‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 1 sur 117 · CHEZ MADAME C. DESPLACES · texte numérisé non relu

CHEZ MADAME C. DESPLACES

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CHASSIRON (PiEimK-M,\TnjiEC-MAnTiN de), trésorier de France , conseiller d'honneur au présidi.il de la Rochelle, naquit à Plie d'Oléron, en 1701. Il se fit une réputation littéraire en publiant des Réflexion» sur le comique larmoyant , Paris , 1749, in-12. Armé des traditions classiques, et voulantcombattre à la fois le goût de son siècle et les succès que la Chaussée et ses imitateurs avaient obtenus, il soutint que la nouvelle manière de traiter le comique n'est pas autorisée par l'exemple des anciens ; que l'on n'a pas la liberté de clianger sans ceisc la nature de la comédie, et que, sous le rapport du plaisir et de l'utilité , le comique larmoyant, inférieur au genre de Piaule et de Molière, ne passera point à la postérité. Le succès des ouvrages de cette espèce a démenti la prédiction de Clwssiron. Son écrit fil cependant quelque sensation, et il obtint même le suffrage de Voltaire, qui avait sacrifié à la nouvelle Tlialie. Le gout du public finit par l'emporter sur des censures pleines de raison à beaucoup d'égards, mais qui devaient perdre leur force en présence des émotions si communicatives de la scène. Cliassiron fut l'un des fondateurs de l'académie de la Rochelle. Il prononça dans la première séance de celte société , le 32 juin 1735, un discours sur le but de son institution. Il fit ensuite paraître en tête du premier recueil des Mémoires de l'académie, publié en 1747, Paris, in 8", l'histoire et le précis sommaire de ses iravaux. Les Réflexions sur le comique larmoyant ont été réimprimées dans le t. 3 de ces Mémoires , qui parut en 1763. « Il y a peu de recueils qu'on puisse « mettre à coté du vôlrc , écrivait l'abbé Raynal à * Cliassiron, et de l'aveu de nos meilleurs connais- « mire, on ne lui en doit préférer aucun (1). s Cliassiron mourut à la Rochelle en 1767 dans sa 63' année. L— m — x.

C11ASS1R0N (Pieure-Charles-Martin, baron pe ) , lils du précédent et l'un des hommes qui, dans ces derniers temps , ont rendu le plus de services à l'agriculture, était né le 2 novembre 1733, a la Rochelle. Son père lui inspira le goût des lettres. Après avoir terminé ses études à Paris , au collège des Gressins, il fréquenta les cours de droit et prit

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le titre d'avocat , comme c'était l'usage , mais sans avoir l'intention de suivre la carrière du barreau. 11 perfectionna ses talents dans la société des littérateurs les plus spirituels, et se fit bientôt connaître par quelques pièces de vers pleines de délicatesse . Mai tu: d'une fortune considérable, il revint dans sa ville natale vers 1776, acquit une charge de trésorier de France, et, reçu peu de temps après à l'académie de la Rochelle, y prononça comme président un discours remarquable , dans lequel il montra l'heureuse influence que les lettres pourraient avoir sur les mœurs publiques. A cette époque , il avait abandonné la poésie pour se livrer à l'examen des graves questions soulevées par les économistes, et s'occupait uniquement de recherches sur l'agriculture , les arts et la statistique. En 1789, il prit part aux délibérations de l'assemblée de la noblesse de sa province, qui le nomma son secrétaire ; et plus tard il fut élu membre du directoire du département de la Charente. Admettant toutes les réformes compatibles avec Tordre public, it était trop éclairé pour ne pas s'apercevoir qu'on n'était pas entré dans la voie qui devait y conduire , cl ans un petit écrit intitulé ('Avis du bonhomme (anonyme), il signala le danger des sociétés populaires. Ses efforts pour empêcher leur établissement n'ayant pas eu le succès qu'il espérait, il donna sa démission cl se relira dans ses terres, se flattant d'y rester oublié. Mais son attaque contre les jacobins devint bientôt un titre de proscription. Arrêté comme suspect, il fut , des prisons de la Rochelle , transféré dans celles de Rochefort, et ne dut la vie qu'au courageux dévouement de sa femme. Devenu libre, il s'établit dans un domaine qu'il |>ossédail aux environs de la Rochelle, et s'occuj« de réparer les brèches que la révolution avait faites à sa fortune. Au moyen des améliorations qu'il introduisit dans la culture de ce domaine , il en doubla les revenus en quelques années. Le premier, dans son département , il imposa l'obligation à ses fermiers de convertir un certain nombre d'aipeuts en prairies artificielles; il eut des troupeaux de mérinos , et réussit à perfectionner les autres races d'animaux domestiques, rtommé par son déparlement , en 1797, membre du conseil des anciens, il n'échappa que par miracle a l'exil qui frappa ses amis politiques au 48 fructidor. Tout le temps qu'il siégea dans le» conseils , il s'occupa spécialement des

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contributions, et fit introduire d'utiles cliangcments dans la perception des diverses branches du revenu public. Il tenta vainement de faire supprimer l'impôt sur le sel , comme un obstacle aux propres de l'agriculture. C'est sur sa proposition (|ue furent adoptes les projets du défrichement entre la Loire et la Gironde, dans un espace de plus de cent lieues. On lui dut en outre le plan du canal de navigation entre la Hochelle et Niort, qui serait déjà terminé si les circonstances avaient permis d'appliquer à son exécution des sommes suflisantes. Au 18 brumaire, il se prononça pour les modifications à opérer daus le système du gouvernement, devint membre de la commission intermédiaire et ensuite du tribunal. Il y combattit les idées de Benjamin Constant sur le droit de pétition , et d'ailleurs ne cessa de se montrer favorable aux projets qui lui paraissaient propres à maintenir une liberté légale. Elu président le 13 février 4800, il lit, quelques jours après, une violente sortie contre le ministère anglais. Plus tard il se prononça contre le nouveau plan d'infraction publique , qu'il ne jugeait point en harmonie avec l'état actuel et les besoins de la société. Il appuya l'élévation de Bonaparte à l'empire. Lors de la suppression du tribunal , il fut nommé maître des comptes. Membre de la société d'agriculture de Pa- /is, il prit à ses travaux une part très-active, et plusieurs fois il eut l'honneur de la présider. Il fut un des fondateurs de la sociélé d'encouragement. Chassiron mourut à Paris, le 15 avril 1825. Outre des rapports et des mémoires dans le recueil de la société d'agriculture, on a de lui : I" Lettres sur l'agriculture du district de la Hochelle et de set environs, 17%, liM2; 2° deux Lettres aux cultivateurs français sur les moyens «/* ojtérer un grand nombre de dessèchements par des procédés simples et peu dispendieux, l*aris , 1800, in-8* ; 3° Richard converti, ou Entretiens sur les objets les plus importants du Code rural , ibid., 1801, in-8"; 4» Essais sur la législation et tes règlements nécessaires aux cours d'eau et rivières non navigables et flottables , ainsi qu'aux dessèchements à faire ou à conserver en France, ibid., 1818, in-80 de 50 p.; 5° des articles ini|K)rlants dans te Nouveau Cours complet d'agriculture, paimi lesquels on remarque celui des dessèchements, qui forme un traité complet sur la matière; C" d'autres articles dans la nouvelle édition du Cour* d'agricxdlurc de Hozicr. On peut consulter pour plus de détails l'éloge de Chassiron pU M. SOvcstrc , dans les Mémoires de la société d'agriculture de 1820 (1). \V— s.

CHASTE (de), commandeur, gentilhomme ordinaire de la chamhre «lu roi , et gouverneur de Dieppe et d'Arqués, fut choisi par Catherine de He> diris, en 1583, pour aller avec une compagnie de fantassins dans l'Ile Tercère, y soutenir, contre Phi- Hp|ie 11, les intérêts d'Antoine, prieur de Crato, élu roi de Portugal par une partie du royaume. Cliastc, jugeant que la Frauce aurait tort de hasar-

V) Son nu, M. le baron i, Ousmiod, «l deyiis pluùcu* M-

Rcndrpatc de U Cbaicuic.

der la vie de ses soldats pour défendre peut-être inutilement les droits d'un prince étranger qui ne savait pas se battre, demanda a la reine la |»ermission de s'embarquer sur un vaisseau particulier, |K)ur aller d'abord reconnaître Tercère, et faire ensuite un rap|X)rt sur sa force et sur les moyens de conserver les Açores. On apporta tant de lenteurs au départ de Chaste, que l'on apprit le départ de la flotte espagnole de Lisbonne. Chaste lit voile du Havre, le 17 mai, avec sa troupe, et arriva le il juin à Tercère, où il fut accueilli par le |>euple et par les Français, envoyés un an auparavant ; bientôt les Espagnols arrivèrent et mirent a terre 0,000 hommes; les Français, mal secondés par les Portugais, et contraries par les mamvuvres des jésuites, perdirent beaucoup de inonde en s'opposaul a l'attaque des Es|iagnols, et furent obliges de capituler. Ils quittèrent Tercère le 14 août, et, après une navigation pénible, abordèrent en Biscaye. Chaste, à soit arrivée à Paris, remit un rapport circonstancié de son expédition a la reine mère, qui lui témoigna sa satisfaction. Il forma en 1003, avec des négociants de Boucn, une compagnie pour continuer les découvertes au Canada, et y former des établissements; malgré son Age avancé, il se disposait à y aller,, lorsqu'il Ht connaissance de Champlain qui arrivait des Antilles, et lui pro|wsa la direction de l'armement pour le Canada. Champlain, à son retour en France, en 1004, apprit la mort de Chaste, ce qui interrompit cette entreprise, mieux combinée que les précédentes. On trouve dans la 2* partie du 2* vol. du recueil de Thévenot : Voyage de la Tercère, par M. le commandeur de Chaste, etc. (Yoy. Tiilvenot.) Il n'y est question que des événements militaires; on n'y trouve rien de relatif à la géographie. E— s.

CHASTEL (François-Thomas), né à Pierrcflttc, dans le Danois, le 30 janvier 1750, passa de bonne heure en Allemagne, cl s'y livra spécialement a renseignement de la langue française. Ce fut dans ce but qu'il publia un grand nombre de traductions et d'écrits estimés. Nommé professeur de français à l'université de Gicssen, il contribua |wr ses leçons, autant que par ses ouvrages, à répandre et a faciliter l'élude de cette langue en Allemagne. Cet estimable professeur mourut dans les premières années de ce siècle. 11 a publié en français : 1» Petit Recueil de fables, amies et petits drames, avec une Table alphabétique des mots, termes et expressions contenus dans ce livre, et les remarques nécessaires sur la syntaxe et le génie de ta langue, etc., Gicssen, 1778, in-8'; ibid., 1781, in-8°; 2* Traité méthodique de la bonne prononciation et de l'orthtjgraphc françaises, ibid., 1781, in-8"; 3" Chansons de table d'après Claudius et le comte de Slollberg, et deux petites pièces de Bùrgcr, mises en vers français avec l'original, ibid., 1785, 'in-8*; 4° Introduction à la lecture des ouvrages en vers français, suivie d'utiles et d'agréables rapsodits recueillies sur le Parnasse français; avec les éclaircissements nécessaires en allemand, ibid., 1788, 3 vol. Sn-8*; eu allemand, ibid., 5 vol. iu-88;

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5« l'Oracle, ou Ettai d'un» mélhoâê pour exercer l'attention de la jeunette par det jeux en demandée et en répontet, par madame de la Fite, traduit du français en allemand, accompagné de noies, par Crome, et d'une préface, par Sophie, veuve de la Hoche, Offenbach, 1771, in-8"; 6° Ettai d'une Grammaire, augmentée du traité de Vétymologie et de la syntaxe françaite, avec det table*. Francfort et Lcipsick, 1792. in-8". 7° Alphabet d'histoire naturelle, ou Reprétentationt et description! de quelque! animaux de Schreber et Buffon, Offenbach, 179i, in-8«;8* Tu as cessé de touffrir, infortuné monarque, etc. ; complainte allemande sur les malheurs de Louis XVI, traduite en français sur l'air de Pauvre Jacquet, etc., avec l'original A coté et l'explication en prose de l'un et de l'autre, Giessen, 1795, in-8'; 9* Recueil de petite mémoires tur let teiencet, arlt et métiers Us plut nécettairct, en allemand et en français, Francfort, 1794, in-8°; 10* Pctite Terminologie scientifique, ou Instruction pour employer correctement les termet techniques det teiencet, det arts et det métiers, Francfort, 1798- 1800, î vol. in-8*. La vie de ce grammairien, écrite pir lui-môme, a été insérée dans I Histoire littéraire de la Uette, par Frieder. Z.

