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ration sur la nature, la qualité et Us différence:
des charbons (coal et culm). Il prouve que le dernier (qui est une espèce de charbon de terre) est le rebut de ta partie non fusible du charbon de pierre, mais très -différent dans ses propriétés du rebut de la partie fusible du charbon ordinaire. Il communiqua ensuite à la société royale d'Edimbourg, formée depuis peu, un essai de son grand ouvrage tur la Théorie de la terre, fruit de plusieurs années de travail; il inséra aussi dans les Mémoires de la même société sa Théorie de la pluie. Cette théorie éproava une opposition vigoureuse de la part de M. de Luc, et produisit des controverses soutenues de part et d'autre avec trop de chaleur. Après ces deux ouvrages, le docteur Hutton fit plusieurs excursions dans différentes parties de l'Ecosse, pour comparer certains résultats de sa théorie avec les observations nouvelles. En 1792, il publia des Dissertations tur différente tujett de philotophie naturelle, dans lesquelles sa théorie, pour expliquer les phénomènes du monde matériel, parait avoir assez d'analogie avec celle du P. Boscowich. Le docteur Hutton ne se borna pas aux spéculations physiques : il dirigea aussi son attention vers l'étude de la métaphysique , et publia son ouvrage sur les Recherchée de* principes de la connaissance et des progrès de la raison, 1794, 3 vol in-4°. Les opinions métaphysiques avancées dans cet ouvrage se rapportent beaucoup à celles du docteur Berkeley, et sont empreintes d'un audacieux scepticisme, et même d'un peu de mauvaise foi. Dans le courant de la même année parut, en un volume in-8°, sa Dissertation sur la philosophie de la lumière, de la chaleur et du feu, qui peut être considérée comme une espèce de supplément aux deux ouvrages précédents. Il lit réimprimer séparément , en 1790, sa Théorie de la terre en 2 volumes in-8», avec beaucoup d'additions et un nouveau système minéralogique. Sentant toute la difficulté que présente l'hypothèse de la dissolution aqueuse de toutes les substances qui forment le globe, Hutton a cru devoir faire intervenir l'action du feu dans ces grandes opérations : il suppose que, par une cause qu'il n'assigne pas, le globe a éprouvé un degré de chaleur suffisant pour le réduire à une liquéfaction ignée, à la suite de laquelle chaque substance minérale, suivant la loi des affinités, a cristallisé, soit régulièrement, soit confusément, en se refroidissant. Plusieurs de ses opinions ont été combattues par le docteur Kirwan et autres. La santé du docteur Hutton commença à décliner en 1792. Dans l'été de 1793, il fut attaque d'une violente maladie qui, après quelques intervalles de convalescence, termina enfin sa carrière le 26 mars 1797. Le professeur Playfair, mort en 4797, a donné de grands détails sur James Hutton et sur son système daus son ouvrage intitulé the Huttonian Geoiogu. Ce livre a été traduit "en français. (Vo*. les Transactions philosophiques d'Ér dimbourg, t. 5). D — z — s.
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HUTTON (Charles), mathématicien anglais, naquit le 14 août 1737, à Newcastle-sur-Tyne. Sa famille était alliée à celle de Newton ; et son père, qui joignait aux fonctions d'administrateur des propriétés rurales de lord Ravcnsworth l'emploi d'inspecteur aux mines, savait juste assez de mathématiques pour sentir qu'il en savait peu. Destinant son fils à la même carrière, il voulut qu'à l'étude de l'anglais et du latin Charles joignit celle des sciences exactes. Cette éducation se fit au village et sous ses yeux : elle eut tout le succès qu'il souhaitait; le zèle et l'aptitude du jeune homme suppléèrent à l'imperfection du maître auquel il devait les premiers éléments et auquel il succéda n'ayant que dix-huit ans. Il venait alors de perdre son père. Bientôt son école de mathématiques au village de Jesmond obtint quelque renom. Parmi ses disciples il compta le futur chancelier Eldon. Loin de se circonscrire aux matières bornées de l'enseignement, il parcourut le cercle entier des hautes mathématiques telles qu'elles existaient à cette époque, et lut toutes les productions remarquables que la science devait aux Grecs, aux Romains, aux Français, aux Allemands, se faisant ainsi un cours d'histoire des mathématiques, tout en se familiarisant avec les principes et les formes, ce qui ne l'empêcha pas d'écrire sur cette matière. Dès 1700, on lisait de lui dans h Journal des dames (Ladies's diary), et dans le Journal de l'homme du monde (Gentleman's diary), ainsi que dans le Magasine de Martin , plusieurs articles sur des