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les exercices du corps, dans lesquels H montrait
beaucoup d'adresse. Tout le monde sait comment , jeune oncore , il dompta le cheval Buucphale que personne n'osait monter. I] n'avait que sein* ans, lorsque Philippe, obligé de partir pour faire la guerre aux Byzantins, le cliargea de gouverner an son absence. Les Médarcs, su jeu des rois de Macédoine , pleins d'un injuste mépris pour n jeunesse, crurent le moment favorable pour recouvrer leur indépendance. Alexandre prit leur ville (8), les en chassa, et, après l'avoir repeuplée, lui donna le nom d Alexandropolis. Il lit ensuite des prodiges de valeur à Chéronée (9), où il eut la gloire d'enfoncer le bataillon sacra des Thobains. « Mon Ms, lui dit « Philippe, en l'embrassani après la bataille, char- « cive un autre royaume ; oclul que Je te laisserai « n'est pas asses grand pour toi I » Cependsnt lu discorde survint dans la maison de Philippe, lorsque ce prince répudia Olympias pour épouser Claustre. Alexandre ayant pris la défensu do sa mère, de vives querelles s'élevèrent entre le pére et lo lit». Dans un accès d« colère, Philippe fut sur le |M>int de tuer Alexandre , qui, pour so soustraire à son rcsscntinKut, su retira en Epire avec Olympias (10) ; mais il obtint bientôt son |»r<Jon , cl revint auprès de Philippe. Peu de tempe après, il marri», contre es Inballcs avoe son pére, et lui sauva la vie, en le couvrant do son bouclier, dans une mêlée. Philippe, nommé généralissime dos Grecs, se préparait à porter la guerre dans les États du roi de Perse, lorsqu'il fut assassine l'an 337 avant J.-C. Alexandre, qui n'avait pas encore vingt an*, monta sur lo trône, lit punir quelques-uns de ceux qui avaient trempé dans l'assassinat de son père (H j , se rendit i
géodéslqoes; de tontes parts cl toujours, il envoya des animaux cl a<p- 1res objets d'histoire naturelles son maître, qui, sans lui, sans doute, n'est point enrichi de tant de faila vrais ses maguibques ouvrages sur les sciences positive», il étudia eu voyageur le bassin do Sindh, rt 01 opérer par Mearque, de l'embouchure du Sindh a celle de l'Eaphrate, nn voyage sclcoilnque. Tout le plan de l'expédition iTAfie, el anc foule de détails d'exécution, supposent de hautes notions géographiques étendue» et précise*, h h na mot. on pourrait soutenir que l'éducation scientifique donnée par Anatole S son éUivc lut pour prés de moitié dans la réussite de ses plans. Val. P,
(S) Suivant Jnstin, au contraire, Philippe devant Byiance (949 avant J.-C.) appela son SI* près d« lai. Si donc Alexandre avait été charge de quelque par lie du gouvernement en l'abaoBco de l'iiilippe, c'est un peu avant ce siège, pendant les prepanii/a, ou pendant que Philippe achevait de soumettre diverses peuplades tbracos(Sll). Ceci admis, ce serait du camp devant Byiance qu'Alexandre aurait été détaché contre le* Medarea. Ceux-ci ne nul cannas qaa par cette mention qu'en tait Plularque. Lear mouvement tuil peutêtre excité par Athènes qui, en ce moment el a la voix de Dctnojthène, envoyait a Byiance dei troopej et Phoeton. Ce dernier força Philippe a lever le siège. v*.t P
(») Eu 5S8,
(10) En 537. On a vu que l'Epire éuit la pairie d'Olympia*. A son pére, mort en Ma, avait succédé son frère, Alexandre le Moloesn, oncle d'Aleuodre le Grand. Bientôt le Molosse épousa sa nièce Cleopatre, Olie ds Philippe el d'Olympia» (SSS avant l.-C.L union amenée prol»aulcme«l par la présence d'Olympia* en EpU*. Alexandre, dans l'intervalle, avait rejoint son pere. ViL. p.
[Ml On ne peut douter qu'Olympias n'eût ordonné oa faeililé le meurtre, témoin le* honneur» qu elle affecta de rendre I la cendre da meurtrier (Alexandre le L> uceate). U complicité d'Alexandre est lnflnuneal plus douteuse. An cas même on sa beile-mêre eut va de* enfants, il les aurait primés en droit ; cl sa *apériori|é d'age l'cil aide aussi S les primer en fait. Toutefois II est bien difficile d'adauttirt qu'il n'ait ansoluMOl nen ta d* la uama ourdie daat t'oa*.
It Pélopontott et, ayant rassemblé le« Grecs, w fit décerner le commandement général pour 1 V v péditiofi de Perse (12). De retour en Macédoine, il apprit que le* III y riens ot les Triballes (15) faisaient quelques mouvements hostiles, et, ne voulant laisser derrière lui aucun sujet d'inquiétude, il marcha contre ces peuples ; mais les Thraces, dont il fallait traverser le pars, t'opposèrent à son passage (14). Alexandre les défit, entra cliex les Triballes, et, après les avoir vaincus, traverse de nuit le Danube (15), sans y jéter de pont , court attaquer les Gétes , chei qui s'était retiré le roi des Triballes , ravage leur pays , répand partout la terreur, et revient en Illyrie, où il n'éprouve guère plus de résistance (Itt). Le bruit da sa mort s'étant alors répandu dans la Grèce , les Thébains, qui frémissaient au nom d'un maître, prirent les armes, et les Athéniens, excités par Dé-> mosthène, semblaient disposés à se joindre à eux(lT),
bre centre Philippe, et qoi luit par an assassinat ju milieu de ses finies. It est Vrai que c'est la cour de Snse, dtl-on, qoi arma le meurtrier de Philippe : Alexandre repme b« a Darius (dans Une lettre écrite après Issus et que nous a transmise Arrien) de s'en rire vanté. Mais ne se pourrait-H pas qu'Alexandre, aimant autant faire l'expédition de Perse eh roi qu'en fils de roi, ail laissé faire ce dunt il f* doutait, et re Août II M réservait de bien proclamer que d'autres étaient auteurs f II est bon d tjoaier qae bientôt tes suppliée* atteignirent et tJeopatre (la rivale d'Olympix*). et Attale, avec de nombreux adhérents. Issu di sang des Ctrsnidrs, ce dernier pouvait avoir des prétentions au troue, et avec les symptômes de trouble* qui se manifestaient (rey. sole It), ses prétentions avaient des chances de restai le. Val. P.
(Il) En rapprochant re passage de eé qu'en va lire plus bas (vert Il Ml* I»), il as trouve que deux fois Alexandre s'est fait décerner eè gènéralat, la première avant, la deuxième après la campagne du Nord et ht guerre de Thébes, C'est possible, sans doute, mais e'eal pet probable eh soi, et II doit y avoir eu qaelque ronfasion en toat relu. A Notre avis (qui semble Basai eelsl de Sle-Croit, du moins pour une partie de re* faits), la Crée* et (ma le* sujet* oeridrniiux et septentrionaux de la Macédoine, montrant des velléités de révolte, Il commenta par raffermir It Tti es salie, en s'y faisant reconnaître rhft *u4fM a*tw ffpw thruattrme; Il passa ensuite aai Thermo* pvlea, ei, reconnu membre des tmphii tyoax, en remplaremenl de son père, il (a obtint an décret honorifique qoi préparait en quelque sorte sa nomination an génèrahtt dé la Gréée, et qae ses amis donnaient sans donie posr mie nomination même (car Dtodore dit que les amphietjont lal conférèrent le générait! i I eoap sur ils ne* avaient pas le droit), et finalement il allait se rendre, peut-être même Il te rendil t Corutlba, oS devait te tenir la diète k re soyel. Mais Ifs événement* da Nord lé fartèrent de revenir précipitamment. V»a. I».
(tï)Lé* Triballes étaient au nord de l'Humus khan), ét Séftte et Raleari*. M avalent an roi
tllirelew, t'est de la campagne (5*6).
llrtlv (ta \ a ot l I 4 hiiatllaî t "vrilh» i»h« AMI UmM au lia
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île
Val. I*.
(1S) A pea prèa ver* le M' degré dé longitude est, en llulgarte.
Val. p.
((S) Ce retoar par lïllyrie est fort remarquable. Il faut croire que Hllyrte en question n'est qae la Servie occidentale actuelle. Alexan- Are revint donc par ane route k pea pre* parallèlle k celle par laquelle Il avançait, Mais occidentale relativement k l'Asie. Il déttcba étteore plu* k roueai an prince tgrl.ine, nomme Langare, poar combattre lea Agrianee. Il avait de plu* sur les bras, en ce moment, Afrltsea, Péons, Aulariate* et Taultattl. Ils avaient pour principaux chefe Clitai él Qlaucias. Y*l. P.
(17) Outré le désir si naturel de l'indépendance, un motif apérial faisait kfir les ennemis d'Alexandre : c'était l'or d'Asie. Tome in-* souriante os tonte aveugle que pat être la cour de l'ersé polis, elle a'ignortlt pas l'imminence d'une expédition macédonienne en Asie : elle s'évertstli donc k retenir bat Macédoniens es Barope, et, dus c* dessein, «Ue fomentait le* révoltes.
Alexandre , ne voulant pas laisser à ces peuples le temps de combiner leurs efforts, revint sur ses pas, et envahit la Béotie. « Marchons d'abord contre « Tbébes , dit-il à ses soldats, et , lorsque nous au- « rons aoumis cette ville orgueilleuse, nous forcerons « Démosthéne, qui m'appelle un enfant, à voir un t homme dans les murs d'Allténcs. » Arrivé aux portes de Thébes, il invita les habitants à se soumettre, espérant qu'ils changeraient de sentiments à l'aspect des maux près de fondre sur eux ; mais ils prirent sa modération pour de la crainte, et l'attaquèrent eux- mêmes. Alexandre , les ayant défaits, prit et rasa leur ville. 0,000 habitants furent (lassés au fil de l'épéc, et 50,000 réduits en esclavage ; les prêtres seuls conservèrent la vie et la liberté ; Alexandre lit aussi épargner la famille de Pindare , et la maison oit ce prête- était né fut la seule que l'on n'abattit pas. Getto sévérité frappa de terreur le reste de la Grèce , et , dès lors , les partisans d'Alexandre osèrent seuls se montrer. Les historiens rapportent que ce prince eut toujours devant lea yeux les malheurs des Thébains , et , lorsque, dans la suite, il éprouva quelque revers, il l'attribua chaque fois à sa cruauté envers ce malheureux peuple (të). Les Athéniens n'éprouvèrent pas un sort aussi rigoureux : il se borna à leur demander l'exil de Charimède , l'un des orateurs les plus acharnés contre lui. Un attribua cette indulgence à son amour pour la gloire, qui lui faisait ménager une nation dont les écrivains étaient les organes de la renommée (19). 8e disposant à passer en Asie, il nomma Antipater son lieutenant en Europe i-2ii . et se rendit à Corinlhe, où , dans une assemblée générale des peuples de la Grèce , sa qualité de commandant suprême fut conliraiée (21). Il tint à JEgé un grand conseil de guerre, où l'inva-
slonné par Darius, et l'on en trouva la preuve dans ses papiers. I*s Tuébains, pour engager k la désertion les soldait d'Alexandre, promettaient de superbes récompenses, non k qui combattrait pour lear cause, mais k qui passerait au service du grand roi. Val. p.
(IS) La ruine de Tuèbes fut accordé* tux demandes de beaucoup d* Béotiens bannis, et surtout au rvru rfe Pltièe. détruite par Tbébes. Du reste, c elait un tu jw/i/sf a* que la destruction de Tnèbe»,
Te^'d^DanU "bm^^ Wl dê e7
fédération puissante, ce qui ne fat plus après net, et aassi parce qae Thèbea, bien quiyaai anuda* ei Pelopidas, n'en était pas moins un I força militaire, qui avait balance et annulé ï
ras
il se trompe t
de passion pour qu'Alexandre se rendil de fait aux vœux des tirées, ses allies, en faisant un acte selon set intérêt*, et put masquer sa sévérité en la mettant sur le compte d'sntrui. Vas* P.
(IS) La vraie caase etaii l'insigniliance d'Athènes, k qui les perte* d* I* guerre sociale avaient porte le dernier coup (539-5SS); Val. t*, (10) Il est croyable qu'Antipaler eut le commandement militaire et fat charge soit de la défense du pays contre les invasions possibles, snii de la levée de troupes nouvelles et autres objets analogues, tandis qu'Olympia* (avec un conseil peut-être) avait la régence. Avec une femme aussi impérieuse qu Oljmpias, et en pareille circonstance, ane telle division de pouvoirs ne pouvait manquer d'amener des altercation*, et II y en eut. Mais on ne voit pas qu Alexandre pût faire autrement | et, uu total, la Macédoine fut tranquille et aans révolution pendant doute uni qu'il en fut éloigué. Val. P.
(M) le», nul* ta 11 y eut la un véritable parte fédéral temporaire entre le* tirée* : on en peut lire le* dispositions dans le ditcours vrai ou prétendu de Deinosibene, sur l'alliance avec Alexandre. (Démo*tn. de Reisle, 1. 1, p. MS.) Val. P.
ALE
sion de l'Asie fut définitivement arrêtée, et il partit au printemps, 334 ans avant J.-G., avec 30,000 hommes de pied et 5,000 chevaux (22). Alexandre était alorsàgé de vingt-deux ans. Il mît vingt jours pour arriver à Sestos , où il traversa l'Hellespont. Parvenu à Ilium , il offrit un sacrifice à Minerve, oignit d'huile le cippc du tombeau d'Achille, et courut nu autour de ce monument, avec ses amis. Il le couronna ensuite de fleurs , et félicita Achille d'avoir eu, pendant sa vie, un ami comme Patroclc, et, après sa mort, un chantre tel qu'Homère. Il lit aussi des sacri lices aux mânes de Priam. Descendant d'Achille par sa mère , et combattant comme ce héros pour détruire un empire asiatique , il voulut conjurer la haine dont il pensait que l'ombre du monarque troyen devait être animée contre lui. En approchant du Granique, il apprit que plusieurs satrapes du roi de Perse l'attendaient de l'autre côté du fleuve avec 20.000 hommes d'infanterie et un pareil nombre de cavaliers. .Parménion était d'avis de ne traverser le fleuve que le lendemain , dans l'espérance que , pendant la nuit , les ennemis se disperseraient. « Il serait honteux, repartit « Alexandre , qu'après avoir traversé si facilement « l'Uellespont , nous fussions arrêtés par un mis— « seau. » H prend aussitôt le commandement de l'aile droite, qu'il fait entrer dans le fleuve; et, après avoir mis eu fuite les barbares sur ce point, il court au secours de l'aile gauche , repoussée iwr Memnon de Rliodes, le plus expérimenté des généraux de Darius. Apercevant Mithridalc , gendre de Darius , qui s'avançait a la tète d'une troupe de cavaliers , il pousse son cheval contre lui , et le tue d'un coup de lance. Au même instant, KlHvsacès vient l'attaquer par devant , et Spithridatc, par derrière ; Rhœsacès, d'un coup de cimeterre, abat une
(22) El 00 m 70 talents environ (moin* de 400,000 fr.). Mais l'agent Mail rarilc a trouver, pour peu qn'il ent de succès. Ce .pu faisait une Infériorité réelle et terrible, c'était le chiffre si faible de l'armée (que les variantes les plu» fortes ne peuvent élever à 40,000 hommes). Comment se fail-il donc que l'entreprise d'Alexandre ne fut pas une folie, et qu'elle eût, au ronlraire, de grandes chances en sa faveur? C'est une question qu'on doit recoudre, sous peine de voir en Alexandre un aventurier heureux; et on ne peut la résoudre qu'en donnant le tableau de l'empire médo-persc a eeile époque. En voie! les traits dominants. 4* Nul lien, nulle cohésion entre les provinces; toutes les populations prêtes à changer indifféremment de maître; grands, oo gouverneurs, ou rois vassaux, m* voyant dans la dislocation de l'empire que leur indépendance ou la foniiatiun de petites souverainetés pour euv. 2* Nulle armée sérieuse et permanente, nationale et exercée, sauf quelques corps d'elile, les peuplades braves (Ouxes Kourdes. etc.) ou hostiles, on vivant de la vie de bandits, et rançonnant le roi même à sou passage; des mercenaires, justement suspects, et dont les chefs, jalouses et .surveilles, élaieul, par cela même, paralyses et incapables de bien faire (Memnon le Rhodien. par exemple). 3* Le roi sans habitudes mililairrs. 4* Pas même de grands mag-isins d'armes et de munitions, pas racine l'usage de bonnes armes. 5» Enfin un gouvernement de cour, et dés lors l'esprit de rour. l'intrigue, la brigue, l'horreur du vrai mérite, présidant aux choix les pins graves. Tout réels que fussent ces éléments de faiblesse au moment dune lutte, il n'en est pas moins visible que celte faiblesse, a elle seule, ne pouvait faire le suces d une invasion, et qu'indépendamment de la supériorité qu'avaient les Grecs, en gênerai, \ar leurs armes, leur tactique, leur intelligence, leur nationalité, il fallait encore au peUt prince qui attaquait une si vasie puissance, et nn plan méthodique, snr. cou ui avec a . ' . . ^ ^n
partie de son casque , mais Alexandre le renverse d'un coup de lance, et Clitus coupe le bras de Spithridatc, au moment où il le levait pour frapper Alexandre. Les Macédoniens, excités par l'exemple de tant de bravoure , mirent en fuite la cavalerie persane, et toute l'armée traversa le fleuve sans obstacle. 11 ne restait plus que les Grecs à la solde du roi de Perse, qui , formés en phalange, se préparaient à se défendre. On les attaqua en même temps avec l'infanterie et la cavalerie; ils furent taillés en pièces, à l'exception de 2,000, que l'on envoya dans la Macédoine comme esclaves (23). Alexandre lit faire des obsèques magnifiques aux Macédoniens qui avaient |iéri , et accorda des privilèges à leurs pères et à leurs enfants. Il envoya aux Athéniens trente armures perses, pour être placées dans le temple de M inerve, avec cette inscription : Dépouilles enlevées aux barbares de l'Asie, par Alexandre , fils de Philippe , et les Grecs, à l'exception des Lacédémoniens. La plupart des villes de l'Asie Mineure, et Sardes elle-même, qui en était le boulevard, ouvrirent leurs portes au vainqueur. Milet et Halicarnasse firent plus de résistance (24). Ce fut après ces conquêtes qu'Alexandre détruisit lui-même sa flotte, qui lui était devenue
(23) C'est le récit d'Arrien. Suirani Diodore. il y avait an Granique 100,000 hommes, dont 10.000 de cavalerie. Peut-elre (en modifiant ce nombre qui serait de lit), 000 hommes en tout, dont WJ.000 seulement d'infanterie) arriverait-on près du vrai. L'année des salra|.rs de l'Asie Mineure antérieure aura Ht de loo ou 120.000 hommes (voila Diodore). 40.000 seulement combattirent au Granique (Arricn esl formel). Dans ces 40.000. ttguraienl les meilleures troupes, les troupes grecques a la solde de la Perse (encore Arrien); elles furent ou taillées en pièces, ou faites prisonnières (toujours Arrien). Ce qui resta, soit des combaltanls au Granique. soit des autres iruapcs des satrapes, n'était pas Ires-formidable, s'éparpilla et agit sansconcert. Envisagée a ce point de vue, la bataille du Granique prend une face toute nouvelle : on en comprend toute l'imporUiire; on coiuprrnd aussi pourquoi Alexandre s'acbarna tant contre les Grecs de Memnou (il savait que là était l'obstacle et le danger; il savait aussi qu'après cet échec plus persounel. Mention aurait et moins de forces à lui a manier, ei voix moins haulc dans le conseil des satrapes).— Sic-Croix n'a rien dit et rien vu rie tout cela. Il se borne a prendre le chiffre d'Arrien, rouinie le chiffre le plus bas, des lors le plus croyable (tandis qu'il serait incroyable, justement par celle faiblesse numérique). La tradition de Diodore ne lui fournil mille réflexion; il la traite avec le même mépris que la fable de Justin, qui met au Granique 600,000 Asiatiques. Val. P.
