V. B. Ou
au J ou a l'T kt noms que l'on ne trouverait pat a la lettre I.
IACAIA, imposteur, parut dans la Turquie asiatique vers l'an 161 S, sous le règne d'Achjq?t i". 11 se donnait pour (ils de Mahomet III et frère aîné du sultan régnant. Sa mère, esclave chrétienne, l'avait soustrait pour lui conserver la vie , en publiant qu'il était mort de la petite vérole, et en faisant enterrer à sa place un autre enfant. lacaïa, élevé par un moine grec, parcourut la Natolie en répandant que le véritable héritier du trône ottoman réclamait le sceptre de son père. Il parait que, ne trouvant pas d'armée pour le soutenir, après avoir vainement tenté de- faire assassiner Achmet par un derviche , et aussi soigneux de propager l'opinion de ses prétentions au trône que de dérober sa personne aux recherches de ceux qui veillaient à la tranquillité publique et se refusaient à voir dans lacaïa autre chose qu'un perturbateur, cet imposteur ou ce frère aîné d' Achmet Ier erra dans l'Asie Mineure, dans la Valachie , dans la Moldavie , et passa par prudence ou par calcul dans la Pologne , où le roi Sigismond refusa également de l'appuyer et de le livrer. Le grand-duc Cosme de Médicis essaya de l'employer, comme Charles VIII voulait employer Zizime ; il attira lacaïa à Florence , et le traita en souverain légitime à qui l'on refusait son nom et ses droits : ils furent notifiés au pape, au roi d'Espagne, au roi de France. Jouet de promesses vagues et toujours différées, lacaïa passa en France , où Charles de Gonzague , duc de Nevers , qui avait des droits sur le Péloponnèse et sur la Grèce, dont les Ottomans étaient en possession, se chargea de la subsistance du prétendu fils de Mahomet III. Depuis l'époque où le duc de Nevers l'accueillit , lacaïa a disparu de l'histoire, et l'on cessa de penser à lui : sa mort fut encore plus ignore'e que sa vie. C'était à ses manières plus qu'à ses actions, disent les historiens, que son illustre origine se faisait apercevoir. On doit en conclure que lacaïa a existé, mais que ses droits étaient au moins très-problématiques. S — T.
IACOUB-TCHELEBY , Ois d'Amurath I" et frère de Bajazet. Après la mort du sultan leur père, assassiné au sein de la victoire par un soldat servien sur le champ de bataille même de Cassovie, en 1389, ce jeune prince devint jaloux de la préférence donnée à Bajazet sur lui, et ne voulut pas reconnaître le droit d'hérédité au trône , mal fixé par les lois ottomanes, puisque Orcban , son
grand-père, avait été nommé sultan au préjudice d'Aladin. lacoub essaya dont de se faire un parti dans l'armée. Sa révolte fut punie presque au moment où elle éclata , et Bajazet, avant d'avoir pensé aux obsèques de son père, fit étrangler lacoub avec une corde d'arc, genre de supplice que ce prince , plus imprudent que coupable, illustra pour jamais, puisqu'il devint dès lors le plus honorable chez les Ottomans, et qu'il fut, à dater de cette époque, réservé aux criminels distingués. S— v.
l.ANAKI , Grec , et toucher de profession , fut fait prince de Moldavie en 1730, par Patronakhalil. Il avait fourni de la viande et prêté de l'argent au Mazanielle turc. Patrona , venant de faire un sultan , rencontra dans la rue lanaki, qui vint baiser le pan de son habit ; il lui donna mille sr. juins et lui dit en riant : « Ne te soucies- « tu pas de vivre plus longtemps que moi? — Non, « s'écria lanaki ; lorsque mon protecteur finira « sa carrière, je ne veux pas vivre après lui. — Eh « bien , lui répondit Patrona , je veux faire quel- « que chose pour toi ; va dire de ma part au « granddrizir de te donner le diplôme de prince « de Moldavie : le souverain actuel ne nous con- « vient pas. » Le boucher grec, transporté de joie , courut , suivi de Muslu , le complice de Patrona , chez le grand vizir, qui n'osa refuser au protégé de ce chef redoutable ni la pelisse , ni le cucca , ni la masse d'armes , symboles de la souveraineté de Moldavie. Le boucher lanaki fut admis à l'audience de Mahmoud 1er, et reçut l'investiture de la principauté: il est vrai que le règne de ses protecteurs finit avant qu'il eût eu le temps de prendre possession. Mais du moins la reconnaissance d'Ianaki survécut à la fortune de Patrona-khalil : il tenta de rassembler quelques hommes pour venger la mort- de son bienfaiteur; sa tentative n'aboutit qu'à justifier la prédiction dont le rebelle lui avait offert de courir lar chance : en effet le prince de Moldavie, le boucher lanaki, fut étranglé par ordre du sultan Mahmoud , peu de jours après la mort de Patrona-khalil. S— t.
