‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 66 sur 129 · AK · texte numérisé non relu

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celui que bit une personne qui s'observe en marchant , s'approchèrent doucement ; ils crurent apercevoir quelque chose en mouvement ; deux ou trois des plus lestes, à l'aide de crampons de fer attachés à leurs souliers , grimpèrent de ce côté-là ; ils découvrirent une femme qui puisait de l'eau ; ils l'arrêtèrent ; elle fut sommée de déclarer quels étaient ceux qui s'obstinaient depuis si longtemps à défendre le fort. Elle répondit : « C'est moi. Je manquai» « d'eau, je suis venue en chercher ici avant le jour, « et je ne comptais nullement vous y rencontrer. » Devenue leur captive , elle leur découvrit un sentier caché, par lequel elle les conduisit jusque dans le fort, où elle était restée seule, et dont elle composait réellement toute la garnison , tantôt tirant quelques coups de fusil , tantôt détachant quelques morceaux de rocliers qu'elle précipitait sur les troupes , qui s'efforçaient inutilement de grimper. On tient ce lait du P. Félix d'Arocha, missionnaire jésuite , que l'empereur, après la conquête, envoya sur les lieux pour en lever la carte : en passant au pied de ce rocher, quelques officiers tatars lui firent remarquer ce petit fort, et lui apprirent la rencontre singulière qui avait donné lieu à sa reddition. L'importance de cette conquête mérita au général des honneurs extraordinaires ; l'empereur alla le recevoir à huit lieues de Pékin, et le ramena lui-même en triomphe dans sa capitale. Il fut en même temps créé comte de l'empire, décoré de la ceinture jaune et du manteau à quatre dragons en broderie d'or, ornements affectés aux seuls princes titrés du sang impérial. L'année suivante , en 1777, il fut déclaré premier ministre, et devint l'ami, le conseil et le dépositaire de tous les secrets de son maître. Cette place éminente , qui devait le fixer à la cour, n'empêcha pas l'empereur de l'employer au dehors , et de lui confier toutes les entreprises importantes dont on jugeait l'exécution difficile. Depuis quelques années, le Hoang-ho rompait toutes ses digues, surtout dans le voisinage de la ville Y-fong-hten, et portait le ravage et la désolation dans toutes les campagnes de cette partie de la province de Honan ; tous les efforts qu'avaient faite les mandarins , aidés des plus habiles hydrauliciens de l'empire, n'avaient pu contenir ce fleuve impétueux ; la dernière ressource de l'empereur fut d'y envoyer Koui, qui partit en 1779. Après avoir tout vu, tout examiné, il fit commencer les travaux , auxquels il employa une multitude innombrable de bras. On ouvrit et l'on creusa, par son ordre, un vaste canal, pris au-dessus de l'endroit où se faisait le plus grand effort des eaux, et il le fit continuer jusqu'à sa jonction avec une autre rivière de la province de Kiangnan. Akoui était partout , et animait les travailleurs par sa présence. Lorsque le canal fut achevé, on y fit couler les eaux du Hoang-ho, qui s'y précipitèrent comme dans leur lit naturel, et l'on commença peu à peu à découvrir les deux rives du fleuve, qu'on n'avait pas aperçues depuis plusieurs années. Dans les endroits où les eaux avaient eu plus de 110 pieds de profondeur, elles n'en eurent plus que iO. Toutes les terres voisines ne tardèrent pas à

être rendues à la culture. Ce grand ouvrage, exécuté en moins de quinze mois, coûta près de 40 millions, monnaie de France, tirés des trésors de l'empereur : mais aussi la Chine eut de plus un nouveau canal navigable, qui ouvrit des communications utiles dans une étendue de plus de vingt lieues. En 1782, ce même fleuve recommença ses ravages, et plus de 50,000 familles furent réduites à la misère. Elles erraient tumultueusement dans les lieux où elles espéraient trouver des subsistances ; la cour de Pékin, alarmée, chargea encore Akoui de contenir cette multitude. 11 promit à ces infortunés de les nourrir, en leur faisant ouvrir les greniers de la province ; mais il exigea d'eux qu'ils travaillassent à réparer les ravages de l'inondation, et bientôt, aidé de cette multitude de bras, il parvint à dessécher les terres submergées. Akoui conserva toujours la laveur de son maître , et l'estime des deux nations chinoise et taure. 11 a dû peu survivre à l'empereur Kienlong ; mais on ignore l'année précise de sa mort. G— R.

