‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 96 sur 129 · ALL 49Î · texte numérisé non relu

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Missiessy fut clinrgé du commandement de ces flottilles. Pour dédommager Allemand de cette espèce de disgrâce, on le nomma grand oflicier de la Légion d'honneur, En 1814, il fut créé chevalier de St-Louis, puis admis à la retraite. Réintégré sur les listes de la marine en 1815, il fut une seconde fois mis à la retraite en 1816. Il |wssa encore quelques années a Paris , où il s'occupa beaucoup de Ut société du St-Sépulcre, dont il était trésorier. On sait que les décorations de cet ordre se distribuaient alors d'une manière très-abusive, et l'on accusa Allemand d'avoir pris une part intéressée à ces distributions. Retiré ensuite à Toulon, il y mourut le 2 mars 1826, et fut enterré avec les honneurs dus à son grade. Il avait composé lui-même une notice sur sa vie qui , selon ses dernières volontés, a été gravée sur sa tombe , et dans 'laquelle on pense bien qu'il avait apprécié ses exploits au moins à leur valeur. Peu d'ofticiers ont parcouru une carrière maritime plus active : l'état de ses services présente un total de 445 mois, dont 3I8 sous voiles. Il exerça neuf commandements généraux , remplit dix-huit missions, et assista à dix-sept combats. Sa vie militaire offre des circonstances heureuses, mais on n'y remarque aucun de ces faits qui prouvent le génie ou les talents nécessaires aux grandes opérations. Allier, frondeur, et méconnaissant toute autorité supérieure , il abusait constamment de celle qui lui était confiée , au point que tous les officiers regardaient comme une défaveur d'être employés sous ses ordres. H— q— n.

ALLEMANT. Voyez. Lai.i.em A.vr.

ALLEN (Guillaume). Voyez. Alaiî.

ALLEN (Thomas), mathématicien anglais, né en 1542, a Ltoxeler, dans le Staffordshire , étudia dans le collège île la Trinité, à Oxford. Le comte de Norlhumberland, protecteur des mathématiciens, le reçut quelque temps chez lui , et le comte de Leicester lui offrit un évèché , qu'il refusa par amour pour la solitude et pour les travaux qu'il avait entrepris. Les connaissances d'Allen en mathématiques le lirent considérer par le vulgaire ignorant comme un sorcier ; l'auteur d'un livre, intitulé : République de Leicesler, l'accusa d'avoir employé la magie pour servir le comte de Leicester dans son projet d'épouser la reine Elisabeth. On ne doit pas s'arrêter à une imputation si absurde ; mais il est certain que le comte avait tant de confiance dans Allen, que rien d'important ne se faisait dans l'État sans que celuici en eût connaissance. Allen amassait, avec une persévérance infatigable, de vieux manuscrits concernant l'histoire, l'antiquité, l'astronomie, la philosophie et les mathématiques. Plusieurs auteurs les ont cités comme ayant formé la Bibliothèque Âllenienne. Outre les collections précieuses que ce savant a laissées, on a de lui : 1° Ptolomei Pelutien$i» de aUrorum judiciis, nul , ul vulgo vacant , quadripartite eon— ttructioni», liber teeundut, eum expositione Thomm Âlleyn, Angli Oxonientis; 2" Claudii Ptolomei de astrorum judiciis liber terliu» , cum expoiitione Th. Alleyn. 11 mourut en 1C32, dans un âge trèsavancé. Il est a regretter qu'un homme si estimé de

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ses contemporains, et regardé comme l'un des piemiers mathématiciens de Min temps, n'ait pas laissé un plus grand nombre d'ouvrages sur la science à laipielle il s'était livré. — Un autre Thomas Allen, mort en 1658, est auteur d'un ouvrage intitulé : (Jbservaliones in libellum Chrysoslomi in I saiam . \ —n .

ALLEN (Jean), archevêque de Dublin, cnf?>28, et, peu après, chancelier d'Irlande, dut sa fortune au cardinal Wolscy, qu'il avait servi avec beaucoup d'activité dans la suppression de plusieurs monastères, dont ce cardinal employa les revenus à la dotation de deux colléees de son nom. Lors de la révolte du comte de Kildare , Thomas Fitz-Gérard , (ils de ce comte, n'ayant pu obliger AHen , devenu son prisonnier, à Héchir le genou devant lui, lui lit sauter la cervelle d'un coup de massue, le 28 juillet 1534 i ce prélat étant alors âgé de JÎ8 ans. Le lieu où arriva ce meurtre fut entouré de haies, et soustrait à tonte espèce d'usage. Le peuple regarda la lin tragique d'Allen comme une punition rlu ciel , pour avoir détruit quarante monastères, et les malheurs qui fondirent depuis sur la famille des Fitz- Gérard, comme une autre punition, |wur la cruauté de Thomas en cette occasion. Allen était un savant canoniste; on a de lui : (° Epistola de Pallii significalione activa et patsira; 2" de Consuetudinibus ne êlaluti* intuitionis l'.ausis observandis, T — D.

ALLEN (Thom ksi , historien anglais. Il a publié plusieurs ouvrages dont voici les titres : (* Ihr History of antiquities of tlie Pariait of Lambeth and the archiépiscopal jtalace in the counly ofSurrey, ineluding biographieal sketches of the most eminenl persanes tcho hare been born , or haïr rcsided therc fram the earliest period to 18245; 2° the History and antiquities of London , Westminster, Sotilhicart, and parts adjacent ; 3" a netc and complète History of the eminty of York, illustraient trith engravings; A* a netc and complète History ofthe cnunty ofSurrey, illuslrated by a série of vincs ; 5" the same irork trith the addition of some parts ofthe rounty of Susse.r, illuslrated by teietes : 6° the Panorama of Ixtndon and visitors pocket compttnion in a tour thrmigh the melropolis—'lZ plates ; a History of the rounty of IJncoln ; 8" a guide to the soologictd Gartlrns. Thomas Allen est mort en (837, dans un âge peu avancé. Y.

ALLEON-DLLAC (Jean-Louis ) , avocat, né à Lyon, quitta le ban-eau, et prit la place de directeur de la poste aux lettres à St-Elienne en Forer, pour pouvoir s'adonner à l'étude de l'histoire naturelle. Il est mort en (768. On a de lui : 1 • Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des provinces du Lyonnais, Fores et Beaujolais. Lyon, (TH.*», 2 vol. petit in-8"; 2" Mélanges d'Histoire naturelle, (702, S vol. petit in-8°, réimprimés en 1765, 6 vol. petit tn-8\ A. Il — t.