CHAS 1 f I , (Pierke-Louis-Aimé), général français, né en 4774, à Vcrgi, dans le Chablais, fit d'assez bonnes études, et s'enrôla, dés la lin de 1792, dans la légion des Allobroges, qui fut créée après l'invasion de la Savoie par les Français. Il marrha d'abord avec cette troupe contre les Piémontais, dans les Hautes-Alpes; et, vers le mois de juillet 1793, il la suivit encore dans l'irruption qu'elle fit en Provence sous les ordres de Carteaux, pour réduire les fédéralistes de Marseille, et plus tard faire le siège de Toulon. Lorsque cette place fut soumise, les Allobroges, et Chastel avec eux, se rendirent à l'armée des Pyrénées-Orientales, sons les ordres de Dugommier; et ils revinrent, après la paix de Baie, vers les Alpes, où Bonaparte les conduisit bientôt à la conquête de l'Italie. Chastel eut part aux brillantes campagne* de17i)6 et 1797; et il lit partie, l'année suivante, de l'expédition d'Égypte, où, combattant sous les ordres de Desaix, il concourut à toutes les opérations de ce général contre Mourad-Bey. On prétend que ce fut lui qui, dans une de ses excursions au désert, découvrit le fameux zodiaque de Denderah, qui depuis a été transporté en France. Il ne revint en Europe que lorsque les derniers corps de l'armée y furent transportés ; et ce fut alors qu'il obtint le grade de chef d'escadron. Il fit en cette qualité la campagne d'Austerlita, en 1805, et fut nommé major, puis colonel des grenadiers à cheval de la garde. Apres avoir fait, avec cette belle troupe, les campagnes de 1807 et 1808 en Prusse et en l'ulogne, il la conduisit en Espagne, se distingua particulièrement A l'affaire de Burgos, et fut nommé général de brigade. Bientôt rappelé à la grande armée, sous les ordres de Napoléon, il y fit la campagne d'Autriche, en 1801), et mérita, par de nouveaux exploits, le grade de général de division. Employé en cotte qualité dans la terrible expédition de

Russie, en 1813, il commanda nn corps de cavalerie, sons les ordres de Murât, et fut particulièrement remarqué par sa valeur A la bataille de la Moseowa. Il lit avec la même distinction la ram pagne de Saxe en 1813, puis celle de France en 1814, où il était à la dérense de Paris, sous les ordres de Marmonl. 11 ne se soumit qu'avec peine à la capitulation du 3 mars; mais il ne suivit pas dans m défection , à Essonne , le maréchal . qui , du reste, se gardant bien de le mettre dans son secret, lui avait ôlé son commandement. Après la chute de Napoléon, Chastel lit sa soumission au roi, et il reçut de ce prince la croix de Sl-Louis et un traitement de disponibilité; mais dès que Bonaparte revint de l'Ile d'Elbe, l'année suivante, il s'empressa de lui offrir ses services, et fut employé à la grande armée, sous les ordres du maréchal Grouchy. Après le second retour du roi. Chastel fut mis à la retraite, et il se rendit à Fcrney- Voltaire, près de l'habitation de son parent et ancien colonel, le général Dessaix. Il mourut à Genève, le 16 octobre 1820. Ce général, bien qu'il eut passé dans les camps la plus grande partie de sa vie, avait une Instruction très-variée; et il possédait une belle bibliothèque, ainsi qu'une collection de tableaux et d'objets rares qu'il a légué* à la ville de Genève. 11 a laissé manuscrits des mémoires qui ne peuvent manquer d'être intéressants pour l'histoire des dernières guerres. Ayant été signalé en 1820 par divers journaux, entre autres le Drapeau Rlanc, comme chef d'un complot dont le but aurait été d'enlever le duc d'Angouléme, lors du passage de ce prince dans le département du Jura, il poursuivit comme calomniateur le rédacteur de ce journal, et réussit à le faire condamner par le tribunal de Bourg. ( Voy. Mautainvillb. ) M— nj.

CHASTELAIN (Jean), né a Agde, reçut en 1659 le doctorat à l'université de Montpellier, dont il fut nommé professeur en 1609. Doyen de la faculté en 1694, il mourut en 1715. Astruc dit que Chastelain avait beaucoup d'esprit et de savoir, et qu'il écrivait très-bien. Cependant il n'a hissé qu'un mince opuscule, production informe de sa jeunesse et qu'il n'a jamais avoué : Traité det convulsiont et det tapeur t, Paris, 1691, in-12. On doit savoir gré à ce médecin d'avoir le premier pris la défense de la circulation du sang dans les écoles de Montpellier. — Il eut deux fils médecins, Pierre et Jacques. Celui-ci obtint la survivance de la chaire de son père, et mourut en 1725, après avoir publié une dissertation latine sur la respiration, Montpellier, 172l,in-4". C.

CHASTELAIN (Claude), chanoine de Paris, issu d'une ancienne famille du Beaujolais, était fils d'un secrétaire du conseil d'Etat. Il se fit une grande réputation pur son érudition dans la liturgie. Ses voyages en France, en Italie, en Allemagne, qui eurent cette science pour objet principal, lui donnèrent des connaissances très -étendues sur les usages particuliers des diverses églises de ces contrées. De Harlay, archevêque de Paris, le mit à la tête d'une commission chargée da revoir et do corriger

les livres liturgiques de son diocèse. Plusieurs autres evéques le prièrent d'entreprendre le même tra\ail pour leurs différentes églises; il s'en acquitta avec autant de zèle que de discernement, et rendit le môme service à plusieurs ordres religieux, composant jusqu'au chant des hymnes, des proses, des répons, des antiennes, avec beaucoup de goût et d'exactitude. Ce fut au milieu de ce travail qu'il mourut à Paris, le 20 mars 1712, à 75 ans. On a de lui : 1° un Vocabulaire hagiologique, dans le Dictionnaire étymologique de Ménage. [Voy. ce nom.) 2° Une Vie de St. Chaumont, Paris, 1C99, in-12. 3' Le Martyrologe romain, traduit en français, avec des additions et de savantes notes, ibid., 1703, in-4\ Il ne contient que les deux premiers mois ; le 2" volume, pour les deux mois suivants, se conservait en manuscrit à la bibliothèque des avocats. 4" Le Martyrologe universel, ibid., 1709, in-4°, dans la même forme, avec des additions et des notes du même genre (I). 5" Relation de l'abbaye d'Orval, dans Y Histoire des ordres monastiques du P. JJelyot. L'abbé Cliastelain a laissé plusieurs manuscrits, entre autres, des Voyages dans le diocèse de Paris, que Lebcuf cite souvent dans son ouvrage sur ce diocèse, et un journal de sa vie, qui est proprement l'histoire exacte et curieuse des principaux événements de son temps. Cliastelain fut le principal auteur du Uriviaire de Paris que de Harlay publia en 1680. Dès qu'il parut, on Ht des remarques pour le censurer. Cliastelain donna, sous le voile de l'anonyme, une Réponse aux remarques, etc., Paris, 1681,in-8°. T— D.

CIIASTELAIN (Jean-Claude), né le 4 décembre 1747, était un des administrateurs du district de Sens, lorsqu'il fut nommé député a la convention nationale par le département de l'Yonne, en 1792. Dés les premières séances il se lit remarquer dans cette assemblée par son courage et par la sagesse de ses opinions. Dans le procès de Louis XVI, il fut le seul de son département qui vota pour la détention et le bannissement à la paix, et qui osa demander l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. Cliastelain ne déploya pas moins de caractère contre la faction de la montagne qui triompha au 31 mai 1793 ; et lorsque le féroce Amar lut la liste de ceux qui avaient protesté contre ce triomplw, n'ayant pu déchiffrer le nom de Cliastelain, il passait outre, ne prenant aucune conclusion contre lui ; mais ce député, se levant aussitôt, déclara hautement que c'était de lui qu'il s'agissait, et qu'il demandait à partager le sort de ses collègues. On ne lui refusa pas cet honneur, et il fut conduit en prison, d'où il ne sortit qu'après la chute de Robespierre. En 1793, il passa au conseil des cinq-cents, dont il fut membre jusqu'en 1797. Nommé juge au tribunal de Sens en 1800, il renonça bientôt à ces fonctions pour aller habiter

(l)Oo s publié de nos jours on kartyraloce mtirertel, traduit en franftu in martyrologe romain, offrant pour rluque Jour de l'année la série de* saints, saintes, rte, honores daus toutes 1rs églises de la rhrettenté, avec nn dictionnaire universel de rej saint», ouvrage rédige sur relui de t'abbe de Cbastelain, et ronsidé-

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une maison de campagne qu'il possédait au village de Subligny, sur les bords de l'Yonne. C'est la qu'il est mort en octobre 1824. C liasttluin avait fait imprimer: Pacte social combiné sur l'intérêt physique, politique et moral de la nation française et autres nations, Paris, imprimerie nationale, messidor an 3 (juin I9U3 ), in-4°, avec tableaux. M— n j.

CHAS 1 ELARD ( Pierre ue Boscosi i de), gentilhomme dauphinois, était petit-neveu ou (suivant de Thou ) pelil-fils de Bayard, auquel il ressemblait par sa belle taille et son air franc et ouvert. Plusieurs actions d'éclat le rendirent célèbre. Dieu, sa patrie et sa dame furent les objets de son culte, et son enthousiasme |K>ur la beauté causa sa mort. Ses parents l'avaient attardé a la maison de Montmorcnci, toutepuissante alors, et qui disputait à celle de Lorraine la conduite des affaires de l'Etat. Chastelard, ayant vu Marie Stuart, épouse de François II, la célébra dans ses vers. La reine, sensible à des chants qu'elle inspirait, accorda plusieurs entretiens à leur auteur, qui conçut pour elle une violente passion. A la mort de François 11, le duc d'Anvillc et le prieur de Lorraine accompagnèrent sa veuve, qui retournait en Ecosse et quittait pour toujours ce « tant doux pays a de France, » auquel elle a fait ses adieux dans de jolis vers dont l'authenticité a été contestée depuis. Chastelard la suivit, et fut ensuite obligé de revenir avec d'Anville à Paris, où il passa une année dans la douleur, à chanter la beauté qui le captivait. Enlin, ne pouvant surmonter sa passion insensée, il résolut d'aller en Ecosse, et, profitant des troubles qui désolaient la France, il fit agréer son projet aux Montmorcnci, qui lui donnèrent des lettres de recommandation. La reine Marie l'accueillit avec bonté, les grands le reçurent bien, et son esprit faisait les délices des meilleures sociétés, lorsque ses imprudences causèrent sa perle. Il s'introduisit une première fois dans la chambre de Marie ; on l'y découvrit, et cette princesse lui lit grâce ; mais, y ayant été surpris une seconde fuis, il fut livré aux tribunaux criminels, qui le condamnèrent à perdre la tête. Il entendit sa semence avec beaucoup de fermeté, et, avaut de marcher au supplice, il lut l'ode de Ronsard sur la Mort ; puis, se tournant vers le lieu où était la reine, il s'écria : « Adieu, « la plus belle et la plus cruelle princesse de ce « monde I — « Chastelard avait beaucoup d'esprit, « et se sur voit, dit Brantôme, d'une poésie douce et « gentille, aussi bien qu'aucun gentilhomme de « France. » Tous les vers qu'il avait composés, et dont il existait encore des recueils manuscrits au temps de Gui Allard, sont perdus, à l'exception d'une seule pièce que le Laboureur a conservée dans les mémoires de Caslelnau. B — g— t.