(24) Halicarnasse fut détendue par Memnon, qui (roy. Arrien) lit preuve à celle occasion de tons les talents d'un excellent ofllder. — Ce sérail ici le cas de dire enfin le plan de ce général 4 qui Darius eiït dù couder le commandement en chef, avec supériorité sur lous les satra|>e* (si toutefois il eût pu le faire, car 1rs satrape* étaient a peu près mallres daus leurs provinces; et nul doute, suivant lions, que plusieurs d'rulrecux, au reçu d'une telle uuuvclle, n'eussent traité avec Alexandre, souseoiiditionue garder leur satrapie). Mrmuon donc voulait ne point livrer de batailles, faire des campagnes de l'Asie Mineure nn deserl sans fourrages et sans grains garder les places fortes et les défiles, couper par sa (lotie toute communication avec la Grèce, aux Macédoniens, qui n'eussent reçu ni vivres, m recrues, ni argent, laisser ainsi Alexandre s'user enlre le Taunis et la mer, vivant fort mal et s'alienant les populations qu'il n'aurait pu ménager, etc., ele. On ne volt pas ce que, contre ce plan, exécuté dans toutes ses parties 4 la fois, aurait pu faire Alexandre; et si l'egolsmc des satrapes ne se fut révolté 4 l'Idée dn ravage de leurs petits rovaumes, si Darius eût élé le maître chez lui. Il eltt sans doute souscrit au projet de Memnon. — Poor Alexandre, dés ce moment se développe sa méthode si snre de commencer par assurer sa base d'opérations, et d'être bien maître de toutes les cotes, de tout ce qui le lient en communication avec la Grèce; et nous ne pouvons qu'admirer sa patience, un inaltérable fidélité et ses plans, encore plus que sou activité «t si hardiesse. Val. P.
ALE
inutile, et qui, malgré de grandes dépenses, restait inférieure à celle des Perses. Étant à Épliésc , il y rétablit la démocratie, ainsi que dans toutes les villes grecques de l'Asie Mineure. A Gordium , il voulut voir le nœud connu sous le nom de ntrwd gordien ; il était si difficile à délier, que l'empire de l'Asie était promis , par les destins , à celui qui y parviendrait; Alexandre, n'ayant pu en venir à bout, le coupa avec son épéc. Il conquit la Kyrie, l'Ionic, la Carie, la Pamphylic, la Cappadoce, en moins de temps qu'un autre n'en eût mis à les parcourir (23) ; mais, s'étant baigné, tout couvert de sueur, dans le Cydnus (26), il fut arrêté un moment par une dangereuse maladie. Tout le monde désespéra de sa guérison, à l'exception du médecin Philippe. Ce fut dans cette circonstance qu'Alexandre m uitra tout l'héroïsme de son caractère. Au moment où Philippe allait lui présenter un breuvage, ce prince reçoit une lettre de Parménion, annonçant que, gagné par Darius , Philippe doit empoisonner son maître (27). Alexandre remet la lettre à son médecin , et , en même temps , il avale le breuvage salutaire. Cette noble confiance fut suivie d'une prompte guérison. A peine rétabli, Alexandre s'avança vers les défilés de la Cilicie. La mort de Memnon venait de le débarrasser d'un adversaire t; et Darius, qui n'aurait jamais dù quitter
(M) l< La floue fui supprimé après la prise de Milet. et avant celle d'Haliearnasse. S' II avait passé Ephcse et llonie avant d'atteindre Milet. S» Gordium ne le voit paraître que plus lard. «• Au lieu de dire qu'il rétablit la démocratie partout, il faut dire qu'il accorde l'autonomie (sou* la surveillance des gouverneurs généraux de province) aux villes grecque*. 3* Après les deux sièges, continuant de suivre les cotes, il occupa la Carie d'abord, ensuite la Ljcîe. puis entra en Pampbylie. 6* Mais là, sentant le besoin de s'assurer plus ou moins des parties Intérieures de l'Asie Mineure, il marcha au nord au moins 80 lieues, pour redescendre au sud par une ligne parallèle et orientale, relativement ù la première. 7* Dans relu? course » l'iutértrur, il eut a se ballre rn Pisidie, el ne pril que de force beaucoup de leurs places: OU'iie» Ut attendre sa ledditiou. S* C'est dans cette série de courses aussi qu'il vint a Gordium. un des points les plus septentrionaux qu'il toucha. 0' tlans l'enumeration des pays eouquis alors par Alexandre, manque la l'aidila^onie ( Alexandre n'y mit |as les pieds, mais elle lit sa soumission formelle el promit d'obéir au gouverneur macédonien de Phrygie, Calas); celte soumission, do reste, n'était que superficielle, tant qu'Alexandre n'elait pas entièrement vainqueur de Darius, el maître paisible de tout l'empire, les petits dynastes voyant tout simplement dans l'invasion maceduiiienue une occasion ou une chance d'indc|iendance (rog. note 33). La Ca|qiadoce (oit régnait Ariaralh II) lit comme la Papfatagonie, mais reçut un satrape direct ( Sabic l), lequel pourtant ne put rendre la domination macédonienne bien sérieuse. 10* Il faudrait ajouter que seule de tonte l'Asie Mineure, la Bilbynie, an milieu de ce bouleversement, se trouva libre, et n'obéissant ni a Darius ni à son rival. Val. P.
(96) Il était alors a Tarse, en Cilicie, par conséquent. Cette province (aujourd'hui pachalilt d'Adana) forme l'a ngle sud de l'Asie Mineure, el la liaison de ce pays avec la Strie. — L'aventure do bain froid dans le Cydnus (du moins rn Uni que cause de la maladie) semble un embellissement des conteurs. Anslobulc. un des générant el historiens d'Alexandre, n'attribuait sa maladie qu'a la fatlgoe. Celle maladie, du reste, fut un bonheur (roy. note 88). On rapproche quelquefois de l'ac, idenl d'Alexandre la mort de l'empereur Frédéric Barberousse. qni, lors de la troisième croisade, en U90. se noya, disent les Arabes en se baignant dans le Cydnus. C'est dans le Calycadn. et en voulant passer le fleuve a cheval, qu'il faut dire.
Val. P.
(47) Ce n'était point sans doute le premier piège tendu par les Perses au conquérant. Déjà en Carie Ion avaii découvert un tramé, dit-on. par un Alexandre flls dOErop, et qui ne
■oie,!.)
Val. P.
les plaines de l'Assyrie (28), eut l'imprudence do s'engager dans un pays montagneux , et viut camper avec 500,000 hommes (29) a Issus, entre ta mer et les montagnes. Alexandre s'étant présenté aussitôt pour le combattre, Darius fut obligé de ranger ses troupes sur ce champ de bataille resserré , où l'immense supériorité du nombre ne fut pour lui qu'une cause d'embarras et de confusion (30). Alexandre , méprisant un tel ennemi , ne craignit pas d'étendre sa ligne de bataille depuis la mer jusqu'aux montagnes (31). Ses deux ailes étaient composées de soldats d'élite ; se plaçant lui-même à la droite , il renverse l'aile gauche des ennemis, où était Darius (32) , la met en fuite , poursuit le roi de Perse , et revient sur ses pas au secours de Parménion qui, à la tête de l'aile gauche, luttait difficilement contre 30,000 Grecs à la solde du roi de Perse. Rien ne put résister ù la plialange macédonienne, encouragée par la présence d'Alexandre qui , maigre une blessure à la cuisse, se portait partout où le péril était le plus grand. Les Grecs auxiliaires, pris à dos, furent taillés en pièces, et cette victoire lit tomber entre les mains d'Alexandre les trésors (33), ainsi que
(38) C'est nne de ces Taules que l'on copie depuis des siècles, d'après le texte d'Arrirn, qui a, ou non, écrit ainsi, mais qni se corrige par lui-même, en disant que Darius avait son quartier général a Solh, el voulait y rester, suivant l'avis du transfuge Amyntas. La maladie d'Alexandre, et diverses autres causes qui retinrent ce prince en Cilicie, llreut abandonner cette position par Darius (en ce sens n maladie de Tarse, en aidant a impatienter Darius, fut peui-étre on hemreux incident pour Alexandre). A présent, encore un mot, si l'on vent comprendre la journée d'Issus. Ces deitlès de Cilicie (dont on parle pins haut) sont au nombre de deux : I • pyles amaniques (en quittant la Cilirie et allant a l'est) ; 3° pyles syriennes (en quitlanl la Cilicio et allant an sud, rn Syrie, tout prés de la mer). Alexandre ne franchit pas les deux passages (c'est tout simple), il franchit les pyles syriennes, il fallait le dire. Nul doute qu'agissant ainsi, il n'eût son dessein et ne tendit un piège 1 Darius. Darius y donna : il commit l'incalculable faute, non-seulement d'abandonner les plaines de Si'iLh, mais de les abandonner pour la Cilicie, c'est-a-direde franchir le pas aiuanique, ride se mettre a la ptumtie des Macédoniens. (Ici, énorme faute dans les traducteurs d'Arrien, qui mettent Alexandre dtrrittc Darius à dot it Darius, faute qu'on s'eionne de retrouver dans Ste-Croix.) A cette nouvelle. Alexandre retraversa en haie le pas syrien; el c'est ainsi que Darius se trouve iraqué dans l'angle sudooest de la Cilicie. entre le drfllé amanique qu'il a derrière lui, et le délilé de Syne qu'il a en avant. Val. P.
(39) A me n dit 600.000 combattants. Nous préférons ici le chiffre faible, qui est Irés-fort déjà. Au reste, (bus l'appréciation des témoignages, il faut penser que c'est une armée royale (évidemment Darius y avait presque toutes les forces dn moment), que les rois de Perse agissaient par levées en masse, enOn, qu'il y avait dans celle armée toute la maison du roi, le harem, etc.. etc. — On était en 555; la bataille du Granique avait eu lieu en 55*. Val. P.
(50) En effet, il mit en ligne 90,000 hommes (50,000 Grecs et «0,000 Cardnques. c'esi-a-dire Kourdes) : tout le reste fui rangé derrière, sauf de la cavalerie qu'il Si agir en avant, tandis qu'il formait la ligne, puis sur l'une ou l'autre aile, et lonjours assez mai. P— «t.
(SC) C'était tout simple d'abord, parce qu'il n'y avait a cela autan danger, et ensuite parce que, de celte manière, il évitait d'être tourné. La courbe formée par les montagnes (a droite d'Alexandre el a gauche de Darius) offrait de très-grandes facilités au Perses pour cela; ils s'en aperçurent et essayèrent, mais mollement, et. ro que I on ne conçoit guère, avec de la cavalerie seulement. Alexandre subdivisa son aile droite, dont partie marcha en avant sur la gauche de Darius, et partie fit opposition a ceux qat voulaient tourner les Macédoniens. Val. P.
(53) Darius était couvert par le Pinarc: Alexandre voulait le passer, et effectivement le passage ent lieu. Ce furent l'aile droite (moins le corps en observation ri-dessus)' et ta droite dn rentre qui passèrent d'abord. Plein fut leur sneces i files culbutèrent la gauche de Darius. Mais le centre se composait de la phalange, et toat le
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la mère, la femme et les enfanta de Darius, qu'il traita avec une extrême Iwnlé. Il ne poursuivit point ec prince qui s'était enfui vers ITuplirale ; et, voulant lui oter toute communication avec la mer (54), il entra dans la Celé—Syrie et dans b Phénicie, où il reçut des lettres du roi de Perse, qui lui demandait sa famille prisonnière, et lui témoignait le désir de faire la paix. Alexandre réjioiiilit à Darius que, s'il voulait venir le trouver, uon-seulement il lui rendrait sans rançon sa mère, sa femme et ses enfants, mais encore sou royaume : une pareille ré- |>onsc ne pouvait point avoir de résultat (35»}. La victoire d'Issus ouvrait tous les passages aux Macédoniens ; Alexandre envoya à Damas un détachement qui se saisit du trésor royal de Perse (36), et il marclia en personne pour s'assurer des villes maritimes le long de la Méditerranée. Toutes celles de la Phénicie se rendirent , à l'exception de Tyr, qui , liére de sa position au milieu de la mer, forma la résolution de se défendre. Alexandre en lit le siège ; et , surmontant des difiieullés incroyables, il réunit au continent, par une chaussée, l'ile dans laquelle cette ville était située. PI usicurs fois les assiégés et la mer elle-même détruisirent ses travaux ; il triompha de tous les obstacles, et la ville fut prise, après sept mois d'efforts. Irrité de sa résistance, Alexandre la détruisit entièrement , et vendit comme esclaves tous les lutbitants qui n'avaient pu écliapper par la fuite. Quelques historiens prétendent qu'il en fit périr 5,000 sur la croix ; mais Arrien et Plutarquc n'en parlent pas (37). L'armée macédonienne se di-
centre s'ébranla on même Icmpj seulement il ne s'ébranla pas avec Il même l.-gercté, ci taudis que la droite du rrniio marchait de front avec l'evirénie droite menée |.ar Alexandre mi- ira, le reste du eenire marchait ci |«ssa:i le neuve moins vile. De la. après le pas- Mge du fleuve, n ii rtmiémeni sm la ligiiedo la phalange: le* Crée» de Darius en proriu rem, ci lircul du mal au rentre ennemi jusqu'à re qu'Alexandre, vainqueur à droite, tombal sur eux. — La poursuite d« Darius évidemment n'eut lieu qu'ensuite: I* feul ele une fanie quand le* rentres élalent encore ans prises, et 2" Dariai (Ull au n uire (non a la droite), cl quoi qu'on en di«>e. ne |uit la fuite que quand son cenire plia.— Nous négligeons beaucoup de détails.
Val. P.
(55) Dan* le camp seul ou trouva 5.000 talenu (environ 17 militons), ci tien de* fois autant il DaBUa, ou liaient la maison du roi, 8cs bagages, etr., etc. • Vai. P.
(54) Toujours la même méthode, avoir tontes les provinces maritimes d'aWd : la Syrie même ne lui suffira point, il relonruera en ftgyplc encore avin! de soi>«cr a passer l'Euphrate. Val. P.
(55) Celte réponse (précédée d une réfapiliitalion de griefs, véritable manifeste d'Alexandre a Darius) est beaucoup moins insigniflante qu'un ne le dit ici; elle se résume par ces m ils ; 1° rei unuaisset-moi roi «les rots on grand roi [t'Ml i fflu*. (Mtj ml votre titre ofllciel, unique]; 2* vous poutre z rouscrvrr line partie de vus Etals, comme roi vassal ou de deuxième ordre. Darius serait tombé daus la catégorie des rois d'Anuenle, de Cappadocr, etc., avec beaucoup plus de territoire sans doute, mais sans souveraineté suprême et vraie. — Au reste, Darius envoja uue seconde depulalion un peu plus tard, pendant le siège de T)r (et celle-ci était rliargir déjà de très-hautes propositions). Val. I'.