I BARRA (Joachim), célèbre imprimeur espagnol, naquit à Saragosse en 1715, et mourut à Madrid en 1785 ; il avait dans cette ville une imprimerie dont les productions sont connues de toute l'Europe et recherchées des amateurs : il en est deux surtout qui sont regardées comme des chefsd'œuvre typographiques; l'une est son édition
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«lu Don Quixote , 1780, 4 vol. in-i». (Il a donné du même ouvrage une autre édition, 1782, 4 vol. in-8°.) L'autre est la traduction de Salluste faite par l'infant don Gabriel, 1772, petit in-folio. Il a aussi donné une magnifique édition de la Bible. et une du Missel mosarabe. Il parait que ce fut Ibarra qui introduisit en Espagne l'usage de lisser le papier imprimé. On a dit aussi qu'il avait inventé une encre dont il augmentait ou diminuait l'épaisseur à volonté. Celte assertion nous semble singulière , du moins d'après la composition de l'encre d'imprimerie en France; mais nous remarquerons qu'en Espagne chaque imprimeur fait luimême l'encre dont il se sert , suivant la méthode qu'il a reçue de son prédécesseur et qu'il transmet à son successeur. C'est peut-être à cela qu'il faut attribuer la beauté et la solidité des encres espagnoles, qui sont ainsi restées une partie de l'art de l'imprimeur, et ne sont pas devenues un objet de commerce. On croit qu'lbarra mettait dans son encre une certaine dose de bleu de Prusse. A. B— t.
IBAS, prêtre syrien, s'est rendu célèbre dans le î>« siècle par la part qu'il prit aux disputes du nestorianisme. 11 désapprouva hautement la sévérité dont Kabulas, son evêque, avait usé envers Théodore de Mopsuestc, et consulta pour décider s'il ne se séparerait pas de sa communion. Il lui succéda en 456 sur le siège d'Edesse ; mais les membres du < lergé opposés à son élection le dénoncèrent aussitôt comme le principal auteur des troubles qui agitaient l'Eglise d'Orient, et l'accusèrent d'avoir cherché à augmenter le nombre des partisans de Théodore en traduisant ses écrits en langue syriaque. St - Proclc , patriarche de Constantinoplc , renvoya la décision fefc cette affaire à l'évéque d'Antioche , et les accusateurs ne s'étant point présentés, Ibas fut déclaré innocent des faits allégués contre lui, et ses ennemis furent déposés. Ils appelèrent de cette sentence à l'empereur Théodose, qui chargea d'autres évêques de terminer promptement des débats si contraires aux intérêts de l'Eglise. Ibas nia, même avec serment, tous les faits qu'on lui reprochait, et souscrivit, le 25 février 448, une profession de foi qui satisfit ses juges. Il fut en conséquence renvoyé à ses fonctions , et pour prouver à ses ennemis qu'il ne conservait aucun ressentiment, il s'empressa de les réintégrer dans leurs dignités : ceux-ci , loin d'être touchés de sa modération , renouvelèrent bientôt leurs plaintes , et l'empereur consentit à ce qu'lbas fût cité une seconde fois devant les évêques qui avaient déjà examiné sa conduite. Il sortit encore victorieux de cette lutte ; mais il fut condamné en 44'J au concile d'Ephèsc , déposé de l'épiscopat et jeté dans une prison. Rétabli sur son siège en 4SI,