CUASTELER ( François - Gabriel- Joseph , marquis du ) et de Courcellcs, naquit à Mons, le 20 mars 1744. Son père, Jean-François du Chasteler, marquis deCourcelles et de Moulbais, était membre de l'Etat noble du Hainant, président du conseil souverain de cette province et conseiller d'État. En 1762, il futnomméchambellan par l'Empereur ;en 1763, lieutenant de la garde royale des hallcbardiers, puis de la

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garde noble en 1775 ; gouverneur et prévôt de Binch en «769, et conseiller d'Etat d épée en 1770. Deux passions dominantes se partagèrent si vie : les prétentions nobiliaires et l'amour des lettres. Sa généalogie, qu'il avait composée, lui attira de longues tracasseries de la part de la maison du Cliaslelel, qui ne voulait point reconnaître celle du Cliastcier, et de la cour de Vienne, où sa prétention à descendre de la maison de Lorraine lut mal accueillie. Ayant obtenu en 1789, pour lui et ses descendants, la permission de iIljjkt ses armoiries d'un manteau ducal, et de les sommer d'une* couronne de duc, il ne s'en tint pas là et sollicita le titre de prince, qu'il ne put obtenir, malgré la persévérance de ses démarcbes. Cependant ses travaux littéraires n'en étaient pas moins actifs. En 1774, il concourut pour le prix de l'académie de Bruxelles, qui avait demandé quels étaient les principaux changements que l'établissement des abbayes dans le 7e siècle, et l'invasion des Normands dans le 9*. avaient apportés aux mœurs, a la police et aux usages des Belges. 11 n'obtint pas le prix; et son mémoire, auquel il lit des additions en 4783, ne fut pas imprimé. 11 fut plus heureux en 1778, et, ayant remporté la médaille d'or pour une dissertation sur les émigrations des Belges, il fut, l'année suivante, nommé membre de l'académie ; deux ans après, il en était directeur, et il exerça ces fonctions de 1781 à 1788. Il reçut en cette qualité, le 1*2 juillet 1782, au sein de l'académie, le czar Paul l,r et son épouse, et lut devant ces illustres |>ersonnagcs ses mémoires restés inédits sur les troubles «les Pays-Bas. Pendant que des jésuites s'occupaient de la rédaction des Analcctet Belgiqucs, l'académie, jalouse de remplir un des principaux objets de son institution, résolut de publier les monuments de l'histoire des Pays-Bas, et forma, à cet cfTet, un comité composé de ceux de ses membres qui étaient le plus versés dans cette partie, savoir : du marquis du Cliasteler, des abbés de Nclis et Gbcsquiere ; de MM. Gérard et des Boches. Ce comité tint ses séances chez le premier, où I on convint de se réunir On donne une idée de son plan dans le 7e vol. des Nouveaux Mémoire* de l'aeadémie. Cela fut cause que le ministre plénipotentiaire nomma du Cliasteler |K>ur présider aussi l'association chargée de diriger les Ânalecles. On a de lui : 1* (îën'alvyir de la maison du Cliasteler avec Us preuves, Bruxelles, 1708, in-fol. ( et non pas 177 1, in-8\ comme il est dit dans la France littéraire de M.Queranl) : Préliminaires, 8 p.; texte, 13 p.; 2* édit., tirée à environ 30 exemplaires, 1777, in-fol. de 53 p., sans les preuves. 2" Mémoire sur la question historique proposée par l'académie impériale et royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles en 1776, relativement aux principales expéditions, ou émigrations de* Belges dans les pays lointains, auquel cette académie a décerné le prix en 1778, Bruxelles, 1779, in-4* de 101 p 3° Réflexions sommaires sur le plan à former pour une histoire générale des Pays-Bas autrichiens, lues à la séance de l'académie du 11 novembre 1779, 21 p. in-4». 4° Mémoire* et Lettres sur l'élude de la langue grecque,

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Bruxelles, 1781, in-8". Des réflexions dont il avait entretenu l'académie et où il émettait l'opinion que la connaissance des langues grecque et latine, telles qu'on les enseignait dans les universités, n'était pas indispensable, lui avaient attiré «les attaques si violentes qu'il s'était déterminé à mettre les pièces du procès sous les yeux du public. 3° Éloge de l'abbé Suger, 1781. 6° Dissertation où l'on cherche à fixer le temps où Crasmer fut évéque de Tournay, lue à la séance de l'académie, le 22 mars 1781. 7" Gisleberti. Balduini quinti, Hannoniœ comilis, canccllarii , Chronica Hannoniœ nune primum édita, Bruxelles, 1781, in-4". Du Cliasteler s'est borné à faire imprimer une copie «lu seul exemplaire connu de Gislebert, manuscrit possédé par le ciiapitre de Ste-Waudru. In 2# volume contenant les notes devait paraître, mais il est presque certain que ces notes n'ont jamais été écrites. 8" Liste de quelques manuscrits de la bibliothèque impériale à Vienne, relatifs aux Pays-Bas, insérée dans le 5e vol. des anciens Mémoires de l'académie, p. 191-220. Elle fut aussi tirée à fort, mais à 25 exemplaires seulement. Les manuscrits annoncés par du Cliasteler sont au nombre de 37. On y trouve, entre autres, une copie de Jacques de Guyse où l'on dit qu'il est natif de Chièvre-la-Franche, tandis que tous les biographes, y compris M. le marquis de Forlia, le font naître à Mons. 9' Lettre à M. l abbé Maus relativement aux grandes fermes, insérée dans le 4e vol. des anciens Mémoires de l'académie. 40° Mémoire sur la déesse Nehalmnia, dans le 5« vol. des mêmes Mémoires, p. 70-73, avec un plan. Ce morceau fut écrit à l'occasion du cadeau que van der Perre, ministre plénipotentiaire de la Hollande à Bruxelles, avait fait à l'académie, d'un monument de la déesse Mehalennia, trouvé en Irlande, cl qu'on |ieut voir maintenant encliàssé dans un des murs de la cour intérieure du musée de Hruxelles. 11° Enfin plusieurs notes sur des antiquités, lesquelles sont disséminées dans le recueil de la inème société savante. Le marquis du Cliasteler possédait une belle bibliothèque dont il avait confié le soin à un homme capable de l'aider dans ses recherches, Philippe Bacrt (voy. ce nom ) , et qui fut ensuite bibliothécaire du vicomte Edouard de Walkiers. Baert s'était beaucoup occupé des sculpteurs flamands, et il se proposait de publier sur leur vie et leurs ouvrages un traité qui n'a pas vu le jour (1 J ; mais M. Lemaycur doit avoir eu connaissance de ces papiers, puisqu'il les cite dans les notes de son poëine intitulé : la Gloire Belgique. Le mariage en secondes noces de du Cliasteler avec une daine protestante, fille du bourgmestre d'Amsterdam, Ilasselaar, lui attira l'inimitié du cardinal de Franckenbcrg, et ne lui procura

0) ttaeri est encore autour d'an onvrap* publié à Lnnvain, 1833, in-4*. et la'on a outillé dcciicr .1 son article : c Y-i un Mémoire tur lu comptfttt de César en Belgique, Jiwrt de reekercket ttr Stmarobrira. On penl les comparer »»ec tes recherches | lu- exactes dp MM. Cayrol d'Anman*, Maison île U tJiide-, lUgiillul, F.. Cailtant et Ch. Uueniin. M. de Fonta en parle anssi au mut Br \» de «on dictionnaire des anciens mots celtiques, Anutlet du H»tu»ut, t. 3. p. 4M.

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point ie bonlieur domestique, puisque, après neuf ans, les deux époux se séparèrent. Du Cliasteler mourut à Liège, le 11 octobre 1785. On trouve sa biographie dans l'annuaire de l'académie de Bruxelles pour 1825, p. 00-95. et une notice beaucoup plus complète par M. H. Delmottc dans les Archives historiques et litlirawts du Nord de la France, t. 4. Malgré la modération et la sagesse que le marquis du Cliasteler déploya dans la révolution brabançonne, ou peut-être à cause de cela même, il ne put échapper à la satire et aux plaisanteries des ineptes pamphlets dont le public était alors inondé. Dans

un des plus rares, intitulé Recueil des requêtes ,

avec l'Apocalypse du bienheureux Jean (1782, in-8° de 85 p.), il est représenté comme un philosophe incrédule et niais, parodiant bêtement les encyclopédistes. La treizième requête est signée do lui, en sa qualité de directeur do l'académie impériale et royale. R — c.

CHASTELER ( Jean-Gabhiel, marquis pe), l'un des généraux de l'armée autrichienne qui se sont le plus distinguée dans les dernières guerres, était de la même famille que le précédent, et naquit comme lui dans le Hainaut, au château de M oui bais. Il lit ses premières études en France, à l'école de Pont-à- Mousson, et les termina à l'académie des ingénieurs a Vienne. A quinze ans il entra au service, et débuta par la guerre de la succession <le Bavière, sous les ordres du prince de Ligne. Pendant les années de paix qui suivirent, il servit dans le corps du génie, et flt preuve de talent dans la construction des forteresses de Josephstadt et de Thérésienstadt, ainsi que dans plusieurs autres ouvrages de fortilication exécutés en Hongrie. 11 parlait toutes les langues de la monarchie autrichienne, dont il avait parcouru toutes les contrées avec un esprit observateur, et se livrant avec beaucoup de zèle a l'étude de l'histoire, de la physique et de la stratégie. Dans la guerre contre les Turcs, il lit partie du corps d'armée qui occupa la Croatie, et déploya en 1789, sous les yeux de Laudon, en escaladant une muraille, quoique couvert de blessures, un courage tel, qu'il reçut aussitôt la croix de Marie-Thérèse. Il se distingua encore à l'assaut de Belgrade, fut nommé major dans le génie, puis employé dans les négociations avec le grand vizir, et travailla [vendant l'armistice à la carte de la Valachie. Devenu lieutenant-colonel des gardes wallonnes, et employé dans les Pays-Bas, il donna des preuves du plus grand attachement à la maison d'Autriche pendant les troubles de cette contrée en 1790. Lorsque la guerre avec la France éclata en 1792, Cliasteler fut nommé commandant de Naraur ; et il eut bientôt à détendre cette place contre l'armée du général Valence. Quoiqu'elle eut été rasée quelques années auparavant, conformément au système de Joseph H, il s'y maintint |iendant quinze jours contre des forces infiniment su- -] perieures. Cliasteler ayant été envoyé prisonnier à l'.eims, après la capitulation, Valence recommanda virement aux autorités d'avoir pour lui les plus granits égards. Devenu bientôt à son poste par un «change, Cliasteler ne manqua d aucune des

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grandes actions qui signalèrent l'année 1793. On le vit a Nerwinde, à Famars, à Valenciennes, à Marchiennes et à Wattignies, où il reçut huit blessures en chargeant à la tête de la cavalerie. La valeur qu'il déploya plus tard à Charleroi et à Tournoy lixa les regards de Clairfayt; et il justilia encore davantage la conlianoe de ce général |>ar son attaque des lignes de Mayenee en novembre 1"9«S. L'année suivante, il se rendit à St-Pétersbourg, où il fut chargé de diriger l'ambassadeur Cobenzl dans les négociations relatives à la guerre ; et vers la même é|ioque il alla examiner à Olmutz les réclamations de Lafayette et des autres prisonniers d'Etat qui s'y trouvaient. Le rapport qu'il Ht sur leur position contribua beaucoup à en adoucir la rigueur. Après le traité de Campo-Formio, Cliasteler fut chargé de prendre possession des provinces vénitiennes. Il resta alors définitivement attaché à l'armée d'Italie, et ce fut surtout dans la mémorable campagne de 179» que, devenu quartier-maître -général de l'armée austrorusse, il mérita par sa valeur, aux journées de Magnano, de l'Adda,de la Trebbia et de Novi, d'être inscrit au premier rang des guerriers de l'Autriche. Blessé dangereusement pour la treizième fois dans la tranchée devant Tortone, il fut remplacé comme quartiermaitre général par le colonel Zarh, qui y resta jusqu'à la bataille de Marengo. Bétabli de sa blessure au printemps de l'année 1800, il fut envoyé par le ministre Thugut a l'armée du Rhin pour y prendre le commandement d'une brigade qui devait occuper le Tyrol. C'est la qu'il se lia particulièrement avec le baron Homiayr, major de la landwclir tyrolienne, et cette liaison eut, en 1809, une grande influence sur les événements de ce pays. Après la bataille de Holienlinden, et par suite de la suspension d'armes conclue à Steycr, le Tyrol avait été évacué ; il n'y était resté qu'une sauvegarde française et autrichienne. Nansouty commandait les Français, et Cliasteler les Autrichiens. Profitant de ce moment de repos, ce dernier dressa des plans de fortilications, et commença dés lors l'organisation de la landwchr et du landsturm, s'efforçaut surtout de ranimer l'esprit belliqueux de la nation. Lorsque la paix fut définitivement conclue en 1802, il se rendit à Paris jwur se faire rayer «le la liste des émigrés, sur laquelle il était inscrit comme Belge. Bonaparte, alors premier consul, le reçut avec distinction et le complimenta sur sa campagne de 1799 en Italie. Il accorda sans d inimité sa radiation et la restitution de ses biens qui avaient été confisqués. Devenu dans le Tyrol, du Cliasteler continua a reconnaître tous les moyens de défense qu'offrait celte contrée; et il y acquit, par son affabilité, une grande popularité parmi le peuple déjà si dévoué à l'Autriche. Ce fut pour lui un grand avantage, à la reprise des hostilités en 1805; et toute la population tyrolienne le seconda merveilleusement, lorsqu'il eut à combattra la division bavaroise de Deroi, au défilé de Strub, et ensuite le corps de Marmont, qu'il repoussa de Craiz. Quand la paix fut rétablie, Cliasteler lit une tournée militaire dans la Gallicic et les monts Carpaibei. En 1808, il fut chargé de fortifier Co-

