‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 84 sur 129 · ÀL£ •^•FT · texte numérisé non relu

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pire d'Orient, Alexis le servit en sujet fidèle et en habile guerrier ; sa valeur, sa prudence et sa politique sauvèrent l'État de plusieurs crises dangereuses. Ce fut sous le règne de Micliel Parapinace qu'il commença sa carrière militaire, sous les ordres de son frère Isaac, qu'on envoyait contre les Turcs. La défection d'un chef des Francs (c'était ainsi que les Grecs désignaient alors les peuples occidentaux), nommé Oursel ou Rusélius, mit bientôt les deux frères dans le plus grand danger. Isaac tomba entre les mains des Turcs. Alexis, avec une faible escorte, retourna à Constantinople à travers mille périls, pour y cltcreher la rançon de son frère; et il la rapportait aux Turcs, lorsqu'il rencontra, à Ancyre, Isaac, déjà remis en liberté; mais il leur fallut encore courir de grands dangers pour regagner la capitale. La jalousie de l'empereur et des ministres les y retint dans l'inaction. Cependant Oursel devenant tous les jours plus redoutable, et les armées de l'empereur ayant essuyé des défaites réitérées, on jeta les yeux sur Alexis, qu'appelait la confiance des troupes. Privé de ressources et de moyens, il employa tour à tour la ruse, la politique et la surprise contre un ennemi habile et aguerri, qu'il parvint enfin à se faire livrer par le lutac, général turc : ce dernier venait de s'allier avec Oursel, et le vendit pour une somme d'argent, qu'Alexis persuada aux habitants d'Amaséc de payer. 11 ramena son prisonnier à Constantinople, en le traitant avec une générosité et une douceur que l'empereur Michel n'imita point. Le sceptre allait échapper à ce faible prince; Bryenne, gouverneur de Dyrrachium, avait levé l'étendard de la révolte; Alexis est envoyé contre lui et repousse ses attaques; Michel, reconnaissant, accorde au vainqueur la main d'Irène, petite-fille de Jean Ducas. Mais, au même moment, ISicéphore Botoniate, commandant des troupes d'Asie, est proclamé empereur à Micée; Constantinople s'agite; Alexis s'efforce en vain de dissiper par des conseils énergiques les incertitudes et la frayeur de son prince; Botoniate marche vers le Bosphore; Miche] se démet de l'empire, et Alexis lui-même fait au nouveau souverain la soumission la plus noble. «Ma « fidélité envers votre prédécesseur, lui, dit-il, vous « répond de celle que je vous jure aujourd'hui. » Le nouvel empereur l'opposa sur-le-champ à Bryenne, qui poursuivait ses projets et s'avançait a grandes journées. Alexis lui livra bataille à Calabrya, en Thracc; la victoire fut longtemps balancée; mais enfin Bryenne fut fait prisonnier. Alexis ne fut pas moius heureux contre Basilace, nouveau rebelle qui venait de surprendre Thessaloniquc. L'année suivante, il étouffa encore la révolte des Pauiuaccs, peuples habitants des rives du Danube. Tant de services ne firent qu'exciter la liainc des vils ministres qui entouraient Botoniate ; on résolut, dans le conseil, la perte de Comnène. Alexis, prévenu de ce qui se passait, et déjà excité par l'impératrice Marie, consulte Pacurien, officier plein d'ex|*érience, qui lui pro|>ose de partir sur-le-cliamp |wur l'armée. Alexis, son frère, et quelques amis, sortent le lendemain matin de Constantinople, et se rendent à