ALLEFASTAIN, nu HALLERSTA1N (le Père) , jésuite allemand et missionnaire à la Chine. Ses , mathématiques et ses talents pour I'asle tirent appeler à la codr «le Pékin , où il

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louug. Il fut crée mandarin, et nomme président uu trilamal des mathémalit|Ui>s , jwste qu'il omqia longtemps à la satisfaction du souverain. Nous lui de\ons un dénombrement des habitants de chaque province de la Chine . |»our la 2ôc et la 26' année du régne de khian-loung|l760ct 1761). Il obtint ces étals de population du Heou pou (tribunal de fermes) , et les traduisit lui-même du chinois. L'original et la traduction furent revus m Europe, en (771». La politique des conquérants tatars a depuis supprime ces dénombrements. ou , du moins, empêché leur publicité, dans la crainte qu'ils ne révélassent aux Chinois le secret de leurs forces. Cette pièce est d'autant plus précieuse , qu'elle confirme tous les calculs du célèbre missionnaire Amiot , et donne la preuve de l'augmentation progressive de la pop dation chinoise. L'an 15 du régne de Khian-luung, la population était de IÎM>,837,t»77amcs. et, dans l'année*», elles'éleva a IÎW.214.625. l*e dénombrement procure par le P. Allerstain se trouve inséré dans la Description générale de la Chine, p. 283 de ledit, in-4"; et t. ( , p. '.20 de l'édit in-S". On n'a |«as la date précise de la mort de ce missionnaire; mais il avait cessé de vivre en 1777. G— n.

ALLESTIIY (Rîchaho), théologien anglais, né en (619 à I ppington, dans le comté de Slirop, étudiait avec distinction à Oxford, lorsque les tn-ubles delà guerre civile engagèrent la plupart des éle\ es de l'universitéà prendre les armes pourCharlesl'r. \lle>tryse montra aussi ardent pour acquérir des oom naissance* que pour défendre la cause royale, et on le vit souvent tenant son fusil d'une main et un livre de l'autre. 11 avait repris ses éludes, lorsqu'un détachement de l'armée républicaine entra dans Oxford pour piller les collèges, (juchpies soldats se portèrent dans |'a|»partement du doyen, où ils rassemlrfèrent tout ce qui s'y trouvait de plus précieux, et le renfermèrent dans une chambre dont ils cnqiortèrent la clef. Allestry, qui les avait observés, trouva moyen d'entrer dans la chambre où était renferme le butin, s'en empara, et alla le cacher ailleurs. Les pillards étant revenus, et se trouvant frustrés de leur proie, se seraient vengés cruellement d'AilesIry, si un ordre imprévu n'avait rappelé le détachement à l'année. Allestry reprit de nouveau les armes, et se tn»uvn à la bataille de Keinton-Field, dans le comté de YVanvick. En retournant à Oxford, il fut fait prisonnier par un parti de républicains, et conduit à Hroughton-House; mais il fut bientôt délivré par un corps de royalistes qui chassa de ce poste les républicains. Oxford étant de nouveau tranquille, il n'pril la robe et les exercices du collège; mais il y fut atteint d'une maladie pestilentielle qui faisait de grands ravages dans cette ville , et qui mit sa vie dan* le danger le plus imminent. A peine était-il rétaWi , qu'il fut obligé de s'armer une troisième fois pour la défense de son roi : il s'enrôla dans un régiment de volontaires, compost1 d'étudiants d'Oxford qui servaient sans paye, et qui, sans autres motifs que leurs principes politiques, se soumettaient gaiement aux dangers et aux fatigues du service militaire. Il ne quitta les armes qu'après le triomphe du parti

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républicain , et ce fut alors qu'il entra dans les ordres, quoique le dévouement avec lequel il avait combattu pour la cause «lu roi contre la fai t ion dominante ne lui laissât aucune espérance d'avancement dans la carrière ecclésiastique; toujours (idèle aux mêmes principes, il signa le fameux décret rendu par l'université contre la ligue solennelle et contre le covenant. Il fut en conséquence chassé d'Oxford, ainsi que tous les membres de l'université qui avaient signe le même acte. Pendant la persécution exercée contre les royalistes, Allestry trouva une retraite paisible chez plusieurs famille,-, respectables, dont il mérita l'estime et l'amitié. Ses talents et ses principes inspirèrent une telle confiance aux partisans de la famille royale, qu'il fut employé d.ms des négociations secrètes |wur remettre Charles 1! sur ie trône. Après la restauration, Allestry revint à Oxford, où il prit le degré de docteur en théologie; le roi le nomma prévôt du collège d'Éton, place lucrative, main dont il employa les émoluments en bienfaits et en travaux utiles au collège. 11 mourut en IC8I, laissant quarante sermons, imprimes in-fol. à Oxford, en 1081, et une réputation de talents et de lumières, de courage et de vertu , qui a survécu à ses ouvrages. S— 1>.

ALLETZ (Pons-Al'clstix), né à Monlpeilier en 1703, est mort à Paris, le 7 mars 1785, à l'âge de 8*2 ans. Après avoir été quelque temps dans la congrégation de l'Oratoire, il exerça la profession d'a\ oc.it, qu'il abandonna bientôt pour s'adonner entièrement à la littérature. Ses nombreux travaux sont presque tous des compilations utiles ; il en est même quelquesunes qui méritent d'être distinguées. Nous citerons : 1° Précis de l'histoire sacrée , par demande* et par réponses, 1747, 1781, 1800, in-12; 2> Modèles d'éloquence, ou les Traits brillants des orateurs français les plus célèbres , 1753, I7-S9, in-12 ; 5» Fs~ cerpta e Cornelio Tarito, 1750, in-12, onvrage qui fut longtemps ad usum scholarum , et (pie l'on a reproduit dernièrement avec quelques changements, san» en faire honneur a Allctz, in Dictionnaire pu tatif des conciles, 1738, in-8"; 5° l'Agronome , ou Dictionnaire portatif du cultivateur, 2 vol. in-81, 1780, 1764, 1790, etc. ; 6° Selecta- Fabula- erlibris Metamorphoseon Ocidii Nasonis , 1762, in-12, trèssouvent réimprimé; 7* Abrégé de l'histoire grecque, 1763, 1774, in-12; cet ouvrage fut traduit en anglais, en 1769; en polonais, en 1 77.3 ; en allemand, en 1776 ; 8° P Esprit des Journalistes de Trécou.r , 1771, 4 vol. in-12; 9° Y Esprit des Journalistes de Hollande les plus célèbres, 1777, 2 vol. in-12; 10° l'Albert tnoderne , ou Nouveaux Secrets éprouvés cl licites, 1768, 1769, 1781, in-12, réimprimés depuis en 2 vol. in-8°; 11" Victoires mémorables des Français, 1734, 2 vol. in-12; \F Histoire abrégée des Papes, depuis St. Pierre jusqu'à Clément VIII, 1776, 2 vol. in-12, ouvrage assez superficiel ; 13" Tableau de l'Histoire de France, 2 vol. in-12, 1766, 1769, 1784 ; 14" Cérémonial du sacre des rois de France, 177.», in-8°; 15" les Ornements de la mémoire, ou les Traits brillants des poètes français les plus célèbres , 4749, in-12. Ce livre, réimprimé souvent , a été reproduit sous le titre de Petit Cours de littérature,

1801, in-8°. M. le Texier, qui publia Pouvrage sous ce dernier litre et sous son nom , n'a eu d'autre mérite que de donner une édition cxtraordinairement incorrecte. Les libraires Capelle et Benand ont publié, en 1808, nue nouvelle édition des Ornements de la mémoire, 1 vol. in-12, en tête duquel on trouve la liste des ouvrages d'Allett. Celte édition est préférable à toutes les autres, même À celles qui ont été publiées par Allctz lui-même, parce qu'elle est faite avec beaucoup de soin ; les citations y sont exactes, et les erreurs rectifiées. D— m— t.