f»ar le concile de Chalcédoine , qui annula tous es actes de l'assemblée d'Ephese , il chercha sincèrement à ramener la paix dans son Église, et mourut en 437. Il nous reste d'Ibas un fragment d'une lettre qu'il écrivit à un Persan nommé
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Maris, et dans laquelle il lui rend compte des débats survenus entre Nestorius et SMCyrille. Cette lettre fut lue au concile de Chalcédoine par les adversaires d'Ibas, qui prétendaient en tirer des arguments contre sa foi : mais les Pères ne prononcèrent point alors sur le mérite des sentiments qu'elle renferme, et ce ne fut qu'au concile de Constantinople, en 53.», qu'elle fut condamnée , malgré les efforts' dû pape Vigile, qui allégua plusieurs raisons pour démontrer l'orthodoxie d'Ibas. On la trouve au tome 4 de la Collection des Conciles. W—
IBBOT (Benjamin), écrivain anglais, hé en 1690, à Beaehamwcll dans le comté de Norfolk , trouva de bonne heure un protecteur dans le vertueux archevêque Tcnison , qui le nomma son bibliothécaire et son chapelain. Il fut ensuite pourvu de divers bénéfices, nommé prédicateur adjoint au docteur Samuel Clarke , et prébendier de l'église collégiale de St-Paul à Westminster. Il mourut le î> avril 172">, âgé de 4.v> ans. Après sa mort, parut, d'après ses désirs, une suite de sermons qu'il avait prononcés pour la lecture fondée, à Cambridge , par |tobert Boyle. Ces sermons prouvent un jugement solide et éclairé, et remplissent parfaitement l'objet de l'auteur, qui était de réfuter l'ouvrage de Collins sur le libre arbitre. Ils sont suivis d'une liste des savants qui ont prêché les leçons de Boyle depuis leur origine, en 1092, jusqu'en 1726, avec un précis des sujets qu'ils ont traités. Le docteur Clarke , ami d'ibbot, choisit parmi ses manuscrits et publia, en 1726, au bénéfice de sa veuve, trente Sermons sur des sujets de morale pratique, en deux volumes in-octavo. Ces serinons curent beaucoup de succès. On a encore de lui six sermons détachés, et une traduction du traité de Puffendorf, lté habita religionis christiante ad titam cicilem , publiée , en 1711» , ln-8", sans le nom du tra luc-
IBELIN (Jean »'), le plus célèbre des jurisconsultes d'outre-mer, naquit au commencement du 13" siècle, et mourut vers 1270. Il était fils de Philippe d'Ibelin, qui fut baile de Chypre, et neveu de Jean d'Ibelin , sire de Baruth , qui soutint une lutte énergique contre l'empereur Frédéric H. Philippe d'Ibelin avait été appelé en 1213 à la gestion du royaume de Chypre, comme tuteur du jeune roi de Chypre son neveu , qui venait de perdre son père Hugues Pr. Philippe étant mort en 1228 , Jean d'Ibelin le Vieux le remplaça et réunit à ces fonctions importantes l'administration du royaume de Jérusalem , qui lui avait été confiée par Alix , mère du roi Conrad , également mineur. C'est contre lui et pour le dépouiller de cette double tutelle que l'empereur Frédéric II dirigea tous ses efforts. Jean d'Ibelin , qui nous occupe, prit part à cette guerre, assista au siège de Dtiruth, à la bataille de Casal-lmbert et à celle de Nicosie, gagnée par le chef de sa famille contre les Lombards {voy. Philippe foe Navarre}.
