PARIS
CHEZ MADAME t. DESPLACES,
ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE DE LA DEUXIEME ÉDITION DE LA BIOGRAPHIE UNIVERSELLE ,
BDiï,ïu l'JUÎCAl
i I : '>IA.
IIORSBIRGH (Jàcqces), célèbre hydrographe anglais, naquit le 23 septembre 1762 à Élin, dans le comte de Fife en Ecosse. Ses parents, qui, malgré leur peu d'aisance, étaient considérés à cause de leur probité, lui llrent fréquenter les écoles, tout en l'employant aux travaux des champs, de sorte qu'à l'Age de seize ans il possédait bien les éléments des mathématiques , la tenue des livres, et la théorie de la navigation. Il navigua pendant trois ans comme mousse, puis comme novice, sur des navires qui portaient de la houille de la baie de Forth et de Newcaslle en Hollande et à Oslendc. bn mai 1780 il se trouvait sur un bâtiment qui fut pris par une frégate française près de l'Ile de Walcheren, en Zélande, et il resta quelque temps prisonnier à Dunkerque. Hendu à la liberté, il fit un voyage aux Antilles, puis un autre à Calcutta. L'entremise d'un de ses amis, qui était constructeur naval dans ce port, lui valut de passer comme officier marinier sur un navire destiné pour Bombay. Au bout de deux ans, il devint premier officier d'un autre bâtiment qui, dans sa traversée de Batavia à Ceylan, eut le malheur de se perdre le 30 mai 1785, sur la petite Ile de Diego Garcia ou Ctiago, située dans la mer des Indes entre l'Ile Maurice et les Maldives. « Cet accident, qui avait eu pour cause « l'inexactitude des cartes, rae fit sentir, dit Hors- « burgh, la nécessité de faire et de noter soigneu- ■ sèment des observations nautiques. » De retour à Bombay, il s'embarqua sur un gros bâtiment qui allait à Canton; puis pendant plusieurs années il (il sur divers navires de nombreux voyages entre la Chine , Bombay , Calcutta , Batavia et la Nouvelle-Guinée. Son expérience et ses observations l'avaient mis en état de recueillir une grande quantité de matériaux pour l'hydrographie de la mer des Indes. La lecture attentive des livres et ses essais pratiques l'avaient rendu familier avec les observations lunaires et l'usage du chronomètre. Il s'instruisit lui-même à dessiner et à graver, et parvint à construire des globes : c'est à ces occupations qu'il consacrait jusqu'à minuit ses loisirs, lorsqu'il était à l'ancre dans un port. Les trois premières cartes qu'il publia furent celle du détroit de Macassar, celle de la côte occidentale des Philippines, celle du détroit de Dampierpar
la passe de Pitt , sur la côte nord-ouest de la Nouvelle-Guinée; il les accompagna d'un mémoire pour servir d'instruction aux navigateurs. Ayant montré ces travaux pendant qu'il était à Canton à un de ses amis qui avait été son capitaine, celuici se hâta de les communiquer à plusieurs capitaines de la compagnie des Indes et au chef de la loge anglaise ; tous en furent si contents, que les cartes et le mémoire furent envoyés en L'urope à Dalrymplc , hydrographe de la compagnie (voy. A. Dalrymple). Il les fit publier pour l'usage des navigateurs qui fréquentaient les mers de la Chine, et l'auteur fut gratifié d'une lettre de remerclments des directeurs, et d'une petite somme en argent pour acheter des instruments. L'n 1790 llorsburgh revint en Angleterre sur un navire parti de Bombay, et qui excita l'admiration générale des marins par le bel ordre qu'il y avait introduit. La réputation que déjà il s'était acquise lui procura un facile accès auprès de Banks, de Maskclyne, de Cavcndish et d'autres hommes distingués par leur savoir. Après une campagne aux Antilles, il retourna comme capitaine dans les Indes, et lit divers voyages entre ces parages, la Chine et l'Angleterre. Il continua ses observations et ses journaux, et ayant eu l'occasion d'acheter à Bombay la montre astronomique faite par Louis Berthoud pour l'expédition de d'Entrecasteaux (roy. ce nom), il s'en servit pour régler son propre chronomètre, et pour observer une suite d'immersions et d'émersions des satellites de Jupiter; le résultat en fut envoyé par lui aux astronomes du roi d'Angleterre. Depuis le commencement d'avril 1802 jusqu'au milieu de février 1804, il tint un registre des mouvements du mercure dans deux baromètres de marine, observés à des intervalles de quatre heures. 