‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 15 sur 106 · HL'D · texte numérisé non relu

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la qualité île capitaine île navire. 11 leva le plan de toute la péninsule depuis Bombay jusqu'à Coringo. Il proMa de l'éclipsé des satellites de Jupiter pour déterminer la longitude de Bombay avec plus d'exactitude que les géographes n'avaient pu le faire. A son retour dans sa patrie en 1788, il publia une Esquisse du détroit de Gaspar. postale entre les ilet de Banea et Billiton. La compagnie des Indes, pour le récompenser des services qu'il avait rendus à la navigation en général et au commerce de la compagnie, l'admit au nombre de ses directeurs. Huddarl dressa ensuite la carte des lies occidentales de l'Ecosse. Il enrichit de plusieurs mémoires utiles les Transactions de la société royale de Lomdres, qui l'avait appelé dans son sein. La perte des câbles que son Taisseau avait essuyée par suite d'une tempête pendant son premier voyage aux Indes lui Ot diriger son attention sur les moyens de perfectionner la partie de la corderic. Ayant obtenu ua brevet pour ses améliorations , il établit une corderie d'après son nouveau plan à Mary port. Il fallut quelque temps pour que les marins sentissent les avantages de l'invention de iluddart. L'inventeur avait déjà renoncé à l'espoir du succès, Iorsqu'enûn les câbles de sa fabrique furent introduits et adoptés dans la marine. Lne honnête aisance fut la récompense d'une rie aussi laborieuse. Le capitaine Hudilart la termina en 1MIG, dans une retraite paisible. Plusieurs de ses cartes nautiques passent pour les meilleures qui existent Elles sont le principal titre de leur auteur à l'tsume du monde savant. 1) — c.

HUDDE ;Jea*;, né a Amsterdam, d'une famille patricienne, en 1CJ0, mort en 170», doit être compté parmi les bons mathématiciens de son temps, et ne s'est pas moins utilement occupé d'économie politique. Il fut successivement conseiller, écherin, trésorier extraordinaire, trésorier ordinaire et bourgmestre de sa ville natale. Bans les circonstances désastreuses de 1072, il fut chargé de diriger les grandes inondations projetées pour repousser l'armée française. François van Scbootcn S kotanus . professeur de mathématiques à Leyde, publia en 1059 deux opuscules de l\uAàc\Huddevius) , sous le titre de Eputola prima . De reductione eequationum ; — Eputola teatnda, De tnaximis et tnimtms. a la Miite de la Géométrie de Descartes, édition d'Amsterdam de cette année, 1. 1 , p. 407-510. Le Journal iitteraire . juillet et août 1715, a inséré un extrait d'une Lettre de Hudde au même , sur la méthode des tangentes. Ces trois opuscules formaient les matériaux d'un traité De nntura, reductione, deter- Miuattone. résolution? al que intendant aquationum, que déjà, vers 1000, Hudde s'était proposé de mettre au jour. La philosophie de Descartes eut en lui l'un de ses premiers promoteurs parmi les Hollandais. Il appliqua avec beaucoup de talent la science des calculs à la théorie des assurances et à ceUe des rentes viagères ou des probabilités

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I sur la durée de la vie humaine. Leibnitz lui a rendu justice à ce sujet ; et M. le professeur van Swinden en a porté un jugement non moins flatteur. Nicolas Witsen, dans son Traite sur la construction des r nsteaux, a publié d'intéressants calculs de Hudde sur le jaugeage des navires. On regrette que rien n'ait paru des manuscrits qu'il a laissés. M — o*.

BUDSON , Hesri , navigateur anglais, s'était fait avantageusement connaître par son intrépidité et sa capacité , quand une compagnie de riches négociants de Londres jeta les yeux sur lui |»our aller découvrir un passage soit p3r le nord, soit par le nord-est ou pur le nord-ouest. Hudson partit de Gravesend, sur la Tamise, le 1" mai 1607 . Le 13 juin il vit la terre par 75° au nord de i'islande : il parait que c'est une partie de la cote orientale du Groenland. Il navigua pendant trois «•ois dans ces mers boréal- s, aborda quelquefois à terre , et s'éleva jusqu'au 82* degré, où les glaces lui fermèrent le passage. Il fit ensuite une tentative pour débouquer par le nord du Groenland ; arrêté par le même obstacle, il prit la route d'Angleterre, où il arriva le 15 septembre. Il repartit le 21 avril 1008, essayant de trouver le passage entre la Nouvelle-Zemble et le Spitzberg, dont il avait reconnu les cotes l'année précé lente; les glaces l'en empêchèrent et ne lui permirent pas non plus de passer le détroit de Waygalx , après avoir côtoyé la Nouvelle- Zemble. Renonçant donc à cette idée, il dirigea ses recherches au nord-ouest du golfe de Lumley, découvert par Davis au nord du Labrador; ses tentatives furent infructueuses : il rentra dans le port de Graveseod le 20 août. H paraît que le peu de succès de ces deux entreprises dégoûta la compagnie, qui ne voulut plus en recommencer de nouvelles. Hudson écouta donc les propositions qui lui furent faites par des négociants hollandais de tenter un voyage au nord-est : ii partit du Texel le 0 avril IGiVj. Apres avoir doublé le cap Nord , il prit sa route wers la Nouvelle- Zemble; les bancs de glace lui tirent perdre l'espérance d'aller plus loin. Son équipage, composé d'un mélange d'Anglais et de Hollandais, habitués, la plupart, à naviguer aux mers de l'Inde, fut bientôt rebuté par l'excès du froid. H parait d'ailleurs qu'ils s'accordaient fort mal entre eux. Alors Hudson pro|>osa de faire route soit vers la cote île Virginie , soit vers le détroit de Davis. Ce dernier parti fut adopté; néanmoins Hudson, arrivé aux lies Kerroe, porta au sud, et relâcha le 18 juUlet à la cote d'Amérique par les 44° de latitude nord, pour s'y fournir d'uu nouveau mât de misaine. Il y fit quelques échanges avec les habitants ; mais ses gens s'étant querellés avtc eux , il partit le 2b. 11 aborda ensuite plus au sud, où il prit terre, et revenant au nord en rangeant la côte , il découvrit à 4° 50 , entre deux lies, l'embouchure d'un grand fleuve, qu'il remonta en canot pendant cinquante lieues. Il lui donna son nom, que le fleuve conserve encore;

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c'est à son embouchure qu'est situé New- York. Les vivres commençaient à manquer : on reprit la route d'Europe, et l'on rentra le 7 novembre dans le port de Darmouth. Iludson vendit son droit de découverte aux Hollandais, qui fondèrent une colonie nommée la Nouvelle-Belgique : elle passa ensuite aux Anglais. Iludson ayant offert à la compagnie hollandaise de faire un nouveau voyage à des conditions qui ne furent pas acceptées, il en prit occasion de renouer avec son ancienne compagnie anglaise : elle exigea qu'il prit à bord, en qualité d'assistant, Coleburne , habile marin , qu'elle croyait propre à guider ses résolutions. Cette clause causa le malheur d'Iludson , par l'influence qu'elle eut sur sa conduite et sur les dispositions de son équipage. Il partit de filaekwall le 17 avril 1610; et sans attendre que son navire fût sorti de la Tamise, il renvoya Coleburne à Londres avec une lettre dans laquelle il s'efforçait de justifier cet étrange procédé. A la fin de mai il atterrit à la cote de l'Islande, où ses gens formèrent contre lui un complot qu'il n'eut pas de peine à dissiper. Il quitta cette Ile le 1er juin; et après avoir eu connaissance du Crocnland et de la terre de Désolation de Davis, il fut forcé par l'énormequantitédes glacesde tourner à l'ouest. II entra dans un détroit où il trouva plusieurs lies, et qui le conduisit dans un grand golfe, dont il visita la côte occidentale et plusieurs autres parties , apparemment dans le dessein de chercher un lieu propre à hiverner ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui détroit et baie d'Iludson. Il s'arrêta dans une baie au sud-ouest , qu'il nomma baie de St- Michcl , du jour auquel il l'avait découverte. Son contre-maître l'avait mécontenté ; il le déplaça; cette rigueur irrita le reste de l'équipage. L'on n'avait embarqué «les vivres que pour six mois; le vaisseau était pris par les glaces. Pendant l'hiver, la disette se fit moins sentir qu'on ne l'avait craint , parce que l'on tua une grande quantité d'oiseaux; mais au printemps cette ressource manqua. Iludson courut vainement le long de la côte pendant neuf jours, pour chercher des sauvages dont il pùt tirer des vivres. Il se détermina donc à retourner droit en Angleterre ; et après avoir distribué en portions égales le peu de biscuit qui lui restait, il régla les appointements et les certificats de chacun pour le cas où il viendrait à mourir pendant la traversée. On raconte qu'en faisant ces tristes dispositions, il pleurait à chaudes larmes sur l'infortune de ses gens et sur la sienne; mais cette marque d'attendrissement ne produisit aucune impression sur des scélérats qui avaient juré sa perte. Un jeune homme, nommé f.rccn, auquel il avait sauvé la vie à Londres et qu'il avait accueilli sur son vaisseau, avait depuis longtemps animé l'équipage contre Iludson. A peine avait-on mis à la voile (21 juin 1011), que les mécontents éclatèrent, se saisirent de Iludson, de son fils, qui n'était encore qu'un enfant , puis de Woodhouse, mathématicien, ipii faisait volontairement

le voyage , enfin du charpentier et de cinq matelots, et ils les mirent dans une chaloupe, ne leur donnant qu'un fusil , quelques épées et une trèspetite quantité de provisions. On n'a plus entendu parler de ces infortunés , qui sans doute périrent de misère ou furent assommés par les sauvages. Les monstres qui les avaient abandonnés avec tant de cruauté reçurent, au moins en partie, le châtiment dû à leur forfait. Green et deux de ses compagnons furent tués dans une rencontre qu'ils firent des sauvages; d'autres moururent en route : enfin, les derniers n'abordèrent en Irlande, au mois de septembre, qu'après avoir essuyé toutes les horreurs de la faim. Le navire était alors commandé par Robert Byloth , habile marin , qui fit depuis un voyage de découvertes , et un autre avecBaffin. L'on fut instruit de tous les détails de la fin de cetle expédition par Habacuc Pricket, écrivain du vaisseau , que l'on soupçonna fortement d'avoir trempé dans un complot si noir, mais une protection puissante le déroba au châtiment avec tous ses compagnons. D'ailleurs il eut l'art à son retour de relever les espérances de la compagnie par les particularités qu'il raconta , et qui donnèrent lieu de croire que la mer était ouverte à l'ouest. On l'embarqua sur le vaisseau de Button, que l'on expédia avec un autre bâtiment pour une nouvelle entreprise , et afin d'arracher, s'il était possible , Hudson et ses compagnons à leur malheureux sort. Les détails de cette dernière expédition de Hudson , dans laquelle il fit des découvertes importantes, qui ont conservé son nom, se trouvent ainsi que ce qui concerne ses autres voyages dans le tome i du Recueil de l'urchas. Ils ont été extraits des journaux de Hudson , quelquefois avec beaucoup de négligence. Les tomes 10 et 11 des Petits voyages de Debry contiennent aussi quelque chose sur les découvertes de Hudson dans le nord. Son voyage pour les Hollandais est dans les recueils publiés par cette nation. Il existe un ouvrage intitulé Descriptio ac delineatio geographica detertionis freti sice transitus ad oceasum, supra terras ameticanas in Chinant atque Japonem ducturi , recens investigati a M. Henrico Hudsono Anglo, Amsterdam, 1612, in-4°, avec une mappemonde qui représente le détroit ouvert à l'ouest. Ce n'est qu'un abrégé peu exact et très-succinct , en trois pages, des deux derniers voyages de Hudson : à la suite se trouvent d'autres morceaux. E— s.

HUDSON (Jean), savant philologue anglais, naquit à Widehap, dans le Cumbcrland, vers 1602. Après avoir enseigné avec succès la philosophie et les humanités à Oxford, il obtint en 1701 la place de garde de la bibliothèque bodléienne , vacante par la mort de Thomas Hyde, et, onze ans après, celle de principal du collège de Ste-Marie à Oxford. Les occupations que lui donnèrent ces deux emplois et sa trop grande applicatiou à l'étude abrégèrent ses jours ; il mourut le 27 novembre 1710, à la suite d'une hydropisic. On a

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de lui des éditions des ouvrages suivants : 1° Vel- Uii Paterculi </u(r supertunt, Oxford, 1093, in-8°; réimprimé en 1711. On trouve en tête de lu première édition les Annales Vellèiennes île Henri Dodwell, que l'éditeur remplaça, dans la seconde, par deux tables chronologiques. 2° Thucydidit de btllo Peloponnetiaco libri octo, gr.-lat., Oxford, 1696, in-fol. , avec des remarques réimprimées dans \e Thucydide de Duker, Amsterdam, 1731; 3° Dionysu Haticarnossensis o/tera omnia, grâce et ùitine, cum annotationibus . Oxford, 1704, 2 vol. in-fol. L'éditeur s'est servi de la version latine d'L'milius Portus, qu'il a corrigée en plusieurs endroits et distribuée en un nouvel ordre beaucoup plus commode pour ceux qui ne sont pas versés dans la langue grecque. 4° Geographia vtteris scripiorei grœci minaret , grâce et latine, cum dissertationibus et annotationibut ïlenr. Dodwell : accedunt Geographica arabica cum nuits. Oxford, 1698, 1703, 1712, 4 vol. in-8°. Hudson ne s'est pas nomme' sur le titre de ce recueil, mais il a signé la dédicace. Il donne dans la préface une notice très-succincte sur chacun des auteurs qu'il y a placés, et il avertit qu'il a été concis, parce que son ami Dodwell lui avait fourni sur le même sujet des dissertations étendues. Il les inséra effectivement en tête de chaque volume : mais on peut dire avec vérité qu'elles grossissent l'ouvrage plutôt qu'elles ne l'enrichissent ; car si elles prouvent l'instruction profonde de leur auteur, elles décèlent en même temps chez lui un grand défaut de tact. Elles offrent trop de conjectures appuyées sur des fondements peu solides et n'apprennent pas grand chose. Hudson a terminé les volumes par les remarques des divers auteurs qui avaient déjà donné des éditions de plusieurs de ces petits géographes. Elles sont la plupart utiles pour l'intelligence du texte : on peut néanmoins reprocher à Hudson" de n'avoir pas fait assez d'usage des travaux des savants qui avaient travaillé sur les mêmes auteurs, et, en général, de n'avoir pas donné à son édition toute l'attention qu'elle méritait. Elle manque surtout d'éclaircissements géographiques, et les textes n'y sont pas aussi corrects qu'ils auraient pu l'être. M. de Ste-Croix observe avec raison qu'elle eût été plus complète, si Hudson eût voulu suivre le plan qu'Holsténius avait tracé ; qu'il s'est écarté de celui qu'annonçait le titre de sa collection, en insérant dans le troisième volume deux climats de la géographie d'Aboulfeda, ainsi que les tables de Nassir-Eddin et d'Ulugbcg, que Jean Greav^-s avait déjà donnés séparément, et qu'enfin les astérismes ou catalogues des étoiles fixes de Ptolémée devaiébt encoA moins avoir place dans cette édition. Elle contient vingt et un ouvrages ou fragments grecs. M. de Ste-Croix, faisant usage d'une longue lettre écrite par Holsténius à Pciresc, et où se trouve le plan indiqué plus haut, propose , dans un Mémoire inséré au Journal des tarants (avril 1789;, celui d'une nouvelle édition \X.