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Il devint ensuite comte de JalTa, d'Ascalori et de Bamer. Lorsque St-Louis débarqua en Palestine, il fut rejoint par Jean d'Ibclin, « qui plus noble- « ment arriva , car sa galée arriva toute peinte « dedens mer et dehors , à escussiaux de ses « armes, lesquelles armes sont d'or à une croix <« de gueules palée (Joinville). » Le roi , après sa dëlivrance, ayant annoncé l'intention de se rendre a JalTa , Jean d'Ibelin « assort* et mit son chastel « de Japhe en tel point qu'il ressemhloit bien « une bonne ville défensable. Car à c hase un cres- « neau de son chastel il y avoit bien cinq cents « hommes à tout chascun une targe et ung pai noncel à ses armes, laquelle chose étoit fort « belle à voir (ISS»). * L'année suivante , il fut nommé baile de Jérusalem, et en 1*50 il résigna ses fonctions au proflt d'un flls de Jean d'Ibelin le Vieux. Quelques explications sont ici nécessaires alin de faire comprendre en quoi consista l'œuvre des jurisconsultes à qui nous devons le recueil des Assîtes de Jérusalem. Les deux codes de lois rédigés par Codefroi de Bouillon , et connus soUs le nom de Lettres du sépulcre, avaient été déposés dans le trésor de l'Église ; ils ne pouvaient être consultés que fort difficilement, dans des occasions rares et solennelles , avec le concours du chef de la religion et de plusieurs hauts personnages. Entourée ainsi d'un mystère à peu près impénétrable , cette législation avait moins la valeur d'une loi écrite que d'une coutume toujours vivante dans la mémoire des personnes chargées d'en faire l'application. Elle reçut d'ailleurs toutes les améliorations dont l'expérience et le temps avaient fait reconnaître la nécessité. Lorsque, après la prise de Jérusalem par Saladin, en 1187, ces deux code» eurent péri, on ne prit même pas la peine d'eu faire une nouvelle rédaction officielle; « ne onques puis, dit Phi- « lippe de Navarre , n'i ot escrite assise. » On s'était habitué à juger sans consulter le texte de la loi , et le jour où ces hommes , vieillis dans l'application de ces mêmes coutumes, voulurent les lixer de nouveau par écrit, ils puisèrent dans leurs souvenirs personnels, dans la tradition orale, tous les documents nécessaires pour composer les recueils que nous possédons. Il suffit de savoir que la principauté de Jérusalem renfermait vingtdeux cours de justice pour comprendre comment une jurisprudence éclairée s'y était formée. Philippe de Navarre avait composé un premier traité où il avait mis à profit les leçons des autres et celles de sa propre expérience. Le sire de JafTa était aussi bien que son devancier en mesure de composer un livre original j il avait, comme lui, fréquenté le sire de Baruth, Balian III, et tant d'autres jurisconsultes interprètes de la tradition. Néanmoins il préféra suivre pas à pas l'ouvrage de son ami, et il s'attacha surtout à le développer et à le compléter. Son traité est beaucoup plus ample, et renferme deux cent soixante-treize I chapitres dans lesquels on trouve les renseigne- I
monts les plus précieux touchant les devoirs dii vassal et du Suzerain , la transmission du flef et la procédure devant la cour féodale. Aucun livre ne donne de détails aussi précieux sur ces matières ; bien que postérieur en date à quelques autres traités publiés en Europe, l'ouvrage d'Ibelin est plus près de la tradition primitive, et les principes de l'ancien droit féodal n'y ont pas subi autant d'altérations. Après la ruine définitive des possessions chrétiennes de Syrie , les Assises acquirent dans le royaume de Chypre une autorité à peu près exclusive. En lô(>8, pendant la minorité du roi Pierre II de Lusignan , une commission fut chargée de recueillir et d'examiner avec soin les travaux de Jean d'Ibelin, et à * partir de l'année suivante, le livre des Assises acquit le caractère d'une loi écrite dont les cours féodales ne durent point s'écarter. Après que ce royaume fut tombé au pouvoir des Vénitien! en 1489, ils S'engagèrent à respecter les anciennes coutumes ; puis, en 193!, des commissaires furent chargés de traduire en Italien lès assises de la haute cour, et avant tout , d'en recueillir les manuscrits les plus authentiques. Ce travail ayant été terminé , le conseil des dix reçut une expédition de la version italienne et un exemplaire du texte français , connu depuis sous le nom de manuscrit de Venise, et sur lequel M. le comle Beugnot a publié son édition. J. S— e.