ALABASTER (Guillaume), théologien anglais, né i la fin du 1 6" siècle, à Hadleigh, dans le comté de Suflblk. Apres avoir fait de bonnes études à l'université de Cambridge, il accompagna le fameux comte d'Essex dans son exjHklition à Cadix. Alabaster montra de bonne heure une imagination ardente , un caractère inquiet et inconstant. Dans son séjour en Espagne, il se convertit à la religion catholique romaine; mais il ne fut pas plutôt de retour en Angleterre, qu'il rentra dans le sein de l'Église anglicane. Il obtint un bénéfice dans le comté d'Hertford et une prébende dans la cathédrale de St-Paul de Londres. Un goiU particulier le porta à Pétude de la langue hébraïque , et cette étude lui ayant inspiré une admiration fanatique pour les mystères de la cabale rabbinique, il se mit à interpréter l'Ecriture d'après les rêveries de cette cabale. C'est dans le même esprit qu'il a composé, en latin, presque tous les ouvrages qui restent de lui et dont les titres suffisent pour indiquer cette intention. H mourut en 1040. Ses ouvrages sont : i" Lexicon pcnlaglotton , in-fol., imprimé en 1057. 2° Roxane, tragédie latine, représentée à Cambridge. Une dame, assistant à cette représentation, fut si vivement émue d'un passage qui terminait la pièce , qu'elle perdit connaissance, et ne recouvra jamais l'usage de sa raison, y Apparatut in revclationem Jrsu Christi, Anvers, 1607. 4" Spiraculum tubarum.teu Font tpirilualium expositionum ex equivocis Pentaglotti significationibus. 5° Ecce tpontus «mît, seu Tuba putehritudinit , hoc est demonslralio quod non sit illicilum née impossibile compulare durationem mundi et tempui ireundi adventus Chritti. S — D.

ALACOQUE ( Margcemtk ), connue sous le nom de Marie Alacoque, naquit le 22 juillet 4047, à Lauthecour, diocèse d'Autun. « Elle n'avait que trois « ans , dit son historien , et déjà elle marquait une « aversion surprenante du péché. Dès l'âge de quatre « ans , elle se plaisait à s'entretenir intérieurement « avec Dieu , et cherchait la solitude pour s'occuper « de Dieu. » A l'âge de huit ans, elle perdit son père, et fut mise dans un couvent à CharoUes. Elle

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fut attaquée de rhumatisme et de paralysie pendant qualre ans ; elle attribua sa guérison à la Ste. Vierge, et ce fut alors que, par reconnaissance, elle prit le nom de Marie. A l'âge de treize ans , elle passait la nuit dans la contemplation. Sa famille, lui voyant de telles dispositions, l'engagea à entrer dans le couvent des ursulines , à Mâcon , où elle avait une cousine germaine, à laquelle elle dit : « Si j'allais dans votre « maison , ce serait pour l'amour de vous; je veux « aller dans une maison où je n'aie ni parents , ni « connaissance , afin d'être religieuse , sans autre « motif que l'amour de Dieu. » Ne connaissant ni la ville de Paray-le-Monial, ni le monastère de la Visitation qui y était , elle pensa à s'y retirer, et s'y rendit avec son frère. En entrant au parloir, une voix intérieure lui dit : C'est là ou (que) je le veux. Elle y fut reçue le 25 mai 4671, prit l'habit de novice le 24 août de la même année , lit profession le 0 novembre 1672. On lui confia alors la direction des pensionnaires. Dieu lui apparut et lui fit de merveilleuses communications. Elle eut des visions, des extases, des révélations ; elle lit même des miracles. Une religieuse était tombée en léthargie; Marguerite obtint de Dieu qu'elle vécût assez pour recevoir les sacrements , et , en effet , aussitôt qu'elle les eut reçus, la religieuse mourut. Les austérités et les mortifications étaient des plaisirs pour la so?ur Marguerite; elle gravi même sur son sein, avec un canif, le nom de Jésus , en gros caractères; elle prédit la mort du P. de la Colombière, jésuite missionnaire qui avait été son directeur, puis son disciple. Elle avait composé un petit ouvrage mystique, intitulé : La Pévotion au camr de Jésus ; et c'est à cet ouvrage, dont l'édition la plus ample est celle qui a été donnée par le P. Croiset , en 1608, que l'on doit la fêle du Cœur de Jésus. Marguerite Alacoque , avertie de sa mort par une révélation , s'y prépara dans la retraite, et, contre l'opinion des médecins, mourut le 17 octobre 1690. Languet (Jean-Joseph) a public sa vie , sous ce titre : La Vie de la vénérable mère Marguerite Marie, Paris, 1729, in-4°; on y trouve plusieurs lettres et opuscules de Marie Alacoque, qui doit aujourd'hui sa plus grande célébrité à ces vers de Gresset :

Ver-Vert était un perroquet dôvot...

Il disait bien son bénédicité El notre mère, et rot re charité; Il savait même un peu de soliloque.

Et des traits fins de Marie Alacoque.

ALA-EDDYN Bocçais (ou Haçah) Djihansouz, que l'on doit regarder comme le fondateur de la dynastie des Ghaurides dans la Perse orientale et dans le nord de l'Inde, n'est pas le premier prince de cette famille dont l'histoire ait fait mention. Ses ancêtres prétendaient descendre du fameux Zohak , qui avait usurpé le trône de Perse dans les premiers siècles après le déluge. 'Zohak ayant été mis à mort par Féridoun, roi de Perse, sa postérité se retira dans les montagnes à l'orient de la Perse, où elle conserva longtemps son indépendance et ta religion;

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