11 en résulta la preuve qu'entre les parallèles de 26 degrés de latitude nord et de* 26 degrés de latitude sud, l'atmosphère éprouve deux fois en vingt-quatre heures un flux et un reflux qui sont diminués et quelquefois complètement anéantis par l'influence de la terre, de l'embouchure des rivières, des ports ou des détroits resserrés ; fait qui auparavant n'était pas connu. Ce journal d'observations barométriques fut présenté en 1805 à la société royale de Londres, qui en ifpéra un extrait dans
ses mémoires ( Transac tions). La même année llorsburgh revint définitivement en Angleterre. En 1806 il fut élu membre de la société royale; en 1809, à la mort de Dalrymple, il fut nommé Hydrographe de la compagnie des Indes. L'accomplissement assidu de ses fonctions et la construction d'une grande quantité de nouvelles cartes et d'autres travaux importants remplirent tout son temps. Doué d'une constitution robuste, vivant très-sobrement, il eût poussé très-loin sa carrière, si une activité continuelle n'eût pas épuisé ses forces. Depuis plus de deux ans sa santé dépérissait ; vainement on lui conseillait de prendre du repos; enfin , au commencement d'avril 18ÔG, les progrès de l'hydropisie de poitrine qui le tourmentait le forcèrent de garder le lit, et le 14 il mourut. On a de llorsburgh en anglais : 1° Routier pour la navigation des Indes orientale t. de la Chine, de la Nouvelle-Hollande, du cap de Bonne- Espérance et des ports intermédiaires, Londres, 1809 à 1811 , 2 vol. in- 1 ; 4* édition, 1836, 2 vol. in-4° et atlas in-fol. ; traduit en français par M. le Prédour, capitaine de frégate , sous ce titre : Instntctions nautiques sur les mers de l'Inde , Paris , 1824, in-8», et Paris, 1856 à 1839, 5 vol. in-8». Cet ouvrage inappréciable, qui maintenant sert généralement de guide et fait autorité , fut entrepris à la demande de beaucoup de navigateurs qui fréquentaient les mers de l'Est, et composé principalement d'après des journaux et des observations autographes que l'auteur s'occupa de réunir pendant plus de vingt ans. Les marins les plus habiles de toutes les nations ont rendu justice à l'utilité et à l'exactitude de ce livre, llorsburgh ne cessa pas un seul instant de le corriger et de l'augmenter. Il venait de terminer la quatrième édition, sauf la table des matières, lorsqu'il expira. « C'est ce qu'il me dit à son lit « de mort, raconte sir C. Forbes, son biographe n anglais; puis il ajouta : Je mourrais sans regret, « si Dieu daignait m'accorder la satisfaction de « voir mon ouvrage entièrement imprimé. J'allai « le voir le jeudi après midi; il mourut le samedi « matin. Il me fit part de ses derniers vœux bien « ardents pour son livre, vœux qui furent rem- « plis à l'avantage de ses enfants par la compagnie « des Indes. » 2S Registre météorologique destiné à indiquer les tempêtes en mer, Londres, 1816; 3° Extrait du traité de Mackenzie sur les relèvements à la mer ; 4° Pilote des Indes orientales, 1 8 1 9 , i n-fol . C'est un atlas qui peut faire partie du Routier; 5° Mémoire sur les montagnes de glace de C hémisphère austral (dans les Transactions de la société royale, année 1830). Un comité spécial, chargé par la chambre des communes de faire un rapport sur les naufrages, parla avec éloge des excellents travaux des officiers de la marine de la compagnie des Indes, et notamment de la persévérance infatigable et du talent éminent de • l'hydrographe de cette compagnie , le feu capitaine llorsburgh, dont les routiers et les cartes