AI.LEY Guu.ai.mk) , prélat anglais du 16* siècle, né à Great-VV yeomb, dans le comté de lhickingham. Son zèle pour la religion réformée l'obligea, sous le régne de la reine Marie, d'aller chercher un asile dans le nord de l'Angleterre ; la, il se livra, pour subsister, à la pratique de la médecine et à l'instruction de la jeunesse. I /avènement d'Elisabeth le rappela à l.ondres, où il se lit connaître lui ses leçons de théologie. H fut nommé évêque d'Excter en 1560. Alley est auteur : 1° d'uti recueil intitulé la Bibliothèque du Pauvre, en 2 vol. in-fol. : ce sont douze discours qu'il avait prononcés «Unis l'église de Sl-Paul, sur la première Épilre de St. Pierre; 2° d'une grammaire hébraïque; 3- de la traduction du Pcntateutptc, dans uue version tic la bible entreprise par ordre de la reine Elisabeth, et de quelques autres écrits. Il mourut le 15 avril 1507. X— n.

ALLEYN ( Édoi Aiti) ), le plus célèbre acteur du théâtre anglais, sous les règnes de la reine Elisabeth et du roi Jacques 1er, naquit a Londres le l*' septembre 1566. Son père avait une fortune aisée et |K>uvait lui donner une bonne éducation; mais le goût du jeune Alleyn l'eloiguait de tonte occupation sérieuse : une mémoire facile et sûre, nne éJocution douce et coulante, un génie flexible, une ligure agréable, un maintien et une taille avantageuse, étaient de grandes disi>osilinns pour le théâtre. 11 embrassa cette profession , et jouissait dés 1592 de la réputation d'un acteur ditfincue. Modulant sa voix et pliant ses gestes à toutes sortes de caractères, il avait l'art de dérober aux spectateurs les défaut* des auteurs, d'exprimer les sentiments de ses personnages avec une vérité qui les faisait passer dans l'amc des s|iectateurs ; eniin il [toussa l'art dramatique a un degré «le perfection inconnu jusqu'alors. Alleyn occupait les princi|>aux rôles dans les pièces tic Shakspeaie et de lieu Johnson ; mais, fournie on n'était pas alors dans l'usage d'imprimer les noms des acteurs à cote des personnages qu'ils représentaient, on ne peut lias savoir au juste quels sont ceux que jouait Alleyn dans les pièces de ces deux grands ••octes. Alleyn n'est pas moins connu en Angleterre par Ut fondation qu'il lit du collège ou hôpital de Lhdvrieh, dans le comté deSurry, à deux lieues de Loudres, que par son rare talent de comédien. Son père lui avait laissé une assez ltelle fortune ; il était propriétaire d'un théâtre, où il attirait un très-grand concours; il était gardien j de la ménagerie royale, ce qui lui procurait 500 li- I vres sterling de revenu; il eut trois femmes.

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mortes sans enfants, dont le douaire lui resta. Il se trouva alors assez riche pour faire construire cet établissement, dont InigoJones fut l'architecte, en 1617 : l'édifice seul lui coûta 10,000 livres sterling, et il y attadia des fonds du produit de 8,00 1 livres de rente, pour l'entretien d'un supérieur, un gardien, quatre maîtres, six hommes pauvres , autant de femmes, douze enfants de l'âge de quatre à six ans, qui y étaient élevés jusqu'à quatorze et seize ans. Il voulut en être le premier pauvre, et y |*ssa le reste de sa vie, se soumettant exactement a toutes les régies de la maison, qu'il avait rédigées luimême; il y mourut le 25 novembre 1620. On prétend que, représentant un jour le diable, dans une tragédie , il crut le voir réellement devant lui ; que ce spectacle l'effraya, et lui fit faire le vœu d'ériger l'établissement en question, pour réparer tous les scandales qu'il pouvait avoir donnés dans sa profession. O qu'il y a de certain, c'est qu'il passa les dernières années de sa vie dans les exercices de piété. Son établissement subsiste encore, et il a même été augmenté. ï— D.

ALLEYN. Voyez Allen.

ALLIER (ClaUDB), prieur-curé de Chambonas, près d'Lzés, un des agents principaux du rassemblement royaliste qui se forma en 1700 dans un village voisin de la ville de Puy en Velay, et qui fut connu sous le nom de camp de Jules, décrété d'accusation par l'assemblée législative, le 18 juillet 1792, fut condamné à mort, ie 5 septembre 1793, par le tribunal criminel du département de la Lozère, et exécuté à Mcnde. — Un autre Allieh (Dominifjue), aussi chef du camp de Jalès, mis en accusation avec le précédent, parvint à s'évader, et se rendit à Coblentz, auprès des princes. Il revint ensuite dans les dé|iartcments méridionaux, jiour y opérer quelque soulèvement; et, après diverses tentatives infructueuses, il fut arrêté et exécuté en novembre 1798. N— fc.

ALLIEIl (Lons), numismate et antiquaire, connu dans ses dernières années sous le surnom de Halteroche, qu'il avait ajouté et qu'il linit par substituer à son propre nom, naquit à Lvon en 1706. 11 n'était point issu d'une famille noble, comme on l'a dit dans les articles nécrologiques publiés depuis sa mort, mais de parents négociants. Son père et son frère périrent, en 1793, dans les mitraillades qui signalèrent les fureurs de Collot d'Herbois. Echappé à ce désa-tre, Allier vint se réfugier à l'aris avec une de ses sirurs, mariée à Duplain, imprimeur et éditeur d'un journal d'opposition, lequel n avait évité la mort à Lyon que j>nur la subir a Paris sur l'échafaud juin 1794). Une autre sœur d'Allier avait épousé Boulouvard, ancien négociant d'Arles, partisan des idées républicaines et frère d'un député à l'assemblée constituante. Allier venait d'obtenir un emploi dans l'agence des hôpitaux militaires, à l'é|>oquc où Boulouvard devint cher du bureau des consulats au ministère des relations extérieures. Ce fut par les bons offices de son beau-frère qu'Allier fut nommé, le 3 fivrier 1795, sous-directeur de l'imprimerie française à Constantinople.