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beaucoup plus complète. L'exécution de ce projet, conçu plusieurs fois et en dernier lieu par Bredow, littérateur allemand, serait utile pour les savants, qui peuvent rarement acquérir l'édition de Hudson à cause du haut prix auquel elle s'est élevée, et serait sans doute, pour la même raison, prolitable au libraire qui se chargerait de l'entreprise. î>°Dionysii Longini de sublimitate libellus , cum prafatione de vita et scriptis Longini, notis , indicibus, variis lectionibus, Oxford, 1710, in-4°, et 1718, in-8°; 6° Maris {Mans) attiasta de pocibus atiieis et kellenicis ; Gregorius ifartinus de gracamm litterarum pronuntiatione . Oxford ,1712, in-8°. Cet ouvrage n'avait pas encore été imprimé en entier. 7° Fabularum /Esopicarum collectio, uuotquot grâce reperiuntur ; accedit interpretatio latina, Oxford, 1718 , in-8°. Cette édition est d'une grande utilité pour ceux qui commencent à apprendre la langue grecque. 8° Flatii Josephi opéra qutr reperiri potuerunt omnia, Oxford , 1720, 2 vol. in-fol. Hudson a eu recours, pour cette édition, à un grand nombre de manuscrits et a mis à profit les jugements des critiques les plus éclairés. Il a terminé son ouvrage par quatre index très-bien faits, et y a attaché un nouveau degré d'intérêt en y insérant diverses ordonnances des Romains en faveur des Juifs, qui ne se trouvaient dans aucune des éditions précédentes. Celle-ci a été mise au jour par le docteur Hall , qui y a joint une courte notice sur la vie de Hudson , mort lorsque l'impression en était commencée. L'édition de Josèphe, donnée à Amsterdam en 1726 par Havercamp , est accompagnée des notes et de la version de Jean Hudson. E— s.

HUDSON (Guillaume ) , pharmacien et botaniste anglais, était né dans le Westmoreland en 1730. Son goût le porta vers l'étude des plantes : la publication de sa Flore anglaise le mil en rapport • avec Linné, Haller et d'autres naturalistes célèbres et lui ouvrit les portes de la société royale. Il professa longtemps la botanique au jardin des apothicaires à Chelsea, fut un des membres les plus actifs de la société linnéenne , et mourut le 23 mai 1793. On a de lui Flora anglica, Londres, 1762, in-8°. Ce livre devenant rare, Hudson en donna une seconde édition, ibid., 1778, 2 vol. in-8°, augmentée et enrichie de beaucoup «le choses nouvelles. 11 rangea ses plantes d'après le système de Linné , qu'il fut un des premiers à adopter en Angleterre, et en indiqua plusieurs inconnues au professeur d'Upsai. Cet ouvrage est bien fuit : la préface et l'épllre dédicaloire, écrites avec beaucoup d'élégance, sortent, dit-on , de la plume de Stilliugfleet, ami de l'auteur, et qui l'avait fortement encouragé à étudier les écrits de Linné. Un incendie aflreux avait dévoré en 1783 la bibliothèque et les manuscrits de Hudson, ce qui priva le public d'une Fauna anglica pour laquelle il avait préparé de nombreux matériaux. E— s.

HUDSON LOWE. Voyez LovfE.

milHilUTUEM KÈQM

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HUE DE CALIGNY. Voyez Calight.

HUE (François), né à Fontainebleau le 18 novembre 4757, d'une famille qui depuis plus île deux siècles occupait des charges dans la magistrature, acquit en 1787 celle d'huissier de la chambre du roi. C'est de cette époque que date son service auprès de la famille royale, à laquelle il ne cessa pas d'être attaché. En 1791 il fut nommé premier valet de chambre du Dauphin. Dans la journée du 20 juin 1792 il contribua par sa présence d'esprit à dérober aux recherches des séditieux la personne de la reine et celle du jeune prince. Le

10 août, resté aux Tuileries après le départ du roi, il n'échappa au massacre qu'en se précipitant d'une des fenêtres du château dans le jardin ; de là, ayant gagné les bords de la Seine, il atteignit à la nage un bateau qui le sauva. Le lendemain ,

11 parvint à pénétrer aux Feuillants et à reprendre son service auprès du roi. Le 14, jour fixé pour la translation de ce prince au Temple, il en reçut et exécuta la mission périlleuse de supprimer des papiers de la plus grande importance. Compris au nombre des personnes désignées par Louis XVI pour le service des princes au Temple , il fut spécialement choisi pour celui du Dauphin; mais, dans la nuit du 19 août, il fut enlevé avec les autres personnes de service, interrogé à l'hôtel de ville et réintégré dans la tour , où il resta seul attaché au roi et à la famille royale. Dans les premiers jours de septembre, l'ex-capucin municipal Mathieu vint l'arrêter, sous les yeux du roi. Hue fut conduit de nouveau à l'hôtel de ville , d'où, sur la proposition de Billaud-Varenne, il allait être envoyé à l'Abbaye. C'est alors que Tallicn, qui voulait le sauver, trouva plus à propos de le retenir au secret dans un des cachots de l'hôtel de ville , où il demeura enfermé pendant tout le cours des massacres, recevant par une trappe sa nourriture de la femme du concierge (la dame Viel). Ayant recouvré la liberté, il chercha en vain à rentrer au Temple. Après la mort du roi, Hue, qui continuait de correspondre avec la reine, et qui même parvint à pénétrer dans la Conciergerie, dont la dame Richard lui facilita l'entrée , fut encore arrêté et traîné de la Force dans une maison d'arrêt du faubourg St-Antoine; de celle-ci à l'abbaye de Port-Royal, où il se trouva avec Malesherbes; et enfin à la maison d'arrêt du Luxembourg, d'où , sans la chute de Robespierre, il ne serait sorti que pour aller à l'échafaud. Si Hue avait pu jouir de quelque soulagement dans sa captivité par la rencontre de Malesherbes et l'avantage d'avoir avec lui les entretiens dont il a enrichi ses Mémoires (1), il eut bientôt la douleur de se voir séparé de ce magistrat, dont il avait acquis l'estime et l'amitié. A l'époque où le gou-

(l| C'est dans un de ces entretiens que Hue dit avoir reçu du célèbre défenseur de Louis XVI la déclaration de «es erreurs relativement i set opinions philosophiques et i son aveuglement, qui fut un* des premières cause» de la révolution. Malgré ce témoignage, quelques personnes doutent encore de la réalité de ce repentir «t de celle rétractation. M-t> j.

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vernement d'alors arrêta de placer une femme auprès de Madame, fille du roi, restée seule captive au Temple, les journaux annoncèrent que l'épouse de Hue s'était présentée pour remplir cet emploi. Enfin, quand Madame Royale sortit de sa prison, Hue, à la demande de cette princesse , reçut du Directoire l'autorisation de la suivre à Vienne; et il la joignit à Huningue, où il lui remit une jarretière que la reine avait tressée dans sa prison , et que le concierge Bault avait soigneusement conservée. Quoique l'arrêté du Directoire portât que Hue ne serait point réputé émigré, Bonaparte ne le comprit pas moins , par la suite , sur la liste de ceux qu'il maintint dans cet état. de proscription. Après trois ans de séjour en Autriche, Madame Royale en étant partie pour aller à Mittau épouser le duc d'AngouIéme, Hue l'y suivit et fut attaché au service du roi en qualité de commissaire général de sa maison. En 1806 il obtint un congé pour aller en Angleterre faire imprimer l'ouvrage qui fut publié à Londres en français et traduit en anglais sous ce titre : Dernières années du régne et de la vie de Louis XVI. Hue avait rempli l'objet de son voyage lorsqu'il reçut du roi l'ordre de se rendre à Hambourg, pour y remplacer le comte de Gimel dans les fonctions d'agent confidentiel du prince auprès du sénat de cette ville. Cette mission manqua de lui devenir fatale : Hambourg était une ville libre ; mais il y résidait plusieurs agents du gouvernement français. Ce fut dans le voisinage, à Altona, ville neutre du Holstein , dépendant du Danemarck, qu'il établit sa demeure, après avoir communiqué à la régence les pouvoirs dont il était chargé ; mais entouré d'espions venus de Paris, scruté dans sa correspondance plus d'une fois violée, il venait à peine de s'y installer que cette régence , probablement par des motifs politiques, ne lui laissa que l'option de se constituer prisonnier dans une forteresse du Jutland ou de sortir sous escorte et sans passe-port. Ces conditions ne pouvant convenir au caractère dont il était revêtu, Hue prit la résolution de se retirer en secret à Hambourg même. Là il vécut pendant neuf mois dans la plus obscure retraite, jusqu'à ce qu'enfin un plus long séjour lui faisant craindre de plus grands dangers, et sa mission d'ailleurs n'ayant plus de but, il parvint, à la faveur d'un déguisement et d'un passe-port pris sous un nom emprunté, mais que voulut bien viser le ministre de France Bourrienne, à traverser l'Allemagne par des routes détournées, puis à passer en Hollande. Les ports y étaient rigoureusement surveillés, et ce ne fut qu'à l'aide d'une frêle barque de pêcheur , et au risque de la vie . qu'il put aborder en Angleterre et se rendre auprès du roi Louis XVIII. Hue rentra en France en 1814 à la suite de ce prince, et il ne tarda pas à s'occuper du soin de donner une édition de l'ouvrage qu'il avait publié en Angleterre. Cette édition, qui parut en 1814, fut promptement enlevée; et elle a été suivie d'une nouvelle en 1816. Ces éditions

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diffèrent de celle de Londres surtout par une rédaction plus soignée, et, de concert avec l'auteur de cet article, par l'addition de quelques notes. On a dit que Louis XVIII y eut quelque part, et l'élégance du style dans certaines parties donne lieu de le croire; car Hue lui-même n'était sous ce rapport qu'un homme assez médiocre. Une contrefaçon tronquée et fort incorrecte a été faite a Avignon. Il est peu de personnes qui aient pu lire ce livre sans éprouver une profonde émotion et sans admirer en même temps les vertus du prince à la mémoire duquel il est consacré. Les journaux de France en ont parlé encore plus favorablement que n'avaient fait ceux de Londres. Une décision de l'université rendit cet ouvrage classique pour les lycées. Dans le Testament du roi-martyr, Hue a reçu le témoignage le plus honorable qu'un serviteur, un sujet puisse obtenir de son maître et de son souverain. Lorsque Louis XVIH , en 1815, par suite de l'invasion de Bonaparte', quitta momentanément la France, Hue fut chargé de retirer du trésor de la liste civile les diamants de la couronne, et d'en accompagner le transport hors du royaume, ainsi que celui d'autres valeurs en numéraire. Il réussit à sauver ce dépôt des mains avides qui , à cette époque, mirent à l'État de précieuses ressources. Après le second retour du roi, Hue fut contiuué dans ses fonctions de premier valet de chambre , et il fut en outre créé trésorier général de la maison militaire et du domaine privé de Sa Majesté. Il mourut à .Paris le 19 janvier 1819, et ses funérailles eurent lieu le surlendemain avec beaucoup de solennité à St-Germain-l'Auxerrois, au moment même où l'on y célébrait le service anniversaire de la mort de son maître. Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise, où une épitaphe latine est inscrite sur sa tombe. On a publié en 1824 : M. Hue peint par lui-même ou Lettre autographe de ce modèle de la fidélité, par H. Chavard, in-8°. G — ce.

IIUEBBE (Charles-Jea.vIIenbi), théologien allemand, né en 1764 à Hambourg, se prépara dans l'université d'Helmstaedt à la carrière ecclésiastique, qu'avaient suivie plusieurs de ses ancêtres. En attendant une place de pasteur dans une des communes dépendant des magistrats municipaux de Hambourg, il entreprit en 1788, avec d'autres jeunes gens instruits, la publication d'une gazette littéraire; cette feuille, imprimée à leurs frais, n'eut pas de succès et cessa bientôt de paraître. En 1791 , il fut chargé de faire l'instruction du catéchisme à la maison d'orphelins de Hambourg. Les émigrés français arrivant alors en foule, Huebbe se lia avec plusieurs d'entre eux. Ce fut lui qui traduisit en 179», en allemand, les Mémoires du général Dumouriez pour les faire paraître simultanément avec l'original. 11 rendit le même service à l'auteur pour trois brochures politiques qui suivirent ses Mémoires, et dont l'une lui était adressée sous le titre de Lettre du général Dumouriez au traducteur de ta

vie. Membre et bibliothécaire de la société patriotique de Hambourg, Huebbe fit pour le recueil des écrits de cette société plusieurs mémoires sur des objets d'utilité publique. Envoyé, en 1802, en qualité de pasteur, dans la commune d'AlIermb'he sur l'Elbe, il s'occupa principalement du bien-être de ses paroissiens, et détourna de cette commune une partie des maux dont la menaçait l'occupation française. Comme il parlait couramment le français, et s'exprimait avec une grande franchise, il sut déterminer les chefs de l'armée à ménager les pauvres cultivateurs. En 1815, il obtint la place de prédicateur et d'inspecteur d'études à la maison d'orphelins -de Hambourg. 11 y fonda une école normale où il forma de bons instituteurs. Les occupations de sa place ne lui permirent plus de publier autre chose que des pièces de circonstance et quelques-uns des sermons qu'il avait prononcés. Cependant il consentit à rédiger le texte des Vues des quatre villes libres, Francfort, 1824 , livraison 1", mais il ne continua point ce travail. Frappé de paralysie au moment où il préparait le prône du dimanche suivant, il expira deux jours après, le 20 février 1850. D — c.