des mers de l'Est ont été des guides sûrs et précieux pour la vie et les biens des marins naviguant dans ces parages. Parmi ses nombreuses cartes, on se contentera de citer le Détroit d'Allass . entre lés Iles de Lombok et de Sumbava, à l'est de Java ; le Port de Bombay; la Côte orientale de la Chine; c'est son dernier ouvrage : il est dédié à son ami Rceves pour le remercier de la communication de manuscrits chinois, et d'une carte chinoise prêtée à la compagnie des Indes. Quelqu'un ayant représenté à llorsburgh que la publication de sa carte favoriserait les opérations des trafiquants d'opium dans un commerce illicite que lui-même détestait comme contraire aux lois divines et humaines, et comme pernicieux pour le caractère moral ainsi que pour la santé des Chinois : « Cela « est très-vrai, répondit llorsburgh; mais comme « ces contrebandiers ne continueront pas moins à « faire cet horrible négoce, donnons-leur au « moins le moyen de mettre leur vie eu sûreté. » Modeste , probe et pieux , llorsburgh s'acquittait de ses devoirs religieux avec une exactitude exemplaire. Très-zélé pour l'Eglise anglicane , il publia divers ouvrages en sa faveur : Apologie du traité de St-Cyprien sur C unité de l'Eglise (sans date) , in-8°; Apologie de l'Église nationale, Londres, 1835, in-8». E— s.
HORSCII (Philippe-Joseph), médecin allemand, né en 1772, fut conseiller médical du roi de Bavière et professeur de médecine à Wurzbourg. Il mourut le 22 janvier 1820. Ses ouvrages sont : 1° Instruction par rapport à la crainte de la fièvre jaune en Allemagne (en allemand), Kudolstadt, 1803, in-8°; 2" Essai d'une topographie de Wurzbourg, ibid., 1803, in-8°; 3° Observations et expériences sur la température' qui a régné à Wurzbourg en 1807, avec une description de l'école clinique qui y est établie, ibid., 1808, in-8° ; 4° Annales de l'école clinique de Wurzbourg, ibid., 1809-1810, in-8n ; 3° Âlanuel de thérapeutique générale, Wurzbourg, 1811, in-8"; 6° Sur la formation des médecins comme praticiens et citoyens, ibid., 1817, in-8°; 7° Introduction à la clinique, ibid., 1817, in-8° ; 8" Manuel de pathologie spéciale et de médecine, Francfort, 1819, t. l,r, in-8". C— t — a.
HOKSLEY (Samuel), savant prélat anglais, né en 1733, fit ses premières études à Cambridge, et passa en 1768 à Oxford comme gouverneur particulier d'Ileneage , comte d'Aylesbury , alors lord Guernscy. Ce fut là qu'il publia en 1770 une belle édition des Inclinations d'Apollonius. Promu à différents bénéfices, élu en 1767 membre et en 1773 secrétaire de la société royale, il enrichit de plusieurs écrits les Transactions philosophiques. Vers 1783, il se fit remarquer par la chaleur avec laquelle il prit les intérêts de cette société dans la contestation qu'elle eut avec sir Joseph Banks, son président , et il pronouça à cette occasion plusieurs discours fort animés qui sont imprimés dans la Relation authentique des dissensions de la société royale, 1784, et dans des Observations du
docteur Kippis sur le même sujet. Horsley se retira volontairement de la société à l'occasion de la réception d'un homme éminent en dignité, réception qu'il désapprouvait hautement; il lit ses adieux en ces termes : « Je quitte ce temple « où la philosophie présidait autrefois, et où New- « ton fut son ministre. » La controverse qu'il soutint victorieusement contre le matérialisme et la nécessité philosophique dont le docteur Priestley (coy. ce nom) s'était déclaré le champion, çt contre les attaques portées à la divinité de Jésus-Christ dans l'Histoire des corruptions du christianisme (1), fit un honneur infini à ses sentiments comme à ses talents polémiques. Protégé par sa réputation et par son élève, qui disait que ceux qui défendaient l'Église devaient être soutenus par l'Église , il ne pouvait guère manquer d'obtenir de l'avancement. 