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les frais du libraire de Rouen , et anéantit tellement la critique, qu'il n'en est resté que deux exemplaires imparfaits, formés des feuilles qui se trouvaient chez les épiciers; l'un fut mi* dans la bibliothèque du premier président Pellot, et l'autre tomba entre les mains de M. de Manncvillc, chanoine de la cathédrale. L'ouvrage ayant paru dans le temps des démêlés du sainl-siégc avec la cour de France, au sujet de la régale et des quatre articles du clergé, on fut choqué à Home de voir l'auteur s'y déclarer ouvertement pour les intérêts de la France. Innocent XI le proscrivit par un décret du 13 juillet 1 684, ce qui ne l'empêcha pas de continuer son travail , et d'y ajouter, en 1680, l'histoire de l'Ancien Testament. Le tout a été réuui en 8 volumes in-fol., réimprimés en 174!>, à Venise, par les soins du P. Mansi, augmentés de plusieurs leUres de l'auteur, de la réfutation des remarques do llasnage, et de savantes notes du théologien Constantin Roncaglia. Le P. Alexandre y réduit en abrégé, sous certains chefs principaux , ce qui s'est passé, de plus considérable dans l'Eglise, et il discute, dans des dissertations particulières, les points contestés d'histoire , de chronologie, de critique, etc. ; le style en est facile, et le ton avec lequel il combat ses adversaires, sage et modeste. Comme son but principal était de fournir aux bacheliers en licence leurs matières toutes digérées , il suit, dans ses dissertations , la méthode scolastiquc, fatigante pour le commun des lecteurs, mais Irès-eomniode j»our ceux que l'auteur avait en vue (I). Cette histoire fut suivie, en 1693, d'une Théologie murait, selon l'ordre du Catéchisme du concile de Trente, dont la meilleure édition est celle de Paris , 1763, in-fol. , 2 vol. ; et, peu de temps après, de ses Commentaire* sur le Mouceau Testament , également en 2 vol. in-fol. Ce savant religieux est encore auteur de plusieurs autres écrits moins considérables. Ce sont des dissertations estimées, contre le P. Frassen , au sujet de la vulgate, contre Launoi , [tour prouver (pic St. Thomas est auteur de la Somme Uiéologiquc qui porte son nom; contre les Bollandistes , pour revendiquer au même docteur roflicc du St. Sacrement. Parmi ses autres écrits, qui firent du bruit dans le temps, il faut compter: 1° la Dénonciation du péché philosophique ; 2° des Lettre < tur le Thomisme adressées aux jésuites, contre celles de leur P. Daniel , et qui ont été tronquées dans l'édition de Lyon, où elles sont réunies avec celles de son antagoniste : Louis XIV imposa silence aux deux partis; 3° \ Apologie des dominicains missionnaires de la Chine : 4° la Conformité des cérémonies chinoises avec l'idolâtrie des irrees et de» Romains. En louant le P. Alexandre d'avoir combattu fortement en toute occasion les maximes ultramontaiues , |iar rap|H>i1 à l'autorité qu'elles attribuent aux |iapcs sur les princes, on ne peut lui
(I) Il a |oro » Voi.iso. en m», 9 vol. In-fol.. un Sw/Awi*/ * /' UUiurt terUtiutiqite d* I'. Alexandre, qui mcrile laltrnliou «M savant» cl doil avoir place iian«. toute* les biliiiollnN|U<'s a la suite de relie histoire . On doit te supplément a MM. François llorrani, Pierre SanilinUt surtout au savant P. Vincent FasstiiL dominicain W {.rofeiacur dans l université de Pue.
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pardonner de s'être déclaré avec la même force en faveur des princes qui ont employé le fer et le feu contre les Albigeois. Sa Défense de la mission de St. Denys VAréopogite en France, dont tous les bons critiques étaient alors désabusés , fit peu d'honneur à son jugement, ainsi que celle de l'arrivée de Lazare en Provence. Peut-être y cntra-t-U quelque intérêt de corps, pour maintenu- la tradition des dominicains , qui prétendaient en posséder les reliques dans leur couvent de Sl-Maximin. On trouve la liste des autres opuscules d'Alexandre dans le tome 23 des Mémoires de Nicéron, et dans le 4* du Néerologt des plus célèbres défenseurs de la foi. T — D.
ALEXANDRE • Nicolas), bénédictin de la con • grégation de St- Maur, né à Paris, en 1654, d'une famille distinguée, et mort à St-Denis, en 1728, est connu par deux ouvrages : 1° la Médecin» et la Chirurgie det pauvres , Paris , 1714 , in-12 ; 2° Dictionnaire botanique et pharmaceutique , ibid. , 1758 , in-8°. Le premier renferme des remèdes choisis, peu coûteux, et faciles a préparer, pour les maladies internes et externes ; le deuxième expose les principales propriétés des minéraux , des végétaux et des animaux employés dans la médecine. On ne peut qu'applaudi:- aux intentions louables et au zèle de l'auteur ; mais la médecine a trop souvent a gémir de la confiance qu'inspirent à des gens peu instruits les connaissances puisées dans des ouvrages aussi incomplets. C. et A— ît.
