‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 114 sur 117 · COM G · texte numérisé non relu

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fiées au parlement le 1" septembre 1783, à la chambre des comptes le 28 mai 1784, et publiées la même année par ordre du gouvernement à la tête d'un Précis historique de la maison impériale des Comnène. Cependant la révolution étant survenue, le prince Démétrius, en sa qualité de fidèle sujet dit roi, se dévoua à sa cause dés le commencement. Il fut arrêté lors du voyage de Louis XVI à Varcnnes ; mais dés qu'il fut libre, il se rendit à Coblentz, puis a l'armée du prince de Condé qui l'accueillit avec bonté. «Vous savez, lui dit-il, comment on «descend du trône. — Oui, monseigneur, répondit « Comnène , mais mes ancêtres n'avaient pas un « Condé. » Deux ans après, sur l'invitation du comte d'Artois, il alla en Italie, où ce prince le croyait plus utile. Louis XVIII, qui s'y trouvait alors, le recommanda à Ferdinand IV, roi de Naples. Il reçut du général Acton l'accueil le plus favorable. Ce ministre désirait depuis longtemps faire une levée de troupes grecques, mais il ne voulut rien stipuler explicitement par écrit, et le prince Comnènc refusa de rien entreprendre sans cette condition. Après avoir quitté Naples, il obtint une pension du roi d'Espagne et une autre du duc de Parme. Ces libéralités excitèrent les murmures des généraux français qui le regardaient comme un conspirateur, et qui forcèrent enfin le duc de Parme à le renvoyer de ses Etats. Comnène se réfugia alors en Allemagne, où l'électeur de Bavière le reçut aussi avec générosité. Obligé sur foute sa roule de traverser les quartiers de l'armée républicaine, il fut arrêté et faillit d'être fusillé. Lorsque Bonaparte se fut emparé du gouvernement, le marquis de Vaubecourf, chargé des affaires de Louis XVIII a Munich, engagea le prince Démétrius a se rendre à Paris, où il pourrait être utile au service du roi. Le descendant des Comnène, animé par l'espoir de prouver sou dévouement a la dynastie des Bonrbons, n'hésita point à renoncer au sort favorable dont il jouissait auprès de l'électeur de Bavière, pour retourner en France où fous ses biens, ainsi que ceux de sa femme, avaient été vendus. 11 ne tarda point à se convaincre de l'inutilité de son voyage, et à s'apercevoir qu'il n'était plus libre de sortir de France. Alors il se résigna, et vécut de ses faibles ressources, avec une pension de 2,000 fr. que lui fît le gouvernement impérial, et que lui continua Louis XVIII. Il mourut à Paris, en 1820. On a publié en 1813 : Notice sur la maison de Comnène, et sur les tt'ci*situdes, sur les circonstances qui l'ont transplantée en France, et sur le dévouement du prince Démétrius Comnène à la cause du roi pendant la révolution. — Le prince George Comnène, mort & Paris, le 7 avril 1833, âgé de 77 ans, fut le dernier des trois frères de cette ancienne famille. II avait transmis par adoption son titre et son nom à M. le comte de GeouffreComnéne, capitaine au 14* régiment de chasseurs à cheval, l'un de ses petits-neveux. Sa sœur avait épousé M. de Permont, dont elle a eu madame d'Abrantès. M— D j.

COMO ( Ig.nace-Marie), Napolitain, mort en 1730, se fit une si grande réputation par sa facilité

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à foire des vers, surtout eu lat.n, qu'il fut associé* plus de vingt académies, qui toutes avaient alors, ai i que lui, beaucoup de célébrité. 11 était au reste fort savant antiquaire, trés-pieux et né d 1 une hmnUo uobie ; le P. Calogera nous rapprend dans la « cd cacc qu'il lui a adressée du 9e volume de ses Opo*toU identifia. Outre plusieurs pièces de vers et epigrammes latines que Ton trouve dans quelques recueils, il a laissé en prose un ouvrage qui n est pas sans utilité pour l'histoire ecclésiastique du rovaume de Naples, intitulé : Inscriptions stylo <«P»rf«"° historiens vitas exhibantes summorumPonhficumct S R E. Cardinalium regni i\eapohtant. 11 a aussi écrit en italien une Histoire de la fondation de la TJnfrérie de laSte-Trinité, à Naples; et l'on trouve dansle 18e volume du recueil de Calogera une lettre italienne de lui sur le savant P. Jacques-Antoine dcl Monaco, mort a Naples en 1736. °7Er

COMPAGNI (Dino), né à Florence, vers la r.n du 13« siècle, a écrit une histoire de sa patrie, qui contient les événements arrivés depuis 1270 msqu a 4312. Muratori a puhlié cette histoire dans le 9 t. des Rerum ltalicar. Script. ; elle a paru de nouveau à Florence, en 1728. Dans la préface de celle édition on donne les raisons qui en onl si longtemps jetai-dé la publication. Compagni fait souvent mention de lui dans sa Chronique, et, selon Inaboschi, ou peut conjecturer qu'il avait au moins trente ans lorsqu'il la composa. En 1289, il était 1 un des prieurs de Florence, et en 1293, il fut nomme gonialonier de justice; ce fut celle même année qu il découvrit une conspiration ourdie contre Giano de la Bella; en 1301 il fut encore appelé à 1 une des places de prieur. Dans l'exercice de ces emplois, Compagnie fut témoin de la plus grande parue des Tails .u'il rapporte ; on loue son exactitude et sa véracité, niais on le trouve un peu sévère dans la peinture nu il fait des vices qui régnaient alors dans sa patrie. Son histoire est remarquable par l'élégance et la pureté du style. Il mourui à Florence, le 26 Kvner 1323 Dino Compagni est aussi compté parmi les anciens poètes italiens; il était ami du Dante Crcsc.mbeni a publié un de ses sonnets, t. 5, p. 1 17, de son Istoria délia volgar Poesia. »■ G.

COMPAGNI (DoutMQiE). Voyez Domemco.

