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sont point parvenus. On regrette surtout ses lettres, qui avaient pour objet des sujets trèsrimportants , et son Histoire de l'Eglise de Liège. T — d.
ALGHISI Galeazzo, architecte et géomètre du 16* siècle, né à Carpi, a publié un ouvrage sur les fortiGcations, en trois livres, imprimé avec un grand luxe typographique, à Venise, 1670, in- fol. Tibaldi a gravé, d'après lui, une estampe qui représente un grand palais royal, sous la date de 1566. Plusieurs auteurs ont mis à contribution les œuvres d'Alghisi, qui fut architecte du duc de Ferrare. K.
ALGHISI (Thomas), chirurgien de Florence, né le 17 septembre 1669, étudia l'anatomie sous le célèbre Laurent Bellini , et s'appliqua particulièrement à la lithotomie. Le pape Clément XI l'eut en grande considération , à raison d'une opération de la pierre qu'il lit avec succès à l'un de ses ofliciers. Il mourut le 24 septembre 1713, par un accident ( une arme à feu lui éclata entre les mains ), regretté des savants, et n'ayant encore publié qu'un Traité de la lithotomie, en italien, Florence, 1707, in-4*, fig. ; Venise, 1708; et une lettre fort savante de rermi usciti per la verga, adressée à Vallisneri, des mains duquel il avait reçu le bonnet de docteur en l'université de Padoue. C. et A — n.
ALGISI, ou ALGHISI (Paiiis-Fka.\cesco ), fameux compositeur de musique, né à Brcscia. vers l'an 4666. Après avoir été organiste dans sa ville natale, il alla a Venise, où il lit représenter, en 1600, deux opéras : /'.4mor di Curzio per la patria , et i7 Trionfo délia continenfa. Ce dernier surtout eut un succès si brillant, qu'il fut repris l'année suivante ; lionncur fort extraordinaire en Italie. La vie austère de ce musicien lui acquit dans sa ftatrie la réputation d'un saint. Il mourut le 29 mars 1733. P— x.
ALG R IN ouHalgkin (Jean), cardinal, couuu aussi sous le nom de Jean d'Abheville, était né vers la lin du 12" siècle. Ayant reçu le grade de docteur à l'université de Paris, il y professa quelque temps la théologie. Nommé depuis prieur du monastère de St-Pierre d'Abbeville , il y lit lleurir l'étude des saintes lettres, et s'appliqua surtout à ranimer par son exemple le goût de la véritable éloquence évangélique. La réputation d'Algrin franchit bientôt les limites de sa province. Élu doyen du chapitre d'Amiens, et en 1225 archevêque de Besançon, il fut appelé dès l'année suivante à Rome par le pape Honorius III, qui se proposait de l'élever à la dignité de patriarche de Constantinoplc. Mais, Honorius étant mort, Grégoire IX, son successeur, jugea que les talents d'Algrin pourraient être encore plus utiles à l'Eglise, et le créa cardinal et évêque de Sabine. Cliargé de prêcher une nouvelle croisade contre les Sarrasins, il se rendit en 1228 a la cour de Jayme, roi d'Aragon. Son éloquence eut tout le succès qu'on en attendait ;et il revint à Rome, ramenant avec lui St. Raimond de Pennafort. | Voy. ce nom. ) 11 fut renvoyé presque aussitôt vers l'empereur Frédéric II, qui s'avançait à la tète d'une armée victorieuse ; et, après avoir obtenu de ce prince la promesse solen-
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à l'Église, il leva l'excommunication lancée contre lui. ( Voy. Frédéric. ) Algrin mourut en 1237(1), le 28 septembre , jour auquel il est fait mention de ce prélat dans les nécrologes des Églises d'Amiens et de Besançon. 11 est auteur de sermons sur les évangiles et les épltres de l'année, dont on conserve deux manuscrits à la bibliothèque royale, et d'un commentaire sur le Cantique des eanliquei, imprimé par Badius,à Paris, en 1521 T in— fol. Trithème parle de ce commentaire avec éloge. Algrin est oublié dans la continuation de Y Histoire littéraire de France. \V— s.
