‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 8 sur 129 · ARB · texte numérisé non relu

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Amsterdam , 4723 , 4 vol. in-12. Cet ouvrage, dans lequel Abbadie entreprend de réfuter sur plusieurs points Y Explication île l'Apocalypse de Bossuet , prouve que l'âge avait un peu affaibli ses organes quand il le composa ; 5- Réflexions sur la présence réelle du corps de Jètus-Ckrist dans l'eucharistie, en forme de lettres, la Haye, 4683, in-12, édition désavouée par l'auteur, à cause des fautes d'impression dont elle fourmille : celle de 1713, publiée à Botterdam dans une collection de traités sur l'eucharistie, est plus correcte; 48 Sermons , Discours , Panégyriques, prononcés et imprimés en différentes occasions; 5° Défense de la nation britannique , où les droits de Dieu , de la nature et de la société sont établis au sujet delà révolution d'Angleterre, contre l'auteur do Y Avis important aux réfugiés ( Baylc ) , Lvndres, 1692, in-8°, rare; seconde édition, la Haye, 1603, iiH2; 6" Histoire de la grande conspiration d'Angleterre avec le détail des diverses entreprises eontre le roi et la nation, qui ont précédé le dernier attentat, Londres, 1696, in-8", ouvrage très-rare, composé parordreduroi Guillaume, sur les pièces originales. On trouve dans le 15* volume de la Bibliothèque anglaise le projet d'une édition généralede ses œuvres, en ( volumes in-4°, que sa mort l'empèclia d'exécuter. Elle devait contenir une nouvelle manière de prouver l'immortalité de l'Ame, et des notes sur le Commentaire philosophique de Bayle; il ne s'en est rien trouvé parmi ses papiers , |varce (pie ce profond méditatif composait quelquefois ses ouvrages dans sa tête, et ne les écrivait qu'à mesure qu'il les livrait à l'impression. — Abbadie, chanoine deComminges, a donné une Dissertation touchant le temps auquel ta religion chrétienne a été établie dans les Gaules , Toulouse, 1703, in-12. Il soutient qu'elle y fut précitée avant le milieu du second siècle. T — n.

ARBAS, fils d'Abdel-Mothaleb, oncle paternel de Mahomet , fit d'abord la guerre a son neveu , l'accusant d'imposture et d'ambition. Mais le sort des armes lui fut contraire, et il tomba dans les mains de Mahomet, au célèbre combat de Bedr, l'an 2 de l'hégire {623-4 de J.-C.). Mahomet exigea de lui une rançon considérable. Abhas se plaignit de la dureté de son neveu qui voulait le réduire à la mendicité; mais Mahomet, averti qu'il avait de l'argent caché , lui dit : « Où sont les bourses d'or que vous « avez données à garder à votre mère lorsque « vous quittâtes la Mecque? » Et aussitôt il lui déclara qu'une révélation l'avait instruit de ce secret. Abhas, ne doutant plus alors de la vocation de son neveu, lui remit la somme, embrassa sa religion et en fut un zélé défenseur. Sept ans après, au combat d'Honaïn, les soldats de Mahomet étaient près de fuir, et le prophète lui-même, attaqué de toutes parts, allait succomber. Ahbas, aussi intrépide qu'éloquent, les anime par son exemple et ses discours, les ramène au combat et revient triomphant. Cette belle action jointe à beaucoup d'autres, à sa piété et à son zèle, lui mérita la vénération des musulmans et des califes Omar et Othman, qui descendaient toujours de cheval pour le saluer lorsqu'ils le rencontraient. Abbas mourut l'an 32 de l'hégire T.

(652-3 de J.-C). Il laissa un fils nommé Abd-allah, (pii fut un des plus célèbres docteurs musulmans. La dynastie des Abbassides , la plus illustre qui ait régné sur les Arabes, tirait son origine d'Abbas. Elle détrôna les Ommiadea, conserva le califat durant cinq siècles (752-1258), et fut renversée par les Mongols. J — >.