COMPAGNO (Scipion), peintre, né à Naples, vers 1C24, n'est pas nommé dans l'ouvrage de I anzi Les tableaux de ce maître sont très-rares ; nous citerons le Martyre de St. Janvier, évéque de Jicnévtnt et de sept autres chrétiens. La scène est entre Pouzzoles cl la Solfatare. La couleur de ce tableau est souvent fausse et exagérée. 11 y a une sorte de cruauté révoltante dans l'attitude de quelques personne* du peuple groupées sur les hauteurs voisines, qui ne paraissent pas prendre la moindre part à cette action. Le peintre a cependant senti que quelques spectateurs devaient èlre occupés de celte scène et se rattacher au sujet principal, et il a introduit une femme qui recueille le sang des martyrs. L artiste a-t-il voulu faire entendre que, dans des événements semblables, il y a ptus d'hommes indiffércnls cl insensibles que d'individus émus de compassion?

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En tout cas, il a mal expliqué son idée. Un autre tableau de Scipion offre le Vésuve au moment dune éruption. La vue est prise du pont delà Madc einc. Celle composition a plus d'effet que la précédente, nuoique l'airail la même teinte que les eaux delamer. Compagno vivait encore en 1680. On ne sait pas l'époque de sa mort. Dans quelques cabinets de Naples, on montre des dessins de ce maître; Ua sont

très-estimés. . * , D*

COMPAGNON, était en 1710, facteur de la compagnie française d'Afrique au Sénégal sous Brue , directeur général. Celui-ci, qui mettait la plus grande importance à découvrir la contrée intérieure d où I on tirait l'or, proposa cette entreprise à plusieurs de ses a-ents.Quelques-uns, après avoir accepté, se pressa ient de retirer leur parole, dès qu'ils apprenaient a quels dangers étaient exposés les blancs qui se hasardaient à entrer dans le royaume de Dambouk où se trouvaient ces mines. Compagnon osa seul risquer ce périlleux vovage. Après s'être muni de marchandises convenables au pays, et de présents pour les chefs de villages qui pouvaient favoriser son dessein, il remonta d'abord le fleuve du Sénégal jusqu au fort St-Joseph. dans le pays de Galam, d'où il parcourut cette contrée dans tous les sens pendant un an et demi. Il visita les fameuses mines d'or de Taurin- \oura et de Neiteko dans le pays de Dambouk, hxa ses observations sur tous les objets dignes d'altention, et leva la carte du pays. La sagesse de sa conduite et son adresse lui gagnèrent I affection des naturels, remplis de défiance contre les blancs. Il obtint des échantillons de la lerre dont on lirait I or, et en envoya à Brue qui les lit passer à Paris. Compagnon est le premier qui ait pénétré dans ces contrées visitées depuis par d'autres Français. On trouve la relation de son expédition dans le 4e vol. de la Retalion de l'Afrique occidentale, par Labat, et dan* le t 3 de Y Histoire générale des voyages de Prévost, éd in~ie. Ce dernier nous apprend que l'auloritede Labat lui ayant paru trop faible pour établir la vérité d'une relation si merveilleuse, il s'était adresse aux directeurs de la compagnie des Indes, qui lui avaient garanti la vérité de l'histoire de Compagnon. La mémoire de son nom et la tradition de son voyage s'étaient conservées au Sénégal, où il avait laisse des descendants. De retour en France, il exerça à Pans la profession d'architecte, et y mourut vers le milieu du 18e siècle. L'auteur d'un Voyage an pays « Jiambouk, imprimé à Paris en 1789, prétend que Compagnon n'a pas réellement pénétré dans cette contrée, qu'il a pris un pays pour un autre, et que, dans ses mémoires, il a tronq»é les écrivains de voyages : celle assertion parait non-seulement hasardée mais dénuée de fondement. E— s.

COMPAGNON1 (Pompée), l'un des plus savants cl des plus illustres prélats italiens du 18* siècle, naquit à Macerata, le 11 mare 1693, d'une noble et ancienne famille. Après avoir achevé scs premières études dans le séminaire et dans l'université de sa patrie, il alla en 1712 à Rome, où il continua de s'instruire à la fois dans la jurisprudence, I les antiquités, l'histoire, la poésie, et parUculiére-

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ment dans la poésie latine, où il obtint de grands succès. Il suivit les levons du célèbre Gravina, et se lia d'amitié avec Métastase, alors fort jeune, et avec Crcscimbeni, qui était son compatriote. Quoiqu'il fût l'aine de sa famille, il embrassa l'état ecclésiastique. JBcnolt XIII le lit archidiacre de Macerata, en lui permettant de rester à Romp, où il fut auditeur du cardinal François Barbcrini. Son savoir et sa piété lui attirèrent l'estime de ce cardinal, des autres membres du sacré collège et du souverain pontife, qui remployèrent en diverses occasions, où il déploya une grande habileté. Benoît XIV lui conféra l'évèilié d'Osimo : il reçut la consécration le 2 octobre 1740, et, pendant plus de trente-six ansqu'il gouverna ce diocèse, il ne cessa d'y montrer des vertus et d'y répandre des bienfaits dont le souvenir se conserve encore. Il mourut le 23 juillet 1774. On a de lui : 1° une épltre latine à l'académie deCortonccn téte des fragments de Cyriaquc d'Ancônc, qu'il puhlia avec des notes d'Annibal Olivieri ; 2° Memorie hittorico-critiche délia chieta e de' veseovi d'Osimo, 5 vol. in-4* publiés à Rome, en 1782, par l'abbé Philippe Vecchietti, qui donna lui-même au publie, en 1781, une vie de l'auteur. —Un autre Pompée Compagnon!, de la même famille, avait déjà publié : 1° une histoire delà Marche d'Ancônc, intitulée la RegiaPicena, Macerata, 1061, in-fol. : ce volume ne contient que la in partie ; la suite n'a pas paru ; 2* Memorie itloriche dell' anlicn Tutcolo, Oggi Frascali, Rome, 1711, jn-4°.— peux autres savants portèrent le même nom; l'un, Camille Compagnoxi, frère de l'évêque d'Osimo, né en 1698, entra dans la compagnie de Jésus, se distingua par la variété de ses connaissances et par son talent pour la prédication : il mourut presque octogénaire dans son pays, quelque temps après la suppression de sa compagnie ; l'autre, Alexandre Compagnoni, de la même famille, embrassa l'état ecclésiastique et fut un des membres les plus distingués de l'Arcadie romaine. Né en 1619, il mourut le 27 septembre 1699. R. G.

