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sonne et le ramena lui-même prisonnier au château de Vincennes. Mais on voit dans les Lettres de Mirabeau àSophie que l'exempt de police chargé de son arrestation se nommait Brugnières. Si Jacquet y concourut , ce ne fut donc que comme agent subalterne. Plus tard il reçut du comte de Maurepas la mission d'aller en Angleterre à la recherche d'un libelle qui s'y imprimait contre la reine; et, sous prétexte d'en prévenir la circulation, il tira du ministère à plusieurs reprises des sommes assez fortes. Mais , convaincu d'être luimême l'auteur du libelle qu'il avait dénoncé, et de s'entendre avec Morande (voy. ce nom) pour tromper le ministère, il fut enfermé à la Bastille (décembre 1781). l,es Mémoires secrets disent que, jugé par une commission secrète, Jacquet fut condamné à mort, mais que cette peine fut commuée en une prison perpétuelle. Ce qu'il y a de certain, c'est que depuis on n'en entendit plus parler. Jacquet peut être regardé comme un des auteurs ou collaborateurs des divers pamphlets anonymes publiés contre la cour de 1773 à 1780. Suivant Barbier, il eut part à l'ouvrage intitulé Les joueurs et M. Dus s aulx , 1781, in-8°, dirigé contre les maisons de jeu. \V — s.
JACQUET (Louis), littérateur, né à Lyon le 6 mars 1732, fit ses études sous la direction drs jésuites cl fut admis dans l'institut à l'âge de dixsept ans (1719), puis envoyé par ses supérieurs au collège de Dole, où il enseigna successivement les humanités et la rhétorique. U remporta un prix à l'Académie de Besançon, en 1760, par un discours sur cette maxime : La candeur et la fran-m chise sont communément plus utiles dans le maniement des affaires que la ruse et la dissimulation. L'année suivante il se mit sur les rangs, et ne fut pas moins heureux en traitant celle question : Le désir de perpétuer son nom et ses actions dans lit mémuire des hommes est-il conforme à Uk nature et à la raison? Celle fois il avait pour concurrent son compatriote et son ami le P. Philipon, connu depuis dans le monde sous le nom de la Madelaiue (voy. Pmurox). Le P. Jacquet, qui s'était prononcé pour l'affirmative, obtint le prix, et Philipon l'accessit. Les deux rivaux s'entendirent pour faire imprimer leurs discours, qui parurent sous ce litre : Le Pour et le Contre sur cette question proposée par V Académie de Besançon, etc., Lyon, 1761, in-8°. Deux ans après, le P. Jacquet partagea le prix avec mademoiselle de Bermann (voy. ce nom ), pour un discours sur ce sujet : Combien les mœurs donnent de prix aux talents / (1). A la suppression des jésuites, le P. Jacquet revint à Lyon, où il fut nommé chancelier de l'église St-Jcan, et, s'étant fait recevoir avocat, il partagea son temps entre les travaux du cabinet et la cul-
(l| L'Académie de Besançon, ayant cette année (17B31 deux prix d'éloquence , décerna le premier à l'abbé Hergicr, il connu députa par se» ouvrage» en faveur de la religion , et partagea le second entre mademoiselle de Bermann et le P. Jacquet, qui témoigna le désir de n'être point nommé dans la séance. i.Kroul'tt dt VAetut., t. U, séance du 24 août.)
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turc de son esprit. Admis en 17G6 à l'Acadc'mie de Lyon, il y prononça le jour de sa réception un discours iorl remarquable, dans lequel il examine l'influence des lettres sur les mœurs, et décide commo ilousseau qu'elle ne leur a pas été favorable. Il redescendit en 17(39 dans la lice acadéiuique, et fut couronné à Marseille pour un discours sur celte question : Les lois somptuaires concienntnt-elles aux monarchies (1 ) > Jacquet prenait une part très-active aux travaux de l'Académie tic Lyon, dont il élait l'un des membres les plus distingués (i) , et lui communiquait fréquemment le résultat de ses recherches archéologiques ou de ses excursions dans le domaine de la poésie. C'est lui qui fut chargé du rapport sur les concoure auxquels l'abbé llaynal avait donné lieu, en faisant les fonds d'un prix qui devait être décerné à l'auteur du meilleur mémoire sur l'influence de la découverte de l'Amérique (roy. Raykal). Ce rapport, que Delandine cite comme un modèle en ce genre, fut imprimé en 171)1 (3). L'abbé Jacquet travaillait depuis plus de dix ans à un grand ouvrage dans lequel il se proposait de rechercher l'origine de la société, celle du langage, des arts, etc.; il en avait lu plusieurs fragments à ses confrères, dont h s suffrages l'encourageaient à poursuivre la tache difficile qu'il s'était imposée. La révolution l'obligea d'interrompre 6es paisibles études; forcé bientôt de chercher un asile dans le voisinage de Lyon , il y mourut en 1794. Outre les divers morceaux déjà cités, on a de lui : Parallèle des tragiques grecs et franenit, Lyon, 1700, in-12. On conservait à la bibliothèque
* de cette ville (cat. des manuscrits, n° 1490) sept discours de l'abbé Jacquet sur la perfectibilité de l'homme, sur les mœurs, sur l'état de nature, etc., qui devaient être autant de parties ou de chapitres de son grand ouvrage dont l'autographe est probablement perdu. Ces divers écrits offrent, suivant Delandine, soit par le fond des idées, soit par les formes du style, comme un reflet des ouvrages de Rousseau, dont il était un admirateur passionné. M.yuérard,cn attribuant, dans la France littéraire, à l'abbé Jacquet, une part à la brochure intitulée Les Joueurs et M. Dussaulx, l'a confondu avec un agent subalterne de la police, son homonyme (roy. l'ar». précédent). W — s.
JACyilKT (KLT.fesr.-ViJiCF.NT-STAMisi.A8), orientaliste belge, naquit le 10 mai 1811 à Bruxelles. Ses parents, mieux partagés de sentiments honorables que des biens de la fortune , l'ayant amené dès l'âge de deux ans à Paris, avaient tâché d'assurer son avenir en lui procurant l'instruction que le développement précoce de son intelligence parais-
(1) f «- diteour* rot i m j rime1 dan» le Recueil de l'Académie de Marseille f our l'annce 1770.
|2| Ue*t aiuti que le qualifie De'andine [Calai, des mantucr. ac ta bttltotÂ. dt Lyon, l. 8, p. 4M}.