ABBAS ln , surnommé le Grand , cinquième schah, ou roi de la dynastie «les Sophis, qui avait pris possession du trône en 1501 , n'attendit pas la mort de son père (Mohammed-Khoda-Bendeh) ni celle de ses frères pour se faire reconnaître solennellement souverain du khoraçan, province dont l'administration lui était confiée. Cette cérémonie eut lieu à Hérat , le 5 mohharrem 996 (5 déc. 1587) , c'est-à-dire deux ans avant son installation sur le trône de Perse; car ce ne fut qu'en 998 (1589-90) qu'il monta sur ce trône, abandonné par son faible père, et souillé du sang de ses deux frères aînés. Aussitôt il quitta Qazwyn, qui avait été jusqu'alors la capitale de la Perse sous les Sophis, ses prédécesseurs, et fixa le siège de l'empire à Ispahan. H débuta par faire la paix avec les Ottomans, ces éternels ennemis des Persans; et, malgré cette paix, son règne fut très-agité. Dès le commencement, les Uslieks s'étanl emparés de Hérat, l'année qui suivit l'inauguration d'Abbas dans le Khoraçan, cette province fut longtemps livrée aux plus affreux brigandages, et il serait difficile de dire combien de fois elle fut prise, saccadée et évacuée par ces nomades. Les gouverneurs du Farsistone, du Kerman et d'Yezd levèrent l'étendard de la révolte, et l'on ne parvint à la réduire qu'en l'an 1000 ( 1391-2). La complète du Guylan suivit de près cette expédition. Les malheureux Guylaniens furent vengés par les Lsbeks qui , sous la conduite de leur sultan, nommé Tilym, mirent l'armée persane en pleine déroule, et en firent un horrible carnage. Abbas trouva quelque dédommagement du côté du Mazendcran , dont la conquête pourtant lui coôta trois aunées , de 1005 à 1007 de l'hégire ( 1596-1599). L'expédition du Mazendcran éloigna Abbas du pays des Usbeks , et leur donna la facilité de tenter une nouvelle invasion dans le Khoraçan , d'où ils furent encore chassés. Tandis que le monarque persan se mesurait avec ces audacieux ennemis, son général , Allah- Veyrdy-Kan , réunissait à la Perse le Bahhréin et le Laristan. Ce fut vers cette époque, si glorieuse pour ses armes, qu'il empoisonna sa vie et imprima à sa mémoire un opprobre ineffaçable, par un de ces actes de cruauté si ordinaires chez les Persans, Ssefy-Mirza, son fils aine, eut le malheur de lui inspirer quelques soupçons. A l'instant même l'ordre fut donné de faire périr ce jeune prince, et Ssefy- Mirza n'existait plus lorsque son père reconnut qu'il s'était trompé. Livré aux regrets les plus douloureux , il porta pendant dix jours un bandeau sur les yeux pour ne jMiint voir la lumière, et pendant le même temps ne mangea qu'autant qu'il était nécessaire pour ne pas périr de besoin. Il porta le deuil iicndant un an , et affecta tout le reste de sa

