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Pmderota, qu'il avait fait connaître le premier. Agerius avait aussi , sur la philosophie physique et sur l'histoire naturelle, des connaissances fort étendues ; il est auteur d'un ouvrage sur les zoophytes, intitulé : Ditputatio de zoophytis , Argcnlorati , 1625, in-4°, et d'un ouvrage, de Anima vegetativa, Argentorati, 1629, iu-4". Carrière lui attribue encore : Thèses tnéd. phyt. de homine sano et de. dysenieria, Argent., 1593, in-4\ de anfraclibut mesarcei, ibid., 1629, iu-i0. D— P— s.
AGESANDRE, sculpteur rhodien, fit, de concert avec Atliénodore son iils et avec Polydorc , le grou|>e admirable qui représente Laocoon et ses deux lils dévorés par deux serpents. On ne peut douter que ce ne soit le même ouvrage qui , du temps de Pline, décorait les bains de Titus, et c'est à cet auteur qu'on doit la connaissance des noms des artistes qui y ont travaillé. Ln destin favorable aux arts a conservé ce chcf-d'nruvrc , pour attester à la postérité la plus reculée jusqu'à quel point le génie des anciens avait porté l'imitation de la nature et le sentiment du beau idéal. Le Laocoon fut trouvé dans les bains de Titus, sous le pontificat de Jules II, au lieu même où Pline assure qu'on l'admirait de son temps , comme l'ouvrage de sculpture le plus parfait. Une seule circonstance a causé quelque incertitude. Suivant Pline, le groupe était d'un seul morceau ; celui que nous avons est de plusieurs; mais il est probable que le temps aura rendu plus sensible la fissure qui existe entre les blocs, et que l'œil exercé de Michel-Ange aperçut le premier. Jules II, ravi de la découverte du Laocoon , accorda de grands privilèges à Félix de Fredis qui l'avait trouvé. L'ignorance dans laquelle Pline parait être sur la réunion des blocs de marbre qui com|)Osent ce groupe , et l'enthousiasme avec lequel il en parle, enfin l'excellence de l'ouvrage, ont fait regarder le Laocoon et ses sculptcui-s comme appartenant à l'é|)oque la plus brillante de l'art dans la Grèce ; Borghini semble partager cette opinion , par l'ordre dans lequel il place Agésandreet ses deux collaborateurs; Winkelmann se range du même avis ; cependant il éprouve aujourd'hui des contradictions. ÏA'ssing , dans son ingénieuse Dissertation sur la poésie et la peinture, dont le Laocoon a fourni le sujet et le titre , cherche à démontrer que ce groupe a été (ait d'après le sublime morceau de Virgile, relatif au même événement. Le fini précieux et une certaine recherche de ciseau qu'on ne trouve point dans les ouvrages grecs lui servent aussi d'arguments jiour prouver que le Laocoon a été sculpté sous les Césars. Quoi qu'il en soit , cet ouvrage inimitable a immortalisé les noms d'Agésandre , d'Athénodore et de Polydorc. L — S— E.
AGESILAS II était le second fds d'Archidamus, roi de S|»arte. Agis , son frère aîné , étant mort , il entreprit de faire déclarer illégitime Léotychide, son neveu , et de monter sur le trône à sa place. Effectivement, Timœa, femme d' Agis, avait eu des liaisons avec Alcibiade , et il élait échap|>é & Agis de dire qu'il ne croyait |>as que Léotychide fût son fils, paroles qu'il avait démenties en mourant , mais sur lesquelles se fondait Agésilas. Les deux prétendants
s'autorisaient d'un oracle qui menaçait Sparte des plus grands malheurs lorsqu'on y verrait un régne boiteux ; mais Lysandrc , tout - puissant a Sparte , tourna contre Léotychide le sens de l'oracle. Il prétendit qu'il ne s'agissait pas du roi , mais du régne, qui serait boiteux , si l'un des deux rois n'était pas légitime. Agésilas aurait cependant eu beaucoup de peine a réussir , si ses prétentions n'avaient pas été appuyées par Lysandrc, qui espérait régner sous son nom ; il l'emporta , et monta sur le trône l'an 599 avant J .-C. La gloire de S|»rte était alors au plus haut période ; Athènes, sa rivale, après avoir vu sa puissance navale anéantie par la bataille d'TEgos-Potamos, avait été obligée de laisser abattre ses murs. Les Lacédémonicns dominaient donc sur presque toute la Grèce, et sur une partie de l'Asie Mineure , au sujet de laquelle ils étaieut sans cesse en guerre avec le roi de Perse, Artaxercès Memnon, qui cherchait à leur susciter des ennemis parmi les Grecs. Agésilas résolut , par le conseil de Lysandrc, de pousser la guerre contre eux plus vivement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors ; et s 'étant fait demander par les villes de l'Asie, à l'exemple d'Agamcmnon, il s'embarqua a Aulis, et passa en Asie avec 8,000 nommes, l'an 395 avant J.-C., soixante ans avant qu'Alexandre formât la même entreprise. Le crédit dont jouissait Lysandrc en Asie parut d'abord éclipser l'autorité d' Agésilas, qui affecta de l'humilier en lui donnant dans l'armée le soin des vivres. Lysandre sentit cc]>endant qu'il fallait céder ; et , par cette conduite adroite et modeste, il obtint bientôt d'Agésilas la dignité d'ambassadeur prés des alliés de Sparte, sur les côtes de l'IIelles|>ont. Ayant réuni ses trou|>es avec celles qui y étaient déjà , Agésilas se rendit en peu de temps maltN de la plus grande partie de l'Asie Mineure; il est difficile de prévoir où il se serait arrêté , si Artaxercès n'avait pas trouvé le moyen, en répandant de l'argent dans la Grèce, de former une ligue contre les Lacédémonieus : ce qui les obligea de rappeler Agésilas, environ deux ans après son départ. Il ne quitta pas sans regrets l'Asie, dont la conquête lui paraissait si facile ; il passa par la Macédoine , où l'on n'usa pas l'attaquer, et par la Thessalie, où il trouva une nombreuse cavalerie qui voulut s'opposer à son passage , et qu'il défit. Etant ensuite entré dans la Héotic, où il reçut quelques renforts, il défit, auprès de Coronee, l'armée combinée des lléotiens, des Argiens, des Athéniens, de leurs alliés , et donna, quoiqu'il eût été blessé grièvement dans le combat, un grand exemple de modération, en é|iargnant ceux qui s'étaient réfugiés dans le temple de Minerve ; il ramena ensuite son année dans le Péloponèsc, où venait d'éclater la guerre de Corinthc , remporta plusieurs avantages sur les alliés, et fil même célébrer les jeux isthmiques, malgré les Corinthiens. C'est dans ce temps-la qu'il fut obligé de laisser partir pour la Laconie le balaillon des Amycléeus, qui formait une portion considérable de son aimée, pour célébrer a Amyclée les Iiyacinlhics, fêles en l'honneur d'Apollon. Ce bataillon fut attaqué en route par Iphicrate , général athénien , qui le tailla en pièces. Agésilas marcha ensuite au secours de*
Étoliens, qui se trouvaient vivement pressés par les Acarnaniens, et força ces derniers à faire la paix. Les Lacédémoniens ayant fait, Tan 587 avant J.-C., avec le roi de Perse, par l'entremise d'Antalcidas, un traité de paix dans lequel furent compris tous les Grecs, ou vit renailre la tranquillité ; mais elle ne fut pas de longue durée. L'an 582 avant J.-C., Phœbida , Spartiate , conduisant des troiqies dans la Thrace , et passant |ior la Béotie , s'empara par trahison , et contre la foi des traités, de la Cadméc, citadelle de Thébes ; s'étant ainsi rendu maître de la ville, il y établit un gouvernement , et fit exiler tous ceux qui lui faisaient ombrage; les Larédémoniens eurent l'air de désapprouver sa conduite, et le rappelèrent pour le faire juger ; mais Agésilas, ayant pris son parti, assura son impunité, et les Lacédémoniens gardèrent la citadelle. Elle fut reprise trois ans après |iar Pélopùlas; ce qui amena une guerre ouverte entre les deux peuples. Peu de temps après, Sphodrias, Sjiartiate, qui était resté avec une armée dans la Béotie, fit une tentative \mir s'empirer par trahison du Pirée, quoiqu'on fût en paix avec les Athéniens; on le rappela pour le faire juger ; Agésifas le sauva encore , en disant ouvertement qu'il désapprouvait celle action, mais que Sphodrias était un excellent soldat dont la république avait besoin. Il fit ensuite quelques incursions dans la Béotie, et harcela les Thébuins par différents petits combats, dans lesquels il fut tantôt vainqueur, tantôt vaincu ; il fut même blessé dans une de ces escarmouches, et ce (ht à ce sujet qu'Antalcidas lui reprocha d'avoir formé les Thébains ù l'art militaire, en les forçant à se battre. Il ne se trouva pas à la bataille de Leuctres, qui se livra l'an 371 avant J.-C. La ville de S|Kirte , plongée dans la consternation à fa nouvelle de cette défaite , s'attendait à chaque instant à voir l'ennemi à ses |>orles; d'un autre côté, on était fort embarrassé sur 1a conduite à tenir envers ceux qui avaient pris la fuite ; les lois les déclaraient infâmes; mais ils étaient si nombreux, qu'il était dangereux de les pousser à bout , et impolitique de se priver de leur secours. On prit le parti de décerner à Agésifas le pouvoir législatif, et il ordonna que les lois fussent suspendues pour un jour seulement. Ou profita de cet intervalle pour rétablir dans tous leurs droits les citoyens qui les avaient perdus, et les lois reprirent leur cours le lendemain. Agésifas alla aussitôt faire des incursions dans l'Arcadie, où il prit une petite ville des Mantinéens, ce qui rendit un peu de courage aux Lacédémoniens ; mais cette joie fut bientôt interrompue par l'arrivée d'Epaminomhs, qui vint avec son année victorieuse ravager la Laconic et assiéger la ville de Sparte. Agésifas n'exposa point ses troupes à un combat dont la perte eût entraîné des maux irrémédiables ; il se contenta de défendre fa ville, et obligea Epaminondas à se retirer. Les Thébains ayant offert la paix , Agésilas la refusa , et peu s'en fallut que la prise de Sparte ne fût la suite de ce refus ; il parvint cependant à sauver eucorc une fois sa patrie des armes d'Épaminondas. Ce général ayant été tué quelques jours après à la bataille de Mantinée, qu'il gagna sur
Agésilas et les alliés de Sparte, les Thébains et les autres peuples de fa Grèce firent fa paix. Agésilas cm» pécha encore les Lacédémoniens d'y accéder ; il parait cependant qu'il y eutau moins une sus])cnsion d'armes; car, quelque temps après , Agésilas passa en Egypte pour prendre le commandement des trou|>es de Tachos, qui s'était révolté contre le roi de Perse ; il l'abandonna peu de temps après, pour se mettre au service de Ncctanébus, cousin de Tachos, et son compétiteur. Agésifas lui fit remporter deux victoires signalées, qui furent entièrement dues à son génie ; cl lorsqu'il l'eut affermi sur le trône , il retourna à Sparte avec des trésors considérables , qu'il avait reçus |KJur prix de ses services; mais ayant élé assailli par une tempête, et étant tombé malade, il fut obligé de relâcher a un petit |Kirt de l'Afrique , nommé le port de Ménélas, et il y mourut l'an 561 avant J.-C., à l'âge de 84 ans. Agésilas avait régné 44 ans, et, pendant plus de trente ans, il avait tenu le premier rang dans la Grèce. On cite de lui un assez grand nombre de mots heureux. On lui demandait quelle vertu méritait fa préférence, de la valeur ou de 1a justice ; il répondit que , si tout le monde était juste, la valeur serait inutile. Lorsqu'il fut obligé de revenir de l'Asie, il dit qu'il en était chassé par 50,000 archers du roi de Perse : c'était effectivement avec des pièces de monnaie qui portaient l'effigie d'un archer, que le roi de Perse avait corrompu quelques-uns des principaux de Thébes et d'Athènes, pour faire déclarer la guerre aux Lacédémoniens. Agésifas a eu le bonheur d'avoir pour historien Xénophou son ami, qui, en cette qualité, a quelquefois un |>eu déguisé la vérité On voit avec peine que sa partialité jmur le roi de Sparte l'ait empêché de rendre justice a Epaminondas, qui lui était supérieur à tous égards, puisqu'ayanl trouvé les Thébains habitués à être vaincus jwr les lacédémoniens, il fit tourner la fortune i>ar la seule supériorité de ses talents, et les rendit victorieux tant qu'ils combattirent sous ses ordres ; tandis qu'Agésilas, par la manière injuste dont il se conduisit envers les Thébains, fut la principale cause de fa ruine de sa patrie , qui ne se releva jamais de l'échec de Leuctres. Ce prince réunissait des qualités qui semblent s'exclure. Ambitieux et hardi , il était aussi doux et aimable ; sa fierté, sa valeur n'excluaient point en lui la liberté ; non-seulement il préférait l'intérêt de sa patrie au sien , mais il trouvait juste tout ce qui avait |«ur objet de fa servir, et compromettait alors volontiers son honneur et sa réputation. Monté sur le trône, il témoigna au sénat la plus affectueuse confiance ; ceux mêmes qui s'étaient opposés à son élection reçurent de lui des présents et des honneurs ; enfin il se conduisit avec tant de prudence et de bonté , que les éphores le condamnèrent à une amende, jiaree qu'il s'attirait trop l'affection du jieuple. Il ne permit jamais qu'on lui élevât des statues ou des trophées. « Mes actions, « disait-il , seront mes monuments, si elles le mé- « ritent. » Il aimait tendrement ses enfants, et quelqu'un l'ayant surpris jouant avec eux , monté à cheval sur un bâton , ne put retenir son étonnement.
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a Avant de me blâmer, dit Agésilas, attendez que « vous soyez père. » Outre Xénoplion , Plutarquc, Diodore de Sicile et Cornélius Népos ont encore écrit sa vie, et l'auteur du Voyage d'Anachartit en fait un bel éloge, d'après ces historiens. Agésilas a fourni à Corneille le sujet d'une de ses tragédies. G — R.
AGÉSILAS, éphorc. Voyez Agis IV.
AGESIPOLES 1", fils de Pausanias, roi de Sparte, de la branche aînée, était encore enfant lorsque Pausanias fut obligé de prendre la fuite, et de l'abandonner , ainsi que Cléombrotc son frère; il eut pour tuteur Aristodéme, également de la race des Héraclides. Lorsqu'il fut en âge de régner, il commanda les Laeédcmoiiiens dans différentes expéditions contre les Àrgiens et contre les Areadiens de Mantinéc. On l'envoya ensuite contre les Olynthiens, et il avait déjà obtenu de très-grands succès, lorsqu'il mourut à la fleur de son age, l'an 380 avant J.-C., regretté d' Agésilas II, son collègue , qu'il aimait , et avec lequel il n'avait jamais eu le moindre différend ; il ne laissa point d'enfants, et Cléombrotc, son frère, lui succéda. G— n.
AGÉSISTRATE, mère d'Agis IV. Voyez Agis.
AGEZIO (Tiiaddée), astronome et médecin de l'empereur Maximilien , né à Ageh , en Bohème , dans le 10* siècle, est le premier des modernes qui ait écrit sur cette science de la méloposcopic ou physioguonionie que Lavatcr a depuis fort étendue sans la rendre plus positive. ( l'oy. Lavatek.) On sait que celte science repose sur ce princi]>c fort contestable, que les traits du visage de l'homme font connaître ses passions et ses inclinations. On a d'Agezio : 1° un |>etit ouvrage en latin sur la bière, la manière de la préiiarer et ses propriétés ; 2- une description de la comète de 1378; 3" un traité ac la raétoposcopie ; 4U des Aphorismes métoixxscopiques ; 3 • quelques ouvrages |Mtléiniqucs. C. T — Y.
AGGEE , le dixième des petits prophètes, et le premier de ceux qui prophétisèrent après le retour de la captivité. Tout ce que l'on sait de lui se réduit à ce seul fait, qu'il nous apprend lui-même, c'est qu'en la seconde année du règne de Darius, roi de Perse, Dieu le chargea d'aller exhorter les Juifs, qui étaient revenus à Jérusalem sous la conduite de Zorobabel, & rétablir le temple du Seigneur. Ce Darius, qui, suivant l'opinion la plus généralement reçue, n'est autre que Darius Hyslaspe, nous autorise à dater la prophétie d'Aggéc de l'an 510 a>ant J.-C. Seize ans s'étaient écoulés depuis le retour de la captivité, sans que les Juifs eussent fait les moindres efforts |»our reprendre la construction du temple , que la jalousie de leurs voisins les avait contraints de suspendre, lorsqu'Aggée vint leur reprocher leur négligence pour un si saint ouvrage, tandis qu'ils se bâtissaient des maisons commodes et agréables. Ce reproche, accompagné de menaces et «le promesses, eut tout l'effet qu'on pouvait en attendre. Cependant la médiocrité du nouvel édifice, arrachant des larmes à ceux qui avaient vu la magnificence du temple bâti pu Salomon , commençait à le* décou-
rager, lorsqu'Aggée, pour les rassurer, leur annoncé que la gloire de cette dernière maison serait plus grande (pic celle de la première, parce que c'était dans son enceinte que devait se montrer le Désiré des nations pour y accomplir les promesses faites à leurs pères. Le nom de ce prophète signifie gai , joyeux , homme de fête ; ce qui fait allusion aux deux événements favorables qui étaient l'objet de sa mission, celui de la construction du temple, et celui de la venue du Messie. Sa prophétie ne contient que deux chapitres. Les Grecs célèbrent sa mémoire le 10 décembre, et les Latins l'honorent, avec Osée, le 4 juillet. T — D.
AG A-MOHAMMED. Voyez Mohammeo.