IBF.LIN (Jacques i»') a écrit un traité succinct de jurisprudence féodale, sans plait, inséré dans le recueil des assises de Jérusalem. Il était fils de Balian d'Ibelin, prince de Tabaric, et d'Alix, fille de Hugues 111, roi de Chypre, et arrière-petitneveu de Jean d'Ibelin , à qui nous devons le recueil le plus important des coutumes d'outremer. Jacques d'Ibelin vécut sous les règnes de Hugues H et de Hugues Ht (1207-1281). Il prononça un discours éloquent, inséré dans les documents relatifs au service militaire {Assises de Jérusalem, t. 2, p. 130). Dans cette conférence, tenue à Acre en 1271 , l'orateur, «'adressant au prince Edouard d'Angleterre, s'efforça au nom des barons du royaume de Chypre de réfuter l'opinion du roi Hugues Ht sur l'étendue du service militaire. J. S — e.
1BN-AL-ATSYB. Sous ce nom sont connus trois frères qui se distinguèrent dans les lettres, et ont laissé aux Arabes des monuments précieux de leur érudition. Le plus célèbre est Aboul'-llassan- Aly, surnommé Azz-eiâyn (la gloire de la religion) et Al-djêzéru, comme ses frères, parce qu'ils naquirent en Mésopotamie , à bjézy ré h-bén y-Omar.» On place la naissance d'Azz-eddyn au 4 de djoumaily 1" 5jj (1100 de J.-C). H passa ses pre- • mières années à Djézyréh-bény-Omar ; puis il alla demeurer à Moussoul, où son pèrè lixà son séjour. Il parait qu'il se mêla des affaires publiques; car Ibn-Khilcad dit qu'il alla plusieurs lois à Bagdad , soit comine envoyé du souverain de Moussoul, soit en pèlerinage, et il profttade ces courses
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pour entendre les plus habiles docteurs. Dans la suite, il parcourut la Syrie et visita Jérusalem, frc'quentant les hommes les plus renommes par leur savoir. A son retour, il se consacra tout entier à la retraite et à Fétude. Sa maison était le rendez-vous des habitants les plus distingués de Moussoul, et ceux qui visitaient cette ville ne la quittaient point sans l'avoir vu. lbn-Khilcan fréquenta beaucoup Azz-eddyn vers 620 , lorsqu'il était à Alep , où il jouissait d'une grande considération auprès d'Altbaouachy l'eunuque, atabek d'Almélik-Alazyz, et il célébra ses belles qualités. Azz-eddyn revint à Moussoul vers 628, et y mourut en clîaaban 650 (1233 de J.-C.). Ce docteur ex- # reliait dans la science des hadyth ou traditions prophétiques , et dans toutes les parties qui s'y rattachent. Son érudition en fait d'histoire n'était pas moins vaste : il possédait à fond , dit Ihn- Khilcan , celle des temps anciens et modernes, connaissait les généalogies des Arabes et tous les événements de celte nation. On a de lui lu un grand ouvrage historique intitulé h'amal Altawarykh (Chronique complète), qui commence à l'origine du monde et s'arrête à l'an 628 de l'hégire. Elle se compose de treize volumes selon Hadjy- Khalfa , et de vingt-trois selon Aboulféda. Ce dernier l'a souvent copié. C'est, selon le même lbn-Khilcan , l'une des meilleures histoires que l'on ait. Malheureusement l'Europe n'en possède qu'une partie, qui se trouve dans la bibliothèque de Leyde. Cette chronique a été continuée par Abou-Thaleb-Aly jusqu'en 656 (1238). On en a une traduction persane très-élégante par Moulana-Nedjm-eddyn-Alnédhary , l'un des personnages les plus distingués de la cour de Myrza- Myran-schah , fils de Tamerlan. 2° Histoire des atabeks qui ont régné en Syrie. De Guignes a donné une notice très-étendue de cet ouvrage dans le tome 1" des Sot. et Ext. des manusc. D'après les détails qu'il a recueillis, il n'hésite point à l'attribuer à Azz-eddyn, quoique le manuscrit de la bibliothèque ne porte point de nom d'auteur , et qu'Ihn-Khilcan n'en fasse point mention. Mais ses raisons paraissent convaincantes , et sont appuyées du témoignage d'Hadjy-Khalfa , qui, à l'article Tarykh - làn - Alatsyr , attribue à notre auteur une Histoire abrégée des atabeks. Dans le même article il lui attribue aussi une chronique des khalifes et des princes intitulée l'bret oûly Alabsar fy tnoulouk Alamsar. D'iierbelot et de Cuignes ont adopté cette opinion : mais au titre l'bret. Iladjy-Khalfa dit que cet ouvrage est d'imad eddyn lsmaïl , fils d'Ahmed, d'Alep , connu sous le surnom d' Ibn- Alatsyr, et mort en 699 de l'hégire (1300) ; la parité du surnom a sans doute donné naissance à cette fausse attribution. 3" Abrégé du Traité des généalogies d'Abdoulkerym-alsamany, en trois volumes. Cet excellent abrégé a remplacé l'ouvrage original, qui ne se trouve plus aujourd'hui. i« Une Histoire des compagnons (Séhabéhs) de Mahomet J— >.