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tie de n'avoir qu'un rostume extraordinairement simple. Il combla de caresses et tic bienfaits le lils de Sscfy , le désigna pour son héritier , et alin de lui assurer la ronronne, il lit crever les yeux aux deux lils qui lui restaient. Aidas était alors à Redit, dans le Ma/enderan ; quand les dix premiers jours de son deuil furent écoulés, il se rendit à Qazvvyn, où il convoqua plusieurs kans ou gouverneurs île provinces, dont la fidélité lui était suspecte. On leur servit des breuvages empoisonnés , et on ne leur permit plus de sortir <!e la Mille d'audience. Tous expirèrent en présence du monarque. Quoiqu'il eût accorde au meurtrier de son (ils la récompense promise , la vue de ce misérable lui était odieuse, et il cherchai! l'occasion de le punir de cet exi es de zèle. «Va, lui ilit-il un jour, coiqier la lète toiaméme à (en (ils, et fais-la rouler à mes pieds. » L'infâme courtisan Iwisse les yeux, s'éloigne et revient bientôt avec cet horrible présent. « Ton lils et « le mien n'existent plus , dit Abbas; tu es mainte- « nant aussi à plaindre que moi, el noire malheur « e>l Ion ouvrage. » Ce Iropzcle serviteur péril quelque temps après , «le la main d'un de ses esclaves, ajusté sans doule par le roi, qui se félicita haute* nient d'être délivré de la présence d'un personnage odieux. La guerre fut déclarée, el les campagnes de 1603 el HUIS donnèrent aux Persans les forteresses de INakhdjevan , de Tauris , d'Crivau , etc. Le monarque, voulant séparer ses élals de ceux du sultan de Conslantinople par un immense désert , trans|Mirta, au mois de juin liitll . les hahilanls de l'Arménie dans l'intérieur de la Perse , tant du côté de Tauris que dans le Laristan. Quanl aux habitants de Djulfah, célèbres alors par leurs immenses richesses , el surtout par leurs talents pour le commerce , ils eurent ordre de se rendre à l - 1 mliau. On leur assigna un vaste emplacement situé au delà de b rivière irai borde cette ville à l'orient. Là ils bâtirent un faulHmrg auquel ils donnèrent le nom de la ville qu'ils avaient été contraints d'abandonner. Celle mesure, si désastreuse pour la portion la plus intéressante des habitants de la Perse, n'eut d'autre résultat que de forcer les armées ottomanes à prendre une autre direction. Elles fondirent sur la Géorgie et le Chirvan. Sinan-Pacha essaya de reprendre Tauris, et livra, en ttilt.», une bataille, dans laquelle il fut complètement défait par les Persans, qui reconquirent l'Arménie. Tiflis'et Tauris retombèrent eu leur pouvoir. La ville de (Jaudjah éprouva le même sort en l(M»0 . suivant Antoine de Gouvea, qui nous apprend qu' Abbas lit trancher la têle au gouverneur turc el à tous les soldais de la garnison, en represaille du traitement qu'ils avaient fait subir, l'année précédente, à un seigneur persan. La conquête du Chirvan, de grandes victoires sur les Ottomans , el la soumission du Rourdistun , signalèrent les années suivantes. Enlin. les Ottomans , las d'une guerre désastreuse , demandèrent la paix et l'obtinrent en Util. Ahbas eu profita pour embellir la nouwlle capitale de ses élals. Le Mcydan, ou grande place , fut tracé , et environné d'un imnicuse portique cl de différents édifices, parmi les-

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quels on distingue encore aujourd'hui la grande

mosquée. Mais la guerre ne tarda pas à se rallumer avec les Turcs, qui reprirent les hostilités après avoir formé une ligue offensive avec les Tartares de Rantchak et suscité des troubles en Géorgie. La forlune fui de nouveau contraire aux Ottomans ; après plusieurs défaites |>aiiielles , ils furent complètement vaincus près tle Sullanieh, en 1618 , et signèrent un traité de paix qui garantissait aux Persans toutes leurs couquêles. Le nom d'Abbas retentit dans tout 1 < trient ; ce prince reçut successivement des ambassadeurs de la Russie, île Goleoude, du Dekehar et du grand mogol Akbar. L'abaissement de la puissance Ottomane , tel fut le but constant de la politique d'Abbas ; aussi rechercha-l-il avec persévérance l'alliance des princes chrétiens qu'il jugeait disposés à consommer avec lui le renversement de la Porte. Sous son règne, les relations de la Perse avec la chrétienté étaient l»eaucoup plus fréquentes qu'aujourd'hui. Les rois d'Espagne, de Portugal, d'Angleterre . les étals de Hollande, la Russie lui envoyèrent des ambassadeurs, qu'il reçut el traita avec magnificence. 11 montrait une prédilection particulière pour le pape, qu'il regardait I comme le plus grand ennemi des Turcs. Les Européens étaient accueillis à sa cour avec bienveillance et distinction ; il fermait les yeux sur la prédication des missionnaires , el les employait adroitement à tremper les princes chrétiens de la Géorgie qu'il soumit et réunit à son empire. Abbas était trop puissant ]>our souffrir patiemment la domination portugaise établie dans l'île d'Ormus, conquise en t.'i<)7 jmr Alhuquerque ; il résolut de les chasser de celle position importante. Lue première tentative n'ayant pas été heureuse , il réclama l'assistance de la compagnie anglaise des Indes orientales, dont la jalousie l'accordait avec ses desseins. Les Anglais fournirent des vaisseaux; une Hotte anglo-persane < assiégea Ormus el s'en empara , en Dii>. Abbas • transtHirta son commerce à Render-Abbassi , fort ! silué en face de l'Ile. l.a compagnie anglaise eut sa part du but in, mais elle n'obtint pas le prix qu'elle avait es|K;ré de ses services : son allié sut habilement déjouer les projets qu'elle avait formés de fonder sur ce point un établissement commercial. Tandis qu'Abbas dirigeait eu personne cette expédition, une autre armée persane . conduite par son généralissime Allay-Veyrdy-Ran, enlevait le Candahar à l'empire mogol. Des succès aussi éclatants el aussi multipliés excitèrent la piété du monarque ; il voulut faire un pèlerinage aux tombeaux d'Ali et de ses enfants, situés en Irac-Araby. Cet acte de dévotion lui suggéra le projet de retirer îles mains des Ottomans, qui sont sunnyles, et cotiséquemment hérétiques aux yeux des Persans, des lieux vénérés par tous les chyiles. De là une nouvelle guerre entre les deux nations. Bagdad fut prise ; la garnison persane tint une année entière contre l'armée turque, qui fut obligée de lever le siège, en 4o2j. Le prince victorieux alla prendre quelques délassements a SulUiangeh, de là à Qazwyn, où il reçut les hommages du souverain des Afghans , et