(36) C'est-à-dire du trcsiif qui snivail Darius et que, du reste, non»- pensons a>uir été i<iu»i(U'fjble (l'eu. note 33): il > a plus d'une raison a en donner; niais on ne dnil p. un oublier que les grands trés-«rs centraux étaient dan» 1rs quatre capitales (Babvlunr, Suse, Erb ilane, Persépolis), el notamment dans les dousilci nicie*. Val. P.
(57) Tyr ne fut pa> détruite, ou elle se releva bien vile, car, que' |W» années après, on la retrouve florissante. Les femmes, les cnf.uts, les vieillards, la ptujurt des objets précieux avaient éléen- Toy.S i Cartbage ou bien a Sidon. Toutefois ce siège fut un coup ■nui ici ponr T>r. moins a rause de t. «nV n ,i„ RUBWIt, qu'a
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rigea ensuite sur la Palestine , dont toute les villes se rendirent , à l'exception «le Gaza , qui soutint un siège , où le conquérant reeut une blessure grave. Les habitants furent traités à peu prés comme ceux de Tyr, et le commandant Itétis, attaché |»ar les talons au cliar du vainqueur, fut traîné sous les murs de la ville , comme autrefois Hector sous les remparts de Troie (3K). Suivant l'historien Josépbe, Alexandre alla ensuite à Jérusalem , et fit offrir des sacrifices dans le temple où le grand prêtre Jaddus, devant lequel il se prosterna, lui montra la prophétie de Daniel , qui lui réservait la conquête de la Perse ; mais ce voyage n'est attesté que par l'historien juif, toujours prêt à saisir ce qui peut donner quelque éclat à sa nation (30). L'Égyplc , lasse du joug de Darius, reçut Alexandre comme un lilvérartettr (40). Voulant assurer sa domination, il sut adroitement rétablir les anciennes coutumes, et les cérémonie» religieuses abolies par le» Perses ; et , afin d'y laisser un monument durable (41), il choisit
cause de la l'haussée. Le port dut être cl resta tris-endouiniagé ; et, dans la suiie. si Tyr fleurit, c'est plutôt comme industrielle que comme commerçante. Toutefois il ne faut pas oublier que la fondation d'Aleuudrie, et l'essor du commerce en Kjypte sous les l'iolemees, tarent pour beaucoup dans re de. lin. — Toute celle soumission d< la Syrie oerupe la Un de 355 et partie de 532. Val. P.
(SH) Ce (ait u'a d'antre garant que Oulnle-Curre; et, quoique pcuiéire on ail tort de le rejeter comme impossible et tout a fail Uors du émettre d'Alexandre (en quelque iuslanl que ce soit:), il est évident qu'où ne peut l'adopter sur la foi d'un Ici auteur. — fia/a ne fui point détruite. Slrabon ne le dit que par erreur, en confondant ce qu'elle vmffrtt d'Alexandre le Crand, avec sa destruction par Alexandre Zebln», en M avant l.-C. — Knlln. Cara était une ville des Philistin*, non de Palestine, à raoln» qu'on n'entende Ici Palestine en nn sens plu* large qne pays des Juifs. Val. P.
(39) Il l'est aus<i par l'anleur delà Chronique samaritaine ; Bayle el Sle-Croix l'adoptent; beaucoup d'autre* le rejettent. Nous sommes de l avis <le ces derniers; mais il nous semble qu'il ne snfBt point kl de nier, et vol. i ce que nous croyons voir sortir, aver beaucoup de probabilité, tant des témoignages modifies que des circonstances : \* Alexandre, qui, tonl en poussant le siège de Tyr. travaillait il la soumission de la région syrienne entière, envoya sommer Bamarie et Jérusalem de le reconnaître, de lui fournir des serours contre Tyr. V II fut répondu par les habitants que des Irallés les liaient, soit an roi de Perse, soit à la ville de Tyr, et qu'ils ne pouvaient faite cause commune avec lui; mais celle réponse impliquait possibilité de mesures Intermédiaires , c'est-à-dire de neutralité el de soumission provisoire. 3" Alexandre, en cffei, voulut au moins ces denx articles: il detarba un corps qui alla jusqu'à Samarie, dont Androinaque fut nomme gouverneur, el peutêtre nu peu plus loin («ur les frontières de la Judée proprement dite). 4f Le grand prêtre Jeddoa ou Jaddus se rendit au quartier général d'Alexandre, lui récita les prophéties qui annonçaient la chute du tronc de Perse, ne manquant pas de les lui appliquer, et obtint pour Jérusalem des conditions meilleures que celle* du Samarie (antoiiomie a peu près complète). S* Alexandre qui partout et toujours mollirait la plus grande tolérance el respectait les lois, les usages, les religions des vaincus, Alexandre qui avait tenu'' de défaire le nnend gordien, par respect pour un vieil oracle, et sacrifie dans Tyr à Melkart (l'Hercule syrien), affecta aussi un grand res|nrt pour Jebova et les prophétie*. De là, son prétendu larnliee sur le Carmin, sa prétendue génuflexion devant Jaddus, etc. Val. P.
(40) L'Egypte avait toujours eu la domination perse rn horreur, surtout a cause de la brutale intolérance dontCambyse avait donné le modèle. On va voir que, lidele a sa méthode (reg. unie 39), Alexandre suivil la marche contraire. Son voyage a l'oasis d'Anvoun (Ainuiuu, suivant lés Crées) ne fut qu'un hommage politique ainsi rendu aux superstitions égyptiennes. (•'<>». note 42.) Val. p.
(41) Ce fut encore plu» pour créer un nouveau centre commercial et pour entretenir les rommnnir.il ions direrte* avec la Crète. Le» Ptolemees achevèrent la réalisation des vues d'Alexandre. — Alexandrie, avant re temps n'était qu'un bourg dU ItakoU.
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un espace de 80 stades entre la mer et le lac Ma— réotis, où il fonda Alexandrie', qui devint une des premières villes du monde. 11 alla ensuite dans les déserts de la Libye consulter l'oracle de Jupitcr- Amnion. Quelques historiens ont prétendu que ce dieu le reconnut pour sou fils; Arricn dit seulement qu'Alexandre le consulta sur des choses secrètes, et qu'il fut satisfait de sa ré|K»nsc. h" habiles critiques, fondés sur des passages de Strabon, ont rejeté comme des fables tout ce qui a été raconté sur ce voyage (42). Au retour du printemps, Alexandre se mit en marche par la Pliénicie, pour aller cl»ercher Darius, qui avait formé une nouvelle armée eu Assyrie (45). Il reçut alors de ce prince l'ofTre d'une de ses filles en mariage, avec iO,(XM) talents (54 millions) pour la rançon de sa famille , et la cession de toute l'Asie jusqu'à l'Kuphrate. Alexandre communiqua la lettre de Darius à se* princi|«ux officiers : « J'accepterais, dit Parménion, si j'étais « Alexandre. — Et moi aussi , repartit Alexandre, si « j'étais Parménion. » Sa réponse au roi de Perse ne laissant aucune espérance d'accommodement (44), les deux armées se rencontrèrent bientôt à Gaugamèle, bourg voisin de lit ville d'Arhclle, en Assyrie, à quelque dislance de l'F.uphrale. Justin évalue les forces de Darius à lui '.(MM) hommes d'infanterie , et à 100,000 de cavalerie; mais Diodorc de Sicile, Arrien et Plutarquc disent c,ue ce monarque avait plus d'un million d'hommes, et trois cents chariots armés de faux {45}. Étonnés à la vue d'une année si nombreuse, les généraux macédoniens étaient d'avis de combattre (tendant la nuit , pour cacher aux soldats l'infériorité de leur nombre. « Je ne suis pas accou- « tumé à dérolter la victoire, » ré|>ondit Alexandre. Il donna ses ordres pour le lendemain , et alla se rC|JOser dans sa tente. Quoique cette bataille dut décider de son sort , il ne témoigna aucune inquiétude, et, à l'heure marquée pour ranger l'année en bataille, ses généraux le trouvèrent plongé dans un profond sommeil. Après les avoir envoyés à leur poste, il prit son armure, lit paraître le devin Aristandre, qui prédit à l'armée le succès le plus cornas) Il n y a nulle raison sérieuse de rejeter ce voyage, complètement fat* le godl d'Alexandre. Ouant a l'appellation de flh fAmo««, donnée par le dieu au conquérant, pour oui connaît les formules égyptiennes, rien n'es! plus simple, ritmè de Fia M flli de Fin, aime tfMamni ou fllt <r.\moMn, tir., sont ta litres prodigués aux anciens Pharaons sur loin les monuineuts. Si les CrCTS, IdcnliOant Jupiter et Amronn, en conclurent qi'Alrxandre voulait sérieoseiiK-nt faire croire que Jupiter était MM père, et avait eu commerce avec Olyiupias, sous fnrme do dragon (on sali qne Knef nu Amoun revêt parfois la forme d'onrée on serpent favorable). Il ne faut voir dans tout cela qne de fausses interprétations de la légende grossièrement traduite et mal comprise. Vu. I».
(»S) Darius était a l'est du Tigre. On était alors en 531 ; l'occupalion de l'Egypte avait en 1Hi dans l'iIlH'Hl lllWM de 332 et an commencement de l'année suivante. Val. P.
(U) C'est donc la troisième ambassade de Darius. Ce n'esi ici qne la seconde. Vu. P.
(4S) Toujours les levées en masse, comme nous l'avons vn plus haut (note 99), levées qu'on ne savait pas distribuer et échelonner, qn'on armait fort mal, et qui rainaient le pats sur leur passade, de manière qu'en réalité elles ne faisaient que du uiat. Noos inclinons pourtant a borner les combattants de Gaugaruile a 500,000 hommes, oe voyant dans le reste qu'un arriére-ban, une réserve possible.
Vai. P.
plet ; puis , se mettant à la tête de sa cavalerie , il s'avança dans la plaine, suivi de sa phalange. Avant le premier choc, l'avant-garde des Perses prit la mite. Alexandre poursuivit avec ardeur tes fuyards, et les reuversa sur le corps de bataille , où ils portèrent l'é|»ouvantc. Ce fut dans ce moment qu'il apprit que son aile gauche était enfoncée par la cavalerie |>ersanc qui avait pénétré jusqu'aux équipages. Panuénion, qui commandait sur ce |K>int, lui ayant fait demander des secours : « Dites-lui , répondit « Alexandre, que nous ne manquerons pas d'équipages lorsque nous serons vainqueurs des Perses; « et que, si nous sommes vaincus, nous n'en aurons a pas besoin. » Ce ne fut donc qu'après avoir enfoncé le COrpi de bataille de Darius qu'il lit dégager Pannénion (46) . Son principal désir était de prendre ou de tuer le roi de Perse, qu'où voyait sur un char élevé, au milieu de son escadron royal. Les gardes de Darius le défeudirent d'abord avec courage ; mais, voyant Alexandre renverser tout ce qui se présentait devant lui , ils prirent la fuite, et le roi de Perse se trouva entouré du spectacle le plus effrayant. Sa cavalerie , rangée devant son char qu'elle voulait défendre, est taillée en pièces, et les mourants tombent à ses pieds. Près d'être pris lui-même , il se jette sur im cheval, et échappe au vainqueur par la fuite, abandonnant son année, ses équitttges, et des trésors immenses. Cette grande victoire mit toute l'Asie au pouvoir d'Alexandre (47). Babj lonc et Suie,
(16) t'armcnioii se dégagea tout seul, grice, an reste, i la faute qu'avaient commise, les barbares, qui pouvaient Ini faire coorlr les plus grands dangers. Ne cherchant qu'a fuir, nu énorme corps du rentre perse, qoi avait Alexandre par derrière, avait marché sur la phalange qni formait le centre fies Macédoniens. Celle-ci avait ouvert ses rangs et laissé passer s.ins coup f.rir. tl est clair qu'alors ces Perse», qni étaient derrière le rentre macédonien, pouvaient prendre a revers la gauche au\ ordres de Parménion. — En général, les détails de la bataille dArbclirs. outre ce qu'ils offrent d'intéressant en eux-mêmes pour la lactique, présentent ce fait bien remarquable que, ton; lei rnrjn <f élite qni formaient comme la maltan de thiritt, les grands corps de son année ne se battent pour ainsi dire fM, et ne cherchent en quelque sorte qu'a ftehaffer. Beaucoup s'échappent en effet, et, a ce qu'il semble. Us s'échappent par grandes niasse, san< flre rompus on inquiètes. On dirait qu'une force a laquelle ils n'ont obéi que maigre eux les a réunis a Gaogaroèlc,el que, des qu'ils h> peuvent, Ils reprennent rharnn la rnnte de leur pays. Le mauvais commandement, l'indifférence, ne .suffisant peut-être pas a expliquer ces nombreuses retraites; ft l'on se demande si Alexandre ne leurra pas plusieurs des grands chefs nationaux de l'espoir de l'indepeiidaiire chc« ent, au ras on ils n'agiraient pas. — N'en concluons pas qne la bataille d'Aibelles ne fat point mu" hniallle (on se battit irès-sericuscment. au contraire, anlour de Darius et sur les deux ailes macédoniennes) ; mais re n'est pas la une bataille de 800,000 hommes. Alexandre, snivanl Arrlen, en avait 47,000 (et m'me plus si l'un calcule en détail). Val. P.
(47) l,es anciens ne se doutaient pas même de ce qne c'était qno l'Asie; et la bataille d'Arbelles ne mettait pas tont l'empire perse au pouvoir d'Alexandre. 1' Elle assurait aux Macédoniens (outre l'Assyrie) le> quatre provinces aux quatre capitales (Rabylonie, Su— siane, Medlc, Perside). 2' Impossible désormais a Darius de réunir le* nombreuses armées de Soih. de GaugarucIcV Impossible aussi pour lui, au ras où des forces tirées de l'est et du nord lui eussent donné des avantages, de recréer l'empire perse avec suprématie des Aebémenides. *• Grand risque enfin pour lui (privé dorénavant de provinces centrales, de forces propres, de trésors et a la merci des satrapes des lointaines provinces) d'être ou livré on tué (ce qui eut lien en effet). Mais les Macédoniens n'en avaient pas inoins encore prés de rooillo du territoire a conquérir; et, parmi ces dernière* provinces, s'en trouvaient de irr^jeu faciles, uon-
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entrepôt des ncliesses de l'Orient, ouvrirent leurs portes au vainqueur qui dirigea sa marche vers Perse" polis. Les déniés ap|K>lés pyles persides , seul passage pour pénétrer en Perse, et regardés jusqu'alors comme inaccessibles, étaient encore défendus par 40,000 hommes, sous les ordres d'Ariobarzane. Alexandre sut les tourner, et prendre à dos l'armée d'Ariobarzane, qu'il tailla en pièces. Il lit alors son entrée triomphante à Persépolis , capitale de l'empire. Ici Unissent les jours les plus glorieux d'Alexandre : possesseur du plus grand royaume du monde (48), il devient l'esclave de ses passions, se livre & l'orgueil , à la débauche ; se montre ingrat et cruel ; et c'est du sein des volupté» qu'il ordonne la mort , ou qu'il verse lui-même le sang de ses plus braves capitaines. Jusqu'alors sobre et tem|>érant , ce liéros, qui aspirait à égaler les dieux par ses vertus , et qui se disait dieu lui-même , semble se rapprocher du vulgaire des hommes , en se livrant aux derniers excès de l'intempérance. Un jour, plongé dans l'ivresse, il quitte la salle du festin, sur la proposition de Thaïs, courtisane athénienne, et, portant comme elle mie torche enflammée, il met le feu au palais royal de Persépolis, qui, construit presque en entier de bois de cèdre, passait pour la merveille du monde (49). Honteux lui-même de cet excès, il répondit à ses courtisans qui le félicitaient d'avoir ainsi vengé la Grèce : « Je pense que vous « auriez été mieux vengés en contemplant votre roi « assis sur le trône de Xercès que je viens de dé- « truire. » 11 sortit bientôt de cette ville à la tète de
seulement a conquérir, mats a parcourir. Voyex d'abord ce qni suit sur l'affaire des pyles persides, puis la note 50. Val. P.
(48) Il ne faut pas dater d'Arbelles sa vie de plaisirs et d'orgies, et bien moins encore ses bouffées de morgue ou de rruaulé (qu'on pense a T> r et a Gaza , même en effaçant les trois quarts de la tradition vulgaire) : c'est bien méconnaître les faits que de ne pas voir que jamais Alexandre ne passa au delà de quelques semaines an plus dans cette vie déplaisirs, et que jamais elle ne lui Ht suspendre si vastes combinaisons, ni rudes travaux. Tandis quêtant d'antres, nne (bis possesseurs des provinces opulentes, se seraient contentes de te lot, ou du moins n'eussent plus agi que par leurs lieutenants, Alexandre veut encore soumettre tontes les autres provinces, delà domination persane, et même pousser dans l'Inde, opérer par lui-même les conquêtes, examiner par ses yeux la topographie, les ressources des pays, en organiser la défense et en grossir la population par des colonies, ouvrir de nouvelles routes an commerce, etc., etc. Celte activité dévorante, inressante, toujours hardie, et toujours pourtant allant au réel, au solide, est justement re qui arrache l'admiration, lorsqu'on suit pas a pas la vie d'Alexandre-, et jamais il ne déploya cette activité avec autant d'éclat qu'après Arbelles, et a l'époque où on voudrait le représenter comme abruti par les voluptés et l'ivresse. — jlesteul donc la question d eleganrc quand 11 s'enivrait, et la question de morale pour quelques-unes de ses distractions. Il nous semble qo'on devrait penser ld a ce que c'est que déjeunes militaires, et aussi a la grossièreté des anciens. Il y i des gens qui ont recherché sérieusement si Annibal avait été rbaste : ceux-la peuvent s'étendre a loisir sur ce qu'ils appelleront lea désordres d'Alexandre. Tour nous, nous tenons qu'Alexandre et Annibal avaient beaucoup de vertu pour des pirates. Val. I'.