COMPAGNONI (Joseph), né à Lugo en Lombardie, en 1754, embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique. Dès l'âge de quinze ans, il avait publié des poésies et ensuite des ouvrages en prose, parmi lesquels nous indiquerons la dissertation sur la préférence qu'on doit donner à la poésie riracc. Le jeune Joseph avait tait précéder cette dissertation du poème de Mariano Capra, intitulé : i'Incendio délia Rocca di Lugo. La troisième production de Compagnon! est le poème sur la fiera di Sinigalia, qui fut critiqué par Ristori , rédacteur des Mémoires encyclopédique! de Bologne. Le jeune Compagnon! répondit au journaliste, devint son ami, son collaborateur, et, en 1783, directeur pendant l'absence de Ristori de Bologne. En 1786, il se rendit à Turin avec le marquis Bcntivoglio de Ferrare, et y publia une lettre en vers sur la fin tragique de Catherine Boccabadali, femme du célèbre Albcrgati. ( Yoy. ce nom.) En 1787, arrivé avec Bcntivoglio à Venise, il accepta la rédaction du journal imprimé par Graziosi , sous le titre de Koliziedcl tnondo,qui fut bientôt regardé comme la meilleure des feuillespubliques d'Italie. Il pu-

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blia à la même époque, avec Albcrgati, Lellcre placevoli te piaeeranno, Modène, 1791, in-8\ En 1792, il fit paraître Saggio sugli Ebrcci e tui Grèci, ouvrage dans lequel il met les Juifs au-dessus des Grecs pour la littérature, et qu'il avait composé sur l'invitation de riches Israélites, qui l'en récompensèrent généreusement et en firent imprimer successivement trois éditions. Compagnon! en publia une quatrième en 1806. Dès son apparition, ce livre avait été critiqué par l'abbé Rubbi, à Turin, qui prit la défense des Grecs, et, â Milan, par l'abbé Guillon. Compagnon! s'occupa ensuite de la traduction de Caton, de Reruttica. En 1796, il se rendit à Milan auprès du général Bonaparte, et fut nommé membre du con- 1 scil législatif de la république cisalpine, où il prononça ( le 15 germinal an 6), en faveur de la polygamie, un discours qui fut réfuté par deux de ses collègues, Lamberlict Gliscenti. 11 rédigea pendant dix mois, à Venise, un nouveau journal, intitulé itercurio <r ltalia, dans lequel il faisait un tableau favorable de la révolution, et publia dans la mên.o ville : Elementi di drillo conttiluxionale demoeratico, otiiaprincipj di gius-pubblico unicersale, 1797, in-8" ; puis \'Epicarmo, ossia lo Sparlano dialogo di Platone ullimamcnle tcoperlo. Après la paix de Tolenlino, il fut nommé secrétaire général de la république cispadane, et ensuite député au congrès de Reggio et de Modène. Ses Contiderazioni tulle Tatse lui valurent le titre de professeur de droit constitutionnel à l'université de Ferrare. A la chute de la république cisalpine, lors de l'invasion de l'Italie par les Austro- Busses, en avril 1799, Compagnon! se réfugia en France. Arrivé à Grenoble, il adressa aux habitants une harangue démocratique en italien, et se rendit à Paris, où il fit paraître un ouvrage intéressant, les Veglie del Ta$so, qui fut traduit en français par Mimant et par Barère. Après la bataille de Marengo, Compagnoni fut nommé promoteur de l'instruction publique à Milan, et comme tel chargé de faire le discours sur la paix de Lunévillc , lors de la pose de la première pierre du forum Bonaparte. Nommé ensuite secrétaire du corps législatif, puis membre du conseil d'Etal, il parvint encore à d'autres fonctions éminentes, et publia l'Oraison funèbre du comte Mosca , son collègue. Lorsque Napoléon proclama le royaume d'Italie, Compagnoni dressa le procès-verbal; l'empereur en fut très-satisfait ; il le nomma chevalier de la Couronne de fer; et, ayant appris qu'il était né à Lugo ; a Je ne croyais pas, dit-il , que de ces « marécages eût pu sortir un si beau talent. » A la restauration, Compagnoni se retira de la scène politique. Outre les ouvrages déjà cités, on a de lui : !• Teoria de' verbi italiani , ouvrage classique; 2° Teoria dell' unirerso dclV Alix ; 3° Sfon'a délie nacigazioni anlecedenli a Cook; 4" Yiaggio di Fallait in Siberia e tulle frontière délia China; 5° fa chimica per le donne, Venise, 1805, 2 vol. in-8*, ouvrage très-est i nié; 6" Saggio d'un tratlato di morale in forma di catechismo publicato in tequito degli Elementi d'ideologia deltign Dettutt-Tracy, Milan, 1819, in-8»; 7* Letterea ire giovani, tulla moralê

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pubblica, Milan , 1810, in-12; 8» Memoric storiche relative al conte Dandolo, ed a' suoi scritti, Milan, 4820, in-8° ; 9» Dialoghi Àdcgli officj di famiglia, Milau, 1826, in-18; 10* Sloria delV America, tupptemcnlo alla Storia universale del Segur,vol. 28, dclla traduzione di Stella in Milano; 11° delï Arle délia parola contiderata ne' varj modi délia ma espressione, Milan, 1827, in-8°. Compagnoni publia encore d'autres ouvrages sous le nom de Joseph Bel- Joni, ancien militaire, son valet de chambre, savoir : Sloria dei Tartari ; — Note al tiaggio d'Anacarsi;

— Legazione di Filone ebreo ail' imperadore Caligola; — Âneddoli riguardanti alcuni lellerati francesi ullimamente morli ; — Viaggio del Baretli ; — Anti-mitologia, sennone a Yincenzo Monli.

