‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 2 sur 106 · HOR S · texte numérisé non relu

HOR S

qui se réfugiaient en Angleterre; mais, un décret ayant été rendu contre les individus qui éiuigrcraient, le vicomte de Beauharnais fit redemander ses enfants à la princesse, qui était encore en Flandre. Elle revint à Paris pour les y ramener, ce qui fit qu'elle ne quitta pas la France. A onze ans, la jeune Hortense vil son père traîné sur l'échafaud , sa mère jetée en prison , et elle demeura , ainsi que son frère, abandonnée aux soins d'un précepteur et d'une gouvernante; mais ils trouvèrent dans la princesse de llohenzollern la tendresse d'une mère. Tous les jours on les conduisait à l'hôtel de Salm, qu'elle habitait encore sous la garde d'un gendarme, le prince son frère ayant été guillotiné (1). Plus tard , si l'on en croit . les Mémoires de Lavalette , Uortense fut placée chez une ouvrière en linge ; fait qui est nié dans le Mémorial de Ste-Héléne. Le 9 thermidor lui rendit sa mère; et, après le 15 vendémiaire , elle devint belle-fille de Bonaparte par suite d'un second mariage de madame de Beauharnais avec ce général. Placée alors dans le pensionnat de madame Campan , elle fut la plus remarquable de ses élèves par sa facilité, ses talents et son esprit. Le nouvel éclat que sa destinée recevait de sa parenté avec le premier consul en faisait pour ainsi dire la souveraine de ses compagnes empressées. Madame Bonaparte se trouvant aux eaux de Plombières, pendant que son mari était en Egypte, fit venir auprès d'elle Hortense , qui depuis ce moment jusqu'à son mariage ne se sépara plus de sa mère , dont elle était tendrement chérie. Elle n'était pas moins aimée de son beau-père, et cette affection devait plus tard donner lieu à d'étranges conjectures (2). Après le 18 brumaire, Hortense devint l'ornement de la cour consulaire ; elle avait alors dix-sept ans, et, sans être régulièrement belle, sa personne offrait quelque chose de touchant et de gracieux qui aurait attiré les regards, quand même elle n'aurait pas été dans une position si brillante. Seulement, la conformation de sa bouche, en laissant paraître ses dents longues et saillantes, et qui se gâtèrent de bonne heure, nuisait à sa figure, remarquable d'ailleurs par de jolis yeux bleus, une belle peau et des cheveux d'un blond charmant, qui, lorsqu'elle était debout, arrivaient presque à terre. Les Mémoires de Constant, valet de chambre de Bonaparte,

citent quelques-unes des anecdotes de l'heureuse •

(1) Lors des grandeur» de l'empire, Joséphine ainsi qu'Hortense marquèrent la plu* vive reconnaissance a la princesse de Hohcnzollern.

<2) Personne n'a articulé plu» positivement cette accusation qu'Alphonse de Beauchamp dans le* Mtmmrtt de Fouckê , où (ont accueillies tant d'anecdotes hasardée». A ce propos, le Mimorial dt Sainte- Il rit m s'exprime ainsi : *On avait (ait courir m les bruit» les plus ridicules sur les rapports île Napoléon avec « Hortense; on avait voulu que son aîné lût de lui; mais de « pareilles liaisons n'étaient ni dans ses idées ni dans ses mesura; u et, pour peu qu'on connût celle-» dis Tuilerie», on sent bica y qu'il a pu s'adresser à beaucoup d'autres avant d'en être réduit • à un choix ai peu naturel et si révoltant. Loai» savait bien « apprécier la nature de ces bruits, mais son amour-propre, sa ■ bizarrerie n'en étaient pas moins choqués ; il les mettait sou- « vaut en avant comme prétexta. »

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