problèmes remarquables, les uns par la difficulté, les autres par des applications utiles; car l'utile, tel fut toujours le caractère du génie de Hutton. En 1704, il donna aux écoles un Traité d'arithmétique et de tenue des livres, modeste début où l'on pouvait déjà reconnaître une main de maître, et où la clarté de l'exposition laissait bien loin tout ce qui s'était publié en ce genre. Ensuite vint son Traité théorique et pratique de t arpentage, qui fut suivi de beaucoup d'autres plus élevés, les uns relatifs aux mathématiques pures, les autres ayant trait à des applications de la science. Pendant ce temps, les magistrats de Newcastle avaient jeté les yeux sur lui pour le levé du plan «le la ville et du comté ; et il s'était tiré à merveille de cette opération géodésique très-difficile (1771 et 72). La destruction du pont de Newcastle et de quelques autres ponts sur la Tyne par suite d'une crue extraordinaire, en 1771, lui fit écrire son Traité de la construction des ponts. A peine le livre sortait de la presse, qu'il réimprimait avec de nombreuses additions les Ladies's diary depuis les premiers numéros. L'année suivante, après un concours où il ne comptait pas moins de neuf compétiteurs, il fut nommé professeur de mathématiques à l'académie militaire de Woolwich. Devenu membre de la société royale de Londres quelque temps après (1770), il y remplit, de 1779 à 1785, les fonctions de secrétaire, jusqu'à ce que I
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l'espèce de ligue formée contre les mathématiciens déterminât les Maskelync, les Horsley et leurs amis à quitter l'association. Pendant ce court espace de temps, il avait lu dans les séances publiques de la société plusieurs mémoires importants dont nous indiquerons plus bas le sujet. Les années suivantes le virent, déployant la même activité, tantôt reculer par des recherches neuves les limites de la science, tantôt par des ouvrages méthodiques, par des répertoires commodes, par des éditions ou réimpressions d'auteurs anciens, aplanir les difficultés aux élèves. Celle de ces compilations qui l'occupa le plus longtemps fut Y Abrégé des transactions philosophiques de la société royale de Londres, énorme ouvrage dans lequel il eut les docteurs Pearson et Shaw pour collaborateurs et qui ne valut pas moins de cent cinquante mille francs aux auteurs. Il était septuagénaire lorsque, après six ans de travail, il y mit la dernière main en 1809, et il venait de résigner sa chaire à Woolwich (1807), au bout «le trentequatre ans d'exercice. Ses économies, les fortes sommes qu'il avait tirées de ses ouvrages, la retraite de douze mille cinq cents francs que lui servait le gouvernement le mettaient à l'aise. Quelque temps encore il fut au nombre des examinateurs, soit à l'académie militaire, soit pour les réceptions dans les corps de l'artillerie et du génie ou au collège des Indes orientales à Addiscombie. Il cessa totalement d'y prendre part en 1817. Mais son activité d'esprit était encore loin d'être éteinte. En 1819 et 1820, il entra en correspondance avec le célèbre Laplace, pour réclamer contre l'omission de son nom sur la liste des mathématiciens qui avaient tenté d'apprécier la densité de la terre; et il eut le plaisir de voir Laplace, «jans la Connaissance des temps pour 1823, rendre amplement justice au savoir et an talent qu'il avait déployés dans ce problème difficile. En 1821, il entreprit de revoir les calculs de la moyenne densité de la terre par Cavcndish; et dans une note envoyée à la société royale de Londres, et imprimée dans les Transactions philosophiques de 1821, il signale quelques inexactitudes du savant physicien et les corrige. Uuttoa avait alors quatre-vingt-quatre ans. Il mourut dix-sept mois après, le 27 janvier 1823. Voici la liste «les ouvrages qu'on lui doit : 1° Traites de mathématiques et de physique, 1780, in-4°. L« morceaux les plus remarquables «le ce volume sont une dissertation sur la nature et la valeur des séries infinies; une nouvelle méthode pour l'évaluation des séries numériques infinies, dont les termes sont alternativement positifs et négatifs; une autre méthode pour sommer les séries qui convergent très-lentement; des recherches pour une règle générale d'extraction des racines; de nouvelles méthodes pour trouver les racines des équations; une démonstration de la. vérité du théorème du binôme dans le cas des exposants fractionnaires; un expose5 de quelques curieuse*