ALHAZEN, astronome arabe, dont les noms sont : Abou-Ali-Al-H,vçan-Ben-Alhaçan, était natif de Bassora. H se vanta un jour de construire dans le Nil une machine qui mettrait les liabitants à l'abri des inondations , et du trop grand décroissement des eaux de ce tleuve. Ce mot fut rapporté à Hakcrn Bi-Amrillah , calife fathémite, qui, malgré ses extravagances, protégeait les savants et les rassemblait a sa cour. 11 lit venir Alhazen, sortit à sa rencontre lorsqu'il fut près du Caire, le combla de bienfaits, lui fournil des ouvriers, et le mit en état de remplir sa parole ; mais lorsqu'Alhazen eut parcouru l'Egypte, et reconnu le cours du Nil, il vit l'impossibilité d'exécuter ce projet , qu'un orgueil irréfléclu lui avait fait concevoir, et il retourna au Caire, couvert de honte. Comme il craignait la colère de Hakem, il ffignit d'être fou , et continua de jouer ce rôle jusqu'à la mort de ce prince. N'ayant aucun moyen d'existence , il employait les moments qu'il dérobait à la composition de ses ouvrages à copier des livres qu'il vendait, et il passa ainsi le reste de sa vie, se contentant de peu, et travaillant benucoup. 11 mourut au Caire , l'an 450 de l'hégire ( 1058 de J.-C. ). Alhazen a composé un grand nombre d'ouvrages, dont Casiri nous a conservé la liste {Bibl. arab.-hisp. , t. 4, p. 415) . et dont une partie existe , manuscrite, dans la bibliothèque Bodléienne cl dans celle de Lcydc. Son traité d'optique, très-connu en Europe, a été traduit et publié par Risner , sous ce titre : Alhazen , ou Allaken nplica Thésaurus, libri 7, primum editi. Ejusdcm liber de Crepusculis el nubium Ascensionibus , cum commentants Risnerii. Basil, episc, 1572, in-fol. Le traité des crépuscules avait été déjà donné, par Gérard de Crémone, en 1542. La doctrine d' Alhazen sur les crépuscules, l'atmosphère et la réfraction astronomique, est particulièrement louée par les savants, qui prétendent qu'elle a beaucoup servi à Képler. J N.
ALHOY (Lons), né à Angers en 1755, professa les humanités dans divers collèges de la congrégation de l'Oratoire, à laquelle il appartenait. L'abbé Sicard ayant été proscrit au 18 fructidor ( 4 septembre 1797), Alhoy le remplaça dans la direction de l'institut des sourds-muets jusqu'en 1800. Il devint ensuite membre de la commission administrative
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des hospices de Paris, et fut nommé, en 1815, principal du collège de St-Germain-en-Laye. Après avoir été pendant plusieurs années professeur de belles-lettres au collège de Vendôme, il est mort à Paris en 1828. On a de lui : 4° Discours sur l'éducation des sourds-muets, Paris , 1800, in-88. 2* Les Hospices, poème, ibid., 181)4, in-8°. L'auteur a su tirer le parti le plus avantageux de ce sujet difficile, qu'il se proposait de traiter dans toute son étendue. Son poème devail avoir quatre chants, mais le premier seulement a paru. On y trouve desdétails intéressants et même exprimés avec verve et facilité. Le Moniteur du 22 fructidor an 12 (9 septembre 1804 ) en a donné une analyse. 5° Promenades poétiques dans les hospices ei les hôpitaux de Paris , ibid.. 1820, in-8°. P.— ht.
ALI, ou ALY BEN ABY-THALEB , le dernier des quatre califes successeurs immédiats de Mahomet. Élevé dans la maison du prophète, dont il était le cousin, il devint son confident, et l'un de ses plus zélés seclateurs. De son côté, Maltomet le combla de bienfaits. Lorsqu'il annonça à ses proches la religion qui lui était révélée, il leur demanda qui d'entre eux serait son vizir ; personne ne répondait : « C'est moi, « prophète de Dieu, dit Ali, qui veux être ton vizir; « je partagerai tes travaux ; j'arracherai les yeux de a tes ennemis; je leur briserai les dents, et leurfen- « drai la poitrine. » De nombreux exploits réalisèrent bientôt celte promesse. Au siège de Khaibar, Abou-Bekr et Omar avaient posé deux fois l'étendard sur la brèche, et deux fois ils avaient été repoussés : « Demain, leur dit Mahomet, je confierai l'ctendard « aux mains d'un brave, ami de Dieu, et de l'apôtre « qu'il aime, d'un guerrier intrépide qui ne sait « point tourner le dos à l'ennemi. » Le lendemain, l'étendard fut confié à Ali, qui monta aussitôt sur la brèche où il le planta. Il étendit à ses pieds l'illustre Marhab, |K>ursuivit les Juifs, et entra avec eux dans le château, dont il se rendit maître. Maltomet, sur le point de marcltcr vers la