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mom, puis il prit le commandement du huitième corps, établi prés de Villach et de Klagenfurt, sous le* ordres de l'archiduc Jean, et enfin celui du Tyrol, qui , bien que peu important en ap|iarence, lui Tut confie a cause de la connaissance qu'il avait des localités. Dés loi >, avec le major Hormayr, Cliasteler, a cette époque feld-maréchal, fut l'aine de l'insurrection de celte contrée. Le 9 avril, ils pénétrèrent dans les défilés, et le soulèvement devint général. Dés le 15 toute la partie nord et le centre du pays étaient eu leur pouvoir. 8,000 prisonniers, avec canons et bagages, avaient été faits à Juspruck ; cl les communications de l'ennemi, entre Pllalie et l'Allemagne, étaient entièrement coupées. Cliasteler délogea ensuite Uaraguey d'Uilliers de Trenie, et lui lit subir un second échec à Yolano; enfin il s'empara du Tyrol italien et se mit en communication avec l'archiduc Jeau. Mais, pendant ce temps, la principale aimée d'Autriche avait éprouvé des revers à Ralisbonue. Napoléon, ayant appris, au milieu de ses triomphes, ce qui se passait dans le Tyrol, en fut extrêmement irrité; et c'est alors qu'il fit publier l'ordre du jour suivant par le maréchal Berthier : « D'après les ordres de l'empereur, U « nommé Chaslcler, iui-disant général au service « d'Autriche, moteur de l'insurrection du Tyrol tl « auteur det massacres commis sur les prisonniers « bavarois et français, arrêté* et pris par les insur- « gés, contre le droit des gens, s ra traduit à une « commission militaire, aussitôt qu'il sera prison- « nier, et passé par les armes, dans les vingt-quatre « heures, et ce comme chef de brigands. » Tel est le texte exact de cet ordre du jour qui Tut imprimé avec des altérations dans U Moniteur du S juillet. Le prince Charles, qui avait alors comme prisonniers les généraux français Durosnei et l-oulers, fit déclarer que leurs tèles répondraient de celle de du Cliasteler; et IN'apoléon, de son coté, déclara que Colbredo, Mettcrnich et Haddick, qui étaient dans ses mains, repondraieut de la vie de Durosnei, etc.; que, quant à Cliasteler, s'il était arrêté, Userait traduit devant une commission militaire. Toutes ces déclarai ions, dignes de la barbarie du t t' siècle, ne furent heureusement que comminatoires ; et nous sommes convaincus qu'aucun des deux |iarlis ne les eût exécutées, lors même qu'il y eût été poussé par la plus odieuse initiative. Le seul tort de Cliasteler dans celte occasion fut de prendre trop à cœur celle esjk'cc de seulence, cl d'en devenir véritablement malade. Cependant, bien que dis fois moins fort que les Français el les Davarois réunis, il osa inareber contre eux ; mais ce fut uuc vaine tentative : il éprouva, le 13 mai, une entière défaite a Wurgl, et fut contraint de se retirer dans la position centrale de Brenoer. Le Tyrol étant alors occupé dans tous les sens, le vice-roi Eugène, qui avait chassé l'archiduc Jean de sa position de Villach, et qui cherchait à rejoindre Napoléon à Vienne, réussit à trouver un passage; et Cliasteler , contraint de s'éloigner du Tyrol, fit sa retraite par la Hongrie, la Carin- Ibie et la basse Styrie. Il n'arriva sur le théâtre des grands événements que lorsque tout était

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par la bataille de Wagram, et par le traité de Vienne, qui la suivit (1). Alors l'empereur lui confia le commandement de Troppau; ce ne fut qu'en 1813 qu'il la nomma général d'artillerie, gouverneur de Thérésiensladt. Après la bataille de Leipsick, la cour de Vienne ayant refusé de ratifier la convention qui venait d'êlre arrêtée entre Gouvion-Sl-Cyr et Klenau pour l'évacuation de Dresde, Cliasteler fut nommé commandant de celte place. 11 retourna ensuite à Théresiensladt. puis à Vienne, où il fut, pendant le congrès de 1815, l'un des principaux conseillers de l'em|ierem pour tout ce qui éiait relatif à la guerre. Ce Tut alors que, pour le récompenser de ses longs services, autant que pour lui donner un repos dont ses blessures et ses longues fatigues lui avaient fait une nécessité, l'empereur lui confia le gouvernement de Venise. C'était sans contredit un des plus beaux emplois de la monarchie autrichienne. Cliasteler y passa dix ans, environné de toute la considération et de tous les avantages mérités par une carrière honorable. Son éducation, et un goût en quelque sorte héréditaire, l'avaient porté dès sa jeunesse à la culture des lettres; et il avait approfondi tout» les parties des sciences exactes. Quoiqu'il n'ait jamais commandé en chef, on |>eut être assuré qu'il n'ignorait rien de ce qui est nécessaire à la conduite des armées. Son coté faible émit une vue tellement courte tpi'il ne distinguait pas à cinquante pas. Ce général mourut à Venise, le 7 mai 1845; et il y reçut de grands honneurs funéraires. Un monument lui fut élevé dans cette ville en 1827, et on y lit sur toutes les face* une longue émimération de tes victoires. Le fcId-marécliaMieutenant du Cliasteler était commandeur de Marie-Thérèse et décoré de la plupart des ordres de l'Europe. — Son oncle, le marquis Ciustei.fr , qui mourut le 50 niai 1820 dans son château de Moulbais, prés d'Atb, avait aussi servi avec distinction dans l'armée autrichienne. Il était chambellan du roi des Pays-Bas. M— n j.

CHASTELETouCHATELET (Paul du), de l'ancienne maison deHay en Uretagne qui se vautait d'être sortie de celle des comtes de Carlile, une des plus illustres d'Ecosse, né en 1599 ou 15115, fut d'abord avocat général au parlement de Hennés, puis maître des requêtes et enfin conseiller d'État. Clvargé d'établir le parlement à Pau, il exerça, en 1635, l'inlendance de la justice dans l'armée royale, commandée par le roi Louis XIII en personne. Son espril le fil clvoisir |KMir èlre un des premiers membres de l'Académie française , et il fut le premier secrétaire «le celle compagnie jusqu'à sa mort , le 18 avril 1056. Magistrat intègre et habile orateur, il employa

(I) Un historien allemand, M. Pnsier, reproche ■ CkaMdrf d'avnir. en gênerai, mis moins de vigueur dans se* mesures défensives que ne U lirenl plus lard les paysans tyrolien*. L'exaspérât»» de ceux-ci etaii poussée an point qu'ils rmsuliereol a Hall, quand il voulu: se retirer t>ae le ■•usirrihal, sons prétexte de rétablir le* eoaaunnirations «ver I anhidue Jean. Celle Intarie, ajouir Pfaler, procura une entrée facile a Lcfrbvrr dans l'Innlbal «t dans le village île ■tJmitt, que le* paysan» drteudireut vaillamment et ou Us se «rem Le même <

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souvent son éloquence pour tacher de sauver les victimes de la vengeance du cardinal de Richelieu, et il fut un de ceux qui intercédèrent avec le plus de chaleur en faveur du duc de Muntmorenci. On cite de lui plusieurs bons mois. Un jour qu'il était avec M. de St-Preuil qui sollicitait la grâce de ce seigneur, et qu'il insistait lui-même de tout son pouvoir, le roi lui dit : «Je pense que M. du Chas- « telct voudrait avoir perdu un bras pour sauver «t M. de Montmorenci. » Il répondit : « Je voudrais, « sire, les avoir perdus tous deux, car ils sont inutiles a à votre service, et en avoir sauvé un qui vous a « gagné des batailles et qui vous en gagnerait en- « core. » Le faclum qu'il publia en faveur de Boutcvillect de des Chapelles (voy. Bouteville) parut si éloquent et si hardi, que Richelieu lui reprocha que sa pièce semblait condamner la justice du roi : • Pardonnez-moi , répliqua du Cltastclct , a c'est pour justilicr sa miséricorde , s'il en use cn- « versun des plus vaillants hommes de son royaume.» Il était un des commissaires nommés au procès du maréchal de Marillac ; voulant fournir à celui-ci un motif de le récuser, il écrivit conlre lui une satire latine en prose rimée ; mais son artifice fut découvert, et il fut lui-même privé de sa liberté pendant quelques .jours (t). Cette pièce curieuse se trouve dans le journal du cardinal de Richelieu. Ce ministre aimait à s'entretenir avec du ChastcU-t. dont il goûtait beaucoup l'esprit plein de feu; mais il se déliait de la solidité de son jugement , et ne lui donna jamais d'emplois considérables. Un peu avant sa mort, il lui lit donner 10,000 écus; aussi celui-ci , dans la plupart de ses ouvrages , s'attache à Taire le panégyrique du cardinal. Les principaux sont : 1" Entretiens des Champs-Elysées, 1051, in-H"; 2- Avis aux absents de la cour, pièce de cent cinquante vers, contre ceux qui avaient suivi la reine mère à Bruxelles; on la trouve dans le recueil de Sercy ; S' Recueil de diverses pièces pour icrrir à l'histoire (de 1626 à 1653), Paris, 1653, in-fol. ; 4» Histoire de Bertrand Duguesclin , enrichie de pièces originales, Paris , 1666, in-fol. On lui attrihue aussi la Seconde Savoisienne, Grenohle, 1630, in-8\ — Paul Hav, marquis nu Chastelet, son lils, a publié: 1« Traité de l'éducation de monseigneur le Dauphin , Paris , 1004 , in-12; 2" Traité de la politique de France, Cologne, 1669, in-12, réimpr. sous le titre de : Troisième partie du Testament politique du cardinal de Hiclulieu , Amsterdam (Lyon), 1689, in-12. Des exemplaires portent : Mémoire politique d'Armand de Plestis, cardinal duc de Richelieu, etc. C M. P. CHAST1SLLLX ou CHASTELLS (2) (Claude

(!) t'Mi après être sorti de prison, on le mena a la messe do rot, el comme te prince non-seulement M le regarda pas, mais semblait af.ecler de tourner la tète d'un autre rolé, du ChâsMM supputant <l« d elail chagrin de voir on homme qu'il venait de maltraiter, s'approcha de Sl-Siraon, el lui dit : t Je tous prie, « monsieur, de dire au rot que je lui pardonne de bon eteur, c et qu'il me tasse l'honneur de me regarder. » U roi, auquel on rendit compte de celle naïveté , en rit beaucoup , cl fit beaucoup de caressées a son auteur.