13) Bout ce litre : Coup tt'crtl tur Us qvalrt concourt qui ont
• eu luu à VAcademit dt» teiencet.btUn-ltttru tt arlt dt Lyon, peur le prix cfftrt par tabb.1 Haynal , «nr la dtceuvtrlt dt l'Amtnqut, Lyon, BnijTMt, 17SI, ln-6«.
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sait exiger. Au collège Louis-le-Grand , il obtint des succès et en sortit avec une connaissance suffisante des langues anciennes. Bientôt il entreprit l'étude des langues orientales ; et ce fut avec une ardeur qui ne se ralentit pas un seul instant qu'il suivit les leçons d'Abel Rémusat pour te chinois, celles de Chézy, et plus tard de M. Eugène Bournouf , pour le sanscrit ; celles de Sylvestre de Saey pour l'arabe et le persan ; celles d'Ame'déc Jaubert pour le turc. Dès l'année 1819 il devint membre de la société asiatique, et ne tarda pas à lire dans les séances de cette compagnie, el à insérer dans son journal, des mémoires et des dissertations qui attestaient des recherches persévérantes et une sagacité remarquable. Il embrassa aussi dans ses investigations le malais et les idiomes des peuples de l'ancien monde les plus reculés vers l'orient ; il portait en même temps son attention sur la géographie et l'histoire des na'tions. Plusieurs savants, frappés de l'importance des travaux d'un homme si jeune encore, lui manifestèrent leur estime et correspondirent avec lui. Les deux langues les plus célèbres de l'Asie orientale, le sanscrit et le chinois, avaient spécialement fixé Atn attention ; mais, depuis 1KB surtout, il avait concentré presque tous ses efforts sur le sanscrit ; il le lisait avec la plus grande facilité, et l'avait suivi dans les dialectes qui en dérivent. Il était déjà préparé pour l'interprétation des monuments épigraphlques que la société asiatique de Calcutta met chaque jour en lumière. Il avait entrepris de publier un recueil d'inscriptions indiennes, et ce projet, pour l'exécution duquel il n'avait trouvé d'encouragements que hors de France, l'avait conduit à des éludes très-profondes sur la paléographie sanscrite, qu'il possédait peutêtre à un plus haut degré qu'aucun autre philologue du continent. Il connaissait à fond les inscriptions précédemment traduites dans divers recueils publiés en Angleterre et dans les Indes, et avait commencé l'examen «le plusieurs monuments du même genre, encore inédits, dont il devait la communication à la libéralité des savants de Calcutta; car, de tous les pays où les lettres orientales sont cultivées, il recevait des témoignages de l'intérêt qu'il inspirait. La douceur de syn caractère, relevée par une délicatesse d'esprit que ne déparait pas un peu de malice sans malveillance , lui avait acquis l'amitié de toutes les personnes qui le connaissaient; sa courtoisie, sa conduite exemplaire lui méritaient 1rs égards de quiconque avait des rapports avec lui. liais tous ces avantages ne le rendaient pas plu» heureux. 11 avait commencé et poursuivi se* études avec un dévouement compléta la science: les difficultés de sa position ne le rebutaient pas : pour sortir de l'état de gêne où il se trouvait, il consacrait à un travail opiniâtre les heures qu'il aurait dit laisser au sommeil. Vainement ses amis le recommandèrent à la bienveillance des hommes qui disposaient des grâces et de ceux qui pouvaient
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attirer sur lui l'attention île» granits. Le résultat naturel de cet excès d'application se manifesta : Jaequet, qui avait la poitrine faible, commença dès 1837 à dépérir d'une manière sensible; sa pâleur, son amaigrissement, signalèrent le delà* brement de sa santé. Néanmoins sa gaieté ne l'abandonnait pas. Il mourut le 7 juillet 1838. Presque tous ses écrits sont contenus dans le Xouvrnu journal asiatique ; 1" Sot* sur la littérature du Xipal, t. 4 ; 2" Notice sur les accouckemenU au Japon ; 3° Observations grammaticales sur un tpàcinuu du dialecte abyssin du Tigre, t. 5 ; -4° te Litre du graut-caan; îîP Xotice sur ta collection des manuscrits palis et singkalais de Copenhague, traduite du danois, t. 6 ; 6U Légende d'Èson selon le chin-sianthoung-kian ; 7° Xotice sur quelques relations diplomatiques des Mongols de Chine, arec tes papes d'Avignon, t. 7 ; 8° Mélanges makis, javanais et polynésiens (cootiuués dans 1rs tomes 9, 10 et H) ( Q" Xotice sur nue médaille monqole de ti/iautn-kkan , traduite de l'allemand: 10° ktynsologie du nom de Ziagatara que les Japonais donnent à l'Europe j ii* Extrait d'un manuscrit inédit intitulé : Religion des Malabars (continué dans plusieurs volumes suivants) ; 12° Description des lies Trapo et Traponée, t. 8; 13° Origine de l'un des noms sous lesquels l'empire romain a été connu à la Chine; 14° Xotice sur la secte du ttuing Uhkd ou du thé pur, %. 0 ; 13" Impression et distribution de bons livres à ta Chine, t. 8 ; i6° Xotice sur le* Orong Aboung, 1. 12 ; 17° Conjectures sur l'origine de ta dénomination de l'Afrique, t. 13; 18» fJaiw.il alléguée par les mahométans pour rr jeter l'Evangile, t. 14; 19° Mode d'expression symbolique des nombres employés par Us indiens. Us Tibè4ains et Us Javanais, t. 16; 20- Xotice de la colUction des médailles bactriennes et indoscytiques, rapportées par U général Altard ; 21° Xotice sur les découvertes archéologiques faites par M. Uonigberger dans l'Afghanistan (continuée dans les volumes suivants), t. Ie* de la 3* série, 22° txanun de la traduction du Eo-kouè-ki ; 23° Conjectures sur les marches d'Alexandre dans la Bactriane, par le général Court; 24° Examen critique de t'ou* vrage intituU : DU Altpersiscben Keilingschriflen von Persepolis, von Cbr. Lasse n. Ces trois articles, qu'on lit dans les tomes 2 , 4 , 5 et 6 , sout restés incomplets. 25° Légende de l'esprit du foyer, traduite du chinois et publiée dans un journal belge. M. E. Rurnouf a inséré dans le tome 0 du Journal asiatique une courte notice sur Jacquet. Elle nous a été utile pour la rédaction de cet article. Il dit avec vérité que ce jeune homme mourut au milieu des médailles que M. Meifredy lui avait apportées de la part du général Court ; les remarques dont il accompagnait le mémoire de ee général l'occupaient encore à ses derniers m»* ments. E— s.