AGIEK (Pierre-Jean), président de chambre de la cour royale de Paris, mort doyen dàgc de cette cour, naquit à Paris le 28 décembre 1748. Son père, procureur au parlement, le destinait à la même profession. Après de brillantes études au collège d'Hareourt, Agier fut reçu avocat en 1709 ; mais la délicatesse de sa poitrine lui ayant interdit de bonne heure de plaider au barreau , il se bornait à donner des consultations dans son cabinet, et à tenir des confërences de jurisprudence pratique pour les jeimes magistrats , quand éclata la révolution dont il se montra partisan modéré. Les électeurs du district des Mathurins le nommèrent, en 1789, député suppléant de Paris aux étals généraux pour le tiers état. Vers la fin de l'année suivante, il fut porté, par l'assemblée nationale, sur la liste des candidats pour la place de gouverneur du dauphin, et devint, peti après , président du tribunal des dix , établi pour remplacer la Tournelle et expédier les affaires criminelles arriérées. Après celte présidence tempoporaire, il fut nommé vice-président du tribunal d'arrondissement séant aux Petits-Pères, dont il devint, en 1792, président titulaire, par la retraite de Fréleau. A la lin d'août, Agier fut appelé avec son tribun. d à la commune de Paris pour y prêter le serment de liberté et d'égalité ; niais il s'y refusa , et cet acte de courage le lit mettre à la retraite, lorsque quelques mois plus tard les tribunaux furent renouvelés. Ce n'est qu'après le 9 thermidor qu'il fut employé de nouveau, d'abord (5 janvier 1 795) comme commissaire national près le tribunal du cinquième arrondissement, séant à Ste-Geneviève , et ensuite comme président du tribunal révolutionnaire régénéré. Mais ces dernières fonctions ayant cessé trois mois plus tard , il reprit les premières, qu'il ne conserva néanmoins que jusqu'au mois de novembre de la même année. En 1790, Agier fut désigné par le sort comme haut juré suppléant à la haute cour nationale convoquée à Vendôme pour juger Babeuf et ses complices. II se récusa, parce qu'il avait été porté par les conjurés sur une liste «le proscription ; mais sa récusation n'ayant point été admise, il se rendit à Vendôme, assista à tous les débats du procès, sans prendre part à la délibération du jury, dans lequel il n'y eut pas de vacance. Vers le même temps, il fui membre du conseil du contentieux de la dette des émigrés, et enfin, après l'établissement du gouvernement consulaire, juge a la cour d'appel de
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fans et président du tribunal criminel du département de la Seine. Il n'accepta que le premier de ces deux emplois (|), et 1 échangea plus tard (1802) contre celui de vice-président du tribunal d'appel , qu'il a conservé jusqu'à sa mort. Dans ces fonctions, dont la confirmation royale lui fut donnée le 18 septembre 1815, Agier s'est acquis une réputation incontestée d'équité et de droiture. Inflexible (Lins ses principes et dans ses opinions, rigide dans ses monirs, il passa ses jours dans une studieuse retraite et consacra les loisirs que lui laissait sa place à la composition de différents écrits qui témoignent que la jurisprudence fut loin d'être son unique étude. Attaché par les relations de sa jeunesse à la secte janséniste, qui comptait des partisans si nombreux dans notre ancienne magistrature, Agier fut toute sa vie Tun des plus zélés défenseurs, non -seulement des libertés de l'Église gallicane, mais aussi de toutes les opinions de cette secte. Il a d'ailleurs adopté et développé, dans ses derniers ouvrages, d'autres doctrines systématiques sur les prophéties des livres saints et surtout de l'Apocalypse, qui paraissent se rapprocher beaucoup des anciennes erreurs du millénarisme, et qui n'ont fourni que trop de prétextes à l'accusation d'hérésie , portée contre lui par les théologiens que son op|>osition aux prétentions ultramontaines avait disposés à la sévérité. Le président Agier mou ru i à Paris, le 22 septembre 1823. — Ses ouvrages sont : 1° le Jurisconsulte national, ou principes sur les droits les plus importants de la nation ; nouvelle édition, Paris, 1789, trois parties en un volume in-8*. Cet ouvrage est formé de la réunion de trois brochures que l'auteur avait publiées, sous le voile de l'anonyme, les 17 septembre 1787, 28 mai et 22 octobre 1789 ; il a pour objet de prouver que la liberté civile est au nombre des anciens droits de la nation française, qui n'en a été privée que par les envahissements successifs de la couronne; que des assemblées nationales périodiques avaient eu seules, dans les premiers temps de notre monarchie, le droit d'établir et de répartir les impots ; qu'elles avaient autorisé les emprunts et pris part à la formation de toutes les lois, etc. L'auteur finit en demandant le rétablissement de ces assemblées. 2" Vues sur la réformation des lois civiles, suivies d'un plan et d une classification de ces lois , Paris, Leclère, 1793, in -8° de 103 pages. L'auteur, égaré par les illusions de l'époque, voit dans l'inégale répartition des biens la cause d'une foule de maux. Il se sert du prinrqw de Mahly, qui était alors le publiciste A la mode : « Qu'une lwnnc lé- « gislation doit continuellement décomposer et di- « viser les fortunes que l'avarice et l'ambition « travaillent continuellement à rassembler ; » et l'adoption, établie sur des règles nouvelles, est le moyen qu'il propose pour atteindre ce but. 3° Du mariage aatis ses rapports arec la religion et les lois
(I) En sa qnalitc de jnge au tribunal d*a(»j>el, Agirr Ul partie de» deux commissions prises, aux mois de mal rt <le dérnnhre Moi dans le sein de celle compagnie el charnue» de présenter au pouvoir leg Ulaiif «les observations sur le» pcojc» des Codes civil et de commerce.
nouvelles de France, Paris, impr.-libr. chrétienne, 1800, 2 vol. in-8". La partie théologique de cet ouvrage est fortement empreinte des opinions jansénistes de l'auteur ; les décisions de morale y sont d'une extrême rigidité ; la polémique contre les défenseurs de la cour de Rome y est souvent passionnée ; mais tout ce qui tient à la jurisprudent e peut être utile aux gens de loi. 4° Psaumes nouvellement traduits en français sur l'hébreu et mis dans leur ordre naturel, avec des explications et des notes critiques, et auxquels on a joint les Cantiques êvangéliques et ceux de Laudes, selon le Bréviaire de Paris, également arec des explications el des notes, Paris, 1809, 3 vol. in- 8°. Agier a suivi pour cette traduction le texte hébreu, tel qu'il a été corrigé et épuré par les travaux du P. Houbigant, de Kennicottet de J.-B. de Rossi. Il a divisé les psaumes en trois catégories : 1° ceux qui contiennent des prophéties relatives à la venue de Jésus Christ; 2* ceux dont les prophéties concernent l'Église; 5° les psaumes moraux. S" Psalmi ad hebraicam veriiatem translati el in ordinem naluraltm digesti; accesserunl Canlica lum evangelica, lum reliqua, in l.audibus, juxla Breviarium parisiense decanlata, Paris, 1818, 1 vol. in-10. Cette version latine des Psaumes est faite d'après le texte hébreu, épuré par les plus habiles hébraïsants du 18* siècle. 6° Vues sur le second avènement de Jésus-Christ, ou Analyse de l'ouvrage de Ijicunza sur cette importante matière, Paris, 1818, in-8° de 120 pages. (Voy. Lacunza et Lambeht.) Agiers'est laissé séduire par toutes les illusions de ces millénaristes et il les adopte aveuglément. 7J Prophéties concernant Jésus-Christ et l'Église, éparsesdans les livres saints, avec des explications el des notes, Paris, 1819, 1 vol. in-8", contenant l'exposition de vingt prophéties, prises dans les livres saints qui ne sont pas purement prophétiques, et l'explication de quelques autres, etc. 8- Les Prophètes nouvellement traduits de l'hébreu, avec des explications et des notes critiques, Paris, 1820-1822, 9 vol. in-8", ainsi divisés : Isate, 1820, 2 vol. ; Jérèmie, 1821 , 1 vol.; Appendic* de Jérémie , 1821, in-8° de 188 pages, contenant : 1° l'Instruction aux captifs ; 2" les Lamentations ; 3° Baruch ; — Exéchiel , 1821 , 2 vol. ; Daniel, 1822, 1 vol.; les Petits Prophètes, 1822 , 2 vol. Ces traductions ne sont point accompagnées du texte , mais elles sont exécutées dans un système de fidélité littérale qui les rend curieuses. I^s commentaires de l'auteur contiennent , les uns l'explication des prophéties dans le sens mystique et Idéologique , les autres, rejetés à la fin de chaque volume sous le litre de notes, ne sont relatifs qu'à la philologie hébraïque et à la critique du texte. Agier se montre partisan zélé et quelquefois bizarre du jansénisme et du millénarisme. 9* Commentaire sur l'Apocalypse, par l'auteur de l'Explication des psaumes el des prophéties, Paris, avril 1823 , 2 vol. in-8°. Les rapprochements ipie l'auteur a faits, dans cet ouvrage, de divers passages de l'A|>ocalypsc avec les livres de l'Ancien Testament , lui ont suggéré quelques vues nouvelles et quelques conjecture*
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qu'on appellerait ingénieuses, s'il était possible d'y voir autre chose que les rives d'un esprit égaré par la manie des systèmes. La collection des livres saints réputés prophétiques, traduits et interprétés par le président Agier, est fort [»eu connue, l'auteur l'ayant fait imprimer tout entière à ses frais, à un nombre peu considérable d'exemplaires (1 ) ; ce qui nous a engagés à en parler avec quelque détail. On a mis daus la liste des ouvrages du président Agier, sans reconnaître toutefois qu'il en fût l'auteur, une Justification de Fra Paolo Sarpi, ou Lettre d'un prêtre italien à un magistrat français sur le caractère et les sentiments de cet homme célèbre, Paris, 1811, in-8 Cette justification d'un prêtre soupçonné, non sans fondement, de protestantisme (roy. .Sarpi), a pour auteur un prêtre italien, ennemi non moins ardent des jésuites et «le la cour de Rome, appelé Eustache Degola. Agier, auquel il l'adressa, n'en fut, dit-on, que l'éditeur; mais, au rapport de son panégyriste, « il a publié ces lettres « avec d'autant plus de soin et d'empressement « qu'on lui avait reproché de s'être prévalu , dans « son Traité du mariage, de l'autorité de Fra Paolo, « pour rejeter certaines décisions du concile de « Trente. On accusait cet auteur de tendre au pro- « testantisme, et l'on s'appuyait de l'imposante aua torité de Bossuct. Il importait donc de le laver « de ce reproche, et sous ce rapport, la justification « de Fra Paolo peut être considérée comme une « pièce justificative du Traité du mariage. » Agier avait été chargé, en 1787, par le gouvernement, de préparer une nouvelle édition du texte original français des Assises du royaume de Jérusalem , qui n'a été publié qu'une seule fois , par TbtttUttC de la Thaumassière (voy. ce nom), à la suite de ses Notes sur la coutume de Beauvoisis, Bourges et Paris, 1690, in -fol. La république de Venise fit faire à cette occasion , sur peau de vélin, une copie fac-similé du manuscrit qui est conservé à Venise, et en lit présent au roi de France. Cette copie est aujourd'hui déposée à la bibliothèque royale. Le travail d'Agier n'était encore que très-peu avancé quand il y renonça , et les matériaux qu'il en a laissés sont entre les mains de sa famille (S). Il avait eu part a la nouvelle édition donnée par Camus, Hayard et autres, de la Collection des décisions nouvelles relatives à la jurisprudence, par J.-B. Dcnisart, Paris, 1785-1790 , 9 vol.
(4) Avant de se dérider a U publier, Aider fil imprimer a relit exemplaires eomroe sperimeus, les explications de quelques leçons de* propltciM qu'on lit dans nos église*. anx solennités de Noël, de P*H»M et de la Pentecôte. Ces spe< imens, annonces dans le* journaux a 5 sous le volume, et exposés en vente dans les places pabliqoes a l'approche des Mes, ne se vendirent point; un si fielleux ewai dVfoata les libraires; et le président Apier, pour rendre imblic un U.vail eMiniablc qui lui avait coûte plusieurs aimées de veilles , i de fatinues, se vit réduit a faire imprimer relie rollertion à ses dépens.
(8) Le projet de publier re curieux monnmrnt de la jurisprudence dn moyen J«e fut repris, il y a quelques années, par le pouvernement. M. Pardessus et M. Uuèrard. membres de l'Académie des invriptions et belle>-lellres, oui .lé chargés d'en donner une nouvelle, édition. Ce travail important, dont il n'a été imprimé qu'un court spécimen n'est pas abandonné
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in-4% qui n'a pas été terminée. De 1818 à 1821
il a coopéré avec Lanjuinais, Grégoire, Tabaraud (roy. ces noms) et queUnies autres écrivains de la même école, à la rédaction de la Chronique religieuse, journal mensuel dont la collection forme 6 volumes in-8°. La brochure intitulée : La France justifiée de complicité dans l'assassinat du duc de Berry, ou Réflexions sur le mandement de Mgr. le cardinal-archevêque de Paris, relativement au service pour le repos de l'âme de ce prince, 1820, in-8°, est l'imprimé à part d'un article inséré par le président Agier dans ce journal. M. Dupin jeune, avocat, a donné, dans Y Annuaire nécrologique de M. Mahul pour 1823, une notice sur Agier, qui est exacte et complète, mais trèslouangeuse ; on en trouve le correctif amer dans l'Ami de la religion et du roi. En tête du Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M Agier, Paris, Debansy, 1824, in-8°, de 14 et 47 pages, on a placé des aperçus sur sa vie et ses ouvrages, rédigés par un de ses amis. F — ll.
AGIER ( Charles-Gli-François), cousin du précédent , ancien membre de l'assemblée constituante, naquit à Niort, le 24 août 1753. 11 exerçait, avant la révolution, les fonctions de lieutenant général de la sénéchaussée du Poitou et de procurciu' du roi a St-Maixcnt. Le tiers étal de sa province le nomma, en 1789, député aux éuits généraux, et s'il se distingua peu dans cette assemblée , on eut lieu d'y remarquer au moins sa modération et son utile coopération aux travaux des comités. II ne prit la parole que dans les discussions tpti purent intéresser particulièrement la sénécliausséc de Poitou, qu'il représentait; il vota pour la suppression des ordres monastiques, lit substituer le nom de communes a celui de paroisses, se déclara pour la non-responsabilité des officiers municipaux , et après le voyage de Varennes, combattit la proposition de Robespierre, qui demandait que le roi fut mis en jugement. II fut nommé , après la session de l'assemblée constituante, membre de la cour de cassation ; mais le danger des circonstances le détermina à refuser ces fonctions et à retourner dans sa province ; il fut incarcéré sous le règne de la terreur. Le gouvernement consulaire le nomma, en 1800, commissaire près le tribunal civil de [Niort, place qu'il échangea , après le retour de la maison de Bourbon , contre celle de procureur du roi près la cour royale de cette ville. Agier est mort à Niort en 1828. — Son fils, conseiller à la cour royale de Paris, a été membre de la chambre des députés pour le département des Deux-Sèvres. F — LL.
AG1LA , roi des Visigothsen Espagne, fut porté sur le trône , en .'»49 , par des seigneurs conjurés qui , sans attendre ni demander le consentement de la nation, le proclamèrent à la place de Théodisèle qu'ils avaient égorgé. Cette odieuse usurpation irrita les Visigoths, le peuple le plus fier et le plus libre qu'il y eût alors en Europe ; et la guerre civile commença par le soulèvement de Cordoue. Agila rassemble aussitôt une armée et assiège cette ville; mais il est forcé de se retirer, après avoir vu ses
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troupes vaincues par les assiégés , et son Oh tué dans une sortie. L'Andalousie entière prit les armes contre lui, et reconnut Alhanagilde , qui battit à Séville les troupes de son adversaire. Les malheurs d'Agila, sa lâcheté el sa lyraunie, achevèrent de lui aliéner le cceur de ses partisans, qui , pour obtenir grâce du vainqueur, massacrèrent Agila , l'an 554 , après qu'il eut régué 3 ans. B— p.
AGILES ( Raymond l>' ) , chanoine du Pu y , a écrit l'histoire de la croisade de 1003, dans laquelle il accompagna Adhéiuar, son évéque. Le comte de Toulouse le nomma son chapelain et l'admit dans l'intimité de ses conseils. Raymond, indigné que de lâches déserteurs abandonnassent l'armée pour aller répandre en Occident des nouvelles déshonorantes pour les croisés, prit la résolution de faire connaître la vérité. Étant revenu en France et ayant été nommé clianoine de la cathédrale du l'uy, il mit en ordre les matériaux qu'il avait recueillis en Orient et composa son Histoire, dans laquelle il a fidèlement exposé les événements dont il avait été lui-même témoin. Elle a paru sous ce titre : Raymondi de Agile*, canon irt Podientis , Ilitloria Franertrum qui ceperunt IHerutalem , dans le recueil : Gttla Dei per Francot. ( Voy. Hong A M.] L'auteur raconte naïvement ce qu'il a vu : il intéresse surtout quand il peint la joie des croisés qui montaient au tombeau de Jésus-Christ , en chantant des hymnes sacrés. Il termine son ouvrage à l'époque où le comte de Si -Gilles, après avoir quitté la ville sainte, repasse le Jourdain. La diction latine d'Agiles est pure, quelquefois élégante ; mais il a négligé de rapporter les dates, et sa narration n'est point facile à suivre. H a servi de guide à Guillaume de Tyr. G — v.
AGI LIMA II ou A1MAR,43' évéque de Clerrnont, florissait au 9' siècle. On conjecture avec lieaucoup de vraisemblance qu'il descendait des comtes d'Amaous (I), dans la haute bourgogne. Il occupait depuis peu de temps le siège épiscopal, lorsque les Normands fondirent sur l'Auvergne et la ravagèrent. Forcé d'abandonner son diocèse, le pieux évéque vint chercher un asile dans le comté d'Amaous. U y apporta les restes vénérables d'un de ses prédécesseurs, St. lllis ( lllidius ) (2) , et de St. Vivent ( Vivenlius) (3), moine de Poitiers, qu'il déposa dans deux cryptes ou grottes autour desquelles se formèrent bientôt des villages considérables. Agilmar assista , en 87G , au concile de Pontigny ( Pontiniacum ) (4). L'année suivante, il se trouvait en
(I) Pays qnl étendait entre le Donbs el la Satoe, depuis Dole jusqu'à la jonction de ces tWux riwrrs.
(4) Le même que Si. Allyre. On trouve cinq »illa*M de ce nom dans l'Antenne et deux dan* le Bourbonnais. Celui de Framhe-
l'etequ'e la Clermonl, M nomme Saini-Yllir.
(5) Agllmar fonda le» reliques de St. Vi\enl a des moine* de la rettle de Sl-Bcnull, aotqwls il abandonna tous les biens qu'il possédai! dans le comte d'Amaoos. Ces relique*, chassées par les Normands, furent recueillies par Manasvs. sire de Vcrcy. qui leur donna, près de Nuits, une terre, laquelle prit aussi le nom de Sl-Virent.
(4) El non Pont-snr-Yonne, comme le disent plusuare auteurs.
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Italie, puisqu'il fut un tles prélats qui jurèrent fol et fidélité à Charles le chauve , dans l'assemblée de Pavie. (Savaron, Orig. de Clermonl, p. 62.) Honoré de la confiance tlu jrape Jean VII , il fut , en 878, député par ce pontife vers le roi Iahj'is le Bègue , et remit à ce prince une lettre de créance dont on trouve un assez long fragment dans les Aela tanclorum , janvier, t. 4 , p. 813, dans la Gallia cltritliana, etc. Celte lettre est très-honorable pour Agilmar. Son nom se retrouve au bas des actes du concile de Méhun-sur-Loire , en 801 ; mais on ignore le lieu cl la date de sa mort. W — s.
