‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 113 sur 117 · C90 COM · texte numérisé non relu

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observations importantes, dont Nicolas Hcinsîus a profite; il avait entrepris une Histoire des guerres entre la France et l'Angleterre et une Vie de Philippe de Valois, qui était fort avancée quand parut celle de l'abbé de Choisy. Le P. Cominirc était en correspondance avec Ménage, Sanicul, llnet qu'il ensygea à écrire YHistoire des navigations de Salomon ; le P. liouhours, à qui il adressa une belle ode pour le consoler des critiques de Barbier d'Aucourt [voy. Barbier et Boliioirs) , Grrviu*, le P. la Baune, etc. Il mourut à Paris, le 25 décembre 1702. Le recueil de ses poésies a été imprimé plusieurs Puis, Paris, 1678, in-4°, ligures d'Edclinck ; 1681, in-12, avec des additions. En 1704, le P. Sanadon publia un volume il'OEuvres posthumes, avec l'éloge de Cominire en latin. Toutes les poésies de Cominirc sont réunies dans l'édilion de 1715, sur laquelleaété laite celte deBarbou, 1753, 2 vol. in-12, la meilleure de toutes. On y trouve : 1° les imitations des Psaumes et des prophètes ; 2° les pièces héroïques; 3» les odes, 4» les idylles, parmi lesquelles on distingue la pièce intitulée Connubia florum; 5° les fables; 6° Us épigrammes (plusieurs sont imitées de l'Anthologie)', "° un drame, dont le sujet est la conception de la Vierge; des traductions et des imitations françaises de plusieurs pièces, et enfin un discours lalin que le P. Cominire avait pronuncé au collège de Rouen, et dans lequel il traite des Moyens d'acquérir de la réputation. ( Voy. Bail- Jet, Jugements des savants, t. 4, part. 2 de l'édit. d'Amsterdam, 1725, in-12.) W— S.

COMMIUS. Voycs ConREts.

COMMODE (Lucius, ou Maucis ^lids At> nELtt s) Anlonin, empereur romain, fils de Marc- Auréle, et arrière-petit-lils de Trajan, par Faustine sa mère, vint au monde l'an 161 de l'ère chrétienne. Il fut fait César à l'âge de cinq ans, avec Annius Vérus, son frère. Suivant un de ses historiens, il montra d'heureuses dispositions dans sa première jeunesse ; suivant les autres, il fut cruel et dépravé dès l'âge de douze ans. On cite de lui, à cette époque, ce trait de cruauté. Ayant trouvé l'eau de son bain trop chaude, il ordonna qu'on jetât dans la fournaise celui qui l'avait fait chauffer, et ne fut tranquille que lorsqu'il fut persuadé que son ordre avait été exécuté. En 176. il triompha, avec son i>ére, des Germains et des Sarmates, et on lui donna le nom de Germanicus et de Sarmaticus. Il était en Pannouie avec Marc-Auréle, quand ce prince mourut, cl l'eut pour successeur, l'an 189. Les Quades et les Marcomans, déjà à demi vaincus, subirent sa loi ; mais empressé de retourner à Rome, il traita honteusement de la paix avec les autres peuples de la Germanie. Il n'en fut pas moins honoré du triomphe à sa rentrée dans la capitale. Eu l'année 184, il envoya Llpius Marcellus jiour faire la guerre aux Bretons qui avaient passé le mur qui les séparait des Bomains : Commode prit à cette occasion le nom de Biitannicus. Une chose ass<z constante, c'est que, pendant les premières années de son régne, il se conduisit souvent par les conseils des amis de son père. Lorsqu'il voulut gouverner sans guide , il les éloigna

