‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 95 sur 129 · Z, ^ Itli/iiwirfpi* ww Msuvprm%r, 1 uou . pcin · texte numérisé non relu

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in-12. P. V. Chalvet donna, en 4797, :n-8°, une nouvelle édition de cet ouvrage. Cette nouvelle édition, dit le savant Mercier de St-Léger, est mutilée, et ne remplace pas la première, qui est très-rare L'éditeur, dont le livre était imprimé sept ans avant sa publication, n'a consacré aucun article aux Dauphinois illustres morts pendant cet espace de temps : il eût pu faire un supplément. 5" Les Inscriptions de Grenoble, 1683, in -4*. 6e La Vie de Humbert H, 1688. 7° Les Présidents uniques et Us premiers Présidents au parlement du Dauphiné. 1695. 8° Recueil de lettres. 1695. 9° Nobiliaire du Dauphiné, 1671, in-12, 1696. 10° Généalogie de la famille Sitniane, 1697. 11° Histoire généalogique du Dauphiné, 4 vol. in-4°, 1697. Cet ouvrage valut à l'auteur le titre de généalogiste du Dauphiné. 12° État politique de Grenoble, 1698, in-12. 43° Us Gouverneurs et lieutenants au gouvernement du Dauphiné, 1704, in-12. — Mareellin Allard, auteur du 17* siècle, né dans le Forez, a laissé la Gazette française, 1605, in-8°, ballet en langue forésienne, de trois bergers et trois bergères. A. B — T.

ALLARD ( ), célèbre danseuse, née

le 14 août 1738. Ses débute à l'Académie royale de musique, dans la danse vive et enjouée, furent trèsbrillante; mais quoiqu'elle eût été reçue en janvier 1762, à ce théâtre, elle fut au moment de demander sa retraite, et même de quitter Paris, en 1763, par suite d'un événement arrivé chez elle à un grand seigneur; cependant cette aventure eut le sort de toutes celles du même genre dansles grandes villes : on l'oublia, et mademoiselle Allard n'en jouit pas moins de la faveur du public, jusqu'en 1782, époque de sa retraite. Cette danseuse était d'une taille moyenne ; elle avait à la fois beaucoup d'embonpoint et de légèreté, et ses traite avaient moins de régularité«que d'expression. Une de ses émules a dit d'elle : « Tha- « lie semblait lui avoir prêté son masque, sa gaieté «et son enjouement; Terpsichore, sa légèreté et a ses grâces. » Mademoiselle Allard eut, du fameux Vestris, un lils, non moins célèbre que son père, sous le nom d'Auguste Vestris. Cette danseuse est morte le 14 janvier 1802. P— x.

ALLARD ( Joseph-Félix), bibliophile et littérateur, né en 1795à Marseille , fut le condisciple et l'ami de tous les jeunes Marseillais de son époque qui se sont acquis une réputation dans les lettres , entre autres de M. Reinaud, membre actuel de l'académie des inscriptions, dont on connait la belle description du cabinet de M. de Blacas. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il entra dans l'enseignement, professa la rhétorique aux petite séminaires de Marseille et d'Aix; vint en 1827 à Paris, et accepta, dans la paroisse St-Eustache, de modestes fonctions qu'il a constamment remplies avec beaucoup de zèle. Amateur de curiosités littéraires , il s'était formé une assez jolie collection de livres rares et de manuscrite, dont peu de temps avant sa mort il vendit une partie pour pouvoir payer les personnes qui le soignaient. Il succomba le 20 octobre 1831 à une maladie de poitrine. C'était un homme modeste , pieux et très-instruit. 11 a été l'un des collaborateurs

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du Bulletin universel de M. de Férussac , dans lequel il a inséré plusieurs articles remarquables, entre autres une notice sur les Mémoires inédite du cardinal Spada , gouverneur de Rome dans le 17« siècle. On lui doit une traduction estimée de V Apologétique de Tertullien, Paris, 1827, in-8°. 11 a laissé, sur la littérature du moyen âge , des recherches qu'il n'a pas eu le temps de compléter. Deux catalogues des livres et des manuscrite de l'abbé Allard ont été publiés par Techener, libraire. W — s.