AGILLLPHE, duc de Turin et roi de Lombardie. Lorsqu'Anlharis , 3« roi des Lombards, mourut à Pavie, le 5 septembre 590, les chefs de la nation invitèrent Théodelinde, sa veuve, à se choisir un nouvel époux , qu'ils promirent de reconnaître pour leur roi. Théodelinde fil choix d'Agilulphe, duc de Turin, prince belliqueux, parent du dernier roi, et qui joignait a la figure la plus propre à plaire, des talents et des vertus qui le rendaient digne de commander. La reine , sans lui annoncer son choix, le fit prier de se rendre à la cour. Elle alla au-devant de lui jusqu'à Lomello, cl là, s'étant fait apporter une coupe , elle en but la moitié , puis elle l'offrit à Agilulphe ]K>ur qu'il l'achevât. Celui-ci, en lui rendant la coupe, baisa respectueusement la main de sa souveraine : « Ce n'est point là, reprit « Théodelinde en rougissant , le baiser que je dois a attendre de celui que je destine à être mon sei- ■ gneur et mon tuai lie. La nation lombarde m'ac- « corde le droit de lui choisir un roi , et c'est vous « qu'elle invile, par ma voix , à régner sur elle et « sur moi. » Le royaume des Lombards était toujours en guerre avec les Grecs , qui possédaient encore l'exarchat de Ravenne et le duché de Rome. Ceux-ci réussirent à soulever contre Agilulphe plusieurs seigneurs lombards, et entre autres le duc de Pérousc. Le roi , après avoir puni ce dernier , vint mettre le siège devant Rome ; l'effroi du pape, Grégoire le Grand, et de son troupeau, futexlréme, d'autant plus qu'Agilulphc et son armée professaient l'arianisme ; mais Théodelinde, attachée à la religion catholique , interposa ses bons offices en faveur des Romains. Grégoire travailla ensuite avec chaleur à négocier une paix entre Agilulphe et l'empereur grec Maurice, et cette paix fut enfin conclue en 509 ; il est vrai que CalHnicus, exarque de Ravenne, qui l'avait signée, ne l'observa pas longtemps. Les villes de Crémone cl de Mantoue dépendaient encore, de l'Empire ; de là, l'exarque envoya , en 601, une petite armée qui surprit Parme, et euleva dans celte ville Godescalchi, gendre du roi, avec sa femme et sa famille. Agilulphe , pour venger cette injure faite au sein de la paix , mit le siège devant Padoue, l'enleva aux Grecs après de longs combats , la livra aux flammes, et en rasa les murailles. Deux ans plus tard , il s'empara de Crémone et de Mantoue, et détruisit entièrement la première de ces deux villes ; mais il ol»erva la capitulation qu'il avait accordée à la seconde. Après ces conquêtes , il consentit à
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une trêve avec le nouvel exarque de Rav?nne, successeur de Callinicus , à condition que la liberté serait rendue à son gendre et à sa fille. Ce fut environ vers ce temps-là qu'Agilulphe abjura l'arianisme pour embrasser la foi catbolique. Peu de temps après, il assembla les chefs de sa nation à Milan, et associa au trône, en leur présence, son fils Adelvald, quoiqu'il fût encore en lias âge ; il le fît couronner en plein cirque, de la manière la plus solennelle. La paix fut alors renouvelée avec le roi des Francs , dont les ambassadeurs avaient assisté à l'inauguration du jeune prince, et une ligue |>erpétuclle fut conclue enire les deux nations. Pendant la paix, Agilulphc embellit et fortifia Ferrare, qui jusqu'alors n'avait été qu'un simple village, trèsheureusement situé sur le Pô. Le roi l'entoura de murs, l'orna de plusieurs édifices, et en fit une des villes les plus considérables de l'Italie. Après avoir régné 25 ans, Agilulphc mourut en 61 o ou 616. — Adelvald, son fils, lui succéda. Pendant les dernières années de sa vie, Agilulphe avait maintenu le royaume des Lomltards dans une profonde paix. Sa puissance s'étendit sur toute l'Italie, a l'exception de Havenne et de Home. La couronne d'or d'Agilulphe avait la forme d'un cercle, orné de figures de saints ; on la voyait dans le cabinet des médailles de la bibliothèque impériale; elle a été volée en 1804, et fondue par les voleurs. S. S-i.
AGINCOCHT. Voyez Leroux ii'Agi.ncourt.
AGIS Ier, fils d'Eurysthénes, roi de Sparte, vers l'an 980 avant J.-C. Les Lacédémoniens fondirent plusieurs colonies sous son régne. Ses actions ne sont point connues. On prétend qu'il soumit le premier . les habitants d'Hélos, autrement les Ilotes, mais cela ne parait pas probable. Il eut [»our successeur Echestratus, son fils. Les rois de sa branche prirent de lui le nom d'Agiadcs. 0— «.
AGIS 11, fils d'Archidamus, delà seconde branche des rois de Sparte , monta sur le trône vers l'an •427 avant J.-C., dans la 4' année de la guerre du Péloponèse. Il commanda les Lacédémoniens dans différentes expéditions contre les Argiens et les Atliéniens. Ayant conclu la paix avec les Argiens, dans un moment où il pouvait facilement les vaincre , il fut mis en jugement ; cependant il ne fut pas condamné. Peu de temps après, les Argiens ayant recommencé la guerre , il les attaqua auprès de Mantinée, et les défit ; il s'empara de Décélic dans l'Attique, la fortifia , et y laissa une garnison qui fit beaucoup de mal aux Athéniens; il commanda aussi les Lacédémoniens dans la guerre contre les Éléens, et les î'hiv.i à faire la paix. Il mourut bientôt après , dans un âge trèsavancé, l'an 51)9 avant J.-C, laissant un lils nomme Léolyrhides , qui ne lui succéda pas. Ce fut Agis H qui dit à un ambassadeur dont la harangue avait été longue et pénible : « Dis à ceux qui « t'ont envoyé que lu as eu beaucoup de peine à « finir, et moi à t' entendre. » C— R.
AGIS III, fils d'Archidamus, de la seconde branche des Héraclides, et petit-lils d'A^ésilas, monta sur le trône de Sparte l'an 558 avant J.-C. Dans sa jeunesse , il fut envoyé en ambassade vers Phi-
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lippe, roi de Macédoine, alors au plus haut degré de sa puissance. Philippe l'ayant vu seul, tandis que les autres États de la Grèce le faisaient complimenter par plusieurs députés, et s'étant écrié: « Quoi 1 Sparte ne m'envoie qu'un seul ambassadeur 1 » Agis lui répondit, en style laconique ; « Il suffit pour o un seul homme. » Agis succéda à son frère , l'an 546 avant J.-C, et, quoiqu'il détestât la domination des Macédoniens, craignant d'exposer son pays â une ruine complète en leur résistant, il attendit l'époque où Alexandre fut tout à fait engagé dans son expédition de Perse. Après la bataille d'Issus , un grand nombre de mercenaires grecs, à la solde du roi de Perse, étant allés chercher un asile dans leur pntrie, Agis en enrôla 8,000, avec l'argent que Darius lui avait envoyé, et , ayant équipé une flotte, fit voile pour l'Ile de Crète , dont il subjugua une partie. Lorsqu'Alexandre eut gagne la bataille d'Arbelles, Agis excita plusieurs États grecs à secouer le joug des Macédoniens, et leva une armée de 20,(100 hommes de pied et de 2,000 chevaux , qu'Antipater, qui commandait en Macédoine pour Alexandre, vint attaquera la tète de 40,000 soldats. Malgré l'infériorité de ses forces, Agis ne refusa point le combat. La bataille fut sanglante, et les Lacédémoniens, secondant le courage de leur roi , disputèrent longtemps la victoire ; mais enfin ils succombèrent, et Agis luimême fut tué. Quelques soldats l'emportaient hors du champ de bataille grièvement blessé : Agis, les voyant sur le point d'être enveloppés par l'ennemi , leur ordonna de l'abandonner, et de conserver leurs jours pour le service de leur pays. Resté seul, il combattit â genoux, et ma plusieurs des assaillants, jusqu'à ce qu'enfin il eut le corps percé d'un dard. Agis avait régné 9 ans ; il eut pour successeur son frère Eudamidns. C— R.
AGIS IV, (ils d'Eudamidas II, monta sur le trime de Sparte l'an 2(5 avant l ( I .a république marchait alors vers sa ruine; il n'y restait pas plus de sept cents Spartiates, dont six cents n'avaient aucune propriété, le territoire appartenant en entier aux cent autres, et , pour la plus grande partie, aux femmes, qui avaient fini par hériter de tous les biens. Agis chercha à arrêter cette décadence; et, quoiqu'il eut été élevé délicatement par sa mère Agésistrate et par son aïeule Archidatnie , qui vivaient dans une grande opulence, il eut le courage, étant à peine âgéde vingt ans, de renoncer aux plaisirs. Sa figure était belle : dans la crainte d'en tirer vanité, il s'habilla simplement. Pour tout le reste de sa manière de vivre, il observait la rigoureuse auslérité des anciens Spartiates. Son oncle maternel, Agésilas, hommeéloquent, mais peu vertueux, sa mère et quelques autres personnages distingués secondèrent ses vues ; nuis son collègue Léonidas, fils de Cléonymc, qui avait vu le faste des cours asiatiques, et qui affectait un luxe bien éloigné des premiers temps de Sparte, forma contre Agis un parti considérable. Celui-ci n'eu persista pas moins dans son projet, et, assisté de Lysandre, qu'il avait fait nommer éphorc, il proposa une loi portant l'abolition des dettes, et un nouveau partage des terres; savoir : en 4,500 parties pour les Spartiates,
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et en 15,000 pour les Laconiens; et comme 11 ne se trouvait pas un nombre suffisant de citoyens, il proposa de reconnaître pour citoyens des étrangers, choisis parmi ceux qui avaient reçu une bonne éducation, et <pii étaient en Age de porter les armes. Il offrit de plus, pour obtenir (pie sa lui fût acceptée, toutes ses terres et 000 talents en argent ; mais ce fut en vain qu'il lit une offre si magnilique , les riches apportèrent tous les oltstacles qu'ils purent à la loi ; et Agis, voyant qu'il ne pouvait vaincre leur opposition, consentit, d'après le conseil d'Agésilas, à diviser sa loi, et à proposer d'abord l'abolition des dettes qu'il fit adopter. Agésilas avait de bonnes raisons pour hii donner ce conseil : il devait de grosses sommes d'argent, et possédait des terres considérallies. Agis ayant été obligé de conduire des troupes au secours des Achéens, emmena avec lui les jeunes gens qui lui étaient attachés; il fut vainqueur dans une grande bataille, et se couvrit de gloire ; mais ses ennemis profilèrent de son absence pour soulever contre lui le peuple, qui était irrité de ce que le partage des terres n'était pas adopté; et, de son coté, Agésilas, qui était à la tète de son parti, se fit tellement haïr par ses vexations, qu'il fut obligé de prendre la fuite. Agis, de retour, se voyant ainsi abandonné, se réfugia dans le temple de Minerve: là, attendant la mort, il méditait au pied des autels sur l'ingratitude de ses compatriotes; mais Léonidas parvint, par artifice, à l'en Taire sortir; on le conduisit alors à la prison, où les nouveaux éphores établis par Léonidas s'étaient déjà rendus pour le condamner. Il répondit avec calme et noblesse aux reproches qui lui furent faits, et fut condamné à être étranglé. Les bourreaux et les soldats étrangers refusèrent d'exécuter ce jugement; mais Démocîiarès, autrefois son ami , et lHin de ceux qui l'avaient livré aux éphores, le traîna lui-même dans le cachot oû se devait faire l'exécution. Agis, voyant pleurer un des exécuteurs, lui dit : « Mon ami, ne pleure pas sur « moi, je n'ai pas mérité le supplice; je suis plus « heureux que ceux qui m'ont condamné contre toute « loi et toute justice; » en disant ces mots, il tendit le cou au fatal cordon. Ampharès, qui présidait à l'exécution, ayant remontré à la porte Aj;ésistrate, mère d' Agis, et son aïeule Archidamie. qui craignaient pour Agis, les rassura, et fit d'abord entrer Arehidamie qu'il livra à l'exécuteur; quand il jugea qu'elle ne vivait plus.il dit à Agésistrate qu'elle pouvait entrer à son tour. Les premiers objets qu'el le vit furent son fils étendu mort à terre, et sa mère suspendue à un cordon. Lorsqu'elle fut uu peu revenue de l'horreur d'un tel spectacle, elle aida les exécuteurs à détacher sa mère, puis, baisant tendrement le corps d'Agis : « Omontils! lui dit-elle, c'est l'excès de ta « bonté qui t'a perdu , et qui nous a perdues avec « toi 1 » Ampharès furieux lui dit que, puisqu'elle appnnivait son fils, il était juste qu'elle partage.1t son sort. A ces mots, Agésistrate présenta sa tète au cordon, et ne dit en mourant que ces paroles : « Veuillent « les dieux qu'au moins ma mort puisse être utile à « Sparte I » Cet événement tragique eut lieu vers l'an 235 avant J.-C. Archidamas, frère d'Agis, parvint
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à mettre ses jours en sûreté par la fuite. La mort d'Agis a fait le sujet de plusieurs tragédies : ta Mort d'Agis, par Guérit) du Bouscal, 1G42, in-4"; Agis, tragédie en cinq actes et en vers, par M. taignelot, 1782, in-8" ; Agis, tragédie d'Alliéi i. Crébillon avait commencé une JUorl d'Agis; ou prétend que c'était la mort de Charles 1", déguisé sous ce nom. C— a.
AGIS, ou, selon d'autres, II AGES. C'était, au rapport de Quintc-Curce, le plus détestable des poètes, après Chérile, et l'un de ces vils flatteurs à gages qui tachent de couvrir, à force d'adulation, la nullité de leur talent. Arrieu n'en fait pas une mention plus honorable. Agis obtint la faveur d'Alexandre, en lui répétant suis cesse qu'à son arrivée dans l'Olympe, Hercule, Bacchus, Castor et Pollux s'empresseraient de lui céder leurs places. Athéuée rapporte qu'il avait écrit sur l'art de la cuisine. — Pausanias ( in Corinlh. ) parle d'un autre Agis qui avait composé un poème sur Antiope. A— D — r.
AGIUS DE SOLDANIS (Pierre-François), savant maltais , était né vers le commencement du 18* siècle, dans l'île de Gozzo. 11 embrassa l'état ecclésiastique, fut pourvu d'un canonicat du chapitre de St-Jean, et dès lors partagea son temps entre ses devoirs et l'étude de l'archéologie. En 1750 il vint h Rome dans la seule intention, comme il nous l'apprend, de gagner les indulgences du jubilé; maig s'étant rappelé que ses amis le pressaient depuis longtemps de donner une grammaire de la langue qui est en usage à Malte, il profita de ses loisirs pour la rédiger, et la publia, précédée de deux dissertations très-curieuses, sous ce litre : dclla Lingua punica presenlamenle usala da MaUcsi, etc., Rome, 1730, in-8" de 199 pages. Agius établit dans sa première dissertation que les Carthaginois, vaincus par les Romains, se réfugièrent d'abord en Sicile, puis k Malte, et que la langue qu'on parle en celte lie n'est autre que l'ancien punique. Dans la seconde , il montre les avantages qu'on pourrait tirer de l'élude de celte langue pour l'intelligence de la langue étrusque, avec laquelle la punique a licaucoup d'affinité. Elles ont été traduites en français et insérées dans le Journal de Verdun, 1736, juillet, p. 23, et septembre, p. PJ5. Ces dissertations sont suivies de là grammaire maltaise et d'un petit dictionnaire maltaisitalien et italien-maltais, Ce dictionnaire, plein de remarques intéressantes, n'est (ni'un essai de celui qu' Agius se proposait de rédiger sur un plan beaucoup plus étendu; mais il mourut vers 1700, laissant incomplet cet ouvrage dont liorch vit ie manuscrit autographe à la bibliothèque cle Malte, en 1770. ( lettres sur fa Sicile, 1. 1, p. 203. ) Agius, dit l'auteur qu'on vient de citer, était un homme de mérite et rempli de zèle pour la gloire de sa patrie. Luimême nous apprend qu'il avait un musée composé d'antiquités découvertes tant à Malte «pie dans les lies voisines. (Délia Ung. punica, p. 7.) Il promettait une histoire de Malte et de Gozzo (ibid., p. 27); enfin il annonce [ibid., p. 58) qu'il a sous presse des Nolitie storiche, etc., sur la terrible conjuration formée en 171!) |«r les esclaves turcs pour exterminer, le même jour, tous les chrétiens maltais. ( Yoy. Bry-
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donne, Voy. en Sicile, etc., lettre 1b. ) Si cet ouvrage a réellement paru, on peut assurer qu'il est très-rare en France, puisqu'il n'existe pas clans les principales bibliothèques, et qu'on ne le trouve cité clans aucun catalogue. Enfin on a d'Agius un Ditcourt apologétique contre la dittertation hitlorique et critique ( de l'abbé Laclvocat ) tur le naufrage de St. Paul dont la mer Adriatique, Avignon, 1757, iiH2, où Agius cherche à prouver que St. Paul aborda dans l'Ile de Malte. ( Voy. Laovocat, et un curieux opuscule : Spiegazione délia eomédia di Plauto ( Pcrnulus ) , (alla eon la lingua moderna maltete, o tia l'antica cariaginetc, Rome, 4758, in-4\ Voy. aussi les Mcmoirct de Trévoux, niai, 4758. ) W— s.
AGLAOPHON, peintre de l'Ile de Thasos, vivait dans la 90* olympiade, 420 ans avant J.-C ; il fut le père et le maître de Polygnote et d'Aristophon, qui soutinrent la réputation qu'il s'était acquise. Quintilien dit « que la simplicité du coloris d'Aglaophon, « en annonçant les premiers pas de l'art, n'en était pas « moins estimée, et qu'on la préférait, pour le natu- « rcl et la vérité, à l'art des grands iieintres venus a depuis. « CcUe remarque s'appliquerait avec la même justesse aux ouvrages des fondateurs des écoles modernes. Suivant Athénée, ce fut Aglaophon qui, pour célébrer le triomphe d'Alcibiade aux jeux Néméens, le peignit tenant la déesse Némée assise sur ses genoux. Alcibiade exposa ce tableau publiquement, et les Athéniens ne rougirent pas de se jmrter en foule à sa maison pour y voir ce singulier trophée. Plutarque attribue ce tableau au pinceau d'Aristophon. L — S — B.
AGLIATA (François), de Palerme, (ils du prince de Villa-Franca, vivait dans le 17e siècle. On a de lui un recueil de chansons siciliennes. On ue doit pas le confondre avec Gérard Agliata, Sicilien d'une autre famille, qui composa, au HT siècle, quelques vers insérés dans le Recueil de l'Académie des Acceti de Palerme. François Agliata fut protonotaire de Sicile au temps du roi Alphonse et de Jeanne II , et a laissé quelques écrits sous le titre d'Allegazioni. 11 y eut à Palerme plusieurs autres Agliata, qui se distinguèrent aussi dans la poésie et dans les lettres. ( Voy. la Bibliotheca Sicula, de Mongitorc, les Rime degli accademici Acceti di Palermo, etc.) G — É.
AGLIO. Voyez Corradiiso.
AGN AN ou AIGNAN (Saint), appelé Anianus par les historiens du moyen âge, originaire de Vienne en Dauphinc, fut attiré à Orléans par la réputation du saint évèquc Euvertc. Ordonné prêtre, il fut chargé de diriger le monastère de St-Laurenl-des- Orgerils, et succéda dans la suite à Euvertc. Jl lit rebâtir l'église de Ste- Croix, fondée par son prédécesseur, et c'est à lui qu'on fait remonter le privilège qu'avaient les évêques d'Orléans de délivrer les prisonniers à leur entrée dans la ville. Il occupait le siège épiscopal depuis soixante ans, lursqu'Orléaus fut assiégé par Attila, en 451 ; il avait prévu l'invasiou des barbares, et demande des secours à Aétius, général des Romains. Lorsque les Huns pressaient le siège,
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et s'étaient déjà rendus maîtres des faubourgs, Agnan soutint le courage des assiégés jusqu'à l'arrivée des secours qu'on attendait. Il envoya sur le rempart un homme de confiance, chargé d'examiner si l'on n'apercevait rien dans l'éloignement : le messager revint deux fois sans lui apporter la moindre espérance ; mais, à la troisième fois, il déclara qu'il avait découvert un faible nuage à l'extrémité de l'horizon. « C'est le secours de Dieu, » s'écria le prélat, et tout le peuple répéta après lui : C'ett le tecourt de Dieu. On aperçut bientôt les étendards des Goths et des Romains, qui, sous la conduite d' Aétius et de Théodoric, venaient au secours d'Orléans. La ville fut sauvée, et les habitants n'attribuèrent pas moins leur délivrance aux vertus el aux prières de leur évêque, qu'au courage des Goths et des Romains. Agnan mourut deux ans après, en 433. On a publié à Orléans, en 1803, un Abrégé de la vie el det miracles de St. Aignan, in-8". M — o.
AGÏNEAUX-DEV1ENNE. Voyez Devienne.
