‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 58 sur 106 · Là, il e · texte numérisé non relu

Là, il e

Rama et parvint à la petite ville d'Orel. tend parler de la Sibérie et conçoit l'espérance de la subjuguer, ou du moins de s'y enrichir. Il laisse mille hommes en arrière pour assurer sa retraite, établit une discipline rigoureuse parmi sa troupe, se procure des armes et des munitions, prend des guides et se met en marche. II a d'abord à lutter contre la disette, puis contre les Vogoules et les Tartarcs. La campagne suivante, il trouve déjà son armée réduite à 1,600 hommes. Sa valeur allait être soumise à de nouvelles épreuves. 11 descend la Toura et parvient à Tourlnsk; là régnait un prince qui dominait sur les Vogoules et les Tartarcs du pays. Ce prince rassemble tout ce qu'il a de sujets capables de porter les armes ; mais ces peuples ne connaissaient pas les armes à feu : ils sont dispersés aux premières décharges de la mousqueterie. Après cette victoire facile, lermak s'avance vers la Sibérie et livre bataille au plus puissant souverain tartare de cette contrée, qui faisait sa résidence sur la rive orientale de l'Irtich : il reste vainqueur. Continuant de descendre la Toura, il entre dans leTobol. Là il soutient les efforts de six princes tartares : la bataille dure plusieurs jours, mais les Cosaques dissipent enfin leurs ennemis et font un riche butin, fou. tefois ils sont encore, harcelés dans leur navigation sur le Tobol. Ce ne fut qu'à force de courage, et souvent par stratagème, qu'iermak parvint a surmonter tous les obstacles. La terreur lui laissa un passage libre. Arrivé à l'embouchure de la Tvda, il trouva une nouvelle armée de Tartares, d'Ostiaks et de Vogoules. Mais il avait des armes à feu et l'armée ennemie n'avait que des flèches : elle fut dissipée, de même qu'une seconde armée qui se présenta cinq jours après sur le rivage. Précédé toujours par la terreur, lermak s'empara facilement d'une petite ville nommée Karateliin, où il fit un riche butin. Il entra ensuite dans l'Irtich, malgré les efforts des Tartares. Béduit dès lors à

cinq cents hommes, il n'était point encore au centre de la puissance de ses ennemis. Plusieurs fois ses Cosaques délibérèrent de retourner sur leurs pas; mais il fit toujours prévaloir le parti le plus courageux. L'hiver et la crainte de la disette lui firent désirer une affaire décisive; l'occasion s'en présenta bientôt. Les Tartares reparurent en plus grand nombre, commandés par leur khan en personne ; ce khan fut défait et ne songea plus qu'à sauver ses jours par la fuite , abandonnant Sibir, sa capitale. Iermak s'y établit en 1580, et soumit les nations d'alentour plutôt par la douceur que par la terreur, dont il n'avait plus besoin. Chaque jour, de nouveaux chefs tartares venaient se soumettre à sa domination. Il fit prêter serment à ses nouveaux sujets et leur imposa des tributs de pelleteries. Il régnait enfin ; mais il ne restait autour de lui que peu d'hommes de sa nation, et il voyait, en outre, ses munitions de guerre s'épuiser. Il prit alors la résolution d'informer la cour de Russie de sa conquête, sûr du pardon fle son ancienne faute après le service qu'il venait de rendre. Il envoya une ambassadë au czar avec un riche présent de pelleteries. Le député partit avec une escorte au mois de décembre 1581 , voyageant en partie sur des traîneaux tirés par des chiens. C'était au moment même où Ivan, redoutant les attaques du khan de Sibérie, aspirait à terminer ses jours en paix. L'heureuse nouvelle qu'apporta l'envoyé cosaque fit succéder aux craintes de la cour la joie d'une acquisition de la plus grande importance. Les Cosaques ne demandaient que leur grâce : Ivan leur prodigua de grandes récompenses, et joignit aux présents dont il chargea le député pour Iermak une pelisse qu'il avait portée lui-même : c'était l'un des plus grands honneurs que le souverain pût accorder. Pendant que Iermak obtenait tant de grâces de la cour, il s'en rendait plus digne encore par de nouveaux exploits. Des hordes entières venaient lui rendre hommage; il en subjuguait d'autres par les armes; il descendit en vainqueur jusqu'à l'embouchure de l'Irlich pour affermir sa conquête. De grands revers suivirent tant de prospérités. Le czar lui avait envoyé cinq cents hommes de renfort; mais la disette les fit presque tous périr. La révolte de plusieurs peuplades d'Osliaks et de Tartares mit bientôt Iermak sur le penchant de sa ruine. Ses ennemis vinrent assiéger Sibir, bloquant la place de tous côtés et résolus de la réduire parla faifline. Iermak, n'ayant plus de ressource que dans le désespoir, surprend les ennemis dans une sortie nocturne et les disperse le lendemain dans une bataille. Les Tartares et les Ostiaks se soumettent de nouveau à la Russie. Tout le bas Irlich était subjugué; mais les peuples du midi de ce fleuve n'avaient pas encore senti les armes d'Iermak. 11 s'y porte avec trois cents hommes d'élite, et ses pas continuent d'être marqués par des victoires. Dans le cours de ses conquêtes, un prince tartare, voulant mériter la