JACQUET (Eu&abbtii-Cuude). Voyex Guerre.
JACQIET-DROZ. Voyet, Daoz.
JACQUIER (Ce père François), savant mathématicien , naquit à Vilrv-le-i' rauçois, le 7 juin 1711.
jai;
Sa première éducation fut confiée à un respectable ecclésiastique , qui , découvrant dans son élève de rares dispositions pour les sciences, mit tous ses soins à les cultiver. A l'âge de seize ans, le jeune Jacquier entra dans l'ordre des Uiniroes, et, après sa profession, fut envoyé à Rome, où il termina ses éludes dans le couvent français de cet ordre , appelé la Trinité du Mont, Ses supérieurs le laissèrent suivre le penchant qui l'entraînait vers les sciences mathématiques; mais, pour se délasser de ces spéculations abstraites, il s'appliqua aussi aux langues anciennes, au point que l'hébreu lui devint bientôt familier : quant au grec, il le parlait aussi couramment que sa langue maternelle. U se lia de l'amitié la plus étroite avec le P. Leseur, aulre minime français; et la conformité de goûts et de talent qui existait entre eux, fit qu'ils publièrent en commun les ouvrages qui ont fait leur réputation*. Les travaux et les connaissances du père Jacquier lui méritèrent la protection des cardinaux Albéroni et Porlocarrero : ayant accompagné le premier dans sa légation de la Romagne, il fut chargé d'examiner l'état des travaux hydrauliques commencés par le célèbre Manfredi, pour garantir des inondations cette riche province. A son retour, il obtint, en 1733, la chaire d'Ecriture sainte au collège de la Propagande; et le chapitre général des Minimes, assemblé à Marseille, le chargea en même temps de travailler aux annales de cet ordre . Des occupations si variées ne ralentirent point son ardeur pour les mathématiques : il n'avait que vingtrhuit ans lorsqu'on vit paraître, en 1730, )e premier volume de son commentaire sur Newton. On sait que les Principes mathématiques de la philosophie naturelle, de ce grand homme, sont si pleins de géométrie suhlime, et si peu à la portée du commun des lecteurs, qu'il fallait être un géomètre du premier ordre pour en bien saisir l'enchalnemeut. David Gregory, qui avait essayé de les éclaircir, dans ses Éléments d'astronomie physique , publiés en 1702, n'avait fait que les présenter dans un ordre différent, sans en dissiper l'obscurité. Mais l'ouvrage des PP. Jacquier et Leseur a complètement satisfait à cet égard l'attente générale, en mettant le grand Newton à la portée de tous ceux qui ont quelque teinture de géométrie. Ils y ont d'ailleurs inséré un grand nombre de morceaux intéressants. Les deux savants minimes s'occupaient en même temps du calcul intégral et de divers problèmes astronomiques. L'excès du travail ayant affaibli la santé du père Jacquier, on lui conseilla d'aller respirer l'air natal : il vint passer une année en France, où Laui* XV lui accorda une pension de cinq cents, livres.. Le roi de Sardaigne le nomma , en 1743 , professeur de physique à l'université de Turin ; mais le cardinal Valenti, premier ministre de Benoit XIV, voulant conserver à Rome un professeur aussi disliugué, le rappela dans cette capitale , et lui donna, en
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talc au collège romain. Ce savant religieux était consulté dans toutes les occasions où l'on avait besoin du secours des sciences mathématiques. L'immense coupole de l'église St-Pierre ayant paru menacer ruine, les pères Jacquier, Leseur et Boscovich et le marquis Poleni furent appelés pour aviser aux moyens de prévenir un pareil accident : l'armature en fer qu'ils firent établir, sans altérer en rien l'élégante .majesté de ce superbe monument, lui donna toute la solidité que l'on pouvait désirer. Ce fut au père Jacquier que Clément XIII soumit, en 1763, l'examen de divers projets sur les canaux du Holognèsc et de la Romagne : la même année, Keralio le fit venir à Parme avec le père Leseur, pour instruire l'infant don Ferdinand dans les sciences physicomathématiques. A la suppression des jésuites, en 4773, le père Jacquier fut rappelé à Rome pour occuper la chaire de mathématiques au collège romain. Pie VI ne lui témoigna pas moins de confiance que ses prédécesseurs; il lui soumettait tous les projets qui exigeaient le secours des sciences mathématiques. Knfin, après avoir joui constamment de l'estime générale, ce sarant professeur termina sa laborieuse carrière le 3 juillet 1788, à l'âge de 77 ans. Il était associé aux Académies des sciences de Paris, de St-Pétersbourg, de Berlin, de la société royale de Londres, de l'académie des belles-lettres de Lyon, de l'institui de Bologne et des principales sociétés littéraires d'Italie. Il était connu dans celle degli Arcadi sous le nom de Diofante Amicleo ; et l'abbé Ceruti (Giacinto) y prononça le 4 décembre son éloge funèbre, in-8° de trente-six pages. L'abbé Godard, autre pasteur arcadien, donna sur le même sujet un poimeUo de vingt pages in-8°. Mais on trouve de plus grands détails dans son Éloge publié en i~yo par le comte J.