‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 7 sur 129 · ARB · texte numérisé non relu

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que dans l'histoire ottomane, tourna à la gloire du souverain comme du sujet. Abaza , parlia de Bosnie , devint sur toute cette frontière le bouclicrdc l'empire : il en repoussa constamment les chrétiens; et comme il avait fait excuser sa révolte par ses motifs , il la fit oublier par sa fidélité. Amurath IV l'employa avec succès contre tous ses ennemis , cl le lit passer du pachalikde Bosnie au commandement de Van . ville asiatique que les Persans menaçaient. Abaza s'y défendit quatre mois; mais il vint à mourir, et sa perte entraîna celle de la place , en 1636. S — y.

, ABBADIB (JACQUES), naquit à Nay,dans le Béarn, en et lit ses premières éludes sous la direction de Laplacette , ministre de cette petite ville. L'indigence de ses parents ne lui aurait pas [tennis de développer ses talents , si les chefs du protestantisme de la province , instruits de ses heureuses dispositions, ne se fussent chargés des frais de son éducation scolaslique. Les secours qu'il en reçut le mirent en état d'aller continuer ses études à Puy-Laurcns, à Saumur et à Sedan , où il prit le degré de docteur en théologie. Le comte d'Espence , premier éruyer de Frédéric-Guillaume , électeur de Brandebourg , l'engagea à faire le voyage de Berlin ; il y devint pasteur de l'Eglise française reformée. Les devoirs de sa place ne l'empêchèrent pas de faire des voyages en Hollande , dans les années KiS', , 80 et 8S , pour y veiller à l'impression de divers ouvrages. Le maréchal de Schomberg , qui avait accompagné le prince d'Orange en Angleterre , l'y attira en 1088, et l'emmena l'année suivante en Irlande, où il lui procura le doyenne de Killalow. Après la mort du maréchal, en 1090, Ahbadie revint à Londres.ll fut attaché à l'Eglise de Savoie , en qualité de ministre; mais la difliculté qu'il avait d'apprendre ses sermons , et les fréquentes infidélités que lui faisait sa mémoire en les débitant, le dégoûtèrent du ministère Il se retira à Sainle-Mary-le-Bone , aujourd'hui renfermée dans l'enceinte de Londres. C'est là qu'il termina ses jours , le 6 octobre 1727. Nous avons suivi, pour sa naissance et sa mort, les biographes anglais qui nous ont paru plus à |»ortée d'être instruits de ces deux dates que le P. ÎNieéron. qui place la première en I6,'i8, et la dernière au 2 octobre 1727. Ahbadie a composé un grand nombre d'ouvrages , mais il est principalement connu par son Traité de la religion chrétienne, publié ù Roller- .' dam en 168'» , et réimprimé dans la même ville,

en 1688, avec des additions considérables, 2 vol. in-8". Il y joignit, l'année d'après, le Traite de la Divinité de jésus-Chrisl qui en forme la troisième partie. L'ouvrage entier a eu un grand nombre d'éditions, tant en Hollande qu'en France, 4 vol. in- 1 2. Il a été traduit en anglais \m Lambert , évèque de Dromore en Irlande, Londres , 1694; cl en allemand par Bilderbcck. Cette traduction a eu trois éditions, dont la dernière est de Leipsick, 1718. Peu délivres ont été reçus du public avec plus d'enthousiasme que le » traité d' Ahbadie : catholiques et protestants s'accordèrent à le combler d'éloges , et le temps n'a point affaibli sa réputation. Bussy-Rabulin, qui ne passait pas pour très-croyant, écrivait à madame de Sévigné:

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« Jusqu'ici je n'ai point été touché de tous les autres « livres qui prient de Dieu , et j'en vois bien aujour- « d'hui la raison , c'est que la source m'en paraissait « douteuse ; mais la voyant claire et nette dans « le livre d'Abbadic, il me fait valoir ce que je n'este limais pas. Encore une fois, c'est un livre admira- « ble ; il me peint tout ce qu'il me dit, et il force ma h raison à ne pas douter de ce qui lui |>araissait « incroyable. » L'auteur a, sur tous ceux qui avaient jusque-là traité les mêmes matières , l'avantage de réunir toutes les controverses avec les incrédules. H combat les athées dans la première partie, les déistes

I dans la seconde, et les sociniens dans la troisième.

I « Philosophe et théologien tout ensemble , dit l'abbé « Houteville , sa manière de composer est de plus sur « le vrai ton, je veux dire, intéressante, pure, ani- « niée. » Personne ne lui conteste le mérite éminenl d'avoir donné aux preuves morales qui ne dé|iendent que de la réflexion et du raisonnement tout le développement convenable. Son ouvrage ne laisse presque rien à désirer sur cet article, et doit servir de modèle. Les questions de fait n'y sont pas traitées avec la même étendue : mais ceux qui lui reprochent sa brièveté à cet égard devraient Taire attention que de son temps on n'avait pas mis à contribution, avec autant de succès qu'on l'a fait depuis, les règles de la grammaire, les langues anciennes , l'histoire , la chronologie . pour faire sortir de l'obscurité des siècles tout ce que ces diverses sources peuvent fournir de difficultés contre les monuments sacrés de la révélation. Les éloges presque sans liornes donnés à cet excellent ouvrage souffrent cependant quelques modifications pour la troisième partie, ou l'on croit apercevoir plus de sécheresse, moins de forcée» de vivacité. La Vérité delà religion chrétienne réformée n'eut pas à lieaucoup près le même succès. C'est une controverse contre les catholiques, qui ne pouvait avoir d'intérêt «pie pour les calvinistes. Le tome I", publié à Rotterdam en 1717, in-8\ confient la table des chapitres du second volume, qui n'a point paru. L'Art de se connaître toi-même , imprimé dans la même ville, en 1692 , in-8% a été traduit en différentes langues, et réimprimé plusieurs fois en France. L'édition de Lyon, en 1693, subit quelques altérations sous la plume de l'éditeur (Cohadc). Ce que l'auteur y dit du principe des actions vert ueuses, qu'il fait consister dans l'amour de soi , fut attaqué pur D. Lami , qui prit cet amour pour V amour-propre . Ahbadie fut défendu victorieusement par Malebranche dans son Traité de l'amour de Dieu, et il s'expliqua lui-même d'une manière satisfaisante par une lettre qui a été iuséréc dans le Recueil de pièces de l'abbé Archimbaud. Les autres ouvrages d' Ahbadie, moins connus, sont : K' les Caractères du Chrétien et du Christianisme, avec des réflexions sur les afflictions de l'Eglise , la Haye , 1685 , iii-12 ; 2 ' le Triomphe de la Providence et de la Religion, ou l'Ouverture des sept sceaux parle fils de Dieu, où l'on trouvera la première partie de l'Apocalypse clairement expliquée par ce qu'il y a de pins connu dans l'histoire , et de moins contesté dans la parole de Dieu , avec une nouvelle et très-sensible démonstration de la. vérité de la religion chrélieime;

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