ALLARD ( Jean-François ) , général en chef des armées de Lahore , naquit à St-ïropez, dans le département du Var, en 1785. De bonne lieure il manifesta un penchant prononcé pour la carrière militaire, qui apparaissait alors avec tous ses dangers et avec toute sa gloire. Il servit honorablement dans la garde impériale, et il était lieutenant lorsque Brune, ayant eu l'occasion d'apprécier son caractère et ses talents, le prit sous ses ordres comme aide de camp. Allard ne tarda pas à passer capitaine et fut décoré de la Légion d'honneur. Mais la fin tragique de Brune détermina son aide de camp i quitter l'armée et même la France. L'esprit aventureux d' Allard lui montrait l'Amérique , et déjà il avait fait ses préparatifs de départ, il avait payé son passage à bord d'une frégate de l'Union, lorsque le vent de la fortune le Ht changer de direction et l'emporta vers l'Asie. Un officier italien, nommé Ventura, qui comme lui cherchait un avenir, lui avait persuadé d'aller en Egypte, où un paclia entreprenant, un homme de génie, appelait les Européens i concourir à la fondation d'une puissance nouvelle. Le succès de celte tentative ne répondit point à l'attente qu'elle semblait en droit de faire concevoir. Allard, reçu froidement, poursuivit sa route vers U Perse , offrit son épée au prince royal Abbas-Mirza, et obtint un grade de colonel et la promesse d'un régiment. Le jeune colonel reçut le traitement attaché à son titre, mais l'héritier du trône de Perse ne se hâtait point de lui donner son régiment. L'ambition d' Allard chercha d'autres occasions , et l'instinct qui le guidait, secondé par les circonstances, le conduisit au Caboul ; mais à peine avail-U fixé son séjour dans ce pays, que d'autres projets lui firent encore une fois lever sa tente. Le nom et les desseins du rajah de Lahore, Rungeet-Singh , étaient arrivés jusqu'à lui ; des faits importants s'accomplissaient dans le royaume de Lahore , sur lequel s'appuyait la puissance anglaise pour s'étendre ou se maintenir dans l'Asie centrale. Le chef rusé de ces contrées avait trop de pénétration pour ne pas entrevoir les services que pouvait lui rendre un officier européen. Allard se présenta avec confiance , et le rajah, après avoir pris toutefois vis-à-vis du nouveau venu les précautions que lui suggérait son caractère défiant à l'infini, consentit à le recevoir ; il ne l'admit pourtant d'une manière définitive qu'après avoir obtenu l'agrément préalable du gouvernement britannique. Rungeet-Singh donna d'abord à Allard cent hommes à commander : c'était débuter prudemment, et ne pas s'exposer à livrer ses forces à un traître peut-être 1 Au i

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nager les préjuges, les habitudes , les croyances des indigènes, obstacles immenses contre lesquels A 1lard allait avoir à lutter pour introduire les réformes qu'il apportait d'Europe. Du reste le colonel obtint peu de temps après de pouvoir organiser un régiment, puis une brigade , puis une division; et finalement il pénétra si profondément dans l'estime et la confiance du roi de Lahore qu'il fut élevé par lui au grade de généralissime de ses armées , et fut réellement par la suite, après Rungeet-Singh, la première puissance du pays. Il continua avec succès son travail d'organisation militaire, et disciplina à la française l'armée de Lahore : le commandement s'y fit en français, et le recrutement s'y opéra dés lors par engagements volontaires et par appels ; il n'y a pas jusqu'aux couleurs adoptées par la France nouvelle, que le général n'ait importées sur les rives du Sutledge, et c'était sans doute un curieux spectacle pour des yeux éclairés, que ce drapeau, symbole de la liberté et de la civi I isation, ondoyant sur une armée barbare au sein de l'Asie. « Mais, dit le voyageur Jacquemont, les Sykes « sont de bonnes gens qui n'y entendent pas finesse. « Rungeet sait seulement que c'était le drapeau de « Bonaparte , auquel il aime à se persuader qu'il « ressemble. » Sans cesse sur le pied de guerre ou même en guerre avec les chefs voisins , le royaume de Laliorc n'avait cependant point eu de querelle bien sérieuse à soutenir, depuis la réorganisation de cette armée, de sorte que le général Allard eut peu de grandes occasions de se distinguer sur le champ de bataille. Son influence n'en fut pas moins grande; il sut la conquérir par sa justice , son activité , son caractère noble et fait pour commander ; il fut entouré de l'amour des autres officiers européens, ses frères d'armes, et son nom dans toute l'Inde anglaise ne fut prononcé qu'avec la plus grande considération. Les voyageurs qui, grâce i son intervention empressée, ont pénétré depuis 1822 dans le royaume de Lahore s'accordent à donner de lui ce témoignage; et tous, entre autres l'infortuné Jacquemont et le non moins infortuné Durncs, ont aimé à écrire avec quelle bienveillance il avait mis son pouvoir à leur disposition et avait cherché à leur rendre agréable le séjour de Lahore , ou à faciliter leurs voyages et leurs études. Rungeet-Singh , auquel aucun historien ne refusera une finesse et une pénétration consommées, l'apprécia également de plus en plus, et il sentait si bien de quel poids il était dans la balance de son pouvoir, qu'il s'étudia toujours, tout en lui prodiguant la fortune (il lui faisait un traitement annuel de plus de 1 00,000 francs ) , à lui ùter ou le désir ou les moyens de revenir en France ; il savait lui faire dépenser ses 400,000 francs, et l'empêcher d'amasser une fortune qui aurait pu lui suggérer le désir du repos. Il lui avait en outre fait épouser la fille d'un chef vaincu , princesse indienne , qui fut plusieurs fois mère ; mais ce fut précisément le sentiment paternel , ce fut le besoin de donner à ses enfants une éducation convenable qui rappela impérieusement la pensée d'Allard vers la France. Rungeet-Singh accueillit avec inquiétude et défiance l'idée de ce voyage : « Pars, dit-il au général, mais