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propriétés que possède la section commune du cdne et de la sphère ; la division géométrique du cercle et de l'ellipse en un nombre de parties égales, tant en superficie qu'en périmètre; enfin un ample traité des expériences à faire et des conclusions à obtenir au moyen du pendule à balle. 2° Traités sur des sujets de mathématiques et de physique, Londres, 4842, 3 toi. in-8°. Ces trois volumes contiennent avec plusieurs morceaux dVjà publiés, soit dans le recueil précédent, soit dans d'autres ouvrages, d'importantes recherches sur la force de la poudre à canon et sur les applications qu'on peut en faire dans l'artillerie. On y trouve de plus un eiposé historique des Découvertes faites en algèbre, exposé qu'il reproduisit bientôt après à l'article Algèbre dans son Dictionnaire des sciences mathématiques; 3° Divers Mémoires (Lins les Transactions philosophiques de la société royale de Londres, savoir : 4. (En 4776), Nouvelle méthode générale pour trouver des séries convergentes simples et qui convergent rapidement. La méthode de Hutton l'emporte sur celles de Maclaurin, d'Euler, de Simson, en ce qu'elle est plus uuiverselle, qu'elle contient leurs séries et qu'elle fournit en sus un grand nombre de séries à rapide convergence. 8. (En 4778), De la force de la poudre à canon au moment de l explosion, et de la vitesse des balles que projette l'artillerie. Ce travail, pour lequel il avait suivi cinq ans des expériences, valut à l'auteur une médaille d'or de la part de la société et reçut autant d'éloges à l'étranger qu'en Angleterre. La première partie a été traduite en français par Villantroys, Paris, 1802, in~4°; la seconde par M. Terquem, ibid., 1826. 3. (En 4778), Calculs tirés des observations faites et mesures prises sur le mont Shichallin au comté de Perth pour obtenir la moyenne densité de la terre. Les observations astronomiques et autres avaient été faites sous la direction ou l'inspection de Maskelyne : seul, Hutton les couronna par les laborieux calculs devant lesquels reculait ce dernier : il obtint pour résultat le chiffre beaucoup trop faible de 4 4,2, l'eau étant 4 ; mais plus tard, reconnaissant son erreur, il sollicita de Playfair des données géologiques plus exactes, et cette fois il approcha davantage du chiffre vrai en trouvant pour l'inconnue cherchée 4,95, conclusion qu'il inséra dans son Abrégé des transact. phil. 4. (En 4779), Calculs pour déterminer le point du côté d'une colline où f attraction opère avec le plus de force; 5. (en 4780), Sur les équations cubiques et tes séries infinies (morceau rempli de vues nouvelles essentielles ) ; 4° Dictionnaire des sciences mathématiques et physiques, Londres, 2 gros vol. in-4» (4796). Cette compilation non-seulement était au pair de la science, mais encore elle contenait beaucoup de recherches, de solutions, de méthodes vraiment nouvelles; elle se recommande par la clarté, la multiplicité des détails, et la proportion des diverses parties. On y rencontre avec plaisir des articles historiques et btographi-
ques que pourtant un goût plus sévère aurait exclus, pour n'admettre que des articles de choix et d'exposition. Ce dictionnaire a eu les honneurs d'une deuxième édition (très-augmentée et largement retouchée), en 4843. 5» Nouveau cours de mathématiques à t usage des cadets de l 'académie royale militaire de Woolwiek, Londres, 4798, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage, classique en Angleterre , a eu beaucoup d'éditions : en 4844 , Hutton y ajouta un troisième volume pour lequel il s'aida de la collaboration de Gregory. 6° Eléments d'arithmétique et de tenue des livres, Newcastle, 4764; 43* édit., 4820. Ce fut le premier ouvrage auquel Hutton mit son nom. Bien loin alors de l'heureuse position à laquelle il parvint depuis, il fut obligé, pour que ce travail élémentaire pût être imprimé, de graver de sa main sur l'envers de vieux caractères au rebut les quatre ou cinq signes algébriques inévitables dans un livre de cette nature. 7° Traité théorique et pratique de t arpentage, Newcastle, 4770, in-4° (publié d'abord par articles séparés dans les numéros du Journal de l'homme du monde). Ce manuel indispensable du géomètre se substitua rapidement dans toutes les maisons d'éducation à ceux de Hawney et de Robertson, auparavant en usage. L'inélégance, l'obscurité du premier, l'absence de démonstrations , de vues théoriques chez le second, laissaient immensément à désirer, et l'apparition du travail de Hutton, en satisfaisant aux plus sévères exigences, causa une révolution. Cest sans contredit un des plus élégants traités qu'on ait jamais écrits sur une branche quelconque des mathématiques, du moins en Angleterre; et les auteurs qui sont venus ensuite