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Cette sinécure lui laissa le. temps de se livrer à son goût pour l'archéologie, l'histoire naturelle et la botanique. En mars 1797, sur la demande de l'ambassadeur Aubert du Bayct. il fut nommé directeur de la même imprimerie, avec un traitement de 5,000 francs, sans avoir plus de besogne. Il fit alors un voyage dans la Troade, l'Altiquc et les lies de l'Archipel, et commença sa collection «le médailles. Informé de l'expédition d'Egypte par son beaufrère, qui en avait donné le plan, et témoin du fâcheux efTet qu'elle avait produit à Constantinople, il prévit une rupture et les malheurs qui allaient accabler les Français établis en Turquie. Alléguant la stagnation de l'imprimerie française pendant l'été, il sollicita un congé pour un second voyage scientifique dans les parties de l'Asie Mineure et les lies qu'il n'avait pu visiter l'année précédente; et, Tayanl sans |>ciue obtenu du chargé d'affaires Ruffin, il quitta Constantinople le 11 juin 1798. muni de lettres de recommandation pour les agents français dans toutes les rades et Iles où il devait relâcher. II s'embarqua sur un navire grec pour Candie, d'où il se rendit à Alexandrie ; il y trouva sou neveu Boulouvard, qui était venu en Egypte avec l'armée française en qualité de secrétaire de l'exconsul Magalon. Après avoir exploré celte terre classique durant cinq mois, Allier revenait eu France, lorsque le bâtiment qui le portait fut pris par une frégate russe à la hauteur de Céphalonie. RcUché sur iwrole au bout de soixante jours, il arriva à Paris en juin 1799. Comme sa place avait été supprimée par cessation de relations avec la Turquie, il en sollicita une autre. Mais ce ne fat que le 10 septembre 1892 qu'il fut uommé au vice-consulat d'Héracléc, sur la mer Noire, créé en sa faveur, non pour protéger le commerce, dout il s'était toujours fort peu occupé, mais pour lui faciliter les moyens de se livrer aux recherches archéologiques sa collection numismatique. Aussi était-il eucorTTCo1ls^l',i0P1« mois d'août 1803, et deux ans après il revint à nfkLpe mt de là qu'il adressa à l'académie des inscription^" 1}j66> le dessin d'un mur de construction cvcU

qu'il a* ait trouvé dans l'Ile de Delos. Allier %

nua de toucher la moitié de son traitement à Paris jusqu'en 1813, où le vice-consulat d'Héracléc fut supprimé par raison d'économie. 11 resta alors en dtsiKuiibililéavec 1,800 francs d'indemnité annuelle, qui fut sus|»cndue, lorsqu'en 1813 il partit avec M. Félix de Beaujour, qui venait d'être nommé consul gênerai à Smyrne, et peu après inspecteui général des consulats français au Levant (1 j. Ce fut par arrêté de M. de Beaujour, du 1er octobre 1816, qu'Allier fut envoyé pour gérer pendant quelques mois le vice-consulat de l ile de Cos; et, en 1817, il

(•) AJNCf, dans relie mission, ne fui r«r\elu d'aucun taraeiérr dauruii litre officiel. ]| panll uiftne M„ expâirbiioo fut ocra*lotinre par une action peu honorable où l'entraîna >j utssioa pour la numismatique et |*>ur les pièces rares, ei dont la «ter ouverte I avait oblige «le consentir a un échange qui. dit-on, répara avantageusement le préjudice qu'il a»ail cwé au cabinet dantiqutléj de la bibliothèque royale. Il a depuis expié sa faute. A-r

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accompagna son ami dans son inspection des échelles du Levant. De retour à Paris, il reçut une légère indemnité, -et fut reporté sur les étals du ministère avec son traitement de 1.800 francs. Alors il s'occupa de classer et de décrire sa collection de médailles grecques, la plus belle qu'aucun particulier ait jamais formée. Il se pro|iosait de la publier, et dans ce but il en avait déjà fait graver quelques planches, lorsqu'il mourut a Paris, au mois de novembre 1827, à l'Age de 61 ans. Il léima, |«r son testament, au cabinet du roi. la tessére syrienne dont il avait précédemment donné la description , et une médaille en or de Persée, roi de Macédoine, regardée jusqu'ici comme unique. Il fonda en outre un prix de 400 francs pour l'ouvrage de numismatique publié chaque année et jugé le meilleur par l'académie des inscriptions. On a d'Allier quelques opuscules pleins d'érudition qu'il composa pour les sociétés littcrairesdont il était membre I : \a Essai sur l'explication d'une Insère antique porlunt Jeux daim, et Conjectures sur l'ère de Bérylhe, en Phi ■ nicie; Paris, 1820, in-4°. 2° Notice sur la courtisane Saplw, née à Eréms dans l'île de Lcsbos, lue à la société asiatique ; ibid.. 1822, in-8° L'auteur en a donné lui-même l'analyse dans la Biographie universelle. {Vay. Svpiio.) 3" Mémoire sur une médaille-anecdote de Palèmon \", roi de Pont, inséré dans le recueil de la sociéu1 d'émulation de Cambray, année 1825. Il en a été tiré des exemplaires à part. 4U Quelques articles de numismates, dans le dernier volume de la Biographie universelle. La Description du cabinet de médailles d'Allier a été publiée par H. Dumersan, avec des notes archéologiques, Paris, 1820, in-4", 10 pl. Diverses notices peu exactes sur ce numismate se trouvent dans le Moniteur du 20 décembre 1S27; dans la Hevue enrgrlopédit/ne, par M. Solange llodin, t. 30, p. 857 ", et dans le Bulletin des sciences historiques, février 1828, par M. Chauipollion, qui la désavoue. Allier avait désiré que sa collection ne fût pas divisée et ne sortit pas de France : ses va ux n'ont été exaucés qu'en partie. Elle contenait plus de cinq mille pièces, dont trois cent vingt-cinq en or, et il n'y eu avait que vingt et une de fausses. On y trouvait une quarantaine de villes nouvelles pour la géographie numismatique. Elle a été vendue 80,000 francs à M. Rollin, cliangeur au Palais-Royal, et la bibliothèque du roi en a acheté de lui |K>ur environ 20,000 francs. A— T et VV— s.

ALLIONI (Charles), médecin piémoutais et professeur de botanique à l'université de Turin, naquit en 1725, et mourut en 1804, dans sa 79* année. Ses vastes connaissances l'avaient fait agréger à beaucoup de sociétés savantes, telles que l'institut de Pologne, les sociétés royales de Montpellier, de Londres, de Gocltingue, de Madrid, etc. Il est auteur de plusieurs bons ouvrages sur la botanique, la médecine et l'histoire naturelle, dont voici la liste : 1° Pedemontii stirpium rariorum Spécimen primum; Au-

(t) Il était de l'jrad.-mie .1.; Martrille et de U «oclctc dVinul»lion de Uambrsy. Membre smihripiew de la société asiatique de Pari* depuis IWÎ, il s'en tlail retiré en t«J6. A-r.