-13. Avanzo. On a du père Jacquier les ouvrages suivants : 1° Isaaci Ntwtoni phitosophiœ naturalis Principia mothemaliea, perpetui* commentariis illustrai*, commun i ttudio PP. Th, Leseur et Fr. Jacquier, 1739-40-42, 4 parties en 3 tomes in-4°; ce livre fut imprimé à Genève par les soins du professeur J.-L. Calandrini, qui l'enrichit de quelques notes, désignées par un astérisque, et y ajouta divers mémoires. L'ouvrage des pères Leseur et Jacquier reparut à Prague, en 1780, avec de nouveaux commentaires de J. Tessaneck. 2° Parère e rijlettioni supra i danni délia cuppoladiSan-Pietro, Rome, 1743, in-l"; 3° Discorso sopra la maC aria e*le malattie checagiona principalmente in varie spiaggie tTIlalia in temjm di e state. ibid., 1743, in-4°; 4U Dissertaùone accademica di Diofante Amicleo sopra i aria di Huma , Venise, 1743, in-4"; 173S, in-8° de 32 pages. 5° EUmenti di ptrspetiiva secundo i principi di Taylor, Rome, 1735, in -M". « Livre estimé, dit « Montucla, et propre à satisfaire également le « savant géomètre et le géomètre médiocre. » 6« Institutions pkilosophicœ ad studia theologica potissimum accommodata, ibid., 1737, 6 vol.in-12;
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plusieurs fois réimprimé à Rome, à Venise et en Allemagne : il a aussi été traduit en espagnol par Sanlos Diez Gonzales, Madrid, 1787, 2 vol. in-l*; ib. , 1791, 6 vol. 'n-8°; 7° Dissertaùone sul Uigo Trasimeno, imprimé à Rome, mais très-rare et recherché; 8° De tetere quodam solari horologio nuper invento, epistola dans Y Antiquorum monument orum Sylloge de G. H. Martini, Leipsick (1783), in-8°, p. 93-110, avec fig. ; 9° Osservationi eritieke snlle istituùoni filosofiche. Lucca, 1765, in-8°; 10° Eléments du calcul intégral. Parme, 1768,2vol. în-4°; ouvrage estimé, et le plus complet qui eût encore paru sur cette matière. 11° Trattato iniorno la t/era. ibid., 1775; fait pour servir d'introduction à une traduction italienne de la géographie de Bufficr, qu'il enrichit aussi d'une Géographie sacrée. 12° Elogio accademico del cet. mate matin signor abate Frisi. recitato in Arcadia, Venise, 1786, in-8°; sans parler de plusieurs autres dissertations ou discours académiques sur l'architecture , la musique, les cloches, et sur l'intention des aérostats. qu'il croyait avoir été connus bien avant Mongolfier, sur le port de Rimini, sur la route de Viterbe, etc. De son travail sur les annales des Minimes, il n'a paru qu'une vie de St-François de Paule, avec une hymne sur ce saint, et un petit office de son martyre, c'est-à-dire de la profanation de ses reliques, exercée par les calvinistes en 1562. CM. P.
JACQUIN (AnMASD-PiEititE), né le 20 décembre 1721 à Amiens, y commença ses études, qu'il vint achever à Paris. H était chapelain de l'église cathédrale d'Amiens, lorsqu'en 1771 il obtint le même emploi auprès du comte de Provence. Deux ans après , le comte d'Artois le choisit pour son historiographe. L'époque de sa mort est inconnue; mais elle parait avoir été antérieure à 1780. On a de lui : 1° Entretiens sur les romans, Paris, 175.'», iu-12. Il en attribue l'invention aux Égyptiens. La quatrième et dernière partie de l'ouvrage traite du danger de la lecture des romans ; il y donne une traduction de la harangue latine du P. Porée sur le même sujet. 2° Lettres sur Us pétrifications trouvées à Albert en Picardie; elles sont au nombre de trois, et se trouvent dans les Afrrcures de juin et décembre 1755 et novembre 1757. Une quatrième, qui n'est qu'une réponse à M. de Itoissy, est dans le Mercure de février 1758. 3° Lettres philosophiques et théologiques sur l'inoculation de la petite vérole . 1756, in-l 2. L'auteur prétend que la religion condamne l'inoculation. 4° Discours sur la connaissance et V application des talents, Paris, 1760, in-12; 5° De la santé. 1762, in-12; 4« édition, 1771, in-12, très-augmentée. Malgré l'utilité de ses observations fondées sur l'expérience , l'auteur vécut peu de temps, dit le P. Daire. 6* Introduction à la science des médailles. par dom Thomas Mangeart, 1763, in -fol. L'abbé Jacquin a non-seulement présidé à l'impression de cet ouvrage , mais il y a mi» la dernière main et a revu le manuscrit en entier. 7- Quelquei
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articles dans les Mercure* de 176i, 1763, 4773, 1774, 1775 ; 8° Lettres parisiennes sur le désir d'être heureux, Genève et Paris, 1758, 1761, 2 part, in- 12; 9° Les préjugés, Paris, 1760, in-12; 10° Sermons pour l'Atent et le Carême. Paris, 1768, 2 vol. in-12. Ersch lui attribue un- Almanack des Voyageurs, 1750, in-16, et des Sermons sur divers sujets, 1768, 2 roi. in-12. Ces deux ouvrages ne sont pas mentionnés dans l'Histoire littéraire de la ville d'Amiens. par le P. Daire. Il est à croire que le second est celui que nous avons indiqué sous le n lu. mai» auquel Ersch donne la date de 1768. Malgré le titre qu'il avait, l'abbé Jacquin n'a laissé aucun ouvrage historique. A. B — t.