— Son dernier écrit fut une lettre du 25 octobre 4832, adressée de Dcsio à un ancien ami, dans laquelle il énumère les emplois qu'il a occupés et les ouvrages qu'il a composés. 11 mourut à Milan, le 29 décembre 1834. G — G — v.

COMPAGNON I (l'abbé Piehre), né à St-Laurent, village prés de Lugo, le 28 mars 1802, reçut sa première éducation cher, son oncle, ecclésiastique qui habitait cette ville. 11 suivit des cours de belleslettres, de philosophie et de théologie, sous la direction du professeur Thomas Ancaraui, mort en 1830, à Rome, vicaire général de l'ordre des dominicains. Compagnoni, à l'âge de dix-huit ans, aidé par son collègue cl ami Jean Nuvoli, publia : / se tir Salmi penitenziali di timide ed il talmo 103, parafrasali edi utilissime noie corredali da duechierici Lughesi, Lugo, 1821, in-8°. Cet ouvrage fut bien accueilli par le public, mais les curieux disaient qu'une maiu inconnue avait aidé l'auteur dans ce travail. L'evéque Péruzzi, ayant apprécié les talents de Compagnoni pendant son séjour à Lugo, voulut non-sculemeut lui accorder sa bienveillance, mais son amitié. Après avoir reçu le sacerdoce, il fut nommé professeur de rhétorique et de géographie au lycée de cette ville, et il se livra en même temps à la prédication. Mais la fatigue altéra sa santé, et.il mourut le 13 septembre 1833. Outre quelques poésies et autres comjKwitions légères, on a de lui : 1° Collezione di epigraphi ilaliani, Lugo, 1829, in-8°; 2° Prosa sul natale di Cristo, ibid., 1831), in-8" ; 3° Drano d'un termone di san Bernardo in volgare lotcano recato{\), ibid., 1831, iii-8" ; Gesù al cuore delta Monaca considerazione , ibid., 1832, in-12; 5» Abrtlla Piacevole tcrilla da un maestro di scuula ad imitasione délie novelle del Ccsari, ibid., 1832, in-8" ; 6° Brève cenno sul! : santità t dottriua del bealo Alfonso Ligori, ibid., 1832, in-8°; 7° Dialogo frà due giovinelti nel di sacro a S. Nicolà, ibid. , 1832, in-8°;80 Divozione délie sei domeniche précèdent» la [esta dclC angetico S. Luigi Gonzaga da pralicarsi dalla gioveniù cristiana, ibid., 1833, in-8°. L'abbé

(I) L'aulcnr. comme beaucoup d'auire«, a voulu iiuiier le sijle et les phrases de l'abbc Ccsari, de manière nue le rens cm souvent ol»«.cur cl la composition sleiilc; car il est absurde du no te qi( fa belle langue llaticunc fui déjà fermée au U* siècle , el qu elle n'ait pas, daoj le siècle suivant, etc porUe a .va |cjfcetiu:i comme la langue française dans le 16'.

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Compagnoni est encore auteur des Orazioni al bealo Alfonso Ligori) ibid., 1833, in-8a. G — c— Y

COMPAIN (Mattiiiei ), jésuite, naquit à Lyon, d'une famille très-considéréc, vers le commencement du 17* siècle, et y mourut en 1678. Choiïer nous apprend (P. Boessatii Vita, p. 216) que personne ne poussa aussi loin que lui la manie d'acquérir des médailles et des objets d'antiquité de tout genre; mais, ajoute Chorier, quand son corps et son esprit curent été affaiblis par l'âge et par les maladies, il ne vit plus dans ses trésors qu'une marchandise, et il vendit cette précieuse collection à un no- Lie Allemand qui la paya fort cher. Compain trouva, dans le prix qu il en retira, le moyen de rendre son nom immortel. Il lit construire une fort belle bibliothèque dans la maison dite de Si-Joseph , que les jésuites possédaient à Lyon, au confluent du Rhône et de la Saune, et il y lit transporter un grand nombre de livres qu'il avait achetés de ses propres deniers, et même ceux qui lui avaient été donnés. Il voulut que cette bibliothèque s'accrût au moyen d'une rente annuelle et perpétuelle qu'il constitua a cet ciTct, sans que cette rente pût être détournée à un autre usage. Lors de la suppression des jésuites, en 1762, la bibliothèque fondée par Compain fut sans doute réunie à celle du collège ; quant à la rente destinée à l'accroître, elle a eu le sort de toutes ces fondations libérales ou pies, qui se sont englouties dans le gouffre de nos révolutions. P — h.

COM PAN est un nom commun à trois écrivains qu'Ersch a confondus dans la France littéraire, t. V, p. 318. Barbier a facilement évité la méprise du biographe allemand ; mais on peut lui reprocher dc s'être contenté d'assigner à chacun de ces trots écrivains une |»art dans les ouvrages qu'Ersrh attribuait à un seul, et de n'avoir pas poussé plus loin ses recherches. Dans l'article que l'on va lire, on a tâché de suppléer ù l'insuflisance de ses nonces (voy. Examen critique, p. 219) ; mais on n'a pu le faire aussi complètement qu'on l'aurait désiré, parla difliculté de se procurer des renseignements. L'abbc Compan était d'Arles, où il naquit vers 1730. Après avoir étudié la théologie et la jurisprudence , il vint à Paris , se fit recevoir avocat au parlement et fut admis dans la congrégation des prêtres habitués de la paroisse Sl-André-des-Arls. Dès 1763, il publia : l'Esprit de la religion chrétienne opposé aux maurt des chrétiens de nos jours, in-12. Cet ouvrage, dit Fréron, est un des meilleurs qui aient paru dans ce genre (,1mi. litt., t. 4, p. 162). En 1:03, il lit paraître ; le Temple de la Piété, suivi <f auvres diverses, in-12. Ce volume ne fut pas aussi bien accueilli que le précédent ; et l'auteur ou son libraire en changea le titre contre celui de Voyage au Temple de la Pitié, 1769. L'année suivante, il donna sa Nouvelle Méthode de géographie, précédée d'un Traité die la sphère, vie., Paris, 1770, 2vol. in-12. Celte méthode prétendue nouvelle était tirée en grande partie des géogi;tpliies de Lenglel Dufresnoy et de Nicollc de Lacroix ; et au lieu d'avouer franchement les obligations qu'il avait à n dernier, l'abbé Compan s'efforçait de le décrier dans son discours prélimi-