AGNELLO ou ANDRÉ, de Ravennc , historien du 9e siècle, a fait l'histoire des évèques et archevêques de sa ville natale. Elle est écrite avec peu d'exactitude ; et l'auteur s'y est laissé entraîner à la haine que lui inspiraient pour les papes le schisme qui divisait alors les Eglises de Ravenne et de Rome, et, en particulier, la mort de son aïeul ou bisaïeul, qui, ayant conspiré contre Paul 1er, fut enfermé à Home, et y mourut en prison. Le P. Racchini, l»énédictin, publia en 1708, et enrichit de notes savantes cet ouvrage, qu'il tira de la bibliothèque de la maison d'Est, el dont le titre est : Agnclli, qui et Andréa*, abbati* S. Maria ad Blachemat, Liber pontificalit, tive Vila pontificum Ravennatum, etc., 2 vol. 111-4°. Muratori l'a réimprimé dans son recueil Scriptor. rcr. italic, t. 2, part. 4. Malgré les défauts de cette histoire, elle est précieuse, tant par un grand nombre de faits qui ne se trouvent point ailleurs, que par les pièces et les dissertations qui l'accompagnent. Desiderio Spreti, dans un Commentaire publié, en 1489, sur la grandeur, la ruine et la restauration de Ravenne; après lui, Vossius, dans ses Historiens latins, et Moréri, ont confondu cet Agncllo ou André, d'alwrd ablx; ou recteur du monastère de Stc-Maric ad Blachemat et de celui de St-Rarthélemy, et ensuite chanoine de Ravenne, avec l'archevêque Aguello qui vécut au «!• siècle. C'est peutêtre de ce dernier qu'est une lettre que cite Moréri, et qui se trouve dans la Bibliothèque det Pèret, sous ce titre : de Ralione fidei, ad Armenium. G— É.
AGNELLO (Jean), seigneur de Pise. C'était un marchand d'une famille ol»scurc de Pise, qui, envoyé par sa république en ambassade auprès de Uernâlws Yisconti, seigneur de Milan, fut encouragé par ce prince à s'emparer du iwuvoir suprême. Yisconti, qui avait donné des secours à Pise pour soutenir la guerre contre les Florentins, désirait voir cette ville |«sser sous le joug d'un maître, afin de pouvoir plus aisément l'asservir à son tour. Il fournit à Jean de l'Agnello de l'argent et des soldats, et celui-ci, au mois d'août 1364, s'empara, une nuit, du palais public, lit enlever de leurs lits
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tous les magistrats ; et, les faisant conduire successivement devant lui, leur déclara que la vierge Marie lui avait accordé la seigneurie de Pise, et leur fit prêter serment de fidélité, au milieu des épées nues dont ils étaient entourés. 11 déploya ensuite une pomi>e royale, et exigea de ses concitoyens les marques de respect les plus avilissantes. On lui obéit cependant tant qu'il put se faire Craindre; niais, le 5 septembre 1308, jour même où l'empereur Cliarles IV lui avait accordé le titre de doge et l'avait armécbevalicr, un écliafaud sur lequel il était monté s'écroula sous lui, sur la place de Lucqucs où il avait reçu l'empereur. Le peuple, averti que le doge avait eu la cuisse cassée par sa chute, prit aussitôt les armes, chassa des forteresses les satellites d'AgnclIo, et recouvra sa liberté. S. S — t.
AGNÈS (Sainte), vierge et martyre. Selon St. Augustin et St. Ambroise, elle n'était âgée que de treize ans , lorsqif en 303, l'empereur Dioclétien éleva contre les chrétiens une persécution fameuse dans l'histoire de l'Eglise. Issue d'une des premières familles de Rome, et douée d'une rare beauté, Agnès vit plusieurs jeunes gens distingués demander sa main, mais elle annonça la ferme résolution de se consacrer uniquement à Dieu. Dénoncée alors comme chrétienne, elle souffrit avec une constance héroïque les plus cruels tourments, et refusa de sacrifier aux idoles. Le juge prit le parti de l'envoyer dans un lieu de prostitution ; mais les vertus de la jeune vierge frappèrent de respect les débauchés qui avaient l'intention de la déshonorer ; l'un d'entre eux, fils de Simphronius, préfet du prétoire, ayant |>orté l'audace plus loin que les autres, fut, dit-on, renversé à terre, demi-mort, et frappe d'aveuglement; mais ses compagnons effrayés obtinrent d'Agnès qu'elle lui rendit sur-lc-champ la vue et la santé. Malgré cet événement extraordinaire, le juge, toujours animé contre Agnès, la condamna à perdre la vie. Elle reçut son arrêt sans effroi, et, selon l'expression de St. Ambroise, elle alla au lieu du supplice avec plus de plaisir que tout autre n'aurait été au lit nuptial. On lui éleva, du temps de Constantin, une église dans l'endroit même où était placé son tombeau ; le pape Innocent X en fit bâtir une autre, sous l'invocation de la même sainte, dans le lieu où l'on croit que sa cliasteté fut exposée. Tous les martyrologes font mention de la fête «le Ste. Agnès, mais à différents jours. L'Église latine la célèbre le 21 janvier. St. Ambroise et St. Augustin ont écrit son panégyrique, si toutefois l'écrit de St. Ambroise n'est jkis supposé, comme on le pense. St. Martin avait pour cètte sainte une grande dévotion. Les l>cintrcs ont souvent retracé son dévouement, et le musée Napoléon a possédé deux tableaux dont elle est l'héroïne. Dans l'un, le pinceau vigoureux et brillant du Tintoret l'a représentée rendant la vue au fils «le Simphronius; l'autre est une des plus admirables compositions du Doiuiniquin.Cc grand artiste a peint la vierge chrétienne élevant ses yeux vers le ciel, d'où quelques anges lui apportent les palmes du martyre, tandis qu'un des bourreaux lui plonge un fer dans le sein. D. — T.
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AGNÈS de France, impératrice de Constantinoplc, fille de Louis le Jeune et d'Alix de Champagne, et sœur de Philippe-Auguste, naquit en 1171. N'ayant encore que huit ans, elle fut accordée au jeune Alexis, fils de Manuel Comnène, empereur d'Orient, et elle pat (it sur-le-champ |>our Constantinoplc, où ses fiançailles furent célébrées avec magnificence en 1 180. A l'âge de onze ans, elle vit massacrer, |«r l'ordre du cruel Andronic Comnène, le faible Alexis qui venait d'être placé sur le trône. Agnès ne fut point entraînée dans cette chute, mais elle devint avec la couronne la proie du meurtrier. 11 ne naquit [toint d'enfant de cette coupable alliance, que la mort tragique d'Andronic rompit quatre ans après. Agnès resta à la cour de Constantinoplc, où, après vingt années de veuvage, cllcé|K>usa, en 1205, Théodore Dranas, gouverneur d'Andrinople, dont elle eut une fille qui fut belle-mère de Guillaume de Yillehardouin. L — S — E.
AGNÈS, reine de France, fille du duc de Méranic, épuisa, en 1 IfHJ, Philippe-Auguste, qui avait répudié Ingelburge, fille de Yaldemar, roi de Danemark. Le frère de cette princesse s'adressa au pape Célestin, qui envoya en France deux cardinaux pour connaître les motifs que le roi avait eus de divorcer, et |K»ur juger de la légitimité de son nouveau mariage. Philip|ic-Augusic employa toute sa puissance pour résister au pape, et mit beaucoup de politique à gagner du temps, afin de ne |>as se séparer d'Agnès de Méranic; mais quand il vit qu'il ne pouvait éviter d'être condamné dans un concile à reprendre sa légitime épouse, il prévint la sentence, alla luimême chercher Ingelburge dans le couvent où elle s'était retirée, et la ramena à la cour. Agnès de Méranic mourut au chAtcau de Poissy , en 1 201 , la même année où elle fut obligée de renoncer au titre de reine de France, et à l'amour que Philippe-Auguste avait pour elle. Le |W|>e Innocent 111 légitima le fils et la fille qu'elle avait eus de ce monarque, parce qu'elle avait contracté sou mariage dans un moment où elle était autorisée à croire (pie le roi était libre -, et, comme PhilipixvAuguste avait, de son premier mariage avec Isabelle de Hainault, un fils qui lui succéda sous le nom de Louis VIII, la légitimité accordée aux enfants d'Agnès de Méranic fut d'autant moins contestée, qu'elle ne donna lieu à aucune prétention politique. F — E.
AGNÈS d'Autriche, fille de l'empereur Albert 1", et petite-fille de Rodolphe de Habsbourg, naquit en 1280. Cette princesse avait hérité du caractère inébranlable et même féroce de son père. Sans elle, la maison d'Autriche serait peut-être retombée dans une position secondaire après le meurtre de l'empereur, famille d'Albert était frapj)ée d'effroi, parce qu'elle considérait cet événement comme le signe du mécontentement universel, provoqué par le despotisme du monarque. Agnès découvrit, par des recherches infatigables, que l'assassinat de son père n'avait eu jwur cause (pic l'inimitié d'un de ses neveux, Jean le Parricide, et que les peuples avaient été si>ectatcurs satisfaits, mais paisibles, d'un crime qui brisait leur joug. Aussitôt elle excita ses frères
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et surtout Frédéric et Léopold, à prendre les armes contre les conspirateurs. Ces derniers se réfugièrent d'abord dans quelques places, fortes ; niais, ne pouvant s'y maintenir, ils prirent la fuite, et les liabitants de toutes les villes qui leur avaient donné asile ou livré passage portèrent la peine d'un crime qui leur était étranger. Agnès poursuivait ses frères de clameurs et de reproches, lorsque leur ressentiment semblait s'affaiblir; et, à ses instigations, ils passèrent au (il de l'é|>éc toutes les garnisons des forteresses où les meurtriers d'Albert avaient essayé de se défendre. Agnès prononça un arrêt de mort contre tous leurs domestiques et tous leurs vassaux, sans distinction ; exigea la confiscation de leurs biens, et le bannissement de leurs familles. La veuve d'Albert joignit sa vengeance à celle de sa fille. L'un de ses fils, Frédéric le Beau, voulant un jour arrêter les torrents de sang que la fureur de ces deux femmes faisait répaudre : a On voit bien, lui a dit sa mère, que tu n'as pas contemplé le cadavre « sanglant et défiguré de celui qui fut (ou père et o mon époux. Je consentirais volontiers et avec joie a à prolonger mes jours par le travail de mes mains, a ou en demandant l'aumône sur les chemins pu- « blics, si je pouvais rappeler mon Albert à la vie. » Agnès présida, du haut d'une espèce de troue, au supplice de soixante-trois paysans, sujets de Rodolphe de Bahn, l'un des assainis d'Albert. Ces malheureux moururent en prenant le ciel à témoin «le leur innocence. Durant l'exécution, Agnès répétait, un cliapelct à la main, ces mots d'une ancienne légende, dite de Ste. Elisabeth : « Je nie baigne à « présent dans la rosée de mai. » Rodolphe de Wart, un autre des coupables, périt à ses yeux sur la roue, et le hasard avant mis en sa puissance un fils encore enfant de Waller d'Kschenbach, celui qui avait porte à Albert le coup mortel, elle voulut l'étrangler de ses propres mains : des soldais le lui arrachèrent. L'histoire porte à plus de mille personnes le nombre des victimes immolées \av Agnès sur le tombeau de son père. Après s'èlrc ainsi couverte de sang, elle fonda un monastère sur le lieu même où le meurtre avait été commis, et se livra dans cette retraite a U dévotion la plus austère ; elle y passa plus de cinquante ans au pied des autels. Un vieux ermite, qui traversait la Suisse, arriva un soir près du cloître qu'habitait Agnès : elle s'empressa de lui témoigner sa vénération, et de lui offrir un asile. « Princesse , lui dit-il , des édifices ■ cimentes du sang innocent, des aumônes, fruit de • la spoliation des familles, ne plaisent ni à Dieu ni u à ses serviteurs. Ce que le ciel exige, c'est l'oubli « des injures, la miséricorde et la pitié;» et après avoir prononcé ces |«aroles il s'éloigna. Agnès avait épousé, en 1296, André, roi de Hongrie, que la mort vint surprendre fort peu de temps après son mariage l Quant à Agnes, elle jiarvinl à un age avancé. Elle avait près de 80 ans lorsqu'elle mourut en l'année 1561. B. C-t.
(I) Agnes ïtïHpo de son mariage aver André III une fille qui embrassa U *ie religieuse, dans le monastère de Hues» enSiiisse.
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AGNÈS SORF.LLE (I) naquit vers 1409, au village de Fromenteau en Touraine, de famille noble et justement estimée. Dès Fagc de quinze ans, ses heureuses dispositions et sa grande beauté lui méritèrent l'attention d'Isabelle de Lorraine, femme de René d'Anjou, qui l'attacha à sa personne comme fille d'honneur. A la cour d'Isabelle, la demoiselle de Fromenteau se trouvait au milieu «l'une société aussi cultivée «pie brillante : la princesse elle-même était la femme de son temps la plus remanpiahle par sa grâce et son savoir; aussi la jeune Agnès s'éleva promptement à toute la perfection des manières et de l'esprit. Rien de plus piquant que ses saillies, disent les auteurs de l'époque, et ils ajoutent que ces qualités brillantes n'étaient rien à la solidité de son jugement. Ils ne tarissent point sur l'éclat et les charmes de s«»n visage. Suivant Villeneuve, personne ne se dérobait à ses attraits; les femmes comme les hommes ne |>ouvaienl la connaître sans l'aimer. Inspiré |wr ces éloges, Baïf les a résumés dans ces deux vers pleins de grâce :
Agnès «le belle A^nès retiendra le furnom Tant que «Je la beauté heauté sera le nom.
En un mot, il ne lui manquait qu'une occasion |iour gagner le en ur «l'un roi : le hasard la fil naitre. I^e chevaleresque et présomptueux Réné d'Anjou s'élait fait prendre a la journée de Bullégueville, et ses vainqticirrs l'avaient emmené en Bourgogne et enfermé dlUM une tour (1431). Isabelle, sa femme, allait sollicitant un appui pour le tirer «le captivité; elle vint à la cour «le Charles VII : Agnès l'accompagnai! . A la vue «le tant de beauté unie à tant d'esprit, le roi conçut pour la demoiselle «le Fromenteau une vive passion «pi'il dc larda |«s à lui faire connaître. Mais tout «l'abortl la vertu «le la jeune lille soutint avec succès le coiul«t. « Toute simple «lamoi- «i selle «lue je suis, dit-elle un jour à Xaintrailles, la « conquête «lu roi ne sera pas facile ; je le révère et « l'honore, mais je ne crois |ias que j'aie rien à de- « mêler avec la royne a ce sujet. » La l>ellc Agnès s'abusait sur ses forces ; elle fut vaincue «lans cette lutte inégale. — Sa «léfaite resta longtemps couverte du plu» profond mystère ; cependant lessnupi;ons s'éveillérent et elle ne dissimula plus. On la vh afficher un luxe véritablement royal : o Le roy lavoil mise, « elle pauvre damoiselle, en tel triomphe et tel pou- « voir «pie son estât estoit à comparer aux gramles «t primasses «lu royaume. » « Ses robes étoient fourci récsel ses colliers d'or;. ses habits brilloient «le pier- « rerics et de dianums » Ces richesses et ce luxe «levaient surtout être reinaripiés dans une cour aussi pauvre qu • l'était alors celle de France. Le temps ne • tait pas loin où Charles VII avait composé k Bourges pour une somme «le 40 livres due au chapelain qui baptisa le dauphin, el Pou se souvenait d'avoir vu le trésorier «lu roi avec Vécus «laits sa misse. Il y eut
(i) Les atileor* q'ii ont fait mention d'Agne* écrivent Indifféremment Sorti, Sureau ou du S>rean, Son-Ile. Seurelle. Sire! ou du Sorei; ou trouve le même pcrvinuaite désigne |>ar le nom de Surette: mais des pieres authentiques el officielle» dc l'époque justifient I ortuograpbe que nous donnons
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scandale et murmures ilans le peuple, qui souffrait de la guerre et de la disette, à la vue de ces vêtement! « si sujRi bes, que la reine ne paraissait rien auprès « (TAglléf. » Du reste, comme toutes les femmes de princes de ce temps-là, comme la dueliessc de Bourgogne entre mille autres , la reine, délaissée par son mari, souffrait qu'il eût des maltresses , et quand elle connut cette passion, elle sut gré à la demoiselle de Frometiteîiu de ce qu'elle n'usait de son pouvoir que jwur le bien de la cour et l'honneur du roi ; elle lui tint compte de ses bons sentiments et de son esprit. — Agnès semble s'être prêtée en 1481 et 33 aux projets des ennemis du ministre Georges de la Trémoille; et il est très-vraisemblable qu'elle ne fut |x>int étrangère à l'indifférence que témoigna Charles VII pour l'arrestation et l'exil de sou favori. La demoiselle de Fromenteau usa encore avec suceés de son influence dans une circonstance autrement grave. Brantôme rapporte qu'elle dit un jour au roi o que lorsqu'elle estoil encore « jeune lille, un astrologue lui avoit prédit qu'elle « seroit aimée et servie de l'un des plus vaillantsetcou- • rageux roys de la chrestienté ; que quand le roy lui « fist cet honneur de l'aimer, elle peiisoit que ce fust « ce roy va Heureux qui lui avoit été prédit, mais que « le voyants! mol avec si peu de soin de ses affaires, « elle voyoil bien qu'elle estoit trompée, et que ce roy « si courageux n'cstoitpasluy,maisle roy d'Angleterre «■ qui faisoit de si belles armes et lui prenoit tant de « belles villes à sa barbe; dont, dit-elle au roy, je o m'en vais le trouver; car c'est lui duquel entendoit « l'astrologue. — Ces paroles piquèrent si fort le cn»ur « du roy, ajoute Brantônic,qu'ilscmitapIoicr,etde là « en avant prenant courage, et quittant la chasse et ses « jardins, prit le frein aux dents; si bien que par son « bonheur et sa vaillance il classa les Anglois de son « royaume. » Les faits consignés dans cette historiette sont évidemment cuntrouvés. Henri VI, rival deCliar- Jes VII, ne montra ni courage ni talents; il prêta son nom au régne de Hedfort : voilà toute sa gloire. Le roi d'Angleterre, « qui faisoit de si belles armes et prenoit « tant de belles villes a la barbe du roi de France, » ne pouvait être que Henri V mort en août 1 122, avant même l'avénement de Cliarles VIL Pourtant, un fait résulte de cette anecdote, dans l'hypothèse même où elle ne serait point authentique : c'est qu'à l'époque où Brantôme écrivait, on croyait à l'intervention d'Agnes dans le changement subit de l'esprit du roi. Tel était aussi le sentiment de Baïf. Suivant ce poêle, Agnès aurait sauvé la France. Il raconte que, désignée par l'injustice et la malveillance du |)euplc , comme la cause de la mollesse et de l'inertie du roi , elle conçut une généreuse indignation, alla le trouver et lui rappela énergiquement ses devoirs
, sire, annev-vous, armez vos gens de guerre, Délivrez v.»s sul.jecls, clias<cz «le votre terre Votre vieil ennemi
Si l'honneur ne vous peut de l'autour divertir. Vous puisse au moins l'amour de .'honneur avenir
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Et aussitôt le roi de prendre la cuirasse et l'épée pour ne les plus quilter avant l'impulsion des Anglais. Knlin la même opinion était répandue a la cour de François I*r ; car on sait que se trouvant un jour chez Arthus Goufiier de Boissi, comte d'Étainpcs, autrefois son gouverneur, et feuilletant un portefeuille sur lequel la dame de Biossi avait dessiné le portrait de plusieurs personnes illustres, entre autres celui d'Agnès, il écrivit au bas ces vers :
(icntille Agnès, plus d'honneur lu mérite, La cause étant de France recouvrer.
■Juc ce que |>eut dedans un cloître ouvrer Close noiinain ou bien dévot ermite.