n'ont eu que la peine de l'abréger. Réunissant avec un art et un ordre parfaits toutes les recherches et découvertes faites depuis Wallis et Huyghens, et notamment depuis l'invention des calculs différentiel et intégral sur les rectifications de courbes, sur les cùbatures, quadratures, etc., et éparses çà et là dans des recueils; joignant toujours la discussion aux énoncés pratiques et les exemples aux énoncés; élaguant les détails inutiles, éclaircissant ce qui pouvait sembler obscur dans les primitives démonstrations, et faisant disparaître les erreurs, Hutton y expose les principes de la trigonométrie plane, les méthodes pour déterminer les hauteurs et les distances, donne les surfaces des figures reeti lignes et circulaires, les mesures des prismes, des pyramides de la sphère, des pyramides, des sections coniques, leur rectification, leur quadrature, leur cubature, etc., etc. A la fin du livre se trouvent des traités spéciaux d'arpentage, de jaugeage, de toisé, de mesurage des bois. Enfin l'ouvrage est enrichi d'une table détaillée des aires des segments circulaires. 8° Abrégé du manuel de l'arpenteur, Londres, 4784, in-8»; 9» édit., 1820. C'est le précédent ouvrage, moins les discussions et les démonstrations, réduit aux règles, aux exemples et aux tables. 9- Eléments des sec-
lions coniques, suivis d'un Choix d'exercices mathématiques et physiques, MA., 1787, in-8°. Ces exercices consistent surtout en problèmes qui roulent les uns sur la dynamique, l'hydrodynamique, etc., les autres sur les fossés des fortifications. 10° Table des produits et des puissances des nombres, Londres, 1781, in-fol. (lu d'abord à la société' royale, puis publié aux frais du bureau des longitudes); 11° Tables mathématiques contenant Us logarithmes communs, hyperboliques, etc. , Londres, 1785, in-8°; 5« édit., 1811; 6«, 1820. Les fautes dont fourmillent les tables des logarithmes de Sherwin et Gardiner nécessitaient la publication d'un ouvrage de même nature et plus parfait. Celui de Hutlon n'a pas encore été dépassé : l'arrangement en est commode, quelques-unes des tables sont entièrement neuves : l'avis aux calculateurs (et l'on sait qu'en Angleterre les teneurs de livres mêmes et les commis se servent souvent des logarithmes) contient d'utiles indications sur la manière de calculer par logarithmes et aussi sur la résolution des triangles tant planes que sphériques; enfin en tête du volume on lit une excellente Histoire des travaux relatifs aux logarithmes. 12° Tables de t intérêt de \ Un. sterl. à 500,000,000 livres sterling pour un jour, 1786, in-8° ; 15° Principes de la construction des ponts, Newcaslle, 1772, in-8«. Ce traité, où jeune encore Kutton établissait mathématiquement les propriétés des arcs , l'épaisseur à donner aux pierres , la force avec laquelle la pression de l'eau agit sur elles, fut réimprime en 1801, à l'occasion du projet conçu parTelford et Douglas d'élever un pont de fer sur la Tamise à Londres. Hutton avait recueilli de nombreux matériaux pour une édition ultérieure de cet ouvrage; et, indépendamment des nouvelles idées théoriques et pratiques, il avait à sa disposition des documents sur les ponts les plus célèbres de l'Europe, et notamment de l'Italie. Malheureusement ces éléments d'un grand ouvrage sont perdus, et il n'en a mis que quelques-uns à profit pour la réimpression faite de ses Principes de la construction des ponts dans les Traités de 1812. 14° Mélanges tirés du Ladies's diary ( the mathematical misccllany ) , contenant divers articles de mathématiques soit de lui , soit des Emerson , Simson , Dunthorne et autres savants; 15° Abrégé des Transactions philosophiques (avec l'earson et Shaw), 1803-09, 6 vol. in-4°. Ce recueil est d'une haute valeur pour tous ceux qui se livrent à l'étude des sciences. Le plan seul de l'entreprise était une idée heureuse ; l'exécution n'en est pas mauvaise, quoique quelquefois peut-être on y sente un peu la main d'un vieillard. Toute la partie précisément scientifique est de Hutton : les articles historiques et littéraires sont dus à ses deux collaborateurs. 16°: 1. Une édition des Principes d'artillerie de Robin, avec les corrections nécessitées par l'état de la science, Londres, 1803, in-8° ; 2. une traduction des Récréations mathématiques, etc., d'Ozanam, conti-
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nuées par Montucla, 1803, 4 vol. in-8°; 2* édit., 1814; 3. une traduction du Choix d'amusements en mathématiques et philosophie naturelle de l)espiau, in-12. Nous avons signalé plus haut la Carte topographique de la ville et du comté de \eweastle. P— ot.
