‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 13 sur 106 · HL'B · texte numérisé non relu

HL'B

du roi de Danemarck et de l'université (1), soit pour perfectionner ses connaissances dans la société des savants, l'obligèrent d'abandonner ce projet. Il détacha donc de cet ouvrage le morceau qui devait en être l'introduction, et le publia sous le titre modeste A' Estai tur rhittoire du droit naturel. Dans la préface, il nous apprend luimême qu'il en rédigea et mit en ordre la plus grande partie pendant son séjour à Paris en 17λ5 et 1756 ; c'est probablement à cette époque qu'il fut nommé correspondant de l'Académie des inscriptions. I impression de son ouvrage était déjà fort avancée lorsqu'il se rendit en Angleterre. C'est de Londres qu'est datée son épltre dédicatoire au roi de Danemarck, et l'on en a conclu, mais fort mal à propos, que l'ouvrage avait été imprimé dans cette ville. La société royale et la société économique de Londres l'admirent au nombre de leurs membres. 11 était, en 1758, de retour à Paris. L'année suivante il partit pour la Hollande, d'où il reprit le chemin de Copenhague : il y fut successivement nommé professeur de droit (1 759), conseiller de justice (1 762), conseiller d'État (1770), et conseiller de conférence (1774). Déjà membre t!e la société royale des sciences de Norvège, on le choisit, en 1769, pour vice-président de la société danoise d'économie domestique. 11 partagea le reste de sa vie entre l'enseignement et l'exercice des différents emplois dont il fut revêtu, et mourut le 7 avril 1795. Ses ouvrages imprimés sont : 1° Le politique danois, ou l'ambition des Anglait démasquée par leurs pirateriet, Copenhague (Paris), 1756, in-12. Cet ouvrage , écrit eu français , a été imprimé avec des additions, 1759, in-12; et une troisième édition a paru en 1 805 sous ce litre : L'Esprit du gouvernement angiait, ou son sus/fane politique et celui des puissances de l'Europe pendant deux siècles. Ilùbner a désavoué cet ouvrage ; mais Barbier {Dict. des anonymes, 2« édition) n'en persiste pas moins à le lui attribuer (2). 2° Essai sur l'histoire du droit naturel, Londres (Paris), 1757, 2 vol. in-8° ; il y a des exemplaires grand papier (3). C'est une excellente introduction à l'élude du droit public. Dans la première partie l'auteur suit les traces du droit naturel chez les différents peuples, même les plus barbares ; dans la seconde, il en donne l'histoire depuis Grotius, qui le premier a publié sur ce sujet important un ouvrage ex professo. Zp De la saisie des bâtiments neutres, la Haye (Paris), 1759, in-12 ; réimprimé en 1778.

Il) Les (rais des voyages qu'il fit par ordre de l'université de Cop-euhague lurent impute» sur les fonds du lega laissé, en l(>81, tu l'xeirt Latitn , et qui devait être employé pour le bénéfice du public : lit fubiici Hrvy, porte le testament.

i'2i Les écrivains danois que nous avons conrultés ne partagent cependant pas l'opinion de barbier ; et si l'on considère en outre que lliibncr a désavoué publiquement dans le Journal det SomkIi, édition de Hollande, 1760, l'ouvrage qu'on lui attribue , on reconnaîtra pcul-i-trc que le bibliographe français s'est un peu avancé en disant que la dénégaUon de Htibner i er<i dtcUe par la politique tl MM par U vérité, D— Z— s.

.3. Barbier dit que ces exemplaires portent le nom de l'auteur. Nous en avon» un sous le* yeux qui est anonyme.

Cet ouvrage , le premier dans lequel on ait lâché d'éclaircir cette matière, contient, dit M. Dupin, des principes vrais, mais qu'il est presque impossible d'espérer de voir mettre en pratique par les parties belligérantes (coy. son édition de la Bibliothèque des livres de droit, par Camus , t. 2, p. 409). Un écrivain pseudonyme, cité par Barbier , a critiqué les principes de l'auteur et les conséquences qu'il en tire dans une brochure intitulée Doutes et questions proposés par Montanus à Batavus sur les droits de la neutralité, par Hubner, Londres (Hollande), 1781, in-8». On a encore de Hubner : 1° Oratio de immortalibus Martini Lutheri in imperia meritis, Copenhague, 1761 ; 2° Disp. inauguralis de reditibus publicis, ihld., 1766 ; 3° Introductio ad jus publicum Helvetiorum, ibid., 1767; 4° Oratio de jurispiudentia religioni arnica, ibid., 1769; 5° Oraison funèbre du comte de Bemstorff ( en danois ) , ibid. , 1772, in-8°; traduit en allemand par J.-ll. Schlegel ; 6" enfin on a publié à Copenhague, en 1774, in-8° , deux discours en danois , prononcés par Hubner dans la société royale d'économie domestique. D — I — s et \\— s.