(8) Le P. Anselme l'appelle CJuulelui, el Noréri a suivi rette

«S dif-

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de Beauvoir, seigneur de Mont-Sl-Jean, vicomte d'Avalon, connu sous le nom de maréchal de), né en 1 385 ou 1 386, était lils de Guillaume de Beauvoir, seigneur de Chaslellux, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne, mort en 1408, et de Jeanne de St-Verain, veuve de Geoffroy du Bouchet; Jean de Beauvoir, son grand-père, servait en 1552, en Picardie, sous le roi de Navarre. L'attachement que Jcan-sans-Peur, duc de Bourgogne , avait eu pour Guillaume de Beauvoir, lui fit accorder en 1409, à Claude, les mêmes fonctions que son père avait exercées auprès de lui. 11 y ajouta plus tard le gouvernement du Nivernais, et il lui conlia, en 1417, celui des villes de Mantes, de Pontoise, de Meulan, de Poissy et du plat pays d'alentour, pour les garder contre ses ennemis. Au mois de mai de l'année suivante (1418), des partisans secrets du «lue de Bourgogne, ayant proposé au seigneur de Ciste-Adam de l'introduire dans la ville de Paris avec la garnison de Pontoise, dont il était capitaine , celui-ci rassembla les garnisons des forteresses voisines où se trouvaient des chevaliers bourguignons, gens de courage et d'entreprise , |tarmi lesquels se faisaient distinguer Gui de Bar, le seigneur de Chaslellux, le seigneur de Chevreuse , etc. Quoique entre eux tous ils pussent à peine réunir sept à huit cents chevaux, ils n'hésitèrent pas à se déterminer pour une aussi grande entreprise. Ils eurent confiance en la fortune, et la chose fut résolue. Dans la nuit du 28 au 29 mai, ils pénétrèrent par la porte de St-Germain qui leur fut ouverte par Perrinet Lcclcrc, fils d'un riche marchand de fer, et avec l'aide de quatre cents Partsiens armés qui avaient été mis dans le complot et soutenus par le peuple de Paris, partisan des Bourguignons et ennemi des Armagnacs, ils par vinrcul a chasser ceux-ci de la ville. Les Bourguignons s'cuqiarérent ensuite des différentes charges. Le sire de Cliaslellux se fit nommer, dés le 0 juin, maréchal, en place du maréchal de Rieux , et le sire Charles de Lens, amiral, au lieu de messire de Bratpiemout. Au mois d'août ou île scptcmhrc suivant, Chaslellux fut établi lieutenant et capitaine général dans le duché de Normandie. Peu après il fut battu dans une rencontre prés de Louvicrs, et tomba au pouvoir du vainqueur. Racheté hientôt par le roi , on lui commit la garde de plusieurs châteaux el forteresses tant en Brie qu'en Bourgogne. Au mois de juillet 1419, le seigneur de l'islc-Adam ayant laissé surprendre la ville de Pontoise restée sans défense (2) , le duc de Bourgogne, forcé de se retirer après ce désastre, se rendit à Troyes. Il laissa pour défendre St- Denis le maréchal de Chaslellux, dont les gendarmes pillèrent la ville, chassèrent les religieux, et logèrent leurs fillettes dans l'ahbaye, disent des chroniqueurs cités par M. de Bâtante (2). faisant ainsi de ce saint

tantôt écrit Domùw it Cutnluci», i du marerh.il est écrit tel que non* lulptées, en U pov l'un de ses dépendants, un pillage de plus de a uiill de Si-Dents.

férenls actes où ce nom i.m/fj'Hj , Cki/eiu. Le l avons adopté, dans session du omit de (I) Les Anglais y l'i) Juveual «t U

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lieu une maison de prostitution. Après l'assassinat

de Jean-sans-Peur (10 septembre 1419), son successeur s'allia aux Anglais, et Cliaslellux fut rappelé en Bourgogne. Desappointe de sa charge de maréchal de Fronce au mois de janvier 1421 , il accourut en 1423 avec d'autres gentilshommes bourguignons, |k)ui- arrêter les progrés des Français qui venaient de s'emparer d'une forteresse assez considérable, nommée Crevant , qui se trouve entre Aux erre et Avallon , sur la rive droite de l'Yonne. La place ayant été reprise, la défense en futeonliée à Cliaslellux. Vivement pressé par l'armée française qui s'était portée tout entière sur Crevant, celui-ci, réduit ainsi que ses braves compagnons aux dernières extrémités de la famine, se défendait depuis cinq semaines avec la plus grande bravoure, lorsque le duc de Suffoîk, à la téte de 6,000 Anglais, rejoignit les troupes bourguignonnes et marcha à son secours. Dégagé après un combat sanglant, Cliaslellux lit une vigoureuse sortie, et, attaquant les Français par derrière, contribua ainsi à la victoire que les Anglais et les Bourguignons remportèrent près de Crevant, et où périrent un grand nombre d'Écossais et de Français. Jean Sluart, que les Français nommaient le connétable des Ecossais, eut dans cette bataille un œil crevé et se rendit au commandant français. Après la victoire, Chastellux fut comblé d'éloges et dïionneurs ; et le duc Philippe lui témoigna publiquement son contentement, eu le dédommageant par d'amples gratifications des pertes qu'il avait faites. Le chapitre d'Auxerre, auquel il avait remis Crevant, pour consacrer à jamais ce mémorable fait d'armes et témoigner sa reconnaissance, institua que l'afnd de la maison de Cliaslellux serait chanoine honoraire, et pourrait assister aux offices, armé de toutes pièces, avec un surplis par-dessus, et tenant un faucon sur le poing. De son coté, le roi d'Angleterre lui lit, en 1424, une pari considérable dans la distribution des terres confisquées sur les sujets du roi de France. Chastellux assista, en 1431, avec le chancelier de Bourgogne, à l'assemblée tenue a Auxerre, pour y traiter de la paix avec le cardinal de Ste-Croix et avec les ambassadeurs du roi de France et d'Angleterre, et obtint, en 1433, l'autorisation de fortifier la tour et la maison du vicomte d'Avalon, qui avait été ruinée par les guerres. Ayant été troublé en la possession et jouissance de la capitainerie et gouvernement de cette ville et du pays d'alentour que le duc Philippe le Bon lui avait donnés, il y fut maintenu, en 1440, par le comte de Fribourg, maréchal de Bourgogne. Le gouvernement el l'administration de la justice des terres et baronnics ducomtedcNevcrs venaient de lui être confiées par ce prince, lorsqu'il mourut, le 12 mars 1453. On voyait avanl la révolution, dans l'église cathédrale d'Auxerre, la statue de Claude de Chastellux, à geuoux, dans le costume que nous avons déjà décrit. Détruit en 1793, le tombeau du maréchal de Chastellux a été remplacé par un monument en marbre b/au< que le comte de Cliastellux a fait élever en 1822 dans la cliapelle de la Vierge. Chastellux avait été marié trois fois, avant H 12 à Alix de Toucy, dame du Monl-Sl-Jcan, VJH.

veuve d'Oger, seigneur d'Anglure, qu'il avait enlevée de nuit dans son château du Val de Loigny, ensuite, en 1427, à Jeanne de Longuy, fille du seigneur de Haon, el de lionne de la Trémoille, et enfin à Marie île Savoisy. 11 n'eut point d'enfants de ses deux pre miéres femmes; mais il laissa plusieurs fils et plusieurs filles de sou troisième mariage. Quelques-uns de ses descendants ont péri sur le champ de bataille ; nous ne citerons que César-Pierre, comte de Chastellux, tué d'un coup de canon, le 5 août 1645, à la bataille de Nordingue, où il faisait la charge de maréchal do l»taille, et Philibert-Paul, comte de Chastellux, colonel réformé, tué le 1" septembre 1701, au combat de Chiari, en Italie, à l'âge de 33 ans. D— z— s.

CHASTELLUX (Fiunçois-Jean , marquis de), maréchal de camp, de la même famille que le précédent, connu pendant une grande partie de sa vie sous le titre de chevalier de Chastellux (1), naquit à Paris en 1734. A quinzeans, il entra au service, et six ans après, on lui donna le régiment de son frère ainé ; puis un régiment de quatre bataillons, qui porta son nom. 11 lit toutes les campagnes d'Allemagne avec un zèle et une intelligence qui le distinguèrent bientôt. Petit-fil», par sa mère, du chancelier d'Agucsseaii, il donnait aux lettres tout le temps que le service n'exigeait pas, se faisait aimer des officiers et chérir des soldats. En 17 Hit, il passa en Amérique, où il fil les fonctions tle major général dans l'armée de Hochambeau. Pendant les trois années qu'il passa dans ce pays, il ne cessa de donner des preuves de courageetd'aclivité.lls'y lia étroitement avec Washington. A son retour, il obtint le gouvernement de Longwy, et la place d'inspecteur d'infanterie , qui lui fournit une nouvelle occasion de manifester son zèle el ses talents. Il mourut le 28 octobre 1788. Lié dés sa jeunesse avec les littérateurs et les savants les plus distingués , Chastellux prit dans leur société un goût ardent pour l'étude, qui remplit tous les instants de sa vie, mais qu'il subordonna toujours aux devoirs et aux fonctions de son état. Lorsque l'inoculation était encore combattue en France, Cliastcllux, âgé à peine de vingt et un ans, n'hésita pas à se faire inoculer. Après sa convalescence, il alla voir Buffon à qui il dit : a Me voilà sauvé ; mais ce « qui me touche davantage, c'est que mon exemple « en sauvera bien d'autres. » Dans des temps difficiles, il avait donné aux gens de lettres des marques d'une amitié courageuse, et ils l'en récompensèrent en le recevant parmi eux. Il fui reçu a l'Académie française en 1773, après avoir brigué cet honneur avec autant de passion que s'il eût été question du bâton de maréchal. Un a de lui : i" Réponse à une des principales objections qu'on oppose maintenant aux partisans de l'inoculation , Paris, 1764, in-12. 2e De la Félicité publique, ou Considérations sur le sort des hommes dans les différentes époques de riiisloire, Amsterdam, 1772, 2 vol. in-8» ; Bouillon, 1776, 2 vol. in-12, avec des augmentait) Il ne prit le titre de IMttStt qu'après II mort de Philippe Uni», «on frtre aîné, arrivée en »7hj. D-i-*.

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lions; Paris, Rcnouard, 1822, 8 vol. iti-ê*, avec des noies inédites de Voltaire. Les deux premières éditions étaient anonymes. L'auteur s'y est proposé de prouver par l'histoire que le sort du genre humain s'est amélioré, à mesure que les lumières se sont étendues, et que le bonheur généra) s'accroîtra à mesure qu'elles s'augmenteront. Des recherches profondes , des connaissances variées, des vues ingénieuses se réunissent a l'appui de cette importante vérité. Ou désirerait que cet ouvrage eût une marche plus médiodique , moins d'appareil de science dans les détails, cl plus de simplicité dans le style. Voltaire l'a mis au-dessus de ['Esprit des lois , ce qui , au moins, est une exagération. 3* Discours de réception à l'Académie français, Paris, 1773, in-4\ 4* Voyages dam l Amérique septentrionale, dans les années 1780-81-82, l'aris, 1786, et ihid., 1788, 2 vol., 2* édil. avec carte* et lig. Ce livre ne contient que le journal de deux voyagea, l'un depuis Ncwport jusqu'à Philadelphie, et de la à Saraloga, puisa Portsruoulh, dans le New-llampshire ; l'autre dans la Imute Virginie. On y trouve de* détails intéressants sur riiisloire naturelle du pays, et sur les différents lieux témoins des événements de la guerre d'Amérique , ainsi que des observations sur les mœurs des habitants et sur le caractère de* iiersonnages les plus célèbres. C'est le plus instructif des ouvrages de l'auteur; il s'y montre homme d'esprit, militaire éclairé, observateur judicieux et homme aimable. Son style est celui d une narration familière et enjouée; cependant il s'élève quelquefois avec le sujet, comme, par exemple, dans le poru-aitde Washington. La \ " édition, qui ne contenait que le 1*' volume, fut imprimée à 27 exemplaires, par Barbier, au moyen d'une imprimerie portative qui se trouvait à bord de l'escadre française de Plwde-lsland, et sous ce litre ; Voyage de Ncwport à Philadelphie , Albany , Newport , imprimerie de l'escadre , iu-4*. Quelques fragments isolés du second voyage de Chastellux ayant été imprimés dans les différents numéros du Journal de Gotha , un imprimeur de Cassel les réunit sous le litre de Voyage du chevalier de Chastellux La publicité d'un ouvrage aussi informe engagea l'auteur à consentir à la publication de son journal, en 2 volumes. Cet ouvrage , écrit avec facilité, et qui a été traduit en anglais et en allemand, fut critiqué en 1783, avec une sévérité injuste, par un écrivain français qui avait parcouru ces mêmes pays , et qui avait donné plus d'extension, mais moins d'agrément à «a relation. (Voy. Baissai-.) 3° De V Union de la poésie et de ta musique, la Haye (Paris), 1705, in-12. On y remarque un peu trop de prévention |»ur la musique italienne. 6° Essai sur l'opéra , traduit de l'italien d'Algarotli, suivi d'iphigénie en Aulide, opéra, par le traducteur, Pise et Paris, 1773, m*». 7* Eloge d'Utive tins 1 1 77 V , brochure in-8°, attribuée à Saurin par L.-Théod. Hérissant. Le style en est lourd et embarrassé. 8* Discours sur les avantages et les désavantages qui résultent pour l'Europe de la découverte de C Amérique, Londres (Paris), 1787, in-8°. Cette question, proposée par Kaynal, est ici résolue