11 venait d'être nommé prébendier de l'église de Gloucester lorsqu'il fut élevé en 1788 au siège épiscopal de St-David, qu'il échangea en 1793 pour l'évêché de Rochester et le doyenné de Westminster. En 1802, il fut transféré à l'évêché de St-Asaph. Son opposition à l'espèce de fureur démocratique qui dominait alors une grande partie des esprits, opposition qu'il manifesta dans ses discours à la chambre des pairs, lui attira quelques sévères réprimandes et éleva contre lui la clameur populaire qu'il méprisa. Sa mort fut, à ce qu'il parait, l'effet du chagrin qu'il ressentit de la perte du lord-chancelier Tburlow (roy. ce nom), son protecteur et son ami. Il avait quitté Londres dans un état de santé parfaite , pour aller à Brighton visiter le noble lord. U apprend sa mort en arrivant, tombe malade et meurt peu de jours après, le 4 octobre 1806. Horsley était un homme d'une vaste et profonde érudition , orateur et écrivain éloquent, d'un esprit plein d'énergie, mais ardent , comme on peut en juger par ses écrits; d'un caractère ferme dans ce qu'il croyait juste, charitable et désintéressé , même jusqu'à l'excès. Les plus importantes de ses nombreuses publications sont : 1° une édition des OEuvres d'isaae Newton, 1 779-1 783, 5 vol. in-40. Cette édition, qu'il a accompagnée d'un commentaire, est un des ouvrages les mieux exécutés par la typographie anglaise ; elle fut annoncée au prix de cinq guinées, et se vend aujourd'hui dix, ce qui prouve sans doute en sa faveur; mais ceux qui ont consulté l'édition des Principia, publiée par les PP. Jacquier et Leseur, minimes (coy. ces noms), n'hésitent pas à donner la préférence à cette dernière. 2° Des Traités de controverse, contre le docteur Priestley, imprimés pour la troisième fois avec des additions considérables, en 1793, 1 vol. in-8°; 3° un traité anonyme très-estimé
(1) Il s'attacha surtout à prouver l'ignorance et l'infidélité de son antagoniste dan» les matières sur lesquelles il prononçait avec tant d'assurance. Celui-ci parut d'abord espérer de convertir HorMey et de lui inspirer des remords. Mais, assailli de nouveaux coup» , il ne put que l'injurier en l'accusant de falsifier l'histoire et de diffamer le caractère des morts.
sur les Propriétés des langues grecque et iatine, 1796, in-8°; 4° une traduction anglaise du prophète Osée, avec des notes , 1801 ; réimprimée en 1801 avec des additions ; 3° Euclidis elementorum libri priores 12, ex Commandini et Gregorii versionibus latinis. etc., Oxford, 1802, in-8°; 6° Euclidis datorum liber cum additamentis neenon tractatus alii ad geomelriam pertinentes, ibid., 1803, in-8° (1); 7" des Sermons qui ont été réunis au nombre de neuf, précédés d'une dissertation sur les prophéties du Messie répandues parmi les païens, 1813, in-8°; 8° des Discours éloquents. prononcés dans la chambre des lords (1793, in-8° ) , dirigés en partie contre les principes de la révolution française , contre la traite des nègres , etc. On cite principalement un discours qu'il prononça devant cette chambre dans l'abbaye de Westminster, le 30 janvier 1793, au sujet du supplice de Louis XVI. On a publié depuis la mort de Horsley le livre des Psaumes . traduits par lui de l'hébreu, avec des notes, 1813, 2 vol. in-8° ; et 2 vol. in-8» de ses Sermons; ils ont été réimprimés en 1816, Londres, 3 vol. in-8°. — Horsley (Jean) , mort le 12 décembre 1731, fut membre de la société royale de Londres et pasteur d'une congrégation de dissenters à Morpeth dans le Northumberland. Il a laissé un ouvrage estimé, imprimé en 1732 sous le titre de Btitannia romana, divisé en trois livres , où l'on trouve un vaste et savant tableau des vestiges des monuments romains dans la Grande-Bretagne. S-d.