JACQUIN (NicoufrJosEPH), botaniste célèbre, naquit à Leyde le 16 février 1727. Il fut attiré à Vienne par son compatriote Van Swicten , à qui ses progrès rapides dans la médecine l'avaient fait connaître. Le goût que Jacquin montra pour l'étude des plantes détermina ensuite l'empereur François I" à l'envoyer en Amérique recueillir des végétaux destinés à orner les jardins botaniques de Vienne et de Schœnbrunn. Jacquin partit en 1781, et passa cinq ans à parcourir les Antilles, depuis la Jamaïque et Saint-Domingue jusqu'à Curaçao; il visita aussi le continent voisin. Quoique les effets du climat équatorial eussent dérangé sa santé pendant près de deux ans, il rapporta néanmoins de son voyage une magnifique collection de plantes .qu'il avait toutes examinées, décrites et dessinées avec l'exactitude et le soin d'un homme zélé pour la science à laquelle il s'était consacré. Plusieurs voyageurs avaient déjà donné la description d'un grand nombre de végétaux des pays visités par Jacquin : mais lui seul en fit connaître un nombre encore plus considérable ; et d'ailleurs ses travaux, dirigés d'après les principes introduits par Linné dans l'étude de la botanique, ont eu des résultats plus positifs que ceux de ses devanciers. De retour en Europe, Jacquin publia la liste des plantes qu'il avait découvertes en Amérique, et en enrichit les jardins de Vienne et de Schœnbrunn. Grâce aux travaux de Jacquin, ces deux jardins, et notamment le dernier, devinrent les plus beaux de l'Europe, et ne furent pas moins utiles aux progrès de la botanique par la facilité qu'ils offraient d'étudier les plantes exotiques. Les souverains de l'Autriche ont successivement secondé le zèle de Jacquin , et c'est un empereur, s'occupant luimême de botanique, qui a fait construire les serres auxquelles Schœnbrunn doit sa haute réputation. « En entrant dans ces serres, les plus vastes qui » existent, dit un voyageur français, on pourrait • facilement se croire transporté au milieu de « l'Amérique, tant la végétation y est belle et « imposante. L'illusion est d'autant plus complète, « qu'au milieu des palmiers, des bambous et des « cannes à sucre, volent les oiseaux des tropiques.» Jacquin décrivit dans de beaux ouvrages les trésors de ces jardins, et surtout de celui de l'uni-
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versité de Vienne, dont il eut la direction spéciale. L'étude des plantes étrangères ne prenait pas tellement son temps qu'il ne pût aussi consacrer ses veilles aux plantes d'Europe. Deux ans après son retour d'Amérique, il fit paraître un Catalogue de celles des environs de Vienne, et ensuite une magnifique Description des végétaux de l'Autriche, ajoutant sans cesse de nouvelles espèces à celles que l'on connaissait déjà. Il se livrait aussi à la pratique de la médecine avec succès, et jouissait de la réputation d'un homme savant et habile dans son art. Il remplissait enfin les chaires de chimie et de botanique à l'université de Vienne. Ses nombreux et -utiles travaux obtinrent leur récompense. Anobli, puis créé baron en 1806 et décoré de la croix de Sl-Etienne, nommé conseiller des mines et des monnaies, correspondant de l'Académie des sciences de Paris, et membre de la plupart des sociétés savantes de l'Europe, il a terminé sa longue carrière le 21 octobre 1817, laissant un fils qui marchait sur ses traces. On a de lui : 1° Enumeratio syitematica plantarum quas in insulis Cariba'is ticinaque America continente detexit notas aut jam coqnUas emendavit, Leyde, 1760,
I vol. in-8°. Dans la préface de ce petit volume qui ne contient que quarante pages, l'auteur, qui la date de Vienne, annonce que son projet est de faire paraître sur le même sujet un autre ouvrage qui offrira des descriptions détaillées et des figures (voy. le n° 3). 2° Enumeratio stirpium plerarumque qua sponte crescunt in agro Vindobonensi et in montions adjacentibus , Vienne, 1702, 1 vol. in-8°, avec flg. Ce catalogue est suivi d'observations sur les plantes les plus rares et sur des végétaux exotiques. 3° Selectarum stirpium americanarum historia, ibid., 1763, in-fol., 183 fig. dessinées par l'auteur et coloriées comme dans tous les grands ouvrages suivants. C'est le livre promis par la préface du n° 1. Il fut réimprimé en 1781 ; et ensuite à Manheim, en 1788, en un volume in-8°, du consentement de l'auteur. Les figures ne se trouvent point dans cette dernière édition. 4° Observationesbotanica, Vienne, 1764-71, 4 tomes in-fol., avec flg. On y trouve diverses observations sur les plantes indigènes et exotiques que Jacquin avait omises dans ses autres ouvrages.
II n'a pas suivi d'ordre systématique. 5° Index regni tegetabilis , qui continel plantas omnes qua habentur in Linnai systematis editione novissima duodecima. ibid., 1770, 1 vol. in-4°; 6° Hortta botanicus Vindobonensis , seu plantarum rariorum in illo cuit arum descriptio, ibid., 1770-1776, 3 vol. in-fol. avec flg. Ce livre, qui n'a été tiré qu'à cent soixante - deux exemplaires, offre trois cents figures de plantes, la plupart inédites; elles ont été dessinées sous les yeux de l'auteur. 11 avertit qu'il n'y a pas mis la main. En face du litre on voit le plan du jardin. Cet ouvrage a été réimprimé à Berlin. 7° F tune austriacœ, siée plantarum selectarum in Austria arckiducatu sponte crescentium icônes ad virum colorata et desrriptionibus ac syno-
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nymis illustrât*, ibid., 1773-78, in-fol., contenant 800 pl.; ouvrage magnifique. L'auteur le fit imprimer à ses irais. 8° Miscellanea austriata ad botanicam, chemiam et hhtoriam naturalem speclantia. ibid., 1778-1781, 2 Toi. in-4", arec flg., en partie coloriées ; 9* Iconts plantarum raHorum. IbM., 1781-93, 3 vol. in-fol., arec flg. Ce livre est comme le supplément des n°* 0 et 7. Il contient cent planches. L'auteur renvoie pour les descrip-. tlons à ses Mitcellanea. 10° Ect»gœ plantarum rarhmm ant minus cognitarnm. etc., iblil., 4 fascicules ou 40 planches ;H» Cotlectauea ad botanicam, chemiam et hïttoriam naturalem tpectantia, Ibid., 1780-1790, S roi. in- 4°; 12» Oxatis monographia. ibitl. , 4774, 1 roi. in-4°. L'ouvrage est dédié à Thunberg, qui aralt lui-même décrit quelques espèces de ce genre, et en avait enroyé plusieurs à l'auteur. 13" Pharmaeopœa austriaca prorinciali* emendata, ibid., 1794, in-8». Son fils, Stork et Schofulan, coopérèrent à la composition de ce lirre. 14° Plantarum rariorum hotii Cœsarei Schœnbrunnensit descriptionrs et icônes , ibid., 1797-1804, 4 vol. in-fol. , avec flg; 13» Fragmenta botaniea, ibid., 1801-1809, 9 vol. In-fol., avec flg; 10» Stapeliarttm in kortis l'indobonensibus cultarum deseriptiones/guris eoloratis illustrata, ibid., 1800-07, 1 vol. in-fol. ; f7° Selectarum sttrpium americanarum hiitoria, in qua ad Linneanum syitema. determinata descriptarque sistuntur planta UUe quas in insulis Marlinica, JamaSca, SaU-Domingo, etc., obtcrracii rariores ; adjectit iconibus ab authorit archetypo pietis. Vienne, in-fol. de 137 pag., avec 204 flg. peintes et non gravées. Cet ouvrage, qui parut vers 1780, est de la plus grande rareté; et l'on n'en a tiré, dit-on, que douze exemplaires. 18» Des Mémoires sur des genres de plantes, et divers ouvrages sur la chimie. Le nom de Jacquinia a été donné par Linné à un genre de la famille des Sapotilliers, qui renferme des arbrisseaux des Antilles. F — s.