11UVÉ (Jean-Jacques-Marie) - architecte , membre de l'Institut de France , naquit à Versailles, le 28 avril 1783; son père, architecte de la famille royale et inspecteur général des bâtiments du roi, habitait un des pavillons qui précèdent le palais de Versailles. L'éducation du jeune Huvé se forma au contact de ce que la France possédait en hommes les plus distingués dans les arts et la littérature, et ce contact refléta sur sa vie cette teinte de douce et spirituelle aménité qui formait le trait distinctif de son caractère. Ce fut sous d'aussi heureux auspices que s'écoula son enfance , mais ce bonheur devait bientôt s'évanouir. M. Huvé père, homme de cœur et d'une rude énergie, s'était associé aux véritables amis du pays pour faire triompher les principes modére's de cette réforme sociale qui prit date en 1789. Le choix de ses concitoyens l'appela, en 1791, au poste honorable de maire de Versailles. Le désir, l'espérance de rendre quelques services lui firent accepter cette mission. II fut utile en effet; mais son dévouement fit peser sur lui de fatales conséquences; il fut arraché aux siens et enfermé au Temple avec sa royale clientèle. Cette incarcération fit succéder au bien-être dont jouissait cette famille un état de gêne dont il était difficile d§ prévoir l'issue. Quatre enfants étaient dans le besoin; ils avaient heureusement pour mère une femme aussi remarquable par les qualités du cœur que par la distinction de ; l'esprit. Retirée dans un modeste appartement, assistée d'une pauvre servante qui ne voulut jamais l'abandonner, elle se consacra avec tout le dévouement d'une mère à l'éducation de ses enfants. Entré au mois de messidor an 4 à l'école centrale de Versantes , les succès du jeune Huvé furent tels que les premiers prix de ses classes lui étaient constamment décernés. Aucune connaissance ne lui était étrangère: langues anciennes et modernes, histoire natureUe , musique, astronomie, physique, sciences mathématiques, il étudiait tout avec un véritable acharnement. Cet amour du travail porta des fruits bien hâtifs, car à quatorze ans il donnait des leçons particulières de mathématiques et subvenait ainsi à ses besoins. Lorsque les temps furent devenus plus calmes, son père , qui, grâce au 9 thermidor, avait pu échapper au sort qui le menaçait, revint à Versailles. Il initia tout naturellement son fils aux éléments d'un art qu'il avait pratiqué avec tant de distinction. 11 comprit toutefois que l'avenir du jeune homme serait compromis s'il restait au foyer paternel. Il l'envoya donc à Paris, habiter la mansarde d'une pauvre maison, rue St-Jacques; et Percier, qui tenait en grande estime le talent et le caractère de M. lluve*
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père , admit son fils dans son atelier. Cet atelier était, comme on le sait, la pépinière où s'élevèrent la plupart des architectes les plus éminents de notre époque. Entré à l'école des beaux-arts, il se fit bientôt remarquer par des succès nombreux; il remporta cinq médailles, et fut admis deux fois à concourir au grand prix de Rome. Nul doute qu'il ne l'eût obtenu , s'il eût pu , comme un grand nombre de ses camarades, se livrer exclusivement à l'étude de la théorie: mais il lui fallait gagner le pain de chaque jour. Touché d'une conduite si digne et si rare pour un jeune homme de vingt-trois ans, un ami de son père, M. Guillié, le recueillit dans sa demeure, le traita comme son enfant, et le recommanda à M. Vignon, qui, par un décret daté du camp impérial de Posen , venait d'être chargé par l'empereur de convertir l'église de la Madeleine en temple de la Gloire, dédié à la grande armée. Cet architecte obtint du ministre la nomination du jeune Huvé avec le titre de conducteur des travaux , et l'année suivante Huvé fut nommé sous-inspecteur. Il fut alors chargé de faire un relevé exact et une estimation des propriétés qu'on devait acquérir pour la création du boulevard conduisant de la Madeleine à la barrière de Monceaux. Ce projet, abandonné à plusieurs reprises, est sur le point de recevoir son exécution, sous le nom de boulevard de UaUskerbet. Jusqu'ici la position d'Huvé était restée fort modeste, mais bientôt le présent et l'avenir se présentèrent sous un aspect plus favorable. Le duc de Doudeauville, un de ces hommes que leur amour ardent pour le pays et leur inépuisable bienfaisance font aimer et respecter de tous les partis, était alors un des administrateurs généraux des hospices. Il proposa à Huvé de remplir momentanément et à titre gratuit la place du titulaire; et lorsque M. Viel mourut, Huvé fut un des quatre architectes choisis pour le remplacer. Il fit en cette qualité de nombreuses constructions et des projeta plus nombreux encore; on peut citer entre autres celui qui dégageait entièrement les abords de Notre-Dame, projet qui reçut, de son vivant, un commencement d'exécution. Huvé pensait que l'architecture ne devait pas être seulement une affaire de décoration , et que sa mission devait s'étendre sur les détails même les plus humbles. Il mit en pratique ces principes dans la construction du marché aux vaches grasses, dont il fut chargé en 1818. Là, de l'utile, rien que de l'utile; aussi, quelque temps après, le préfet de la Seine le chargea-t-il d'une étude sur le déplacement et l'amélioration des voiries, trop rapprochées de la capitale. Vers la fin de 1819, le roi Louis XV1I1 conçut le projet de construire une résidence sur le lieu même où il avait octroyé la Charte. Il voulut, par des considérations qu'il est inutile de rappeler ici, que sa personne restât étrangère à cette affaire. 11 lui /allait un architecte sur le talent, sur la probité duquel il pût compter. On lui désigna Huvé, et
