‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 53 sur 129 · VO 4GR · texte numérisé non relu

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crifier a son ressentiment tous ceux qui lui portaient

ombrage; mais Burrhus et Sénéque l'en einpèchèrent. Ils étaient sans cesse occupés à adoucir son humeur implacable, et à combattre ses vues ambitieuses. La passion que Néron conçut pour l'affranchie Acte ne tarda pas a diminuer l'influence d'Agrippine. Celte liaison, que Burrhus et Sénèque favorisèrent, excita les fureurs d'Agrippine, non qu'elle éprouvât quelques sentiments de vertu, mais paire qu'elle redoutait le crédit de sa rivale. Ses plaintes n'eurent d'autre effet que déporter Néron à l'éloigner, et a se livrer aux conseils de Sénéque. Tandis qu'elle passait ainsi sans cesse de l'espoir de dominer Néron, au découragement, et des fureurs aux bassesses, Néron lit empoisonner Rritannicus. Agrippinc profita de l'horreur qu'inspirait cet attentat pour recommencer ses intrigues. Néron la punit en la renvoyant du palais. Il parait cependant qu'ils ne tardèrent pas a se réconcilier, puisque c'est surtout alors ipie le commerce incestueux entre le lils et !a mère fut regardé comme un fait authentique. Agrippine employait ce moyen infâme pour combattre l'amour que la fameuse Poppva Sabina inspirait à Néron. Toutefois, parvenu à la sixième année de son règne, il accomplit l'horrible résolu) ion défaire périr celle n qui il devait la vie et l'empire. l'oppée, brûlant d'obtenir le rang d'impératrice, détermina sans peine Néron a empoisonner Agrippine; mais le crime était trop familier à celle-ci, et elle connaissait trop bien ses ennemis, pour ne pas être sur ses gardes. Néron résolut de consommer ce parricide d'une autre manière, et il en chargea Anicet, l'un de ses affranchis, général des galères à IMiséne. Pendant la célébration des fêtes de Minerve à Payes, il feignit de se réconcilier avec sa mère ; elle crut à la , sincérité de ce retour, et vint le trouver à liante, entre Bayes et le cap de Misène ; la, après les plus vives démonstrations de tendresse filiale, il prit congé d'elle, ordonnant à Anicet de la conduire u Antiuiu. Elle partit, a La mer, dit Tacite, était tranquille, le . « ciel clair et serein ; les dieux avaient voulu nier • toute excuse au parricide. » Le vaisseau n'était pas encore fort éloigné du rivage, lorsque tout à coup, à un signal donné, le plaucher de la chambre, charge de plomb, tombe et écrase Crépéréius, qui seul, avec une femme de la suite d'Agrippine, nommée Acerronia, avait accompagné cette princesse. Une cloison les empêcha «l'éprouver le même sort. Les matelots, qui n'étaient pas du complot, en arrêtèrent l'exécution, et le vaisseau n'acheva point de se rompre. Les assassins cherchèrent alors à le renverser, et Agrippine tomba dans la mer uvec Acerronia qui, dans l'espoir d'être secourue, s'écria qu'elle était Agrippine, et fut aussitôt assommée à coups d'avirons. Agrippine écliappa au même sort en gardant le silence ; elle tomba dans la mer; mais des esquifs sortis du port la transportèrent dans son palais par le lac Lucrin : elle n'avait qu'une légère blessure à l'épaule. Quoiqu'elle ne pût douter du véritable but des agents de Néron, elle résolut de dissimuler, et envoya dire à son (ils qu'elle avait échappé au danger par la protection des dieux et la félicité de son règne. Néron |

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avait été trop loin pour reculer; il voyait déjà sa mère dénonçant son crime au sénat et au peuple, et demandant vengeance. Burrhus et Sénéque conclurent qu'il devait |*érir lui-même ou la faire périr; et Tacite prétend qu'ils n'ignoraient pas le premier attentat de Néron. Il fut résolu qu' Anicet achèverait ce qu'il avait commencé, et Néron lui en donna l'ordre. Il lit jeter un poignard entre les jambes du messager que sa mere lui envoyait, et prétendit qu'elle avait eu l'intention de le faire tuer; mais que, voyant son crime découvert, elle s'était donné la mort. Cependant, le peuple, qui ignorait les affreux desseins de Néron, se hâtait de procurer des secours à Agrippine, et de la féeiliter d'être échappée au danger, lorsque l'apparition d' Anicet arrêta ces transports; suivi de deux autres scélérats, il pénétra dans la chambre où Agrippine était avec une seule femme qui se retira aussitôt. Trop sûre du sort qui lui est destiné, elle s'écrie qu'elle ne peut croire que Néron ait ordonné un parricide ; les assassins ne lui ré|K)tident rien, et environnent son lit. Ce fut alors qu' Agrippine dit au centurion qui avait tiré son épéc le mot célèbre, et qui a tant embarrassé les traducteurs : Vent rem (tri! Elle expira aussitôt, percée de coups. On a dit que Néron, mettant le comble à son forfait, eut la curiosité de la considérer nue après sa mort, et de vanter la beauté de son corps ; mais ce fait est rejeté par plusieurs historiens. Le corps d'Agrippine fut brûlé la nuit même, sans aucnn appareil, sur le lit où elle prenait ses repas. Mnester, l'un de ses affranchis, se perça de son épée au moment où on allumait le bûcher. On ne lui érigea un tombeau qu'après la mort du (tarricide. Agrippine avait composé des mémoires dont Pline fait mention, et qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; mais Tacite déclare qu'il en a tiré parti pour écrire cette époque de l'histoire des Césars. D — T.