HUEN (Nicole le), carme déchaussé du 15» siècle, était né à Lisieux, quoi qu'en dise l'auteur de la Bibliothèque des carmes , qui lui assigne Bayeux pour patrie. Il fit ses vœux au couvent de Pont-Audemer, et fut confesseur et chapelain de Charlotte de Savoie, épouse de Louis XL II devint ensuite lecteur en théologie de son couvent. Il avait, en 1487, fait le voyage de la terre sainte. Il partit vers Pâques, arriva le 6 août à Jérusalem, et quitta cette ville le 20. La crainte des Bédouins l'empêcha de trouver une escorte pour aller au Jourdain et au mont Sinaï. En revenant en Europe , des tempêtes le jetèrent successivement sur les côtes de Chypre et de Rhodes ; il put enfin aborder à Bari, d'où il gagna Naples et Home. On a de lui : Le grand voyage de Hiérusalem, divisé en deux parties, Lyon, 1488, in-fol. ; Paris, 1517, 1522, in-4°. L'itinéraire de le Huen ue comprend que vingt-deux feuillets. 11 annonce, dans sa préface, que, n'ayant pu aller au monastère de Ste-Catberine, il a traduit, du livre d'un chanoine de Mayence , tout ce qui concernait le voyage à ce couvent et en Egypte (voy. Bretdenbacu et Faber). Il en a aussi tiré les détails qu'il donne sur la Palestine et ses habitants , ainsi que les alphabets des diverses langues que l'on parle dans ce pays. La seconde partie offre l'histoire des croisades : elle commence par Charles Martel, et donne ensuite icelle des guerres des Turcs et des Maures jusqu'au commencement du 16e siècle. Dans l'édition de 1517, on trouve des détails sur ce qui s'est passé au commencement de cette même année dans l'Inde entre les Portugais et les mabométans. E — s.

HUERNE DE LA' MOTHE (Fr.-Ch.), avocat au parlement, a publié : 1° Essais de jurisprudence

sur toutes sortes de sujets , Paris , 1 758, 5 vol • in-12 ; 2° Y Esprit ou les principes du droit canonique, Avignon et Paris, 1760, 3 vol. in-12; 3° Libertés de la France contre le pouvoir arbitraire de rexcommunication, ouvrage dont on est spécialement redevable aux sentiments généreux et supérieurs de mademoiselle Gai*** (Clairon), Amsterdam (Paris) 1761, in-12. Cet ouvrage fut, sur la dénonciation d'un autre avocat , condamné par le parlement de Paris à être brûlé au bas du grand escalier, et l'auteur fut rayé du tableau des avocats. 4° Apologie du théâtre , adressée à mademoiselle Clairon, Paris, 1762, in-12; 5° Lettres et mémoires de mademoiselle de G. (de GondTeville) et du comte de S.-Fl**9, Paris, 1762, 2 parties in-12; 6° les Promenades et rendez-vous du parc de Versailles, Paris, 1762, 2 parties in-12; 7° Y Enfantement de Jupiter ou la fille sans mère, Londres, 1763, 2 parties in-12. Z.

HUERNE DE POMMEUSE (L.-F.), né à Paris, en 1765, mort le 25 juin 1840, était député de Seine-et-Marne en 1815; il parla plusieurs fois, en mars et avril 1816, sur les matières de finances. Il demanda à la suite d'une opinion très-sagement motivée que la taxe des canaux de navigation fût fixée au montant des contributions foncières des terrains qu'ils occupent , taxés comme biens de première classe. Huerne de Pommeuse s'est principalement occupé d'économie rurale et il a publié : 1° Notice sur le canal de Briare, Paris, 1821, in-4°, extrait de l'ouvrage suivant : 2° Des canaux navigables considérés d'une manière générale, avec des recherches comparatives sur la navigation intérieure de la France et de l'Angleterre, Paris, 1822, in-4° de 600 pages accompagné d'un atlas contenant 13 cartes ou planches; 3° Des colonies agricoles et de leurs avantages pour assurer des secours à l'hqnnéte indigence, extirper la mendicité, etc., contenant plusieurs tableaux statistiques justificatifs, avec les plans des constructions adoptées pour les colonies libres et forcées de la Hollande et de la Belgique, Paris, 1832, in-8°; 4' Observations générales sur les causes de l'existence des marais et sur les moyens de Us assainir, Paris, 1834, in-8°, extrait de la 18" livraison de la Maison Rustique au 19' siècle; 5° Questions et réponses relatives aux moyens a' établir en France des colonies agricoles de divers genres et d'y fonder une société de bienfaisance propre à en assurer le succès , et telle que celle à laquelle ta Hollande a dû l'extirpation de la mendicité, la répression du vagabondage et des délits, Paris, 1858,in-8° avec 2 planches. 6r Quelques autres petits opuscules sans importance, et des articles insérés dans les Annales des ponts et chaussées dans la Maison Rustique du 19» siècle, etc. Z. IIUERTA. Voyez Horto.

HUERTA (Vincent-Carcu de la), pofte espagnol , naquit à Zaffra en Estramadure , en janvier 1729. Ses talents lui méritèrent l'emploi de bibliothécaire royal , et bientôt après (en 1759 ),

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il lut nommé membre de l'Académie espagnole. Les littérateurs de cette nation étaient alors divisés en deux partis qui se faisaient réciproquement la guerre. Les premiers, très-attachés à l'école française , et ayant à leur téte don Ignace de Luzan, affectaient le plus profond mépris pour les anciens auteurs , qui avaient cependant illustré leur patrie; les seconds, constants admirateurs des classiques de leur pays, ne pouvaient souffrir rien de ce qui venait d'au delà des Pyrénées, et avaient pour eux le public, qui ne cessait d'applaudir les ouvrages de Villegas, de Calderon et de Solis. La Huerta se mit à la téte de ce parti ; mais comme il était homme de goût, il fit voir, et par ses écrits et par le choix de ses modèles, qu'on pouvait suivre l'ancienne école sans tomber dans les défauts qu'on lui reprochait. Son Êgtogue des pécheurs, qu'il lut, en 1760, à la distribution publique des prix, est remarquable en ce qu'elle est dans l'ancienne manière nationale, mais entièrement exempte d'orientalisme. Trois ans après, il lut un poème mythologique en stances (Jupiter conservator) , qui eut aussi beaucoup de succès. Il donna encore d'autres ouvrages du même genre, et il traduisit en vers plusieurs odes d'Horace , et des fragments de quelques poètes français, comme Boileau , J.-B. Rousseau, Voltaire, etc. Huerta entreprit de rendre au théâtre espagnol son ancienne splendeur; mais il n'était pas assez grand poe'te pour reprendre la route que Calderon avait suivie, sans s'écarter de l'élégance et de la correction qui caractérisaient la nouvelle école qu'il voulait introduire. Aussi, après s'être assuré, par un prologue dans l'ancienne manière, qu'il écrivit pour une des pièces de Calderon , et par ses autres ouvrages, la faveur d'une grande partie du public , il présenta comme un nouvel essai de tragédie sa Raquel (Rachel), qui devait concilier les anciennes formes espagnoles avec la dignité de la véritable tragédie. Cette pièce fut représentée pour la première fois à Madrid en 1778, sur le théâtre de la cour. On l'applaudit avec enthousiasme, et malgré les clameurs des gallicistes elle fut aussitôt jouée dans Joute l'Espagne : avant qu'elle fût imprimée, on en avait fait déjà deux mille copies qui avaient été envoyées jusqu'en Amérique. Deux ans après, elle fut traduite en italien et jouée avec succès au théâtre Zannoni de Bologne. La Rachel, production estimable d'un homme d'un grand talent, n'est cependant pas exempte de défauts, et peutêtre pèche-t-elle du côté de l'intérêt et de ta vraisemblance (1). Le sujet est tiré de l'ancienne

1 1 1 Les auteurs du Dielionnnir» historique, ainsi que pluaieara étranger» qui ont écrit aur la littérature espagnole, ae trompent quand il* assurent que la Rachrl est la seule tragédie régulière qu'aient les Eapagnol»; il» ont sans doute uublié la l'iryiaK et VAluuipkt de Montiano-Luyando. « Cet deux tragédies, dit m M. Bouterwek , ont le mcrile d'un style p.ir et cortvet, et d'un m naturel que le» pièce» de Corneille et de Kacine n'otfrtnt pas - toujours « Lis critique» ont aussi oublié ia Aamaace de Nigueros.lea tragédie, de Cientuegoa.de Moratln et da Quiotana , etc.

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histoire de Castillc. Le roi Alphonse VIII, passionnément épris d'une belle juive qui le domine entièrement, est conjuré par le peuple et par les grands de s'affranchir d'un esclavage qui le déshonore. Il balance entre sa passion et ses devoirs, jusqu'à ce que l'esprit de révolte éclate par une rébellion formelle. La belle juive est surprise dans le palais pendant l'absence «lu roi; et Ruben, son conseiller, est forcé de la tuer pour sauver sa propre vie : il est tué ensuite par le roi lui-même. La tragédie est divisée en trois actes (jornadasj. Le caractère de Rachel serait très-intéressant s'il n'était pas un peu monotone. Alphonse, changeant d'avis à chaque impression qu'il reçoit, ne conserve que par intervalles la dignité qui convient à un monarque. Du reste, il n'y a pas de pompe théâtrale étrangère à l'action, qui marche avec ensemble et rapidité. Le dialogue est en iambes rimes en astonantet (I) ; la diction est noble et soutenue, et il y a des scènes d'une gramle force et d'un grand pathétique. \: \ jnmemnon vengé n'a pas la même importance. Iluerla tira cette tragédie de la traduction en prose que Perez d'Oliva avait ^donnée, près de deux siècles auparavant, de Y Electre de Sophocle; et il sut y réunir les formes antiques avec celle de la poésie romantique. Il la fit pour satisfaire quelques dames qui désiraient voir une pièce grecque sur le théâtre de Madrid. Le chœur grec est remplacé par une confidente, et le style de la pièce est très-poétique. S'étant acquis par ses ouvrages le droit incontestable de porter un jugement sur la littérature de son pays, Iluerla publia son Théâtre espagnol, dans lequel (pour ne donner aucune prise sur lui aux gallicistcs) il admit seulement les pièces qui se distinguent particulièrement par l'art de la composition et l'élégance du style, et il en exclut peut-être un peu trop sévèrement les pièces de Lope de Vega , les autos tact amentales , et même les meilleures comédies historiques de Calderon; de manière que les trois quarts de cette collection ne sont que des comédies de cape et d'épée, et la plupart , de ce dernier auteur. « Quoi qu'il en soit , « dit M. Bouterwek, il atteignit le but principal « qu'il avait en vue, de rétablir l'honneur Jitté- « raire de sa nation, et d'exhaler son indignation « contre les gallicisles. » Il l'exhale en effet dans les préfaces qu'il a mises à la tête du Théâtre espagnol, où il n'épargne pas Quadrio, Tiraboschi, Bettinelli, Linguet, et tous les étrangers qui ont critiqué, parfois un peu légèrement, les anciens auteurs comiques espagnols. Il traite tous les autres théâtres, le français surtout, avec une extrême sévérité; la Phèdre même de Racine ne trouve pas grâce devant ce rigide censeur (2).

(Il Chez les p -êtes espagnols on appelle n»$<mantt$ le» rimes former* par la conformité du son de deux voyelles «Ans avoir égard aux consonnes,

!2I Le» nbbés Andréa et LamplHas, jésuites espagnols, ont répondu plus diffusément 4 cet critiques.

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Les gallicistes se déchaînèrent contre la Iluerla : il se contenta de les traiter de critiques sans aveu , et qui ne savaient qu'aboyer en morale. Il arrangea pour le théâtre espagnol la Zaïre de Voltaire ; mais elle n'eut que denx représentations, l'inquisition l'ayant défendue in odium autoris. La Iluerla passait aussi pour exceller dans le sonnet. Ses principaux ouvrages sont : 1° Vocabulario militar espallol . Madrid, 1760, in-8°. Il contient les noms et les exploits des plus illustres guerriers espagnols. 2° Obras poetieas . Madrid , 1778, 2 vol. in-8°; 3° Théâtre espagnol. Madrid, 1785-1788 , 16 vol. in-8°. Le quinzième contient les tragédies de l'auteur. Il mourut à Madrid , en août 1797. B-s.

HUES DE BRAIE-SELVES (1), ancien poêle français, était né dans le comté de Bourgogne au 11* siècle. L'auteur anonyme du roman de Guillaume de Dole dit que Hues assista aux fêtes que l'empereur Frédéric Ier donna dans cette ville, et qu'il enseigna à ce prince

l'ne danse Que firent pucelles de France A l'ormct devant Tremllly, Où l'on u maint bon plet [2] bâti.

Pauchet a fait mention de ce poe"te dans son Recueil de Corigine de la langue et poésie française: Duverdier s'est contenté de copier Fauchet; mais Lacroix du Maine ajoute que Hues savait excellemment jouer des instruments de musique et qu'il a écrit plusieurs chansons amoureuses. W — s.

HLESDEN. Voyez Gerlac.