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gustw Taurinorum, 1755, in- 4% avec 12 planche»;

cet ouvrage contient la description et les figures de 50 plantes nouvelles, ou très-peu connues, dont la plupart sont indigènes des montagnes du Piémont. 2" Oryctographia Pedemontanœ Spécimen, Parisiis, 1757, in- 8°; l'auteur décrit dans cet ouvrage les fossiles qu'il avait observés dans le Piémont, etdonue une idée de ses connaissances dans la Réologie el l'oryctographie. 3° Tractalio de miliarium origine , progrtssu, natura et curatione; Augustct Taurinorum, 1758, in-8" ; ouvrage de médecine fort estimé. 4° Slirpium prœcipuarum littoris et agri Xicaensis Enumeralio methodica, cum elencho aliquot animalium ejusdem maris; Parisiis, 1737. in-8°; cet ouvrage est souveut cité par les naturalistes , sous le litre abrégé û'Enumeratio stirpium Xicaensis. La plus grande partie des matériaux qui le composent avait tté rassemblée par Jean Giudice, botaniste de Nice, et ami d'Allioni. Celui-ci, dépositaire des |«piers de Giudice, après sa morl, les a mis en ordre, et a rangé les piaules suivant la méthode de Ludwig. Il rapporte, pour chaque espèce, la dénomination, ou la phrase de divers auteurs, surtout de G. Baubin, de Tourneforl et de Linné. Les animaux, dont il traite à la lin du volume, se réduisent à quelques espèces de sèches, d'étoiles de mer, d'oursins et de crabes. Ce livre est une esquisse de la Flore de i\icc, qui diffère peu de celle de la Provence. 5° Synopsis methodica horli Taurinensit, Taurini , 1702, in-4". C'est le tableau méthodique de toutes les plantes qui étaient cultivées dans le jardin de botanique de Turin : elles sont divisées en Ireixe classes. La méthode d'Allioni ne diffère de celle de Rivin que parce qu'il ne considère pas la régularité ou l'irrégularité de la corolle. Les sections qui divisent les classes sont tirées du système sexuel de Linné. 0° Flora Pedrmonlaïui . sire Enumeralio methodica stirpium indigenarum Pedemonlii; Auguslœ Taurinorum, 1785, 3 vol. in -fol. Iteus les deux premiers volumes, l'auteur donne la notice et les synonymes de 2.800 plantes, distribuées en douze classes , qui sont fondées sur la forme de la corolle ou le nombre des pétales; les sections sont établies, en général, sur la considération du fruil, sous le rapport du nombre, de la forme el de la structure ; le troisième volume contient un abrégé des éléments de lH)lauii|ue, et 92 planches, renfermant les figures de 257 espèces : elles sont bien dessinées et exactes. Les dessius originaux sont déposés au musée de Turin ; à chaque espèce, Allioni indique le lieu natal, la nature du sol , et le nom vulgaire qu'on lui donne dans les divers idiomes des provinces du Piémont. 11 cite avec reconnaissance tous les totanistes qui lui ont communiqué leurs travaux, ou qui l'ont aidé dans ses rcclierches ; possédant toutes les parties de la physique moderne, il traite de la matière médicale en savant médecin, mais d'une manière qui lui est particulière ; ce qu'il dit des propriétés des plantes est le résultat de l'expérience d'un praticien éclairé el d'un grand observateur. La Flore du Piémont est, de tous les ouvrages d'Allioni, le plus important par son sujet, el le plus considérable

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par son étendue; la partie typographique en est belle el très-soignée ; sa distribution a de la ressemblance avec celle de l'Histoire des plante» de la Suit*, de Haller, qu'il estimait beaucoup, et avec qui il avait entretenu une eurres|H>ndanre. jusqu'à sa mort. 7° Aucluarium ati Flora Ptdemontana, Taun'ni, 1789, tab. 2; cet ouvrage renferme les additions et les corrections que l'auteur a faites à la Flore du Piémont, et les plantes qui ont été découvertes depuis sa publication. Pendant sa longue carrière, Allioni a publié plusieurs mémoires qui sont insérés dans \es Mélanges de l'académie de Turin. S" Faseiculus ttirpium Sardiniw in diœersi Calaris lertarum a M. Ant. Plazsu ( Miseellan. Taurin., t. 1). C'est un cahier de plantes recueillies dans le diocèse de Cagliari, capitale de la Sardaigne, par M. Ant. Plazza. 9* Ftarula (orsica, a Félix Y aile , édita a l'arol. Altiono [Miseellan. Taurin., t. 2). C'est l'esquisse d'une Flore de l'Ile de Corse, faite par Félix Yalle, rédigée et publiée |wr Allioni. Il y en a une seconde édition, qui est augmentée des écrits de J aussi n. par Nicolas-Laurent Burin mn, insérée dans les Nouveaux Arles de l'aradémir des curieux de la nature, t. 4. Allioni doit être placé parmi les liotanistes du second ordre nui ont fait faire des progrès à la science, en ajoutant un |K>tit nombre de plantes à celles qui étaient déjà connues. I.ocflling lui a consacré un genre, sous le nom d'Allionie. Linné l'a adopté ; il est de la famille îles dipsneécs. I>— 1'- s.

ALLIOT ( Pikhke ) , médecin , né à Bar* le- Duc. se lit une, réputation par un prétendu spécifique contre le cancer. Il en lit vainement l'essai sur la reine Anne d'Autriche, mère de l/mis XIV. Son fils Jean- Baptiste, el son pelit-lils Boni. Hyacinthe, soutinrent cette découverte qui. selon Huiler, consistait en une préparation arsenicale. Piètre Alliot fut nommé médecin ordinaire de Louis XIV. fous les trois ont écrit sur la maladie qui fut l'objet principal de leurs observations, tt contre laquelle la nié— | decinc n'a encore trouvé de remède que l'extirpation, ou la destruction de la partie attaquée par le moyen d'un caustique. C'est, en effet, de cette manière qu'agissait le remède des Alliot, que quelques médecins emploient encore avec succès, mais qui, entre les mains des charlatans et des ignorants, a produit de grands maux ; car il ne p"iit être eflicace que lorsque le mal attaque une partie si |>etite et si exactement isolée, que toute sa sphère .soit entièrement embrassée dans le mouvement que détermine , le caustique appliqué extérieurement : bots ce cas, celte application ne Tait que hâter le mal. et peut déterminer de plus grands accidents, par l'alisorptiou inévitable, pendant le contact , d'une certaine quantité d'arsenic. — I n autre polit-hls de Pierre Alliot fut eliargé de l'administration de la maison du roi de Pologne Stanislas, à Nancy, et publia divers mémoires sur cette, jwrlie. C. et A — n.