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en faveur des avantages. Suivant Laharpe , ce morceau est ce que l'auteur a fait de mieux; il est bien pensé, assez bien écrit , plein de résultats lumineux et de vérité» utiles. 0° Discours en vers adressés aux officiers et aux toldats des différentes armées amér ricaine», par David Humphreys, traduit de l'anglais, Paris, 1786, in-8*. Le marquis de Chastellux a aussi ajouté des réflexions et fies notes à ['Instruction militaire du roi de Prusse pour ses généraux , traduit de l'allemand, par Fucsch ( IT6I, in-12). On lui doit encore les Eloges de MM. Closen et de Belsunce, insères dans le Mercure de 1765, et des réponses, comme directeur de l'Académie frauçaiseaux discours deréceptionde Rulhière, en 1784, et de Morellet, en 1787, enfin un grand nombre d'articles dans les jour» naux du temps ; ces morceaux se font distinguer par beaucoup d'esprit et par un zèle infatigable pour le progrès des lettres et des arts. Il avait aussi fourni des articles pour le supplément de V Encyclopédie, entre autres, l'article Bomieur public, qui fut rayé par le censeur, parce que le nom de Dieu ne s'y trouvait pas une seule fois ((). Parmi les manuscrits laissés par Chastellux, se trouvent quatre comédies qui avaient été jouées avec beaucoup de succès sur différents théâtres de société. E— s.

CHASTENAY-LANTY (Erard-Loiis-Giii , comte de), né le 30 janvier 1748 à Essarois, en Bourgogne, d'une des plus anciennes familles de cette province, entra fort jeune dans la carrière des armes et parvint bientôt au grade de colonel. Tout concourait à lui assurer dans l'armée les plus brillants succès ; mai* s'étanl montré fort opposé aux innovations du ministre Sl-Germain, il donna sa démission et se mit i voyager en Prusse, où il fut présenté au grand Frédéric, et on il put s'entretenir encore avec plusieurs lieutenants de ce grand capitaine. Revenu dans sa patrie, il conçut le désir de se vouer à la diplomatie. Il avait parcouru l'Italie et toute l'Allemagne. H avait fait un cours de droit public i l'université de Goettinguc, et assisté au congrès de Teschen ; partout il s'était attiré la considération et l'estime. Mais le gouvernement n'accueillit pas avec faveur ses prétentions, et il les oublia bientôt lui-même. L'éducation de ses enfants, de savantes éludes et la pratique des bienfaits, occupèrent tous ses moments. Le comte de Chastcnay fut en relation avec les savants les plus distingués de son temps, entre autres Fourcroy, Charles de Jussieu, Desfontaincs, Thouin, etc. Il avait possédé, près d'Amiens, une terre appelée Fleury, qu'il foi obligé de vendre pour arrangement d'affaires. Son souvenir et celui de madame de Chastenay s'y sont perpétués à travers deux ou trois générations. Revenu en Bourgogne, ce fut là surtout qu'il exerça sa bienfaisance. Frappé des inconvénients qui résultaient pour les pauvres, dans

M) DM Sotict ter le mtreui, it Ckastctlui ■ ét* |»Mk* par ion ttl». M. I* cmic Alfred de CUatellux, Paris, Rencard, «•«♦ in-80 ; cite m' trouve au«i ea tele de l edilkM de la FOUtse S— Hieoe dunnee par te mes» libraire; M M. P«<altet a (ail paraître en «SU une Vetice hUlerijue sur la «tison it CkttUlhs, <j«i

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on par? alors fort isolé, du déftitit des secours dé l'art, H traita, en 1781, avec le chirurgien le plus habile du canton, cl lui Ht contracter l'engagement de visiter tous les quinze jours les ramilles pauvres de la commune d'Essarois. Les médicaments devaient élre fournis à ses frais , et ce traité a été exécuté jusqu'à la lîn de 1799. Dans le même temps, le comte de Chastenay avait établi un bureau de bienfaisance dont il faisait seul tous les fonds. Les crises de la révolution purent seules déranger cette fondation. L'hiver de 1788 à 1789 fut partout d'une rigueur extrême ; le château d*Essarois devint alors l'asile de la population souffrante. Les élections pour la dépntalion aux états généraux s'ouvrirent au commencement de 1789. Le comte de Cliastenay, qui eût sans doute réuni beaucoup de suffrages dans le tiers états, dut accepter sa nomination dans l'ordre de la noblesse ; mais, dès le commencement, il fut du petit nombre de cet ordre qui se réunit au tiers état, et qui vota pour les innovations. Admirateur de Neckcr, il appuya toutes les dangereuses concessions que ce ministre prescrivit alors au pouvoir royal, et il se mit en relation avec tous les meneur* de la révolution dans sa province. Ce ne fut qu'au mois de juin 1791, après le malheureux voyage de Varennes, qu'il reconnut l'imprudence de tant d'innovations, et qu'il signa une tardive protestation. Après la session, il se rendit à Houen avec sa famille, et il ne revint à Paris qu'au printemps de 1794, au moment où la terreur était A son comble. Bientôt obligé de retourner à Châlillon, pour ne pas être mis sur la liste des émigrés, il y fut cependant inscrit par le département de la CôtedOr, bien qu'il n'eût pas un seul instant quitté la France ; il fut même dénoncé A Fouquier-Tainville et conduit prisonnier A Paris, oû le 9 thermidor vint le soustraire au danger le plus imminent, et dont ne l'eussent tiré ni les souvenirs de sa conduite patriotique, ni la plus touchante réclamation des habitants d'Essarois. Le pouvoir tyrannique de Robespierre était renversé depuis deux mois, lorsque le comte de Chastenay fut traduit au tribunal révolutionnaire qui n'avait pas cessé d'exister, mais dont les juges avaient été changés pour la plus grande partie. Il eut principalement à répondre devant ce tribunal d'une lettre qu'il avait écrite en 1793 i un de ses amis de la Côte-d'Or en faveur des prêtres non assermentés, et fut défendu par le célèbre Béai, qui n'eut point de peine a le faire acquitter . mais dont le talent eût été parfaitement inutile deux mois auparavant. Il retourna A Cbâtillon aussitôt après, et y reprit avec délices ses occupations de bienfaiaance et d'utilité. Lorsque les désordres de la révolution commencèrent à prendre tin, sous les auspices de Bonaparte, Cliastenay devint membre du conseil du département de la Côted'Or ; et il fut vice-président, durant toute sa vie, du bureau de bienfaisance de la ville de ChAtillon. Il fut porté, en 1811, par les électeurs de son arrondissement A la candidature du corps législatif; et, quand il en fut temps, choisi par le pouvoir. Dans cette assemblée, comme partout où il avait passé, le

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comte de Chastenay se lit remarquer par ses opinions libérales et son opposition au despotisme. En ce sens, il eut quelque part A l'opposition qui se manifesta parmi les membres du corps législatif au commencement de 1811. Il adhéra ensuite un des premiers à la déchéance de Napoléon, et se soumit sans hésiter au gouvernement royal. Après la dissolution de la chambre des députés, qu'amena le retour de Bonaparte en 1815, il retourna dans son département, et ne fut point réélu en 1815. A compter de ce moment, il cessa de remplir toute fonction publique, A l'exception de celle de membre du bureau de bienfaisance de ChAtillon. A la lin de 1825, sa santé, qu'avait longtemps entretenue une vie pure cl exempte de tous genres d'excès, fut altérée par une maladie éruplive. Il eipira le 20 avril 1850. Le dernier acte de sa vie fut la concession à la commune d'Essarois d'un terrain qu'elle désirait pour élever une maison commune.— Henri- Louit, comte de Chastknav Lantv, lils du précédent, né à Paris, le 8 juillet 1772, et mort le 5 mai 1834. était entré fort jeune dans une compagnie des gardes du corps; et en 1792, comme sous- lieutenant dans la garde constitutionnelle de Louis XVI , qui fut bientôt licenciée. Echappé non sans peine aux périls que tous les défenseurs du roi coururent A la suite du 10 août 1792, il rejoignit sa famille à Rouen, puis revint avec elle de ChAtillon. Kn 1794, il servit utilement son père par son adresse et son courage, en retardant son arrestation. Incarcéré bientôt lui-même, A cause, était-il dit dans le mandat d'arrêt, de l'union quirégnait dans toute la famille et qui devait impliquer la complicité de» enfant» avec un père traduit devant le tribunal révolutionnaire, il resta en prison jusqu'au 9 thermidor. Il avait épousé mademoiselle de Guiche, dont il n'a point laissé d'enfants. En 1814, il fut chargé de jwrter A Louis XVIII le décret de son rappel et de celui de sa famille; et il remit ce décret A Calais entre les mains du roi lui-même. Il entra ensuite, avec le grade d'ofllcier supérieur, dans les chevatilégersde la garde. Après la suppression de ce corps, en 1815, il fut employé comme colonel dans la première division militaire, où il remplit par intérim, A Versailles et à Orléans, les fonctions des généraux absents. Il lit la campagne d'Espagne, en 1823, comme chef d'état-major de la division de dragons du premier corps. Chef d'état-major au camp de Lunéville, en 1827 et 1828, il lit encore preuve de zèle et de capacité. Il se soumit A toutes les conséquences de la révolution de 1830, et fut créé pair de Franco en 1852. Simple, doux et affectueux, le comte Henri de Chastenay fut chéri de tous ceux qui le connurent. En lui Hnit la maison de Chastenay.— Yielorine de Chastenav, sa sotir, née vers 1770, ancienne chanoinesse, distinguée par ses talents en musique, est connue dans les lettres par plusieurs ouvrages et traductions estimés : 1» le» Mystère» d'Udoiphe, trad. de l'anglais d'Anne RadclifT, Paris, 1797, 4 vol. in-12 ou 6 vol. in-18; îbid., 1808, édition revue par Desprez, et 1819, mema format. Ce roman passe pour un dei chefs-

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d'œuvro du genre, et, au jugement de Chénier [Tableau historique de la litléralure française), madame V. de Cbastcnay n'en a |>as affaibli les sombres beautés. 2° Calendrier de Flore, ou Elude de fleurs d'après nature, Paris, an 10 (1802) et 1804, 2 vol. iii-H". 3° Du Génie des peuples anciens, ou Tableau du développement de l'esprit humain che: les peuples anciens, ibid., 1808, 4 vol. in-8". 4° Les Chevaliers normands en Italie et en Sicile, et Considérations générales sur l'histoire de la chevalerie, et particulièrement sur celle de la chevalerie en France, Paris, 1816, in-8°. P— J— T.

CHASTILLON (Hlgles de), de l'ancienne et illustre maison de Châtillon-sur Marne (ainsi appelée de la petite ville de ce nom, entre Épernay et Château-Thierry), était, en 1227, comte de St- Pol et de lilois. Yolande, sa nièce, épousa Arcbarobaud de Bourbon, le jeune, 9" du nom, lils d'Archambaud VIII, seigneur de Bourbon, et d'une fille de Dreux de Mcllo, connétable de France. La fille puînée d'Arehambaud IX et d'Yolande de Chastillon fut alliée à Jean, frère d'Kudes de Bourgogne ; Béalrix, leur lille, épousa Robert de France, comte de Clermont, sixième lils de St. Louis, et lige de la maison de Bourbon. — Arnaud de Cn astillon, prince d'Anlioche, par sa femme, Constance, héritière d'Autioche, et nièce de Mélisende, reine de Jérusalem, suivit Louis le Jeune à la terre sainte, s'y couvrit de gloire, et fut tué par Saladin, qui le regardai! comme le plus redoutable de ses ennemis. — Jean de Chastillon, comte de Chartres et de Blois, reçut, en 1271, de Philippe III, dit le Hardi, le titre glorieux de garde, tuteur et défenseur de ses enfant v i de l'Etat. Sa fille épousa, en 1272, Pierre de France, comte d'Alençou, cinquième lils du roi St Louis. D. L. C.