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Zurule, où était le camp ; la noblesse de Constantinople et le César Jean Duras se joignent à eux, et Alexis est proclamé empereur, en 1081, du consentement d'Isaac, son aîné. Son premier soin fut de marcher à Constantinoplc. La ville fut surprise le jeudi saint, et livrée à un pillage horrible. Pour adoucir l'odieux que ce désastre jetait sur lui, le nouvel empereur en témoigna un vif repentir, et se soumit à une pénitence publique. Botoniatc fut relégué dans un cloître. Entouré de factions et d'ambitieux, Alexis fut obligé de créer une multitude de grandes dignités, pour satisfaire ses rivaux, ses parents et ses partisans; il fit ensuite couronner MM, M confia une partie de l'administration à sa propre mére, Anne Dalascéne, princesse d'un grand mérite. La situation de l'empire réclamait toute l'activité et tous les talents d'Alexis : d'un côté, les Turcs ravageaient l'Asie; de l'autre, Robert Guiscard, duc de Pouillc et de Calabre , et fils de Tanerède de Hautcville, avait porté ses armes dans la Grèce, sous prétexte de rendre la couronne à un imposteur, qu'il faisait passer pour Michel Parapinace. Guiscard assiégeait Dyrrachium, que défendait George Paléologue, un des meilleurs généraux d'Alexis. L'empereur vole au secours de cette ville, engage les Vénitiens à faire une diversion en sa faveur, et parvient à affamer le camp de son ennemi ; mais il cède à l'impatience de livrer bataille, et Robert Guiscard taille en pièces la fleur de l'année grecque, prend Dyrrachium, et fait venir de nouvelles troupes pour continuer ses conquêtes. Alexis, sans se laisser abattre, rassemble les trésors de sa famille, s'empare, non sans exciter quelques troubles, de l'argent «les églises; décide Henri, empereur d'Allemagne, à attaquer l'Italie, et, |*ar là, force Hubert à y retourner. Cependant Bohéinond, fils de Guiscard, continuait les conquêtes de son père en lllyric ; il battit deux fois Alexis, qui eut à son tour plusieurs avantages. Robert accourut furieux ; mais les Vénitiens et les Grecs le délirent complètement, et, bientôt après, la mort délivra l'empire de ce dangereux ennemi. Dyrrachium et les autres places enlevées par lui retournèrent sous la domination d'Alexis, qui soutint aussitôt une nouvelle guerre contre les Scythes, dont une multitude innombrable avaient passé le Danube, et ravageaient la Thraec; ils battirent surcessivrment les généraux Parurien, Branas, et l'empereur lui-même, qui finit néanmoins jwr les défaire entièrement, et les forcer à la paix. Déjà l'Asie avait besoin de sa présence. Toutes, chef d'un parti turc, s'était déclaré indépendant, et avait pris Mytilène et plusieurs autres villes. Alexis envoya contre lui Jean Ducas, qui le comlrattit sur terre, tandis que l'amiral Dalasséne l'attaquait sur mer, et menaçait ses ports. Tzachas, pressé de toutes parts, se soumit au sultan son licaujiére, qui le fit assassiner et signa ensuite la paix avec Alexis. Les Scythes, révoltés de nouveau, donnèrent dans un piège que leur tendit Acalasée, officier grec; ils y perdirent leurs principaux chefs et leurs meilleures troupes L'année suivante, ils revinrent encore, et perdirent deux batailles. Alexis put se flatter d'avoir procuré

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quelque repos à l'empire ; il revint à Constantinople, où il distribua une partie du butin aux militaires qui s'étaient le plus distingués. Mais un des plus grands événements dont l'Histoire ait conservé le souvenir allait mettre Alexis dans la position la plus difficile. Il apprit, d'abord avec joie, mais bientôt avec une extrême inquiétude, la nouvelle de l'approche des croisés, dont il avait lui même sollicité les secours. En l(r96, il vit, dans l'espace d'un an, toute l'Europe armée se diriger vers ses États, et les chefs de la croisade, tantôt solliciter son appui, tantôt l'insulter dans son propre palais, commettre mille dédits autour de Constantinople, le menacer d'une guerre dangereuse, ou lui demander impérieusement des secours, qu'il leur promit pour s'en délivrer, qu'il ne put |>as toujours leur donner, et qu'il leur refusa peut-être aussi quelquefois, dans l'intention de faire échouer des alliés si dangereux (1). Alexis, effrayé de leur présence dans sa capitale, se hâta de faciliter leur jiassage en Asie ; il concourut même avec eux à la prise de ISieée, et aux premiers conduis livrés aux mahométans ; mais les croisés se plaignirent bientôt de ce qu'il garduit adroitement leurs conquêtes, et de ce qu'il les laissait manquer de vivres. Cependant, Talicc, général d'Alexis, coopérait faiblement avec les croisés; à la vérité, l'empereur avait encore les Turcs à rejwusser du cœur de ses Etats. Jean Ducas les battit prés d'Epliésc ; xMcxis fit alors un armement considérable pour secourir les croisés; mais, en apprenant leur triste position dans Antiorhe, où ils étaient assiégés, il jugea plus prudent de se retirer. Les écrivains latins lui ont vivement reproché celte l>erfidie; et, lorsque les chefs euro|»éens eurent achevé la conquête et le partage de la Syrie et de la Palestine, Alexis ayant réclamé les places qui lui avaient été promises, elles lui furent refusées, et Rohémond lui déclara la guerre. Tatice et Cantacuzène, généraux d'Alexis, battirent les troupes de Rohémond et la flotte des Pisans, ses alliés. Bohémond lui-même fut sur le point d'être pris dans Laodicée ; mais, s'étant échappé, il courut en Europe chercher de nouveaux secours contre l'empereur grec, et bientôt il débarqua près de Dyrrachium, devant laquelle il mit le siège. La ville fut vailtatitment défendue, et Alexis, à la lête d'une armée d'observation, coupa les vivres de l'armée ennemie, et réduisit Rohémond à une telle extrémité, que ce fier croisé fut obligé de demander la paix. Les Turcs ayant ravagé de nouveau l'Asie Mineure , Alexis les battit encore; il eut aussi à combattre les manichéens, dont il avait voulu réprimer les erreurs; on lui reproche à cette occasion quelques traits d'une excessive sévérité. Cependant Alexis, en d'autres circonstances, montra beaucoup d'humanité; il fit grâce à plusieurs conspirateurs qui attentèrent à sa vie. L'amour de ses sujets, que ses talcuts et ses

(I) Ou rapporte qoiin de (« trois**, qnc llmtoire désigne «ras le nom de rotule de Parts vint s jssciir wir le trône impérial, en disant insolemment que l'empereur emt un rustre, qui ne détail

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