HUET (Pierre-Dasiel). évêque d'Avranches, né à Rouen le 8 février 1630, se livra de bonne heure à l'amour des lettres et de la philosophie. « A « peine, dit-il, avais-je quitté la mamelle, que je « portais envie à ceux que je voyais lire. » Descartes, qui était alors dans toute sa vogue, fut son premier guide. En même temps Bochart , né comme lui à Rouen, lui inspirait le goût de l'érudition (3). A l'exemple de ces deux savants, Huet entreprit, en 1652, le voyage de Suède; il y eut même Bochart pour compagnon. Ce voyage, qui lui valut un accueil distingué, et dont il a rendu compte dans un petit poëme latin assez médiocre (4) , avait un double objet : il voulait voir la

il) Hua est un diminutif de Hugues , Brau-Seltet , aujourd'hui Broie - les - Pcsmcs , est un village à peu de distance de Dôle, au confluent de l'Oignon et ne la Saône. Hues est le seul trouvère comtois dont tassent mention les anciens biographes; maii il parait certain que les auteurs des romans de Guillaume de Dole, d'Albéric de Bourgogne, de Maugia d'Algremont, de Gérard de Roussillon (le restaurateur de la ville de Poligny, suivant Chevalier -, étaient nés dans le comté de Bourgogne.

(2' Pltl, pltgt ou plaid». Chacun sait qu'on nommait ainsi les discours prononcés devant les cours d'amour.

I3i Ce fut le dépit de se voir arrêté A chaque page dan» la lecture de la Gr><grnpMt iaeru de Bochart qui inspira au jeune Huet le désir d'apprendre seul l'hébreu et le grec , i l'exemple de Jos. Scaliger, qui avait, dit-on, appris l'hébreu sans maître , et qui prétendait que quatre mois lui avaient sufll pour épuiser la littérature grecque. Huet ferma tous se» autre» livre», se fit une grammaire hébraïque, qui lui lut utile plu» d'une foi» dans la suite ; et quant au grec , il consulta seulement le P. Petau pour l'intelligence de quelque» auteurs le» plu» difficiles.

(41 Jltr Suteicum. M. Crlgnon en a donné un" traduction en prose, Orléans, 1786, in-16.

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- reine Christine, qui était occupe'e à policer et instruire ses États; il voulait connaître les savants dont celte princesse était entourée, et surtout les manuscrits anciens qu'elle possédait, entre autres des ouvrages d'Origène. Il revint avec des trésors littéraires de plus d'une espèce, dont il ne tarda pas à faire part au public. A peine avait-il revu sa ville natale, qu'il concourut (en 1662) avec quelques-uns de ses amis à y former une académie qui s'est maintenue jusqu'à nos jours. La réputation et le mérite de lluet ne lui avaient encore procuré rien de solide, lorsqu'en 1670 il fut adjoint comme sous-précepteur à Rossuet, qui venait de se charger de l'éducation du Grand Dauphin. Ce fut à cette époque qu'il trouva et saisit l'occasion de s'attacher à un travail qui lui convenait parfaitement, et dont il s'occupa pendant près de vingt ans. Il avait formé, d'après une idée du duc de Montausier, le plan de ces belles éditions des classiques latins, destinées à l'instruction de leur illustre élève (ad usum Delpkini) \ ce fut lui qui en dirigea l'exécution. En 1674, il fut reçu à l'Académie française ; et on peut remarquer qu'il se plaignait dans son discours de ce que les lettres anciennes étaient « peu estimées en ce siècle, « presque bannies du commerce du monde poli, « et reléguées dans la poussière et l'obscurité de • quelques cabinets. » Fléchier, qui était alors directeur de l'Académie, parla, dans sa réponse, des études longues et utiles qui avaient été les premiers plaisirs de l'abbé Huet, comme les jeux de son enfance et les seuls emportements de sa jeunesse. Les grandes occupations de sous-précepteur ne l'empêchèrent pas de trouver le temps de satisfaire son goût ardent pour les langues les plus difficiles et pour les livres les plus anciens. Se dérobant quelquefois le soir à la cour, il venait passer des nuits entières dans des bibliothèques de Paris pour y puiser ce qui manquait à la sienne. Il n'était encore que tonsuré, lorsqu'à l'âge de quarante-six ans, il crut devoir se vouer tout à fait à l'état ecclésiastique et reçut les ordres sacrés. En 1678, Louis XIV lui accorda, comme récompense de son zèle et de ses services, l'abbaye d'Aulnay près de Caen, où il composa la plus grande partie de ses ouvrages. En 1685 il fut nommé à l'évéché de Soissons, dont il ne prit pas possession : il n'en avait pas même les bulles en 1689, lorsque M. Brùlart de Sillery, désigné pour l'évéché d'Avranches, lui proposa de permuter avec lui. Ce dernier siège plaisait beaucoup plus à Huet, parce qu'il le fixait à peu de distance de sa ville natale et de son abbaye. Il ne put être sacré qu'en 1692, à cause de quelques démêlés entre la cour de France et celle de Rome. 11 ne négligeait point ses devoirs épiscopaux; mais, quand ils étaient remplis, il se livrait à son amour de la science avec une telle ardeur et passait tant de moments dans sa bibliothèque, que les gens du monde et les ecclésiastiques mêmes qui avaient des affaires à régler avec lui ne trouvaient que

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difficilement le temps de l'entretenir. Aussi rapporte-t-on qu'un importun auquel on avait souvent répondu que le prélat n'était pas visible parce qu'il étudiait, se retira fort mécontent, en disant : « Eh ! pourquoi donc le roi ne nous a-t-il pas en- « voyé un évéque qui ait fait toutes ses études? » Huet, atteint déjà par quelques infirmités, et sentant qu'il ne pouvait concilier ses goûts avec les devoirs de sa place, se démit de l'évéché d'Avranches. 11 obtint en échange l'abbaye de Fontenay, située aux portes de Caen. Quelque temps après, il se rendit à Paris, et s'y fixa dans la maison professe des jésuites, à laquelle il fit don de sa belle bibliothèque (1). Là, pendant vingt ans, il partagea, comme il l'avait fait constamment depuis son entrée dans l'état ecclésiastique, ses jours entre la prière et l'étude, pour laquelle il conserva jusqu'à la fin de sa vie la même passion. Son goût pour la poésie, qu'il avait aussi cultivée, était toujours également vif; on le voyait très-assidu aux séances de l'Académie française , préférant à tout la société des gens de lettres et des érudits, qui l'intéressait sans le détourner de ses devoirs pieux. Zélé pour la gloire de la religion qu'il avait défendue dans plus d'un ouvrage, il termina le 26 janvier 1721, à l'âge d'environ 91 ans, par une mort édifiante, une carrière bien remplie et trèshonorée. Etant sous-précepteur de M. le Dauphin, Huet eut une discussion avec Despréaux, parce qu'il n'était pas de son avis et de celui de Longin sur ce passage de la Genèse : Dieu dit : Que la lumière toit. Et la lumière fut faite. Il fut même à cette occasion relevé d'une manière un peu sévère , dans la préface de la traduction du Traité du sublime. Il défendit son opinion avec beaucoup de douceur, en écrivant au duc de Montausier, qui ne rendit pas sa lettre publique; mais l^eclerc l'inséra dans le tome 10 de sa Bibliothèque choisie, avec un commentaire de sa façon. Aimable et prévenant dans la société, d'un caractère égal, rempli de loyauté, érudit sans pédanterie, tel on voyait Huet à tous les moments, tel on le retrouve dans tous ses ouvrages. On lit à la fin des Mémoires de mademoiselle de Montpensier un portrait qui donne de lui une idée fort avantageuse. Nous n'en citerons que ce passage , comme plus caractéristique que tout le reste : « Votre modestie est plus « dans les sentiments que vous avez de vous- • même, que dans votre air; et vous êtes docile « quoique vous ayez l'air rude. Vous êtes si prompt « et vous soutenez vos opinions avec une impé- « tuosité si grande, qu'il semble qu'elles vous « deviennent une passion.... Votre humeur n'est « ni trop enjouée, ni trop mélancolique.... Vous « n'est pas incivil; mais votre civilité manque un « peu de politesse.... Vous êtes pieux, sans être « fort dévoL... Vous avez su vous servir de la

(Il L'acte de celU donation , datée du 18 avril 1891, est insère dan» le» Auutnitalu tut. de Hchelhorn, t. 6, p. 1S4. A la iupprt-Mlon d« jésuite», les livre» provenant de la bibliothèque de Huet furent acquit par le toi.

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« science qui gâte les autres et les fait douter de « tout, pour vous affermir dans la foi. a Dans une lettre du 15 juin 1689, madame de Sévigné dit, sur la parole de Corbinelli , que Huet ne se déclara ouvertement contre la philosophie de Descartes, qu'il avait si longtemps chérie, que par la seule envie de plaire au duc de Montausier. Il est vrai qu'il attaque cette philosophie avec assez peu de ménagement; mais elle était défendue avec tant d'opiniâtreté, que pour achever de démontrer ce qu'elle avait d'insoutenable, il était difficile de se tenir dans de justes bornes. Du reste, madame de Sevigné avait tort de croire que Huet n'entendait pas ce qu'il improuvait. Il fut d'abord enthousiaste, et il avait raison de l'être, lorsqu'il voyait un génie pareil poser les véritables fondements de la philosophie sur le principe du doute, fondements qui subsistent encore et subsisteront toujours; car le Discours sur la méthode de Descartes sera éternellement reconnu parles vrais philosophes comme un ouvrage admirable. Quand ensuite il vit Descartes s'écarter des bases que luimême avait établies, pour bâtir un système appuyé sur de simples suppositions, Huet n'adopta pas cette doctrine, et même il s'y opposa fortement. Il fit en cela preuve de bon sens. On a prétendu qu'il était piqué contre les Cartésiens, parce que ces philosophes préféraient infiniment ceux qui cultivent leur raison à eux qui ne font que cultiver leur mémoire. Peut-être se montra-t-il en effet un peu sensible, comme savant, aux plaisanteries de ses adversaires. Il eut aussi avec Bochart, au sujet d'un manuscrit d'Origène, une dispute très-vive , qui donna lieu à plusieurs écrits de part et d'autre. Huet en a composé un grand nombre, en grec, en latin, en français, soit en prose, soit en vers, toujours avec élégance et pureté. Ses ouvrages, dont la plupart ont conservé une réputation distinguée, sont: \° De interpretatione lïbri duo, 1 de optimo génère inUrpretandi. 2 de Claris interpretibus, Paris, 1661, in-4»; Stade, 1668; la Haye, 1683, in-8». C'est le premier ouvrage que Huet ait publié : il lui donna la forme de dialogue. On y remarque un goût sûr; il est très-instructif, et de plus fort bien écrit. Le second livre est un jugement des plus célèbres traducteurs anciens et modernes, français et étrangers, mais principalement de ceux de la Bible et des classiques grecs : Huet ne donne point la bibliographie des éditions, mais il juge avec impartialité le style et la fidélité de chaque traduction. 2° Origenis commentaria in sacram Scripturam, grec et latin, Rouen, 1668, 2 vol. in-fol.; réimprimés à Cologne, en 1685, 3 vol. in-fol. 11 ne fit que retoucher l'ancienne version, obscure et défectueuse en beaucoup d'endroits. 3° Lettre sur ïongine des romans, Paris, 1670 et 1722, à la tête de \aZayde de madame de Lafayette; 8* édit., Paris, 1711, augmentée d'une Lettre sur l'auteur de YAstrèe; trad. en latin, à la suite de l'édition' de la Haye du traité De interpretatione ; id. en

flamand, 1753, in-8* (1). Huet rend compte, en véritable critique, des romans que nous ont laissés les anciens : mais ne pourrait-on pas objecter que l'origine de ce genre est bien antérieure à celle qu'a indiquée ce prélat? car toutes les mythologies de l'Inde passeraient à bon droit pour de véritables romans. 4° Demonstratio evangelica, Paris, 1679, 1 vol. in-fol.; réimprimée du même format et dans la même ville, en 1687 et 1690; puis en Allemagne, in-4"; Amsterdam, 2 vol. in-8°; et entln à Naples, 2 vol. in-4°, en 1731. On trouve dans cet ouvrage plus d'érudition que de jugement, plus d'élégance que de vigueur. La première édition surtout est remplie de conjectures hasardées, de rapprochements bizarres, d inductions forcées. L'auteur veut tout ployer à sa manière de voir, et l'y range de gré ou de force. La Démonstration éoangélique fit dire à beaucoup de personnes que Huet n'y avait démontré que sa grande érudition. C'était à propos de ce livre que Itacine témoignait ne pas approuver l'usage que le savant prélat avait fait de ses connaissances profanes en faveur de la religion. L'abbé Sabatier, seul de tous les critiques, en parle avec un enthousiasme qui n'admet aucune restriction; il dit même que cet ouvrage est devenu classique pour tous les théologiens de l'Europe. 5° Censura philosophiat Cartesiana. Paris, 1689 et 1694, 4« édition, in-12; critique assez judicieuse, mais faible à l'excès, quand on la compare aux vastes conceptions, même les plus erronées, de Descartes; 6° Quastiones Alnetanœ de c on cardia rat in ni s et fidei, Caen, 1690; ouvrage très-médiocre pour le fond, et qu'Antoine Arnauld blâmait beaucoup. 11 fut composé à l'abbaye d'Aulnaye, ainsi que le titre le fait voir. On peut dire de cet ouvrage, comme de la Démonstrajion éoangélique, que l'auteur y brille plus par l'érudition que par le raisonnement. 7° De la situation du Paradis terrestre, publié d'abord en français, Paris, 1691, 1 vol. in-12; puis réimprimé en latin à Amsterdam, 1698 et 1701, in-8°. Dans ce traité, Huet place le Paradis sur les bords du fleuve que produit la jonction du Tigre et de l'Euphrate, et qu'on appelle le fleuve des Arabes, entre cette jonction et la division que fait ce même fleuve avant d'entrer dans le golfe Persique. Dans l'édition donnée, en 1698, de ce même livre, on trouve une Dissertation sur les navigations de Salomon. C'était le père Commire qui avait engagé Huet à travailler sur ce dernier sujet. Cette Dissertation fut réimprimée à la Haye, en 1730, avec la lettre de ce jésuite et la réponse de l'évéque d'Avranches, dans le second volume des Traités géographiques et historiques pour faciliter C intelligence de C Ecriture sainte (par Bruzen de la Martinière), 2 vol. in-12 : cette même dissertation a été traduite en français par des Roches, auteur d'une Histoire de Danemarck.en

(1) Cet opuscule a été pour la première foU Imprimé i part tous le titre de Lettre de M. Huet à M. dt Stgraie sur l'origine du romtw, 2» édit. , Pari», CramoUjr, lti78, ta-ia. A. B-t.