(49) Il n'y rut sans doute que quelque» pavillons de brûlés a Tersepolls. Ouon pense au mode rie construction des babilations royales d'Asie (parts, viviers, bâtisse éparses); mais c'est encore trop |ieu pour l'honneur d'Alexandre, Peut-être est-ce le plus ravissant de ces petits Trlanons qui brilla. Fiit-<e accident? Fut-ce une des folles fantaisies de l ivres.**'* Nous inclinons pour la seconde hypothèse, malgré de tres-hahïles critiques modernes, qui. en jnsti- Bant Alexandre des absurdités qu'on lui impute, oublient trop qu'il eut des moments (nous ne disons m des années, ni des journées, mais du momtt.) de vertige. Otunt a l'existence de Persépolis
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sa cavalerie, et se mit à la poursuite de Darius, qu'il était impatient d'avoir en sa puissance. Apprenant que Bcssus, satrape de la Bactriane, venait de priver ce monarque de sa liberté, et le menait encltalné à sa suite , il accéléra sa marclie , dans l'espoir de le sauver. Pltitarquc assure qu'il fit l."V2 lieues en moins de onze jours (50) ; mais il ne put arriver à temps : Bcssus, se voyant serré de trop près, lit tuer Darius, qui le gênait dans sa fuite (51). Arrivé sur les confins de la Bactriane, Alexandre aperçoit, sur une charrette, un homme couvert de blessures : c'était Darius qu'on venait d'égorger. A ce spectacle, le héros macédonien ne put retenir ses larmes. Après avoir fait rendre aux restes de son ennemi tous les honneurs funèbres usités chez les Perses, il se remit en marclte, subjugua l'Hircanie, le pays des Manies, la Bactriane (52) , et se fit proclamer roi d'Asie. 11 formait des desseins plus vastes encore, lorsqu'une conspiration éclata dans son propre camp. Les historiens , quoique peu d'accord sur les détails , conviennent tous que Philotas, fils de Parmcnion , y fut envclop|ié. On le chargea de chaînes, et, sur ses aveux obtenus au milieu des tortures, il fut condamné à mort. La chute de Philotas entraîna celle tle son père , et Pannénion , qui commandait en Medie, fut tué en trahison par ordre d'Alexandre; ce qui excita un grand mécontentement dans l'année, a Ils murmuraient tous hautement, dit Justin, rc- « doutant un pareil sort (53). » Dans ce même temps,
après Alexandre, elle est prouvée par une suite de faits, 1rs uns presque contemporains de la mort d'Alexandre, les autres du T siècle de notre ère. Val. P.
(30) C'est beaucoup, mais tout le pays est en plaines presque sans ondulations (sauf vers les pyles rasplennes) ; et Alexandre n'avait avec lui que de la cavalerie d'élite. Val. P.
(Si) Dessus voulait se taire, de satrape, roi de Bactriane. Darius pouvait lui servir de prèle-nom pendant un temps, an cas on il eût trouve de la résistance ou des rivalités. Mais probablement Darius sentait confusément que mieux valait pour lui se trouver aux mains d'Alexandre qu'entre celles de ce barbare, et retardait sa marche tant qu'il pouvait. De la sa mort. Val. P.
(54) 4" De Persépolis, Alexandre se rendit dans la Paretaeène, qu'il subjugua rapidement, se dirigeant sur la Medie, oà, disait-on, Darius voulait lui livrer bataille avec des Scythes et Cadnsii V Marchant toujours, il sut que Darius, ne pouvant compter sur ses troupes, prenait la route de l'est-nord-esl avec Dessus, il entra des lors sans coup férir a Echatane et occupa la Médir, puis chargea Parmenion d'occuper l'Hyrranie. S* Il se mit a la poursuite de Darius, entra ainsi en Parlhiene, passa les pyles raspiennes, et ne trouva que le cadavre de Darius. 4* De la l'arthU-ne (soumise), il passa dans l'Hyrranie, soumise aussi a peu près (c'était revenir un peu vers l'ouest, mais plus an nord). 5* Continuant sa route en sens ouest, il traversa les dures régions des Mardrs, qui furent plusieurs fois battus dans leurs montagnes, recul la soumission des Tapnres (Taberislan). et revint a Zadracart (capitale de l'Hyrranie), bien plus maltro de la lisière méridionale de la mer Caspienne, que ne l avait jamais été Darius. «• En 5», il recul la soumission de l'Ariane ou Arie, capitale Susia. 7» Il marchait sur la Bactriane. où Bessns venait de se faire proclamer, quand, apprenant la révolte prochaine du satrape d'Ariane, qui. d'accord avec Dessus devait prendre les Macédoniens a dos. il revint sur ses pas, le rednisil a fuir, tourna vers la Dranglane (où Bariaente, meurtrier de Darius, se préparai! a les seconder), et l'occupa. — Dans tous ces pays, il laissa les satrapes antérieurs, ou bien nomma des satrapes perse» (Oxatlire en Paretaeène, Oxy.late en Medie. Autophradate en Tabérislan et sur les Mantes, Satibanane. puis Arsare. en Arie). — Enlin, on voit qu'en tout reri il n'y a rien qui ressemble encore a la soumission de la Naririane : ce ne sont que les préparatifs, laborieux déjà, d'une guerre bien plus laborieuse. Val. P.
(53) A Prophtbaise en Drangiane. — La réalité du romplol de Philotas a toujours été mise en doute, et la mort de Pannénion a
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la puissance d'Alexandre en Grèce courait les plus grands dangers. Agis, roi de S|>arte, gagné par Darius , excitant ses compatriotes contre les Macédoniens, avait formé une armée de 30,000 hommes. La Grèce entière courait aux armes pour secouer le oug macédonien, lorsqu'Antipater, son vice-roi , se hdla d'arrêter un mouvement si dangereux. Il livra bataille à Agis avec 40,000 hommes. Le roi de Sparte fut défait et tué, la ligue des Grecs dissoute, et la fortune d'Alexandre triompha , même aux lieux où il n'était pas. 11 parcourait alors, au milieu des neiges, avec une rapidité incroyable, la bactriane et d'autres contrées du nord de l'Asie , n'étant arrête ni par le Caucase, ni par l'Onus (S4). Le régicide Dessus, qu'il poursuivait, lui ayant été livré, fut remis entre les mains d'Oxatrés,* frère de Darius, qui le fit mourir (55). Alexandre voulut fonder une ville sur les rives de l'Yaxarthe, et pénétra jusqu'à la mer Caspienne (50), inconnue des liabitants de la semblé une Iniquité. A noire avis pourtant, le emploi dut être fort réel. La plupart .les officiers supérieurs d'Alexandre, d'une (art, n voyant les satrape*, dans la dislocation de l'empire, Icudre a se rcer des souverainetés, a remplacer le rualtre; de l'antre, pcul-élre farbésde voirqu'Alrxandn-laisiuitlessalrarNesades Perses, et se liait a ces hommes qutavaienl l'habitude de I obéissance autant qn'ïéuxmimes, aillaient entre eux beaucoup de projets coupables; et avec la familiarité qui jusqu'alors avait existé entre le roi et eux. rien de pins laale que de le tuer. Probablement ce ne fut pas tout; el en re moment où Alexandre allait entreprendre une rude gnerre de montagnes, passer des glaciers, combattre des peuples pauvres, braves cl lullanl pour leur indépendance, puis mettre a La raison les Srylhes {ces borde* du Touran), qui de temps immémorial dévastaient l'Iran, ou avait tout organise pour le ras ou la Providence ravirait Alexandre aux Macédoniens (Parnienion, maître d'Kdiataueet des trésors, aurait pu être roi; et l'armée de l'est, sons Pliilolas el quelques antres, etit appuyé ce mouvement ). De ces arrangements hypothétiques à un crime. Il n'y a pas toujours bien loin ; et un coup de poiguard sufflsail pour faire vouloir la Providence. — Pour bien comprendre tontes le chimères doul pouvaient se bercer les généraux d'Alexandre, que l'on se reporte à cet éveil gênerai des esprits au moment de h guerre de Ilnssie. Val. P.
(M) C'esl-a-dire par les moiHs Paropamiscs, on Caucase indien (Ilindou-Kob), lequel n'a, comme on sait, aucun rapimrt avec le Cauraw, el en est au moins a 400 lieues. — Quant a sa rapidité incroyable, Alexandre marchait fort lenicmeni, comme il le devait : les passages élaieul rudes : un deuxième mouvement en Ariane (où élait revenu Satibartane) le fil revenir sur ses pas, et Satibarzane périt; il batil une Alexandrie au milieu des monts, pour s'assurer la Paropamisade ; il vainquit des Indiens du voisinage. Peut-être aussi, pendant tout cela, faisait -il agir des ressorts secrets autour de Bessns pour opérer des défections on pour le faire livrer. La suite l'indiquerait assez, car Dessus uc combattit point. On voit, par Arrien, que cet ambitieux n'avait peut-être pas 90,000 hommes avec lui. Nul chef un peu puissant lie voulait comhallrc ponr faire de son égal un souverain. Kl quand Alexandre descendit des l'aropamises, il ne put que reculer, reculer encore, enlln reculer jusqueprèsdes Scythes. Il n'en fulpas moinslivré. — Touscesévénements sonlde3î9 — (L'Oxns est l'Ainou-Daria ou Djihoun.) Val. P.
(SA) Il y a beaucoup de variantes sur la Un de Dessus. La cruauté déployée sur re misérable était dans l'esprit des Perses, et sous plus d'un rapport, peut-être, lut une mesure Hiilque de la pan d'Alexandre. Val. P.
(56) L'Iaxarte ou Tanats d'Asie est le Slrr-Djria qni tombe dans la mer d'Aral. Alexandre n'alla point jusqu'à la mer Caspienne, qui étall au moins 230 lieues a l'ouest; et jamais il ne pénétra jusque la. Mais du moins il en avait été a quelques lieues l'année précédente, lorsqu'il visitait les Mardes. — Ku formant un ensemble des faits précédents, on voit qu'Alexandre depuis la descenledes l'aropamises, avait toujours avancé sans grand obstacle, et parcouru sur une ligne droite la Bactriane, jusqu'à l'Oxus, puis la Sogdiane jusqu'au Tanals. Ce n'était encore m une conquête, ni une occupation. L'ennemi suivait la vieille tactique scythe, allirer, toujours attirer l'envahisseur, l'eearirr de sa base d'opérations, pour l'investir a l improviste el le cerner dans ces steppe» immenses el arides. —
Grèce. Insatiable de gloire et de conquêtes, il porta ses armes au delà de l'Yaxarthe , et alla attaquer, dans leurs déserts, les Ironies sauvages des Scythes, qui , avant d'en venir aux mains , lui envoyèrent des députes. Quinte-Curce leur fait prononcer une harangue devenue célèbre, et dans laquelle il a trèsbien saisi le style sentencieux et figuré des nations orientales (57). Le satrape Spitamène, l'un de ceux qui avaient livré Dessus, s'étant révolté, Alexandre revint sur ses |»as, et le força de se réfugier chez les Scythes , où il |iérit. Le vainqueur revint à Bactres jxnir y passer l'hiver (58). Maître absolu du vaste empire des Perses , et voulant accoutumer à sa domination les peuples qu'il avait soumis, il adopta en imrtie les moeurs et les usages asiatiques, prit le vêtement mède, la tiare des Persans, se forma un sérail, s'entoura d'eunuques, et se fit adorer, au moins par les barbares , ce qui indisposa les Macédoniens. Alexandre se flattait de confondre ainsi les vainqueurs avec les vaincus , et d'étouffer l'antipathie des deux nations ; mais la fierté macédonienne ap-
Mais, prudent el méthodique, Alexandre n'avançait qu'avec précaution, tenait divisés les satrapes secondaires et antres chefs, les amusait de promesses, et fondait des plares fortes dans les positions qui lui semblaient convenables. De la. la ville d'Alrxandrecbt qu'il veut élever sur Havane. — (I.a Sogdiane. qu'il achevait de parcourir de sud à nord, est en plein Tnrkestan : elle repond surloot aux kanats de Boukhara et de Khokan.) Val. P.
(57) Ni Ouinte-Curre, ni généralement les historiens, n'ont bien compris re que c'étaient que les Scythes et qne le dessein d'Alexandre. On croirait, a les entendre, que ce grand prinre va stupidement rbercher du butin el de la gloire chez un peuple pauvre et inoffensif. Le fait est que toutes ces bordes, que l'ignorance des anciens envehqqe indifféremment du nom de Scythes, vivaient de la vie de brigands, el tombaient aussi souvent qu'elles le |uuvaienl sur les régions fortunées du sud. Alexandre le savait, et voulait en préserver son empire. De la, le dessein d'avoir une frontière solide el ta nécessité de débuter par apprendre a ces barbares qu'ils n'avaient plus affaire a un Darius. II n'alla, du reste, pas loin au delà de t'Iaxarle. et II faut bien se garder de croire qu'il s'enfonce dans les déserts (comme ou pourrait le croire par quelques mots du texte). Nais il faudrait dire qu'après avoir soumis les sept villes - iniques de liaxarte, et fait la paix avec le grand kan du pays au nord, harcelé bientôt après, il passa le fleuve el battit ses ennemis. Evidemment on voulait l'attirer bien loin au nord. Pendant ce lenips, la garnison macédonienne de Marakand (au sud) élait assiégée par Spitamène. Une donna pas dans le piéger I revint. Val. P.
(58) Ces faits (sauf la mort de Spitamène) terminent la campagne de 329 on première campagne de Bactriane et Sogdiane. Dans tout l'ensemble qui suit, l'autctir méconnaît la deuxième campagne ou campagne de SS8, très-riche en événements. Divers chefs srytbes se soumirent (Pharasmane de Kboaresm, etc.), d'autres combattirent Alexandre; cinq colonnes macédoniennes traversèrent la Sogdiane sur cinq lignes, et se réunirent sons Marakand; Spitamène fit encore diversion sur les derrières d'Alexandre (mais en Bactriane), el après beaucoup de courses el de faits d'armes, fut tué par ses amis les Massagèles. qui envoyèrent sa tète au vainqueur. De nombreuses colonies hérissèrent le' pays; finalement Alexandre alla hiverner a Nautaoue, nn peu au sud de Marakand. el très au nord de Baclres. La Sogdiane était alors a très-peu près soumise; il fallut pourtant encore quelques combats en 517, et alors eut lieu la prise de Roehe-Cuoriane (omise ici) ri de Kocbe-Sogdicnne. que défendait Oxvart. Ce triomphe termina la conquête de l'ancien empire mèdoperse; nuis cette troisième campagne de Sogdiane n'employa pas mute l'année, et c'est aussi en S»7 que commença l'expédition en Inde. Ivors donc qn'on lit un peu plus bas qu'Alexandre revint passer l'hiver il Bactres, c'est une Ouïe a corriger : Alexandre avait passé son deuxième hiver (de 5i8 a SS7) a Nautaqne; puis, après la campagne de printemps de 3-27, il revint a Bactres. d'un il partit ponr l'Inde, sans atiendre l'hiver. — Il résulte de loule celte confusion un dérangement dans la chronologie des deux fails qui suivent (le meurtre deClilnset le complot de Callistbenes). le», note» 59 et 00. Val. P.
porta de grandi obstacles à ce projet , et le mécontentement de l'armée donna lieu a la scène déplorable dont Clitus fut victime. Alexandre, dont il avait blessé l'orgueil , le tua de sa propre main , au milieu d'une orgio : c'était le frère de sa nourrice, l'un de sea plus fidèles amis, et de ses meilleurs généraux Toutefois le caractère d'Alexandre n'était pas encore tellement changé , qu'il pot commettre une action si odieuse sans éprouver de remords (59). L'année suivante, ayant repris le cours de ses conquêtes , il aclicva de soumettre la Sogdiane. Oxyarte, l'un de ceux qui avaient livré Dessus, et qui s'était révolté ensuite, mit sa famille en sûreté dans une forteresse, sur un roclier escarpé. Les Macédoniens parvinrent à escalader ce rocher, et s'emparèrent de la place. Parmi les captives était Roxane, lille d'Oxyartc , l'une des plus belles personnes de l'Asie. Alexandre ne voulut point abuser de ses droits, et il l'éjwusa. Lorsqu'Oxyarte le sut , il 6e rendit de nouveau a Alcxandre, qui le traita avec biaucoup de distinction. 11 revint encore passer l'hiver à Bactres ; et c'est alors qu'Uermolaûs («0), arrêté et interrogé, s'avoua cltcf d'une conspiration , et accusa Callisthèncs et beaucoup d'autres personnages distingués d'être ses , complices. Ils furent tous rais à mort sur-le-cliamp, à l'exception de Callisthèncs, réservé a un sort plus cruel. Ce philosophe, dont le plus grand crime était d'avoir montré trop d'attachement aux mirurs des Grecs , et d'avoir frondé trop ouvertement les ridi- i culcs et les vices du conquérant , fut horriblement mutilé , et traîné à la suite de l'armée , dans une ca!;e de fer, jusqu'à ce qu'il se fût soustrait luimême par le poison à ces odieux traitements (fil). Le printemps suivant, Alexandre, n'ayant plus d'ennemis devant lui, voulut en aller chercher plus loin. Les vastes régions de l'Inde, dont le nom était à peine connu , lui parurent une conquête digne de son ambition (62), et il en fit prendre la route à son
(39) O meurtre rot lion *ers le roiiimeuccmcnl tic 3M, a Mars- ' laud, sans doute après la jonction des cinq colonnes, nuis avaut les courses nombreuses el la mort de Spitamenc. — Le Ml qui j suit [twutc «KttriN/c) est juste, une fuis qu'où a la date viaie du j meurtre. Val. P.