ALEXANDRE ou ALLERANDRE (1) (dom Jacques), connu par son Traité des horloges, naquit le 24 janvier 1633, à Orléans. Ayant embrassé la vie religieuse dans la congrégation de St-Maur, il partagea tous ses instants entre les devoirs de son état et la culture des sciences mathématiques. 11 mourut d'apoplexie le 23 juin 1734, & l'âge de 82 ans, dans le monaslère de Donne-Nouvelle, dont il avait rempli successivement les principaux emplois pendant plus de quarante années. On a tic lui . 1» Traité du flux et du reflux de la mer, Paris, 1726, in-12. Il avait composé cet ouvrage depuis longtemps pour sa satisfaction personnelle, et sans avoir l'intention de le publier; mais l'Académie de bordeaux ayant proposé jxiur sujet de prix la cause des marées, D. Alexandre lui adressa un extrait de son travail qui fut couronné. Sa théorie des marées repose sur un fait inexact : le mouvement de la terre autour de la lune. Plusieurs savants se sont occupés depuis de l'examen de ce phénomène. De toutes les explications qui en ont été données, la plus satisfaisante est celle que l'on doit à Laplace. ( Voy. ce nom.) 2° Traité général des horloges, ibid., 1734, in-8°, fig. Dana cet ouvrage, qui n'est pas commun, l'auteur parle successivement des horloges solaire*, des Itorloges à eau, des horloges à roues, et enlin des montres. On ne peut nier qu'il n'eut des connaissances trèsétendues ; mais les progrès que l'horlogerie a faits depuis un siècle rendent â peu prés inutile son ouvrage, qui, d'ailleurs, n'est pas exempt d'erreurs.
(t) C'est ainsi que son nom e*l rVril 1 U tele de ses ouvrages-, mais t autre orinof rapn? scml'k' avoir prévalu, generaleineul.
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( Voy. F. Berthoud, Essai sur l'horlogerie, ch. 17.) Ce qu'on trouve de plus curieux dans le livre de D. Alexandre, c'est le catalogue chronologique de tous les ouvrages publiés avant le sien sur le même sujet. Cet estimable religieux a laissé, sur les différentes brandies des maUiématiqucs, plusieurs traités «pii doivent être conservés à la bibliothèque publique d'Orléans. Un en trouve la liste dans Vllisloire littéraire de ta congrégation de St-Slaur, où D. Alexandre a un très -long article, rédigé en partie par son confrère D. Louis Fabre. ( Voy. ce nom. ) >V— s.
ALEXANDR1NI de Neustain (Jiles), né à Trente , dans le 16* siècle , successivement médecin des empereurs Charles-Ouint , Ferdinand 1" et Maximilien II. Ce dernier, prince valétudinaire, le combla de bienfaits et de grands honneurs , et lui permit même de les transmettre à ses enfants, quoiqu'ils ne fussent fias légitimes. Alcxandrini mourut dans sa patrie, vers 1590, a l'âge de 84 ans. Ses ouvrages, écrits tantôt en vers , tantôt en prose, sont , pour la plupart, des commentaires de Galien. Il a laissé de plus un ouvrage sur l'hygiène : Salubrium, rive de Sanilaie tuenda libri triginta très, Coloniœ, 1573, in- fol. ; un autre, sur l'éducation des enfants: Pœdolwpkia, Tiguri, 1559, in-8°, en vers ; un autre, sur la philosophie de la médecine : de Medicina et Medico Dialoyus, Tiguri, 1559, in-8°; enfin des commentaires sur les livres des Esprits animaux d'Actuarius, et son Methodus medendi, Venise, 1554, in-8°. Dans tous ces écrits, Alexandrini fait preuve d'un bon esprit, et, le premier, il indique le rapport interne qui existe entre les mouvements de lame et l'organisation du coq». C et A— n.
ALEX INLS, né dans l'Élidc, fut disciple d'Eubulide, de la secte de Mégare, et l'ennemi de presque tous ceux de ses contemporains qui se distinguaient par leurs talents, tels qu'Aristotc, Zenon, Ménédéme, Stilpon, et l'historien Epliorc; il se permit même contre Aristote les imputations les plus calomnieuses, et écrivit un livre de prétendues conversations entre Alexandre et Philippe, pour déchirer la mémoire de ce philosophe. Plein de vanité, il se retira à Olympie, pour fonder, disait-il, une secte à laquelle il voulait donner le nom d'olympique ; mais comme cette ville était très-malsaine et presque déserte, excepté a 1 'é|>oquc des jeux, tous ses disciples l'abandonnèrent. En se baignant dans l'Alphée, il fut blessé pur la pointe d'un roseau, et en mourut. C— n.
ALEXIS Ier (Comnène), empereur de Constantinople, né en 1048, était le troisième des cinq (ils de Jean Comnéne, frère de l'empereur Isaac, qui voulut en vain faire passer la couronne qu'il abdiquait sur la tête de ce frère chéri. Jean, effrayé du délabrement de l'empire, refusa le sceptre avec fermeté, et ce ne fut qu'après les règnes de Constantin Ducas, d'Eudocic, de Romain Diogènc, de Michel Parapinace et de Nicéphorc Botoniate, qu'Alexis ressaisit l'héritage dédaigné |>ar son père, cl dont ses talents retardèrent la ruine. Cependant, avant de rendre, comme souverain, quelque gloire à l'em-