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le résultat justifia pleinement cette haute marque de confiance. Los travaux de ce pavillon touchaient à leur fin, quand Louis XVIII se rendit un jour à St-Oucn, et annonça à Huvé, présent sur les travaux, qu'il le nommait son architecte à Compiègne; M. Berthault venait de mourir, et le roi, pour augmenter encore le prix de la faveur qu'il daignait accorder, voulut en donner lui-même la nouvelle à celui qui en était l'objet. Heureux d'une situation qui avait dépassé toutes ses espérances, Huvé ne pensait pas qu'elle pût encore s'agrandir. Mais un billet de M. le directeur des postes lui offrit la place d'architecte de cette administration , vacante par le décès du titulaire. Il exécuta dans ces localités de nombreuses améliorations, et vit avec peine que des raisons d'économie à peine justifiables se soient opposées à l'isolement complet des bâtiments. Que l'on ne pense pas toutefois qu'il ne dut qu'à la faveur, et à la faveur non sollicitée, l'heureuse position où il se trouvait; son mérite personnel y eut incontestablement la plus grande part, et ce mérite se manifesta dans les luttes loyales du concours. Le palais de la Bourse venait d'être terminé, et la démolition de la salle Feydeau résolue. Cependant, il ne fallait pas priver la capitale d'un théâtre si éminemment national. Un programme fut étudié sous les auspices du ministre de la maison du roi, et adressé à plusieurs architectes éminents. Huvé fut du nombre des concurrents, et son projet, soumis, ainsi que celui de ses confrères , à une commission exclusivement composée d'architectes, fut proposé au ministre comme étant le meilleur. Ce théâtre, dont les dispositions sont si heureusement combinées, malgré les difficultés du programme, et dont l'extérieur produirait un meilleur effet s'il était dégagé et environné de la place qu'avait proposée lluvé, a cela de particulier que le bois a été entièrement exclu de la grosse construction. 11 obtint aussi le premier prix dans un concours ouvert par la ville de Tours pour la construction d'une salle de spectacle. Sur ces entrefaites mourut M. Vignon, l'architecte de la Madeleine. Cet artiste, sentant sa fin approcher, arait supplié le ministre de lui donner pour successeur celui qui l'avait si bien secondé pendant vingt-deux ans. Cette prière fut exaucée. Huvé, tout en désirant conserver au monument le style architectural qui lui avait été donné, crut cependant qu'il convenait de donner à l'intérieur le caractère religieux dont il était entièrement dépourvu ; il adopta un grand parti de peinture murale, nroins grand toutefois qu'il ne l'eût désiré. Les dispositions administratives étaient arrêtées; bon gré, mal gré, il fallut s'y soumettre. Les monuments confiés à ses soins étaient achevés; la vie active, ainsi qu'il le disait lui-même , était terminée pour lui. Mais les leçons de son expérience ne pouvaient être perdues pour ses jeunes confrères ; en conséquence, le ministre des travaux publics le nomma, en 1837,
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membre honoraire du conseil des bâtiments civils. Quelques années plus tard, les professeurs de l'école royale des beaux-arU se l'associèrent comme membre du jury d'examen pour les concours d'architecture. A la révolution de 4830, Huré perdit sa place d'architecte de Compiègne; mais bientôt le comte de Montaliret répara cette erreur, en le proposant au roi comme membre du comité consultatif des bâtiments de la couronne, en remplacement de M. Dufour, décédé. Cette place lui rendait le titre d'architecte du roi. La fortune, comme on le voit, n'avait cessé de lui sourire. Il avait justifié ses faveurs, et, par une conséquence naturelle, les honneurs vinrent le trouver à leur tour. En 1855, le roi Louis-Philippe, lors d'une visite faite à la Madeleine, pour donner à iluvé un témoignage de sa satisfaction , le nomma chevalier de la Légion d'honneur. Neuf années plus tard , il fut promu au grade d'officier dans le même ordre. La mort de Percicr» son maître vénéré, laissait une place vacante à l'Institut. Par un sentiment de haute convenance, il fut décidé que le choix d'un successeur serait ajourné... Et le 10 novembre 1838, Iluvé vint timidement occuper le fauteuil qu'avait illustré son professeur. Son mérite , son caractère si plein d'aménité, l'avaient fait rechercher de toutes les sociétés artistiques et savantes; et quoi qu'il fit pour s'en défendre, les membres de ces sociétés tenaient à honneur de lui offrir la présidence. C'est ainsi qu'il fut élu président honoraire de l'Association des artistes, dont la fondation est due à M. le baron Taylor; président de la société libre des beaux-arts; président de la société centrale des architectes, et de plusieurs sociétés de bienfaisance, auxquelles il n'avait jamais refusé son concours. Mais ce n'était pas seulement en France que Hu?