(GO) C'est la même anuèe 328 (el non en 327), cl c'est en Sogdiaue que fut découverte l'entreprise d'Hermolas; seulement ce fut Ter* la Un de la campagne. L'arrestation de Callislhcnes rnt lieu un peu plus tard, a Cariata. sur la frontière de Barlriauc el de Sogdiane, el le philosophe fut quelque temps en prison a Bactres. I (jujiit a la réalité de la conspiration, elle ne nous semble pas plus douteuse que «elle de* trames de Plutôt** ; uiaLs elle avait moins de consistance el un tout attire caractère. Il ne faudrait pjs nierque quelque» grands oftii iers u'eu aient eu connaissance. Lysimaque y fut implique (bien qu'on doive mettre de nité la fable du lion). Caliistbenes ne fut sans don le si longtemps gardé que parce que l'on comptait obtenir des révélation*, et connaître les moteur* du complut. Au reste, un a beaucoup déclame sur la mort de Cillislhèues (Seneque surtout, qui se montre en celte occasion plus exagéré et plus faux que jamais). Le fait est cependant, quelque mystérieuse que soit denH'uree toute celle affaire, que Callisthenes était loin d'être un raractere honorable ou raisonnable, el que peu d'Inuume* inspirent moins de sympathie que ce capricieux bel esprit, tantôt flatteur, tantôt satirique, el toujours parasite. Val. P.
(61) Toujours eu 527, et la même année que celle dont on dll plus haut : o l'année suivante, il reprit le cours, » etc. — Il c-I évident que ce ne peut être au printemps, ou du moins au commencement du printemps. Val. P.
(62) te» anciens ne doanenl pas d'antres motifs; nuis il est oer-
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armée. Après avoir passé l'Indus (68), il entra dans le iwys de Taxile, prince indien, dont l'alliance lui procura une armée auxiliaire et cent trente éléphants. Guidé par Taxile, il marche vers l'Hydaspe, dont Porus , autre roi de l'Inde , gardait le passage avec toutes ses troupes. Porus combattit avec cou— ra;çe, niais ne put éviter sa défaite. Ce fut au passage périlleux de l'Hydaspe qu'Alexandre, s'exposant aux plus grands dangers, dit ce mot qui explique toute sa vie : « 0 Athéniens ! à quels dangers je m'ex- « pose pour être loué par vous (04) ! » Porus étant tombé en son pouvoir, il le rétablit sur son trône, et parcourut ensuite l'Inde (65), moins en ennemi qu'en maître de la terre. Il établit dans cette partie du monde plusieurs colonies grecques; et. selon Plutarque, le nombre des villes qu'il y fit bâtir s'élevait à plus de soixante- dix. Celle de Bucéphalic dut sou nom au cheval que ce prince avait toujours monté, et qui avait été tué au [lassagc de l'Hydaspe (66). Ivre de ses succès, et ne mettant plus de terme à son ambition , il se disposait à passer I'Hyphasc, dans l'espoir d'aller jusqu'au Gange (67), lorsqu'il fut arrêté par les murmures de son armée,
mis de présumer qu'Alexandre, si plein de raison dans toux ies plans, en eut de plus solides; et. une Toi* reci posé, on .se rappellera que l'empire medo-perse alla pendant un temps jusqu'au Sindh. el ronsequetnment contint des districls indiens Inde cilcrieure (des lor?. quoi de plus simple que de vouloir réunir aux provinces conquises sur Darius III, ce qu'avait conquis Darius I "î)j puis on réfléchira qu'Alexandre, non content de conquérir, voulait
garder el mettre a l'abri de m insulte (donc il lui fallait des
frontières furies et, par suite, de* frontières naturelles, et quelle frontière plu* naturelle que le Slndb nu les mouls qui en limitent le bassin à l'est T Ces niotiTs poliliqncs cl sages n'empêchent pas que les motifs poétiques (l'instinct d'aventures, le de*ir de marcher sur les traces d'Hercule et de ll.icchus) n'aient eu aussi quelque puissance sur le ru-ur d'Alexandre; mais c'est s'aveuglera plaisir, que de donner la première place a de semblables Idées. Un visionnaire ne passe pas victorieusement les placiers du Paropaniise, et ne fait pas sans commettre une faute trois campagnes tontre le» sauvages des steppe* de Itoukharic. Val. P.
(63) Il eut beaucoup de pays a traverser avant d'en être a ce fleuve : ce pays, coupe en une foule de dtslricls diversement régis, ne fut pas soumis sans quelque peine; niais, connue toujours, Alexandre, par ta supériorité de sa polilique comme par celle de se* arme*, triomphait. Nul concert n'était possible entre toutes res petites peuplades, et quelques chefs étaient toujours ses allies. Même conduite après avoir fiasse le Sindh. Il voit la deux rajahs puissant*, rivaux l'un de l'antre : il met a profil leur division : l'un résistera, dés lors l'autre inclinera pour lui. Cet autre csi Taxile, il en fait son allié, le reconnaît roi (mais roi vassal), et le flatte sans doute de l'espoir d'ajouter a son royaume s'il en reçoit df« services essentiels. Val. P.
(61) C'est un de* beaux faits d'armes d'Alexandre que ce passage de l'Hydaspe (/l/V'ani onJIeAe/) et la bataille qui suivit. Val. P.
(63) Il parcourut tout simplement le Pandjab, encore né fut-ce que jusqu'au Setledj (Hyilasjie). l'fljr. plu* bas. Val. P.
(66) ("est la première foi* que dans l'article il est question des colonies (lacune grave, mais que réparent les notes cl-de*su*). — (.Inant au chiffre 70, il ne se rapporte point aux seules rolonies de l'Inde, el surtout a celles du Pandjab. — Tous ces événements, jusqu'à, la sédition de I'Hyphasc, sont de 327 (date incontestée, el une des bases de la chronologie d'Alexandre). Val. P.
(67) Il ne faut pa* s'émerveiller de ce mot, comme si c'eût été de la |iarl d'Alexandre une ambition gigantesque. II n'avait plus, après le Setledj, que le Ityiali a paver pour être hors du Pandjab; et de celle rivii-re, s'il l'eût franchie vers le 7** degré de longitude! est, il n'y .i qu'un degré au Cange qui, de ce point, coule dans un sens gé ni rah ment esi. On pent penser qu'Alexandre se serait sponlauement arrête la, mime sans révolte : le Bjiab, on le dns de pays entre le Byiali et le f.augc, étaient la frontière orientale naturelle, de sua empire tel qu'il le concevait Vax. P.
àLE
qui prirent le caractère d'une véritable sédition.
fla en frémissant, et, voulant au moins le terme de ses conquêtes, il lit construire, sur le bord oriental du lleuve, douze immenses autels, semblables a des tours, et consacrés aux douze principaux dieux. Son retour fut environné de dangers (68). Devenu k l'Ilydaspc, il embarqua son année sur plus de 2,000 barques, et il descendit vers la mer , au milieu des acclamations des peuples voisins, qui accouraient de toutes parts, étonnés de la nouveauté de ce spectacle. Arrivé à la jonction de l'Hydaspc avec lAcésines, Alexandre débarqua ses troupes, et alla faire la guerre aux Malliens et aux Oxydraques, qui n'avaient pas \oulu se soumettre. Assiégeant la ville des Oxydraques, il monta ie premier a l'assaut (09) ; mais les échelles s'étant rompues, il resta seul sur le mur, eu butte aux traits des ennemis. Ses soldats lui tendaient les bras, et lui criaient de se jeter au milieu d'eux ; il aima mieux s'élancer dans l'intérieur de la place, et se vit bientôt assailli par une foule d'ennemis. Il se défendit seul longtemps, recul une grave lilessitrc, et aurait fini par succomber, si les Macédoniens ne fussent parvenus à s'emparer de la ville. Alexandre ne tarda |>as à se rétablir; mais ses soldats , ne le 1 voyant pas paraître durant plusieurs jours, crurent qu'il était mort; et la consternation devint si grande, qu'il fut obligé de se montrer. 11 subjugua ensuite les Malliens, lit prisonnier Oxycan qui s'était déclaré contre lui , et tomlw à l'improviste sur Masican , autre prince indien , cpti , forcé de se soumettre, et ayant repris les amies, fut vaincu et mis en croix par son ordre, avec les braclunanes qui l'avaient engagé à se révolter (70) . A l'arrivée des Macédoniens dans la Patlaléne , l'Océan s'offrit pour la première fois à leurs regards; et , le flux et reflux de la mer leur étant inconnu , ils n'y virent que des prodiges, et un indice «le la colère des dieux. [Séarque, commandant de la Hotte, partit néanmoins des bouches de l'Inclus pour se rendre par nier au golfe Pcrsique, tandis qu'Alexandre alla reprendre par terre la roule de Babylone. Ce prince n'ignorait jws toutes les difficultés qu'offraient les |jassages par la Gédrosie; mais, ayant ouï dire que Sémiramis et t.yru» y avaient perdu leurs armées, il prit cette route pour les surpasser (71). Ses troupes furent divisées en trois corps ; il se mit en marche dans le pays des Orilhes et la Gédrosic , N'avançant dans d'immenses dé—
(SU) Le mot de retour indiquerai! qu'il Ta reprendre la roule par laquelle tl est venu : on va voir qu'il n'en est rien, puisqu'il ne rétrograda directement qne jusqu'à l'Hydaspe (et un» péril dans relie partie de sa course). Val. P.
(00) Orydravue* n'esl pas un nom propre: e'e»t loul simplement le nom de ktkatrtitu ou guerriers. La ville anonyme I. i daignée r appartenant a la caste des kcbalnias. Peul-élre -elle Krhatriiapour ou Krhairuapaiatu (ce que les tiret» i par ville de» Oxydraque*). Val. P.
(70) Il y •■rail enrore dai à donner. On peut '« lire Mai» bison» do moins ressortir la telle partie de l'expédition. On ne peni v bien arrêté de s'assurer le bassin du Sin.lb de le connaître parfaitement. Il faudrait
qu'il II fers le delta do Sindh (uu port, des r
Vu. P.
trerl Arrien. el
de toute le projet lePandjab. et
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serts , où , ne trouvant ni eau ni subsistances , son armée resta pour la plus grande partie ensevelie dans les sables. 11 ne ramena en Perse que le quart des soldats qui l'avaient suivi dans l'Inde. A son arrivée à Pasagarde , il châtia des satra|x» prévaricateurs (Tl). A Suze, il épousa Barsinc, fille de Darius, fit épouser la saur de cette princesse à Ephcstion , son plus cher ami ; et , le même jour, fit célébrer les noces de 10,000 Macédoniens avec 10,000 Persanes. Ayant ensuite assemblé, de toutes les ]tarttes de son vaste empire, 30,000 jeunes gens qu'il nomma épigone$, c'est-à-dire successeurs, il les lit habiller, armer et exercer suivant la coutume des Macédoniens (73). Le mécontentement de son armée , concentré depuis longtemps , éclata enfin , lorsque arrivé à Opis, sur le Tigre, il déclara, après avoir payé les dettes de ses soldats , que son intention était de renvoyer les invalides, et de ne garder auprès de lui que les liommcs de bonne volonté. Gel te déclaration parut n'être que le prétexte d'un véritable licenciement , et elle réveilla toute les anciennes plaintes (74). Des murmures, on passa aux propos offensants, et la révolte finit par éclater.
(71) Ou plutôt |»iur préparer la hordes de toute celle rote de brigands et de sauva***. La I est le Beloutchisian. et offre enrore beaucoup de* Irai!» qu'elle pn-seumt i l'époque d'Alexandre. Le voyage d'Alexandre dans tonte relie contrée reuuit l'attrait d'uu voyage de découvertes et de l'Or/y«>e, comme le commencement de la conquête ( le (Ironique, U»us, Arhrlles) rappelle 17/tode.On reconnaît alors chei lui, outre les talents du gênerai, le roup d'wil du savant, du digne élevé d'Arislole : il note les poiuls importants il fuit creuser des puits, il rtsoui l'emplacement de futures colonies! en un mot on voit partout le grand homme forme par une grande civilisation, et qui, l«Uvani s'intituler maître d'un immense territoire, prétend de plus ne point en tire le maître nominal, el ne pas laisser sur ceni points diversde petit» Klals sans foi m lois, sans cesse eu guerre ensemble en meiaçaol les province* voisines. Voilà de ces pensèesqui jamais n'avaient troublé le repos de* Arbénténide» ! — Toute celte fin de l'expédition de l'Inde, et le royage qui suivit, remplirent la plus grande pai lie de Si6. Val. P.
(7i) Kl quelques grauds macédoniens, l'n des plus coupables, Il opale, trésorier général a Erhalane, avait dilapidé des sommes énormes rlu trésor, el s'enfuit en emportant bien encore de 35 a 80 miliiniis et suivi de 0,000 hommes. On ne croira («s que tous res uirfjil» se comiuisN ul sans connivence el sans concert des officier* les plus puissant»; el ce enurert supposait certainement des desseins sinislres contre Alexandre : beaucoup sans donle espéraient qu'il ne reviendrait pas, el tout prouve que son retour fut un rôti? de f nuire pour les coupables. Qu'or medile bien ce qui va suivre, on sera encore plus convaincu que le temps seul et la hardiesse manquèrent auv malveillants. Val. P.
(73) Évidemment Alexandre voulait se créer une armée d'.iiia- /»/»<■* disciplines, équipés et exerces A \t mnrtinmtnitt. X'etaltre que |ionr doubler sa force, était-ce pour remplacer ses *ta« edoniens? dans relie dernière hypothèse, la défiance que trahissaient ses mesures etail-clle mal ou bien fondée? Après tout ce qne nous avons fait ressortir ibetnin faisant, nous ne doutons pas de ta réponse. — Tous les failli liés au retour d'Alexandre vers lu rentre de l'empire se réfèrent a 3i5. Val. P.
(74) Nouvelle preuve des malveillances el des manœuvre» dont il vient d'être |nrlé. Et noter que les Macédonien» n'ayant jamais considéré l'Asie que comme une proie, non comme une patrie, et ayant toujours visé à revenir enex eut riches de dépouilles après avoir pillé, la mesure d'Alexandre était précisément de celles qui devaieul leur plaire. tiorgés de butin, comblés de dons, dotes, el venant de voir leurs dettes payées, ils murmuraient qu'on leur
leur ronge; el si Alexandre, par un derrel contraire, le» prés de lui au delà du temps voulu el malgré leur» Us eussent murmure aussi, et cette fois conformément l douter, après cela, que tous le»
par des meneur» I Vau P.
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Le discours que leur lint Alexandre n'ayant pu les apaiser, ce prince saisit lui-même douze des plus séditieux , les fait conduire au supplice, et , par des reproches exprimés avec courage et éloquence, il force les autres au repentir. Les vétérans n'hésitèrent plus alors à s'en aller , et plus de 10,000 partirent pour la Grèce, comblés d'honneurs cl de biens. On évalue à 300 millions les dons faits , à plusieurs reprises, par Alexandre à ses soldats, munificence sans exemple dans l'histoire. 11 se rendait à Babylone, où l'attendaient les ambassadeurs de toutes les nations, et où tous les (impies valaient se prosterner devant le maître de la terre. En passant à Echatanc, il perdit, presque subitement, son ami Éphestion, ù la suite d'une orgie (18). La mort de ce favori le plongea dans l'affliction la plus profonde , et il se porta à des excès de fureur et de rage. Selon quelques auteurs , il lit pendre le médecin Glaucias , parce qu'il n'avait pu guérir son ami ; mais Arrien révoque ce fait en doute. Résolu d'accorder les honneurs divins à Éphestion, Alexandre se proposait de dé|>cnser 10,000 talents pour sa ponqie funèbre cl pour son tombeau ; mais tous ces grands pré|taratifs ne furent que de vains projets , et les artistes, les musiciens qu'il avait rassemblés au nombre de 3,000 "x>ur célébrer les jeux funèbres de son favori, servirent pour ses propres funérailles. Retenu par de sinistres présages, il balança quelque temps à entrer dans Babylone. Les prêtres chaldéens , secondant les vues des satnqves prévaricateurs, avaient fait parler à leur gré l'oracle de Bélus, et ils faisaient lous leurs efforts pour tenir Alexandre éloigné de Babylone , dans la crainte que ce prince ne les dépouillât de leurs richesses pour rebâtir le temple de Bélus. Alexandre erra aux environs de cette ville, plein d'incertitude, et livré à la plus ridicule superstition (76). Anaxarquc et d'autres philosophes l'ayant fait rougir de sa fiiibles.se, il la surmonte enfin; niais a |»eine est- il rcnlté dans Babylone qu'il s'en repent, et s'enqx>i te contre ceux qui le lui ont conseillé. Son palais se remplit de prêtres, de devins. Cependant il donne audirnre à un grand nombre d'ambassadeurs, parmi lesquels un distingue ceux de la Grèce. Les projets qu'il médite sont plus grands encore (pie tout oc qu'il vient d'exécuter ; il veut avoir une flotte de mille navires,
(75) Anssl en 513. Éphestion n'aaralt-il pas clé empoisonné pour arrêter plus sûrement il la mort d'Alexandre? Mourir d'avoir trop bu est fort singulier, a moin* qtTon ne menre en quelque* heure*. Éphestion eut le temps de prendre de» remède*, publie C.laurias lai en administra de mauvais; et si Alexandre lit mettre Glaurias en croît. est-ce simplement parce que le médecin s'était trompé? — Ou a omis dans l'article, après la mort d'Éphesliun, une belle expédition d'Alexandre contre le» Cosséens (habitants du KhousisUn), peut-éirc en Si». Val. P.