ALLIX ( Pierre), né en 1041. à Alem on, d'un ministre protestant qui, après l'avoir dirigé dans ses premières études, l'envoya faire ses exercices académiques a Saumur, puis a Sedan , où il se distingua, dès l'âge de du-neuf ans, par des thèses Ihéo-

logiques sur le jugement dernier. Il n'en sortit que IHitir être ministre à St-Agobilc en Champagne. L'idée qu'il axait donnée de son mérite le lit appeler, en 1070. à CliaienUm, pOUX succéder dans le ministère au savant Daiilé ; il y travailla, avec le fameux Claude, à une nouvelle version française de la Bible. Iji révocation de l edit de Nantes l'obligea de se réfugier eu Angleterre avec sa famille. Il y fmida une Fglise française conformiste, ou du rit anglican. Fn I0!M), le docteur Buiiict, évèquc île Sarislwry, lui donna un canonieat et la trésorerie de sa cathédrale : les universités d'Oxford et de Cambridge se l'agrégèrent en qualité de docteur honoraire. Il termina sa carrière à Londres, le mars 1717. C'était un homme d'une reste érudition, qui possédait parfaitement le grec, rhébreu, le syriaque et le chaldéen. Il était très zélé pour son parti, et avait pris beaucoup de peine, fait beaucoup de démarches inutiles auprès des ministres de Hollande, de Genève et de Berlin, pour lâcher d'opérer une réunion do toutes les églises protestantes, surtout des deux principales sectes de Luther et de Calvin. Il n'a point donné au publie de ces grands ouvrages qui lixenl un rang particulier à leurs auteurs dans les lettres; mais nous avons de lui un nombre de productions qui fout honneur à son profond savoir dans le» sciences e< léstastique. Ou peut voir, dans le tome .»4 des Mémoires de Nicoron, la liste de ces ouvrages, dont les principaux sont tu Réflexion» critiques et thëologlqves tur la ennlrovertt de l'Église, \i)m\. 2" Réflexion» sur tous les Hcrcs de l' Ancien et du Nouveau Testament, Amsterdam, 1589, 2 vol. int>°, ouvrage judicieux, instructif, mais mal écrit et sans méthode. S* Défense de» Pércs , etc., Jugement de l'ancienne Eglise judaïque contre les unitaires, Londres, 1009, in-S°, et plusieurs autres savants écrits contre les sonnions, les nouveaux ariens, spécialement contre Nyc, Bodvvcl, Whiston. 1" Remarques sur l'Histoire ecclésiastique des Églises du Piémont et de* Albigcni*, UWO et 1092, en anglais, iu-4° : il y fait ses efforts pour prouver, contre Bossuet, que ces Fglises n'ont itoint été entachées de manichéisme; que, depuis I s apôtres jusqu'au Ci* siècle, elles se sont conservées dans l'indépendance de l'FglisC romaine, dans la profession constante de la pure doctrine de l'Kvangile, et qu'elles ont eu une succession non interrompue de vrais ministres . son but est de donner une origine et une tradition apostolique à la nouvelle réforme. .'»" Traduction du livre de I!atratnne, du Corps et du Sang de Jésus-Christ, avec une dissertation pour montrer que les sentiments de cet auteur sont contraires au dogme catholique. (Voy. Jacques Boilkm . C'est dans les mêmes vues qu'Allix lit imprimera Londres, en I08t;, sur un manuscrit de la bibliothèque de Si- Victor, qui lui avait été envoyé par l'abbé de Longuertie, l'ouvrage de Jean de Paris, dominicain, intitule : de Modo existendi carporis Christi in sacramento alturis, alio quain sit ilte quem tend Ecclesia, etc. ; cet ouvrage a en tête une préface historique, où l'éditeur veut prouver que la doctrine de la transsubstantiation n'était pas regardée dans l'Fglise comme un arUcle de foi

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avant le concile de Trente. C'est encore dans le même dessein qu'il lit imprimer en même temps un petit livre , attribue également a l'abbé de Longuerue, intitulé : Traite d'un auteur de la cmnmunion romaine touchant l>t transsubstantiation , où t'/ fait voir que, lefoN kl principes de son Église, ce dogme ne peu! fin Vfl article de foi. fi" Des dissertations, en latin, sur le sang de Jésus-Christ; sur l'année et le mois de la naissance de Jésus-Christ ; sur l'origine du Trisagion ; sur la vie et les éerits de Tertullien ; sur le double avènement du Messie ; sur la pénitence cl l'intention du ministre dans l'administration des sacrements ; sur le droit de soumettre i un nouvel examen les décisions des conciles, etc. 7° Quelques écrits en fnvmr de la révolution d'Angleterre, dont l'un rsl intitule : F.ramen des scrupules de ceux qui refusent de foire le serment de fidélité". Londres, lltSI). in {". T— D.

ALLIX (Pierre), avocat au parlement de Paris a\ant la révolution, devint juge au tribunal du premier arrondissement de la capitale en I7ÎM. Effrayé des excès révolutionnaires et poursuivi vins cesse de celte crainte, il mourut subit. ment â l'audience, en 17!KS, au moment où il rendait compte d'une affaire, comme rapporteur. Il s'était fait connaître par quelques pièces fugitive* insérées dans YAlmanach des Muses et le Mercure de France, et surtout |>ar un popme en quatre chants, intitulé les Quatre Ages de l'homme, Paris, I7K.3, in- 12; SP édition augmentée, Paris, Moutard. I7SÎ, in-IK. Si l'invention et la verve poétiques ne brillent pas dans cet ouvrage, il y règne du moins cette douce sensihilité qui ne remplace pas le talent, mais qui en lait oublier ou pardonner l'absence. Carrément de quelques tableaux, la facilité de la versification et la pureté de la morale, rendent ce poêiii" bien préférable à beaucoup d'autres du même genre qui ont obtenu plus de réputation. L—Mr-X.

ALLORI (Alessandro), dit i.r. Riionzino, né à Florence en 1535, resta orphelin à l';'i:re de cinq ans; ion oncle, Angelo Rronzino, le recueillit, et lui donna les éléments du dessin. Il composa, ù dixsept ans, un tableau digne d'être placé dans la chapelle d'Alexandre de Médicis. Peu de temps après il alla à Rome, où il se perfectionna par l'étude de l'antique et des ouvrages de Michel- Ange. De retour dans sa patrie, il" y lit un grand nombre de peintures de différents genres, telles que portraits, tableaux d'église, sujets tirés de la fable, de YOdyssée, et même de la Batrachomyomnchie d'Homère; il travailla a fresque, en détrempe, à l'huile, et dessina des cartons jiour des tapisseries que faisait exécuter le grand-duc François. Il était laborieux, expéditif, et très-scrupuleux sur la théorie de son art. Savant dans l'anatomic et grand imitateur «le Michel-Ange, il estimait plus le dessin que la couleur; aussi ses ouvrages ont-ils, en général, peu de vérité et de délicatesse dans le coloris. 11 faut en excepter cependant quelques tableaux de chevalet , qu'on admire dans les galeries de Rome, et surtout le Sacrifice <f Abraham, du musée de Florence, qui, pour la couleur, est digne de l'école flamande. La Femme ctdul-

1ère, qu'il a peinte dans une des chapelles de l'église du St-F-sprit, prouve aussi qu'Allori ne manquait ni d'invention ni d'expression ; enlin, il a excellé dans les portraits. On prétend qu'il composa des poésies burlesques, et un Dialogue sur le* principes du dessin, orné de figures. Ce dernier ouvrage, que l'Orlandi assure avoir été imprimé en to90, est perdu. Raldinucci et Borgbini en ont vu seulement quelques fragments manuscrits. Allori mourut en t607, âgé de 72 ans. C— N.