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clémence du terrible Cosaque, vint au-devant de" lui, se -reconnut son tributaire et lui offrit sa propre fille. Le nouveau Scipion refusa cette dernière libéralité du Tartare, et défendit aux siens de toucher à la jeune princesse. Il retournait sur ses pas lorsque, attirédans un piège parKoulchoum, le seul khan qui ne se fût pas soumis, il fut attaqué à l'improviste et eut la douleur de voir périr presque tous ses Cosaques; il fut du petit nombre de ceux qui s'ouvrirent un passage l'épée à la main : déjà ses 'jours étaient en sûreté ; mais, en sautant sur une barque qui était un peu éloignée du rivage, il tomba dans la rivière et fut entraîné par le poids de deux superbes cottes de maille que lui avait envoyées le czar. Ainsi périt, en 1583, ce Cosaque célèbre qui, par les services qu'il rendit à la Russie, mérita d'être placé au nombre de ses héros. Il découvrit et conquit U Sibérie; mais, après sa mort, il fallut encore à U domination russe deux règnes successifs pour s'y affermir. Ivan n'avait pu apprendre que les premiers succès d'Iermak. B — f.

IETZELER (Christophe) naquit à SchafThouse en 1754 et mourut en 1791 . Porté dès sa jeunesse vers les études mathématiques, il quitta bientôt son état de pelletier pour se rendre à Berlin, où il profita beaucoup des leçons du grand Euler. Après avoir voyagé en France , en Allemagne et en Angleterre, il revint dans sa patrie. Il y fut d'abord nommé architecte de la ville; en 1775, la chaire de mathématiques au gymnase de SchafThouse lui fut confiée. Il a donné la Description dm nouveau pont (brûlé depuis) de cette ville, et le Plan d'une maison des orphelins, à la fondation de laquelle il avait employé la plus grande partie de sa fortune, une sommé d'environ vingt mille francs. Durant sa vie, il en fut l'administrateur gratuit. U— i.

IEZDEDJLRD I" (en ancien persan Iezuilerd, et en arménien Iazgerd), roi de Perse de la dynastie des Sassan ides, fils de.Schahpour III, monta sur le trône en l'an 399, après la mort de son frère Bahram IV, surnommé Kermansckah. H parait que le gouvernement d'iezdedjerd fut très-dur et tyrannique, car les Persans lui donnent les surnomj de Ferouikar et de Pejehkar, qui signifient méchant; les Arabes l'appellent Athim. ce qui revient au même. On ne voit pas cependant, par ce que l'histoire nous a conservé de son règne, qu'il ait mérité des épithèles aussi injurieuses. U est à croire que ce fut la faveur qu'il accorda aux chrétiens, pendant toute la durée de son règne, qui mécontenta les mages et put contribuer à le rendre odieux à ses sujets. lezdedjerd vécut en paix avec les Romains pendant toute la durée de son règne, et les liens qui, de son temps, unirent les deux empires furent tels que l'empereur Arcadius lui confia en mourant (en l'an 408) la tutelle de son fils Théodose le Jeune. Ce fait , attesté par Procope, quoique mis en doute par Agathias, s'accorde fort bien avec la profonde paix dont