JACUULNOT(Bartii£i.emi), naquit à Dijon, vers 1H09. Après ses premières études , il entra, en 1387, à l'âge de dix-huit ans, dans l'ordre des jésuites, qui l'éleva aux plus hautes dignités, après le généralat. Il fut, en effet, recteur du grand collège de Lyon, supérieur des maisons professes de Toulouse et de Paris , successivement provincial des cinq provinces que la compagnie de Jésus avait en France; il devint aussi confesseur de la reine d'Angleterre , par le choix du roi Louis XIII, et enfin, assistant du général de l'ordre pour la France. Ce religieux distingué mourut à Rome, le 1" août 1017. Le père Jacquinot a laissé plusieurs ouvrages, tous dans le genre ascétique ou polémique : 1° Adresse pour titre selon Dieu dans le monde, Paris, 1014, vol. in-10. Ce petit livre a eu plusieurs éditions , mais aujourd'hui il est peu répandu. Un des confrères de l'auteur, le R. P. Monod, confesseur de la duchesse de Savoie, le traduisit en latin et le publia sous le titre de Hermès chrittianus, Lyon,
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1029, vol. In-12; 2" L'Eglise prétendue réformée n'est point T Eglise de Dieu, embratsnnt une doctrine contraire à celte dés einq premiers siècles, et notamment des quatre premiers toneiles généraux et de* apôtres. Toulouse; 4023, roi. lh-12; 3* VU et ratio ri'tr ad Dei eultum inttituenda. C'est l'opuscule Adresse (ci-dessus n» 1 }, traduit déjà par Monod, et que l'auteur traduisit ensuite lui-même et publia sous le formai irt-8°, Paris, 1030. 4° Méditations pour tous les jours de l'année ; 3» Le Chrétien au pied des auleti , rendant au très- auguste sacrement de t Eucharistie tes devoirs de ses religieutes eisites, Paris, 4040, roi. in-4*. L'auteur a aussi traduit cet ouvrage en latin et publié arec ce titre: Christianui ad aras augustissima Enrharistiat drbila piœ ac religioste in ea risenda snlutationis ojjiria persaleens, Lyon, 1040, vol. ln-42.— Jacqusot (Jean), probablement de la même famille que le précédent, naquit aussi à bijou , en 4000, et entra dans la compagnie de Jésus le 4 juillet 1023. Il fut nommé recteur du collège de Chàlons-sur- Marne, puis de celui de Nancy. Étant revenu dans relui de Chàlons , il y mourut le 10 ou le 26 mars 1033. Ce religieux a laissé quelques ouvrages de piété dont voici les titres: 1° La gloire de St-Joseph, Dijon % 4613, vol. in-42; 2° Bouquet sacré fait de pieuses affections envers Jésus. Chàlons, 1046. vol. ln-8»; 2» édition, Nancy, 1652, in-12; & Abrégé de ta rie de St-Jbsepk . Chàlons, 1650, roi. In-8". Un peut consulter, sur ces deux jésuites, le Dictionnaire de Richard et la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne de Papillon. I) — d — g.
JACQLINOT de Pampelunt (Clacdë-Fiuhçois-Jorepii-Catiiebuie) , né à Dijon en 4771, mourut à Paris en 1835. Procureur général depuis 1820 jusqu'en 1830, il fut arec Bcllarl et Marchangy, MM. de Yatimesnil et de Rroé , là personnificatiod de l'autorité judiciaire qui eut tant de luttes à soutenir dans cet intervalle. Ainsi, après aroirété l'organe du ministère public dans la conspiration du 19 août 1824 , il poursuivit la Quotidienne en 1821, et fut accusé en 1831 d'aroir montré de la partialité pour la Gatette, aux derniers jours du règne de Charles X. Ce même homme mérita pourtant que le bâtonnier de son ordre, en 1835, fit sur sa tombe cet éloge, qu'il n'arait pas eu d'ennemis. Mort simple arocat, après avoir été vingt ans magistrat et député, Jacquinot de Pampelune avait commencé par celte même profession d'arorat. Il l'exerça dans sa ville natale de 1790 à 1811. Accueilli par ses anciens, les Bouchard, les Lacoste, les Morisot, les Llgeret de Reauvais, qui tenaient le premier rang, il prit bientôt une place honorable et devint l'émule des trois premiers , qui formaient alors l'élite des avocats plaidants. Son père avait été aussi un avocat, éminent du barreau de Dijon , où il était professeur de droit (1). Pendant la terreur, Jacquinot défendit avec tajent et courage de» ric-
| |1) H t»X auteur du Cmm juHéieus, l vol. it-9*.
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«mes de la violence révolutionnaire , entre autres les membres île l'ancien parlement de Dijon , au nombre desquels é*tait le président Richard. - L'honorable carrière qu'il allait parcourir dans la magistrature ent son commencement sous l'empire. Il fut nommé* avocat général en 1811, à Dijon même , puis procureur gênerai è La Haye (1). Les désastres de 1813 le rappelèrent en France. 11 ne remplit aucune fonction publique pendant la première année de la restauration ni pendant les cent jours, bien qu'il eût été nommé procureur général impérial à Colmar. Au second retour des Bourbons, il fut appelé au posle de procureur du roi du tribunal de la Seine, et le titre de maître des requêtes en service extraordinaire accompagna cette nomination. L'année suivante il alla présider le collège électoral de l'Yonne, fut porté à la députation, et i chaque nouvelle législature il remplit les mémos fonctions et obtint le même honneur jusqu'au delà de 1850. Lors de l'installation de la cour prévôtale à Paris, en janvier 1810, Jacqulnot de Pampelune justifia ainsi la création de ce tribunal exceptionnel : « La publicité des « déhats, dit-il , la liberté et lé respect dus à la « défense des accusés, la moralité des juges nom- « mes par le roi , offriront une triple garantie « aux accusés. La cour prévôtale était nécessaire « dans une grande cité où le méchant cherche « un associé à ses projets criminels , ou un refuge « quand il les a exécutés. » A la chambre des députés, Jacquinot se posa comme jurisconsulte : aucune discussion importante n'avait lieu qu'il n'y prit part, aucune session ne s'écoula sans qu'il fût nommé membre des commissions chargées de l'examen des plus graves projets de lois. 11 ne se lançait point dans les luttes brillantes de la tribune, mais on trouvait toujours chez lui, dans la préparation des lois, le secours d'une raste expérience des affaires et d'une facilité de travail extrêmement remarquable. Les lois sur la presse étaient surtout de son domaine; c'est là qu'il cherchait à pourvoir l'ordre social de tous les moyens de préservation dont il connaissait mieux que personne la juste portée. Dès la session de 1846, il parla avec force dans la discussion sur les journaux. « Si les livres , dit-il , ont « leurs destinées, les journaux ont aussi la leur , « et elle est bien différente. Un livre est-il utile, « sa publicité augmente à mesure que sa réputa- « tion s'étend : ne présente-t-il qu'une production » réprouvée par la morale et par le goût, l'opi- « nion en fait une prompte justice; est-Il dange-
(I) L'Introduction de la Initiation française exigea alors un
travail immérité. Le» peines de détention prononcées d'après le» loi» de ces protlticee réunies étaient d'une exce»sl*c durée: mais des commissions en proroquaient la modération d'année a autre, en ayant égard i la conduite des condamnés. Les changements qui survinrent dans l'administration rendirent nécessaire la révision de tontes les condamnations alors subies. Celte grande mission fut abandonnés à la sagesse et i la conscience du procureur général. Il la remplit dignement, et pendant longtemps •n a tu A la chancellerie, dans le cabinet du garde des sceau, la réunion de ces actes de révision , regardés comme un des monuments judiciaire» qui honorent la France. O— r— D.