é était apprécié; sa réputation s'était également répandue dans les pays étrangers. Le roi de Prusse le nomma chevalier de l'Aigle rouge, et la société royale des architectes britanniques l'admit au nombre de ses membres. Telle fut l'existence de l'artiste, existence si bien remplie : celle de l'homme n'eut rien à lui envier. Ceint qui l'ont connu ont pu voir combien était grande sa modestie; elle était telle que, dan$ les réceptions officielles, il fallait que ses confrères, par un sentiment de justice , s'effaçassent pour qu'il fût mis en évidence. Cette timidité invincible paralysait quelquefois cet élan, cette initiative qu'on aurait aimé à trouver en lui. Cependant cet homme, lorsque se faisait entendre la voix impérieuse du devoir, n'était arrêté par aucune considération ; cette timidité faisait place à une fermeté d'autant plus énergique qu'elle était froide et raisonnée. Qu'il nous soit permis d'en citer quelques exemples. C'était en 1814: l'ennemi était aux portes de Paris; Iluvé fut du nombre des rares citoyens qui se présentèrent pour défendre la capitale, et ne quitta le champ de bataille que lorsque toute défense fut déclarée inntile. Dans les
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troubles civilsqui ont trop souvent ensanglanté nos rues, on le trouva toujours au milieu des défenseurs de l'ordre. Pour donner une idée de la réputation de probité qu'il avait acquise, il suffit de dire qu'il ne put jamais obtenir la vérification des comptes auxquels avait donné lieu la construction du château de S t -ou ru. Sa bonté, sa bienfaisance étaient inépuisables ; il n'attendait pas qu'on lui demandât, et prenait autant de précautions pour rester inconnu , que d'autres mettent d'ostentation à faire publier leurs actes de libéralité. Combien de fois l'auteur de cette notice ne fut-il pas chargé par Huvé de répandre des bienfaits dont il exigeait que la source restât inconnue ! Son âme était tellement délicate , qu'il craignait de blesser ceux auxquels il venait en aide. Son atelier , où il forma plusieurs élèves, n'avait jamais été fermé à ceux qui ne pouvaient payer ses leçons. Il voulait rendre à de pauvres jeunes gens le service qu'il avait reçu de son maître, alors qu'il était un jeune homme pauvre. Son désintéressement était égal à sa bonté. C'est ainsi qu'il construisit à titre gratuit, et même onérrot pour lui , sur la prière qui lui en fut adressée par l'illustre auteur du Génie du Christianisme , l'hospice de Marie-Thérèse. Il fit, pour la ville At Cherbourg , un projet d'hôpital général , dont il abandonna les honoraires à ceux qui seraient chargés de l'exécution. 11 guida de ses conseils sa ville natale dans les constructions importantes qu'elle fit élever. Et Cherbourg, et Versailles, soit par des médailles frappées à son intention, soit par des présents analogues , et plus encore par des actes consignés dans leurs archives , ont témoigné de leur reconnaissance envers Huvé. Aussi , pour toutes les administrations , pour ces villes, pour ses élèves, pour les ouvriers, dont il fut toujours l'ami sincère , la nouvelle de sa mort fut l'objet d'une affliction véritable. 11 mourut le 22 novembre 1852, sans que ses amis ni sa famille, qui l'environnait des soins les plus affectueux, eussent pu prévoir un tel malheur. Fatigué depuis quelques jours, il n'eût pas dû sortir, mais il avait à remplir un devoir, et, fidèle aui errements de sa rie , il ne voulut point y manquer. Le lundi 21 , il avait, comme de coutume, vaqué à ses occupations, et le mardi matin, son domestique, en entrant dans sa chambre, vit sa bougie allumée et son livre auprès de lui. Sa figure avait conservé tant de sérénité qu'il le crut endormi... 11 venait de rendre le dernier soupir. Trois discours ont été prononcés sur sa tombe : le premier, au nom de l'Institut, par II. Caristie, son collègue et son vieil ami; le second, par M. le baron Taylor, président de l'Association des artistes, et le troisième, en l'absence de M. Biouet, président, par M. Henri Labrouste, vice-président de la société centrale des architectes , dont Huvé était, ainsi que nous l'avons dit, président honoraire. L -m — p.
HUXELLES. Voyn Uxelles.
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HUYDECOPER (Baltrasak), philologue et poète i hollandais, mort à Amsterdam, sa ville natale, le 81 septembre 1778, dans sa 84« année, fut un membre distingué de la magistrature de cette rille, carrière à laquelle il s'était préparé par de bonnes études de littérature et de jurisprudence. Après Lambcrt-ten-Kate, nul n'a mieux mérité que lui de la grammaire et de la critique hollandaise. Tout ce qu'il a fait dans cette branche est classique, nommément : 1° Estait philologiques et poétiquet, ou Observations libres sur la traduction hollandaise des Métamorphoses d'Ovide, par Vondei, Amsterdam, 1730, in-4°. Il en a paru une édition enrichie d'additions intéressantes, par François Van Lelyveld, Leyde, 1788 et 1784, 2 vol. in-8°. 