HORST (Grégoire ), médecin saxon , neveu de Jacques Horst, célèbre par ses talents dans Exercice de la même profession (2), naquit à Torgau le 3 novembre 1378. Après avoir terminé ses cours à l'université de Wittcmberg , il prit ses degrés en philosophie et alla étudier la médecine à Bâle , où il reçut le bonnet de docteur en 1G06. Il fut appelé la même année à Wiltemberg pour y enseigner cette science ; mais il donna sa démission quelques mois après, et vint se retirer à Sallzwedel , dans le Brandebourg, où il se livra entièrement à la pratique et avec beaucoup de succès. Le landgrave de Hesse lui offrit en 1608 une chaire à l'Académie de Giessen, et le nomma
(I) Horsley a été' plus qu'éditeur de l'ouvrage d'Apollonius; II l'a rutouri d'après un mémoire succinct qui a été accidentellement conservé dans les recueils mathématiques de Pappus. — Son édition des œuvres de Newton eut plus remarquable par l'élégance que par le mérite du fond. Un a trouvé qu'il ne s'était pas suffisamment préparé à ce grand travail, et qu'il était resté inférieur à quelques-uns de ses devanciers. Il a été plus heureux dons ses éditions d'Euclide, quoiqu'il se soit fait tort en affectant de déprécier celle qu'avait donnée son prédécesseur Simson , laquelle avait été généralement bien urcui'lllic dans le monde savant, et dont l'illustre géomètre Lacroix a dit qu'elle u devait être regardée comme un événement important u dans l'histoire de la géométrie. » L'Buclide, très-élégamment imprimé n la prêtée de Clarendon , a été apprécié dans un article de VBdinburgk Htvitw de 180* , et l'éditeur jugé avec sévérité, en raison des hautes prétentions qu'il affichait. Z.
|2) Jacques Horst a publié un traité qui appartient à l'histoire du somnambulisme : IM natitra il eautù nvctambulurutn , snt tarum qttt dormienltt ambulant, Lclptlck, 1G9G, in-8»; et un autre traité sur la fameuse dent d'or, Pt awea dtntfmaxiUari pmri Siluii, ibid., 16%, in-8*.
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l'année suivante «on premier médecin. Il s'acquitla de ce double emploi pendant quatorze ans d'une manière très-distinguée. Il céda en 1642 aux instances des magistrats d'Ulm , qui cherchaient depuis longtemps à l'attirer dans cette ville. Il continua de s'y livrer à la pratique de son art, et y mourut le 9 août 1630. L'estime dont il jouissait était si grande que ses confrères lui avaient donné le glorieux surnom d'Esatbpe de l' Allemagne. Suivant son panégyriste, il possédait dans un degré supérieur les trois qualités d'un bon médecin, la probité, la doctrine et le bonheur. Ses ouvrages ont été recueillis, Nuremberg, 1660, 3 vol. iti-fol. Son second fils en donna une édition plus complète, Gouda, 1601, 3 vol. in-4°. On verra, par les titres de quebpies-uns de ses écrits , qu'il aimait à diriger ses recherches sur des objets singuliers et curieux : 1° Dissertatio de nntura amorti; additis resolutionibus de cura furorit amatorti, de philiris atque de pulsu amantium, Giessen, 1011, in-4° ; 2° De tuenda sanitate studiosorum et litteratorum. ibid., 101 S, in-4°; 3° De causis similitudinis et dissimilitudinis in fastu, respect u parentum; reiolutîo quœttionisde diverso partuslempore. imprimisque quid de septimestri et oetimestrt parte tentiendum, ibid., 1629, in-4°. On peut consulter pour la liste de ses autres ouvrages Vander Linden et les autres bibliographies médicales. Jean Dan. Dieteric prononça son oraison funèbre^ que Wilte a insérée dans ses Memoriœ medieorum et qui a été imprimée séparément, Ulm, 1030, in-4°. — Jean-Daniel Horst, son fils atné, né à Giessen en 1027, professa la médecine à Marbourg et ensuite dans sa patrie, fut honoré du titre de médecin du landgrave de Hesse-Darmstadt , et se retira à Francfort-sur-le-Mein , où il mourut le 27 janvier 1083. Il avait été admis à l'Académie des curieux de la nature sous le nom de Phœnix. Il a laissé plusieurs ouvrages, entre autres : 1 ° Pharmacopea galeno-chemica catholica, Francfort, 1031, in-fol. ; elle est beaucoup trop prolixe. 