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jouissaient les deux empires à cette époque. S'il en avait été" autrement, le roi de Perse, naturellement ennemi des Romains, n'aurait pas manqué de profiter de cette occasion pour faire de grandes conquêtes pendant que l'empire était entre les mains d'un enfant. Bien au contraire, on ne voit pas que lezdedjerd ait jamais commis la moindre hostilité, et les chrétiens furent toujours protégés par lui, ce qu'il n'aurait certainement pas fait s'il avait été l'ennemi des Romains. Le roi de Perse envoya à Constantinople un de ses eunuques, nommé An t inchus , qui était chrétien , pour surveiller en son nom l'éducation du jeune prince. Tranquille du cOté des Romains, lezdedjerd jouit sur le trône de la plus profonde paix. En l'an 414, Bahram-Schahpour, ou Vrham-Schabouh, roi d'Arménie, de la race des Arsacides, qui avait été son vassal, mourut après un règne de vingt et un ans. Il ne laissait pour héritier qu'un jeune enfant de dix ans, appelé Anlaschès. Le patriarche Sahag, issu d'une autre branche de la race des Arsacides, vint alors à Ctésiphon avec une députation des grands de la nation, pour supplier lezdedjerd de leur accorder pour roi Khosrou ou Chosroès, frère de Bahram-Schahpour, qui avait déjà régné en Arménie. Il avait été dépouillé de la couronne par Schahpour III, pour avoir contracté alliance avec les Romains sans sa participation. Depuis cette époque, il était resté enfermé dans le château de l'Oubli, en Susiane. lezdedjerd consentit sans peine à satisfaire le vœu des princes arméniens; il leur rendit leur ancien roi et le renvoya dans sa patrie. Khosrou ne jouit pas longtemps des bienfaits du prince sassanide : il mourut environ huit mois après son retour dans ses États. Comme il n'avait point d'enfants et que le fils de son frère n'était pas encore en état de gouverner, lezdedjerd lui donna pour successeur le second de ses fils, Schahpour, qu'il envoya en Arménie avec une puissante armée et un grand nombre de princes qui étaient depuis longtemps captifs en Perse. Les Arméniens se soumirent à regret à ce prince étranger, qui ne put jamais y affermir sa puissance ni se concilier leur affection. Les rapports d'amitié qui, depuis le commencement du règne d'Iezdedjerd, subsistaient entre l'empire romain et le royaume de Perse avaient contribué puissamment à favoriser la propagation du christianisme dans l'intérieur de la Perse , et l'on ne voit pas que le prince sassanide ait pris aucune mesure pour s'y opposer. Le nombre des chrétiens s'accrut considérablement, et ils jouirent de la plus entière liberté. St-Maroutha, évéque de Martyropolis, dans la Mésopotamie, qui résidait auprès du prince en qualité d'envoyé de Théodose le Jeune, était parvenu par ses vertus, sa piété et ses connaissances dans la médecine, à s'acquérir tellement la faveur du roi , que les mages, alarmés, craignirent pour leur religion : ils remplirent le royaume de leurs plaintes et répandirent le bruit qu'Iezdedjerd voulait embrasser

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la religion chrétienne. Le roi, irrité, en fit punir plusieurs, ce qui ne servit qu'à augmenter le mécontentement de ses sujets. Les chrétiens convoquèrent, en 414, un grand concile dans la capitale même. Il fut présidé par St-llaroutha et par Iaballaha, patriarche de Ctésiphon; et tous les évéques qui y assistèrent adoptèrent la profession de foi du concile de Nicée.qui n'était pas généralement reçue par les chrétiens dans l'Orient, hors des limites de l'empire romain. Il est à croire qu'ils auraient continué à jouir de la même liberté sous le règne de ce prince, sans le zèle imprudent d'Abdas, évéque de Susc, qui détruisit un temple du feu. Le peuple et les mages, irrités, massacrèrent les chrétiens et murmurèrent de tous côtés contre la faiblesse de leur roi. Pour apaiser leurs plaintes, lezdedjerd ordonna d'emprisonner plusieurs chrétiens et de faire des recherches contre d'autres; mais il parait que la persécution ne fut pas bien rigoureuse, car l'évéque Abdas, qui en était l'auteur, ne périt que sous le règne suivant. Vers le même temps, lezdedjerd fit une chute de cheval qui causa sa mort en l'an 419, après un règne de vingt et un ans. Aussitôt que son second fils Schahpour, roi d'Arménie, apprit sa maladie, il abandonna son royaume et vint à Ctésiphon pour tâcher de régner après la mort de son père; mais les grands, qui détestaient lezdedjerd, ne se souciaient pas d'avoir un de ses fils pour roi. Schahpour n'arriva qu'après la mort d'Iezdedjerd, et il périt lui-même empoisonné quelques jours après. On proclama roi Khosrou ou Chosroès, fils d'Ardeschir II, au préjudice de Babram, fils aîné d'Iezdedjerd, que son père avait envoyé à la cour de Mondar, roi arabe résidant à Hirah. S. M— i».