Ces témoignages rassemblés démontrent, ce nous semble, qu'Agnès contribua puissamment a réveiller le courage du roi. Et en cela elle ne lit qu'obéir à un sentiment que l'on rencontre chez toutes les femmes. « Elles hayssent naturellement les couards » et les poltrons , dit Montluc, encore qu'ils soient « bien peingnez, et aiment les hardis et courageux, « pour laids et difformes qu'ils soient. » Brantôme dit également : « Il ne fut jamais que les belles et « honnestes dames n'aimassent les gens braves et « vaillants, encore que de leur nature elles soient « poltrones et timides; mais la vaillance a telle « vertu à l'endroit d'elles, qu'elles l'aiment. » Au moyen âge les chevaliers cherchaient- ils d'autre manière de plaire à leur dame que de briser une lance dans un tournoi ou sur un champ de bataille? Et suivant les fictions de l'antiquité païenne, Vénus n'a-t-ellc pas porté ses prédilections sur le dieu de la guerre, l'idéal du courage? Comment donc A-nès, qui avait conservé une certaine noblesse de sentiments, n'eût-elle pas été jalouse aussi de l'honneur et de la vaillance de son amant ? Comment l'enl-ellc laissé dans sa honteuse indifférence, si semblable à de la lâcheté? — En l'aimée 4430, une révolution remarquable s'opéra dans l'âme de Charles VII, qui jusque-là n'avait montré qu'une coupable insouciance pour ses intérêts et ceux de son royaume. Désormais ce ne sera plus une simple velléité de courage, un éclair d'énergie qui s'éteindra après une victoire, comme à la prise de Monlereau en 1 457. Assurément le souvenir de Jeanne d'Are , les conseils de la reine, cette princesse si résignée et si pieuse, les remords, le sentiment de l'honneur, l'exemple de tant de braves gentilshommes exposant chaque jour leur vie et se couvrant de gloire, les malheurs de la France et le silence des populations, durent seconder les efforts d'Agnès ; mais nous aimons à la regarder comme une îles causes les plus puissantes de ce triomphe, et elle a, sans aucun doute, mérité cet honneur. — Les succès du roi augmentèrent sa faveur à la cour. Il lui lit bâtir à Loches un château où elle se retirait souvent, et Dreux du Radier raconte que de son temps il y avait encore à Loches une vieille tour dans laquelle, disaient bonnement les paysans, le roi enfermait Agnès lorsqu'il allait à la chasse. Il lui donna aussi le comté de Fenthièvre en Ilretagnc , les seigneuries de Roquecesière, d'Jssoudun, de Vernon-sur-Seine , enfin le cliàteau de Beauté, qui avait appartenu à l'infor-
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tune duc d'Orléans, « le plus bel ehastel et joli, et le « mieux assis qui fut en toute l'isle de France, «avec la Marne à ses pieds, et tout près de la le parc de Vincenues, le coteau de Nogent et le monastère de St-Maur. Agnès prit le nom de dame de Beauté. Biais cette prospérité si constante jusqu'alors fut un instant altérée. Les courtisans jaloux, et le peuple qui ne voyait que ce luxe extraordinaire, renouvelèrent leurs murmures. On ajoute que la longue bonté de la reine s'épuisa au sujet d'un bruit qui courait alors à propos de « damoiselles « que la dame de Beauté tenoit auprès d'elle, et « qui , presque toutes à leur tour , devenoient mal- « tresses du roy. » Le dauphin, qui n'ignorait pasque la favorite était loin de sccmder ses projets, prit le parti des courtisans, du peuple et de sa mère. On prétend même qu'il s'oublia jusqu'à frapper Agnès. Quoi qu'il en soit, elle se relira de la cour et alla |»asser quelque temps à son château de Loches, sa demeure de prédilection, où l'amour du roi sut bien la retrouver. Plusieurs fois il entreprit le voyage de Touraiue pour la revoir, et montra que les obstacles étaient loin d'éteindre sa passion. Du reste , Agnès reparut à Paris dans la dernière semaine d'avril 4-448, comme l'atteste le Journal d'un bourgeois de Parit. « Et pour ce (pie le peuple ne lui lit une telle « révérence comme son grand orgueil demandoit, « que elle ue pot celler, elle dist au départir que ce « n'estoient que villains, et que si elle eût cuidé que « on ne lui eust pas fait plus grand honneur qu'on ne « lui list, elle n'y eût ja entré ne mis le pié. Oui eust a été doinniaige, ajoute méchamment lechroniqueur, « mais il eust été petit. Ainsi s'en alla la lielle Agnès, a le dixième jour de may ensuivant , a son péché « comme devant. » — Au commencement de l'année 4430, après la (irise de Rouen et de Harfleur, elle lit un voyage a Jumiéges : elle allait là, affirment certaines chroniques, jwur révéler au roi une conspiration tramée contre ses jours par le dauphin. Cette assertion n'est pas invraisemblable ; mais elle n'est point confirmée. Le plus profond silence règne sur celte prétendue conspiration. — Bussiéres pense que la révélation de ce projet, suivant lui douleux,ne fut qu'un prétexte, et que le vrai but de ce voyage était de rallumer l'amour dans le cœur du roi. Quelques jours après son arrivée au château de Mesnil-la-Belle, à quelque distance de l'abbaye de Jumiéges, Agnès tomba malade, a Alors , dit Jean Cbartier, elle eut a moult belle contrition et repentance de ses péchés, a et lui souvenait souvent de Marie-Magdeleine qui « fut grande pécheresse au péché de la chair, et in- « voquoit Dieu dévotement et la vierge Marie à son « ayde, et comme vraie catholique, après la réception « des saints sacrements, demanda ses heures pour dire « les vers de Si . Bernard qu'elle avoit ecril s de sa propre • main, et depuis lit plusieurs vœux, lesquels furent « mis par écrit, afin de les accomplir par ses execu- <■ leurs avec sou testament qui se | khi voit bien mon- « ter, tant pour aumônes comme jiour payer ses « serviteurs, à la somme de soixante mille écus... » Elle mourut le 9 février I4Ô0. On la crut empoisonnée. — D'injustes accusai ions furent dirigées
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contre Jacques Cœur, l'un de ses exécuteurs testamentaires; le procès fut instruit, et l'accusatrice , Jeanne de Vendôme, convaincue d'imposture, se vit condamnée à faire amende honorable. ( Voy. Jacques Cœur.) D'autres rejetèrent le crime sur quelque courtisan désireux de plaire au dauphin; mais Ion se garda bien d'aller aux preuves. [Voy. Louis XI.) Le corps d'Agnès fut transporté avec ponqie à Loches, où on lui lit élever un tombeau magnifique. Ses entrailles et son cœur furent déposés à l'abbaye de Jumiéges. On a récemment retrouvé à Rouen son épitaphe sur une pierre tumulaire provenant des débris de l'ablwye ; on y lit : « Cy gyst noble da- « moiselle Agnès Seurellc, en son vivant daine de « Roquefure, d'Issouldun et de Vernon-sur-Seine, « pileuse entre toutes gens et qui largement donci noit île ses biens aux églises et aux pauvres; la- « quelle Ircpa -^i lel.Vjourdc février M CCCCXL1X : « priez Dieu pour l'aine d'elle. Amen. » Le tombeau de Loches, placé au milieu du chœur de l'église collégiale du château, portait à peu près la même épitaphe. Dreux du Radier en a fait une longue description. Le coffre était de marbre noir élevé d'environ trois pieds, et dessus on voyait la ligure d'Agnès en marbre blanc. Deux amours, ajoutc-l-il, ou si l'on veut deux anges, tiennent l'oreiller sur lequel sa tèle est posée, et elle a deux agneaux à ses pieds. On rapporte qne les chanoines de Loches ayaut proposé à Louis XI, pour flatter sa vieille haine contre Agnès, d'enlever ce tombeau comme un objet de scandale, il leur répondit : « J'y consens; mais il faut rendre « auparavant ce que vous avez reçu d'elle. » Ni l'un ni l'autre de ces deux lombeaux n'avait échap|ié aux fureurs des iconoclastes de notre première révolution. — Pourtant on a pu en réunir des débris et celui de Loches a été complètement restauré. Peu de temps avant de mourir, la dame de Beauté avait donné le jour à unelillequi vécut seulement quelques mois; mais elle avait eu auparavant trois autres enfants qui furent reconnues par Charles VII et par Louis XI, portèrent le titre de filles de France, et furent dotées et mariées aux frais de la couronne (4). Malgré cette double sanction royale , quelques auteurs ont élevé des doutes sur la fidélité d'Agnès. Ce qu'il y a de certain, d'après des faits cités par Sauvai , c'est qu'Etienne Chevalier, un de ses exécuteurs testamentaires, trésorier du roi, ne fut pas sans sympathie pour elle, et <pie sa mort lui laissa de longs regrets. Quelque tenqis après l'avoir perdue, il se fit peindre avec un rouleau a la bouche , sur lequel on voyait un rébus en son honneur, ainsi conçu : Tant suivi d'une aile, Mtif, Cl une selle , pour qui je, et enfin un mors. Tant elle vaut celle pour qui je meurs ! Il existait autrefois a Paris, rue de la Verrerie, suivant le même autcur,unc maison habitée précédemment par Etienne Chevalier. Autour du cintre d'une petite porte qui
(I) L'une de set filles, nommée Charlotte, fut marin- II Jacques de Bn-ie, comte de Maulcvricr; surprise en adultère, elle fnt |Hjigoardre par son mari, mais elle avait eu uu fil», Louis de Breie, comte de Maulevrier, qui devint grand «eueclial de Normandie et épousa bi.m«
de Poitiers.
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conduisait au janlin,uncautrcinscriplion était gravée sur la pierre en lettres à l'antique avec îles feuilles dorées entrelacées : Rien sttr L n'a regard ! L'esprit de ce rébus, c'est qu'il contenait le mot expressif de Surrlle. Maisserait-il pour cela permis ..y croire que Charles VII ne jouissait pas seul du conir de la belleAgnés? N'était-ce point la de la reconnaissance plutôt que de l'amour? Etienne Chevalier avait été le confident de la passion du roi, et, par l'ordre même de Charles VII, il avait longtenqw nccom|>agné Agnès dans le séjour qu'elle fit à Loches et dans ses excursions au château de Beauté. Séduit |«r le caractère et les charmes de la belle det belles, accablé des bontés d'une femme naturellement généreuse et même prodigue, il avait éprouvé pour elle cette amitié exaltée qui, de l'admiration, conduit traîtreusement à l'amour, mais dont l'heureuse Agnès, enivrée de la poésie des grandeurs et du luxe, pouvait fort bien ne pas partager l'erreur. D'autre jiart, le jugement tout naïf que quelques-uns ont porté sur sa vertu contraste singulièrement avec celui des détracteurs de sa fidélité. — Jean Chartier, qui a d'ailleurs fourni des documents précieux à l'histoire de cette époque, prétend, lui, que Charles Vil ne nourrissait pour la demoiselle de Fromeuteau qu'un amour purement platonique. Il explique très-sérieusement comment il a interrogé les personnes qui fréquentaient la cour pendant le règne d'Agnès, et comment elles lui ont affirmé par serment « que oneques ne la virent toucher |»ar le roy « au-dessous du menton, n D'ailleurs il n'ignorait point que la demoiselle de Fromeuteau avait été plusieurs fois mère; mais le roi était , suivant lui . étranger à ces fautes. — Un chanoine de Loches (et ion opinion a trouvé quelque écho ) pensait d'une faon plus singulière encore. Dreux du Hadier raconte qu'en passant à Loches en 1750, il vit ce personnage, qui lui montra un in-folio manuscrit de sa composition, rempli de mille sonnets, tous acrostiches, à la louange d'Agnès Sorelle. « J'eus toutes « les peines du inonde, dit-il, À me débarrasser de « l'auteur, et je n'en vins à bout qu'en lui disant « qu'il serait bien étonné, lui qui avait passé sa v ie a « louer la chasteté de la belle Agnès (car c'était le « but de plus de quatorze mille vers acrostiches « qu'il avait faits), si on lui prouvait que celte chaste « et prude demoiselle avait eu quatre enfants. Il me « dit avec feu qu'il avait effectivement lu cela quelque a part, mais que c'était une calomnie abominable, « digne de punition, à laquelle il avait répondu par « plus de qualrc ou cinq cents sonnets, toujours « acrostiches, car il n'en faisait pas d'autres, n Quoi qu'il en soit , grâce à l'indulgence dont nous avons toujours aimé à couvrir les amours de nos rois, Agnès Sorelle est restée une des gracieuses ligures de l'histoire de France.— On peut consulter Bussières, Belleforest, Monstrelet, Duliaillan, Duchesne, Olivier de la Marche , Gaguin , Jean Chartier, Villeneuve, le Journal d'un bourgeois de Paris. Brantôme, Sauvai, Dreux du Hadier. H. D — ?..
AGNESI (Ma«ie-Gaetane), née à Milan le 16 mars 1718, morte dans la même ville le îl jan-
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vier 1700, savait le latin à l'âge de neuf ans; elle eut bientùt appris le grec, l'hcbreu, le français, l'allemand, l'espagnol; t!!e s'adonna ensuite à l'étude de la philosophie; et, à l'âge de dix-neuf ans, elle soutint 101 thèses, qui furent imprimées en 1758, sous ce titre : Projiositioncs philosophicœ. Elle se distingua tellement par ses connaissances dans les mathématiques, (pie, son père étant tombé malade en 1730. elle obtint du pape Benoit XIV la permission d'occuper sa chaire à l'université de Bologne. Elle renonça par la suite au monde et aux sciences , pour se consacrer au service des malades et des pauvres. Ses Instituzioni analitiche, 1718, 2 vol. in— f, ont été traduites en partie par d'Antelmy, sous les yeux et avec quelques notes de M. Bossut, sous ce titre : Traites élémentaires du ealcul différentiel et dn calcul intégral , traduits de l'italien de mademoiselle Agnesi, 1775, in-8". L" Eloge historique de mademoiselle Agnesi, par Frisi, traduit en français par M. Buiilard, a été imprimé séparément, et reproduit à la suite de la traduction des Bienfaits de la Religion chrétienne. 18117, 2 vol. in-8°. A. B— T.
AGNOD1GB, jeune Athénienne qui, pour satisfaire son goût pour la médecine, se déguisa en homme afin de suivie les écoles, dont la loi interdisait l'entrée aux.personucsde son sexe. Suffisamment instruite par Héropbilc, médecin célèbre, elle conserva son déguisement , et eut de grands succès dans la pratique, qu'elle borna |«rliculièrement aux accouchements et aux maladies des femmes. Les médecins, jaloux de su réputation , la citèrent devant l'aréopage , comme ne faisant servir son ministère qu'à corrompre les femmes. Agnodicc n'eut besoin , jMiur se justifier, que de faire connaître son sexe. Us l'accusèrent alors d'avoir violé la loi qui défendait aux femmes et aux esclaves d'étudier la médecine ; mais les femmes des principaux citoyens d'Athènes prirent sa défense, et obtinrent la revocation de cette loi. C. et A— s.
AGNOLO {Baccio n'), sculpteur et architecte florentin, né en 11150, se fit d'abord connaître par des ouvrages de rimesso ou tarsia, sorte de marqueterie ou de gravure sur bois, fort en usage pour les meubles. Les slalles du chœur de l'église de Santa- Maria - Novella sont ornées suivant ce procédé par Baccio d'Agnolo. Il exécuta aussi de la sculpture; les ornements en Iwis qui enrichissaient l'orgue de la même église, ainsi que l'autel de la Nunziata. étaient de lu main de cet artiste. Mais un attrait particulier le portait vers l'étude de l'architecture, et il partit pour Borne afin de s'y livrer. Il n'abandonna pas pour cela la sculpture , et fit briller ces deux talents réunis dans une occasion favorable. Le pape Léon X voyageait en Italie; toutes les villes par où il passait s'empressaient de RMer le pontife; Baccio donna les dessins de plusieurs arcs de triomphe qu'on éleva sur la route. De retour dans sa patrie, il reprit son premier état ; et son atelier de menuiserie devint une sorte d'académie où se réunissaient , pour converser sur les arts, des gens instruits, des artistes, et même des étrangers. On cite, comme faisant partie de celte réunion, Raphaël, alors fort jeune, et
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Michel-Ange. Celte société fui très-ulile a la réputation d'Agnolo, et elle lui valut la «lirection de tous les travaux importants qui se faisaient à Florence. Il exécuta, avec le Cronaca, la décoration «le la grande salle du vieux palais, et bâtît le bel escalier qui y conduit. Il se distingua surtout dans la construction du palais Bartolini, et il en traça le jardin. Cet édifice esl le premier où l'on ait vu des fenêtres carrées surmontées de frontons, et des portes ornées de colonnes. Celte innovation, imitée plus lard avec succès, fut blâmée par les Florentins, qui appliquèrent sur les murs des sonnets satirique*, et des guirlandes de feuillage pareilles a celles qu'on suspend à la façade des églises les jours de fêle, voulant faire entendre par là que ce genre convenait mieux à un temple qu'A un palais; mais Agnolo, qui avait pour lui une grande autorité, celle de 1'. unique, se moqua des critiques, et y répondit en faisant graver au-dessus de la porte ces mots en gros caractères : Carpere promplius quam imitari. Parmi ses autres ouvrages d'architecture, on cite les palais Lanfredini, Taddei cl Borgherini, où il exécuta de belles sculptures en bois; la villa Bello-Sguardo, le modèle de l'église de St-Joseph et St-Nofri, le clocher de l'église du St-Esprit, l'un des plus beaux qui existent, et celui de &mto-Miniatoil Monte, si solidement construit, «pie, lors du siège de Florence, en 13-21), il résista à l'artillerie ennemie. L'architecture extérieure du Duomo de Florence était restée imparfaite depuis la mort de Brunellesehi , dont le* dessins s'étaient perdus; Baccio d'Agnolo fui chargé «l'achever ce monument ; il proposa d'entourer la coupole d'une galerie à jour I ballalnjo) , supportée par des colonnes; il en lit le modèle, et en exécuta même une partie; mais Michel-Ange étant venu à Florence, et remarquant qu'on détruisait les pierres saillantes ipie Brunellesehi n'avait point laissées sans intention, trouvant d'ailleurs qu'on s'écartait beaucoup trop des idées et de l'intention de Brunellesehi , proposa lui-même un aulre projet, et il compara la galerie «le Baccio à une cage à poidets ; le résultat «le cette discussion fut qu'on n'exécuta ni l'un ni l'autre de ces projets. Agnolo composa le maguilique pavé de Ste-Marie del Fiore, et continua de travailler à l'embellissement de l'intérieur de cette vaste fabri«pie. Il conserva jusqu'à son extrême vieillesse son activité, sa force et le jugement le plus sain, et mourut en 1343, âgé de 83 ans. On voit son tombeau à St-Laurcnt. Baccio d'Agnolo laissa trois (ils, Philippe, Julien et Dominique, auxquels il transmit une partie «le ses talents. Julien, le plus connu des trois, continua les ouvrages commences par son père ; mais il exécutait mieux qu'il ne composait. C— n.
AGNOLO (Gabriel n'), architecte napolitain. Vers l'an 1480, florissaient à Naples trois architectes de mérite : Gabriel d'Agnolo, Novello di San-Lucano, et Gio. Francisco Mormando; ils abandonnèrent la manière gréco-gothimie, et ramenèrent le lion goût , qu'ils avaient puisé «lans l'étude des monuments antiques «le Borne. Us élevaient à l'envi des fabriques importantes, et l'une des plus célèbres esl le palais Gravina, construit sur les «lessins «le Gabriel il'Ag-
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nolo, mais que les troubles survenus à celle époque
empêcluVent d'achever. Ce même architecte bâtit les églises de Ste-Marie-P'.gyptienne , de St-Joseph , et quehpies autres monuments ; il mourut vers l'an 1310. C— n.
AGNOLO, ou ANGELO daSiena. Toyez Acos-
TINO.
AGNONIDE était l'un de ces orateurs ennemis de l«iute vertu, et tels qu'il s'en trouvait beaucoup â Athènes. Il eut l'audace d'intenter contre Théophraste une accusation d'impiété, que le peuple repoussa avec indignation, et peu s'en fallut «ju'Agnoni«le n'en fût lui-même victime. Chassé d'Athènes par Antipaler, après la mort d'Alexandre, ainsi que beaucoup d'autres orateurs , il obtint de Pbocion la permission de revenir. Après la mort d'Autipater, Agnonide accusa son bienfaiteur devant Polysperchon et devant le peuple, et le fil condamner à mort; mais il ne larda pas à recevoir le châtiment de son ingratitude ; car le peuple , revenu à lui-même, le condamna à son tour au dernier supplice. C — u.