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et donna le commandement des cobortes prétoriennes à Pércnnis, homme de guerre, qui, pour se rendre le maître . dégoûta l'empereur des affaires, et le poussa à toutes sortes d'excès. Une conspiration so forma contre Commode. Ses cruautés en furent le prétexte et la raison. Lucilla, sa sœur aînée, veuve de Lucius Vérus, collègue de. Marc-Aurèle, avait conservé tous les honneurs d'impératrice, mais il fallut qu'elle cédât le pas lorsque Crispina eut épouse Commode. L'orgueil blessé de cette sœur de l'empereur la lit conspirer contre la vie de son frère. Quadralus et Quintianus, jeunes patriciens qui lui étaient dévoués, et plusieurs des principaux sénateurs, ulcérés contre l'empereur, entrèrent dans le complot. Quintianus, d'autres disent Pompéianus, devait frapper Commode dans un passage obscur qui conduisait a l'amphithéâtre. Lorsqu'il vint à passer, l'assassin se jeta sur lui, un poignard à la main, en criant : « Voici ce que le sénat l'envoie. » L'empereur eut le temps d'éviter le coup. Il en garda une haine implacable au sénat. Lucilla fut reléguée dans l'île «le Caprée, où dans la suite elle fut tuée par son ordre. Crispina, sa femme, eut le même sort. Pérenuis profila il" l'occasion pour faire périr tous ceux dont l'attachement à Commode lui faisait ombrage. Quand il se vil en possession de toute la faveur du prince, cl pour ainsi dire de sa personne, il songea à s'emparer de l'empire. Il fit entrer son fils, qui commandait en lllyrie, dans une conspiration qui fut découverte et leur coûta la vie à tous deux. Ces dangers, auxquels Commode s'était vu exposé, redoublèrent sa défiance. Il se livra à des cruautés et 4 des débauches sans bornes. La place de premier ministre fut donnée à Cléandre, Phrygien de naissance, autrefois esclave. L'empereur était si absorbé par les plaisirs, qu'il ne trouvait pas un moment à donner aux affaires. 11 ne voulait même pas signer ses dépêches; et, dans plusieurs lettres qu'il écrivait à ses amis, il ne mettait que ce mot : vale. Le nouveau favori porta la tyrannie encore plus loin que Pércnnis; il y joignit de la folie. Il donna entrée dans le sénat a plusieurs esclaves nouvellement affranchis, et fit dans un an vingt cinq consuls, presque tous ses créatures. Il se rendit odieux au peuple même, qui lui imputa les fléaux et les malheurs dont il se trouvait frappé. Pendant que se célébraient les jeux du cirque, une troupe d'enfants y entra, a\ant à sa téle une femme imposante par sa taille, et terrible par son air. Ces enfants *so mirent à pousser de grands cris contre Cléandre : le peuple y répondit par des cris semblables. Après que ces clameurs eurent duré quelque temps, la multitude se porta à un palais près de Borne, où Cléandre était alors avec l'empereur, le chargeant de malédictions, et demandant avec fureur qu'il lui fût livré. Cléandre fit sortir toute la cavalerie des prétoriens qui repoussa le peuple jusque dans la ville ; mais cette cavalerie, accablée bientôt par les pierres et les tuiles qu'on jetait des fenêtres et des toits, prit la fuite et fut poursuivie jusqu'au palais où l'empereur, plongé dans les plaisirs, ignorait ce qui passait. Sa maîtresse, sa sœur couiureut l'avenir que tout était perdu s'il

