livres de motels de quatre à huit voix, Sacra Cemlionesduob.el trib. roc., lib. 3. Euebaristicum Mélos, plur. voc. , op . ÎO, et Madrigali armoniosi a sei roc., lib. 3, tous de la composition de ce mailre. F — t — s.

AGELADAS , ou AGP. LAS, sculpteur célèbre, hit maître de Polyclètc et de Myron ; il était d'Argoa , et ses ouvrages étaient répandus dans toute la Grèce. Il avait lait pour la ville d'Egium deux statues de bronze, dont Tune représentait un Jupiter enfant, et l'autre un Hercule sans barbe ; et , pour celle de Tarente , des chevaux d'airain et des femmes captives ; Ithôme et Delphes renfermaient aussi plusieurs ouvrages de cet artiste. Pline dit positivement qu'Agéladas florissait dans la 87e olympiade, 432 ans avant J.-C. ; l'exactitude de celte date est encore prouvée par plusieurs autres passages de l'Une et Pausanias, dans lesquels les principaux artistes de ce temjis se trouvent nommés, comme émules, contemporains ou disciples d'Agéladas. dépendant une phrase de Pausanias semble contredire cette version.» Agéladas, dit-il, « a fait le char de Cléosthènes d'Epidamne. »Or,cc Cléosthènes a gagné le prix dans la 66* olympiade. La différence est de qnarante-huit ans, mais le monument de Cléosthènes a pu être élevé longtemps après sa victoire , et les faits qui placent le sculpteur vers la 87' •iympiade sont multipliés et positifs. L — S — E.

AGELET (Joseph le Faite n'), de l'Académie des sciences de Paris, naquit à Thone— la-Long, près Montmédi, le 23 novembre 1731. Il étudia l'astronomie sous Lalande. En 1773, il partit comme astronome dans l'expédition aux terres australes, commandée par M. de Kerguelin. Lorsqu'il se présenta à l'Académie, en 1780, il offrit des journaux qui contenaient plus de seize cents observations sur les planètes, et un plus grand nomlrrc sur les étoiles. En 1783 , il «imposa des mémoires sur l'aphélie de Vénus, et sur la longueur de l'année. Eu 1783, il partit de nouveau , comme astronome , dans l'cxpé-

dhion de la Peyronse autour du monde, et périt dans ce malheureux voyage. B — t.

AGELLI ou AGELL1US ( AirroirsE ) , savant helléniste, religieux theatin , né à Sorrento , dans le royaume de Naplcs, se distingua dans le 16* siècle par son érudition et ses connaissances dans les langues savantes et les saintes lettres. Remarqué par le pape Grégoire XUI , il fut nommé membre de la commission chargé d'examiner la version des Septante et de surveiller l'édition que l'on en faisait à Rome. Il était en même temps ins|»ecteur de l'imprimerie du Vatican , et c'était lui qui en dirigeait les travaux et qui était chargé de revoir sur de bons manuscrits les éditions que l'on y entreprenait. Cette imprimerie lit une grande perte, lorsqu'en 1398 il fut nommé à l'évêché d'Accrno. Pierre Morin déplore, dans la 21" de ses lettres, que l'on n'ait pas trouvé le moyen de récompenser ce savant d'une manière plus convenable à son génie, en le retenant à Home. Agclli mourut dans son évêché, en 1608. Ses ouvrages, tous en latin, sont : 1° un Coromtntaire sur tes Lamentations de Jérémie, avec une chaîne des pères grecs, Rome, 1389, in-4°; 2* id. ittr Habaeuc, Anvers, Plantin, 1397, in-8° ; 3° id. sur les Psaume* et les Cantiques, Rome, 1606 ; Cologne, 1607; Paris, 1611 , in-fol. (coy. Rich. Simon, lettre 20, édit. 1750); 4° id. sur les Proverbes dt Salomon, imprimés avec les opuscules d'Aloysius' Novarini, Vérone, 1649 , in-fol. ; 5" une édition grecque , avec la version latine par Agclli, des cinq livres de St. Cyrille d'Alexandrie contre Ncstoritis, Rome, 1607, in-fol. D'autres ouvrages d'Agclli sont restés manuscrits. C. T — v.

AGELNOTH ( en latin Aciiei.noti s ) , prêtre anglais, fils du comte Agilmacr, vivait sous le règne de Canut. En 1020, il fut fait archevêque de Cantorbéry. Dans un voyage qu'il fit à Rome, il rajvporta , scion l'usage du temps , plusieurs reliques ; mais ce qui lui acquit plus d'estime, c'est le zèle avec lequel il employait son influence auprès de Canut pour réprimer les excès de ce prince. Lors des troubles qui suivirent la mort de Canut , Harold , en l'absence de Hardicanut, s'empara de tout le royaume. Agelnoth refusa de le couronner, alléguant que le dernier roi avait obtenu de lui la promesse de ne pas placer la couronne sur la tête d'un prince qui ne serait pas issu de la reine Emma. Ce fut à l'autel même qu'il fit ce refus , en l'accompagnant d'une* imprécation contre tout évêque qui oserait condescendre à la demande de Harold. Ni prières ni menaces ne purent le faire changer de résolution , et il est douteux que la cérémonie du couronnement ait jamais eu lieu pour Harold. Agelnoth a écrit un Panégyrique de la Vierge ; une Uttre au comte Léofric sur St. Augustin, et des lettres à différentes personnes. D— T.

AGERIL'S ou AGER (Nicolas) , professeur de médecine et de botanitpie à Strasbourg , était cot*temporain et ami des deux frères Rauhin ; il leur a communiqué plusieurs plantes nouvelles qu'il avait observées. Depuis , en mémoire de cet auteur , on n désigné par le nom û ageria une espèce du genre

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