ALLORI (CfimOFANO), fils du précédent, né a Florence, en 1577. Quoiqu'élève de son père, il ne partagea pas son admiration pour la manière de Michel-Ange, et sortit de chez lui pour étudier sous la direction du Cigoli. Son premier tableau étonna son maitre, qui s'avoua vaincu. Mécontent des modèles, qui ne rendaient point a son gré l'expression et le mouvement des figures de ses conq>ositinns. il posait lui-même, priait le l'agani, son ami, de des-

! siner sa |K>se , et terminait ensuite son tableau ; il se plaisait a faire des études de jKiysages d'après nature, et il exécuta de beaux ouvrages «le ce genre, qu'il ornait de petites figures bien touchées. On raconte, a l'«)ccasion de son fameux tableau «le Judith, qu'après avoir fait la ligure principale d'après sa maîtresse, nommée la Mazzafirra, ne trouvant point de modèle pour la tête d'Holopherne, il se laissa croître la barbe et les cheveux, et copia sa propre ficuTc. On cite aussi un tableau, représentant St. François, pour leipiel il tint un capucin pendant quinze jours, afin «le terminer un «vil. Il n'était jamais content de ses ouvrages , effaçait sans cesse , et souvent les gâtait à force «le chercher la perfection. Il avait l'esprit agréable, composait des vers badins, et excellait dans t«ms les exercions du corps. Ses ouvrages ont de l'expression, et ses figures beaucoup «le relief. Le tableau de St. Julien peut donner la mesure du talent de ce maitre, qui est, à juste titre . regardé comme l'un des meilleurs coloristes de l'école florentine. Il mourut a 42 ans, a la suite «l'une blessure au pied, qui s'aggrava a tel point, que l'amputation de cette partie pouvait seule lui sauver la vie ; mais il ne voulut point y consentir, et attendit la mort avec sérénité, en peignant de pelits tableaux jusqu'au dernier moment ; il laissa plusieurs élèves, dont le plus connu est César Dandini. Cristofano Allori est le dernier des trois habiles peintres «pii ont porté le surnom de Bronzino, et entre lesipiels on observe une espèce de gradation de talent, «pii peut servir à les caractériser. Angelo, h1 plus ancien , a suivi entièrement le goût de Michel-Ange, qui était celui du siècle où dominait l'étude «le la sculpture ; Alessandro s'est efforcé de tempérer, par un meilleur coloris, ce «pie ce style avait de «lur et d'exagéré ; Cristofano y renon<;a tout à fait pour adopter celui du Cigoli , le plus grand coloriste «le l'école florentin*. C — 5.

ALLO CETTE (François de l'), ea latin Alau- DAtfcs , bailli du comté de Vertus en Champagne, président de Sedan et maître des re«]uêtes, né A

I Vertus en t(J05, est représenté par Lacroix du Maine comme un homme docte èt langues et dt»

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mieux verset el plus curieux de l'histoire tant ancienne que moderne. Il sciait livre à des recherches sur nos origines et sur les langues gauloise el française. Les ouvrages qu'il coni|tosa sur ce sujet n'ont pas été publiés. L'un de ces traités a pour titre : de l'Origine des François, el ancienne exfraction d'iceux; des purs Gaulois seulement et non d'ailleurs. On connaît de lui : i" Traicté des nobles et des vertus dont ils sont formés, etc., arec une histoire et description généalogique de l'illustre et ancienne maison de Coucg. Paris, C>77, in-4*. 2° Généalogie de la très-illustre maison de l.amarrk, de laquelle est issu le comte de Maulèrrier, Paris, CW4, in-fol. 5° Des Maréchaux de France el principale charge d'iceux, Sedan, 1.»î)i, in-4". 4" l>es Affaires d' Estai, de finance , du prince, de la noltlesse, Paris, l.'i!>7, in-8°, et Metz, même année, in-4\ Les continuateurs de la Bibliothèque historique de la France prétendent que le P. Lclong s'est trompé en attribuant à François de l'Allouelte. bailli de Vertus, ces deux derniers ouvrages qui sont, disent-ils, du président «le l'Allouelte ; mais il est certain que le président et le bailli ne font qu'un. On trouve dans le premier livre du Traicté des nobles une indication qui confirme cette opinion : c'est que François dé l'Allouette avait communiqué au chancelier de l'Hôpital le projet d'un corps de droit français dont la première partie traitait de toutes les matières qui font l'objet du livre des Aff tires d'Estat. Ses vues pour la rédaction de toutes les coutumes en une seule, et la bonne administration de la justice, décèlent un magistrat qui avait mesuré toute l'étendue de ses devoirs. 5° Impostures d'impiété des fausses puissances et dominations attribuées à la lune et planètes , sur la naissance, vie , mœurs, etc., des hommes, Sedan, 1000, in-4\ 0 ' Juris civilis Romanorum et Gallorum nova et exquisita Tradilio, Sedan, 1604, in- 10. Lacroix du Maine lui attribue une Harangue ou Oraison funèbre pour deux excellents chevaliers, le maréchal Oudarl du Bits, tt le seigneur Jacques de Coucg son gendre, imprimée à Paris sous le nom de Jean Faluêl, Ki78. Les mêmes continuateurs du P. Lelong pensent que Lacroix du Maine a attribué mal à propos ce discours à François de l'Allouette. On peut concilier ces deux opinions en se rangeant, avec la Monnoie, à l'avis des PP. Quétif et Ecliard, qui, dans la Bibliothèque des écrivains de St-Dominique, reconnaissent que l'Allouette avait fourni les matériaux de l'oraison funèbre, et que Jean I aluël les mit en œuvre. François de l'Allouette mourut à Sedan en 1608. L.— m— x.

AL LOI ETTE (Ambroise et Fiu.\çois-Pmmppk t.'). Voyez Lm.loiette.