« laisse-moi tes enfants , je serai sûr que tu revien- « dras les chercher. » Allard lui expliqua que c'était pour eux qu'il allait en France , que là seulement ils pouvaient être élevés dans les pratiques de leur culte et dans le vœu de leur religion. Le roi se laissa toucher par ces raisons; Allard partit pour l'Europe, et revit son ancienne patrie, où il fut reçu avec considération. En 1832 il avait été nommé officier de la Légion d'honneur : il fut, pendant ce voyage, nommé commandeur. Il répondit aux conseils de ses amis qui voulaient le retenir en France : « Le roi de « Lahore a ma parole; si j'y manquais, il serait en « droit de me mépriser et de me considérer comme « un misérable aventurier. » Le général Allard reprit donc la route de l'Asie , laissant en France sa femme et ses enfants qu'il ne devait plus revoir. Ce fut en effet peu de temps après son retour a Lahore qu'il fut enlevé à l'armée, à ses amis, au vieux Rungect-Singh , qui lui-même avait alors un pied dans la tombe (1830). Des regrets universels suivirent Allard à sa dernière demeure; le rajah ne négligea rien pour lui rendre les honneurs dus à son rang , à ses talents, et glorifier sa mémoire. Sa ville natale s'est elle-même empressée d'ouvrir une souscription pour lui élever un monument (I). IL D— t..

ALLARDE (Pierre-Gii.iieht Lerov, baron n'), né en 1749 à Monlluçon, d'une des familles les plus honorables du Bourbonnais, fut d'abord page de la dauphine, puis entra lieutenant dans le régiment de Conti, cavalerie. Il obtint ensuite une compagnie dans les chasseurs de Franche- Comté. Le temps qu'il passa au service ne fut point perdu pour son instruction. Au goût de l'étude il joignait beaucoup d'esprit et de jugement ; et, tandis que ses camarades se livraient aux plaisirs de leur âge, il s'appliquait avec ardeur a l'économie politique, science alors peu connue en France, et qui n'y comptait qu'un petit nombre d'adeptes. Nommé par la noblesse de St-Pierre-le-Moutier aux états généraux , il y présenta un nouveau plan de finances qu'il ne put faire adopter par ses collègues, étrangers pour la plupart aux éléments de cette science. Il manifesta son indignation contre les attentats des 5 et 6 octobre (voy. Marie-Antoinette ) , et protesta depuis contre le rapport de Chabroud, qui demandait qu'on annulât toutes les procédures relatives à ces événements. Il combattit les projets de Necker, comme n'étant que des impôts déguisés. Il proposa un comité d'impositions, répondit au discours de Dupont sur les banques, s'opposa à la création des assignats, et soutint que le moyen le plus simple d'éteindre la dette et de fonder le crédit public était de faire un emprunt dont le remboursement s'opérerait , sans qu'on fût obligé de rien ajouter aux charges, et d'une manière insensible , par l'amortissement. Ce moyen, dont on a tant usé depuis , fut alors repoussé par la majorité. D'Allarde fut cependant nommé membre du comité des impoli) la vente da général Allard, Initiée » la connaissante de te religion catholiqnc, a reçu récemment le baptême: elle a en pow parrain et marraine le roi et la reine des Français.