IEZDEDJERD II, surnommé Ntrem (le doux), fils et successeur de Bahram V, monta sur le trône de Perse en l'an 439 de J.-C. Mihir-Nerscb, qui avait occupé, sous le règne de son père, la place de premier ministre et avait ensuite été disgracié, fut rappelé par le nouveau roi et chargé de l'administration des affaires du royaume. Peu après son avènement, l'empereur Théodose le Jeune crut trouver dans cette circonstance l'occasion de s'affranchir des subsides onéreux qu'il était oblige de payer pour conserver la paix avec les Perses, et qui servaient à soudoyer les troupes chargées de défendre les défilés du mont Caucase contre les irruptions des Huns. lezdedjerd fit aussitôt entrer son armée en Mésopotamie, sous la conduite de Mihir-Nerseh, tandis que d'autres troupes s'avançaient par l'Arménie pour entrer dans l'Asie Mineure. L'appareil de toutes ces forces épouvanta Théodose, qui s'empressa de réparer tous les griefs dont il s'était rendu coupable contre la Perse, et renouvela la paix, qui ne fut plus violée par l'un ni l'autre prince, lezdedjerd était très-attaché à la loi de Zoroastre, et il voulait y soumettre tous les peuples de son empire. Son ministre Mihir-Nerseh, qui avait été mage, l'excitait toujours à prendre un parti extrême, lezded-

jerd ne s'y décida cependant qu'arec beaucoup de répugnance, parce qu'il craignait de porter à la révolte les chrétiens, qui étaient fort nombreux dans plusieurs parties de ses États. Enfin, en l'an 44* , il envoya en Arménie Mihir-Nerseh pour y établir le culte du feu , et il le fit accompagner par un grand nombre de prêtres et de soldats. Varazvaghan, gendre de Vasag, prince des Siounlens , vint aussitôt le joindre, renonça au christianisme et promit de le seconder dans tous ses projets. N'osant employer la force, Mihir-Nerseh appela auprès de lui tous les princes arméniens, ibériens et albaniens, sous prétexte d'accompagner le roi dans une guerre contre les Huns Ephthalites , è l'orient de la mer Caspienne. Pendant plus de deux ans, les princes arméniens combattirent contre les Huns et rendirent de grands services au roi de Perse; mais on ne put en aucune manière les faire renoncer à leur religion. Mihir- Nerseh, lassé de cette obstination, manifesta* enfin hautement les ordres qu'il avait reçus de son roi ; les menaces , les présents, les promesses, rien ne fut épargné pour gagner ou pour épouvanter les princes ; tout fut inutile , et la nafion entière montra la plus rive opposition è celte apostasie ; mais enfin, réduits à la dernière extrémité, le général Vartan et quelques-uns des princes consentirent, pour sauver leur vie, à tout ce qu'on leur demanda ; puis, en présence du roi, ils firent abjuration et s'acquittèrent de toutes les cérémonies prescrites par la loi de Zoroastre. Content de leur soumission , lezdedjerd les renvoya en Arménie avec une grande quantité de troupes persanes et beaucoup de mnges, pour détruire tous les temples chrétiens et pour propager dans tout le pays le culte du feu. D'autres princes arméniens abandonnèrent alors la foi chrétienne et signalèrent leur zèle par les plus cruelles dévastations. A cette triste nouvelle, tout le peuple arménien court aux armes; le patriarche et tous les cvèques se préparent au martyre, et l'Arménie paraissait menacée des derniers malheurs, quand le général Vartan, honteux de sa faiblesse, s'enfuit secrètement du camp des Persans et tint trouver le patriarche Joseph , pleurant amèrement sa coupable apostasie; il se jeta à ses pieds pour obtenir son pardon, et jura devant lui, ainsi que tous ceux qui avaient partagé sa faiblesse, de vaincre ou de mourir pour la fol de ses ancêtres. Empressé d'accomplir ses serments, Vartan rassembla toutes ses forces, fit un appel pour réunir sous ses drapeaux tous les autres princes arméniens. Bientôt Il se vit à la tête de cent mille guerriers, marcha contre les étrangers et les apostats, les mit dans une déroute complète, brûla les temples qu'ils avaient élevés et fit périr dans les supplices tous ceux qui avaient échappé au glaive. Tandis que Vartan vengeait ainsi son pays et que , par ses triomphes, il faisait oublier à ses compatriotes un seul instant d'erreur, les princes des Albaniens étaient aussi tourmentés par les ordres du roi de

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