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n'abandounait Cléandre à la fureur du peuple. Commode effrayé manda Cléandre, lui fit couper la léte, et l'envoya au peuple, qui s'apaisa à l'instant. Il avait eu, quelque temps auparavant, un autre sujet de terreur. Maternus, simple solvlat, ayant rassemblé des déserteurs comme lui, se trouva à la téte d'un parti assez puissant, avec lequel il ravagea les Gaules et l'Espagne. Pescennius Miger fut envoyé contre ces brigands, et les poussa vivement. Maternas ne pouvant résister, passa secrètement en Italie avec ses camarades, partagés en différentes bandes, dans le dessein de tuer l'empereur pendant la célébration d'une fête, et de s'emparer de l'empire. Il vint à Rome sans avoir été découvert ; mais, trahi par des gens de son parti, il fut arrêté et mis à mort. On ne voyait sous ce règne que des fins tragiques. Chaque année, Commode faisait périr des hommes et des femmes de la maison impériale, des patriciens cl des consulaires, pour cause de conspiration. 11 les imaginait, afin de trouver des victimes. Sa vie se partagea en cruautés, en débauebes et en folies. S'il Unit en croire ses historiens, il lit jeter aux bêtes féroces un homme pour avoir lu la vie de Clligula par Suétone, parce que cet empereur était né le même jour que lui. Rencontrant un homme d'une corpulence peu commune, il le coupa en deux, pour essayer sa force qui était extraordinaire, et pour voir, comme il l'avoua, les entrailles de ce malheureux se ré|iandre tout à coup. Il se plaisait à mutiler ceux qui se trouvaient sur son passage dans ses courses nocturnes. Sa cour était le théâtre de la plus infilme prostitution. Ses sœurs mêmes furent déshonorées par lui. 11 vivait au milieu de trois cenis concubines et d'autant de jeunes garçons. Dans ses extravagances, il en vint à changer de nom, et il se lit appeler Hercule, fils de Jupiter, au lieu de Commode, (ils de Marc-Auréle. llcvétu d'une peau de lion, et armé d'une massue, il tuait publiquement dans son palais, ou dans l'amphithéâtre, des bêtes féroces. Dans ses lettres au sénat, il s'appelait VHercule Romain, cl il prit ce nom sur les médailles, où il est représenté avec tous les attributs d'un demi-dieu. Il écrivit à cette compagnie, pour demander que le nom de Rome fut changé en celui de Colonia t'ommodiana, et les médailles nous prouvent que le sénat y consentit. II lui donna même, soit par lâche adulation, soit par une dérision que le prince ne sentit pas, les titres de pieux, d'heureux, d'Hercule, etc. Ayant luit ôler la téte d'une grande statue du Soleil révérée de tout temps par les Romains, d lit mettre la sienne à la place, avec celte inscription : Commode victorieux de mille gladiateurs. Sa passion favorite était d'abattre des bêtes féroces dans l'amphithéâtre, et de se mesurer avec des gladiateurs. Il s'était rait exercer â tirer des flèches par des Partîtes trés-ha- Liles, et a lancer des javelots par des Maures non moins ex|>erts. Une panthère s'était saisie d'un homme, et était sur le (toint de le dévorer; Commode lui tira une flèche avec tant de force et d'adresse, que la panthère fut tuée du coup, sans que l liomme fût blessé, il abattit cent lions les uns après les autres avec le même nombre de javelots.

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Hérodien, témoin oculaire, dépose de ce fait. L'empereur eut l'impudeur de se produire nu dans f amphithéâtre, pour y danser et y combattre contre des gladiateurs. La multitude en rougit de honte pour lui. Le premier jour de l'année 105, jour solennel ou les consuls entraient en exercice, il résolut de paraître comme consul et comme gladiateur, après avoir fait tuer les deux consuls designés. Il convmuniqua à Marcia, sa mai liesse favorite, le dessein où il était de sortir ce jour-là en cérémonie, non de son palais avec la robe impériale, mais du lieu des exercices, armé de pied en cap, précédé de tous les gladiateurs. Marcia se jeta en larmes â ses pieds, le conjurant de renoncer à ce projet déshonorant et dangereux (tour lui. LaHus,chef des cohortes prétoriennes, et Kleclus, le principal officier de sa chambre, lui firent les mêmes prières. Commode, irrité de trouver de la contradiction, se retira, comme pour dormir â l'ordinaire. Vers midi, il prit une rédule, et écrivit dessus les noms de ceux qu'il voulait faire tuer la nuit suivante. En tête se trouvaient Marcia, LtIus et Electus.U laissa ccttecédule sur le chevet de son lit. Un de ces jeunes enfauts qui servaient aux plaisirs des Humains étant entré dans la rliambre de Commode pendant qu'il était au bain, trouva la cédule, cl l'emporta. Il fut rencontré par Marcia, qui, en le caressant, lui ota le billet qu'elle communiqua aussitôt à La?lus et à Eleclus. Ils décidèrent alors qu'il lallait, sans perdre de temps, prévenir l'empereur, cl pensèrent que le moyen le plus sûr et le plus facile serait le jtoison. Marcia se chargea de l'exécution. C'était elle qui, à table, versait toujours le premier coup â boire â Commode. Quand il lut revenu du bain, elle lui présenta uue coupe empoisonnée. Après l'avoir bue, l'empereur fui pris d'un assoupissement auquel succédèrent des vomissements. Marcia et ses complices, effrayés, eurent recours â [Narcisse, athlète favori du prince, et obtinrent de lui, â force de promesses, qu'il entrât dans la chambre de Commode et l'achevât. Cet homme hardi et vigoureux trouva l'empereur affaibli par les effets des vomissements ; il lui serra si fortement le cou, qu'il l'étrangla, vers la fin de l'an 192. Ainsi finit Commode, â l'âge de 31 ans, après un règne de près de treize années. H était d'une beauté peu commune par la ligure et la taille (I). Sa vie a été écrite par Lampridius. (Voy. aussi Eniro|)e, Hitt. rom., liv. 8.) Q— R— y.