(78) Voila ce qu'on lit chei les historiens. Mais voulant juger d'après les faits avérés, nons qui venonsdereronnaltreen Alexandre une trac si ferme, un sens si droit, une politique si habile, admetlronv nous ces superstitions comme personnelles au grand roi? Ce* présages sinistres, et qui retardaient son entrée, élaient-rc les prêtres qui les imaginaient pour l'vréler, ou bien était-ce lui qui commandait de les proclamer pour justifier ses retards? A noire avis, Alexandre te croyait en danger à Itabytone, et ne voulut y mettre les pieds qo'apre» avoir organisé ce qu'il jugeait a propos'pour u •Ont*. Vax. 1".
plus forts que les trirèmes ; faire creuser des [torts et construire des arsenaux ; il veut se venger des Arabes qui ont refusé de se soumettre , subjuguer ensuite Carthage, la Libye et l'ibérie; cnliu il veut tout envahir jusqu'aux Colonnes d'Hercule. Arrien |)cnse qu'il ne se serait point arrêté , tant qu'il lui serait resté quelques régions à conquérir. L'orgueil qui, selon Bossuct, monte toujours, poussait ses desseins jusqu'à l'extravagance ; mais les longs rêves de l'ambition allaient s'évanouir ; le rôle éclatant et terrible qu'avait joué Alexandre touchait à sa lin. A peine rentré à Babylone , il meurt d'intempérance , l'an 324 (77) avattt J.-C. (le 29 thargelion), âgé d'environ 32 ans (78), au milieu des débauches et des dissolutions de toute espèce (79) , après avoir vu mourir des mêmes excès la plus grande partie de ses courtisans ; il meurt au bout de onze jours de maladie ; et cet empire si vaste, que soutenait seule une main puissante, tombe avec lui , et devient un théâtre de guerres sans cesse renaissantes, une proie que s'arrachent et se partagent ses lieutenants. Plularque combat par de fortes raisons les soupçons de l'cmpoisonuement d'Alexandre, attribué par quelques historiens à Anti|>ater, et même à Aristotc. Le journal île sa maladie , qu'il rapjiortc , ainsi qu'Arrien , suflit pour prouver qu'elle n'eut pas d'autre cause tjue l'iritenqiérance (80). 11 mourut sans dé-
(77) La date d'à nuée est bonne. On a beaucoup flotté entre 324 et 523, et eu ce moment 533 semble prévaloir. C'est a tort. Il manque la date du mois : c'est la Un de mai ou tout a fait le commencement de juin (2 juin), car c'était un 38 da-sius macédonien qu'on a par erreur ideulilie avec un 28 bci jlomba-ou athénien (le calendrier macédonien, lunaire comme celui des Athéniens, n'ayant (..»% de mois emliolisiuiqne rotuiue celui-ci) . et qu'il faut MealHcf au 29 tliargélion de l'lutarque. Celle daie (29 lu.) est aussi celle de la mort de Diogène, qui eul lieu, sinon le même jour que celle d'Alexandre, du moins vers le même jour, et au moiiieiil ou il se rendait aux jeux olympiques. Or, on n.' célébra <le jeux olympiques qu'eu 521, moi en 5J3. I ne |ietile difficulté c'est que DéWMIhrK, dit-on, prononça son discours contre Harpale sous Anii< les, vers le ienips de la un.rl d'Alexandre, et que lous les historiens meltenl celle mort sous llcg.-sijs, qui remplaça Anlic les dans l'arrhoulat. Celle conlradii'lion apimrenle nous semble au contraire tout expliquer ii mendie. Alexandre mourut sous Amitiés, trenle et un jours
avaiil l'aveu eut dllepesias; la nouvelle arriva dans Athènes sous
ilcgesias, et l'on s'babilua naturellement à identifier la mort d'Alexandre et l'an boulai d'Hégésias. 1'. Val
(78) 32 ans el 8 mois. Les historiens exacts sont d'accord sur re point. — Ceux qui le font mourir en août 321 ne lui donnent que 39 ans (solaires) moins un mois (mais 33 ans 10 mois lunaires).
Val. P.
(79) Il y a sans doute de l'exagération dans ce tableau : s'il est vrai qu'Alexandre, a cette époque, n'était pas sobre lous les jours, on peut se convaincre que jamais il ne s'était plus activement, plus noblement occupé d'organisation, d'administration, de préparatifs de toot genre, el. a quelques orgies pri s, on |iourrail le pm|ioser pour modèle a lous les princes. (1 Vjr. noie *B.) Val. P.
(80) Ce journal ne prouve qu'une chose, c'est que la maladie d'Alexandre ne fut d'abord qu'une irritai ion provenant soit de ses fatigues, soit des deux orgies rhei Médoii; il ne prouve pas que le septième ou huitième jour on ne profita )>as de son étal \* nr l'empoisonner. Le bulletin du 9 surtout est tres-remarquabie et peut donner beaucoup a penser. Si d'ailleurs Alexandre fui etnpoitvnnè ( non dans un festin, mais dan» des médicament! ), il est treselair que ceux qui firent l'empotsoiincnjenl eurent action tnr la rédaction des bulletin», et nous ne voyons pas quel ntedeciu eût osé errire autrement qu'il ne plaisait aux Perdiecas, aux Léo lia t, aux Pitbon, aux Lysiiuaque et aux Ptolcmres, si impatients de dépecer le nouvel empire. Somme toute, sans dire en aucune sK«.n
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signer d'héritier. Quelques auteurs prétendent qu'interrogé par ses amis à qui il laisserait son empire , il répondit : « Au plus puissant ; » d'autres affirment qu'il ajouta : a Je prévois que ma mort sera « célébrée par de sanglantes funérailles (81). » Après beaucoup de troubles et d'agitations, les généraux se décidèrent à reconnaître pour roi Aridée, fils de Philippe, et d'une courtisane deThc&satie(8-2), et se partagèrent entre eus, sous le nom de satrapies, les provinces qui formaient alors l'empire macédonien. Antipatcr eut la Macédoine et la Grèce ; Ptolémée, (ils de Lagus, l'Egypte; Laomédon, la Syrie et la Pbénicie; Antigone, la Lycic, la Pamphilic et la grande Phrygic ; Cassander, la Carie ; Philolas , laCilicic; Léonalus, la petite Phrygie, jusqu'à l'Hcllespont; Méléagre, la Lydie; Ramène, la Cappadocc et la Paphlagonie ; Pitlion , la Médie ; Lysimaque, la Thrace. Les provinces les plus éloignées, depuis l'Assyrie jusqu'à l'Inde, furent laissées a ceux qui les avaient reçues d'Alexandre. Perdiccas , à qui ce prince avait donné son anneau en mourant , fut nommé premier ministre d'Aridéc, trop jeune pour gouverner par lui-même (83). D'après la dernière volonté d'Alexandre, on devait porter son corps dans le temple de Jupiter-Ainmon ; mais Ptolémèe s'en empara et le lit inhumer à Alexandrie tlans un cercueil d'or sS'.On lui rendit les honneurs divins, non-seulement en Egypte , mais dans le reste du monde ; et tel fut l'ascendant de ce génie extraordinaire, que les peuples de l'Orient et de l'Occident le regardèrent comme un dieu. Parmi les historiens du vainqueur de l'Asie, les uns l'ont mis au rang des dieux par ses vertus , et les autres l'ont fait descendre, par ses vices, au commun des hommes. Ceux-ci veulent que la fortune ait tout fait pour lui, et ceux-là , qu'il ait tout fait |>our sa fortune. Selon Montesquieu , ce fut pour étendre les limites de la civilisation qu'il entreprit de renverser toutes les
qu'Alexandre périt empoisonné, non» pensons que s'il s'était sauvé de cette maladie, il aurait eu bien de la peiuc a vivre longtemps encore. L*s vaincu s'habituaient a Inl el l'aiiualenl; son mariage devait sous peo lui donner de» héritiers; son pouvoir se rottsoliri.ni. puisque la eonqnèle était Inie et que l'organisation marchait * grands pas. Tout cela mettait au néant les rêves des ambitieux de l'armée : il fallait se hâter d'effectuer ce que n'avait pas fait le hasard, la disparition d'Alexandre, sous peine d'être a jamais simples généraux el satrapes soumis. Val. P.
(xi) Ce n'étaient point des vu m. c'étaient des prophéties. Val. P.
(89) On reconnut deux rois collègues, l'un incapable (Aridée, a peu près en état d'enfanre). l'autre encore a naître, le Ois dont peut-être Roxane était enceinte (effectivement ce fut nn lits, Alexandre Aigus). Celle double nomination fut un compromis entre deux opinions diverses qui voulaient chacune un roi unique, le roi à iuUre ou le roi crétin : celait une chance de plus ouverte aux ambitions et anx prétextes de guerre que ce nioyrn terme. Plolemée, plus fraue, avait ouvert auparavant l'avis d'un fartage tant autre forme. Le partage n'eut pas moins lieu en fait, mais nominalement les généraux ne forent d'abord reusés que satrapes. C'est ce que nous appelons le partage de Babvloue (remanié denx ans après a Trisparadis). Val. P.
(85) Le vrai titre de Perdiccas est plutôt celai de régent. Du reste, il délégua partie dn pouvoir a quatre sous-régents, dont denx en Europe (Antipaler et Cratère) el deux en Asie (Léonal et Méléagre).— Quant a la jeanesse d'Aridée, c'est nne erreor. Val. P.
(84) Cette pompe funéraire, Irès-dispendieuse, Il extrêmement d'honneur a Ptolémèe; et la possession de la tombe d'Alexandre fut comme tin talisman qui, de longue main, lui assurait la royautf. Val. P.
barrières que la nature semblait avoir mises entre l'Europe et l'Asie. « Ce fut pour réaliser ce beau « dessein , ajoute Montesquieu , qu'il résista à ceux « qui voulaient qu'il traitât les Grecs comme mal- « très , et les Perses comme esclaves : il ne songea « qu'a unir les deux nations , et à faire perdre les « distinctions du |»euple conquérant et du peuple a vaincu. 11 abandonna , après les conquêtes , tous « les préjugés qui lui avaient servi à les faire ; il a prit les mmirs des Perses pour ne pas désoler les « Perses, en leur faisant prendre les mœurs des a Grecs.... H ne laissa fus seulement aux peuples « vaincus leurs mœurs ; il leur laissa encore leurs « lois civiles, et , souvent même, les rois et les gou- « vernetirs qu'il avait trouvés.... Il voulait tout con- « quérir |>our tout conserver ; il respecta les tradia lions anciennes, et tous les monuments de la gloire a ou de la vanité des peuples.... et, quelque pays a qu'il parcourût, ses premières idées, ses premiers a desseins , furent toujours de faire quelque chose « tpti pût en augmenter la gloire et la pnissanec. » Ces considérations sur le conquérant macédonien n'ont pas pam à ses détracteurs dignes de la sagacité de Montesquieu, et l'opinion de M. de Ste- Croix, qui l'a traité avec plus de sévérité, a trouvé un assez grand nombre de partisans. S'il s'illustra par quelques vertus , par des actes de générosité , et par des vues profondes, il finit aussi par des excès de luxe, de prodigalité, de débauche, et même de cruauté, que l'histoire ne lui a point pardonnes. Son intcni|»érance habituelle (Athénée et Justin rapportent qu'Alexandre s'enivra cinq jours de suite, et que huit jours après il en fit encore autant), ses débauches avec l'eunuque Bagoas , le meurtre de Clitus, l'assassinat de Parménion , le siq>plirc de Callisthènes , le sac de plusieurs villes indiennes, le massacre des hrachmanes, sont des taches éternelles à sa mémoire (85). Si, dans l'espace de dix ans , il fonda un empire aussi vaste tpie celui que les Romains élevèrent en dix siècles, la chute de ce même empire fut aussi prompte et aussi déplorable que sa naissance avait été brillante et rapide. Alexandre avait les traits réguliers, le teint beau et vermeil, le nez aquilin, les yeux grands et pleins
(85) L'opinion dominante aujourd'hui sur Alexandre est celle dont nous venons de lions rendre l'organe. Il faudrait plutôt ajouter que retrancher a l'éloge de Montesquieu. Ton! ce que l'on poorrait dire pour restreindre ta gloire de ce grand prince, c'est qoe ses sucres ne lai sont pas absolument personnels, el que la civilisation grecque en gênerai, l'excellente organisation des troupes créées par Philippe, l'éducation puisée pendant vingt ans dans la conversation de cet illustre père, et aussi les admirables leçons d'Aristote, préparèrent la réussite d'Alexandre. Ces observations sont justes: sans dnolc Alexandre n'est point de rc? hommes qui se sont formés tout seuls qui ont tout crée autour d'eux, qui oui tont improvisé; mais il profila merveilleusement des précèdeuts, des circonstances, el autant il est pea vrai de voir en loi un homme né de lui-même, autant il serait Injuste de nier les hautes qualités qu'il eut a lui en propre. Il réunit surtout a nos veux la triple gloire d'avoir toujours eu des vues hautes, humaines et civilisatrices, eu dépit des étroits .préjugés des Macédoniens de ne s'être jamais endormi oa affaissé sons le succès (notes 48, 57, 79), et enfla de nous sembler, an moment où il mourut, a la veille d'ajoater encore a «a gloire, a ses bienfaits et a la ^civilisation du^ monde. Sa mort f ut
toire ait eu jamais a gémir. P-ot.
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de feu , les cheveux blonds et bouclés, la tête haute, mais un peu penchée vers l'épaule gauche, la taille moyenne et dégagée, le corps bien proportionné, et fortifié |»ar un exercice continuel. Son portrait e-l maiuteuant connu , grâce à un hennés sur lequel est sou nom, trouvé dans une fouille prés de Tivoli, et conserve longtemps au musée royal. Cet hermès a Êiit retrouver le portrait du héros macédonien dans un camée et sur plusieurs médailles, d'après lesquelles a été gravé le jiortrait de la collection de Landon. L'histoire d'Alexandre a élé écrite par un grand nomhre d'auteurs ; niais ce prince semblait prévoir ce qui lui arriverait, lorsqu'il enviait à Achille le bonheur d'avoir eu un chantre tel qu'Homère. Les plus anciennes histoires d'Alexandre sont perdues, et il parait, par ce que dit Arrien, que celles de l'tolémée et d'Aristohule sont les seules à regretter, quoiqu'ils eussent plutôt écrit des mémoires que des histoires. Parmi les historiens qui nous restent , Arrien DMM pour avoir écrit avec le plus d impartialité et de jugement. Le 17* livre de Diodore de Sicile est tout entier consacré à Alexandre ; mais cet écrivain a employé de mauvais mémoires ; Plularquc , d'après son plan , nous a donné plutôt la biographie de ce prince que sou histoire. (Juinte-Gurce , le plus connu de tous ceux qui nous restent, a écrit en rhéteur éloquent plus qu'en historien exact; mais il faut lui rendre la justice d'avoir distingué les belles qualités qu'Alexandre devait à la nature, d'avec les vices qu'il avait contractés dans une prospérité sans exemple. Les récits de tous ces historiens oui été discutés, avec beaucoup de sagacité et de profondeur, clans l'ouvrage intitulé : Examen critique des anciens historiens a" Alexandre, jar M. deSle-Groix \8G). M — p.
ALEXANDRE, tilsde Polyperchon, joua un rôle assez important dans la Grèce. Se trouvant à la téte d'une armée considérable , il s'empara du Péloponése, et vil son alliance successivement recherchée par Antigone et |mr Cassaudre, qui étaient à la tète des deux (actions contraires. 11 venait de conclure un traité avec le dernier, lorsqu'il fut assassiné auprès de Sieyoue, l'an 514 avant J.-C., par Alexion, l3SSgV.cwi fc'Swaient d'être de sou
line d'IIéracléc,
et
parti.