si lions. Le 15 février 1791 , comme rapporteur» il demanda et fit décréter l'abolition des maîtrises et jurandes, et l'établissement du droit de patente. Il demanda mie la contribution foncière fût évaluée à 210 millions. Il Combattit, le 5 mai suivant, avec beaucoup de force, mais sans succès . la proposition de Rabaut-St-Etieime sur l'émission des petits assignais. Prévoyant les malheurs qui devaient bientôt peser sur la France, après la session il conduisit ses enfants aux États-Unis , où il avait de grandes propriétés. Ses talents financiers, qu'il dirigea vers le commerce, lui servirent à réparer les torts que la révolution avait faits à sa fortune. Après le 18 brun m ire il fut chargé de réorganiser l'octroi de Paris et en devint le fermier. Les avances qu'il fut forcé de faire au trésor ne lui avant pas été remboursées, il se vit dans ta nécessité de déposer son bilan. Mais les causes de sa faillite étaient trop connues pour que cet événement put porter atteinte à sa réputation. Il vendit ses domaines pour payer ses créanciers, et se lit réliabililer en 1807. Ayant recueilli les débris de sa fortune, il acquit en Franche-Comté des forges qu'il comptait exploiter lui-même. Ses affaires l'avaient conduit à Pesant, on, et il y mourut d'apoplexie le 9 septembre 1809, au moment de monter en voilure pour revenir à Paris. 11 était âgé de 60 ans. Son fils Biné» l'un de nos chansonniers les plus s|>irituels , et auteur d'un grand nombre de vaudevilles, est connu dans la littérature sous le nom de Francis. XV— s.

ALLART (Mary Gay, femme), née a Lyon vers 1750, reçut une éducation beaucoup plus soignée que ne semblait leconqiorter son sexe, a l'cpoqueoù elle vécut. A peine âgée de dix-huit ans, elle savait très-bien la plupart des langues modernes, et particulièrement l'anglais. Mariée de bonne heure, elle ne fut {tas heureuse, et des chagrins domestiques l'obligèrent à faire de ses talents une ressource fort honorable sans doute, maisaussi faible que pénible. Venue à Paris, madame Allait y publia d'abord plusieurs traductions de romans anglais, et ensuite un roman de sa composition, qui eut beaucoup de succès , sous le titre d" Albert ine de Sainte- Albe , Paris, 1818, 2 vol. in- 1*2. Les romans qu'elle a traduits de l'anglais sont : 1" Eléonore de Rosalbayou le Confessionnal des pénitents noirs, par Anne Radcliffe, Paris, 1797, 7 vol. in- 18. L'abbé Mordlet avait déjà traduit ce roman sous le titre de l'Italien, et l'on peut dire qtie la comparaison avec le travail de cet académicien n'est point trop défavorable à madame AHart . 2" Les Secrets de famille, par miss Peatt, 179», 5 vol. in-12 ; 2e édition, 1802, 5 vol. in-18. Chénier, qui, dans son Tableau de la littérature depuis 1789, a parlé avec éloge des romans d'Anuc Hadcliffe , loue aussi d'une manière fort remarquable les traductions de madame Allart. File mourut à Paris en 1821 . — Il ne fout pas la confondre avec mademoiselle Hortense Alla ut, sa fille, dont on a la Conjuration d'Amboise et des Lettres sur les ouvrages de madame de Staël. Z.

ALLATILS. Voyet Allacci.

ALLÉ (Jérôme), né à Bologne vers la fin du 18» siècle, entra dans la congrégation de St-Jérome

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de Fiésnk*, professa ta méoiogie • Bologne, sa patrie, et parvint aux premières dignités de son ordre. Il joignit l'étude des lettres aux sciences ce— riésiastiques; il se distingua dans la prédication, et publia des sermon s et quelques ouvrages en vers, entre antres quatre représentai ions, comme «H les appelait alors, espèce rte drames pieux où l'on mettait en action des sujets tiré* île l'histoire sainte. Ce sont : la Bienheureuse Catherine de Holoanc; f infortunée et la fortunée Ciotildti la Contrition ïï iVwip ha nte, et l itpoHsc inconnue et connue de Salomon, H'-ei les intermèdes de Sanumn, 4e David et eC Ahsalm. Kl les furent imprimées suceensivemeot a Bologne, de 1011 à HWO; raffectation imtithétique de tous ces titres, traduits de l'italien, annonce relie qui règne dans les pièces mêmes | c'était le style h la mode dans le temps où elles forent éprîtes. Voici le titre d'un ouvrage de morale du même auteur, mv nous mettrons en italien, en avoiumt qn il serait difficile de le traduire : il Cemeatenata nmnenimntuenfo de i penn'eri, parole et attioni matin*, rhf

t<^ro f i jrTuiirni<> nrrtrntrrin fi i*Min wrrt HmTfm, r f»

9roneatena i ritri, et?., Bologne. 165S, in-4\ G — É.