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9 volumes in-12; 8° Nouveaux Mémoires pour servir à V histoire du cartésianisme, 1692, brochure in-16, publiée avec les initiales pseudonymes M. G. de l'A.; réimprimée avec des additions, à Amsterdam, 1698, in-12, et à Paris, 1711, in-12; 9" Statuts synodaux pour le diocèse d'Avranches, en 1695, avec des suppléments des années suivantes, Caen, in-8°; 10° Huetii carmina, poésies grecques et latines, odes, églogues, petits poè*mes, Utrecht, 1700, édition augmentée, in-8°; Paris, 1709 et 1729, 1 vol. in-12. Les vers grecs et latins de ce savant prélat ont aussi été recueillis par d'Olivet avec des poèmes de même nature, qui sont de Fraguier,deBoivin,etc; la !laye,1740; ibid.,1713,

I vol. in-8". Ces poè*mes, quoique l'auteur en ait composé la plus grande partie dans un âge avancé, sont d'une latinité élégante et pure : les images en ont de la grâce, le style de la verve et de la chaleur. 11° Histoire du commerce et de la navigation des anciens , publiée anonyme, Paris, 1716, 1727, in-12; réimprimée avec le nom de l'auteur, Lyon, 1763, 1 vol. in-8u. Huet composa ce livre à la sollicitation de Colbert. Il y a inséré beaucoup de digressions curieuses et savantes.

II y commet des répétitions, en parlant des mêmes nations sous différents périodes. Peut-être l'évéque d'Avranches n'a-t-il pas mis la dernière main à cet ouvrage. On en juge nommément par le style, moins châtié que dans les autres productions du même auteur. Des Mémoires sur le commerce des Hollandais dans les États et empires du monde, qui parurent en 1716, ont été attribués à M. Huet, comme faisant une espèce de suite à son Histoire du commerce des anciens. 12-» Pétri Danielis Huetii commentarius de rébus ad eum pertinentibus, Amsterdam, 1718, 1 vol. in-12, publié par Sallengre (1). Ces Mémoires sont fort agréables à lire, et font bien connaître leur auteur, homme aimable ou plutôt éruilit très-aimable dans un siècle où, quoi qu'il en ait dit dans son discours de réception à l'Académie française, et ailleurs, on avait un goût décidé pour l'érudition. Il est reconnu, maintenant, que la sienne était plus vaste que profonde. C'était un vrai sage, aimant le monde et le plaisir, se livrant tour à tour à la retraite et à la société; se désolaut de ne pas avoir assez de piété, et finissant par être un bon évéque, parce que toute sa vie il avait eu le sentiment de ses devoirs et des bienséances. 13° Traité phi losophique de la faiblesse de l'esprit humain, publié par l'abbé d'Olivet, ami de l'auteur, Amsterdam, 1723, in-8°; Londres, 1741, in-8°. C'est à peu près la traduction de la première partie de Quastiones Alnetona. On crut remarquer que Huet revenait un peu dans ce traité sur ce qu'il avait avancé en plusieurs endroits de sa Démonstration évangélique. Voltaire n'a pas manqué d'insinuer que ce dernier ouvrage parait démentir le premier.

|1| 11 en exi»t* une traduction anglaUe av. c de* note* biographique* et critiques par Jolm Aikin, 1810,2 vol. in-9",«t une traduction français, par M. NWard, Pari», leW, m-*-. A. B-T.

Ailleurs, il dit malignement que \t Traité sur la faiblesse de l'esprit humain, par lequel Huet finit sa carrière, ne laisse aucuu lieu de douter de ses derniers sentiments, faisant à cet égard un rapprochement également perfide avec la fin de la vie de Fénelon. Il est bien vrai que Huet, dans ce livre, qui donna lieu a des critiques outrées, soutient des paradoxes; mais ils n'ont rien qui puisse faire penser qu'il n'ail pas adhéré d'esprit et de cœur aux vérités de la religion. Huet défend l'opinion des sceptiques réduite à de certaines bornes; mais le scepticisme ne conduit-il pas naturellement la raison, lorsqu'elle n'en abuse point, à se soumettre au joug de la foi, en démontrant à l'homme le néant et l'imbécillité de celte 'même raison? LeTraité de la faiblesse de resprit humain roule principalement sur deux propositions : 1° que la foi est seule infaillible; 2° que la raison n'a d'elle-même nul moyen de parvenir à la connaissance d'aucune vérité. C'est un rapport complet sur l'état de la philosophie. L'auteur expose tous les systèmes, et reste dans le doute- Ladvocat et quelques autres biographes ont eu tort d'accuser Huet d'avoir copié dans ce livre Sextus Empiricus sans l'avoir cité. Le même traité, composé en français et mis en latin par l'auteur lui-même, parut à Amsterdam en 1738, 1 vol. in-12, par les soins de du Sauzet, agent diplomatique du roi de Pologne à la Haye. 14° Origines de Caen, dont la seconde édition, qui est la meilleure, fut imprimée, en 1706, à Rouen, 1 volin-8°. C'est un livre bien fait , savant et utile. 13° Diane de Castro, ou le Faux ïncas, anonyme, Paris, 1728, in-12. Huet composa, dit-on, ce roman à l'âge de vingt-cinq ans, excité par le charme qu'il avait trouvé dans la lecture de l'Astrée, qu'il appelait incomparable. 16° Il y a aussi des Notes latines de Huet sur Âlanilius, imprimées à la fin de l'édition de cet auteur faite en 1679 in -4° à l'usage de M. le Dauphin; 17° l'abbé Tilladet publia, en 1714, à la Haye, en 2 volumes in-12, des Dissertations sur diverses matières de religion et de philologie, contenues en plusieurs lettres. Elles sont presque toutes de Huet. 18»,L'abbé d'Olivet recueillit également et mit au jour, à Paris, en 1734, 1 vol. in-12, des Opuscules sur la langue française, par divers académiciens. Huet a fourni son contingent posthume à ce recueil. La mémoire de ce savant prélat s'était fort aflaiblie à la suite d'une maladie qu'il essuya en 1702. 11 n'en conserva pas moins le goût du travail, avec l'impossibilité cependant de s'y livrer de suite et d'entreprendre rien d'important. Ce fut dans ces moments qu'il forma ce recueil de notes et de traits qui, rassemblé par l'abbé d'Olivet, fut imprimé en 1722, 1 vol. in-12, sous le titre de Huetiana. On lit à la tête l'Eloge de Huet par le même auteur, tiré de l'Histoire de l'Académie française. D'autres éloges du même prélat se trouvent dans les recueils de l'académie de Caen pour 1769. Enfin l'on trouve une Notice sur qucl-

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ques lettres inédites de Huet dans le Journal des tarants de 1797, p. 334. L — P — e.

HUET DE COETLISAN (Jeàs-Baptiste-Claide- Recnaijlt), né à Nantes vers 17G7, d'une famille connue dans la magistrature , se montra , dès les premiers temps de la révolution , un de ses plus zélés -partisans. C'est dans sa province comme dans celle du Dauphiné qu'avait commencé le tocsin qui devait amener de si profondes perturbations. Huet se joignit à la jeunesse nantaise qui, réunie à celle de Rennes, ouvrit dans les annales du monde une époque nouvelle. Il fut compris parmi les notables de la première municipalité de Nantes, et, en 1792, il commandait en second un des bataillons de la garde nationale de cette ville. En 1793, il embrassa ce qu'on appelait le parti fédéraliste , qui, dans l'Ouest, essaya de lutter contre la commune de Paris et contre la convention pendant les premiers mois qui suivirent la funeste révolution du 31 mai , et qui, s'étant mis en relation avec la Gironde et le Calvados, ralliant la Guyenne à la Bretagne et à la Normandie , eût pu , si elle eût été bien dirigée, empêcher le règne sanglant de la terreur. Lorsque le parti de la montagne eut triomphé, Huet alla chercher un refuge à l'armée des Pyrénées- Orientales. On lit dans l'Annuaire nécrologique de H. Mahul (1823), qu'il devint aide de camp du général Dugommier, qui « lui donna la mission » de porter à la convention trente-deux drapeaux ■ pris sur l'ennemi. » Mais le Moniteur ne dit rien de cette mission ni de l'envoi des trentedeux drapeaux. Huet avait peu de goût pour la guerre ; il en quitta le théâtre après la révolution du 9 thermidor, et revint à Nantes sans avoir acquis un grade militaire. Attaché en qualité de secrétaire général à l'administration centrale du département de la Loire-Inférieure, il dirigea, non sans quelque partialité , la première organisation de l'école centrale. Lors de l'établissement des préfectures, Huet fut continué dans ses fonctions de secrétaire général. H eut une grande part, en 1798 (an 7), à la formation d'une Académie nantaise, qui s'intitula d'abord: Institut départemental de la Loire-Inférieure , titre qui fut bientôt changé en celui «1»; Société des lettres, sciences et arts de Santés, puis en celui de Société académique. Huet, réuni à deux de ses collègues (Athénas et Poirier), présenta un plan d'organisation que , dans la première séance publique du 30 germinal an 10 (10 avril 1802), présidée par le préfet (le Tourneur de la Manche, ex-directeur de la république), le secrétaire général de la société (Renou) qualifia un peu hyperboliquement en ces termes : « Plan vaste et méthodique où le « système des connaissances humaines est déve- « loppé , etc. » Huet présida la seconde séance publique, qui n'eut lieu qu'en 1808 (5 mai). Dans son discours d'ouverture , Huet peignit le règne de la terreur , fit l'éloge du goût , l'éloge de la société littéraire nantaise et des services qu'elle

avait rendus, l'éloge de Napoléon, le Héros du monde, l'éloge de la Vache h, poê*me d'un collègue présent (de Kérivalant); l'éloge de tous ses collègues en masse et en détail, de leur imagination brillante, etc. « Certes, disait-il , on ne trou- « verait nulle part autant de verve, autant d'éner- « gie dans la pensée, autant de finesse dans « l'expression , » que dans les œuvres (inconnues) d'un de nos plus illustres collègues (H. Bouteiller). Tel est l'inconvénient des harangues académiques, et la prodigieuse exagération dont les discours de l'Institut ne sont pal toujours exempts. Huet eut bientôt sa part des compliments d'usage. H avait récemment publié une statistique du département de la Loire-Inférieure ; Blanchard de la Musse, alors secrétaire général, dans le compte rendu des travaux de la société , ne se contenta pas de donner à celte statistique la qualification de bonne, qu'elle peut mériter : il ajouta : « Nous n pouvons nous flatter de n'avoir rien à désirer « à ce sujet. » Les Recherches statistiques de M. Huet de Coëllisan, dit-il, « déjà placées dans « toutes les bibliothèques , doivent être classées « dans le très-petit nombre des ouvrages de ce * « genre qui passeront à la postérité. » H convient d'ailleurs de remarquer que dans les Recherches statistiques* Huet , abandonnant le style académique,-donne des éloges mérités aux services que cette société littéraire n'a cessé de rendre aux sciences , aux lettres et aux arts. Un de ses amis, commissaire du gouvernement près de l'administration centrale., en même temps qu'il en était lui-même secrétaire général , Marsson , depuis préfet du Doubs et consul général à Palerme, disait de son collègue : « Si un de ses amis tombe « dans un bourbier, il ne l'en retire que jusqu'à « la ceinture. » Le ministre de la police» Fouché, se montra plus généreux lorsque Huet se trouva impliqué, en 1806, avec le receveur général du département , dans un procès criminel. Le receveur fut condamné l'année suivante à huit ans de fers et à la flétrissure pour faux et surcharges sur les registres. Huet, qui était lié avec ce comptable, mais qui pouvait, et c'était l'opinion accréditée, n'avoir été coupable que d'imprudence et de légèreté, après avoir subi dix mois de détention à Paris , fut amené à Nantes avec une haute recommandation , acquitté et réintégré dans sa place. Peu de temps après (1809) , il fut envoyé sous-préfet à Bazas. Destitué en 1814, lors de la première restauration, il fut nommé membre de la chambre des représentants (1813) par l'arrondissement de Cbâteaubriant. Après le second retour des Bourbons, il prit un passe* port pour l'Angleterre : mais , arrêté au premier relais, il fut enfermé à la Force, ensuite à la Conciergerie, et après une seconde détention qui dura aussi dix mois , et pendant laquelle il avait vainement adressé une pétition à la chambre des députés, il recouvra sa liberté sans avoir été interrogé, et sans qu'on lui eût fait connaître les motifs de

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cette longue détention. Quelques années plus tard , Huet fut chargé de rédiger la partie politique du Journal du Commerce, où il défendait avec zèle et talent les principes de l'opposition contre le ministère Villèle. Il fut poursuivi , en novembre 1822, devant le tribunal de police correctionnelle, comme prév. nu d'attatpic contre le gouvernement, et conda.uné malgré l'éloquence de M. Barthc , qui s'était chargé de sa défense. Sa santé déjà fort affaiblie se trouva plus gravement altérée par suite de ce jugement. Voulant aller respirer l'air natal , il se rendit à Savcnay, et mourut dans cette ville le 12 décembre 1823. 11 était membre de Y Académie celtique, devenue sous la restauration Société royale des antiquaires de France. Ses ouvrages sont: 1° Statistique du département de la Loire-Inférieure, publiée par ordre du ministre de l'intérieur. Paris, de l'imprimerie des sourds-muets, an 10 (1802), in-8° de 70 pages, plus 8 tableaux ; 2" Recherches économiques et statistiques sur le département de la Loire-Inférieure, Nantes et Paris, 1801, in-4° de près de 000 pages, y compris les pièces annexées et les tableaux, l .'empire commençait , et , dans la préface , Huet déclare qu'il était attaché au parti républicain, La partie historique de ce volume contient des détails curieux sur la guêtre de la Vendée. 5° De l'organisation de {a puissance civile dans Cintérêt monarchique , ou De ta nécessité d'instituer les administrations départementales et municipales en agences collectives, Paris, Eymery, 1820, in-8°. On a encore de J.-B. Huet des notes sur le célèbre monument armoricain connu sous le nom de pierres de Carnac . et divers articles insérés soit dans la Revue encyclopédique, soit dans d'autres recueils périodiques ; il a laissé plusieurs manuscrits de sa jeunesse , contenant des traductions d'auteurs latins. On trouve , dans le troisième volume du Lycée armoricain, une notice sur Huet de Coètlisan , dont M. Mahul a fait usage dans son Annuaire nécrologique; mais, quoique faite avec soin, elle n'est pas exempte d'erreurs. V— ve.