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•e rendit ensuite dans le Mazenderan , son séjour favori, à cause du gibier, très-abondant dans celte province. Son premier suîn fui d'assurer la couronne à Aboul-Nazr-Sam-Myrza. fils «lu prince dont Ahhas avait ordonné la mort , et qu'il ne cessait de regretter. Mais il n'eut pas la satisfaction de consommer lui-même l'acte expiatoire qu'il méditait. Tout a coup il ressentit les atteintes d'une maladie qui le conduisit au tombeau, la nuit du jeudi 21 de djomady I", l'an 1037 de l'hégire (du 27 au 28 janvier 1628). Il était, suivant le voyageur Herbert, âgé de 70 ans et en avait régné 41. Sa taille était petite, ses yeux animés, mais petits et sans aucuns cils, le nez gros et aquilin, le menton pointu et épilé, à la manière des Persans. 11 portait des moustaches excessivement longues , épaisses et frisées. Si les grands talents militaires et politiques, si les plus brillants succès justifiaient de grands forfaits, ou pouvaient seulement atténuer l'horreur qu'ils inspirent , la postérité aurait peut-être approuvé les éloges et sanctionné le surnom de GRAND , que certains voyageurs et ambassadeurs européens , bien accueillis par Abbas , lui ont décerné; mais elle ne lui pardonnera pas ses innombrables atrocités. Tel fut au reste le caractère commun à tous les princes de la dynastie «les Sophis; mais les grandes vues politiques d'Abbas, ses talents pour l'administration et pour la guerre , ses profondes conceptions n'appartiennent qu'à lui seul. Un corps de milice qui avait puissamment contribué à l'élévation des Sophis (les Caurlchy) commençait à abuser de son influence, et inspirait de justes inquiétudes. Abl»as se délivra des chefs et des plus mutins, réduisit ce corps à 15 ou 20.000 hommes, et leur opposa une milice nouvellement formée de Turcomans. Sous ce règne les limites de la l'erse furent prodigieusement reculées. Ispahan, devenue capitale de l'empire, acquit une population de plus de 500,000 ùmes; on vil s'élever, non-seulement dans celle ville, mais dans les principales cités du royaume, «le inagiiiliipics monuments consacrés au culte et à l'utilité publique, tels que des mosquées, des caravansérai , «les collèges, des hôpitaux. Abbas essaya même de percer une montagne, pour amener de l'eau à Ispahan, et augmenter le Zendéh-Houtd. Il construisit «le nouvelles routes, et entre autres la fameuse chaussée du .Mazenderan, longue de 100 lieues, sur une largeur de 17 toises, et destinée aux communications avec la mer Caspienne. Le grand bazar, qui Tait encore aujourd'hui

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i etonnement des \o\ageurs , a conserve le nom d'Abbas le Grand. Les grands imitaient l'exemple du souverain, et l'on voit encore à Ispahan un beau pont qui porte le nom d' Allah- Veyrdy-Kan , généralissime des armées d'Abbas. Parmi les histoires les plus exactes et les plus circonstanciées d'Abbas, mws citerons la 2 et la 5' partie du Tarykh-A'altm-A'raï-A'bbanj. dont la première partie renferme l'histoire des sophis, prédécesseurs d'Abbas. Cet ouvrage finit avec le règne de ce monarque. Nous en possédons à la bibliothèque royale les 1" et .V jKirties. La 2" et la tfr se trouvent à la bibliothèque de l'Arsenal. M. Silvestre

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