Syrie, confia le gouvernement à Ali, qui ne tarda pas a gémir de rester inaclif, tandis que les autres musulmans moissonneraient de nouveaux lauriers : « Quoi ! lui dit le « prophète, refuseriez-vous de remplir auprès de « moi la place qu'occupait Aaron auprès de Moise? • Ali se tut et obéit. Au retour de l'expédition de Syrie, il fut chargé de prêcher aux habilauts du Yémen la doctrine du Coran. Le bruit de ses exploits l avait déjà devancé, el il conquit en peu de temps, soit par les armes, soil par la persuasion, celte belle partie de l'Arabie. Tous ces services déterminèrent Mahomet à lui donner sa fille bien-aimée, et semblaient devoir lui assurer le califat à la mort du prophète ; mais sa jeunesse, la haine de Atchah {voy. ce nom), et les intrigues de ses ennemis, l'éloignèrait du trône, jusqu'en 650, époque a laquelle il succéda à Otsman, dont on rroit qu'il avait dirigé les meurtriers A j>cine en possession d'une autorité mal affermie, il priva Moawyah et ses alliés des gouvernements qu'ils avaient ; il refusa même a Zobéir et à Thalhah, deux prinripaux Arabes de son parti, les gouvernements de bassora et de Kuufan qu us lut
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demandaient. Cette conduite inipolitique Tut la source des guerres qu'il eut à soutenir, et causa la ruine de sa maison. Moawyah, n'ayant plus rien à ménager, leva l'étendard do la révolus, se lit reconnaître émir à Damas, et soumit la Syrie. Zol)éir et Thalhah, irrités, se retirèrent à la Mecque, et unirent leurressentiment à la haine d'Aïchah. Cette ville devint le centre d'une faction où était admis tout ennemi d'Ali, et qui prenait tous les jours de nouveaux accroissements. Déjà Zobéir, Thalhah et la vindicative Aïchah s'étaient emparés de Bassora, qui devint le point de leurs communications avec les rebelles de Syrie ; Ali marclia contre eux à la tète de 30,000 hommes. La bataille fut sanglante. Zobéir et Thalhah ayant été tués, la. victoire se déclara pour Ali, et Aïchah tomba en son pouvoir : il eut pour elle beaucoup d'égards, et la lit reconduire à la Mecque. Cette célèbre bataille, oii périrent 17,000 Arabes, se donna en djumady 2* de l'an 36 de l'hégire (4 novembre 656 de J.-C.). Elle est appelée, ou la bataille deKharybah, du lieu où elle se livra, ou la bataille du chameau, parce qu'Aïchah en montait un. Ali se contenta de réprimander les habitants de Bassora sur leur manque de fidélité au calife, cl se rendit à Koufah, dont il fit le siège de sa monarchie. Moawyah, loin d'être abattu par la débite de ses alliés, n'en mit que plus d'activité à fortifier son parti. Il excitait le peuple à la révolte, par la vue des vêtements ensanglantés d'Otsman; et, secondé par le célèbre Amrou-Ben-el-Ass (roy. ce nom), il réunit un parti nombreux. Ali chercha d'abord à employer les moyens de conciliation ; mais, n'ayant obtenu ancun succès, il marcha contre lui à la tète de 80,000 hommes. Les révoltés n'étaient pas aussi nombreux. Pendant près de onze mois que les armées restèrenten présence, il se livra quatre-vingt-dix comhats, dans lesquels Moawyah perdit 43,000 hommes et Ali 23,000. Enfin, ce dernier, lassé du carnage, et peut-être poussé par les insinuations secrètes de son ennemi, lui proposa un combat singulier, prenant Dieu pour arbitre de leur différend. Moawjah refusa ; mais l'astucieux Amrou lui suggéra un stratagème qui le délivra d'Ali. Le Coran ordonne, en cas de contestation, de choisir deux arbitres qui la jugent. Amrou lit attacher ce passage du livre sacré aux piques de ses soldats, qui s'écrièrent : « Voici « le livre qui doit terminer nos différends. » I.es soldats d'Ali, pénétrés de respect pour le Coran, et séduits par la demande juste en apparence de leurs ennemis, acceptèrent la proposition, et nommèrent pour arbitre Abou-Mouça al-Achary, homme probe, mais simple. Les troupes de Moawyah désignèrent Amrou, et, après cette élection, Ali et Moawyah se retirent, l'un a Koufah, l'autre à Damas, pour y attendre leur sort. Amrou, le plus rusé de ces deux arbitres, vint à bout de persuader à AUm-Mouça que le moyen de faire revivre la paix était de déposer les deux califes. Le jour pris pour cette cérémonie, les troupes s'assemblèrent, et Amrou, accompagné de son collègue, monta à la tribune; mais, affectant une profonde vénération pour lui, il le força à s'expliquer le premier. Alors le crédule Abou-Mouçn