CHASTILLON (Gaucher IV de), 1" comte de Porcéan, naquit en 1250. Il était lils de Hugues II, seigneur de Chàlillon, de Crecy, etc.. et de Isabcau de Villehardoin. Après avoir passé par tous les grades de la milice, il fut créé connétable de Cham|tagne, en 1286, et commanda les troupes de cette province partout où elles se trouvèrent. 11 rendit au roi un service des plus signalés, en mettant cn fuite l'armée de Henri, comte de Bar, gendre du roi d'AnglcteiTe, qui était entré cn Champagne en 1291. Il se battit cn héros à la funeste journée de Courtrai, le 11 juillet 1502. Sa valeur et son expérience lixércnt le choix de Philippe le Bel, qui lui remit de sa propre main Pépie de connétable, après la mort de Raoul de Clermont de Nesle, tué à celte bataille. Le roi lui donna aussi la terre de Chûtcau-Porcéan, qu'il érigea cn comté cn 1505. Sa prudence et son courage n'éclatèrent pas moins au combat de Mons-en-Puelle, le 18 août 1501, et contribuèrent beaucoup à la victoire que ce prince remporta sur les Flamands. Les ennemis avaient pénétré jusqu'à la tente du roi ; tout était cn désordre, tout était perdu , si Chastillon ne fût arrivé avec la gendarmerie ; il dégagea le roi, renversa les Flamands, et les mit en fuite. Il lit couronner roi de Navarre, à Pampelune, en 1507, Louis, (ils aîné de Philippe le Bel, et depuis roi de France,

sous le nom de fouit A', dit le Butin. Ce prince lui conlia alors les affaires les plus importantes. Gaucher de Chastillon assista au sacre de Philippe le Long, et à celui de Cliarles le Bel, qui le choisit, en 1524, pour l'un de ses exécuteurs testamentaires. Il signa comme commissaire, au nom du roi, les truites de paix faits avec l'Angleterre cn 1325 et 1326; il commanda l'armée française à la bataille de Mont Cassel, en 1528, où les ennemis furent entièrement défaits, et il mourut l'année suivante. D. L. C.

CHASTILLON ( Alexis-Madeleine-Rosalie, duc de), né eu 1690, et l'un des descendants des précédents. Colonel d'un régiment de dragons de son nom en 1705, il obtint, cn 1715, le grand bailliage et la préfecture royale d'Haguenau, érigés en fief masculin pour lui et ses entants maies. On le créa successivement inspecteur général de la cavalerie, commissaire général, et mestre de camp général de celle arme, maréchal de camp cn 1719, et chevalier des ordres du roi en 1731. Employé à l'armée d'Italie en 1733 et 1734, il combattit i Parme, fut créé lieutenant général, et, commandant la- cavalerie à la bataille de Guaslalla, chargea deux fois celle des ennemis, la repoussa, et, en la poursuivant, fut dangereusement blessé a la jambe d'un coup de fusil. Ses vertus et la iiautc estime dont il jouissait à la cour le firent choisir, en 1735, pour être gouverneur du dauphin, lils de Louis XV. 11 fut créé duc et pair en 1736, etlieutenant général au gouvernement de Bretagne en 1739. Il conduisit le dauphin à Metz, lors de la maladie du roi, et fut exilé peu après. On prétexta que c'était pour avoir amené le jeune prince sans la permission du roi, qui ne pouvait la donner, puisqu'il était mourant; mais les conseils qu'il donna à son élève, dans le moment où il crut qu'ilallait monter sur le U-one, furent la véritable et l'honorable cause de sa disgrâce. Il revintdeson exil cn 4747 ; mais il ne parut plus à la cour, et mourut en 1754. — Louis Uauclur de Chastillon, son lils, fut le dernier mâle de sa maison. Il avait épousé, en 1756, Adrienne-Emilie de la Valliére. Il est mort en 1762, et n'a laissé que deux filles, les duchesses d'Uzès et de laTrémouille. La maison de Chastillonsur-Marne, dont André Duchesne a écrit l'histoire (Hi2l, in-fol.), a eu six alliances avec celle de France, une avec la maison d'Autriche, et une avec celle de Jérusalem. — Eudes de Chastillon, de la même famille, fut le second des papes français, sous le nom d'L'rbain II, en 1088. (Foy. Urbain.) D. L. C.

CHASTILLON (Claudb de) (11, l'un des meilleurs ingénieurs que la France ait produits, naquit à Chalons-sur-Marne, cn 1547, d'une honnête famille fort considérée dans le pays. Bien jeune encore, il étudia avec ardeur le dessin et la géométrie. Entraîné pur une vocation prononcée, il fit des

(i) On a consacré, dans h premllr* édition de b Biographie uuirertelle, an article de quelques lignes seulement a ce célèbre ingénieur qn'un appelle pur erreur Sicolat de Ckilitltu. La Même erreur est commise par U Biographie générale det hommes célèbre* tnorti et riianls, Paris, HtSfl, m-**. C'est a une notice arclu-ulopque, insérée par M. Gmnet dans X'teho du Momie tarant, qoe nous avons emprunté e« qne non» rapportons de Chastillon.

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progrès rapides dans ces deux sciences. A ce goût pour le dessin venait se joindre un penchant irrésistible pour les voyages et les excursions lointaines. Ses parents lui firent quelques reproches de sa vie un peu nomade. Ils ne comprenaient pas l'instruction solide et variée que le jeune dessinateur recueillait de ses pérégrinations fréquentes; manquant de perspicacité, ils prirent pour du vagabondage ses études d'après nature, entreprises presque toujours à pied et l'escarcelle ordinairement légère. De même que Jacques Callot, Salvator Kosa et tant d'autres, le jeune Chastillon, dominé par sa passion pour l'art, fil peu d'attention à ces remontrances un peu dures ; enfin lassé de ces persécutions continuelles, un beau jour il s'enfuit de la maison paternelle sans mot dire. Plus heureux que Callot, il ne s'enrôla pas comme lui dans une troupe de bohémiens pour errer de ville en ville, mais il s'estima fort heureux en acceptant une modeste place chez un architecte ingénieur qui l'envoya en tournée. Son talent grandit avec l'âge ; plusieurs plans habilement conçus, et quelques créations importantes, l'ayant fait remarquer à la cour de Henri IV, il fut nommé topographe du Roy en 1580 (1). « Rien ne réussit comme le succès, * a dit un spirituel auteur. Nous pensons qu'il est inutile de dire que les parents de Chastillon et ses amis, qui l'avaient abandonné et avaient rompu toute relation avec lui aux jours de l'adversité, s'empressèrent de se réconcilier avec lui quand son mérite fut enlin révélé au public. La France était alors en proie à la guerre civile ; les dissensions intestines qui désolèrent notre pairie pendant la seconde moitié du 16' siècle fournirent au burin fécond de i'arliste champenois un grand nombre d'épisodes variés. On ne voit dans ses croquis de celle époque que sièges, batailles rangées, charges nocturnes, etc. Satisfait de son nouvel emploi, il visita successivement la France, la Savoie, la Suisse et une partie de l'Italie. Naturellement brave et doué de celte courageuse persévérance qui caractérise le véritable artiste, l'intrépide Chastillon bravait le sifflement des balles et le feu de la mitraille pour esquisser un plan decampagne. Cela ne rappelle-t-il pas le célébie peintre de marines , Joseph Vernet , qui se fit attacher au sommet d'un mât, en 1745, pour contempler l'horreur majestueuse d'une tempête? La descendance de Chastillon fut une génération d'artistes comme celle de Joseph Vernet. Louis de Chasiillon , né à Ste-Menehould ( Marne ) , graveur de l'Académie des sciences, sous Louis XV, descendait de l'ingénieur chalonnais. Hugues et Bernard Picard, célèbres graveurs du 17* siècle, étaient aussi ses parents par alliance. Enfin nous avons ru, dit M. Ch. Grouet, auquel nous empruntons ces délails tout à fait neufs sur Chastillon, au dépôt des archives de la préfecture de la Marne, un pro-

(4) On Ht dan* la BrUre Chronologie eu tommeire de* lempu,

par P.-D. GJillard , advoral en la coor (Paris, Jean Houxé, 1640. In-IS), p. 134 : « Le roy faiet rnireprinse sur Chartres et s'en rend « nuioire a l'aide du sieur de CbastiJloe, lequel y monstra sa valeur

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cès-verbal dressé en 1802 pour constater l'incendie de la cathédrale de Chalons , qui est revêtu de la signature d'un Chattillon, gouverneur des forti- « firalions de Champaigne et de Picardie. La bibliothèque royale (section des estampes) conserve précieusement la collection complète de Claude de Cliastillon (1). On y trouve encore quelques vues do Suisse, d'Italie et de Savoie, dont les épreuves sont fort belles. Le défaut le plus saillant de la topographie de Chastillon, c'est le manque de perspective; des plans dessinés et enluminés par lui ont de l'analogie avec les peintures chinoises. Le sentiment de la perspective considéré comme art y est au même degré que dans les dessins de plusieurs vieux maîtres sur bois , des écoles de Flandre et d'Allemagne avant le 16# siè»lc. Par une singularité inexplicable, il a l'air de ne pas voir d'ombre sur les corps, car il n'en exprime jamais, pas même les ombres portées. II existe dans les paysages cités plus haut, à part le mérite du mouvement et de la physionomie des lieux, celui d'une finesse et d'une naïveté de détails qui attestent la patience et l'esprit observateur de l'artiste. Sans doute c'est avec raison que l'école moderne a proscrit celle exactitude minutieuse qui, loin d'ajouter à la beauté d'un ouvrage, lui donne au contraire de la sécheresse ; aussi ne mentionne-t on pas celle imitation naïve et consciencieuse comme un modèle à suivre, mais on aime à y reconnaître cet amour de l'exactitude scrupuleuse qui caractérise le talent du topographe de Henri IV. Les premiers plans qu'il grava, datés de 1589, portent le millésime de 1015; et on sait qu'il mourut l'année suivante, à l'âge de 09 ans. On grava sur ses plans les noms des éditai» ; ce sont : Jean Boisseau, I. Poinsart, F. Briot et J. DewecrL II serait a désirer, dans l'intérêt de la topographie et de l'histoire de l'art en France, qu'un antiquaire eût la patience de. faire le relevé des plans des villes, châteaux et bourgs de chaque province qui sont épars dans l'œuvre de Claude de Chastillon. Ce relevé donnerait ainsi une statistique à peu près complète de la France monumentale au 1G« siècle. M. Ch. Grouet a essayé de faire ce relevé pour le département de la Marne seulement ; nous le donnons ci-après en note (2) ; le même écrivain a vu

(<) Vokl le litre de ee retnell, dont la rareté est le moindre mérite : Topographie froneotse, oh hepréteuttlion de plutieur* tittet, tourgl, château t, fortcrtUC*. HStigri d'antiquité*, manant moderne* et outre* du royaume de Frauce, sur le* dettin* de deffunct Claude Chattillou, ingénieur du roi, Paris, chez Jean, enlumineur de la reine, avec privilège de quarante ans, 16»s, 4 vul. On doit regretter que re curieux ouvrage ne soit pas snivi on prèeéde d'un texte explicatif des lettres initiales de renvoi qpe l'on aperçoit sur les monuments ; cette li'gAde nous serait d'un grand secours aujourd'hui pour connaître leurs nom*. Il résulte des savantes Investigations de MM. Van Praet et Louis Paris que cette légende indiealxte n'a jamaii elt imprimée.