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IBN-AI.-ATSYR ABOULSAADAT-MOBAREK, surnommé \ledjed-eddyn (la gloire de la religion), naquit en 514 (H50 de J.-C.), et devint lieutenant (naïb) de Medjahed-eddyn-Caïmaz, souverain dé Moussoul. Il occupa cette place jusqu'à la catastrophe qui ravit la puissance à cet émir. Aloi> il passa au service d'Azz-eddyn-Maçoud, et dirigea la secrétairerie (dywan alrésaï ) jusqu'à sa mort. 11 parait qu'il s'attira, pour ses fautes, la défaveur du fils de Maçoud (Nour-eddyn-Arslan-schab). Cependant il remplit les mêmes fonctions auprès de lui , et ne les quitta que parce qu'il devint paralytique des mains et des pieds. Alors il fut obligé de renoncer à ces emplois, et se renferma dans sa maison , où les grands et les savants venaient le visiter. Il employa ses biens à doter un couvent qu'il fit élever dans un bourg voisin de Damas. Ce fut pendant la durée de son infirmité qu'il composa ses ouvrages. La plupart ont les traditions prophétiques et la grammaire pour objet. On en trouve la nomenclature dans lbn- Khilcan. Med-jed-eddyn mourut en dzoulheddjab 666 (1268 de J.-C). J— *.
I BN- A L ATS Y R-N ASR- AL L AH , surnommé DUaeddin (la splendeur de la religion), l'un des hommes les plus distingués du siècle de Saladin, naquit en 538 de l'hég. (4162), dans le Djéziréh-beni- Omar; il futélevé.et accompagna ensuite son pèreà Moussoul, où il étudia les diverses sciences cultivées par les Arabes. Un goût naturel le porta vers la lecture des portes anciens et modernes de sa nation : Abou-temam, Bohtézy et Motenabbi furent surtout les auteurs qu'il affectionna ; et il enrichit sa mémoire des plus beaux morceaux des portes arabes. Etant venu à la cour de Saladin , ce prince l'accueillit, et le donna pour vizir à Mélik-afdhal, son fils et soasuccesscur ; ce dernier, loin de conserver dansson intégrité l'empire fondé par la valeur et les grandes qualités de son père, ne put même se maintenir dans la portion de ses Étals où il s'était établi, et perdit successivement le royaume de Damas et l'Egypte. On attribua ses revers à Nasr-allah, dont les conseils l'avaient conduit à des mesures impolitiques. Si Nasr-allah s'attira peu d'estime comme homme d'État, du moins déploya-l-il un beau caractère, en restant fidèle à son maître et en partageant des malheurs qu'il avait peut-être préparés. 11 le suivit, dans son exil, à Sarkhad, en Égypte, à Samisath. L'ayant quitté ensuite pour s'attacher au frère d'AfdhaJ, roi d'Alep , et ce prince l'ayant mécontenté par sa conduite, il abandonna la cour et les honneurs, pour se retirer à Moussoul, où il fixa sa demeure. lbn-Khilcan le visita plusieurs fois, et il parle de l'utilité et du plaisir qu'il trouvait dans ses entretiens. Nasr-allah mourut, en 1239, à Bagdad, en y remplissant une mission de la part du prince de Moussoul ; ce qui prouve qu'il n'avait pas entièrement renoncé aux affaires publiques. On doit à Nasr-allah plusieurs ouvrages, sur lesquels Ibo- Khilran et Hadji-khalfa donnent quelques détails