2" Decas observationum et epittolarum anatomicarum, ibid., 10Î5G, in-4°; 3° Physica hippocratica, ibid., 1682, in-8°. On lui doit en outre des éditions très-estimées des Quœttiones tnedico-legales de Paul Zacehias et des OEueres de Lazare Rivière. — Grégoire IIonST, son frère, né à Ulm le 20 septembre 1020, fut reçu docteur en médecine à l'université de Padoue, professa l'anatomie à Giessen , et fut rappelé a Ulm pour y enseigner la physique. Il mourut en cette ville le 31 mai 1001, âgé de 45 ans. On Jui est redevable de l'édition la plus complète des OF.uvret de son père ; il a publié une dissertation De mania, et uue autre, De hittoria Zibethi; et, après sa mort, un de ses amis mit au jour ses leçons d'anatomie sous le titre suivant : Spécimen anatomiœ practica in academia Giessena aliquot philiatris exhibitum; adjecta sunt quadarn de moxa, Francfort, 1078, in-4». W— s.
HOKST1US (Jacques Merlo, dit), né ver» la fin
du 1G« siècle à Horst, bourg du pays de Gueldre , fut un docte curé de Cologne. 11 partageait son temps entre les études pieuses et ses fonctions pastorales, et il mourut, en 1 G 4-1 , à 47 ans. Il a laissé plusieurs traités ascétiques écrits avec onction et dans un latin élégant; le principal a pour titre : Paradisus anima christiana, Cologne, 1044, in-12; réimprimé à Louvain, à Bruxelles, etc. Nicolas Fontaine en a donné une traduction française, ou plutôt une paraphrase, sous le nom A' Heures chrétiennes. Paris, 1083 et 1713, 2 vol. in-12. Ces Heures, que la bibliothèque Janséniste accuse d'être calquées sur celles de Port-Hoyal, furent interdites dans quelques diocèses de France. Horslius a aussi publié , entre autres ouvrages : 1° Une édition, avec notes, des OEuvres de St- Bernard. Cologne, 1041 , 2 vol. in-fol. ; Paris, de l'imprimerie royale, 1042; et Lyon, 1079 , 2 vol. in-fol. L'édition donnée parllorstius, la meilleure et la plus ample qui eût paru jusqu'alors, a servi de base à celle de Mabillon , qui l'a revue, enrichie de notes et rendue plus complète, Paris, 1GG7, et {secundis curts) 1090. Les notes d' Horslius sur les Lettres de St-Bernard ont été jointes avec les remarques de Mabillon, dans la traduction française de ces Lettres par de Villefore, Paris, 1713, 2 vol. in-8,r. 2" Une édition des quatre livres De Imitatione Christi, suivis de divers opuscules de Thomas à Kempis, avec des notes sommaires, le tout en deux parties, sous le titre de Viator christianus. Cologne, 1043,2 vol. in-12; réimprimé, ibid., 1070,in-24; nouvelle édition, Paris, 1804, in-16, où la partie des opuscules est distribuée, comme un seul traité, par livres et chapitres, d'après M. Jauffret, et intitulée De rera sapientia. C'est Horslius qui , pour mieux fixer l'attention du lecteur sur chacune des maximes de l'ouvrage, et notamment sur celles de l'Imitation. a introduit dans le texte, divisé seulement en paragraphes par le jésuite Sommalius, la sousdivision des mêmes paragraphes en versets , mais sans numéroter ceux-ci à l'instar des premiers, comme l'a fait le bénédictin allemand Ehrard à cause des renvois d'une volumineuse table de concordances. L'objet d'Horstius a été, en particulier, de faciliter, par la