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naire. Cette conduite honteuse fat signalée par Bar- l lieau de la Bruyère dans une lettre à Frëron (Ann. lut., t. 7, p. 501-15); et depuis, l'abbé Compan garda le silence. — CkarUs Cou pan, romancier, né vers 1740, n'a joui, même de son vivant, que d'une réputation très-médiocre. Cependant il fut encouragé dans ses débuts par Fréron, qui lui trouvait du talent pour écrire, et qui l'excitait au nom du public à le cultiver. {Am. litt., 1769, t. 6, p. 215.) Il suivit ce conseil, et publia plusieurs romans qui ne sont pas sans mérite, mais qui manquent d'intérêt. Aussi tous ses efforts n'aboutirent qu'à lui valoir une place dans le Petit Almanach, où Rivarol et CUampceiictz se sont amusés à persifler leurs contemporains. On lui attribue les ouvrages suivants, dont plusieurs sont anonymes : 1» la Nature vengée, ou la Réconciliation imprévue, Paris, 1769, in-12. C'est un roman assez agréable. Darbier l'attribue par erreur à l'abbé Compan. 2» Le Mariage, ibid.,1769, in-12. 5* Le Palais de la Frivolité, Amsterdam (Paris), 1775, in-12. 4« Aventures de Colette, ou la Vertu couronnée par l'Amour, Amsterdam ( Paris ), 1775, in-12. On trouve l'analyse de cet ouvrage et du précédent dans la Bibliothèque des romans, juillet et septembre 1785. 5* Le Secret, divertissement en 1 acte et en vaudevilles, Paris, 1780, in-12. Cette pièce n'a point été représentée. Le dialogue en est naturel et piquant ; mais les couplets prouvent que l'auteur n'avait pas Habitude d'en composer. 6e Dictionnaire de Danse, ibiil., 1789, in-8". Le frontispice a été renouvelé en 1805. —Compan ou Compans, lazariste, était, en 1787, l'un des directeurs du séminaire de St-Firmin, à Paris. Il est auteur d'une JJistoire de la vie de Jésus-Christ , Paris , 1786 ou 1788, 2 vol. in-12. On lui doit, en outre, une édition tiès-eslimée du Traité des dispenses par Collet, Paris, 1788, 2 vol. in-8°. (Foy. le Journ. hist. et lilt. du 1rr mai 1787, p. 10.) W— s.

COMPAHF.TTI (André), physicien et médecin italien, né dans le Frioul, en août 1746, et mort à Padoue, le 22 décembre 1801. Après avoir étudié à Padout», sous le célèbre anatomiste Morgagni, il alla exercer la médecine à Venise , et y publia en 1780 son premier ouvrage, intitulé Occursus medici, dont les journaux italiens et allemands lirent un grand éloge (I), et qui engagea l'université de Padoue â conférer a l'auteur la chaire de médecine théorique et pratique. Comparetti publia ensuite quelques thèses, dont la plus remarquable a pour titre : Observaiiones de luce inflexa et coloribus , Padoue, 1787, in-4% lig. En profitant de ce que Grimaldi et Newton avaient écrit sur les phénomènes de la lumière réfractée et réfléchie, il s'y attache particulièrement à l'aire connaître les défauts auxquels la vue est sujette. Les leçons de clinique, déjà fort anciennes dans l'université, ne se répétaient point auprès du lit des malades ; Comparetti proposa de les rendre

(») \.e Journal de Physique tu/dïcale de Par ic, rn rendant compte, en 1792, de (Bt ouvrage, dans lequel on trouve an traité de l'origine du nerf intercostal, de U structure des ganglions ci du plexus nerveux, usure a Comnarcul le droit d'antériorité sur Michel Ci- Mrdi, qui s'occu^U du tuéuic sujet. D— z— s.

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pratiques, et se chargea de ce double enseignement, qu'il alla faire alternativement dans l'hôpital et dans la salle particulière uniquement destinée aux leçons orales de clinique, sans manquer néanmoins aux devoirs de sa première cltaire. Ces nombreuses occupations ne l'empêchèrent point de trouver le temps de travailler à de nouveaux ouvrages; un des principaux est celui qui a pour titre : Observationes anatomica de aure interna comparata, Padoue, 1789, 1 vol. in-4% lig. Cet ouvrage, qui parut la même année que l'ouvrage de son condisciple Scarpa sur cet important sujet, a également pour but de prouver que le siège de l'ouïe se trouve dans le labyrinthe membraneux de l'oreille ; et l'auteur, pour démontrer sa proposition , donne la description exacte, on pourrait dire minutieuse , de la structure de cet oo gane dans un grand nombre d'animaux différents Les détails où il entre le rendent assez diflicile à lire, et les ligures qui les accompagnent, trop petites, trop peu développées, ne contribuent pas beaucoup à l'éclaircir. Les anatomistes y trouvent cependant beaucoup de faits précieux, et la description de l'oreille de plusieurs animaux, chez lesquels cet organe n'avait pas été examiné. Les Allemands le traduisirent en leur langue. Le savant Bonnet, après l'avoir lu , invita Comparetti à s'occuper de la physique végétale, qui paraissait encore à Bonnet, malgré ses propres recherches, dans une sorte d'entance. Comparelti, en conséquence, commença par publier, en 1791, son Prodromo di un trattalo di fisiologia vegetabile, dont les Italieus ont cru reconnaître bien des idées dans le système de Sénchicr sur cette matière. Comparetti acheva son traiié, et en publia la 2' partie en 1709 (2). Il donna en 1795 un Saggio délia scuola clinica nello spedale di Padova, et en 1799 un Ritconlro clinico nel nuovo spedale : Regolamenti medieo-pratiche , in-8-, pour répondre , en quelque sorte , à la demande que la société de médecine de Paris avait faite , par un programme publié, d'un plan pour enseigner le mieux possible la médecine pratique dans un hôpital. Eu 1794, il publia des Osservazioni sulla. propriété délia china del Brasile, dont l'usage venait de s'introduire en Italie. L'n ouvrage plus célèbre que tous les précédents fut celui qu'il donna en 1795, à Padoue, sous le titre de Risconlri medici délie febbri larvate periodiche perniciose, et dont le célèbre Alibert fait un grand éloge dans son Traité des fièvres pernicieuses intermittentes. Cette maladie, que Comparetti combattait avec tant de zèle, le conduisit au tombeau six ans après. Ses Observationes d'wptricm et anatomicœ comparata de coloribus apparenlibus, visu etocuto, Padoue, 1798,