2° Une nouvelle édition de Melis (Emile) Stoke, poète-chroniqueur flamand du 12* siècle , accompagnée d'un excellent commentaire, Leyde, 1777, 3 vol. in-49; 3° le premier volume des Mémoires de la société de philologie hollandais* de Leyde offre de lui un mémoire sur Y ablatif absolu. Comme poète hollandais, Huydecoper est auteur d'une très-bonne traduction en vers des Satires, des Epttres et de PArt poétique d'Horace, Amsterdam, 1737, in-4". Dès 1726, il avait publié une traduction eu prose des Satires et des Epitres. Il a fait pour le théâtre hollandais quatre tragédies, savoir : 1° la Constance triomphante, ou la Vengeance déçue, ibid., 1717, in-12; le sujet est pris du roman de Cléopdtre, de la Calprtnède ; 2" Œdipe, traduit de celui de P. Corneille, ibid., 1720, in-12. lluydecoper déprécie trop VOEdipe de Voltaire ; 3° Arsaee, ou la Trahison généreuse, ibid., 1722, in-12; 4« Achille, ibid., 1728, in-12. Dans ces deux dernières pièces il a admis, non pas des chœurs, comme Uoofft et Vondel l'ont fait dans les leurs, mais des monologues lyriques dont il nous semble résulter plutôt de la disparate que de la variété : ils ont pour objet l'application morale des personnages ou des situations. Les Poésies mêlées de Huydccoper ont été recueillies à Amsterdam, 1788, in-l°. On lui doit une édition très - augmentée des Lettres de Hooflt, Amsterdam, 1736, in-fol. (voy. Uoofft). lluydecoper cultivait aussi avec succès la poésie latine, témoin dix pièces de lui, que van Santen a recueillies dans ses OeUcia poetkœ. Il a donné une preuve peu commune d'érudition dans un mémoire sur le Kùctp.o; de Pythagore , inséré dans les Mi$celL observ. (de 1755), t. 6, part. 2", p. 417. D'Orville, dans ses fiemarquet sur Chariton, p. 609, a trahi le secret de l'amitié en faisant connaître lluydecoper pour l'auteur de ce mémoire; il s'y attache à prouver que par le ■Kùaaoî, dont Pythagore voulait qu'on s'abstint, il faut entendre non pas la fête, mais l'œuf, lluydecoper était bailli et dickgrave du Texel , et a donné, en cette qualité : Privilèges et constitutions du Texel. Amsterdam, 1745, in-4». M— os.
HUYGENS (Constantin), chevalier, seigneur de Zuylichem, né à la Haye en 1590, a fourni une
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carrière également honorée dans les fonctions publiques et dans les lettres. Ce que mi père avait été à Guillaume I", 11 le fut aux stathouders Frédéric Henri, Guillaume H et Guillaume III; et il mérita, aux titres de secrétair • et de conseiller intime, toute leur confiance. Il rendit surtout au dernier d'utiles services pour le faire rentrer dans plusieurs anciens domaines de la maison de Nassau, et particulièrement dans la principauté d'Orange. Après quatre années de négociations à la cour de France, Huygens reprit solennellement possession de cette principauté, au nom de Guillaume III, en 1065. Il réunissait l'expérience des affaires au savoir et au goût. Le comte d'Estrades écrivait de la Haye à M. de Lionne le 13 janvier 1667 : « C'est un grand partisan de la France en « ce pays. » Les plus beaux esprits de son temps, soit nationaux, soit étrangers, l'ont comblé d'éloges. Hooflt aimait à le consulter pour son histoire, et il recourait aussi quelquefois à son crédit. Dans le recueil de ses lettres, il y en a cinquante-deux à l'adresse de II. de Zuylichem. Courtisan sans bassesse, Huygens faillit se détacher entièrement du service de Guillaume H en 1650. Il a cultivé avec succès les muses latine et hollandaise. Ses poésies latines se composent de quatorze livres , dont un de pièces diverses, intitulé Farrago ; douze d'épigrammes et un de Juvenilia. 11 les composait avec une extrême facilité et sans y mettre de la prétention. H les laissa publier (Leyde, Elzevir, 1644, in-8«; la Haye, 1655, in-12) par Gaspard Barlaeus, qui s'entendit à ce sujet avec Louis Huygens, l'un des fils de l'auteur. Ces poésies ne méritent ni tout le bien, ni tout le mal qu'on en a dit. Elles ont été dépréciées à l'excès dans le Menagiana, t. 1, p. 138, et par Chapelain, d'anti -poétique mémoire. Elles sont trop prônées dans le recueil de complaisants éloges dont on les a fait précéder. A douze livres d'épigrammes doit presque nécessairement s'appliquer ce vers de Martial-
Sunt bona, «unt qu*d*in mediocria, tunt mala / ura,
si toutefois le sunt bona n'est pas déjà de trop. Les poésies hollandaises de Huygens, dont l'édition complète est de 1687, 2 vol. in-4», ont trouvé dans l'historien de la poésie hollandaise, M. de Vries, 1. 1 , p. 177-187, un appréciateur éclairéj, mais peut-être un peu trop prévenu en leur faveur. II. Siegenbeek, dans son Anthologie hollandaise du M» siècle, semble toutefois partager la même opinion. Huygens est sans contredit poè*te, il a souvent de la verve et de l'originalité, il pense et il fait penser; mais il manque aussi quelquefois d'harmonie, il tourmente trop sa pensée et il court après l'antithèse. Son poe*me sur sa maison de campagne, nommée Hofwyck (c'est-àdire fuite de la cour), et située au bord du canal entre la Haye et Leyde , mérite d'être distingué. On a encore de lui un petit traité en hollandais intitulé De tusage et de l'abus de l'orgue dans le service divin des églises réformées. U parait avoir