distinction mécanique des versets, la correspondance des notes qu'il a mises à la marge, et qui forment le précis et comme la substance des maximes du texte. Il s'était proposé de suivre le même mode pour les œuvres ascétiques de St-Augustin et de St-Bernard , ce qu'il n'a pas exécuté. Le même esprit d'ordre et de piété lui a fait placer comme une introduction utile aux livres de l'Imitation la Aiethodus practica iibrorum de Imitatione Christi. ouvrageanonyme du jésuite espagnol Martin de Funez (roy. Fi'NEz). Le bénédictin italien Cajétan avait déjà mis cette méthode à la suite de son édition de YlmUation . mais sans aucune indication d'auteur. Horst i us désigne au moins vaguement un auteur anonyme par l'expression de nonnemo. que l'abbé
de Rellegarde, traducteur ou plutôt abrériateur des notes d'Horstius, a rendue par on, en attribuant néanmoins au dernier cette introduction qu'il a mise en téle de sa version française de YlmUaiùm. Le fait est qu'tlorstius a joint à la Methodus praetiea (ainsi que l'avait fait Cajetan pour Gersen) un préambule de sa façon, à la louange de Kempis, qui, dit-il, parait avoir suivi un ordre méthodique dans les livres qu'il a laissés sous le titre De Imitatione Christi. Cette opinion erronée appartient véritablement à Horstius : car, d'après les Vindiciœ mêmes de Rosweydc, ^ que Martin de Funez du moins n'avait pu connaître, Kempis a transcrit ces livres comme autant de traités séparés; et ils ne sont pas disposés suivant l'ordre vulgaire dans le recueil de sa main , qui n- porte aucun titre. G — ce.
HORTFMELS (Frédéric), graveur, né à Paris, vers 1U88, a gravé, d'une manière libre et moelleuse, plusieurs sujets d'histoire, entre autres, une Adoration des rois, et le Mariage de Su-Catherine, d'après Paul Véronèse; la Xaùsance de St-JeanBajrtiste, d'après le Tintorct; la Vierge en méditation, d'après le Féti; un Portement de croix, d'après le Georgion; une Samaritaine, d'après Garofalo, pour le recueil de Crozat; ainsi que plusieurs autres grands sujets. On lui reproche avec raison d'avoir mis de trop gros points dans ses chairs, ce qui les fait paraître un peu galeuses. P— E.
HOHTEMELS (Marie -Madelene) , cousine du précédent, née à Utrecht, en 1687, suivant Bazan, et à Paris, en 1U90, suivant Huber, épousa C. N. Cochin père, et fut mère de C. N. Cocbin fds (voy. Cochin). Elle peut être mise au nombre des bons graveurs. On a de sa main , entre autres estampes, le Triomphe de Flore, d'après le Poussin; la Franche-Comté conquise, d'après le Brun; Mercure annonçant la paix aux Muses; Pénélope occupée au milieu de ses femmes ; Aspasie disputant avec les philosophes grecs, d'après les peintures de Michel Corneille, qui se trouvent dans les salons de Versailles; le Portrait du cardinal de Bùsy, et celui du cardinal de Rohan , tous deux d'après Rigaud. Celte artiste est morte à Paris, à l'âge de 87 ans. P — e.
IIOHTENSE (Eugénie de Beauharnais), reine de Hollande, duchesse de Sl-Leu, naquit à Paris le 10 avril 1783 d'Alexandre, vicomte de Beauharnais (roy. ce nom), et de Joséphine Tascher de la Pagerie , depuis impératrice des Français (voy. Joséphine). Elle fut tenue sur les fonts de baptême
Ear sa grand'tanle la comtesse Fanny de Beauarnais, qui ne l'appelait jamais que sa céleste JilUuU. Elle avait à peine quatre ans lorsqu'elle suivit à la Martinique (1787) sa mère, qui la ramena en France trois ans après. Uuand les malheurs de la révolution arrivèrent, M. et madame de Beauharnais, inquiets pour leurs enfants, les confièrent à la princesse de Hohenzollern-Sigmaringen et au prince de Salm-kirbourg, son frère,