ALEXANDRE, fils d'Amestris, .
et de Lysimaque, l'un des lieutenants d'AîtSS^re » fut élevé à la cour de son père, à qui la l hrace otî^» j Chersonése étaient échues en partage. Après la mort"*1 d'AgaU»oclès, ne croyant plus jwuvoir y rester en sûreté, il s'enfuit avec Lysandra, veuve do ce prince,
(86) L'ouvrage de Ste-€roix est rerle-s le froll de beaucoup d'études, et un peut rn lirer Infiniment. Mal» il n'a pas vu son tien* avec asv* do hauteur et d'iude|pemJ:ince. Il n'a pas d'opinion Hxe a son égard. Ame honnête et candide, il vent en principe blâmer Alexandre de ses vices, et de la m tadulgenc* pour Uuinte-Ource; puis, quand il est ans détails H Mime, il est vrai, nuis on KM
(lUl."», <|UJUU II 131 dlH UlUMI-S II uwn» . I* . .•->. — "«
qu'il ne trouve pas aulam a blâmer qu'il l'avait imayiné a l'avance Il y a quelque chus* de gauche et de contraint dans la teneur <k *es reproches. Sle-tlrolx n'en est pas moins jusqu'Ici l'homme qui a le mieuv mérite de ceux qui veulent étudier la vie d'Alexandre. Il ne s'agit, pour en tirer tout le fruit, que d'envisager les (ails d'un peu plu» M,
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chez Sélcucus, roi de Syrie. Lysimaque nyantététué dans la bataille contre Sélcucus, Alexandre, à force de prières, obtint son corps de Lysandrc; et, l'ayant em|K>rté dans la Chersonése, il lui fit ériger un tombeau entre Cardie et Paetye. Il fut l'un des trois comjM-litetirs qui se disputèrent le trône de la Macédoine après la mort de Sostènes, l'an 278 avant J.-C. ; mais il n'y réussit ims, et on ignore ce qu'il devint. C — n.
ALEXANDRE, troisième fils de Perséc, dernier roi de Macédoine , était encore dans l'agc le plus tendre , lorsque Pcrsée fut défait par Paul-Emile , l'an 108 avant J.-C. Alexandre fut confié, avec sa sœur, avant la bataille, à la garde île Jon de Thcssalonique , un des favoris du roi ; mais ce Macédonien infidèle, voyant son maître vaincu, et fuyant devant les Romains, leur livra ces enfants qui furent conduits à Rome, ainsi que toute leur famille, et | marchèrent devant Pcrsée, à la suite du char de Paul- Emile. La vue de ces enfants attira, dit Plularquc, les regards de tous les Romains, et excita une pitié universelle. Alexandre fut d'abord conduit à Albe, où on le gardait étroitement , avec son père ; mais , après la mort de ce dernier, il revint a Rome, où il apprit le métier de ciseleur et de tourneur, et se fit distinguer par la délicatesse elle fini de ses ouvrages. La langue romaine lui devint bientôt familière , et il obtint une çjwrge de greffier, dans laquelle il mérita des louanges par son zèle et son intelligence. Tels furent, jusqu a sa mort, les obscurs succès et le triste emploi d'un prince qui pouvait hériter du trône d'Alexandre le Grand. L — S — E.
ALEXANDRE, fils de Pyrrhus, roi d'Épire, voulant venger la mort «le son père, entra dans la Macédoine avec une armée, |iendant qu" Antigone était occu|>é dans la Grèce. Celui-ci étant venu pour le combattre, fut abandonné par la plus grande partie de ses lrou|>cs, et Alexandre s'einjiara de toute la Macédoine; mais Démétrius, ayant rassemblé une nouvelle armée , le déiwuilla non-seulement de sa complète, mais encore de ses propres États. Alexandre se réfugia dans l'Acarnanie , d'où il fut bientôt rapfielé |iar les Epirotcs. Il épousa Olyuipias , sa su-tir, et en eut trois enfante, Pyrrhus, Ptoléméc, et Phtliie qui fut mariée à Démétrius , roi de Macédoine, lis étaient encore fort jeunes lorsque leur père mourut; Olympia», leur mère, gouverna l'Epire en leur nom. Alexandre avait fait , sur la tactique , un ouvrage qu' Arrien et Êlien citent avec éloge, mais t qui ne nous est pas parvenu. G — H.
•Al ALEXANDRE, roi d'Épire, fils de Néoptoléme et fiV're d'Olynipias, alla très-jeune à la cour de Philippe» s°n beau-frère. Lorsqu'il fut parvenu à l'âge de v'jngt ans, Philippe le fit roi de l'Épire, soit en détrônait Arymbas, soit après la mort de ce prince. H lui adonna ensuite en mariage Cléopdtre sa fille, et fut tue* lui-même dans les fêtes qu'il célébra à cette occasion. Les Tarcntins ayant appelé Alexandre à leui," secours contre les Rruttiens, ce prince ambitieux ^'empressa de donner en Italie l'espoir d'en faire la conquête. Il eut d'abord quelques avantages ; mais les Lucanienset les Brutticns, s'étant réunis, loi livrèrent un combat dans lequel il fut?ué
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l'an 348 avant J.-C. Alexandre le Grand se préparait a entrer dans l'Hyrcanie, lorsqu'on lui annonça la mort de son oncle ; il en lit jwrtcr le deuil à son armée C— R.
ALEXANDRE, troisième (ils de Cassandrc, roi de Macédoine, disputa le tronc à Antipater, son frère, après la mort rie Pliili| >\ « son ainé. Antipater, croyant que Thessalonice , leur mère, favorisait les prétentions de son frère, les lit mourir de la manière la plus barbare ; et, comme il était soutenu |>ar I ysimaque, son beau-père, Alexandre eut recours à Pyrrhus, roi d'Épirc, et à Démétrius, fils d'Antigonc. Le premier vint sur-le-cliamp , et , après s'être fait payer sa protection par la cession de quelques provinces, il força Antipater à en venir à un accommodement avec son frère. Il ne se fut |«s plutôt retiré, que Démétrius arriva. Alexandre, embarrassé de sa présence, chercha , dit-on, à le faire assassiner, et Démétrius le prévint, en le faisant tuer lui-même, ainsi que toute sa suite, l'an lO'iavant J.-C. Alexandre avait épousé Lysandra , lille de Ptolémée Lagus , et d'Eurydice. Après l'avoir ainsi assassiné, Démétrius réunit l'armée macédonienne à la sienne, et se fit proclamer roi de Macédoine. C — n.
ALEXANDRE (Bai.as ), roi de Syrie, se disant lits d'Antiochus Epiphancs , n'était, selon les historiens les plus dignes de foi, qu'un aventurier et un fourbi', éii-an^-er à la race des Séleucides. La politique et la haine se servirent de lui |wur renverser Démétrius Sotcr, roi de Syrie, qui s'était rendu odieux k ses sujets et aux rois ses voisins. Démétrius avait contre lui, non-seulement les rois de Cappadocc, de Pergame et d'Egypte, mais encore le sénat romain, et surtout un certain Héraclide, frère de Timarquc, gouverneur de Rabylonc, qu'il avait exilé à Rhodes. Cet homme aud;icieux et rusé se concerta secrètement avec les ennemis de Démétrius, pour lui susciter un adversaire dangereux ; il choisit à Rhodes un jeune homme d'une extraction basse, nommé Râlas; et, après lui avoir appris à jouer le rôle auquel il le destinait, il le fit passer pour fils d'Antiochus Épiphanes, et réclama ses droits i la couronne de Syrie. Il conduisit Râlas à Rome avec luiodice, véritable lille d'Antiochus, qui, s'étant laissé gagner, servit à donner à l'imposture un air de vraisemblance. ta sénat, charmé de trouver une occasion de se venger de Démétrius, reconnut Balas pour fils d'Antiochus, lui permit, par un décret, de faire valoir ses droits, et recommanda aux alliés du peuple romain de l'aider dans cette entreprise. Polybe, qui alors se trouvait a Rome, assure que toute la ville était eonvaincuo de l'imposture de Râlas, et crue la surprise (Vit extrême lors de la publication du décret en faveur de cet aventurier. Précédé en Syrie par les ordres du sénat , l'imposteur fut joint Mentrtt |tar des troiijn's nombreuses , que lui envoyèrent successivement Ariarathe , Ptolémée et Attelé. Lorsqu'il se fut rendu maître de Ptolémalde, les Syriens mécontents vinrent encore grossir son armée. Démétrius marcha contre lut , et gagna la première bataille ; mais l'imposteur reçut de nouveaux secours, et, soutenu par les Romains et par Jonalhas, grand prêtre des Juifs, il marcha lui-
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même contre Démétrius. Dans une seconde bataille, l'an 151 avant J.-C. , il lui arracha la couronne et la vie, et resta maître du royaume syrien. L'heureux inqKkstcur envoya aussitôt une ambassade à Ptolémée, roi d'Egypte, pour lui demander en mariage sa fille Cléopàtrc, qui lui fut accordée. Enivré alors de tant de succès, il ne songea plus qu'a satisfaire son penchant pour l'oisiveté, le luxe et la débauche, laissant tout le poids des affaires & son favori Ammonius, homme ombrageux et féroce , qui fit gémir les Syriens sous un despotisme cruel. Le fils de Démétrius prolila alors de l'indignation publique pour rallier une foule de mécontents. Il se mit en devoir de marcher contre l'usurpateur, qui, effrajé de la défection des Syriens, se liâta d'ap|ielcr à son secours Ptolémée, son beau-père. Ce prince s'avança en Syrie avec une armée puissante; mais, arrivé à Violémanie, il s'empara de cette place et de plusieurs autres, cl se déclara contre son gendre, qu'il accusa d'avoir attenté ù sa vie. Les historiens sont partagés sur cette circonstance. Les uns croient a la réalité de ce complot ; d'autres assurent que Ptolémée ne fut dirigé que par l'ambitieux projet de réunir sur sa tète les couronnes de Syrie et d'Egypte. Quoi qu'il en soit, s'étant uni au jeune Démétrius, il lit épouser à sou nouvel allié sa fille Cléo|»alre, qui abandonna sans peine l'imposteur lialas, contre lequel les habitants d'Antiochc se révoltèrent. Ce dernier était en Cilieie, lorsqu'il apprit a la ibis l'infidélité de son é|»use, la jicrfidie de Ptolémée, et la révolte d'Antiochc 11 rassembla a la hâte une année, et s'avança vers la capitale ; mais il fut vaincu, détrôné cl ensuite poignardé par un chef arabe, auprès duquel il était allé chercher un asile, et sa tétc fut envoyée à Démétrius : il avait régné A ans. L'auteur du 1*' livre des Marhabttà parait croire qu'Alexandre lialas était réellement le fils d'Antiochus IV, et Polyl»e , qui pense le contraire , était l'ami de Démétrius Sotcr, ainsi qu'il l'a dit lui-même. Au reste, il est sur qu'Alexandre Râlas n'était pas sans mérite. Il aimait les lettres, et s'entretenait fréquemment avec les savants et les philosophes : ce qui doit, au moins, faire supposer qu' Héraclide, avant de le mettre en scène, avait soigneusement veillé à son éducation. B— p.
ALEXANDRE II, roi de Syrie , surnommé Zabi* as, mot qui, en syriaque, signifie esclave acheté, n'était qu'un imposteur, fils d'un fripier d'Alexandrie, que Ptolémée Physcon, roi d'Egypte, suscita contre Démétrius ISicanor, roi de Syrie, en haine de ce prince qu'il voulait détrôner. Zabinas, soutenu par le roi d'Éfryptc, eut l'adresse de se faire passer pour fils d'Alexandre Balas, dont il réclama l'héritage. Tout favorisait son imposture, son âge, sa taille, ses traits, et le gouvernement tyrannique de Démétrius. Dé» qu'Alexandre parut en Syrie, les peuples, qui désiraient un changement, se déclarèrent en sa faveur, sans approfondir ses droits, dont le plus réel fut une victoire qu'il remporta près de Damas sur Démétrius, qui se réfugia à Tyr, où il fut assassiné. L'imposteur monta sur le trône, l'an 146 avant J.-C., aux acclamations des peuples, et s'empara d'une.
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partie de la Syrie ; niais s'étant cru assez puissant pour ne pas s'assujettir à la honte d'un tribut annuel que Ptolémée Physcon exigeait de lui pour l'avoir aidé à monter sur le trône, ce refus irrita le roi d'Egypte, qui prit aussitôt le parti d'Antiochus Épiplianes, roi légitime, et entra en Syrie avec une puissaute armée. Zabinas fut vaincu, et forcé de se réfugier à Antiochc N'ayant plus alors de quoi payer ses soldats, il leur permit de piller le temple de la Victoire, et prit lui-même la statue de Jupiter, qui était d'or massif. Irrités de ce sacrilège, les habitants se révoltèrent contre Zabinas , et le chassèrent , au moment où Ptolémée Physcon s avançait vers Antioche, à la tète d'une armée ; les troupes de Zabinas n'osèrent point hasarder une seconde bataille , et se dispersèrent. L'imposteur, abandonné , s'embarqua sur un petit navire qui mettait à la voile pour la Grèce ; mais il fut pris en mer par un corsaire, et livré au roi d'Egypte, qui le fit mourir, après un régne de 4 ans. B— p.
ALEXANDRE Jannée, roi des Juifs, 5* fils d'Hircan, succéda à son frère Aristobule, l'an 102 avant J.-C., et prit, comme lui, le titre de roi, qu'il réunit à la dignité de grand prêtre. Voyant la Syrie en proie à des guerres civiles, il voulut l'envahir ; mais il se vit forcé de lever le siège de Ptolématde, pour aller défendre ses propres sujets contre Ptolémée Lathyre, roi d'Egypte, qui le défit sur les bords du Jourdain. Alexandre fut secouru par la propre mère de Ptolémée, qui voulait détrôner son fils; il mit la Palestine à couvert de toute invasion, fit le siège de Gaza, qu'il voulait punir; et, ayant pris par trahison celte malheureuse ville, il en égorgea les habitants, et la réduisit en cendres. A son retour à Jérusalem, il fut insulté par les habitants, et ne voulant plus confier la garde de sa personne à un peuple qu'il ne pouvait ni intimider ni gagner, il prità sa solde 6,000 étrangers. Alexandre, fatigué par les clameurs des mécontents, sortit de Jérusalem pour aller porter la guerre en Arabie. 11 n'y fut pas heureux. Sa défaite ayant augmenté l'audace des mécontents, ils se révoltèrent, et Alexandre marcha contre ses propres sujets. Cette guerre civile dura six ans, et coûta la vie à plus de 50,000 Juifs. Accablés par les troupes royales, les rebelles implorèrent le secours de Démétrius Eucaérus, qui |>arut en Judée avec une armée formidable. On en vint a une bataille, dans laquelle Alexandre fut vaincu, selon le récit de Josèphe, qui ne s'accorde pas avec l'auteur du 4* livTC des Machabéei, suivant lequel Alexandre fut vainqueur. Quoi qu'il en soit, la retraite du roi de Syrie permit à Alexandre de marcher de nouveau contre les Juifs rebelles, qu'il tailla en pièces. Il en fit crucifier huit cents le môme jour, et, au même moment, on égorgea leurs femmes et leurs enfants : ces atrocités s'exerçaient pendant un festin qu'Alexandre donnait a ses concubines, dans un pavillon d'où elles purent repaître leurs regards de cet horrible spectacle. Josèphe ajoute que ce dernier trait fit donner a Alexandre le surnom de Thraeide, ou Thrace, peuple fameux par sa barbarie. Alexandre ayant étouffé la rébellion par la terreur, recom-
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raenca ses incursions au deliors, et conquit en trois ans un grand nombre de places en Syrie, en Phénicie, en Arabie et en Idumée. Il revint à Jérusalem, où il fut reçu en vainqueur, reprit le cours de ses conquêtes, et mourut d'intempérance devant le château de Ragaba, dont il faisait le siège, l'an 76 avant J.-C., après un règne de 27 ans. Il laissa deux fils, Hircan cl Aristobule, et remit, en mourant, les rênes de l'État à sa femme Alcxandra. B — p.
ALEXANDRE, fils d' Aristobule H, roi de Judée, fait prisonnier avec son père, et amené à Rome par Pompée, s'évada, reparut en Judée, et renouvela une guerre funeste aux Juifs. Cette nation était alors gouvernée par Hircan, que Pompée avait rais sur le trône. Alexandre, ayant rassemblé une armée de 10,000 fantassins et de 1,500 chevaux, s'empara de plusieurs forteresses au pied des montagnes de l'Arabie, et fit de là des excursions en Judée. Hircan, liors d'état de résister, implora le secours des Romains. Marc-Antoine, envoyé par Gabinius, gouverneur de Syrie, défit Alexandre près de Jérusalem ; et ce prince, vaincu, se renferma dans la ville d'Alexandrion , où Gabinius l'assiégea. Alexandre fil alors des propositions de paix qui furent acceptées; mais ayant repris les armes pour serv ir la cause de César, qui avait relâché Aristobule, son père, il remporta d'abord quelques avantages sur le parti de Pompée ; abandonné ensuite jwr une |>artie de ses troupes, et serré de près, à son tour, par Gabinius, il hasarda près du mont Tliabor, avec environ 30,000 liommcs qui lui restaient, une bataille qui finit par la défaite totale des Juifs, dont 10,000 furent tués. Alexandre tomba quelque temps après au pouvoir de Métellus Scipion, qui lui fit trancher la tète à Antiochc , l'an 49 avant J.-C. B— p.