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« reux, Incendiaire, Il est arrêté et les auteurs « poursuivis, il n'en est pas ainsi des journaux t « le mal qu'ils peuvent produire est aussi prompt • qu'Infaillible; en peu d'instants le journal à « peine sorti de la presse est connu dans le palais « des grands comme dans le réduit des pauvres. » Un 1817, Jacquinot fut nommé maître des requêtes en service ordinaire. En 1818, il fit partie de la commission du projet de loi ayant pour objet d'organiser la défense de la France. La proposition relative à la puissance paternelle lui revenait également de droit, dans la même session de 1818, comme jurisconsulte et comme chef de parquet. On le retrouve, en 1819, membre de la commission dit projet de loi sur la presse : ce qui est digne de remarque, car les temps de 1819 étaient fort différents de ceux de 1810; mais les collègues de Jacquinot connaissaient sa modération, et ne voulaient pas se priver de ses lumières. La commission du projet sur la réforme du jury le compta parmi ses membres dans cetté session de 1819. Le zélé magistrat figura , la même année, parmi tel signataires des statuts de la société pour l'amélioration des prisons (1). Ko 18Î0, les luttes recommencent sur la question de la liberté individuelle, sur la censure des journaux et écrits périodiques, et il y prend la part la plus vive. L'orateur laisse de coté la question politique même, pour ne toir que les règles d'éternelle morale. Il fut nommé conseiller d'Élat en service ordinaire en 1831 ; on a vu qu'il avait passé successivement par tous les grades; on l'attacha au comité de législation en 1822. Dans le courant de la session de cette année, il parut à la tribune pour discuter de nouveau la loi sur les délits de la presse. Un membre de la chambre, dans cette discussion , allégua qu'à l'occasion des troubles du mois de juin 1820, des tribunaux avaient refusé de faire droit aux plaintes des députés qui avaient été outragés, maltraités, on allait jusqu'à dire assassinés, en sortant du lieu de leur séatice. M. de Girardirt affirmait positivement qu'un individu qu'on avait pris pour Manuel avait reçu trois coups de poignard, que le fait avait été constaté judiciairement; Jacquinot, défenseur-né du tri» bunal dont il était membre , répondit qu'il adjurait ses collègues de la chambre qui avaient été insultés de dire s'ils n'avaient pas été entendus par la justice et requis de former leurs plaintes , s'il en existait de fondées. 11 n'appartenait pas au pouvoir législatif, ajoutait l'orateur, de critiquer un jugement émané d'un tribunal. C'était là un épisode de la discussion. Dans la discussion même, Jacquinot demandait que tous les corps constitués fussent protégés contre les agressions de la presse , ainsi que tes membres des deux chambres et les tribunaux; et il voulait que cette dénomination de corps constitués s'étendit jusqu'aux
|1| Il ava;t créé le mttit jsnrfiirf, Institution tendant à faire interroger dans le» vingt-quatre heure* louXe p«rn>niie arrêtée. G-S— ».
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conseils de Tordre des avocats, comme étant, eux aussi, revêtus d'un pouvoir public, c'est-à-dire reconnu par la loi. La gauche se souleva. Le général Foy cria aux corporations que l'on tendait à rétablir, et en cela il Tut secondé par Manuel et B. Constant. Manuel déclarait pour sa part qu'il ne reconnaissait de corps constitués que les ministres, parce que seuls ils étaient responsables, doctrine plus exagérée et moins admissible que le système de l'orateur qu'il combattait. Dans la discussion du même projet de loi, Jacquinot de Pampelune soutint que l'article de la charte qui permettait la libre manifestation des opinions ne pouvait s'entendre de la publication des gravures, des dessins, des caricatures; que ce n'était pas là un moyen de manifester une opinion. La loi de 1819 , à la vérité , avait permis la publication préalable après le dépôt de cinq exemplaires, mais il en était résulté de grands abus. On pouvait se rappeler les caricatures ignobles qui avaient outragé les mœurs, la majesté royale et tout ce qui devait être un objet de respect. Daunou demanda que les expositions n'eussent point lieu publiquement; cet amendement fut rejeté et l'article adopté dans son entier. Nous en resterions là de cette discussion , si un mot , prononcé par Benjamin Constant, ne se rattachait à des débats parlementaires bien célèbres dans ces derniers temps; il s'agissait de régler le mode de défense des accusés cités devant la chambre élective : la question était de savoir si la chambre serait maltresse d'accorder ou de refuser un défenseur à l'accusé, suivant les circonstances. Aux raisonnements de Jacquinot de Pampelune, Benjamin Constant opposait, avec quelque raison, que c'était bien assez de distraire un citoyen de ses juges naturels, sans laisser encore ses juges d'exception maîtres de lui enlever le droit qui appartient à tout prévenu , celui -de se choisir un défenseur; et il ajoutait avec indignation : « Cela « seul suffirait pour faire condamner la route « dans laquelle nous entrons, l'horrible route de « Comnipotence parlementaire. » Huit ans après, l'omnipotence parlementaire devait renverser une dynastie et fonder un nouveau trône. » Je vous « dirai, continuait Benjamin Constant, comme « un orateur célèbre, je suis impatient de dé- « pouiller la portion de tyrannie dont vous vou- « lez [n'investir. » De son côté, le général Foy rappelait « l'exécrable loi du 22 prairial an 2, qui « disait dans un de ses articles : La loi refuse des « défenseurs aux accusés; ils en trouveront parmi « les jurés patriotes. » En 1823, Jacquinot proposa à la loi d'indemnité des émigrés, plusieurs amendements et un article additionnel. Par deux ordonnances (12 juillet 1826) il fut nommé procureur général près la cour royale de Paris, et promu aux mêmes fonctions près la cour des pairs. En 1826, il fut présenté comme candidat a la vice-présidence de la chambre, et obtint un grand nombre de suffrages. 11 fut chargé de por-