ALLWTl.'S, tyran de la Grande-Bretagne, an «• siècle; sa naissance et son origine sont restées Ignorées. Devenu le confident et le ministre de I'h*surpateur Carausuis, <mi régnait en Angleterre, il finit par l'assassiner, afin de n'être pas reehereho pour ses malversations. Allecn», revêtu de la pourpre impériale, prit le nom d'Auguste, l'an 2*.M, et maintint pendant trois ans son autorité. Cons*auee- Ohlore, qui régnait alors, ayant résolu de le soumettre, forma le projet de ftrfre une descente en Angleterre. Tne de ses Hottes, commandée pnr Asdépiodntc, échappa, à la faveur d>»n brouillard, à eelle d' Allectus. qui était stationnée près de l'Ile de \Vight, « convainquant ainsi les Bretons, dit Gibbon, « que la supériorité des mrces navales ne protégerait « pas toujours leur pays contre une invasion étran- « gère. » Asclépiodote mît à terre ses troupes de débarquement , vis-à-vis RonVene, et Constance- Chlore débarqua lui-même sur im autre point. Xllectrts était campé a quelque distance ; mais soit qu'il n'osât point en venir à une action décisive, soit qu'il crut plus facile de vaincre Asctépiodote avant que les deux corps d'armée eussent pu se réunir, il quitta le poste qn'il occupait, et alla au-devant du lientenant de Constance Chlore. Ge prince marcha aussîtAt au secours d'Asrlëpiodote : mais il n'arriva qu'après la liataille, dans laquelle Allectus fut défait et tué, après 5 ans de règne. 11 avait ôté sa robe impériale pour n'être pas reconnu, de sorte que les vainqueurs ne trouvèrent qu'avec peine son corps mutilé, parmi les monceaux de barbares qui avaient péri. Allectus avait mérité la haine des Bretons par son avidité et par la dureté de son gmiyernemcl* . Sa défaite les fit rentrer sous la domination romaine. B— P.

ALLEGBAIN ( Christophe-Gabriel) . sculpteur, naquit a Paris, en 1710, d'Kticnne Allegraiu, paysagiste, peintre du roi. Cet artiste est un de ceux qui ne peuvent être bien appréciés, si l'on ne dis-

Ail

tingue leur talent do leur» ouvres*», c'est-à-dire ce qu'ils ont fait de ce qu'ils auraieut pu faire dam de» circonstances plus lieu mises. De son temps, le plus mauvais goût régnait dans l'école française, et y était en possession des récompenses et des éloges. Un homme qui, comme Alk grain, se sentait capable de suivre une meilleure route, qui voulait peuser et travailler d'après lui-même, devait éprouver bien des difficultés, et il en éprouva en effet, quoiqu'il eût épousé la Mvur de Pigal, dout la réputation, aujourd'hui réduite A sa juste valeur, était alors très-imposante. AUegrain fut cepeudant reçu a l'Académie, sur une figure de Narcisu. Cette statue n'est pas admirable, comme on le dit dans quelques biographies, où, ne donnant sur l'art aucune idée fixe, on ne fait que répéter les opinions contemporaines, si souvent indignes de la postérité ; mais elle est supérieure à la plupart des sculptures du temps. Ailegrain travailla ensuite pour madame Du Barry, qui lit placer dans son jardin de Lucienne* plusieurs statues de cet artiste. On vanta beaucoup sa FVnui fitfruHJ au tai», et surtout sa Diane, pour laquelle alors on épuisa toutes les formule* déloges. Ces deux statues sont aujourd'lun placées dans la galerie du Luxembourg ; elles prouvent qu' AUegrain aurait été digne do paraître a une époque où l'affectation et les systèmes ont fait place A l'étude de la belle nature, dirigée par celle des clic Ts-d' œuvre antiques. AUegrain mourut le 17 avril 1795, à l'Age de Hi> ans, ne laissant ni enfants ni élèves. D — r.

ALLÈGRE (Antoine), chanoine do Cleriuont, natif de la Tour, en Auvergne, a traduit do l'espagnol, d'Antoine de Guevare, évêque de Mondoûcdo, et confesseur de Clurles-Quiut : 1° Je iiiprii de la Cour» tt la Louange de la VU r unique, Lyon, Do- Ict, 1545, in-8% édition rechercliée des curieux ; et Paris, 1551, in-IQ; 2" Décade contenant le» Vies de dis empereurs ( Trajan, Adrien, Anlnnin le Pieux, Commode, Pertinax, Julien, Sévère, Caracalla, llëliogabale, Alexandre Sévère), Paris, Yascosan, 1550, io-4°, et 1567, in-*T; cette dernière édition se joint au Plutarque d'Ainyot, du même imprimeur. Cette JKcuqV, tmiule plutôt que traduite de Guevare, se trouve dans les éditions de Plutarque données par Droitier, VauviUiers et M, Clavier, 25 vol. Û>8°. A. B— T.