AGOBAIU), né dans la Gaule belgique, au diocèse de Trêves, a la lin du 8e siècle, fut ami «le Lcydrade, archevêque de Lyon, qui le choisit nonseulement pour son coatljuteur, mais encore pour son successeur, et le lit même ordonner par trois évêques. Celle ordination, très-irregulière, lit gran«l bruil parmi les évéques de France; mais elle fut mi liée, OU plutOI rectifiée. Agobard était un de ces hommes impétueux qui vont au bien sans ménagement et sans tolérance , et qu'il est souvent facile d 'égarer. U prit juirt à la révolte des enfants de Louis le Débonnaire , et se lit «listinguer par ses écrits à ce sujel : on croit même qu'il fut le rédacteur du bref que le pape Grégoire IV publia contre Louis le Débonnaire; mais il reconnut son erreur, et , après avoir été déposé en 833 |»ar le concile de Thionville, il fut rétabli, et mourut le 6 juin 810, en SthUOttge, où il était allé pour des affaires publiques. A propos du bouleversement qu'il y eut dans le royaume , on a dit « qu' Agobard était né dans le siècle d'or de Charlc- « magne, «ju'il avait brillé dans le siècle d'argent de « Louis le Débonnaire, et qu'il était mort dans le siècle « de fer oes enfants de cet empereur. » Nous remarquerons cependant qu'il est mort sous le règne de L<iuis le Déb«)nnaire, qui descendit au tombeau quatorze jours après lui. Agobard était un très-savant personnage , et fut lié avec Adalhard , et autres hommes illustres du temps. U a laissé un grand nombre d'écrits; les trois premiers «ju'il composa, et les trois plus célèbres, sont ceux «pi'il «lonna contre Félix d'Frgel, contre les juifs, et contre la loi Gombcttc. Celle loi , qui autorisait les duels juridiipies , fut abrogée à sa sollicitation. Agobard écrivit contre les épreuves de l'eau et du feu , etc. , qu'on appelait alors les jugements de Dieu. Les orages fréquents, occasionnés à Lyon par le v«iisinage de deux rivières et de montagnes élevées, furent la matière «l'un écrit d' Agobard, qui comlwttit l'opinion généralement reçue alors, que «vs tempêtes étaient excitées à volonté par «les sorciers qui tiraient parti de cette erreur. Agobard a composé beaucoup d'autres ouvrages; on trouve 1a
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traduction de queltnies-uns dans l'Histoire de Lyon , par le P. Mencstrier. Papyre Massou entra chez un relieur qui allait mettre en pièces un manuscrit en parcliemin pour en couvrir des livres ; ce manuscrit contenait les ouvrages d'Agobard ; il en lit l'acquisition, le déchiffra et le lit imprimer à Paris, 1606, in-8°. Il y avait ajouté de» sommaires, des notes et une préface : celte édition fut censurée à Rome , à cause du Traité du culte des images. Le grand nombre de fautes qui s'y étaient glissées engagea Baluze h en donner une seconde, qui parut en 4666, 2 vol. in-8°. Elle est augmentée des quatre livres d'Agobard contre Amalarius, et a été réimprimée dans le t. 44' de la Bibliothèque des Pères. A. B— T.
AGOCCHI (Jean-Baptiste), archevêque d'Ainasie. et secrétaire d'État du pape Grégoire XV, né à Bologne, et mort en 4651, a Venise, où il était nonce du saint-siége. Ou a de ce savant prélat une lettre en réponse an cluuioine Barthélémy Dolcini , sur la fondation et la puissance de la ville de Bologne , Y An tira fmdazione e dominia delta cilla di Botogna, Lettera responsiva, etc., Bologne, 4 638. Agocchi avait aussi laissé en latin un traité des comètes, un autre des météores, des lettres, et, en italien , plusieurs traités sur la morale, sur les arts, et sur divers autres sujets; mais aucun de ces ouvrages n'a été rendu public. G — É.
AGOBACB1TE, de Paros, fut l'élève favori de Phidias , qui , pour le mettre au-dessus de ses rivaux , lui sacrifiait jusqu'à sa gloire, o Phidias, dit l'abbé h Bartbélemi , traçait sur ses propres ouvrages le nom a de son jeune disciple, sans s'apercevoir que l'élé- « gance du ciseau dévoilait l'imposture et trahissait ■ l'amitié. » Agoracritc ayant concouru pour une statue de Vénus avec Alcamènes, autre élève de Phidias, et originaire d'Athènes , eut la douleur de voir couronner son rival, par l'injuste prévention des Athéniens en faveur de leur compatriote. Agoracrite indigné vendit sa statue aux habitants de Bhaninus, bourg de TAttique , sous la condition qu'elle ne rentrerait jamais dans Athènes; et, pour éterniser son ressentiment , il la nomma Nmésit. C'est de là que venait le surnom de Rkamnusienne , que les anciens donnaient quelquefois à la déesse de la vengeance. Varron regardait celte statue comme la plus belle de l'antiquité. Agoracrite se faisait remarquer par sa beauté et par l'agrément de ses manières; il vivait dans la 85» olympiade. ( Yoy. Alcamènes. ) L— S— e.
AGOSTI (Jules), de Reggio, mort très -jeune en 4701. On a de lui deux tragédies, Artaxerce, 1700, Cianippe, 4700, et un oratorio des Larmes de Marie pendant la passion de Jésus-Christ, Apostolo Zeno, après aToir lu le premier acte de Cianippe, en a loué le style dans une de ses lettres, et a témoigné le plus grand regret de la mort prématurée de l'auteur. G — E.
AGOSTIN (Michel), agronome espagnol, enseigna le premier à ses compatriotes que l'agriculture est une véritable science fondée sur l'expérience et l'observation, et fut ainsi pour l'Espagne ce qu'Olivier de Serres avait été pour la France. Michel était
névers4560,à Banolas près de Girone ; il entra jeune dans l'ordre de Malte, et trouva, dans plusieurs croisières sur les côtes de Barbarie , l'occasion de signaler sa valeur. En récompense de ses services, il obtint le prieuré de St-Jean de Perpignan, et y fixa sa résidence. Il s'occupa d'améliorer les terres qui dépendaient de ce bénéfice, multiplia les essais, et parvint, dans l'espace de quelques années, à fertiliser un canton regardé jusqu'alors comme peu productif. Michel consigna les résultats de sa propre expérience dans un ouvrage écrit en dialecte catalan, qui fut imprimé en 4027. Bientôt après, cédant au désir de ses amis , il traduisit son ouvrage en castillan, y fit quelques additions, et le publia sous ce litre : Libro de los Secrelos de agricuttura, casa de campa y pastoril , Perpignan, 4626, in-4°, fig. Les Secrets de l'agriculture ont été réimprimés plusieurs fois, Saragosse, 4010; Barcelone, 4740, etc.; mais l'édition la plus estimée est celle de Madrid , lbarra , 4781, in-4°. L'ouvrage est divisé en cinq livres dans lesquels l'auteur traite des divers modes de culture, de toutes les parties de l'économie rustique et du soin des troupeaux. Il est terminé par un index ou table des termes d'agriculture , en six langues. V —s.
AGOSTIM ( [Nicolas decli), poète vénitien du 40* siècle, est auteur : 4" d'un poème en octaves, sur les succès des guerres d'Italie depuis 4500 jusqu'en 4321, ouvrage que le savant Tiraboschi range parmi ceux qui n'ont rien de poétique que la mesure des vers; 2° d'un poème en trois chants, intitulé lo Innamoramento di Lancilnllo e di Gincvra ; 3° des trois livres qui font suite au Roland amoureux, du Boïardo: 4- d'une traduction des Métamorphoses d'Ovide, inférieure à celle de l'Anguillara , etc. Il ne faut pas le confondre avec le P. Jean Agostini, franciscain, de qui l'on a les Vies des auteurs vénitiens , 2 vol. iu-4", Venise, 4760, et qui avait donné précédemment plusieurs ouvrages de différents genres en prose et en vers. G — é.
AGOSTINI (Lionaiido), célèbre antiquaire, natif de Sienne , fleurit vers le milieu du 47" siècle ; sous le pontifical d'Urbain Y 111, il vivait à la cour du cardinal Barberini, et, plus tard , le pa|»e Alexandre VU, qu> l'estimait beaucoup, lui donna la charge d'inquisiteur ou d'examinateur des antiques dans tout le pays latin. 11 a laissé les deux ouvrages suivants, qui sont rares et estimés : 4» la Sicitia di Filippo Parula, deseritta con medaglie , cxm la giunta di Lionardo Agostini, Rome, 4649, in-fol. Ce n'est qu'une nouvelle édition de l'ouvrage que Parula avait publié âPalcrme, en 4642, in-fol., sous ce titre : Délia Sicilia di Filippo Parula, descrilla con medaglie , parte prima. Cette première partie , qui est devenue très-rare, ne contenait que la représentation gravée des médailles : leur explication devait suivre, dans une seconde partie qui n'a jamais paru. Agostini a employé les mêmes planches qui avaient servi à Paruta ; il a augmenté d'environ quatre cents médailles le nombre de celles qui étaient dans la première édition ; mais il n'y a pas non plus ajoute d'explications. Après sa mort, les planches de Panila ayant passé dans les mains d'un libraire,
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nommé Marc Maier, celui-ci damna à Lyon, en 1697, une nouvelle édition in-fol. du même ouvrage, sous ce titre : la Sicitia di Filippo Paruta, descritta con medaglie , e ristampata con aggiunla di Lionardo Agotlini, hora in miglior ordine disposta da Marco Maier , arrichita d'una descrizionc compendiosa di quella fumosa isola, etc. ; mais, malgré ces explications, et les détails historiques ajoutés par l'éditeur, celte édition est beaucoup moins estimée que celles de Paruta et d' Agostini. L'édition la meilleure et la plus complète est celle (pie Sigebert llavercamp en a faite enlatin,àLcydc, 1723, en 3 volumes in-fol., avec des commentaires où il y a des recherches utiles; ces trois volumes forment les 6' , 7* et 8* du Thésaurus Anliquilatum et Ilistoriarum Siciliat, de Jean-George Gravi us et Pierre Burmann. 2° Le Gemme antichc figurale di Lionardo Agotlini, con le annolasioni del sig. Gio. Pielro Bellori, première partie, Rome, 4636 et 1657, in-4D; seconde partie, Rome, HilO, in-4\ Les deux parties ont été réimprimées ensemble à Rome , en 2 volumes in-4°, en 1686. Eu 1702 , Dominique de Rossi en donna une éditiou augmentée, qui fut aussi imprimée à Rome, en 2 volumes in-4° ; et, en 1707, il en parut dans la même ville une 4e en l volumes grand in-4", publiée, avec une foule d'additions, par Paul- Alexandre Mafl'ei, sous ce titre : Gemme antiche figurale , date in luce da domenico de Rossi , colle sposizioni di Paolo Alessandro Maffei, etc. Quoique celte édition soit beaucoup plus considérable que les précédentes , la première est celle que l'on estime le plus , à cause de la beauté des dessins dont elle est ornée. L'ouvrage d'Agostini a été traduit en latin par Jacques Gronovius, qui y a ajouté une savante préface : celte induction a été publiée à Amsterdam. I6S5 , in-4°; elle a été réimprimée à Franeker, en 469», in-4°. Clément (Bibliothèque rurieuse) ne parait pas avoir eu connaissance de l'édition de 1656; Chrétien Golllieh Jovher, Dictionnaire des Savants, attribue encore à Lionardo Agostini un autre ouvrage, intitulé : Consiglier di pace. C'est une erreur : cet ouvrage est de Lionardo Agosti. A. L. M.
AGOSTINI (le P. Jean Degu), biographe savant et laborieux, naquit a V enise, le 10 décembre 4701, d'une famille honorable. 11 fut conlié dans sa jeunesse a d'habiles maîtres sous lesquels il lit de rapides progrès dans les lettres. A peine âgé de seize ans, il composa dans le langage vénitien un Pronostic joyeux pour l'année 1717, et le fit imprimer, format in- 10, en gardant l'anonyme. Vers le même temps, il publia des stances sur la victoire remportée par le prince Eugène à Delgrade. Il annonçait un penchant décidé pour la poésie; mais, séduit par le brillant des Seicentisti, qu'il avait choisis pour modèles, il n'aurait pu qu'augmenter le nombre déjà si grand des marnais poètes, si les sages conseils d'un de ses oncles maternels ne l'eussent détourné de cette carrière. Cet oncle était religieux de l'observance de Si 'François à Venise. Dans les fréquentes visites qu'il lui rendait, le jeune Agostini prit du goût pour la vie monastique. En prononçant
ses vœux, il quitta le nom de Pierre- Marie, qu'il portait dans le monde, pour prendre celui de Jean, sous lequel il est connu. Envoyé par ses supérieurs à Corfou pour y faire son noviciat, il vint ensuite étudier la philosophie à Naplcs et la Uiéologie à Padoue. A son retour, il professa la scolastique dans divers couvent s de son ordre, jusqu'en 4730, qu'il fut nommé bibliothécaire du couvent délia Vigna à Venise. Il ne tarda pas à montrer combien il était digne de ce nouvel emploi. Par ses soins, la bibliothèque s'enrichit d'un grand nombre de bons ouvrages, et il en dressa le catalogue avec beaucoup d'exactitude. Doué d'une vaste mémoire, et notant d'ailleurs tout ce qu'il trouvait de remarquable dans ses lectures, il acquit promptement des connaissances très- variées. 11 fut recherché des savants : parmi ceux avec lesquels il contracta des liaisons intimes, on nommera Mazzurhelli, le P. Cosladoni et Marc Foscarini [voy. ce nom), depuis doge de Venise. Tous trois aimaient et cultivaient i histoire littéraire; et à leur exemple, le P. Agostini tourna ses études de ce côté. Il avait d'abord formé le projet de publier l'histoire de l'ordre de l'observance, dans la province de Si- Antoine; mais les obstacles que lui opposa la mauvaise volonté de ses frères le forcèrent d'y renoncer. 11 entreprit alors l'histoire littéraire de Venise ; il l'abandonna, sur l'avis qu'Antoine Sforza s'en occupait, et que Sforza pouvait compter sur la coopération du savant Ai>ostolu Zeno. Ne voulant pas rester oisif, il préparait une édition corrigée et augmentée des Scriplores ordin. minorum du P. VVadding [voy. ce nom ) ; mais , sur ces entrefaites, Sforza mourut, cl le P. Agostini revint à l'idée «le donner à Venise une histoire digne de la célébrité de cette république. Cet ouvrage important, [tour lequel il n'é|iargiia ni soins ni recherches, l'occupa le reste de sa vie. Il mourut dans le couvent délia Vigna, en 1755, à 53 ans, âge qui semblait lui promettre de pouvoir terminer le monument qu'il avait Commencé à la gloire de sa patrie. Les Xotizie islorico-critiche inlorno la vila e le opère degli scritlori teneziani, etc., forment 2 volumes in— 4". Le premier parut en 4752, et le second, en 1754. Ils renferment les vies de soixante-six auteurs qui ont fleuri de 4315 à 4591 • Le troisième volume existe en manuscrit dans la bibliothèque des cordeliers délia Vigna, ainsi que les nombreux matériaux que l'auleur avait rassemblés pour la continuation de cet ouvrage, qu'il se proposait de conduire jusqu'au 48' siècle. I>e8 critiques italiens blâment le style trop négligé du P. Agostini ; mais tous s'accordent à louer sa candeur et l'exactitude de ses recherches. 11 est mutile de mentionner ici quelques opuscules, depuis longtemps oubliés, du P. Agostini; mais on en trouvera les titres dans la notice assez étendue que le P. Moschiui lui a consacrée dans la Storia délia letteralura veneziana del 18" secolo, t. 2, p. 183-87. W— S.
AGOSTLNO et AGNOLO, ou AXGELO nv Sien a, sculpteurs et architectes, étaient frères; le premier naquit vers l'an 1 269. Ils appartenaient à une bonne famille de Sienne, et leurs aïeux s'étaient
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déjà distingués dans la carrière des arts ; car on trouve qu'ils bâtirent, en <190,la Fonte Branda, célèbre fontaine de Sienne. En 1284, Giovanni, fameux architecte pisan, qui revenait de Naples, s'étant arrêté à Sienne pour construire l'église cathédrale il Duomo, et ayant reconnu les talents précoces d'Agostino (il n'avait que quinze ans), lui confia la direction de ces travaux. Ce jeune artiste, qui chérissait son frërc Angelo, voulut lui faire partager les avantages de sa position; il devint son maître, et le mit bientôt en état d'associer son nom au sien. Tous deux, adoptés en quelque sorte par Giovanni, accompagnèrent leur protecteur à Pistoie, à Pise et en d'autres lieux, et l'aidèrent jusqu'à sa mort dans l'exécution de ses importants travaux; revenus dans leur patrie, les deux frères, qui avaient acquis une grande réputation, Turent nommés architectes île la ville en 1517. Ils exécutèrent la façade du Duomo, commencé par leur maître, et, en 1321, ils bâtirent, sur leurs propres dessins, la porte Romaine et celle nommée la Tufî. L'an 132G, ils commencèrent l'église et le couvent de St-Françpis, et furent appelés à Orviette jiour décorer de sculptures la façade de l'église de Ste-Marie. Favorisés par la fortune, autant que le méritaient leur tendre union et leurs talents, ces deux artistes inspirèrent le plus vif intérêt à Giotto, qui, passant par Orviette, admira leurs sculptures, et les choisit pour exécuter sur ses dessins le fameux tombeau de Guido, seigneur et évèque d'Arezzo. Ce monument est très-remarquable, et l*uu des plus beaux du 14* siècle. On y voit seize bas-reliefs qui ont été décrits avec soin par Vasari, et surtout par I.orenzo Quazzesi. Les deux frères lireut aussi pour Bologne un grand bas-relief, qu'on voit au-dessus du maître-autel de l'église de St-François, et qui leur coûta huit ans de travail. La ville de Bologne s'êtant donnée au pape Jean XXII, ce pontife, pour s'en assurer la possession, lit ele\er une forteresse, dont on conlia la construction aux deux frères ; mais le pape n'ayant point tenu les promesses qu'il avait faites aux Bolonais, ils secouèrent le joug, et abattirent celte forteresse. Dans le même temps, le Pô déborda sur le territoire de Mantoue et de Ferrare ; il périt plus de 10,04)0 personnes dans cette inondation. Agoslino et Angelo, appelés comme ingénieurs, contraignirent le fleuve à rentrer dans son lit, et lui opposèrent de puissantes digues. A leur retour dans leur patrie, en 1338, ils érigèrent plusieurs monuments, tels que l'église Ste-Marie, une belle fontaine, la grande salle et la tour du Palais. Angelo avait été seul à St- François- d' Assise pour construire le toml)eau d'un cardinal ; pendant celte absence, Agoslino, qui était resté à Sienne, où il faisait exécuter les ornements de sculpture de la fontaine, mourut presque subitement, et fut enterré avec honneur dans la cathédrale. II semble que le sort d'Angelo fût lié à celui de son frère; car, depuis la mort de celui-ci, on n'entendit plus parler de l'autre, et l'époque, aussi bien qtie le lieu où il t, sont également inconnus. C — >
AGOSTINO ou AUGUSTIN, célèbre impri-
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meur du 15* siècle, se nommait Carnerio Son père, Bernard, libraire distingué par son talent et par sa probité (1), lui procura tous les avantages d'une bonne éducation. Augustin lui en témoigne sa reconnaissance dans la souscription de la plupart «les ouvrages sortis de ses presses. Ce fut en 1474 qu'il commença d'exercer à Ferrare. Comme dans la souscription de son édition d'Horace, il se qualifie puer (2) , on peut en conclure qu'il louchait encore à l'enfance ; cependant on ne connaît aucune édition de cet artiste qui soit postérieure à 1470, ainsi Carnerio n'exerça que pendant trois ans. Quels motifs le lirent renoncer si promptement à un art qui conduisait alors à la considération et à la fortune? c'est ce qu'on n'a pu découvrir. Outre l'Horace, Augustin mil au jour, en 1474, les Vile di SS. Padri (c'est une traduction des Vies des Pères , par SL Jérôme ), et la Grammaire latine de Léonicénus. Suivant le P. Laire (Index libror., t. 2, p. 204), il aurait publié, la même année, la Mythologie d'Hygin; mais il est certain qu'elle ne parut qu'eu 1475. Ce fut également en 1473 que la Téséide de Boccace, et le Faliche d'Ereole de Bossi sortirent des presses d'Augustin. En 1476, il mit au jour les Métamorphoses d'Ovide. Ces sept ouvrages, exécutés en caractère rond, sur beau papier, sont les seules éditions d'Augustin connues jusqu'à ce jour ; elles sont toutes de la plus grande rareté. Voy. les Annales typographiques de Panzer, t. 1 et 4. W— s.