HUBY (le P. Vi^cf.nt), jésuite, né à Hennebon, en Bretagne, le 15 mai 1608, ne commença à parler que fort tard ; à dix ou douze ans, il avait encore de la peine à se faire entendre, et il conserva toute sa vie quelques restes de ce défaut, que d'ailleurs rachetaient son extérieur avantageux , son excellent esprit et les qualités de son cœur. Dès son enfance, ses inclinations le portèrent au bien. Il fit ses humanités au collège des jésuites de Bennes, sous le P. Bigolcu, qui devint aussi son maître dans la vie spirituelle, et il ne fit pas de moindres progrès daus la piété que dans les lettres. Son père, ayant appris qu'il voulait entrer dans la compagnie de Jésus, l'envoya étudier la philosophie dans un collège de l'université de Paris; mais le jeune Huby, persévérant toujours dans son dessein, entra au noviciat des jésuites avant la fin de son cours, le 25 décembre 1625, a l'âge de dix-huit ans. Après le noviciat, il fit une année de rhétorique à Bennes, selon la coutume de ce leraps-là ; trois ans de philosophie à la Flèche , trois ans de régence à Vannes , quatre ans de théologie à Paris. 11 fut ensuite régent de rhétorique pendant un an, puis préfet des classes à Vannes, un an. Enfin, suivant l'usage de la compagnie, on l'envoya professer nue basse classe à Orléans, où il prononça ses vœux solennels le 8 septembre 1643. Par ménagement pour sa* santé, qui était faible, ses supérieurs ne l'employèrent les huit années suivantes qu'à la préfecture des classes et à l'enseignement de la théologie morale à Orléans, puis à Vannes. Cependant Huby s'étant donné au P. Bigoleu pour l'accompagner dans ses missions, on l'en retira et on le nomma recteur du collège de Quimper; mais, ayant reconnu que le ministère apostolique était son partage, on l'y

94 1IUB

rétablit, et il revint à Vannes rejoindre le P. fiigoleu , après la mort duquel il passa les trente dernières années de sa vie dans la direction des retraites»; c'est là surtout qu'il fit un bien infini et acquit sa grande réputation. Le zèle pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du prochain a été l'aine de sa conduite jusqu'à la mort. Ce zèle fécond en saintes industries lui faisait inventer tous les jours de nouvelles manières «le glorifier Dieu. La première fut l'adoration perpétuelle du St-Saeremcnt établie pour la première fois dans la cathédrale de Quimper, au mois de septembre 1051. La seconde fut l'institution des retraites. La troisième fut les tableaux qu'il montrait aux fidèles, sortes de peintures morales, où l'on représente d'une manière sensible les divers états de l'âme; cette pratique a été usitée par plusieurs missionnaires et dans diff érentes maisons religieuses, lluby établit dans presque toutes les villes de la basse Bretagne des congrégations en l'honneur de Marie. Il institua aussi une sorte de croisade spirituelle bien propre à rappeler la présence de Dieu ; il s'agissait de porter sur la manche une croix brodée. La vénération qu'on avait pour lui (it qu'on adopta cette dévotion avec ardeur. S'il eut la gloire de prévenir la mère Mtcthilde dans l'institution de l'adoration perpétuelle du Si- Sacrement, il eut aussi l'honneur de prévenir le P. Eudes et la vénérable mère Marie Alacoque, ou du moins de concourir avec eux sans le savoir au projet de faire honorer les sacrés cœurs le Jésus et de Marie. Pour cela, il avait fait graver leurs images sur des médailles qui exprimaient aussi divers points de perfection par les emblèmes et les paroles qui y étaient empreints. Il établit encore en basse Rrctagne l'usage de placer dans les carrefours des rues, sur les portes des villes, etc., les images de la Ste-Vierge, comme on les voyait dans les autres provinces. Enfin on doit mettre au nombre des plus salutaires inventions du P. Huby la grande multitude de petits livrets, de cahiers et de feuilles imprimées qu'il distribuait gratuitement et qu'il envoyait de tous cotés, suppléant ainsi par ses écrits à l'impossibilité où il était de se trouver dans tous les lieux où il eût voulu être présent pour l'avantage de la religion. Ce détail de ses pieuses entreprises n'est point minutieux, il est plutôt abrégé; il fallait en dire quelque chose pour peindre la ferveur de cet homme apostolique qui opéra un si grand nombre de conversions. Un parla beaucoup de* choses miraculeuses vues en lui, ou obtenues par ses prières. Il eut la consolation des ouvriers évangéliques, qui est de mourir dans leur ministère. Aprèsavoir fait commencer une retraite le 17 mars 1093, il fut attaqué d'une fluxion de poitrine et mourut le 22 du même mois à l'âge de H5 ans. La Bretagne le compte au nombre de ses plus célèbres missionnaires. On a du P. lluby : 1° Retraite spirituelle; 2" Motifs d'aimer Dieu pour chaque jour du mois ; 5° La pra-

Page 1