ALLEGRF.TTI (Jacques), de Forli, poète latin et astrologue, au 14* siècle. 11 fonda une académie à Riinini, où il s'était rendu pour enseigner les belleslettres à Charles Malatesla, qui devint ensuite seigneur de cette ville. Coluccio Salutalo, dans uuc lettre en vers où il le détournait de l'astrologie, et dont l'abbé Méhus a parlé dans sa Vif d'Âmbraise U Camaldult, p. 508, loue son talent pour la poésie latine : ses ouvrages sont restés manuscrits. 11 mourut vers 1400. Marchés! a écrit sa vie dans ses Vita illuttrium Forolivwntium. G — É.

ALLEGRETÏI (Allegretto heou) a éc rit, en italien, un journal de Sienne : Diarii Samsi, de 1450 à 1406, publié par Muratori, Scriptor. rerum italic, vol. Jô. On voit, dans son journal, qu'il fut lui-même acteur dans plusieurs des faits qud ra-

-conte; qu'en 1483, il fut fait membre du conseil du

peuple, et, l'année suivante, l'un des conseillers de toute la république. L'Lgurgieri s'est donc trompé dans ses Pompe Saneti, en disant que cet auteur florissait en 1440. Muratori avoue, dans la préface qu'il a mise à ses Diarii, qu'ils contiennent des particularités minutieuses et soment frivoles. G — É.

ALLEGRl. Foyer Coaréue.

ALLEGRI (Alexandre), l'un des poètes italiens qui se distinguèrent le plus, vers la fin du 16' siècle, dans le genre burlesque, genre plus estimé en Italie qu'en France, et qui, A la vérité, n'est pas tout à fait le même dans ces deux pava. AUegri était né à Florence, et, dans sa jeunesse/il suivit le métier des armes : il s'attaclia ensuite A quelques grands; mais ses goûts paisibles lui firent enlin donner la préférence à l'état ecclésiastique. C'est ce qu'il dit lui-même dans un seul vers, qui est le dernier d'un de ses sonnets :

Che vol sapele Soolare, eorligiau, solda lo e prête.

Il joignait, à beaucoup de connaissances, un esprit toujours vif et agréable; les charmes de sa conversation attiraient dans sa maison, située à Florence, sur la place de Ste-Marie-NouveUe, un cercle nombreux d'hommes de letu-es et de. savants. Ses Rime piacevoli n'ont été imprimées qu'après sa mort; la 1" partie à Vérone, 1605; la 2e, ihid., 1607; la 5% à Florence, 1608, et la 4e à Vérone, 1615. La pluparl des pièces de vers y sont précédées de morceaux de prose qui ne sont pas moins facétieux ni moins bizarres. Le tout est ordinairement relié dans le même volume avec les trois Ltltere di ter Poi Pédante, adressées au pembo, à Boccace et à Pétrarque, Bologne, 1615, et avec la Fantaslka Vitiont di Parri du Pozsolatica, adressée au Dante , Lucques, même année 16(3; pièces satiriques, où l'auteur tourne les pédants en ridicule, en affectant leur langage. Ce volume, petit in-1°, est très-rare, et recherché des curieux. On a réimprimé les Rime piacevoli en 1754, à Amsterdam, in-8", avec de fort mauvais caractères; mais cette édition a l'avantage de présenter une notice sur la vie de l'auteur. Il était resté de lui beaucoup de poésies manuscrites entre les mains de sa famille ; cette famille s' étant éteinte, les manuscrits se sont perdus. U avait aussi composé une tragédio intitulée : Idoménée roi de Crète ; le sujet était la mort du lils de ce roi immolé par son propre père ; le savant Carlo Dali , A qui il l'avait lue, en faisait de Irès-grauds éloges. Le recueil de poètes latins publié A Florence , en 1710, contient plusieurs pièces de notre Allegri, qui prouvent beaucoup de talent pour la poésie latine. Elles sont dans le genre héroïque, et l'on ne s'y aperçoit nullement du ton liabituel de son esprit , tel qu'il parait dans toutes ses poésies toscanes. G— È.

ALLEGRI (Jérôme), célèbre chimiste de Vérone, au milieu du 16* siècle, y présida longtenqis l'académie des Alethophiles, consacrée A découvrir les erreurs ixqmlaires qui pouvaient se glisser dans

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la pratique de la médecine ; mais il s'écarta de l'objet de cette institution , en se livrant aux rêveries de l'astrologie et de la philosophie hermétique. On a de lui un traité de chimie, des dissertations sur la poudre d'Algaroto et la composition de la thériaque. C. et A — r».