ALLUT (Jean), pseudonyme adopté par un écrivain fanatique du 18* siècle, qui n'est pas encore bien connu. Les savants rédacteurs du Catalogue de la bibliothèque Casanate conjecturent «pie ce masque est commun à Klie Marion, ainsi ipi'ù Cltarles Portalès et Nicolas Fatio, ses associés; mais Barbier, dans une note «le son Dictionnaire des anonymes , 2* édition , n« 4009, a démontré que Marion est le seul qui s'en soit servi. Élie Marion était de Barre,

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gros bourg «le la généralité «le Montpellier. A l'époque de la révocation de l edit de Nantes il se retira dans les Cévennes, dont il contribua beaucoup à soulever les habitants par ses prédications. Élu chef d'une petite troupe de camisards, il se «léfcndit pied a pied dans des montagnes dont il connaissait tous les passages. Mais enfin, pressé de toutes parts, il se rendit avec sa trouiic au maréchal «le Villars, le !» «ictobre 1705. Sur sa demande, il fut conduit a Genève, es»-oiié |»ar quelques dragons. De Genève, Marion coutimia «I • correspondra avec les chefs des révoltés, et d'entretenir parmi l«*s paysans le fanatisme qui leur faisait braver la mort. Se croyant dès cette époque inspiré du ciel, il écrivait : « Je puis protesu ter devant Dieu (pie h>s inspirations «pi'il lui a plu « de nous envoyer ont été nos lois et nos guides ; et « que, lorsqu'il nous esl arrivé des disgrâces, c'était « pour n'avoir pas oliéi ponctuellement à ce qu'elles « nous avaient commandé. » Il rentra bientôt dans les Cévennes , espérant qu'on ne larderait pas à recevoir des secours du roi «l'Angleterre. Trompé dans cette attente, il profita d'une nouvelle amnistie accordée aux révoltés qui se soumettraient, jiour se présenter au duc «le Bcrwick, qui le lit reconduire à Genève. Ayant perdu tout es|H>ir de rallumer la guerre dans les Gévennes, il se ren«lil a Londres en 1706, avec quehpics autres fanali«|ucs qui ne l'avaient point abandonné dans l'exil. A son arrivée, il loua, dans un des «piartiers les moins fréquentes de Londres, un moilestc appartement ou il se mit à débiter, en présence de quelques auditeurs séduits d'avance, les folies qu'il donnait pour des Inspirations. I-i foule accourut bientôt pour entendre le nouveau prophète. Obligé de choisir un plus grantl théâtre , il s'associa trois autres fanatiques, Nicolas Fatio, Jean Daudé et Charles Portâtes, «lont il lit ses secrétaires. C'étaient eux qui étaient «-hargés de recueillir les extravagances «pie Marion débitait dans ses extases. Malheureusement pour eux, le consistoire de l'Eglise française, ayant pris connaissance des prt'dirations de Marion, dfrlara que la plupart de ses prédirtions étaient fausses, puisqu'elles avaient été réfutées par l'événement , et que ses discours n'élaienl qu'un tissu «le blasphèmes et de maximes opposées à l'esprit de la religion. Sur la plainte du ««onsistoirc, Marion, ainsi «jue «leux de ses secrétaires, fut condamné au pilori. (Voy. Fatio.) On peut conjecturer avec assez de vraisemblance que ce fut à «;eltc époque qu'il prit le nom de Jean Alhit ou l'Èciuireur, sous le«|uel il a publié, lui ou ses secrétaires, plusieurs ouvrages remplis de fanatisme et d'inepties, mais «]ui , |«r cette raison-là même , n'eu sont recherchés qu'avec |ilus d'empressement par une ccrtaineclasse de curieux. Marion ou Allut habitait Londres en 1714 : on ignore ce qu'il esKlevenu depuis. Misson cite plusieurs fois ce fanatique «lans son Théâtre sacré des Cévennes. Il en est aussi «piesiion en divers endroits «le Y Histoire des troubles des Cévennes, par Court de Gelielin. De tous les ouvrages imprimés sous le nom de Jean Allut, les plus recherchés sont : t° Discernement des ténèbres d'avec la lumière , afin d'exciter les hommes à chercher /«

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lumière, Londres» , 1710, in-8°; 2" Eclair de lutnière descendant des deux , et du relèvement de la eJiute de l'homme par son péché ( sans nom de lieu ), 1711, in-8°; 5" Plan de la justice de Dieu sur la terre dans ces derniers jours, pour découvrir sur la nuit des peuples de la terre la corruption qui se trouve dans leurs ténèbres, 1715, in-8*'; 4" Quand vous aurez saccagé, vous serez saccagés, car la lumière est apparue dans les ténèbres pour les détruire, 1714, in-8°. Ce sont des lettres si-nées Allul, Manon, Falio et Portalès. Il est très-rare de trouver ces quatre volumes reunis : les deux derniers ont été traduits en latin par ISicolas Falio. On cite encore de Jean AUul : Avertissements prophétiques d'Êlie Marion, etc., Londres, «707, m-8% et Cri d'alarme ou Avertissement aux nations qu'ils sortent de Babylon [des ténèbres pour entrer dans le repos de Christ), 1712, in-8". Ce volume ne doit |kis être moins rare que les précédents ; et si les bibliographes ne l'ont pas encore cité, ce n'est sans doute que parce qu'ils ne Tout pas connu. VV — s.

ALLLT ( Antoine), né à Montpellier en 1743, fut conduit très-jeune à Taris avec sa su-ur Suzanne, qui, depuis , sous le nom de madame Vcrdicr, acquit par ses |tocsies bucoliques une réputation que les vieilles et les nouvelles renommées dans ce genre n'ont point effacée. Le frère et la sœur participèrent pour ainsi dire aux mêmes études, et leur attachement s'accrut tellement avec l'àgc , que , lorsque M. Verdier, riche négociant de la ville d'izès, eut obtenu la main de Suzanne, ce fut une raison déterminante pour qu'Aliut établit sa résidence dans la même ville, quoique ses goûts et ses travaux dans les sciences, appréciés déjà par d'AIcmbert et Diderot, l'eussent porté à préférer le séjour de la capitale. H exerça la profession d'avocat à l zes jusqu'à la révolution, en embrassa les principes avec chaleur, devint, en 1790, procureur de la commune, et fut député à la première législature par le département du Gard. Il se lit peu remarquer dans cette assemblée. Déjà il sentait que le mouvement imprime au corps social avait été trop violent, et il ne fut point appelé à la convention nationale. S'étant prononcé en faveur du parti de la Gironde dans son département, il fut traduit au tribunal révolutionnaire de Paris, et condamné à mort, comme fédéraliste, et pour avoir approuvé tes écrits liberticides du traître Rabaut-Sl-Etienne. Ce jugement fut exécuté le 25 juin 1704. La liu déplorable d'Allut inspira une elegic touchante à madame Verdier. A peine âgé de vingt ans, il avait fourni plusieurs articles à l'Encyclopédie, entre autres celui qui est intitulé Glaces coulées (I). — Scipion Alllt, cousin du précédent, né aussi à Montpellier, a publié, sous le voile de l'anonyme, de Aouveaux mélanges de poésie grecque, auxquels on a joint deux morceaux de littérature anglaise, Paris, 1779. in-8°. Ce recueil comprend la traduction de plusieurs idylles de Théocrile , Moschus et Bion ; île la Batrachomyomachie ; des poèmes de Musée, de Colu-

(I) ItcnttopMte. in-fol., I. 17. ta mot VeMEML

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