1 vol. in-4«, n'ont pas un aussi grand intérêt, sous le rapport de l'anatomie, que celles de Aure interna,

(l) l.e P. Joseph Montesanti assure que Comparetti ne publia de ton grand ouvrage qu'il avait préparé sur ta physiologie végétale que le simple prodrome dont il en Ici question, et qui est divisé tn

2 partie*. Le mfrne écrivain lui atlrtliue ausM, outre les ouvrages cités dans U notice :4* Rinconlri fitico-kotaHici ad utacUtnco, Padoue, 1793, 1 vol. in-S* ; 2* Nouvelle* Recherche s tur la tlrarlurt ersauique rtlatirement à I* cause des mouremenlt de la semillte commune, insère dus let*r vol. tes Mimoira de F académie royale 4e Tarin, 4795. D-x-s.

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et l'auteur |>aralt avoir commis l'erreur «l'y attribuer a l'imperfection de la structure de l'oil des phénomènes qui dépendent de ce que les physiciens nomment la diffraction de la lumière. Son dernier travail fut le i "r tome, en 2 parties, d'une Dinamira animale degli insetti, in-8" de 608 p., imprime1 à Padouc avec la date de 4800, quoiqu'il n'ait paru qu'en 1801 . Cet ouvrage est assez curieux ; l'auteur y décrit, avoc son exactitude ordinaire, la structure de tous les organes des insectes, en choisissant pour exemples un certain nombre d'espèces prises dans les différents ordres. Cet ouvrage est très-instructif et plein de vues nouvelles sur tout ce qui tient aux organes du mouvement ; il semble cependant que l'aulcur s'est trompé en prenant pour des vaisseaux sanguins, dans des saulcrellcs, quelques branches de leurs vaisseaux hépatiques, ce qui peut avoir tenu à une méthode imparfaite de dissection. Comparclli suit la même marche dans ses trois écrits anatomiques, marche qui contribue encore à en rendre la lecture peu attrayante. Il rapporte successivement et isolément chacune de ses observations . et ne fait ses réflexions , ne tire ses conclusions qu'à la lin de chaque chapitre ; mais ceux qui prennent la peine de l'étudier sont bien dédommages par le trésor de faits qu'ils recueillent. Coinparctti a laissé dans son portefeuille plusieurs autres ouvrages inédits, dont on trouve la liste dans un opuscule de Dominique Palmaroli, Romain, imprimé à Venise, en 1802, sous le titre de Saggio sopra la vita lettrraria di Andréa Comparetti.Ses obsèques à Padoue furent des plus honorables ; on voit son épitaphe dans l'église de Ste-Sophie ; mais elle renferme quelques erreurs de date , que le Journal littéraire de cette ville a judicieusement relevées aux pages 2!>5 et 319 du 1. 1", ann. 1802. C— v— u.

COMPEYS (Jean de), seigneur de Torens, favori et général de Louis , duc tic Savoie , se rendit célèbre par son intrépidité. Envoyé en 1449 avec une armée dans la Lumcllinc, contre François Sforre, duc de Milan, il fit d'abord la conquête de plusieurs châteaux , et finit par être battu et fait prisonnier près de la Sesia, par Alviano, général vénitien. Le premier usage qu'il lit de sa liberté fut de courir à Turin pour se battre en champ clos contre Jean de Boni face, chevalier sicilien, qui le défiait depuis un an , non pour querelle particulière , mais pour la gloire des armes, dit Guiclicnon. Le duc Louis fit les fonctions de juge du camp en présence de toute sa cour. Le combat se renouvela pendant trois jours à la hache , à la dague, à la lance et à l'épée, sans que les champions eussent le bonheur de se tuer, comme ils le désiraient ; mais l'honneur des armes demeura au brave Compcys , ainsi que le duc de Savoie le déclara par uue attestation authentique. Ce favori ayant abusé ensuite avec insolence du crédit que lui donnait la faveur de son maître, s'attira la haine des seigneurs les plus distingués de la Savoie et du Piémont, qui se ligueront contre lui ; mais son rrédil l'emporta, et il fit exiler ses ennemis, ce qui occasionna des troubles. Compeys mourut vers l'an 1473, après avoir vu rétablir ses enue-

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mis, grâce à la protection et à l'intervention officieuse de la France. B — p.