AGOSTINO (Paolo), de Valerano, compositeur de musique, né en 1395, fut élève de Bernardo Nanini, musicien de l'école romaine, et succéda à Soriano, comme maître de la chapelle pontilicale de St-Picrre. On le regardait comme un des plus savants et des plus féconds compositeurs de son temps dans tous les genres ; et ses compositions pour quatre, six et huit voix, étaient l'objet de l'admirai ion de toute la ville de Rome. Le P. Martini a conserve d'Agostino un Agnus Dri, à huit parties, qui est d'une composition très-rernarquahle. Dans quelques biographies étrangères, ce compositeur
est désiré sous le nom d'Agostini.
AGOSTINO (Ajston.). Voyei Augustin.
AGOTY. Voyez Gautier d*.
AGOLB (Joseph), né au Caire le 18 mars 1795, quitta l'Egypte avec l'armée française et vint en France à l'âge de six ans. Il fut mis dans un collège à Marseille; il y lit de très-brillantes études, et, dès Pàge de dix -huit ans, il laissa échap|ter quelques étincelles de génie qui décelaient le poète et le philosophe. Arrivé à Paris vers 1820, époque à laquelle commence sa carrière littéraire, il se livra tout entier à l'étude de l'arabe, sa langue maternelle; et ses connaissances dans l'arabe vulgaire furent d'une grande ressource pour la diplomatie et le commerce. Sa réputation d'habile orientaliste se répandit bientôt dans le mond< il fut recherché par tous les appréciateurs du
(I) Augustin k nomme
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lent ; et le gouvernement lui-même fit preuve de justice et de discernement en le nommant professeur de langue arabe au collège de Louis-le-Grand (1). Plusieurs sociétés savantes, qui l'avaient accueilli, réclamaient une grande partie de ses veilles , et cependant il sut encore trouver le temps de faire une traduction de l'antique Bidpaï, qu'il voulait publier avec un texte plus pur et plus complet (pic tous ceux <pii avaient déjà paru. Un travail forcé avait porté atteinte à sa santé; niais l'espoir de retirer quelque gloire de ses nombreuses recherches était un grand allégement à sessounVances. Il comptait sur le traitement de sa chaire de professeur pour livrer ses manuscrits à l'impression, lorsqu'il fut destitué en 1831, et réduit à une très-modique pension. Les démarches de ses amis, ses réclamations faites au nom de la science, rien ne put ébranler la décision du ministre des affaires étrangères. Une injustice si odieuse lui porta un coup mortel : il quitta Paris avec sa femme, lille du brave colonel Pierre, et un jeune enfant d'une mauvaise santé ; il se rendit à Marseille pour chercher des consolations auprès de son frire, négociant de cette ville ; mais il ne put résister au violent chagrin qui le rongeait, et il mourut dans les premiers jours d'octobre 1832. Les derniers accords de sa lyre, adressés à M. Casimir Delavigne et à M, de l'ougcrville, retentirent encore une fois dans l'enceinte de la société l'hilotechnique, dont il était un des principaux membres. I ne notice bibliographique complète sur Agoub serait impossible : écrivant dans presque tous les journaux scientifiques, dans les revues périodiques, notamment dans la Revue encyctopèdùpjc, dans le Journal de la société asiatique, (lans le Bulletin universel des sciences, publié sous la direction de M. le baron de Férussae, etc., il a peu fait imprimer à part; nous renvoyons à ces différents recueils, et nous nous contenterons de donner ce que nous avons pu recueillir : 1" Discours historique sur l'Egypte, Paris, 1825, in-8°; c'est l'introduction à Y Histoire d'Êgypte [stms Mohammed-Ali, par Félix Mengin) Paris, 1823, 2 vol. in-8°, tirée à part à cinquante exemplaires. 2' La Lyre brisée , dithyrambe à madame Dufresnoy, 1" et 2» édition, 1825, in-8°. Ce poème a été traduit en vers arabes (et imprimé il y a quelques années in-8°) par le eheik Refalia, savant professeur du Caire, qui était venu à Paris, où il s'était fait le disciple d/ Agoub. C'est le premier poème français qui
(0 C'est dans cet établissement célèbre, que, sous la direc lion de M. Jomard, jeunes Egyptien* envoyés en France par le vice-rui Méliémet-Ali retrouvèrent dans Ag.mh le savant professeur qui. déjà leur mit bit on cours de grammaire ral*onnee a l'école égyptienne, roc de Clirhy. Il continua de leur expliquer, en arabe et en françaiv la théorie des dru* grammaires, et de leur démontrer par le raisonnement, d'après les principes de la grammaire générale, les règles de noire langue lorsqu'elles n'avaient pas leur analogi.- dans 1a lynlaie arabe. Celle méthode obtint de prompts résultats. Un des élève» d'Agoub ne larda pas a Iraduire la Vie tti ptni illustre* p>>i- Intopkd it tamiquile, attribuée a Fenelon; un aulre, le rlirik Reflha. tradnlsii les F.lhnfnls dt ûtmHtk par Legnulre. et U imprimer une version en vrrs arabe* du meilleur poème de son professeur. la Lire *ei«ee. C'est ainsi qu'Agoub a contribue an grand ou s rage de la régénération des science» cl de» lettres, qui s'éUieul
V— va.
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ait été traduit en vers arabes. 3° Dithyrambe sur l'Egypte [Revue encyclopédique, 1820, octobre). Par os poëme et ptr h Lyre brisée, Agoub s'était placé entre les premiers poêles français de notre aile. 4° Discours sur l'expédition des Français en Egypte, considérée dans ses résultats littéraires (introduction au Journal de l'expédition anglaise, par le capitaine T. AVals, 1823, in-8°). 5° Les Derniers Moments, élégie (Jfervurv, 1823). 0° La Pauvre Petite, élégie ( Roses Provençales, 1824). 7° Mauuls arabes, chants qui ne consistent qu'en une seule strophe, à la fois érotiques et élégiaques, qui tantôt se rapprochent de la romance française et tantôt revêtent la couleur anacréoutique : on n'y trouve presque jamais qu'une idée, qu'une image, ou qu'un sentiment ( imprimés dans le Journal Asiatique). Agoub se proposait de publier un recueil de ces petits poèmes, avec, le texte en regard et des notes critiques ; il désirait que notre littérature s'appropriât quelques-unes des richesses poétiques de l'Asie : a Elle y puiserait, disait-il, comme a une source « vierge encore, une série féconde de sentiments et « de pensées, d'images et d'expressions ; elle s'y émet preindrait surtout de ce charme oriental qu'on ne « sait pas définir, mais qui semble rajeunir nos idées. « en les dépouillant un moment des formes d'une et- « vilisation trop mûrie. » 8* Le Sage llcycar, conte arabe, traduit et inséré dans les Mille et une Nuits, de Gaultier, 1823-1824. 9° Des règles de l'arabe vulgaire [ Journal de la société asiatique, juin 1826 ; vingt-cinq exemplaires à part). Son beau travail sur Bidpaï était terminé et devait former deux volumes in-8°. 11 est à désirer que cet ouvrage ne soit pas perdu pour notre littérature. Nous n'avons que la tratluction très-incomplète de Galland et de Cardonne. ( Voy. CxruiosNE. ) C'est sur sa traduction, précédée d'un savant discours préliminaire, qn' Agoub fondait son premier titre à une renommée durable. On a publié à Paris, en 1835, les ouvrages d'Agoub que nous venons de citer, un vol. in-8', qui contient, en outre : la traduction des Maouls arabes, dont une grande partie était inédite ; un Coup itœil sur l'Egypte ancienne, ou Analyse raisonnée du grand ouvrage sur l'Egypte; les Derniers moments, élégie; l'Étrangère; l'Avènement de Louis Philippe I", etc. F— A et V— VI.
àGODLT (Guillaume n'), gentilhomme et poète provençal du 12* siècle, mourut en 1181. « 11 « étoit, dit Duverdier, excellent en savoir et honnéo teté, exemplaire et vrai censeur, en tonte sa vie, b bénin et modeste. » 11 épousa .lausserande de Lupet, à la louange de latpielle il lit maintes chansons, qu'il adressa à lldephonse, premier du nom. roi d'Aragon, prince de Provence et comte de Barcelone, de la maison duquel il était premier gentilhomme. Il se plaignait que, de son temps, on n'aimait plus comme on devait, et fit à ce sujet un traité intitulé : la Maniera d'amar del temps passât. Il y dit mie nul ne doit être prisé, s'il n'a l'amonr en singulière recommandation. Ses rruvres ne sont point imprimées. La famille Agonit existe dans le Dauphiné et la Provence. A. "
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AGOULT lCMARLES-C0>STASCE-CtS.\R-L0CI^
Joseph-Matthieu n'j, ne à Grenoble, en 1747, de la même famille que le précédent, fut destiné dès l'enfance à l'état ecclésiastique, et vint terminer ses études théologiques au séminaire de Sl-Sulpiee à Paris. Il fut ensuite pourvu du grand vicariat de Rouen avec le titre d'archidiacre du Vexin français, et, le 1.3 mai 1787, il fut élevé sur le siège épiscopal de Pamicrs; mais son goût l'entraînait vers l'administration publique; il avait fait une étude particulière de l'économie politique, des sciences financière et commerciale , et se serait probablement distingué dans cette carrière, si les événements de la révolution n'étaient venus lui en fermer l'entrée. En 1789, il rédigea le Rapport unanimement adopté par les commissaires de l'ordre de la noblesse du comté de Foix, nommés par délibération de la noblesse du 9 février, pour examiner les plaintes et demandes de quelques communes, in-4° ; et peu de temps après, il quitta la France pour se retirer à Soleure. Ce fut de cette ville qu'il envoya sen adhésion à l' Exposition des principes des évéques de l'assemblée, qui avait été rédigée par M. de Boisgclin, relativement au serment d'obéissance à la constitution civile du clergé, que l'on exigeait des ecclésiastiques. Il publia aussi, sous la date de Soleure, le 9 mai 1791, une Ordonnance sur l'élection de Bernard Font, curé de Serres, comme évéque constitutionnel de l'Ariégc, et un Avertissement pastoral au clergé et aux fidèles du diocèse de Pamiers, pour les prémunir contre le schisme. Cependant, au mois de novembre 1790, un ordre de Louis XVI avait engagé M. dWgoult à revenir ù Paris : il y eut plusieurs conférences avec 1 Infortuné monarque et avec la reine, entra dans la confidence île leur
Îirojet de quitter la France, en concerta avec eux es principales dépositions, et ne sortit de Paris, pour retourner en Suisse, qu'environ un mois avant le funeste voyage de Varennes. Quelques années après, les événements politiques le contraignirent de passer en Angleterre ; mais en 4801 , ayant donné sa démission de son évéché de Pamiers, il put rentrer en France, où il a depuis constamment vécu sans fonctions publiques. Ou prétend cependant qu'après la seconde rentrée de Louis XVIII, il hit question de lui confier le portefeuille des finances. Ce prélat est mort à Paris, le 21 juillet 1824. Outre les opuscules cités, on a de lui : 1* Principes et réflexions sur la constitution française (anonyme), in-8* de 26 pages. 2° Conversation avec B. Uurke, sur l'intérêt des puissances de l'Europe, Paris, Egron, 1814, in-8°, imprimé a petit nombre d'exemplaires. L'auteur avait eu, pendant son séjour en Angleterre, linéiques relations avec ce célèbre publiciste. 3° Projet d'une banque nationale, Paris, Egron, 1815, in -4" de 9 feuilles. C'est un mémoire qui avait été présenté à Louis XVI, mais auquel l'auteur fit subir quelques modifications avant de le livrer à l'impression. 4" Eclaircissement sur le projet d'une banque nationale et réponse aux obiections faites contre ce projet, Paris, tigron, 1816, in-4° de 6 feuilles. 5'* Lettre à un jacobin, ou Ré-
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flexions politiques sur la constitution d'Angleterre et la charte royale, considérée dans ses rapports avec l'ancienne constitution de la monarchie française, Paris, Egron, 1815, in-8" ;— seconde édition, 1816 : l'auteur a rassenrblé dans l'appcndix les principes de l'ancienne constitution française, qu'il met au-dessus de toutes celles des peuple» connus. 6° Des Impôts indirects et des Droits de consommation, ou Essai sur l'origine et le système des impositions françaises, comparé avec celui de l' Angleterre , suivi d'un examen de deux projets de finances, attribués à des membres de la commission du budget de 1816. Paris, Égron, 1817, iu-8". 7" Essai sur la législation de la presse (anonyme), Paris, 4817, in-8° de 53 |wge.s. Barbier, dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes, lui attribue un pamphlet politique intitulé : Ouvrez donc les yeux, 1789, in-8". Z.
AGOULT (A.ytoine^Jea.n, vicomte d'), frère du précédent, naquit à Grenoble en 1750, et suivit la carrière des armes. Il servait en 1768 dans les mousquetaires, d'où il passa, le 30 mars 1781 , dans les gardes du corps avec le grade de sous-lieutenant. Devenu mestre de camp eu 1785 , et commandeur de l'ordre de St-I-azare en 1787 , il sortit de France en 1791, et alla rejoindre l'armée des princes, avec laquelle il lit la campagne de 1792. Après le licenciement, il se rendit auprès de Louis XV111 à Vérone, s'attacha à la personne de ce prince, raccompagna dans ses voyages en Allemagne , en Russie , en Angleterre , et rentra avec lui en France en 1814. 11 fut promu, la même année, au grade de maréchal de camp et de commandeur de l'ordre de Si- Louis. L'année suivante, il obtint le titre de premier écuyer de madame la duchesse d'Angnuléme. En 1821, le vicomte d'Agoult fut nommé gouverneur du château de St-Cloud, et le 25 décembre 1823, pair de Frauee. Il prit peu de part aux Iravaux de cette assemblée, et mourut à Paris le 9 avril 1828. F— tt.
AGR.EI S (Claioe-Jean), savant jurisconsulte suédois du 17" siècle. 11 enseigna le droit à l'université île Dorpat , relevant alors de la Suède , et publia des ouvrages qui répandent du jour sur la législation des pays du Nord; le principal a pour titre : Leges Sudromanica et Wcsmanica, ex aniiquis archivi regii cod. dcscripla, et ad leges regni suetki reliquat collatœ, Stockholm, 1666. — Il y a eu en Suède quelques autres savants du même nom qui ont écrit sur les antiquités, l'histoire et la morale. C — AU.
AGRAIN (Eustaciie d' ) fut, pendant la première croisade, prince de Sidon et de Césarée, connétable et vice-roi de Jérusalem. Il était parti de Languedoc en 1096, avec Raymond, comte de Toulouse, qui conduisait une année forte de 100.000 croisés , à la tète desquels on voyait les plus illustres chevaliers du temps. ( Voy. Raymond. ) Les brillants exploits de d'Agrain lui méritèrent, du roi Baudouin, les dignités dont nous venons de parler, et, de plus, la souveraineté de Sidon et de Césarée, qu'il transmit à ses enfants. Ce monarque ayant été
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pris dans une embuscade, le patriarche et les généraux de l'année élurent d'Airain vice-roi d'Acre ; et les succès qu'il obtint contre le Soudan d'Egypte le firent surnommer l'épée et le bouclier de la Pa- Irstine. — Hugues D'AOKAIM , son |>eUt-fils , se fit remarquer dans une ambassade au Caire , qui lui fut coudée en 1182, par Amaury. roi de Jérusalem; au rapport de Guillaume de Tyr, il s'y conduisit avec mie habileté au-dessus de son âge , et parvint à conclure un traité de paix avec le calife. Ses descendants se sont alliés aux maisons souveraines. Julien , le septième d'entre eux, épousa , en la fille du roi d'Arménie. Cette famille, originaire du Vivarais, obtint le privilège de porter l'épée nue a la procession de la féte de IS'otre-Dame-du- Puy, en mémoire des services qu'elle avait rendus à l'Église en Orient, et des reliques qu'elle avait envoyées à la métropole du Velay. Deux branches de cette ancienne maison existent encore. 0— S.
AGltAZ (A moine), né à Païenne en 46 H), et mort en 4G72, était d'origine espagnole et fils d'Alphonse Agraz, qui avait exercé en Sicile une charge de magistrature. Son savoir lui obtint l'amitié de Pierre d'Aragon , vice-roi «le Naples , et des papes Clément IX et X. Il n'a publié que deux ouvrages latins |kmi importants : l'un est un discours adressé au pipe Clément X, au nom du roi d'Espagne Charles II, et de la reine, Rome, 4071 ; l'autre est intitulé : Donalivum roluntarium pnlHicum , diatribe , /font*, 1072, in T. Il a laissé plusieurs autres ouvrages non imprimés , dont on peut voir les litres dans la Itibliothera Sicula de Mongitore. G — É.