HUET DE FROBERVILLE (Claude- Jean - Baptiste) , né à Romorantin le 3 octobre 1752, fut un des premiers élèves qui entrèrent au collège d'Orléans après l'expulsion des jésuites. En 1781, il revint habiter cette ville, où il se maria, se Ut bientôt remarquer par ses travaux littéraires , et fut nommé secrétaire perpétuel de la Société royale de physique , d'histoire naturelle et des arts, récemment instituée. Choisi eu 1787 pour fournir à l'assemblée provinciale «les renseignements sur l'agriculture , le commerce et l'industrie île la Sologne , il composa un ouvrage intitulé Vues générales sur Cétat de t agriculture dans la Sologne, et sur les moyens de l'améliorer , qui fut imprimé à Orléans l'année suivante aux frais de la province (1 vol. in-8°J. Eu 1789, Froberville ne put rester indifférent aux événements politiques qui signalèrent celte époque ; il publia , sous le nom d'un gentilhomme français son Catéchisme des trois

ordres pour les assemblées d'élections. Successivement il fit paraître à Orléans des Réflexions sur les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ; sur le veto et sur l'appel au peuple; enfin divers avis sur la manière de délibérer aux états généraux, etc. Après avoir été nommé à plusieurs fonctions administratives, il fut élu en 1791 député du Loiret à l'assemblée législative , et s'y rendit utile aux intérêts de son département- L'année 1792 le força de regagner ses foyers, ou il fut deux fois incarcéré comme suspect ; mais sa bienfaisance et ses autres qualités lui avaient créé parmi ses geôliers des amis, au moyen desquels il échappa à la mort. Dès ce moment il se tint éloigné des charges publiques, et s'appliqua tout entier à l'étude des sciences et des lettres. Il est mort en 1838. Ses principaux ouvrages sont : 1° Description plaisante d'une fête à l'occasion de la prise de la Grenade, insérée dans le Courrier de l'Europe du 3 novembre 1779 ; 2° Notice sur In rie et les ouvrages de Louis Pulci. avec un extrait de son poème intitulé Morgante maggiore, insérée dans Y Esprit des journaux, 1784 ; 3° Dissert. ait. sur deux ouvrages intitulés Chronique de Turpin. Orléans, 1783, in-12 , insérée dans le tome 3 des Mélanges de Millin ; i° Éloge de M. Pildtre de Roùers, Orléans, 1783, in-8° ; 3° Recherches sur l'origine de la gabelle en France, insérées dans Y Esprit des journaux , 1780; 0° enfin un grand nombre de morceaux de littérature , de critique et de politique dans le Journal de Paris, YEspn/t des journaux et la Chronique de Paris. Il a laissé en manuscrit : 1° Un Essai sur l'air inflammable; 2" une Dissertation sur une médaille de l'empereur Tite ; 3° des Observations sur une anomalie particulière dans l'ordre des affinités électives de Bergman ; i" des Recherches historiques sur le comté et la ville de Romorantin; 5° divers éloges, discours, etc., et un grand nombre de pièces en vers et en prose. II. Vcrgnaud-Romagnesi a publié en 1839, à Orléans, une notice sur Huet de Froberville. Z.

HUET DE FROBERVILLE (Barthélemi) , frère consanguin du précédent, naquit à Romorantin le 22 janvier 1761 , et fit ses études au séminaire de Meun près Orléans. Breveté officier dans le régiment de l'Ile de France, il se rendit en 1778 dans la colonie ; fut appelé en 1781 au commandement du détachement que ce corps fournit à l'escadre du bailli de Suffïen pour l'expédition de b'Inde ; se trouva à toutes les actions navales de l'escadre, au siège de Trinquemale en 1782, et se distingua à l'affaire de Goudelour, où le chevalier de Damas fut pris par les Anglais. Après avoir passé deux ans en garnison à Pondichéry, il revint à l'Ile de France, où il se fixa. Les orages de la révolution grondaient au loin ; la discipline militaire était méconnue, il résolut de quitter le service. Lorsque l'assemblée coloniale se forma, Froberville fut nommé à plusieurs fonctions publiques, entre autres à celle de procureur géné-

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ni syndic. Le reste de sa carrière se passa dans la culture des lettres ; il fut un des fondateurs et le secrétaire de la société d'étnulation dont les travaux ont été' très-utiles. La langue et les mœurs des habitants de l'Ile de Madagascar furent l'objet constant de ses études ; comme rédacteur du journal hebdomadaire des lies de France et de Bourbon , il entretint , avec les savants qui parcouraient celte grande lie, des relations au moyen desquelles il parvint à réunir une immense collection de pièces concernant une contrée si intéressante et si peu connue. Sa mort arriva en 1835. Ses principaux ouvrages sont : 1° Un Grand tocabul/iire malgache. 2 vol. in -fol., dont Dumont d'Urville (roy. ce nom) a donné un abrégé {Philologie du voyage de F Astrolabe) ; 2° une traduction des saintes Écritures en malgache (idiome du sud), 2 vol. in-fol. ; 3" une collection des voyages de Mayeur ( interprète de Beniowsky ) à Madagascar, G vol. in-fol. ; 4° une Histoire de Ratsimilaho, roi de Foulepoinle , d'après les traditions des Malgaches, 1 vol. in-fol. ; 5° un Essai sur les Malgaches, 1 vol.in-fol. Cet ouvrage, confié au capitaine Flindcrs, qui s'était chargé de le faire imprimer à Londres, a été égaré pendant la traversée de ce célèbre voyageur. 6° Le Cimetière du Port-Louis, scènes historiques, 2 vol. in-i° ; 7° Sydner, ou Us Dangers de C imagination, roman imprimé à l'Ile de France, 1 vol. in-8° ; 8° un journal tenu pendant la guerre de l'Inde, de 1781 à 1783, 1 vol. in-fol. ; 9° diverses pièces en prose et en vers dans les journaux de l'Ile de France; 10° la Culpaide. poème burlesque; 11° une édition nouvelle de l'Histoire de la grande île Madagascar, par le sieur Estiennc de Flacourt, inachevée. Z.

HUETERIE (Charles de la), poète médiocre, mais dont les ouvrages, devenus très-rares, ne laissent pas d'être recherchés par les amateurs de notre ancienne littérature. On n'est pas d'accord sur le lieu de sa naissance. Lacroix du Maine le fait naître dans l'Anjou, et Duverdier prés d'Amboise. Son nom était Hue, diminutif de Hugues; mais il crut devoir l'allonger pour le rendre plus harmonieux ou pour se donner les airs d'un possesseur de fief. Il avait été secrétaire du duc de Vendomots. Pendant l'exil de "Clément Marot il fit des démarches pour le remplacer dans la charge de valet de chambre du roi François 1er. Marot, à son retour d'Italie, publia, sous le nom de Fnpelipés, son valet, cette plaisante épltre (1) dans laquelle passant en revue ses ennemis , il les couvre d'un ridicule que le temps n'a pas encore effacé. Il ne manque pas d'y reprocher à la Hueterie d'avoir essayé de lui ravir sa place à la cour. En lui répondant , la llueterie dit à Marot qu'il n'a demandé sa place que parce qu'il était scandalisé de sa conduite •

Car si scandalisé ne feu»se, Ta place demandé je n'eusse.

(U C'est la 66» épttre dans VédiUon des OBuvra de Marot publié* par Lcnglet-Dufresnoy.

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Les intrigants ont presque toujours tenu le même langage ; mais ils ont été rarement aussi naïfs. Dans une autre épltre digne de Marot, à qui, dans le temps, elle fut attribuée, Charles Fontaine a bien maltraité

Les chanta royaux, épltre* , rondelets, MU en avant pur no» deux secrétaires.

L'un de ces secrétaires est la llueterie , et l'autre son associé Sagon , qui fut le véritable chef de la ligue formée contre Marot par tous les nains de la littérature (roy Sagon). A l'époque de ces disputes , la llueterie était déjà vieux et malade , mais on ignore la date de sa mort. On connaît île lui : 1° Le dangereux passage de vice et consolât if voyage de vertu. Lyon, 1336, in-8° ; 2° Le concile des dieux, sur les très-heureuses et magnifiques noces de Jacques, roi d'Ecosse, et de la princesse Magdeleine, fille aînée de François I", Paris, sans date (vers 1336) , in-16 ; 3° Prothologies françaises . orthodoxes commentaires sur aucunes frivoles opinions ; avec épitome des gestes présents en rimes léonines. Demande de service royal en épttrcs, rondeaux, ballades. 4° Contreblasons de la beauté des membres du corps humain, dans le recueil intitulé Blasons du sexe masculin et féminin, Paris, sans date .1330), in-16 ou petit in-8°; 3° plusieurs pièces contre Marot. W— s.

HUEZ (Claude), l'une «les premières victimes de nos révolutions , était né à Troyes le 3 avril 1724, fils d'un conseiller au bailliage et présidial de cette ville. Il fut appelé, lui aussi , aux fonctions qu'avait remplies son père, devint assesseur civil, puis lieutenant criminel et maire de Troyes, par brevet émané de Louis XVI, le 29 juillet 1786. Il fut, en cette dernière qualité, nommé l'année suivante membre de l'assemblée provinciale qui se tenait à Chàlons. Enfin , par une ordonnance du 9 niai 1789, il fut continué maire pour trois ans. Son assistance aux deux assemblées des notables le mit en mesure d'observer tous les signes précurseurs de la révolution. Il en avait écrit confidentiellement aux échevins de sa ville natale , dévoilant les intrigues et les dispositions hostiles dont il était témoin , désignant les principaux personnages qui commençaient à entraver les vues sages et bienfaisantes du roi. Cette lettre fut enlevée au bureau de la poste par un des membres du comité local des subsistances , et au lieu d'être portée à l'hôtel de ville , comme il en avait annoncé la résolution, elle fut ouverte, et même, pour le malheur de Huez, envoyée aux hommes qui, dans Paris, préludaient avec le plus d'activité aux grands bouleversements politiques dont l'explosion devait avoir lieu en juillet 1789. Huez à son retour dans son pays fut fort en peine d'apprendre que son écrit avait disparu, sans que les échevins en eussent eu connaissance. H y eut en France , depuis la récolte de 1788 jusqu'à la fin d'octobre de l'année suivante , une disette dont la ville de Troyes, peuplée alors de

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trente-trois mille âmes, se ressentit particulièrement. Son approvisionnement avait , pendant tout l'été de l'année 1789 , occasionné de vives inquiétudes, mais donné lieu aussi à des mesures préservatrices prises avec zèle par Huez et par son conseil municipal, mesures, au surplus, en t cirées trop souvent par de factieuses entreprises. Au mois d'avril une réunion nombreuse et composée en partie de révolutionnaires du pays, prenant pour prétexte le désir d'aider le conseil municipal à pourvoir aux besoins du peuple, s'était installée dans l'hôtel de ville sous le titre de comité provisoire. Ce comité ne fit qu'augmenter les embarras du moment. En septembre, une fourniture considérable de farine de riz, Tenue d'Angleterre sur la demande des boulangers de Troyes, et que l'on crut ou que l'on prétendit être viciée , servit de prétexte pour faire éclater l'orage le plus violent sur la téte de Huez, contre lequel sa lettre perfidement commentée avait inspiré des préventions. On l'accusa d'avoir empoisonné ces farines. Il était alors doyen du bailliage et président de la chambre de police. Il se rend le 9 à l'hôtel de ville. Les municipaux et les membres du comité provisoire y étaient assemblés. On lui dit , on lui répète que sa vie est en danger ; il oppose aux instances qu'on lui fait pour qu'il se dérobe à la fureur publique une courageuse résistance , fondée sur le témoignage de sa conscience et sur les preuves acquises de son dévouement à la classe indigente. Il se présente avec l'intrépidité de Mathieu Molé devant la multitude. Mais à peine était-il entré dans le sanctuaire de la justice, et à l'instant où le procureur au (m 1 1 liage entreprenait avec chaleur la défense de l'accusé et du négociant qui avait voulu assurer l'approvisionnement du marché, qu'un individu couvert de haillons s'élance près de Huez, lui ôte sa perruque et la jette dans l'auditoire. Le tribunal, offensé en la personne de son président , se retire dans la salle du conseil et fait avertir de ce qui se passe les deux autorités qui occupaient l'hôtel de ville. Un grand tumulte succède à la violence exercée contre le magistrat. Malgré les efforts de ses collègues et de quelques autres personnes venues à son secours, il est saisi et entraîné hors du palais. On lui passe une longue corde au cou et on le fait tomber sur le pavé; des femmes ou plutôt des furies arrivent ; une d'elles le frappe avec force sur la téte. On lui crève les yeux , et puis des assassins des deux sexes lui arrachent la vie. Des cruautés inouïes sont exercées sur son cadavre, qui est promené de rue en rue. Enfin il est précipité dans les caveaux du cimetière M- Jean. Ses bourreaux, inconnus entre eux, animés d'intérêts, de sentiments divers, avaient été mis en mouvement par des manoeuvres invisibles ou du moins insaisissables , qui agissaient dans bien d'autres parties de la France, après avoir systématiquement épouvanté et ensanglanté Paris. Le reste