COM (TON (Spencer ), fils de Guillaume, premier comte de Norlhampton et d'Elisabeth, fille et héritière désir John Spencer, alderman de I.cr.drcs, naquit en 1691. Nommé chevalier du Bain en Iglfi, lorsque Charles, duc d'York, depuis Charles I", fut crée prince de Galles, il devint favori de ce prince. Il l'accompagna en Espagne en 1622, en qualité de maître de la garde-robe, eut l'honneur de distribuer les présents qu'il lit dans celte cour, et qui s'élevaient à plus de 64,000 livres sterling, et assista au couronnement. Comptoii se trouvait avec Charles I" quand ce souverain marcha, en 165U, contre les Ecossais, et dans les troubles qui survinrent en Angleterre, il se montra partisan tréwéle de la prérogative royale, tout en défendant en même temps les droits et les privilèges du parlement. Il fut un des premiers à prendre les armes en faveur du roi. auquel il rendit de grands services par l'influence qu'il avait su obtenir dans les comtés de \Yarvrick, de Stafford et de Norlhampton. Son cheval ayant été tué sous lui à la bataille de Hopton-Healh, donnée le 19 mars 1643, il combattit quelque temps à pied, et tua même de sa propre main un colonel de l'infanterie des rebelles. Entouré d'ennemis, Comnton se défendit d'abord tres-vaillammcnt, mais après avoir refusé de se rendre, en accompagnant son refus des expressions pleines du plus profond mépris, il tomba percé île coups. Les ennemis refusèrent de remettre son corps au jeune comte de Northampton, à moins qu'on ne leur restituât toutes les munitions, les canons et les prisonniers faits dans la dernière bataille. Il fut cependant rendu plus tard à sa famille, enterré dans l'église de Allhallow (comté de Derby), et placé dans le même caveau que son parent, le vieux comte de Shrexrsbury. Spencer Compton avait eu de son mariage avec Marie, lillc de sir Francis Bcaumoiit. six lils cl deux lilles. D — z — s.

COMPTON (Guillaume ), troisième lils du précédent, commandait un régiment à la bataille de Banbury, où il se fit remarquer par son extrême bravoure et eut deux chevaux tués sous lui. Lorsque la ville et le château se rendirent, il en fut fait lieutenant-gouverneur sous les ordres de son père. Au mois de juillet 161 1, les traqies parlementaires vinrent l'assiéger, et ne lardèrent pas a le sommer de se rendre. Mais loin de livrer la place, il répondit qu'il étail chargé de défendre le château pour Sa Majesté, et que tant qu'il y resterait un homme vivant, il n'en sortirait pas. De nouvelles sommation* furent également repoussées. Il se défendait depuis treize semaines et se trouvait réduit à une telle extrémité, qu'il ne restait plus que deux chevaux qui n'eussent pas servi de nourriture à ses soldats, lorsque le comte de Northampton, son frère, fit lever le siège le 26 octobre, le même jour où la ville rl le château s'étaient rendus deux ans auparavant aux armes du roi. Compton combattit jusqu'au moment où Charles 1er, ayant quitté Oxford, et tout k royaume s'étant soumis au parlement, il dut rendre,

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mais à des conditions honorables, le 8 mai 10-10, la place c|u'il avait si bien défendue. En 1048, il était major général des forces royales à Colchcster, et Olivier Croinwell même en faisait le plus grand cas. A la restauration de Charles 11, Comptait Tut fait membre du conseil privé et maître général de .l'artillerie. 11 mourut le 19 octobre 1003, à l'âge de 39 ans. I ne épilaphe en sou botmeur est placée dans l'église de Complon-Wiuyale. D — z — s.

COMrTON ( Henri ). prélat distingué de l'église anglicane, le plus jeune des six lilsde Spencer Comptou, naquit à Compton, en 1632. Après avoir terminé son éducation à l'université d'Oxford , il voyagea dans les pays étrangers, dont il étudia avec soin les mœurs et particulièrement les langues. II revint en Angleterre après la restauration , et accepta une commission de cornette dans le régiment des gardes; mais, se sentant peu de goût pour la vie militaire, il la quitta pour l'Lglise, entra dans les ordres à fige de plus de trente ans, obtint successivement différents bénéfices lucratifs, fut nommé, eu 1074, évôque d'Oxford , et, en 1073, évèquc de Londres. En 1070, il fut nommé membre du conseil privé. Chargé d'instruire dans leur religion les deux nièces du roi, filles du duc d'York, depuis Jacques II , il célébra successivement leur mariage avec le prince d'Orange et le prince de Danemark. L'attachement de ces deux princesses à la religion protestante fut par la suite un des griefs de Jacques II contre l'évêque de Londres. Il avait de plus à lui reprocher la fermeté avec laquelle il s'était op|H)sé, à la tète de son clergé, aux tentatives faites pendant les dernières aimées de Charles II en raveur du catholicisme (I). Aussi, peu de temps après l'avènement de Jacques au troue, fut-il exclu du du conseil privé , cl dépouillé de la dignité de doyen de la chapelle. Le docteur Sharp, recteur de St-Gilles , ayant prononcé un sermon contre le papisme , on prétendit y trouver un manque de respect envers le roi, et île plus, contravention à la défense qui avait été faite de prêcher suides points de controverse. L'évêquc tic Londres reçut, le 11 juin I08G, l'ordre de suspendre le docteur Sharp de ses fonctions. Il répondit que cela lui était impossible, parce que, dans ce cas, agissant comme pige , il ne |>ouvaii condamner sans connaître le crime de l'accusé, et sans avoir entendu sa défense. En conséquence de ce refus, il fut cité devant la commission ecclésiastique nouvellement établie dont il déclina la compétence. Après de longues procédu-

(») Compton avait conçu, quelque années auparavant, le projet d'amener les dissidents à se nunir à IT.gltse auglicane. Il eut il te sujet, avec son propre clergé, plusieurs conférences dont il publia te résultat en IÇSO. Pour les mieux détermina à se rendre a ses instaures, il entretint une correspondance suivie avec des ec< lesiastiqiiis protestants étrangers, parmi lesquels nmisraerons le Moyne, professeur de tlieo'.ugic a l-cvde; de l'Angle, l'un des predieaicurs de leglise protestante de Cbareuion près Paris, et Claude, autre ecclésiastique français fort distingue. Leurs réponses, publiée* a la Mile de l'ouvrage «le l'évêquc Stilliugfleel, iiililulé : Fol* e« /«iiulicrHela itparath* (l.'nreasonaMcness ut Séparation), deuieuréreot complètement inutile*, aucun d eux ne voûtant Taire le sacrifice de se* opinions; ils ne s'accordaient que dans leur haine pour le catholicisme, qu'ils «lu r. liaient tous a rj|ia:s>er dans l'esprit du |euplc rit lui donnai» le ooui de paytam, D-*-*.