AGKŒCIUS, ou AGRJEC1US et non AGRY- Cl US. Ausone loue ce rhéteur dans la 15* épigramme de son livre intitulé : Commemoratio prnfruorum Bu rdigalcnt i um. Vinet , dans son commentaire sur Ausone, semble douter que ce rhéteur soit le même qu'Agru-cius dont nous avons un ouvrage sur la grammaire. Htrillo. quem eumdem este rhttorem Agracimn, hcc aio, nec nego. Celui-ci ne laisse aucun doute sur la manière dont s'écrit son nom : Agra-cius, dit- il ; et quum latine icribù. per diphthongum $cribendum : non, lt quidam pijtant, peu Y, Agrvcius. Son ouvrage a pour titre : de Or' thographia, Proprielate et Differentia tennonis ; il le dédie à Kueher. probablement évéque de Lyon. Cet ouvrage a été imprimé dans le recueil des anciens grammairiens publié par Bonaventure Yulcanius, Batileœ. 1577, in-fol.; clans celui de George Fabricius, l39o, et enfin dans celui de Putschius, Hanovim, 1605, in- ; • ; c'est un supplément assez courtau traité de Flavius Caper, ancien grammairien latin, sur le même sujet, et tout simplement une table fort riche de la différence des mots, dans le genre de celle qu'on voit à la suite du petit dictionnaire latin de Boudot. On croit que c'est le même Agnrcius qui recueillit et mit en ordre les ouvrages de grammaire d'Isidore

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de Séville, imprimé» |K>ur la première foi», in-fol. , sans date , sans nom «le ville ni d'imprimeur , mais avant 1172, et peut-être par Jean .M an tel. \\ — s.

AGI Mm t Alexamiue), marquis de i.asMaiusmas del Gi AD vi.yLiviu, vicomte île Mo.vte-Ricco, nëaScville, le 28 juin 1 7BT», dut lejouradon Alexandre Aguado, comte de Montcliriaset à dona Mariano- Ramircz de Eslénôs. .Ses premières études lurent dirigées vers les science'* mathématique*, |>ar le conseil du général Gonzalo Ofarril. son oncle, sous les auspices du(piel il entra, a quatorze ans, comme cadet dans le régiment de Jaen. Apres avciir passé dans différents corps, il devint sons lieutenant. 11 se trouvait à Séville lors des événements qui en 18tKî bouleversèrent l'Espagne, et suirit l'impulsion du mouvement national. Aguado, revêtu d'un grade militaire et appartenant à une famille distinguée, attira l'attention de la junte de gouvernement établie en celle ville, et fut nommé \mr elle major d'un des six régiments qu'elle créait pour la défense de la tralrie. Au mois d'octobre 1808, il prit part à la journée de Tudela. Après cette défaite, qui fut suivie du combat de Somo-Sicrra et de l'occu|iation de Madrid , il lit encore la désastreuse campagne de la Manche et («lie de 1810, durant laquelle le maréchal Soult envahit l'Andalousie. La junte centrale, résolue de se retirer à Cadix, abandonna Séville, après en avoir conlié la défense au général Mènera; mais avec les troupes démoralisées qu'on lui avait laissées et dont Aguado faisait partie, llerrcra ne put se défendre; les Français occupèrent bientôt Séville, et Aguado se retira dans ses foyers. Pendant tout le temps que Joseph résida dans cette capitale de l'Andalousie, il résista aux instances d'O'farril, ministre de la guerre du nouveau roi, qui voulait lui présenter son neveu. Le maréchal Soult fut pli» heureux ; Aguado entra comme chef d'escadron dans son étatmajor. Lors de la création de la gendarmerie espagnole, il fut chargé d'en organiser un escadron, et devint bientôt après colonel d'un régiment de lanciers de la garde de Joseph, à la formation duquel il présida également. Tout occupé de servir imr la plume comme |>ar l'épée la cause qu'il avait embrassée, il publia la traduction de quelques écrits de Frédéric II, relativement à l'art militaire. Au retour de Ferdinand VII, Aguado fut proscrit; il trouva des ressources dans cet esprit de calcul et de commerce (pie lui avaient inspiré les études de son enfance, et les exemples d'une partie des membres de sa famille établis à la Havane. Il vint se fixer en France, et y s|»écula sur les fruits d'Espagiijct de Portugal. I.e maréchal Soult, qui fut un moment ministre de Louis XVIII à l'époque du retour de Napoléon, offrit;» son ancien aide de camp le commandement d'un régiment français destiné pour la Martinique ; Aguado refusa. Le cercle de ses affaires s'agrandissait -, il se livra à de grandes entreprises industrielles, et devint un des banquiers les plus riches et les plus influents de I*aris. Fn 1823, lors de l'expédition d'Espagne, il seconda les armes et la politique de la France |tar la hardiesse de ses opéralion» qui, en élevant si rapidement sa fortune, oui fait de lui le créateur du crédit espagnol. Nommé alors