(<) Les médailles de Commode sont i«h communes, excepté relies d'or qo» sont encore rare*, maigre la découverte preelenso, biM, il y a environ dix ans, pn-s du village d'Homo; en l'iiardip, oii it se irnnva plus de cent Commodes arec plusieurs ijpes caneux et inédits, l'ue grande partie est entrée dans le ratnnot royal, a l'an*, et les autres onl été distribuées dans les rolleclions particule^ qui en manquaient. Uuelques meuaillons en Ironie nous represenlcul la li'le de Commode accolée â celle d une Inouïe roilfeo d'un ea»que. Les antiquiire* conjecturent avec quelque fondement que celle téte oflre le* irait* de Marcia, ft maîtres*', qui eian souveut u'iuecn amazone, et en l'bonoeurde laquelle Commode voulut Muinmer le mois de décembre um«io»itn, comme il avait voulu nommer commmtit.i le mois d août, ei Hennit**, iatie/m, et Kjh* ptriiioriMi (triomphant! cent de septembre, octobre et novembre. Seplime Severe, qui desiiiil faire croire qu'il était frère de Cwa* mode, voulut honorer sa mémoire, cl le lit uieiirc au ran| de« dieux. T— s.

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COMMODIEN, auteur latin qui lui-même nous apprend son nom, Comuodianus Gaz.cus (l), et se donne le surnom de Mendiant de Jésus-Christ (2), vivait, selon les uns (3) dans le 4* siècle, sous le pape St. Sylvestre, c'est-à-dire de 314 a 333, et selon Dodwcll (4), au commencement du 5*. Cette dernière opinion nous semble préférable, car Commodien ( Intl. 6, v. 6) compte deux cents ans depuis Jésus-Clirist, et tout prouve qu'il écrivait au milieu des persécutions qui affligèrent l'Église naissante. Elevé dans les erreurs du paganisme, il n'embrassa qu'après un mûr examen la religion nouvelle, et pour lui consacrer le fruit de ses études, il composa , sous le titre d' Instructions, un ouvrage qui n'est réellement ni en prose ni en vers; l'auteur n'y observe aucune mesure, seulement ebacune de ses lignes offre un sens complet, et chacune de ses strophes présente un acrostiche, c'est-à-dire que toutes les lettres composant le titre d'une strophe se retrouvent dans leur ordre au commencement rie chacun des vers de celte même strophe. Les Instructions se divisent en 3 parties. Dans la 4", Cornmodien s'adresse aux gentils; il s'efforce de leur démontrer l'absurdité du paganisme, et lesexhortc à cm* brasser la religion de Jésus-Christ. Dans la 2*, il exhorte les Juifsà se ranger sous la loi nouvelle, dont l'an* cienne n'était que la ligure ; il y parle de l'anteclirist, du jugement dernier et de la résurrection. En (in, dans la 3e partie, l'auteur, s'adressant aux catéchumènes, aux fidèles et aux pénitents, leur donne des instruc» tious excellentes, et leur recommande particulièrement l'amour de la pauvreté. Le style de Commotlien est dur et peu correct, mais sa foi est vive, sa morale irréprochable. Les plus anciens auteurs qui l'aient mentionné sont le pape Gélase et Gennade de Marseille. (Yoy. Gennaue ) Le premier met les Instructions au nombre des livres apocryphes, probablement parce qu'on y trouve l'opinion de Tcrtullien et de Lactauce au sujet du règne de mille ans; le second reproche à Commodicn une rigidité beaucoup plus propre à effrayer les païens et à renverser leurs dogmes,- qu'à consoler les chrétiens et à les affermir dans la foi. L'ouvrage de Commodien est resté longtemps dans l'obscurité. Le P. Sirmond l'ajant découvert sur un ancien mauuscrit, en fit une copie d'après laquelle Nicolas Rigault donna la première édition, 1630, in-4»; réimprimée à la suite de l' édition de Cyprien, Minutius Félix, Arnobe et Jul. Finnicus, donnée par le même Nicolas Higault cl par Pu. Prieur, Paris, 4666, in-fol., puis dans

(I) Caueu, prooablemeui a ja:a, comme Cmmodinu a commodu.