AGI! EDA (Marie n'), de la famille Coronel, qui tout entière embrassa l'étal religieux. Le père de Marie (François Coronel I et ses deux frères prirent l'habit de Si - François. Sa mère ( Catherine Arcna) et sa saur firent profession dans un couvent que cette famille fonda, en 1010, à Agreda, ville d'Espagne , sur les frontières d' Aragon , pour obéir à une prétendue révélation. Marie , née en 1002, y fit «es vœux en 1020, le môme jour que sa mère , et fut élue supérieure sept ans après. Depuis ce temps, elle crut avoir de fréquentes visions, dans lesquelles Dieu et la Ste. Vierge lui donnaient l'ordre réitéré d'écrire la vie de la Mère de Dieu. Marie d'Agreda résista pendant dix années a ces ordres; enfin elle commença à les exécuter; mais un prêtre, qu'elle consulta en l'al)sencc de son confesseur ordinaire, l'engagea à jeter ses écrits au feu : ce dernier lui fil recommencer son travail mystique. Dieu et la Ste. Vierge lui réitérèrent en songe le même commandement, et Marie Agreda acheva enfin, en , la Vie de la Ste. Vierge. Cet ouvrage singulier, divisé en huit livres, fut imprimé à Lisbonne, à Madrid, à Perpignan et A Anvers. Marie d'Agreda y raconte qu'aussitôt que la Vierge fut venue au monde , Dieu ordonna aux anges de transporter celle aimable enfant dans le ciel empyrée ; qu'il assigna cent anges de chacun des neuf chœurs pour la servir; qu'il en destina douze autres pour être toujours auprès d'elle, en forme visible et corporelle, et encore dix-huit, des plus distinguos, qui
descendaient par Téclielle de Jacob pour faire les ambassades de la reine au grand roi. Dans le 20* chapitre, elle fait le récit de ce qui arriva à la Vierge pendant les neuf mois qu'elle fut dans le sein de sa mère Anne; elle raconte ensuite qu'avant l'âge de trois ans , Marie balayait la maison avec l'aide des anges, etc. Le 15* chapitre contient une foule de détails iudécents qui offensent la pudeur. Du reste, ce roman, tout bizarre qu'il est, ne laisse pas d'être assez bien iLssu , et même élégamment écrit. Le P. Thomas Crozet , récollet , en traduisit la première partie en français, sous le litre suivant : la Mystique Cité de Dieu , miraele de la Toule-Puissanec , abîme de la grâce, Histoire divine de la Vie de la très-sainte Vierge Marie, mère de Dieu, notre reine et maitresse, manifestée dans ces derniers siècles par la Ste. Vierge, à la sœur Marie de Jésus, abbeste du courent de l'Immaculée Conception de la ville d'Agreda, et écrite par celte même sœur, par ordre de ses supérieurs et de ses confesseurs, Marseille, 1096. Celle traduction causa de vifs débats dans le sein de la Sorbonnc à Paris : quelques docteurs prirent la défense de l'ouvrage; d'autres le condamnèrent et rendirent leurs censures publiques; ce qui irrita leurs adversaires au point qu'ils firent paraître en 1007, à Cologne, un pamphlet sous ce litre : Affaire de Marie d'Agreda, et la manière dont on a cabale en Sorbonnc sa condamnation. L'auteur anonyme dit que les partisans de la censure, dont il dévoile les Irames, traitèrent leurs adversaires d'Agredins , el il ajoute que c'est pour favoriser l'imprimeur que quelques docteurs séduits condamnèrent l'ouvrage. « Car , dit-il , pour faire vendre un livre . il a suffit qu'on le veuille condamner : chacun y court « comme au feu. » Du reste, l'auteur défend toutes les folies (pie le cerveau malade de la religieuse visionnaire avait enfantées. I.e Journal des Savants année 1600, et Bayle, traitent longuement de ce procès qui mérite aujourd'hui peu d'attention. Il suffit d'ajouter que le parti de la censure et du bon sens triompha, et que la condamnation des rêveries de Marie d'Agreda ne fut point révoquée, malgré les efforts que fil l'ambassadeur d'Espagne pour sauver l'honneur de la religieuse inspirée. Marie d'Agreda mourut le 24 mai 406.S. Son ouvrage fut censuré à Home eu 4681 ; mais la publication du décret fut suspendue en Espagne, où ce livre avait élé approuvé , et même la congrégation de l'Index en permit la lecture dans ce royaume, en 4720. la traduction de la Mystique Cité de Dieu, etc., par le P. Crozet, a été réimprimée à Bruxelles. 474.'», 3 vol. in-4°; 1717 , 8 vol. in-8\ Rossuet a fait quelques remarques sur cet ouvrage ridicule, et il en a relevé les indécences. I) — o.
AGR ICO LA (Cx.trs Jclils), consul et général romain, immortalisé par son gendre Tacite, et digne en effet d'avoir un tel historien , pir la réunion qu'il offrit en sa personne, de la plus sage politique jointe à la plus brillante valeur, et d'un caractère aussi aimable que son âme était élevée. Pelil-lils de deux procurateurs des Césars, fils d'un sénateur. Agricole reçut le jour au sein de l'illustre et ancienne colonie
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de Fréjus, vers l'an 30del'érechrétienne, fit se» études à Marseille, ses premières armes dans la Bretagne, passaderenthousiasmedcla philosophie à celui de la gloire militaire; et, dans les camps ainsi que dans l'école, dans la ville comme dans les provinces, conserva toujours une pureté inaltérable. Questeur intègre auprès d'un proconsul concussionnaire, tribun muet sous Néron, préteur religieux sousGalha, gouverneur chéri d'Aquitaine, et consul honoré sous Ycspasien ; lorsque ce dernier empereur commençait a rendre moins pénible pour les Romains la perte de leur liberté, Agricola Tut envoyé chez ces Bretonsà qui Jules César avait voulu ravir la leur, et qui la défendaient depuis cinquante ans avec une opiniâtreté indomptable. Les Romains même, devenus esclaves, étaient encore élevés à croire que les autres nations avaient été créées pour leur obéir. Il était dans la mission d'Agricola de subjuguer les Bretons et dans son cn-ur de les civiliser • il réussit à l'un et à l'autre. Voulant signaler son arrivée par un début qui tout à la fois frappât l'esprit de ces différentes peuplades, et relevât le courage de sa propre armée, il courut en plein hiver contre les Ordoriques. qui venaient «l'exterminer une division de cavalerie romaine , entraîna ses troupes qui hésitaient, en marchant partout à leur tète; gravit les montagnes, atteignit les insurgés, les tailla en pièces, revint conquérir à la nage l'Ile de Mona, dont les habitants, le voyant sans vaisseaux, n'avaient pas même songé à se défendre contre une agression de sa part. Pendant six campagnes, Agricola marcha de succès en succès, poussant toujours les barbares devant lui , employant les étés à soumettre de nouvelles nations, les hivers à instruire dans les arts de la paix ceux que le sort de la pierre avait mis en son pouvoir, et à se concilier, par la justice de son gouvernement, ceux qu'avait domptés la force de son bras. Parvenu aux deux golfes et à la langue de terre qui sépare la Bretagne de l'Kcosse, appelée alors Calédonie, il osa le premier traverser ces golfes sur un navire, borda les deux rivages de ses flottes, occupa le défilé par ses troupes; et les barbares, qui avaient toujours reculé, emmenant avec eux leurs familles, leurs trésors, leur bétail , se virent enfermés, pour ainsi dire, dans une seconde Ile. Alors le désespoir vint ranimer le coura-re de ces fiers Bretons, qui n'avaient plus à choisir qu'entre la vengeance et les fers , et qui aimaient mieux mourir que de servir. L'issue de la sixième campagne fut indécise; et, dès l'ouverture de la septième, d'un côté Galgacus à la tête d'une multitude innombrable rassemblée de tous les cantons de la Bretagne, de la Galédouie, de l'Hibernie ; de l'autre, Agricola conduisant une armée où des Bretons soumis s'étaient déjà mêlés aux Romains vainqueurs , se trouvèrent en présence , impatients de décider cette grande querelle. Cette fois encore les Romains l'emportèrent, non par l'ascendant d'une bravoure supérieure à celle de leurs adversaires, mais par l'avantage que la discipline donne toujours à une valeur exercée sur une intrépidité aveugle , et aux mouvements mécaniques des corps sur les plus nobles transports du cœur humain. Tacite nous peint en traits animés, à côté de la joie et
du butin des vainqueurs , la désolation et la misère des vaincus : errant tous à l'aventure , hommes et femmes confondant leurs lamentations, traînant leurs blessés, s'appelant les uns les autres, abandonnant leurs maisons, et y mettant eux-mêmes le feu ; les pères et les époux , allant et revenant de la rage à l'abattement, et de l'abat temeut a la rage, à l'aspect de leurs enfants et de leurs femmes ; plusieurs même les massacrant par une espèce de pitié. Alors Agricola fut le triomphateur de la Bretague, de la Calédonie, de toutes les lies Orcades. 11 se disposait à être celui de PHltarnie. Un des rois de cette Ile, chassé de ses États par une sédition (on croit que c'est le Thualhal Tfurhmar des chroniques irlandaisesj, était venu implorer le secours du gouverneur romain, et Agricola le retenait près de lui. dit Tacite, sous le voile de l'amitié , avec le projet d'en faire l'instrument d'une nouvelle complète ; mais Yespasien n'étant plus, Domitien , monté sur le trône du monde, y fut jaloux des victoires d'Agricola. Forcé de le louer en public, il lui envoya l'ordre secret de revenir et de rentrer dans Rome pendant la nuit. Un froid embrassement , un silence ténébreux, décelèrent l'àme du tyran , dès sa première entrevue avec le vainqueur de la Bretagne. Ni la profonde sagesse d'Agricola , ni sa vie retirée après son modeste retour, ni le sacrifice qu'il avait fait sans murmure des honneurs du triomphe, ni le refus qu'il y joignit d'un gouvernement qui lui appartenait de droit , ni la candeur avec laquelle il se justifia de plusieurs accusations intentées contre lui , rien ne put le sauver de la mort ; il était âgé de 56 ans. Son père avait été tué par l'ordre de Caligula, sa mère massacrée par les satellites d'Othon, et l'opinion générale fut qu'il avait été empoisonné par Domitien , qui n'en parut pas moins les yeux baignés de larmes au milieu du deuil public, « désormais « en repos sur l'objet de sa haine, dit Tacite, et ca- « chant mieux la joie que la crainte. » On ouvrit le testament du défunt : Domitien s'y trouva institué cohéritier avec le plus tendre des fils et la meilleure des femmes; on le vit s'en réjouir comme d'un honneur et d'un hommage. « Les adulations continuelles « l'avaient fuit arriver à ce degré d'aveuglement et « de corruption , qu'il ignorait que les bons pères « n'appellent à leur succession que les mauvais « princes. » — « 0 Agricola ! s'écrie le sublime et « pieux historien de ce grand homme, heureux par « l'éclat de ta vie, tu le fus encore par l'époque de « ta mort. Tu n'as pas vu les portes du sénat as- «siégées, les sénateurs investis de soldats, tous « ces consulaires enveloppés dans le même mas- « sacre , tous ces illustres Romains exilés et fugi- « tifs !... » L. T — L.
AGRICOLA (George), proprement Baker, médecin, né à Gleuchen en Misnie, l'an U04, étudia d'abord à Leipsick , puis en Italie , sous les savants qui rendaient alors cette contrée la patrie des sciences et des lettres. Il revint ensuite exercer la médecine à Joachimsthal en Bohême ; mais son goût pour la métallurgie l'entraîna bientôt exclusivement. 11 alla à Chemnitz, près des riches minières des électeurs de
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Saxe ; en visitant ces mines et en s entretenant familièrement avec les mineurs , il acquit une connaissance parfaite île tous les procédés qui ont rapport à l'exploitation des métaux, lie fut en vain qu'il assura alors aux «lues de Saxe que la portion souterraine de leurs États valait mieux que la superficie; il en fut peu secouru, et employa tout sou bien à ses savantes recherches. Parmi ses nombreux ouvrages, on doit principalement distinguer ses douze livres de Ile mctallica, dans lesquels il expose les diverses opérations propres à l'exploitation des mines, les machines qu'on y emploie, avec une synonymie des expressions grecques et latines relatives à cette science . et beaucoup de planches qui éclaircissent le texte. Ce livre fut imprimé à Baie, 1540, 1550, t558. 1501, 1081, 1857, in -fol., et plusieurs fois in-8». 11 contient en outre les traites suivants : de Animantibus subterranris, imprimé séparément, Baie, I5î!t, in -8°; cinq livres de Orlu et (ausis subterranenrum (qui ne se trouvent pas dans les quatre premières éditions ; quatre de Xatura carum quœ efftuunt e terra ; «lis de Satura fossilium ; deux de rrtrribus et vmis Mctallis ; et un dialogue de Re metallira. Agricola a aussi publié, à Baie, cinq livres dt» Mensuris et l'onderibus Itomanorum et (irœeorum, 1350, in -fol. ; 1553, in-4°. NotU avons encore sous son nom un traité de Lipide philosophico , Cologne, 1531, 153-1, in -12. Agricola mourut en 1555 , à Chcmnilz, a 01 ans. Les luthériens, auxquels il s'était montré opposé, laissèrent cinq jours son corps sans sépulture. George Agricola est le premier minéralogiste qui |>arut après la renaissance «les sciences en KurojK». Il est en minéralogie ce «pie fut Conrad Gesner en zoologie; la partie chimique, et principalement tlocimaslique «le la métallurgie, est déjà traitée «lans son livre avec beaucoup de soin , et même a été peu perfectionnée depuis, jus- «|u'à la lin du 18e siècle : on voit qu'il connaissait les auteurs classiques, les alchimistes grecs. et même lieaucoupde manuscrits. Cependant il croyait encore aux esprits follets, auxquels les mineurs attribuent les effets des mofettes ou exhalaisons dangereuses qui les tourmentent dans iVs mines. C-v-n.
AGRICOLA (Geokge André), docteur en médecine et en philosophie , «pii vivait à Ratishonne au commencement du 18* siècle. Il se rendit célèbre en parlant des prétendues découvertes qu'il avait faites sur la multiplication des arbres et des plantes; il avait, disait-il, trouvé le moyeu de faire sortir rapidement d'une feuille ou d'une petite branche , de grantls arbres, si bien «pie soixante arbres ne «levaient pas mettre plus «l'une heure à pousser ; le feu était son seul instrument ; mais il ne voulait révéler son secret qu'a cent soixante personnes, qui devaient promettre de le garder et de le payer 25 florins. I n charlatan trouve aisément cent soixante «lupes : Agricola eut celles ipi'il voulait. 11 publia «livers écrits à l'appui de ces prétendues inventions : le principal est un Essai sur la multiplication universelle, det arbres, des plantes et des peurs, Hatisbonne, 1710, 2 vol. in-fol. , traduit en français sous ce titre : Agriculture parfaite, ou Xouvelle découverte, etc. ,
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Amsterdam, 4720, 2 vol. hi-8«; ibid., i732, iu 8» avec lig. G— t.
AGRICOLA (Michel), né en Finlamle. II étudiai la théologie et la médecine h l'université de Y\ ittenbeig. S'étant fait connaître avantageusement de Luther, ce réformateur le recommanda à Gustave I«r, et, de retour dans son pays, il fut Tait recteur à Abd en 1539. Gustave l'envoya ensuite en Lapnnie, pour prêcher le christianisme aux Lapons. En 155-1, Agricola fut nommé évèque d'AIxi, et il lit, quelque temps après, avec l'archevêque d'Upsal , Laurent Pétri, un voyage en Russie, pour avoir des conférences avec le clergé de ce pays : il mourut en 1557. On a «le lui une traduction du 'Nouveau Testament en finnois, imprimée à .Stockholm en 1548 ; on lui attribue aussi une Induction «lans la même langue, «lu livre intitulé : Rituale Ecrlesiat ab erruribus panlifîeioruni repurgulum. C — AU.
AGRICOLA (Jean), aussi appelé Ma«;ister Isi.f.uus, ou Maître Eisleben, parce «m'il était d'Kislehcn , dans le comté de Mansfcld , ville natale de Luther. Contemporain et disciple «le ce réformateur, il eut une |>arl assez remarquable, bien «pie subordonnés , aux travaux et aux actes qui assurèrent le succès de la réformai ion et préparèrent l'organisation «le l'Kglise luthérienne. Son véritable nom était Srhiiiltrr, ou Moissonneur, qu'il latinisa , suivant l'usage «le son siècle. H prêcha successivement et avec un grand zèle à Eislcbcn, à Francfort-surle-Mein, à la diète «le Spire, comme aumônier de l'électeur «le Saxe, et à >\ illenberg. C'est dans cette dernière ville «pi'il donna naissance à la secte «les antinomi, ou antinomiens, eu soutenant, contre Mélanchthon , dont la célébrité excitait sa jalousie , l'inutilité de la loi de Moïse dans l'ouvre «le la couversion chrétienne : c'était la son véritable sentiment, et l'on a eu tort de lui attribuer des opinions beaucoup plus erronées. Il n'enseigna jamais «pie les lu m nés œuvres étaient inutiles, et mérita encore moins le titre iVunomécn , qui désigne une secte d'ariens, et qui n'a pu être appliqué à Jean Agricola «pie par une extrême ignorance «lans l'histoire des opinions religieuses de son temps. Mosheim, qui d'ailleurs le traite assez mal , et qui lui donne les épithètestle rr/i/osi/* et rersipcllis (vain et ineonsequent), le Justifie sur ce point. Un des théologiens de la communion luthérienne les plus distingués, M.C.-L. Nitzseh, professeur à Wittcnberg, est allé plus loin, et a pris la défense de Jean Agricola. Les disputes qui s'élevèrent sur sa doctrine , et qui allaient lui attirer l'animadversion de l'électeur de Saxe, le déterminèrent à «piitter Wittenberg , et à accepter la place «le premier prédicateur de la cour de Berlin , «pie l'électeur «le Brandebourg lui offrit en 1540. 11 se livra avec zèle à ses nouvelles fonctions, et se rétracta à la fin «le celte année. On a élevé des doutes sur la sincérité de cette retractation ; ce qui est plus certain , c'est la part qu'il eut , en 1548, avec Jules Pfug et Michel Sidonius, a la rédaction de l'Intérim d'Augsbourg , et aux controverses des adiaphoristes , ou «les théologiens protestants qui consentaient à admettre comme irt-
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différentes plusieurs parties du rituel romain, regardées d'abord comme incompatibles avec la doctrine des réformateurs. Né le 20 avril 1490, selon Seidel et Kuster, ou en 1402 , selon d'autres, il tint, avec le docteur Eck , la plume au fameux colloque de Leipsick , en 1519 ; fut associé à Mélawhthon et à Brcutz pour la remise de la confession d'Atigsbourg, et l'un des signataires des articles «le Smalkalde, en 1557; il mourut à Berlin le 22 septembre 1566. Outre des ouvrages de controverse et d'exégèse, on a de lui une traduction allemande de VAndrienne de Térenee, et un Recueil de 750 proverbes allemands, accompagnés d'un commentaire. Ce dernier ouvrage a contribué à former et à enrichir la langue allemande. Son st\ le n'est pas aussi animé que celui de Luther, mais il est plein d'énergie et de dignité. S— n.
AGRICOLA ( Ronor.PHE ), professeur de philosophie à Heidelberg, l'un des restaurateurs tics sciences et des lettres en Europe , il s'appelait proprement Huysmann, et était né à Rafllo, près de Groningue, en 4445. Apres avoir étudié sous Thomas à Kempis, il parcourut l'Italie, s'arrêta quelque temps A Ferrare, où le duc Hercule d'Est fut son protecteur, et Théodore de Gaze son maître de philosophie. Lorsqu'il revint dans les Pays-Bas, en I î"7, il passa Deventcr : il vit Érasme, alors âgé seulement dix ans, et prédit qu'il deviendrait un grand homme. De retour en Allemagne, il fut nommé syndic de Groningue, et envoyé comme tel à la cour de l'empereur. En 1482, il accepta la place de professeur à Heidelberg, que lui offrit le chancelier Jean de Dalberg, et y mourut le 28 octobre 1485. Il était bon musicien, bon peintre, bon écrivain, bon poète et savant philologue. Ses contemporains, entre autres Erasme, lui ont prodigué les plus grands éloges ; on a dit que, lorsqu'il écrivait en vers latins, c'était un autre Virgile, et, en prose, un autre Poli lien. Peu ambitieux, il sut conserver son repos en gardant son indépendance, et cultiva les lettres avec ardeur. Bayle compare le savoir d'Agricola a celui des plus illustres savants que l'Italie eut alors. Parmi ses écrits, recueillis à Cologne sous ce titre : R. Agrirolœ Lucubrationes, aliquot lectu dignitsima, etc., 1559, 2 vol. in-4°, les plus remarquables sont les traductions de quelques morceaux des classiques anciens, tels que Platon, Isocrate, des notes sur Boèce, son traité incomplet dt Invenlione dialectica, où il développe la méthode de raisonnement de l'antiquité, et son discours t'n laudem philosophie. Agrieola est le premier parmi les modernes qui ait fait mention d'un moyen propre à enseigner méthodiquement aux sourdsmuets l'art de parler (1). G — T.
AGRICOLA ( Jkan-Ammonils ), médecin allemand de la lin du 15° siècle, professeur de langue grecque à Ingolstadt, et ïun des meilleurs commen-
(1) Bolile remarque avec raison que «on principal mérile en d'a- »oir contribue a bannir le latin seolastique de la philosophie. Il enscir» en notre la térilahle philosophie d'Arl'Iole, el l'expliqua d'après le* érrit» originani dan* un terni* où un livre gree était nne mer-
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