agent financier ne l'Espagne à Paris, il sul procurer a son pays des ressources inespérées, lleoim rlil les anciens \alès royaux, entièrement discrédités, en nou velles rentes espagnoles inscrites ; celles-ci trouvèrent quelque faveur et sont encore cotées aux bourses de I Ettrôpe sous le nom de IMfM Aguado ou rrnfr* perpélucllts. Toutefois les banquiers n'avaient que

I |ieu de confiance dans les valeurs espagnoles, parce que rien ne limite la création de ces rentes, dont l'inscription au grand livre jwut être portée a l'infini, et que plus d'une fois, pour payer les intérêts, on s'est vu forcé de recourir à de nouvelles émissions. Aguado a été pendant longtemps considéré comme le roi financier de l'Espagne. Néanmoins, il n'a pas trouvé grâce devant les partis : aux yeux des libéraux, il avait eu le tort de rétablir les finances d'un gouvernement qui avait perdu tout crédit par son refus de reconnaître les lions des cortès. Ix's apostoliques ne lui étaient pas moins contraires, parce qu'ils ne voulaient entendre parler ni de crédit ni de dette publique, et prétendaient tenir l'Espagne en dehors du mouvement financier des autres iwys. En revanche, Aguado était l'homme qui convenait aux royalistes modérés ou ministériels, a la tête desquels était Ballcsteros.Onpeul juger de l'immensitédes opérations qu'il faisait par le chiffre de 1 ,5T>2 millions de réaux, auquel s'élevait la part qu'il avait prise dans les différents emprunts de Franc ?, d'Autriche, de Belgique, du Piémont, des États-t nis, etc. Il négocia l'emprunt grec de 00 millions pour le roi Othon,

I qui le nomma commandeur de l'ordre du Sauveur. Aguado avait obtenu l'entreprise du canal de Castille, dont le plan remonte au régne de Philippe 11 , et «fui promettait d'immenses Iwnélices pour I Espagne comme |»our le concessionnaire. Il s'agissait, en outre, de dessécher ces immenses marais qui se trouvent vers l'embouchure du Guadalquirir.il reçut alors le titre de marquis tic lus Maristnas drl (lua— dalquivir. Aguado alla a Madrid pour s'y montrer dans toute sa gloire ; elle pâlit cependant devant l'orgueil des grands d'Espagne : les financiers seuls se présentèrent chez lui. Cet accueil et les difficultés imprévues qui entravaient ses projets le déterminèrent à quitter l'Espagne, et à se démettre do l'agence financière espagnole à Paris. La France, si libéralement hospitalière pour l'étranger, était devenue en quelque sorte la seconde patrie d'Aguado. C'est là quil dépensait, on peut dire royalement, les millions qu'il devait à ses liabiles conceptions. Les appartements de son hôtel de la rue Grange-Batelière, ses équipages, son château de plaisance à Petit-Bourg (Seine-ct-Oise ), étaieiU ceux d'un prince. Sa galerie de tableaux dans son hôtel

I à Paris, riche des chefs-d'truvre des maîtres espa-

[ gnols et italiens, fait l'admiration des amateurs. C'est en 1827 qu'il acheta lo château de Petit-Bourg, qui

' avait eu |khii- hôtes Louis XIV et Louis XV. Il rendit a cette résidence son ancienne splendeur. Mais Aguado n'était pas de ces hommes qui n'ont en vue que leur intérêt personnel. Il fit construire a ses frais, le magnifique pont susihmhIu de Bis, imhii- faciliter le> communications entre les deux rives de la S«jin<- Le

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