res, dans lesquelles on ne voulut entendre à aucune de ses raisons, il fut suspendu lui-même de ses fondions, le 6 septembre 1U80 (1) : cette suspension fut un tles griefs allégués ensuite par le prince d'Orange dans sa déclaration. Lorsque les nouvelles de l'arrivée de ce prince vinrent effrayer la cour, Jacques voulut apaiser le parti prolestant en rétablissant l'évêquc de Londres, qui ne montra aucun empressement pour reprendre ses fonctions. 11 favorisa de tout son pouvoir les vues de Guillaume, et aida dans son évasion la princesse Anne de Danemark, qui, apprenant que son mari avait joint le prince d'Orange , se hâta de fuir le ressentiment du roi en se rendant à Nortliamplon , où il se forma bientôt autour d'elle une petite armée qui voulut être commandée par l'évêquc. Celui-ci, dit Burnet, se laissa trop facilement persuader de prendre cette résolution. Mais rien ne choque dans les temps de rébellion et de désordres : on ne vil dans la conduite de l'évèque que ce qu'elle avait de favorable a tin changement désiré par une grande partie de la nation, et son zèle le lit appeler Yitêque prolestant par excellence. Après la révolution, il seconda vivement le prince d'Orange dans toutes les mesures nécessaires pour établir son gouvernement. Compton fut réintégré dans toutes ses places par ce prince, qui le choisit pour la cérémonie du couronnement, l a même année 1088, il fut l'un des commissaires chargés de réformer la liturgie, et nommé président de la convocation de 1089. Au commencement de 1090, il accompagna, a ses propres frais, le roi Guillaume à la Haye, ou fut conclue la grande alliance contre la France. Mais, malgré le zele qu'il déployait en faveur du nouveau souverain , il ne put obtenir le sié^'e de métropolitain à Cantorbéry, qui fut deux fois vacant pendant ce règne. A l'avènement de la reine Anne, il jouit d'un grand crédit à la cour; dans les premiers jours du mois de mai 1702, il fut nommé membre du conseil privé, et la même année il lit partie d'une commission chargée d'établir l'union entre l'Angleterre et l'Ecosse. On a vu que Compton avait fait de vains efforts pour réunir les dissidents à l'Eglise anglicane. L'évêquc Uurnct, qu'un esprit plus ardent rendait moins circonspect, et dont l'opinion était favorable aux dissidents, l'a accusé à cette occasion de faiblesse, d'entêtement et d'attachement à un parti; Compton ne tenait probablement qu'à celui du repos. Calme dans kt bonne et dans la mauvaise fortune, tranquille sur les vicissitudes de faveur auxquelles est ex|K>sé un homme qui approche des cours , ne cherchant que le bien, et le cherchant sans petitesse d'esprit , il travailla constamment à entretenir la bonne intelligence entre l'Eglise d'Angleterre et les autres Églises réformées. Il employa tout ce qu'il avait de crédit et de fortune à améliorer le sort du clergé pauvre. Si les troubles de son temps l'entraînèrent dans quelques

fil U cour ecclésiastique n'osa point le priver des revenus de *on éveché, parce qiuMw légistes ayant déclare que les bénéfice* élant des Iranrs-flefs [IrahoUtt), si la semence avait porté sur des temyorr.Ula, levéque aurait pu en appeler a la cour du Banc du roi, ou il et probable qu'il eût gagné H cause. D-l-s.

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démarches contraires à la dignité extérieure de son ministère, ils ne lui en firent jamais négliger les devoirs. Il mourut à Fulliam, le 7 juillet 1713, âge de 81 ans. On a de lui : 1* Une traduction de l'italien de la vie de Donna Olympia Maldachini , qui exerça une grande influence sur l'Eglise pendant le pontificat d'Innocent X (de 1644 a 1655), Londres, 1667. 2° Une traduction du français d'un ouvrage intitulé : Intriguei det jétuitei, avec les instructions particulières de cette société à ses agens, 1669. 5' un traité de la Sainte Communion, Londres, 1fi77, in-8*, où il n'a pas mis son nom. 4* Six lettres au clergé de son diocèse , sur différents points de doctrine , imprimées d'abord séparément, de 1479 à 1485, ensuite réimprimées ensemble, en 1686, in-12, sous le titre d" Epitcopalia ; 5# une lettre à un ecclésiastique de son diocèse , sur la non-rétittanee , écrite après la révolution, et imprimée dans les Mémoire» de John Kettlcwell, Londres, 1718. Il précisait, selon l'évêque Durnet, sans beaucoup de chaleur, avec encore moins d'érudition ; cl l'on peut juger en effet,

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d'après les éloges de ses panégyristes , que son ton paternel , mais simple , était plus édifiant qu'éloquent. Ce prélat se fit un délassement de la botanique , et concourut aux progrès de celte science, en encourageant et protégeant les botanistes , et en favorisant , par tous les moyens que lui donnaient sa fortune et son rang, l'introduction des plantes rares et étrangères. Sa maison de campagne de Fulliam devint célèbre par le grand nombre de plantes curieuses qu'il y avait rassemblées. Ses contemporains Ray , Peliver et Plukenet indiquent souvent relies que l'on doit au goût éclairé de ce savant prélat. Trente-huit ans Apres sa mort, Walson rendit hommage à sa mémoire, en publiant une liste de trentequatre arbres étrangers qui ornaient encore les jardins de Fulliam; mais ce n'est que plus récemment que I. héritier de Bretelle lui a rendu les derniers honneurs botaniques , en donnant le nom de Comptonia à un genre d'arbrisseau de la famille des amentacés. S— D.

COMTE (le) Voyez Lecomte.

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