ter la parole à la chambre des pairs dans la discussion du projet de loi sur les délits commis dans les échelles du Levant, et fit partie, à la chambre des députés, de la commission du projet sur les substitutions. Son rôle ne fut pas moins actif dans la session de 1827, où les lois sur la presse furent de nouveau mises en question. Fn
1828, la discussion s'engagea encore sur cet inépuisable sujet, et il fut nommé membre de la commission d'examen du nouveau projet de loi, qu'il défendit toutefois avec une sage mesure. D'après le projet, tous les écrits périodiques paraissant plus d'une fois par mois étaient soumis au cautionnement. Jacquinot de Pampelune pensa qu'on pouvait en dispenser les journaux scientifiques et littéraires qui ne paraîtraient pas plus d'une fois la semaine. Dans la même discussion , il posait comme règle, en matière de délit de la presse, que le délit n'était imputable qu'à l'éditeur qui publiait; que l'auteur ne devait être considéré que comme complice , ayant pu composer l'écrit incriminé sans intention de publicité. Envisageant la même question sous un autre point de vue, il admettait que des cas pouvaient se présenter où l'éditeur aurait agi sans intention criminelle. Fn
1829, nous retrouvons Jacquinot de Pampelune dans les débats législatifs tant de la chambre élective que de la pairie où il se présentait encore en qualité de commissaire du roi , à l'occasion de deux projets, l'un sur les crimes et délits de l'armée, l'autre sur la contrainte par corps. Il y soutenait la lutte. contre MM. Decazeset de liroglie. Puis il revenait à la chambre des députes prendre part à la discussion concernant l'organisation des tribunaux militaires. A la fin de la même session , il fut nommé membre de la commission chargée de l'examen du projet de loi relatif à l'institution des juges et conseillers auditeurs. Mais il restait pour Jacquinot de Pampelune à subir une épreuve plus décisive que toutes les autres, la révolution de 1850. Il garda le poste qu'il occupait dans la magistrature jusqu'au 3 août de la même année, et suivit la même ligne qu'auparavant à la chambre des députés où il avait été réélu en juin. Dans la discussion de la loi sur les trieurs publics , Jacquinot de Pampelune demanda que la loi attribuât aux tribunaux et aux cours, à l'exclusion du jury, le droit d'apprécier s'il existe des circonstances atténuantes. En 1851, l'homme «le gouvernement se prononçait en termes explicites , le député déclarait - que son vote " était assuré à toute mesure ayant pour but le « maintien de la dignité de la France au dehors, ■ de l'ordre et de l'exécution des lois au dedans. ■ Dans la même session, il attaqua l'excès et la multiplicité des visites domiciliaires. En 1832, il essuya pour la première fois un échec aux élections de l'Yonne; c'est le seul , car il fut réélu en 1834. Il ne lui arriva pas à son retour à la chambre, comme à d'autres députés, d'être éclipsés ou de s'éclipser tout à fait, parce que leur temps
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est passé; la mission «l'un savant législateur n'est pas soumise aux oscillations de la faveur publique, elle dure autant que sa vie : aussi y reprit-il son ancienne place. La dernière fois qu'il y parut, ce fut dans la session de 1835. pour proposer un amendement au projet de loi sur la responsabilité des ministres. La mort le surprit dans le cours de celte session. Il avait eu la douleur de voir tous ses enfants tomber successivement autour de lui. Marié à la fille du marquis de Genouilly de Pampelune (1), écuyer commandant des écuries de la reine Marie-Antoinette, une ordonnance de Louis XVIII lui avait permis de joindre à son nom celui de sa femme. Repoussé de la magistrature, Jacquinot de Pampelune avait cherché un refuge au barreau, d'où il était sorti vingt ans auparavant. Ce fut un avocat qui déposa sur la téte du jurisconsulte la couronne méritée par une vie honorablement remplie, l'n questeur de la chambre des députés acquitta la dette de ses collègues. Les deux voix qui se firent entendre s'unirent pour proclamer la modération du caractère de l'homme politique et du magistrat. M. D — v,
JACQUOT (Blaise). Voyez Jaqiot.
JACQl'OTOT. Voyez Jaqiotot.
JADELOT (Nicolas-), savant médecin , né à Ponti Mousson en 1738, était fils d'un professeur à l'université de celte ville. Après avoir terminé ses éludes d'une manière brillante, il prit ses degrés en médecine, et obtint au concours, en 1703, la chaire d'analomic et de physiologie qu'il remplit avec beaucoup de distinction. L'université ayant été transférée à Nancy en 1768, Jadelot vint habiter cette ville, où il soutint la réputation qui l'y avait précédé. « La clarté, dit M. Lamoureux, « l'ordre, la méthode , la noble simplicité du lan- « gage , le charme du débit , l'art de captiver l'ai- « tention, distinguaient l'enseignement de ce pro- « fesseur. » Il n'eut pas moins de succès comme praticien ; et quoique ses leçons journalières et les soins qu'il donnait aux malades prissent tous ses moments, il trouvait encore cependant le loisir de cultiver les lettres. Une maladie'cruellc qui le minait par degrés ne ralentit point son ardeur pour le travail , et il mourut en philosophe chrétien le 27 juin 1793, âgé de 53 ans. On a de lui : 1° Des Dissertations en latin sur les causes de la mort subite (1749); sur l'usage des verres concaves dans la myopie (1768); sur les maladies produites par la suppression de la transpiration insensible (1765) ; sur les différentes révolutions qu'a éprouvées l'art de guérir (1766); et enfin sur un agneau dépourvu de téte (1784); 2° quelques Opuscules en faveur de l'université de Nancy, et sur la nécessité et les moyens d'y perfectionner l'enseignement de la médecine (1790);
(1) Cm*- femme distinguée le vit lorsqu'il plaidait pour le malheureux président Richard ; charmée et entraînée par son elcjueuce pathétique, elle loi roua dés lors un tendre attache-