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de la journée fut employé à la dévastation , au pillage de la maison de Huez, de celle du négociant désigné plus haut et de trois autres appartenant aux principaux fonctionnaires de Troyes. La force armée , retenue par des difficultés trèscompliquées , n'avait pu ni prévenir ni réprimer de si horribles excès. Lorsque la tranquillité fut rétablie , on intenta un procès aux auteurs et complices de l'assassinat de Huez, ainsi que des autres désordres de la journée. Le bailliage de Chaumont en Bassigny , érigé en cour prévôtale, reçut l'ordre de se transporter à Troyes pour suivre et terminer cet immense procès. Sur cent vingt-six accusés , plusieurs furent condamnés à la peine capitale et exécutés, une vingtaine furent envoyés aux bagnes de Rochefort et de Toulon ; mais les chefs ne purent être atteinls. A la Tin de 1793, la convention nationale fit mettre en liberté les condamnés, et elle ordonna que, comme victimes des prétendus complots de l'aristocratie, ils fussent indemnisés par la caisse municipale , ce qui s'effectua aussitôt après leur retour. Une délibération circonstanciée et motivée des échevins et conseillers notables, en date du 30 septembre 1789, exprima leur douleur de ne plus voir à leur tête l'homme qui avait si bien mérité du roi, des ministres et de ses concitoyens, et régla qu'un service solennel serait fait pour lui le 19 octobre suivant dans l'église de St-Jean, service auquel assistèrent, avec la famille de Huez, tous les corps de la ville. Son oraison funèbre y fut prononcée. 11 était bel homme, d'une taille élevée : haute intelligence, noblesse et fermeté de caractère, amour de ses devoirs, équité, savoir, esprit de charité , et de charité très-aclive , il réunissait toutes les qualités du magistrat à celles de l'homme privé. Enfin il était généralement aimé et estimé ; mais alors , partout en France, les meneurs voulurent arriver à leur but , et il n'est pas de projet d'émeute , pas de révolution que l'on ne fasse réussir en alarmant le peuple sur les subsistances et en lui désignant ses victimes. Huez fut immolé à l'âge de 65 ans. H était célibataire. L — r — t.

HUFELAND ( Christophe-Guillaume ) , célèbre médecin, naquit le 12 août 1762 à Lengensalze eu Saxe , où son père exerçait l'art de guérir avec distinction. Deux ans après sa naissance , le père fut nommé conseiller aulique et médecin de la princesse Amélie de Saxe-Weimar. La ville de Wcimar était alors la résidence des poètes et des savants les plus renommés. Hufeland y fit ses études classiques et devint très-versé dans les langues grecque et latine. D'après sa propre vocation et pour suivre l'exemple de son père et de son grand-père, il se destina à la profession de médecin. Il se rendit en 1780 à Iéna, afin d'y commencer ses études médicales, et il alla les terminer à Gœtlingue , dont l'université possédait un grand nombre de célèbres professeurs, parmi lesquels on distinguait Wrisberg, llichter, Baldin-

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gen, Blumenbach, Murray, Gmelin. Le jeune disciple suivit arec un zèle ardent les leçons de ces habiles maîtres et s'attira leur amitié. Il étudia avec beaucoup d'attention les écrits des médecins anciens et les systèmes qui ont régné tour à tour en médecine ; il regarda toujours l'histoire de son art comme étant de la plus haute importance pour en diriger et en assurer les progrès , et sur la fin de sa vie il employa toute son influence à faire créer une chaire d'histoire de la médecine dans l'université de Berlin. Ce fut à Gœltingue qu'il reçut le grade de docteur, en 1783, après avoir soutenu une thèse sur l'utilité de l'électricité dans l'asphyxie. De là il se rendit , à peine âgé de vingt et un ans, à Weimar ppur y exercer la médecine et pour remplacer son père , qui était malade et qui perdit peu à peu la vue. Sa clientèle devint bientôt très-nombreuse. Cependant il eut encore le loisir de se livrer à des travaux scientifiques et littéraires, et composa plusieurs écrits qui parurent dans les journaux de cette époque. En 1791 il commença la publication d'un journal intitulé Annales de la médecine et de la chirurgie françaises, qu'il continua pendant plusieurs années. Ces diverses productions établirent la réputation de Uufeland, et en 1793 il obtint une chaire de médecine à l'université d'iéna. Ses leçons cliniques y furent très-suivies. Il ne se distinguait cependant pas, dit le docteur Augustin, l'un de ses biographes, par l'éloquence et l'entraînement de sa diction , mais plutôt par la manière claire, solide, persuasive avec laquelle il enseignait, dans un style pur et correct, des vérités utiles, avec l'éloignement de toute hypothèse. Pendant les premières années de son séjour à léna , Hufeland publia quelques-uns de ses ouvrages les plus importants, qui ont été plusieurs fois réimprimés, entre autres sa Pathugénie et son Traité des scrophules (1793), sa Macrobiotique ou l'Art de prolonger la vie humaine (1796), ouvrage qui a été traduit dans presque toutes les langues de l'Europe. Ce fut aussi pendant qu'il était professeur à léna que Hufeland commença la lutte opiniâtre qu'il a soutenue toute sa vie contre les systèmes exclusifs. Déjà, en effet, la doctrine de Brown, importée en Allemagne, comptait parmi ses partisans de.s médecins très-distingués. L'illustre J.-P. Frank lui-même avait fait de larges concessions au nouveau système , que Hufeland combattit vivement dans plusieurs écrits. Trente ans plus tard, se trouvant à Vienne dans un dîner avec Frank, ce grand médecin avoua qu'il avait un peu partagé l'erreur du mouvement, tandis que Hufeland y était resté toujours inaccessible. En 1795 Hufeland commença la publication de son célèbre Journal de médecine et de chirurgie pratiques, qui se continue encore aujourd'hui. En 1798 la découverte de la vaccine excita au plus haut degré l'attention du monde médical. Hufeland reconnut toute l'importance de celle découverte ; mais il parut craindre qu'elle ne réservât

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de la variole que pendant un certain temps. Des faits assez nombreux nouvellement observés semblent démontrer que son opinion n'était pas sans fondement. En l'année 1800, la mort aya/)t enlevé le docteur Chr.-Golll. Selle , premier médecin du roi de Prusse et médecin de l'hôpital de la Charité de Berlin, Hufeland fut choisi pour le remplacer. Il venait de refuser de se rendre en Russie sur l'invitation de l'empereur. La célébrité que lui avaient procurée ses écrits et la publication de son journal lui valurent cette distinction. 11 fut nommé en même temps conseiller privé du roi, membre de l'Académie des sciences de Berlin et premier médecin de l'hôpital de la Charité. Hufeland resta toujours fidèle au monarque qui l'avait honoré de sa confiance : il l'accompagna à Kœnigsberg, en 1806, qtand le sort des armes le força de quitter sa capitale; et en 1813, quand l'Allemagne entière se ligua contre les Français, il voulut que son fils servit comme volontaire dans les armées prussiennes. Lorsque le danger fut passé il retira son engagement. Au printemps de l'année 1801 , Hufeland commença ses leçons de médecine pratique et ses exercices de clinique à l'hôpital de la Charité de Berlin. Le quatorzième volume de son journal contient une notice étendue sur les maladies qu'il avait traitées cette année, et il continua d'en donner de semblables par la suite. Ses leçons de clinique furent trèssuivies par les élèves; il s'y attacha surtout à combattre les sectateurs de Brown. 11 publia aussi, soit séparément, soit dans son journal, un grand nombre d'opuscules sur la vertu de plusieurs médicaments. En 1810 il fut nommé chevalier de l'Aigle rouge. La même année , le roi de Prusse , dont les Etats avaient été considérablement diminués, voulut fonder à Berlin une université. Hufeland contribua puissamment à cet établissement, où il occupa la chaire de professeur de thérapeutique et de clinique. 11 fonda l'institut polyclinique de Berlin, qui, sous sa direction, fut très-utile pour l'instruction des jeunes médecins et le traitement des malades pauvres. Il publia chaque année le résultat des observations qu'il fit dans cet institut. Le roi de Prusse, désirant aussi établir une nouvelle organisation médicale dans ses Etats, chargea Hufeland d'opérer les réformes nécessaires et le nomma conseiller d'Etat. A peu près à la même époque , on conçut l'idée de former à Berlin une société médico-chirurgicale; Hufeland, toujours disposé à contribuer aux progrès des sciences médicales, en tut le fondateur, et en 1833 le roi, pour honorer son premier médecin, voulut que cette société prit le titre de société hufelandienne. Déjà il avait fait plusieurs voyages en Allemagne, en Italie, en Suisse et sur les bords du Rhin, lorsqu'en 1810 il fut appelé en Hollande pour donner des soins à Louis-Napoléon. Pendant qu'il était dans ce pays, le trône éphémère de ce prince fut brisé par la volonté de l'empereur Napoléon, son frère, et le médecin

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assista à l'abdication de celui auquel il était venu apporter les secours de son art. Ce fut 'aussi durant son séjour en Hollande qu'arriva la mort prématurée de la reine de Prusse Hufeland, qui, dans S3 jeunesse, s'était montré l'adversaire du système de Brown , eut encore, dans sa vieillesse, à combattre deux nouvelles doctrines médicales, celle de Broussais et l'homoeopathie. Il avait jadis défendu les évacuations sanguines contre les sectateurs de Brown , qui voulaient les proscrire. Dans les tomes 58 et 59 ( 1824) de son journal , il s'élève contre l'abus qu'en faisaient les partisans de Broussais, qui les recommandaient dans toutes te maladies. Les progrès de l'homoeopathie Ûxèrent aussi son attention ; et le résumé des opinions qu'il a émises à ce sujet dans plusieurs volumes de son journal est que l'horaœopathie ne peut point avoir la prétention d'être regardée comme une nouvelle doctrine médicale exclusive; que des remèdes homœopathiques peuvent quelquefois être utiles dans certaines maladies, et que l'ancienne médecine connaissait déjà les propriétés homœopathiques de plusieurs médicaments. A cause de ces faibles concessions que fit Hufeland à la nouvelle doctrine , quelques-uns de ses sectateurs ont annoncé en France qu'il était partisan de l'bomœopatbie. Hufeland n'ayant jamais pu voir de sang-froid les souffrances des infortunés, fut vivement ému des malheurs éprouvés par les Grecs dans la lutte inégale qu'ils soutinrent pendant plusieurs années contre les Turcs. 11 se mit à la tête des souscriptions qui furent faites en Prusse en faveur des chrétiens d'Orient, et parvint ainsi à rassembler une somme de cinq cent mille francs. Ce fut encore pour satisfaire ses vues philanthropiques qu'il provoqua en 1829, avec l'approbation du gouvernement prussien , la fondation d'une société qui se procurerait les fonds nécessaires pour venir au secours des médecins qui seraient dans le besoin. Son appel aux hommes bienfaisants eut le succès qu'il désirait : les statuts de cette société, qui porte son nom, parurent en 1851, et son capital s'éleva bientôt à vingt mille écus de Prusse. Plus tard il publia son dernier ouvrage intitulé Manuel de médecine pratique. et il voulut que le produit de cette publication, qui eut un grand succès, fût employé à augmenter les fonds de la société naissante. Les médecins allemands ont l'usage de célébrer la cinquantième année de leur doctoral par une féte qu'ils appellent le jubilé doctoral. Celui de Hufeland ne pouvait manquer île fixer vivement l'attention de l'Allemagne savante. 11 fut célébré le 24 juillet 1855. Ses élèves, disséminés en grand nombre dans diverses parties du monde, firent frapper une médaille en son honneur. Des pièces de vers lui furent adressées de toutes parts ; plusieurs discours ou opuscules furent composés à ce sujet : le roi et sa famille voulurent s'unir à cet élan généreux, et diverses académies et universités d'Allemagne tolenuiserent aussi cette féte. Hufeland passa ce

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jour à la campagne entouré de ses enfants et petits-enfants. H ne jouit pa longtemps de ces témoignages unanimes de l' estime publique. Depuis plusieurs années il avait perdu un œil et il se voyait menacé d'une cécité complète. Diverses infirmités vinrent l'assaillir : il fut forcé de supporter l'opération de la ponction de la vessie, et il mourut le 25 août 1856, âgé de 74 ans. « Hufe- « land, dit un de ses biographes (M. de Stourdza}, « était un homme d'une haute taille ; il marchait « lentement, se tenait droit, la UU haute; son « premier abord avait quelque chose de grave et « de roide; mais à peine avait il proféré quelques « paroles qu'on se sentait rassuré et séduit. Le « son de sa voix était doux et agréable : il s'énon- ■ çail avec grâce et son éloculion allemande « n'avait rien de ces intonations gutturales qui « blessent si souvent l'oreille de l'étranger. Son « œil bleu exprimait une pieuse mélancolie, tan-

• dis que son sourire était affectueux et bienveil-

• Iant. » Hufeland, élevé par son père dans de grands sentiments de religion, montra toute sa vie beaucoup de piété. Mais ce n'était point une piété qui aime l'ostentation et qui s'allie avec le faste et l'orgueil ; elle était simple , douce , tolérante, charitable et vraiment chrétienne : l'anecdote suivante le prouvera d'une manière suffisante. Le roi de Prusse, voulant récompenser les services decelui qui avait été pendant longtemps son médecin, lui offrit des lettres de noblesse pour lui et ses descendants. Hufeland les refusa, et les motifs de son refus sont trop dignes de remarque pour n'être pas rapportés. « Exempt de toute morgue plé- « béienne, écrivit- il au roi, comme de toute ambi- « lion nobiliaire, je désire rester ce que je suis « d'après ma conviction religieuse. Je respecte les « institutions de ma patrie et de mon siècle, mais je « les subordonne pour moi et les miens aux vérités « immuables du christianisme; or, il me semble « qu'il serait dangereux pour mes descendants de

- sucer avec le lait des préjugés qui nourriraient « en eux l'orgueil et leur feraient croire que leur <■ naissance les place au-dessus de leurs sem- « blables. Au surplus, comme chrétien, j'abhorre « et je réprouve de toute mon âme l'usage du

- duel , je le crois incompatible avec la foi « évangélique. Je ne saurais donc , sans bles- « ser ma conscience , accepter pour mes en- ■ fants et petits-enfants un honneur qui les « forcerait peut-être un jour de blesser lespré- « ceples de la charité chrétienne. « Hufeland montra les mêmes sentiments religieux dans son testament et dans les derniers avis qu'il donna a ses enfants. Nous n'entrerons pas dans des détails a ce sujet. On peut les lire dans un opuscule publié en français à Berlin , intitulé Hufeland. esquisse de sa vie et de sa mort chrétienne, par A. de Stourdza (1). Il faut le dire sans affectation

II) On trouve une »n»ly»e de cet opu^-nte dan» la Rmt g*rm«»i?.r, mU 1S37.