(i) A li fin de son ouvrage, it dii qu'on trnaTera snn nom dans ses ver*. Elhr livrinenl, lr« premières leiires dp chaque irn de la dernière sirophe, en remontai, douiicut réunies : Cu«no5;»>r«, bexd crts Cbmsti.

(S) Onnadf (de Vir. itlusi., ch. 15); Cave (île Seripi. errlet., t.t, p. <5<) *. enfin Nie. Iligauii, qui, dans m 3' édition de Cnnimodien, eiablil que ilutruclion 33 Ml mention du pape SI. S\l\e*Ue.

(I) Vof. sa dissertation de Caminctiani trlvte, a la fin diK Annalei Vtiteiani, (Jutitcldus, el Slal mni, Oilord, 16I», in-8». Seuaslien Pauli.elere régulier, daus une dissertation en iialim tur la l'oesie iet Père* de lÈgttn (Xaules, i7M). se rapproche de l'opinion île Do4*ell,eo plaçant notre auteur à la Un du r siècle.

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le f . 27* de la Bibliotheca Palrum de Lyon ; séparément, avec une dissertation de Dodwell et une préface de Henri-Léonard Schurtzfleisch, Vittemberg, 4705, in-4»; enfin à la suite du Minutius Félix de John Davies (Davisius), avec de nouvelles notes do celui-ci, et celles de Nie. Rigault, Cambridge, 1711, in-8*. Des notes tirées de la Biblioth. de Spanheim ont été imprimées à part, Vittemberg, 4709, pour servir de complément à l'édition de Schurtzfleisch. Nous n'avons point de traduction française des Inslructions. Plusieurs passages du texte ont été corrigés par Baluze, dans son édition de St. Cyprien (Paris, 1726, in-fol.), p. 454, 435 el 458; et par Gilbert Gaulmin, dans sa traduction laiine du roman attribué à Eustatbe {de Ismcniœ et Ismenet Amoribus lib. duo, Paris, 1617 ou 4GI8, in-8'), p. 17 et 59. Baluze dit s'être servi d'un manuscrit de St. Albinusd'Angers.— . Outre les auteurs cités dans le présent article et dans les notes, on peut consulter, au sujet de Commodien, la Biblioth. lat. med. et infim. œtalis de Fabricius, t. 4", liv. 3, p. 406 deléd. de Padoue, 1734, in-4°; et la Nouvelle Biblioth. des aut. ecclës. d'Eliies Pupin, t. 4îr, p. 626. Cil— s.

COMMODO (ANnnÉ), né à Florence, en 1360, fut élève de Cigoli. Ses progrès dans la peinture furent rapides ; il alla étudier à Rome les chefs-d'œuvre du Vatican, et peignit aussi le portrait avec succès ; mais le talent le plus remarquable de Corajnodo était de copier les tableaux les plus fameux avec une si grande fidélité, qu'il était presqu'impossiblc de distinguer l'original de la copie. Il s'était rendu le style des différents maîtres si familier, qu'il s'en était approprié jusqu'aux moindres nuances. De retour dans sa patrie, il fit plusieurs tableaux originaux, dans lesquels il transporta les beau lés qu'il avait si bien copiées des plus grands maîtres. Il a peint, entre autres, un Jugement universel, qui est regardé comme son chef-d'œuvre. Commodo mourut à Florence, en 1638. À— s.

COMNÈNE. Voyez, les articles Alexis, A?promc, Anne, David, Isaac, Jean et Mam el.