ALLEGRI (Grécoiiie), compositeur de musique, né à Rome, embrassa l'état ecclésiastique. Elève de Nanini, et admis, en 1629, comme chanteur, dans la chapelle du pape, il obtint une grande réputation comme comi>ositeur de musique sacrée. Parmi ses productions, on dislingue un Miserere qu'on exécutait , pendant la semaine sainte, à la chapelle Sixline , et auquel on attachait tant d'importance, qu'il était défendu de le copier, sous peine d'excommunication. Celle défense fut éludée par Mozart , qui , l'ayant entendu chanter deux fois, le retint , et en présenta une copie conforme au manuscrit. Ce fameux Miserere fut envoyé, en 1775, par le pape, au roi George III ; dès 1771, il avait été gravé à Londres, et l'a été à Paris, en 1810, dans la Collection des classiques , recueillie par M. Choron. Allégri était de la famille du Corrégc ; il mourut le 16 février 1640. Doué d'une grande piété, il visitait souveut les prisons pour y pratiquer des œuvres de charité. P— x.

ALLEIN (Richard), ecclésiastique anglais, né en 1611, à Ditrhet , était presbytérien, mais d'un caractère paisible, et ennemi de l'intolérance religieuse ; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fût persécuté et dépouillé de sa cure. On a de lui des sermons , et quelques ouvrages de piété , qui ont été souvent réimprimés; les principaux sont : 1° Vindiciœ pictalis, 1664 et 1669 ; 2° le Ciel ouvert , etc., 1665; 3° la Crainte religieuse (Godly Fear), in-8°, 1674 ; 4° une Notice sur Joseph AUein. Richard Allein mourut en 1681 , âgé de 64 ans. — Un aulre Allein (Joseph), parent de Richard, est auteur de plusieurs ouvrages de religion très-estimés des presbytériens. X— N.

ALLEMAND (le comte Zacharie-Jacques- Théodoke), vice-amiral , naquit au Port-Louis en 1762. Son père, lieutenant de vaisseau et chevalier de St-Louis , le fit embarquer comme mousse dès l'âge de douze ans, et à dix-sept il fut nommé volontaire de la marine. Le jeune Allemand passa en cette qualité sur le vaisseau le Sévère, qui faisait partie de l'escadre du bailli de Suffren, et il assista aux sept combats livrés à l'armée anglaise, dans le dernier desquels il reçut trois blessures graves. L'amiral le récompensa en le nommant lieutenant de frégate. De 1781 à 1787, époque à laquelle il devint sons-lieutenant de vaisseau, Allemand lit trois campagnes dans l'Inde sur le vaisseau CAnnibal, les flûtes la Haleine et l'Outarde. Il embrassa avec toute la chaleur de son caractère la cause de la révolution en 1789, et après diverses campagnes à St-Domingue, à la Nouvelle - Angleterre, dans l'Océan cl aux Iles du Vent , il fut nommé lieutenant de vaisseau en 1792, et commanda la corvette le Sans-Souci, avec laquelle il lit plusieurs croisières dans la Manche. A la lin de la même année il fut

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promu au grade de capitaine de vaisseau, et pourvu du commandement de la frégate la Carmagnole. Il s'empara d'un grand nombre de bâtiments du commerce anglais et de la frégate la Tamise, à la suite d'un combat des plus opiniâtres. En 1795, il fut nommé chef de division, et passa dans ce grade sur le Duquesne. Pendant les trois années qu'il commanda ce vaisseau , il participa à deux combats généraux , et contribua à la prise d'un riche convoi anglais, qui fut introduit à Cadix. Le contre-amiral Richery, sous lequel il commandait en second dans la campagne de Terre-Neuve , mit sous ses ordres deux vaisseaux et une frégate, avec lesquels il alla détruire les établissements anglais sur la côte du Labrador, et captura un convoi qui se rendait à Québec. En 1799, commandant le vaisseau le Tyrannieide , il fit la campagne de la Méditerranée et celle de l'Océan dans l'année navale de Bruix. Allemand commandait le vaisseau l'Aigle lors de l'expédition contre St-Domingue, en 1801. Le général Leclerc le chargea de l'attaque de St-Marc, qu'il réduisit en peu de temps. Il reçut ensuite la mission de faire la guerre à Toussaint Louverturc , et l'on mit sous ses ordres deux bataillons avec deux cents hommes de cavalerie. Après avoir forcé les noirs à se retirer, il rentra au Cap-Français, ramenant un grand nombre d'habitants auxquels il avait sauvé la vie. En 1803, le vaisseau l'Aigle ayant besoin de réparations, Allemand fut expédié pour la France. Les deux demoiselles Bénézech , dont le père était mort à St-Domingue, ainsi que quelques autres passagers, furent embarquées sur ce vaisseau. A son arrivée à Brest, le préfet maritime adressa au ministre de la marine une plainte contre le capitaine Allemand , relativement à la conduite qu'il avait tenue à l'égard de ses officiers et de ses passagers. Il était accusé d'avoir traité son état-major avec une dureté sans exemple, d'avoir vexé quelques-uns de ses passagers, d'avoir ouvert le portefeuille de Bénézech et pris lecture de ses papiers, enfin d'avoir outragé ses filles par des propos et des manières que l'humanité et la décence réprouvaient également. Une enquête ayant été ordonnée pour éclaircir ces faits, il en résulta qu'Allemand avait manqué d'égards, et même de justice, envers ses subordonnés et ses passagers. Quant aux faits relatifs aux demoiselles Bénézech, la commission se contenta de la simple dénégation de l'inculpé. En 1801, Allemand passa au commandement du Magnanime , et contribua à la prise de la Dominique. Lors de l'imtitulion de la Légion d'honneur, il fut nommé chevalier, et peu de temps après officier de cet ordre. Promu au grade de contre-amiral au mois de janvier 1805, il prit le commandement de l'escadre de Rochefort, tint la mer pendant six mois, combattit et prit le vaisseau anglais le Calcutta, s'empara d'un grand nombre de bâtiments du commerce, de quelques bâtiments armés, qu'il conduisit aux Canaries , et rentra victorieux â Brest Dans la campaime suivante, il lit encore beaucoup de prises, et l'on estime à 18 millions les, pertes qu'il fit éprouver au commerce anglais. En 1808, commandant en second l'armée navale de Toulon ,