(3) « L'ancienne ville de Chaalons en Champaigne ; le faohonrg de « Marne fortifie' de neuf, depuis te 2 octobre jusqu'au SO novembre t 4613, par extrême diligence ; Crualons en Champaigne; Rein»; le

< vieil chastrau de Reims ruiné ; le château de Versenay -Irs-Reims

< hasti nouvellement ; la ville d'Esparnay, camp des Romains près c de Chaalons; Montmirail; ancienne porte de Mnntmirail, chastrau « de Montmort (t mes)» la petite ville de Seianne eu Brie, la baron-

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récemment (il écrivait en 1842) à la bibliothèque de j Reims un vieux plan autographe fort peu connu du pont do Rouen , fait par Claude de Chastillon en 1608, qu'il juge digue de fixer à plus d'un litre l'attention des connaisseurs, bien qu'aucun auteur ancien ou moderne n'en fasse mention et qu'il soit resté inédit jusqu'à ce jour. Les historiens qui s'occupent de recherches sur les monuments de la capitale de la haute Normandie devraient, ajoute M. Grouel, le consulter avec intérêt ; ce sera pour eux un guide fort utile. 11 est dessiné à la plume sur papier fort épais, lavé à la gouache et divisé perpendiculairement par un trait noir en cinq compartiments bien distincts dont notre auteur donne les titres et la description Le rédacteur de l'article Ciiatillon dans la 4'* édition de la Biographie universelle prétend que ce fut d'après les dessins de cet habile ingénieur et sous sa conduite que le plan de la Place-Uoyalc a été exécuté ; et que le Pont-Neuf peut être mis au nombre de ses ouvrages, puisque Chastillon eut la gloire de le terminer et qu'il était à peine commencé lorsqu'il fut chargé des travaux. Malgré les détails entièrement nouveaux que M. Grouet nous fournit sur Chastillon, il a la modestie déconsidérer la biographie de ce remarquable artiste comme n'ayant jamais été écrite, et il exprime le désir que M. le préfet de la Marne, qui s'occupe de rccherclies utiles sur l'histoire de son département, fasse publier les documents précieux et inédits enfouis au dépôt des archives; ils jetteront, suivant lui, un jour tout nouveau sur la vie de Chastillon. D— z— s.

CHATEAU (Guillaume), graveur, néàOrléans en 1633, étudia à Paris les principes du dessin, et Ht le voyage d'Italie comme amateur. S'étant lie à Home avec Frédéric Greuter, il devint tellement passionné pour la gravure, qu'il y lit en peu de temps des progrès rapides. Après avoir parcouru une grande partie de l'Italie, et y avoir exécuté avec succès divers portraits des souverains pontifes, il revint a Paris, où ses talents lui méritèrent la protection du ministre Colbert, et uue place a l'académie de |ieinture. Les principaux ouvrages de Château sont : une Attomption de la Vierge, pour le recueil du cabinet du roi, d'après Annibal Carrache ; la Manne du désert, d'après le Poussin ; la Ouérisnn des aveugles de Jéricho ; le Ravissement de St. Pauê; \e Jeune Pyrrhus soustrait aux recherches des Molosses , ainsi que la Mort de Germanieus, d'après le même. On a de lui encore différente» pièces, d'après les tableaux de Raphaël, du Dirrége, de I Albanc, de Ciroférl, de Carie Marattc, et autres grands maître*. Château mourut à Paris en 1683. Les estampes qu'il

c nie de 617e; Bisseuil , le magnifique et somptueux tastiroenl de :.>

« liaronnie de Cliapelaine* et puisage Pucbain en Champagne; les « vestiges de l'antique ville et fort clulel de Mont-Ayme ; le chas- « teaudeVillemannil près ('barbant mndernement ; la ville et fhas-

• tean de Ste-Menebould i "2 plans ) ; le ehasteau des viscontes « d'Estogcs-. u petite ville et ehasteau de Durinans, le ehasteau de

* de Viiirry, potiu- ville et comte de Vertus; Viclrv le-François, la « petite ville et ehasteau de Viftry en Pertoi» ; Mareuilsor-AI. le « ehasteau et fort de M.; le chasieuu de Boursau, le boureq et iré«- « antique chameau de Chislillou-sur-Marne ; le ehasteau Vt 1"»d- « tiesne barnnnie de Conflans prti Cuiloos ; 1« bourg d'Aï.»

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a gravées en ftalie sont signées Castelli. — Un autre Nicolas Château, aussi graveur, vivait au commencement du 18* siècle; il n'a laissé aucun ouvrage remarquable. P — e.

CHATEAU MUANT (Françoise de Foix, comtesse de), tille de Phébus de Foix, naquit vers 1473. On connaît l'ancienneté et l'éclat de la maison de Foix ; on sait que la couronne de Navarre passa de cette maison à celle d'Albret, qui la transmit à la maison de Bourbon. Françoise de Foix fut mariée très-jeune à Jean de Laval Monlmorenci, seigneur de Chateaubriant. Jusqu'au règne de François Ier, on avait vu peu de femmes à la cour ; mais ce prince, qui aimait le faste et la galanterie, prétendait qu'une cour sans dames « était une année sans printemps , ■ et un printemps sans roses. » Il chercha donc à y attirer les femmes les plus séduisantes de la France. La beauté de madame de Chatt aubrianl , ensevelie jusque-là dans un vieux château au fond de la Bretagne, était pourtant connue à la cour. Le roi engagea son mari à l'y amener. On prétend que le comte différa d'obéir autant qu'il lui fut possible; qu'il avait fait faire deux bagues parfaitement semblables ; que, laissant, l'une à la comtesse, il lui avait défendu de quitter sa retraite , si la lettre par laquelle il la mandait n'était point accompagnée de l'autre bague, et que pour plaire au monarque, on eut l'adresse de dérober la bague à l'époux soupçonneux, par le moyen d'un domestique auquel il avait confié son secret ; que la comtesse arriva à lacour malgré son mari. Quoi qu'il en soit de celle anecdote, il parait certain que madame de Chateaubriant vint à la cour, et qu'a» près une assez longue résistance, elle céda à la passion qu'elle avait inspirée au roi. François 1" ayant été fait prisonnier devant Pavie, en 1825, madame de Chateaubriant resta exposée à la haine de la régente et à la vengeance «le son mari. On prétend encore, car tout est conjectural dans l'histoire do celte dame, que, forcée de se réfugier à Chateaubriant, le comte la lit enfermer dans une chambre tendue de noir, et qu'au bout de six mois il forma des projets contre sa vie. Varillas, et Sauvai qui l'a copié, disent qu'il lui lit ouvrir les veines. C'est là, sans doute, un de ces contes dont les historiens romanciers ont rempli leurs ouvrages. Chateaubriant était jaloux, mais sa conduite pendant la faveur de sa femme prouve qu'il avait de l'honneur. Suivant Sauvai, il assassina sa femme aussitôt que François l'eut abandonnée pour se livrer à de nouvelles amours. Cependant, elle vivait encore en 1536. Elle revint à la cour après la délivrance de François 1". De nouveaux chagrins l'y attendaient. Mademoiselle d'HeUly, depuis duchesse d'Élampes, lui enleva le cœur du roi. Brantome donne des détails curieux sur celte rupture. Le roi ayant fait demander à madame île Chateaubriant les joyaux qu'il lui avait donnés, et sur lesquels on avait gravé des devises amoureuses composées par la reine de Navarre, la comtesse eut le temps de les faire fondre, et, l'adressant ensuite au geniilhomme chargé des ordres de François I*, elle lui dit : « Portez cela au roi, et dites-lui que, puisqu'il « lui a plu me révoquer ce qu'il m'avait

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« si libéralement , je le lui rends et je le lui « renvoie en lingots d'or. Quan' aux devises, « je les ai si bien empreintes et colloquéea eu nia « pensée, et les y tiens si chères, que je n'ai pu a sou tu ir que personne en disposât, en jouit, cl en « eût tlu plaisir que moi-même. > Le roi, qui ne voulait que lus devises, lui renvoya les lingots. La comtesse lutta quelque temps contre la nouvelle favorite, et se servit de sa faveur mourante pour avancer et soutenir ses frères, dont l'un était le fameux maréchal de Lautrec. Ils tirent, dans la campagne d'Italie , plusieurs fautes que madame île Chaleaubriant sut leur faire pardonner. Elle mourut le 16 octobre 1537. Sou mari, qui fut soupçonné d'avoir contribue à sa mort, lui lit néanmoins élever dans l'égliso des Malluirins de Château!» iant un tombeau décoré de sa statue et d'uoe épitaphe qu'on trouve dans le recueil des poésies de Muroi, dont le comte était prolecteur zélé. On a cru devoir présenter sons la forme du doute la liaison de madame de Chatcaubriaut avec François 1", parce que plusieurs auteurs l'ont niée. Yarilias, lia) le, Moréri, Ilevin ont beaucoup discuté ce point d'histoire, sans l'éclaircir. Lesconvtl a donué, sous le titre de la Comtesse de Chatcaubriant, ou Ut Effets de la jalousie, Paris, 1695, in-12, un roman quia été quelquefois attribué faussement à madame Mural. ( Voy. Lescunvkl. ) Un autre roman historique intitulé : François lrr H madame de Chateaubriant, Paris, 1816, 2 vol. iu-12, est l'ouvrage de madauioiselle Gotlis. Il a eu deux éditions successives. li — Y.

CIIATEAUBKUN {Jean-Baptiste Vivien de ), de l'Académie française, né à Aimoulême, en 1686, donna eu 1714 uuc tragédie de Mahumet 11, qui eut et méritait peu de succès, bile fut imprimée l'année suivante, iu-12. Pour ne point déplaire au duc d'Orléans, prince dévot, auquel il elait attaché en qualité de maître d'hotel ordinaire, et aussi pour n'être point soupçonné de consacrer aux lettres un temps qu'il de\ait à ses divers emplois dans les affaires étrangères et auprès du minière de la guerre d'Argensou, il s'abstint courageusement, |wndant quaraulc ans.de faire paraître mm- les théâtres les pièces qu'il avait composées dans le secret. Ces pièces étaient toutes imitées des tragiques grecs et latins, dont il faisait uuc élude continuelle. Le duc d'Orléans étant mort, Clialeaubrun, âgé de soixautc-buit ans, donna les Troycnnts, tragédie en 5 actes (imprimée, Paris, 1756, iu-12), quit euss.it, cl est resiée au lltéatre. « Jamais, dit Laharpe, on n'a mieux appliqué • ce vers de Boilcau :

Chaque acte dans sa pièce est une pièce entière ;

« mais il y a quelques situations touchantes, et le « style, quoique faible en général, offre des mûrit craux de sentiment, et n'est pas dénué de naturel « et de pureté. » Mademoiselle Clairon dans le rôle de Cassandre, et surtout mademoiselle Gaussin dans celui d'Andromaque, contribuèrent beaucoup au suc» cès. On s'est longtemps souvenu de l'impression que faisait celle-ci en disant à Ulysse:

Ces farouches soldais, les ta* - vous Ml

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C'est au moment où Ulysse entoure ne troupes le

tombeau d'Hector, dans lequel estcaché Astyanax. Les Troyennes furentsuivie* de Philoclète (1 755, et réimprimé en 1756, in-12),et d' Astyanax (I750).P kiloetcle eut quelque apparence de réussite-, maison fut justement choqué de voir la simplicité sévèredusujel défi, guree par l'amour de Pyrrhus, ce jeune héros totalement éclipsé par Ulysse. Astyanas n'eut qu'une représentation, et ne fut pas même imprimé. L'auteur avait encore fait deux autres tragédies, Anligone et Ajaa ; mais les ayaut laissées dans un tiroir qui ne fermait pas, sou valet en enveloppa des côtelettes deveau. Il prit cette petite disgrâce en pliilosophe plutôt qu'en poêle. Chaleaubrun mourut à Parts, le 16 février 1775, âgé de 8» ans. Il avaitélé reçu à l'Académie française en 1753, à soixante-sept ans. A la réception de son successeur, de justes éloges furent donnés par Buffon au talent du défunt, et surtout à son carac- 1ère. Chàleaubrun n'avait aucune fortune; il ne subsistait que d'une pension de 2,060 écus que hq faisait le duc d'Orléans, dont il avait été sotis-précepteur. Cependant il lit nu testament par lequel il laissait à chacune de ses deux nièces une renie de 500 livres, et une de 300 livres à chacuu de ses deux domestiques. 11 ajoutait : « Je prie monseigneur le duo « d'Orléans de vouloir bieu se charger desdiles rcu- « les, et je lis dans son ca-ur qu'il daignera me don- « ner encore après ma mort cette marque de ses « bontés. » Le prince ne trouqa point les espérances du testateur ; mais il y ajouta 1 ,200 livres pour chacune de ses nièces. Les meilleures pièces de Chàtcaubruu onl clé imprimées avec celles de Guiniard de la Touche, sous le litre d' Œuvres choisies, Paris, Didol, 1814, édi lion stéréotype. A — G— a. Cil ATEAL FORT (le marquis de). Voyex Bov-

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