COMNENE (Jean), médecin valaque, vivait au commencement du 18e siècle. Ayant entrepris un voyage dans la Palestine, après avoir visité les lieux où se sont accomplis les principaux mystères de la religion chrétienne, il se rendit au mont Athos, où il demeura plusieurs années avec les pieux anachoréles qui peuplent cette célèbre solitude. R était de retour à Dukharest en 1700, et l'année suivante il publia la Description du mont Athos, en grec me— derne. Cet opuscule, imprimé d'abord au monastère de Synagobe en 1704, in-8°, fut reproduit parle P. Monlfaucon, avec une version latine, dans la Palceographia gretca dont il forme le 7' livre; et il a été réimprimé à Venise en 1743, in-8v Celte dernière édition est la plus recherchée des amateurs. Avant Comnène, aucun voyageur européen, si l'on en excepte notre savant et judicieux Delon, n'avait décrit le mont Athos. Mais Comnène était bien plus à même que son prédécesseur de donner une notice exacte et détaillée de cette solitude, puisqu'il l'avait habitée, tandis que Delon ne l'avait vue qu'en pa&-

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Bant. Aussi l'opuscule de Comnène est-il très-curieux; il l'aurait été bien davantage si l'auteur eut eu plus de connaissances dans la littérature et les antiquités. En donnant, comme il l'aurait dit, des détails plus satisfaisants sur les bibliothèques et les manuscrits conservés au mont Allias, il aurait épargné bien îles peines et des recherches inutiles aux savants qui les ont explorés après lui. ( Voy. ViLl.oisox.) Le P. M oui faucon reproche avec raison a Comnéne d'avoir négligé cette partie si essentielle de son voyage, et remplacé la liste des manuscrits, qu'il lui aurait eu tant d'obligation de faire connaître, par la nomenclature des reliques vraies ou supposées, conservées dans chaque église, et d'avoir semé son récit de miracles sur la garantie de quelques moines grecs, non moins amateurs du merveilleux que ne l'étaient leurs ancêtres. W — s.

COMNENE (Démétric s) descendait de l'illustre famille des Comnènc, qui a produit dix-neuf rois, dix-huit empereurs et un grand nombre de princes souverains. Après la mort de David Comnène, qui en fut le dernier empereur, ses (ils se réfugièrent en I.aconic, où ils continuèrent à dominer pendant près de deux siècles. Mais Constantin ayant été forcé de s'expatrier, il aborda à Gènes en Ï676, a la téie d'une nombreuse colonie composée de Grecs de toutes conditions. Le gouvernement génois lui accorda une grande étendue de terrain dans l'Ile de Corse, dont il fut le premier chef, qualité qu'il transmit à ses descendants. Mais cette suprématie fut abolie, et les biens mêmes de la famille Comnènc furent ajoutés aux domaines de l'État, lors de la réunion de la Corse à la France. Lorsque ces changements curent lieu, Démétrius Comnène se trouvait à Rome où il avait été élevé. Son père, dernier chef de la Corse, venait de terminer ses jours. Ce prince, quoique fort jeune encore, quitta Rome pour venir réclamer contre cette double spoliation. Mais ce fut en vain. Aussitôt que son âge et les circonstances lui permirent de passer en France, il alla porter ses plaintes au pied du trône : elles turent favorablement écoutées. Le gouvernement lui accorda un dédommagement pour ses biens déjà concédés au commandant en chef de l'Ile de Corse. Quant à ses autres prétentions, on lui répondit que le rang occupé par ses ancêtres était incompatible avec les lois et les coutumes de la monarchie française, et qu'il ne pourrait jouir désormais qu? des distinctions accordées dans ce royaume, en présentant ses titres, pour en faire constater l'authenticité dans les formes voulues. Ces titres furent en conséquence soumis à l'examen de Cliérin, qui prononça son avis dans les termes suivants : o On ne peut pas nier que M. de • Comnéne ne soit issu en ligne directe de David, « dernier empereur de Trébisonde, tué par ordre de «Mahomet II en 1462, et par conséquent suteep- « tible de toutes les distinctions réservées à son ori- « gine. » Après un second examen fait au conseil du roi, une filiation directe depuis David, dernier empereur de Trébisonde, jusqu'à Démétrius Comnène, fut constatée par lettres patentes de Louis XVI, données à Versailles au mois d'avril 1782, enregis-

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