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et pour rendre un juste tribut à sa mémoire, Hufeland s'est illustré dans l'art qu'il a exercé avec tant de succès. Il était devenu le Nestor des médecins allemands. Son enseignement a produit beaucoup de praticiens distingués. Sa parole puissante a édifié une multitude d'établissements, tous consacrés au soulagement de ses semblables; son existence tout entière n'a été que sacrifices et dévouements; son âme était noble et compatissante ; les principes erronés des novateurs n'ont jamais pu faire dévier sa haute inlellige nce. De son esprit vaste et profond jaillissaient des maximes , des sentences que l'on eût dit échappées au génie d'IIippocrate , et qui longtemps encore guideront les jeunes médecins dans le dédale de la pratique. Enfin son regard d'aigle allait fouiller jusque dans les derniers replis de l'organisme, pour y découvrir la nature et l'essence de la maladie qu'il était appelé à connaître et à guérir. Il a laissé de nombreux écrits sur la science de la médecine. Plusieurs ont paru dans son journal et ont ensuite été publiés séparément. Nous regrettons de ne pouvoir citer que ceux qui sont connus en France et dont la plupart ont été traduits dans notre langue. 1" Remarques sur la variole naturelle et inoculée qui a été observée à Weimar en 1788, avec un supplément sur les maladies des enfants et leur traitement (allcm.), Leipsick, 1789, in-8°. Cet ouvrage a eu trois éditions; la dernière a paru en 1798. On en trouve un extrait étendu dans le tome Irr de la Bibliothèque germanique de Brewer. L'auteur y a ajouté en 1792 un appendice sur les avantages de l'inoculation. 2° Nouvelles annales de la médecine française (allem.), iMd., 1791-1800, 3 vol. in-8°;3» De l'incertitude de la mort, du seul moyen de s'assurer si elle est réelle, et d'éviter d'enterrer les hommes vivants, avec un rapport sur l'établissement d'une maison de dépôt pour les morts à Weimar (allem.), Weimar, 1791. Cet ouvrage fit beaucoup d'impression dans le temps et provoqua en Allemagne l'établissement de plusieurs lieux de dépôt, dans lesquels restent les corps jusqu'à ce qu'il se manifeste un commencement de putréfaction. Sur la fin de sa vie, Hufeland contribua puissamment à faire établir de semblables dépôts à Berlin et dans d'autres villes. 4° Expérience sur les effets et l'emploi du muriate de baryte dans diverses maladies (allem.), Erfurt, 1791, in-8°. Hufeland publia encore, en 1791, un autre ouvrage sur les vertus du même remède. 5° Idée sur la pathogénie ou Considérations sur f influence de la force vitale sur l'origine et la J orme des maladies (allem.), léna, 1795, in-8°. On en trouve des extraits considérables dans la bibliothèque médico-chirurgicale de Brewer et de la Boche , t. 3. 6° Des causes, des symptômes et du traitement de la maladie scrophuleuse. Berlin, 1795, in-8° ; 3» édition , ibid.,1819, in-8°. Cet ouvrage fut couronné par l'Académie impériale des Curieux de la nature. Il a été traduit en français par Bousquet, Paris, 1821 , in-8°.

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7° Journal de médecine et de chirurgie pratiques. Ce journal , dont le premier volume parut à léna en 1795, s'imprime à Berlin depuis 1799. Il était parvenu à son quatre-vingt-cinquième volume en 1837. Hufeland a eu pour collaborateurs dans sa rédaction le docteur Hyenly, depuis 1809-1814; depuis 1813 le docteur Harlès, et depuis 1820 le docteur Osann, son gendre, qui le continua. Ce journal, un des plus estimés de l'Europe, a beaucoup contribué à la gloire de son auteur. On y trouve des articles rédigés par les plus célèbres médecins de l'Allemagne. 11 en paraît deux volumes par an. 8° Bibliothèque de médecine pratique (allem.), Berlin, 1799. Ce recueil périodique, destiné à faire suite au Journal de médecine et de chirurgie pratiques, contient des analyses critiques des ouvrages de médecine les plus estimés imprimés en Allemagne et dans les autres pays. 11 comptait déjà soixante-seize volumes en 1830. Deux volumes paraissent tous les ans. Hufeland y a eu pour collaborateurs, comme dans son journal, les docteurs Hyenly, Harlès et Osann. 9° Macrobiotiq ue ou l Art de prolonger la vie humaine (allem.), Berlin, 1790, in-8"; 5e édit., ibid.,1823; traduit en anglais, Londres, 17<»7, in-8°; en danois, Copeuhague, 1797, in-8°; en suédois, Stockholm, 1797, 1798, in-4°; en hollandais, Amsterdam, 1799, in-8°; en hongrois, Pest, 1798 , 2 vol. in-8°; en langue slavone, Waitzen, 1800, in-8°; en français, léna, 1799, in-8°; traduction plusieurs fois réimprimée. Il en a paru une nouvelle traduction française faite sur les dernières éditions , par M. Jourdan, Paris, 1824, in-8"; ibid., 1837, in-8". Peu d'ouvrages ont eu autant de succès que la Macrobiotique, et cela n'est pas étonnant, vu le haut degré d'intérêt que présente le sujet. C'est de tous les écrits d'Ilufeland celui qui a le plus contribué à rendre son nom célèbre. 10° Remarques sur la fièvre nerveuse et ses complications pendant les années 1790, 1797,1798, léna , 1799, in-8° (allem.); 11° Traité de pathologie pour les leçons académiques , ibid., 1798, in-8°; 12° Remarques sur la pratique brownienne (allem.), Tubingue, 1793, in-8° ; 13° Système de médecine pratique, léna et Leipsick, 1800-1803, in-8°; 2« édit., léna, 1818 et 1828, 2 vol. in-8». On trouve des extraits étendus de la première partie de cet ouvrage, contenant la thérapeutique générale, dans la bibliothèque germanique médico-chirurgicale de Brewer et de la Boche, t. 0. 14° Rapport sur l'état de l'hospice de ta Charité de Berlin, Berlin, 1801-1809, in-8° (allem.) ; 13» Sur rempoisonnement par l'eau-de-vie, ibid., 1802, in-8° (allem.). Cet opuscule avait déjà paru dans un journal imprimé à Berlin. L'auteur s'y élève avec force contre les suites funestes qu'entraîne l'abus des liqueurs alcooliques. 10° Sur les bains tièdes (allem.), Francfort, 1802, in-12; traduit en français par Wichelhausen, Manheim, 1803, in-8°; 17° Des relations des médecins (allem.), Berlin, 1800; ibid., 1808, in-8°. L'auteur traite dans cet opuscule, qui a aussi paru dans son journal, des

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devoirs et des qualités d'un bon médecin, 1 8° Observations sur la fièvre nerveuse quia régné en Prusse en 1806 et 1807 (aliéna.), ibid., 1807,%in-8», traduit en français par Vaidy, Berlin, 1808, in-8°; en hollandais par Franz van der Breggen , Amsterdam, 1809, in-8°; 19° Pharmacopée des pauvres, avec un appendice sur les établissements qui existent en faveur des pauvres malades à Berlin, ibid., 1810, în-8»; ibid., 1829, G* édit.; 20° Notice sur l'institut polyclinique de Berlin, avec ses règlements (allem.), ibid., 1811, în-8°; 21° Rapport sur les maladies observées dans l'institut polyclinique de Berlin en 1810 (allem.); ibid., 1811 , in-8». Hufeland continua tous les ans ces rapports dans son journal jusqu'en 1835. 22° Histoire de la santé du genre humain, avec les caractères physiques spécifiques de l'époque actuelle comparée acec les époques anciennes (allem.), Berlin, 1802, in-8°. Ce mémoire fut lu à l'Académie des sciences de Berlin le 3 août 1810. 23° Sur le typhus des armées dans les temps anciens et modernes (allem.), Berlin, 1814, in-8° ; 24° Aperçu pratique des principales sources minèraUsde l'Allemagne (allem.), ibid., 1815, in-8°; 5« édit., Berlin, 1831, in-8». Hufeland regardait cet ouvrage comme un des plus utiles de ceux qu'il avait publiés. 25° Adresse à tous les médecins allemands sur la nécessité de conserver les anciens noms officinaux des médicaments (allem.), ibid., 1815, in-8°. Cet ouvrage a été traduit en français, ibid., 1821 , in-8°. 2C° Conspectus materiat medica secundum ordines naturales , in usum auditorum, ibid., 1816, in-8»; ibid., 1820; ibid., 1828, 3«édit. Cet opuscule ne contient qu'une nomenclature et une classification des médicaments. 27° Cotupectus morborum secundum ordines naturales, adjunctis caracteribus specificis diagnosticis seu pathognomonicis. ibid., 1817 ; ibid., 1831 , in-8»; 28» Extrait et notice de l'ouvrage de Slieglils sur le magnétisme animal (allem.), ibid., 1816, in-8°. Hufeland re- ' connaît l'influence dite magnétique d'un individu vivant sur un autre , par laquelle sont effectués des phénomènes singuliers dans le système nerveux, tels que le somnambulisme et la catalepsie. II pense que cet état magnétique peut être salutaire ou nuisible dans les maladies nerveuses. 29° Sur le nombre égal des deux sexes (allem.), Berlin, 1821 , in-8°. Dans ce mémoire, lu à l'Académie des sciences de Berlin, Hufeland prouve que, chez les animaux en général, les femelles sont plus nombreuses que les mâles; que, dans l'espèce humaine, les naissances des garçons sont à celles des filles comme vingt et un est à vingt ; mais qu'avant l'âge de quatorze ans l'égalité numérique des deux sexes se rétablit. 30° Petits écrits médicaux (allem.), ibid., 1822-1828 , 4 vol. in-8». Hufeland a réuni dans ce recueil plusieurs petits mémoires qu'il avait publiés soit dans son journal , soit séparément. 31" Des maladies atmosphériques et de l'infection (allem.), ibid., 1823, in-8° ; 32» De l épidémie de variole des années 1823 et 1824, et de ses résultats par rapport à la variole

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modifiée (allem.), ibid., 1824, in-8»; 33» De la vertu préservative de la belladone contre la scarlatine, ibid., 1828, in-8» ; 34° Des maladies du fmtus dans le sein de sa mère (allem.), ibid. , 1827, in-8" ; 35" Doctrines des indications fondamentales dans l'art de guérir, ou iatrognomonique (allem.), ibid., 1829, in-8u; 36° Conseils aux mères sur [éducation de leurs enfants, ibid. , 1830 ; c'est la troisième édition d'un ouvrage qui avait paru en 1799; 37° Sur Chomœopalhie (allem.), ibid., 1831, in-8° ; 38° Enchiridion medicum, ou Manuel de médecine pratique, fruit d'une expérience de cinquante ans (allem.), ibid., 1836, in-8°. Cet ouvrage a déjà eu plusieurs éditions ; il en a paru deux traductions françaises : l'une par M. Ernest Didier, Paris, 1838, 2 vol. in-8» ; l'autre par M. Jourdan , Paris , 1838,in-8°,l vol. Il existe plusieurs notices biographiques étendues sur ce médecin, une par le docteur Augustin, qui a paru dans la Gazette médicale de Berlin ; une autre par M. de Stourdza, écrite en français, que nous avons citée plus haut; enfin on en trouve encore une dans VAtmanack médical de Berlin pour 1837. G — t— ».

HUFELAND (Théophile), jurisconsulte allemand, frère du précédent , naquit à Dantzig le 16 octobre 1760. Il était conseiller de justice du duc de Saxe- Weiniar et occupait une chaire à l'université d'iéna, lorsque Napoléon , après la conquête de Dantzig, l'appela dans cette ville, l'en nomma bourgmestre et le chargea d'y introduire la législation française. Plus tard Hufeland devint conseiller aulique et membre du tribunal de Landshut, puis professeur de droit , d'abord à l'université de Landshut (1813), ensuite à celle de Halle. H mourut le ,18 février 1817. Outre des articles insérés dans la Gazette littéraire d'iéna. dont il était, ainsi que son frère, un des collaborateurs, on lui doit plusieurs ouvrages utiles et même remarquables par tdes résultats neufs ou féconds. Tels sont : 1» Eléments du droit civil en usage dans les pays allemands (Lerhbuch der in den deutschen...), 2 vol. ; 2» De l'esprit spécial du droit romain en général et en particulier avec comparaison aux législations modernes (achevé en 1817); 3° Recueil de traités pouvant servir de manuel pour l'éclaircissement des passages des éléments du droit civil qui semblent étranges., Gicsen, 1815 et 1816, 2 vol. in-8» (le second a aussi été publié sous le titre particulier de Nouvelle exposition de la doctrine juridique de la propriété) ; 4° Opinion d'un juriste sur les nouvelles affaires juridiques auxquelles donne lieu la création des billets de la banque du Tyrol. Cet ouvrage ne fut pas mis dans le commerce. P — OT.

HlîFNAGEL ( Guillaume-Frédéric ) , théologien protestant, naquit le 15 juin 1754 à Halle, en Souafee, où son père était directeur du consistoire. 11 se prépara à la carrière théologique dans les universités d'Altorf et d'Erlang , et dans la dernière il fut promu au rang de professeur extraordinaire de philosophie en 1779 ; puis, trois ans

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