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il eut sous ses ordres une division de frégates avec | lesquelles il remplit une mission à l'Ile d'Elbe et à Corlbu. Nommé vice-amiral en 1809, il fut cliargé du commandement en chef des escadres de Brest et de Toulon réunies à celle de Rochefort. Celte armée était mouillée en rade de Pile d'Aix, lorsque , le 6 avril, l'amiral anglais Cochrane parut avec douze vaisseaux de ligne, six frégates, onze corvettes, et cinquante bâtiments armés en brûlots. Allemand , prévoyant une entreprise contre son armée, la disposa sur deux lignes de bataille endentées trèsserrées, l'une au N. quart N.-O., et l'autre au S. quart S.-E. , afin de présenter moins de surface. En même temps il établit ù environ 400 toises au large une estacade de 800 toises de longueur, dont l'extrémité nord était à une euciblure et demie des roebers de l'Ile. Le 12, à buit beures et demie du soir, par un vent trés-violent , les brûlots ennemis, au nombre de trente-trois , et trois macbines infernales, mirent a la voile : les quatre premiers vinrent faire explosion contre l'estacade, deux autres leur succédèrent, et bientôt tous les suivirent. L'estacade les arrêta pendant quelques minutes, mais ils la franchirent à la lin , et arrivèrent sur l'armée française en gouvernant sur le vaisseau l'Océan, qui était au centre de la ligne. A l'apparition des brûlots, le signal avait été donné de filer les câbles par le bout, et même de les couper au besoin. Celte manœuvre sauva ceux des bâtiments qui l'exécutèrent à temps; mais le lendemain , au jour, on vit érboué-s sur les plies trois vaisseaux et une flote qui , n'ayant pu être relevés, s'étaient incendiés. Cette affaire donna lieu à un jugement par suite duquel un capitaine de vaisseau fut fusillé . un autre dégradé , et un troisième condamné à trois mois de détention (I). De 1809 à 1812, le vice-amiral Allemand commanda l'armée navale dans la Méditerranée sur les vaisseaux le Lion et V Autlerlilz, et l'escadre de Lorient sur l'Eylau. Avec cette dernière, il lit dans l'Océan une campagne pendant laquelle il s'empara d'un grand nombre de bâtiments anglais , qu'il brûla ou coula à fond. Au mois de décembre 1813, l'empereur lui conlia le commandement des divisions de flottilles réunies à Flessingue et à Anvers. A celte époque , l'Ile de Cadsand et celle de Walchereu étaient menacées par les Anglais, et Napoléon avait compté sur l'babileté et la valeur d'Allemand pour les défendre ; il était indispensable qu'il concertât les opérations de la flottille avec les mouvements de l'armée de terre, et qu'il s'entendit à cet égard avec les généraux qui commandaient dans ces Iles; mais le caractère inquiet et tracassier de cet amiral étant de nature à compromettre également ceux qui avaient à lui donner des ordres et ceux qui devaient en recevoir de lui , l'empereur, sur un rapport du ministre de la marine Decrès, révoqua la destination qui lui avait été assignée , et l'amiral

(I) Si l'on en croit In rcVits de Ste-Hélène, recueillis par le docteur O'Méara, NaHeon a dit qnedans telle occasion sun unirai s'était conduit comme un iuibci ile, qu'il avait donné le sljrnal de mti «ai j f, et que l'amiral anglais aurait pa détruire tonte l'es-

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