ALEXANDRE SÉVÈRE ( Mxacus Auhelius Sevehus Alexander ) , empereur, avait pour nom de famille Alexiams. Il naquit à Arco, en Phénicie, vers l'an 209, et eut pour père Génésius Marcianus, de qui on ne sait rien, si ce n'est qu'il était Syrien, et qu'il fut consul. Sa mère, Mamaa, était fille de Mffsa, et sœur de Sœmias, mère d'Héliogabale ; de
> sorte qu'Alcxianus était cousin germain de cet cm-
; pereur. Quoique d'une famille connue par la dissolution de ses mœurs, Maimra se faisait respecter par un grand caractère, et on la croyait même attachée aux maximes du christianisme. Elle mit beaucoup de soins à développer chez son fils les qualités de
: l'esprit, aussi bien que celles du corps, et les excellentes dispositions du jeune Alcxien secondèrent parfaitement ses intentions. Lorsque les excès d'Héliogabale firent concevoir l'espérance qu'il terminerait bientôt son odieuse carrière, Mœsa, son aïeule, eut l'adresse de lui faire adopter son cousin, qui n'était que de quelques années plus jeune que lui. 11 le nomma César, et changea le nom d'Alexianus en
| celui d'Alexandre, auquel on ajouta le surnom de Sévère. Héliogabale chcrclja d'abord à corrompre
j son fils adoptif, sous prétexte de diriger son éducation ; Mjh m a s'y op|wsa fortement : son ascendant
! sur son fils suffisait pour détruire les mauvais exem-
pies et les maximes pernicieuses de la cour, et pour inspirer au jeune Alexandre des pensées dignes de sa haute fortune. Héliognhalc conçut alors contre lui une telle haine, qu'il essaya de le faire périr par le poison. Tronqié dans ce détestable projet par la vigilance de Mamro, il l'attaqua, peu après, ouvertement; mais le jeune Alexandre s'était tellement concilié la faveur de la garde prétorienne, qu'elle prit les armes pour le dérendre. Ses menaces obligèrent l'empereur de venir au camp, et de se réconcilier, du moins en ap|>arenoe, avec son lils adoptif. Ce rapprochement forcé ne pouvait être durable: Héliogabale complotait la mort d'Alexandre, lorsqu'il fut tué lui-même, ainsi que sa mère, dans une sédition de soldats prétoriens, qui élevèrent aussitôt Alexandre à la dignité impériale, en 122. II avait alors treize ans. Le sénat confirma ce choix. On offrit à Alexandre le nom d'Antonin ; mais il le refusa par modestie ; et la même défiance de ses forces, jvortée beaucoup trop loin, fit qu'il abandonna l'administration de l'État à sa mère et à son aïeule : toutefois, l'empire n'eut point à se plaindre de la manière dont elles exercèrent le pouvoir suprême. Les grandes places furent données à des hommes dignes de les occuper; le célèbre jurisconsulte l Ipien fut préfet du prétoire. Maraaa veilla plus que jamais sur Alexandre, désirant que cet empereur fut en tous points le modèle des bons princes, et c'est dans le portrait qu'en a tracé Gibbon, d'après les historiens latins, que l'on peut voir à quel point elle y était parvenue. « Alexandre Sévère, dit cet excellent « historien, se levait de bonne heure ; il consacrait € les premiers moments du jour à des actes de « piété. Le lieu où il s'y livrait était rempli des « images de ces grands hommes qui, en amélio- « rant ou en réformant la vie humaine, ont mérité « le respect et la reconnaissance de la postérité ; mais, a regardant les services rendus à l'humanité comme a ce qui est le plus agréable aux dieux, il passait « dans son conseil la plus grande partie des heures « de la matinée; il y discutait et décidait les affaires
* publiques et particulières, avec une patience et « une intelligence supérieures à son âge. Il char- « mait la sécheresse des affaires par les agréments « de la littérature, et réservait toujours une portion « de son temps pour ses études favorites de poésie, « d'histoire et de philosophie. Les ouvrages de Vir- « gilc et d'Horace, la République de Platon et celle « de Cicéron formaient son goiU, étendaient SCS conct naissances, et lui donnaient les plus nobles idées « sur les hommes et les gouvernements. Les excr- « cices du corps succédaient à ceux de l'esprit, et « Alexandre, qui était grand, actif et robuste, suro passait la plu|nrt de ses compagnons dans la gym- « nastique. Après avoir renouvelé ses forces par l'u- « sage du bain et par un léger dîner, il reprenait
* avec vigueur les travaux de la journée , et jus- « qu'à l'heure du souper, repas principal des Ro- « mains, il avait près de lui ses secrétaires, lisait « avec eux le grand nombre de lettres, de mémoires « et de pétitions qu'on lui adressait de toutes les ■ parties du monde soumises à ses lois, et y faisait
« réponse. Sa table était servie avec la simplicité la a plus frugale ; et, toutes les fois qu'il était libre de « consulter sa propre inclination, sa société consis- « tait en un petit nombre d'amis choisis, hommes « instruits et vertueux, parmi lesquels Ulpicn avait a constamment sa place. Leur conversation était fa- « milière et instructive, et, par intervalles, ils se « faisaient réciter quelque ouvrage intéressant, au « lieu d'appeler des danseurs, des comédiens, et « même des gladiateurs, comme il arrivait si souvent a dans les fêtes des Romains opulents et adonnés « au luxe. L'habillement d'Alexandre était décent et « modeste; sa conduite polie et affable. Aux heures « indiquées, son |>a!ais était ouvert à tous ses sujets; « nui.- un crieur public se faisait entendre, comme « dans les mystères d'Eleusis, et prononçait la même « observation salutaire : Que personne n'entre dans « l'intérieur de cet saintes murailles, s'il n'est sUr « d'avoir un cœur plein tT innocence et de pureté. » I ne <les images qui décoraient sa chapelle particulière était celle de Jésus-€hrist, près de laquelle on voyait celles d'Abraham, d'Orphée et d'A])ollonius de Tyanes. Il faut observer, pour qu'on ne conçoive pas une trop haute idée de la dignité de caractère qu'Alexandre montra dans un âge si tendre, qu'un grand nombre de ses amusements était d'une espèce moins louable et plus enfantine, tels que des combats de petits chiens et de petits cochons, de coqs et de perdrix ; mais il est probable qu'il ne se délassait ainsi de ses travaux que dans les premières années de son règne. Son respect pour sa mère alla jusqu'à la faiblesse, et Hérodien en rapporte un trait remarquable. Marnai lui avait donné pour femme Sulpicia Memmia, (ils de Sulpirius, personnage consulaire ; mais, devenant jalouse de son influence sur lui, elle la fit chasser du palais. Le beau-père de l'empereur, s'étant plaint en termes énergiques, fut mis à mort par ordre de MamTa, qui fil reléguer sa bclle-lille en Afrique, sans qu'Alexandre s'y opposât, Hérodien accuse aussi Alexandre de timidité, et cette accusation n'est que trop justifiée par l'impunité des fréquentes mutineries des prétoriens, qui allèrent jusqu'à massacrer L lpicn dans le palais, en la présence même d'Alexandre, et forcèrent Dion, l'historien, à se réfugier en Bythinic. Cependant, un jour que la sédition était au comble, Alexandre se conduisit avec fermeté, et réduisit les mutins. 11 est probable qu'avançant en âge, il prit enfin cette force de caractère qui seule paraissait lui manquer. Il eut aussi la faiblesse de clicrchcr a cacher son origine syrienne, en fabriquant une généalogie qui le faisait descendre de l'illustre famille des Métellus. Le principal événement public de son règne fut la guerre avec Artaxerce, roi de Perse. Ce prince s'était révolté contre son souverain Artaban, roi des Parthes, et avait rendu la suprématie à sa nation. Il succéda à l'inimitié invétérée des Parthes contre les Romains, et se disposa à envahir la Mésopotamie et la Syrie. Alexandre lui envoya une ambassade pour l'exliorter à cesser les hostilités. Le superbe Artaxerce la traita avec mépris, entra aussitôt en Mésopotamie, et étendit ses ravages jusqu'en Cappadocc. Alors Alexandre
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se hâta de faire des préparatifs pour s'opposer à cette redoutable attaque. Il assembla une armée, coiiijh)sée des gardes prétoriennes et d'une partie des légions de P Europe, encouraiîca ses troupes par d'abondantes largesses, et quitta Ironie vers l'an 232. Dans sa marche, il lit observer une discipline sévère, et conserva en même terni* l'attachement de ses soldats par la plus vigilante attention à tous leurs liesoins, et les manières les plus atTables. Une seconde ambassade, qu'il envoya au monarque |)crsan, n'ol>tint qu'une ré|»onsc arrogante. Nous n'avons, sur les opérations militaires qui s'ensuivirent, que des rapports vagues et contradictoires. Il i lien assure qu'Alexandre vit écliouer tous ses projets, et qu'il retourna ignominieusement à Antioehc, avec la haine et le mépris de ses soldats. Lampride, au contraire, parle d'une victoire considérable qu'il remjiorta sur Arlaxerce, dont les troupes étaient aussi nombreuses que l'avaient été autrefois celles de Darius. Alexandre lui-même, de retour à Rome, se vanta de ce succès dans le récit qu'il lit au sénat. Le triompbc qui lui fut décerné par ce corps, depuis si longtemps asservi, n'est pas une preuve du fait; mais le résultat de cette guerre fin qu'Arlaxerce sortit de la Mésopotamie, et demeura tranquille dans ses Etats. Alexandre resta peu à Home : il fut obligé de quitter cette ville, à la nouvelle d'une incursion «les Germains, qui avaient passé le Rbiu et attaqué la Gaule, Il marcha contre eux, en 251, avec une armée nombreuse. Il était accompagné de sa mère, qui conservait sur lui toute son influence , et offrit encore la guerre ou la paix aux barbares, montrant l'intention, selon Hérodien, d'acbeter la paix à prix d'argent. Quelques désordres ayant eu lieu parmi les légions de la Gaule, Alexandre forma l'entreprise dangereuse de les apaiser, et d'introduire parmi elles une rigoureuse discipline. H y avait alors dans l'armée un hirbare, né en Thrare, appelé .Maximin. D'alx>rd simple soldat, cet homme avait été nommé |»ar Alexandre, qui aimait sa bravoure, clicf d'un corps de l*annoniens, et s'était concilié l'affection des soldats. Il profila du mécontentement que leur inspiraient les efforts d'Alexandre pour rétablir la discipline, et les enflamma à un tel point, que, dans une ésdition soudaine, ils le proclamèrent empereur. Ils coururent aussitôt vers Alexandre, qui ne jhiI se défendre, et fut massacré, ainsi que sa mère, le 19 mars 23.% de J.-G. Il n'avait alors que 20 ans, et avait été marié trois fois; il ne laissa |>oint d'enfants. I,e sénat cl le peupla furent sincèrement affligés de sa mort, et lui délirèrent des honneurs extraordinaires. Quoiqu'il fut doué d'excellentes qualités, sa faiblesse et son irrésolution ne permettent pas de le placer au rang des grands princes. L'avarice et l'ambition de sa mère, qu'il eut la faiblesse d'écouter trop souvent, ont souillé n..e partie de son régne. Alexandre se montra favorable au christianisme, dont il parait avoir admiré, sous quelques rapiwrts, les principes, sans avoir jamais témoigné le désir de l'embrasser : en retour de cette bienveillance, les écrivains chrétiens l'ont peint avec des couleurs trèsflaucuscs D-T,
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ALEXANDRE, empereur d'Orient, naquit, vers l'an 870, de l'empereur Basile le Macédonien , et fFEudocfe. Léon le Philosophe, frère aîné d'Alexandre, le désigna pour son successeur, en OH, et mourut peu de jours après. Alexandre, qui jusquelà avait été retenu dans les bornes du devoir par la crainte que lui inspirait son frère dont il n'était pas aimé, ne se vit pas plutôt maître de l'empire, qu'il s'abandonna à toutes ses liassions ; les ministres de ses plaisirs devinrent les maîtres de l'État. Il fit déposer et accabler de traitements ignominieux le l>atriarcbc Eutynic, et rendit le siège de Constanlinople à INieolas, qui l'avait perdu sous le régne de Léon, pour s'être opposé aux quatrièmes noces de ce prince avec Zoé , mère de Constantin Porphyrogénete. Cependant Alexandre lit chasser cette princesse, et, craignant que le peuple ne favorisât Constanlin, qui était associé à l'empire , il voulut foire mutiler ce jeune prince. Ses courtisans lui épargnèrent ce crime , en lui représentant que Constantin était trop faible jHiur vivre longtemps, et qu'il valait mieux laisser à la nature le soin de le délivrer de ce rival. Cependant Alexandre, par son imprudence, allait attirer à l'empire de dangereux ennemis. Siméon, roi des Bulgares, lui lit proposer de renouveler les traités que les empereurs grecs avaient conclus avec lui j Alexandre reçut les ambassadeurs avec mépris, et crut les effrayer jtar de vaines bravades. !.<• roi bulgare , irrité , rassembla toutes ses forces, et se prépara a fondre sur l'empire. Alexandre ne vit point les maux qu'il avait causés : la mort termina, le 7 juin 012, une vie funeste à l'État, et dégradée par les vices les plus honteux. Il avait régné I an et 20 jours ; il ne parait pas qu'il ail laissé d'enfants. L. S— e.
ALEXANDRE (Saint), évêque de Jérusalem, occupait un siège épisco|Kil en Cappadoce, lorsque Narcisse le choisit pour son coadjuteur dans celui de Jérusalem. C'est la première fois qu'il est parlé, dans l'histoire, de la translation d'un évéque à un autre siège, et de la nomination d'un coadjuteur ; mais il faut observer que cette exception aux régies canoniques était fondée sur l'extrême vieillesse de Narcisse , plus que centenaire, et qu'elle eut lieu dans un concile des évèques de Palestine, convoqués a ce sujet. Alexandre avait été le condisciple d'Origenc ; il fut son défenseur, l'autorisa à prêcher lorsqu'il n'était encore que laïque , et l'ordonna prêtre, du consentement des évéques de Cappadoce. Il avait formé à Jérusalem une belle bibliothèque, qui subsistait encore du temps d'Eusèbe, à qui elle fournit beaucoup de ressources |>our la composition de son Histoire ecclciiatlique . Ce saint évêque avait confessé la foi en 204, et était resté sept ans dans les fers ; il fut arrêté une seconde fois sous la persécution de l'empereur Déce, et mourut de misère en prison à Césarée, en 231 . De toutes les lettres qu'il avait écrites, il ne nous reste que les fragments ue quatre, conservés jiar Eusèbc. T— n.
ALEXANDRE I" (Saint), élu pape en 100, succède à St. Évaristc, et meurt en 119. Fleury convient nue les dates de cette éoouue sont incertaines, mois
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que la succession des pontifes est hors de doute. On ne connaît aucune particularité de la vie de St. Alexandre. Les Épltrcs imprimées sou» son
Sine K D— s.
ALEXANDRE II, élu pape en 1061, s'appelait Anselme de Badage ou de Bagio, d'une famille noble et ancienne du Milanais. Il montra de bonne heure des talents et des vertus, et fut honoré de deux légations par Etienne IX et Nicolas II, l'une dans le Milanais et l'autre en Allemagne ; il devint ensuite évèque de Lucques. Ce fut vers cette époque que parurent deux hommes célèbres dans l'histoire : Henri IV, roi de Germanie , depuis Empereur ; et Uildebrand, connu ensuite sous le nom de Grégoire VU. Après la mort de Nicolas II , l'élévation du nouveau pontife souffrit quelques lenteurs : les Romains étaient partagés. Ils envoyèrent ver» Henri, âgé alors de dix ans, et vers l'impératrice sa mère, Agnès, le cardinal Etienne , auquel on refusa tout accès; il rapporta ses lettres, qu'on n'avait pas daigné ouvrir. L'archidiacre Hildebrand craignit qu'un plus long délai ne jetât encore plus de division dans les esprits ; il tint conseil avec les cardinaux et les nobles romains, et ce fut après trois mois de vacance qu'Anselme fut élu, et prit le nom d'Alexandre II. On espérait qu'il serait agréable à la cour d'Allemagne, où il était connu; on se trompa. Didier, cardinal, abbé du Mont-Cassin, et Robert Guiscard, duc de Pouille, appuyèrent cette nomination ; mais Guibcrt, chancelier du royaume d'Italie, excita les évèqucs de Lombardie , la plupart , dit Flcury, simoniaques et conçu binaires, et les détermina A un autre choix. Ils passèrent les monts, portant une couronne d'or pour le jeune Henri, avec l'offre de la dignité de patricc. Cette démarche les fit accueillir de l'im|>ératricc mère. On tint une assemblée ou diète générale à Bille, dans laquelle on apprit l'élection faite à Borne sans le consentement de l'Em|>creur. Ce défaut de forme parut une injure, et l'on élut Pierre Cadalous, évéque de Parme, sous le nom d'IIonorius II. Ce prélat, de mœurs scandaleuses , avait été excommunié dans trois conciles différents. Le défaut de consentement de l'Empereur pour l'élection du \< \\ <• n'était |ias un incident nouveau dans les annales ecclésiastiques. St. Etienne, St. Corneille, St. Clément, St. Alexandre , St. Pierre lui-même , n'avaient pas été élus par les Empereurs de leur temps. D'ailleurs, dans la circonstance actuelle, toutes les démarches nécessaires avaient été faites pour obtenir ce consentement; c'était le silence affecté de la cour d'Allemagne qui avait forcé les Romains de passer outre. Ces raisons étaient exposées avec beaucoup d'énergie dans un écrit de Pierre Damicn, l'un des hommes les plus éloquents et les plus vertueux de son siècle. Cet écrit était destiné à être lu dans le conseil d'Osbov, en Saxe, où Cadalous fut déposé. Cependant cet anti-pape voulait soutenir son élection par la force des armes. Ce fut dans cet appareil qu'il se présenta à Pimprovistc devant Rome, le 14 avril 1062. Ses troupes eurent d'abord quelque avantage; mais Godefroy, duc de Toscane, étant venu au secours