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blâme contraire. Pour citer un exemple décisif des préventions ou plutôt de la passion à laquelle il se livre en déclamant contre tous les princes de cette infortunée famille de Stuart, il suffira de rapporter qu'il avance que « l'exécution de « Charles r était une mesure beaucoup moins « violente [far less violent) que celle de Strafford ; « il rappelle que déjà, en Angleterre, quatre rois « avaient péri dans leur prison, et il observe que, « celte fois du moins , la chose ne se fit pas dans « un coin [U usas uot done in a corner) ; » mais, d'un autre côté, il blâme la publicité de l'exécution, parce qu'elle fournit à Charles « l'occasion « de faire éclater une piété et un courage qui ont « attiré plus de respect à sa mémoire quelle n'en i eût obttnu autrement ; » enfin, il va jusqu'à dire en propres termes : ■ Priver le roi de la vie est « tout ce que la plupart des hommes auraient su « faire à la place de Cromwcll et de ses associés ; « mais ce qu'il y a là de splendeur et de magna- « nimitè. je veux dire la publicité et la solennité « de l'acte , est ce que peu d'individus seraient « capables de déployer [The taking away of the « U/e of tke King, is what most men in the plat* « of Cromwell and kis associâtes tvould hâve inrur- « red ; xchat there is of splendour and of magnani- « mity in il. I mean the publicitg and solemnity « of the art, is what few would be capable of dis~ • plttying). ■ Tout ce qu'on peut conclure de ces étranges paroles, c'est qu'il vaut mieux encore être un Cromwell qu'un Kavaillac. Jacques II avait épousé Anne Ilyde, bile du chancelier Clarendon, dont il eut les deux princesses , Marie, femme de Guillaume, et Anne, qui régna ensuite : il épousa en secondes noces Marie de Modène. C'est de ce dernier mariage qu'il laissa un fils qui, reconnu pendant quelques années par la cour de France sous le titre de Jacques III , porta en Europe le nom de chevalier de St-Georges ou de Prétendant [ï) [voy. Stlart). S — v — s.
JACQUES DE MAJORQUE, troisième mari de Jeanne I", reine de Naples, vivait au milieu du 14« siècle. Une branche cadette de la maison d'Aragon avait été investie, en 1276, du royaume de Majorque ou des Iles Baléares , et avait resserré les liens du sang par plusieurs mariages entre les deux familles de ces royaumes. Cependant Pierre IV, où le Cérémonieux, roi d'Aragon , attaqua par surprise Jacques III , roi de Majorque, son beau-frère , et le dépouilla de ses Etats. Jacques tenta plusieurs fois, mais en vain, de les recouvrer : il fut tué le ±"i octobre 1349, en faisant une descente à Majorque ; et son fils Jacques IV, qui combattait à ses côtés, fut grièvement blessé et fait prisonnier. Pierre le Cérémonieux voulut qu'il fut enfermé dans une cage de fer, où le malheureux Jacques passa treize ans. Cependant, autant
(tl On trouve une notice tre*-4tendu« aux !e chevalier de Saint- George* dan» le premier volume de» Memoxru ucrttt du eardiuml 0«*oii, publié* par T auteur de cet article , Pari», 1MA,1*4. in-a».
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Pierre s'était rendu odieux par sa cruauté, autant Jacques inspirait d'intérêt par la noblesse de ses manières , son courage et sa patience. Ses plus fidèles serviteurs formèrent une conjuration pour sa délivrance, et se procurèrent de fausses clefs afin d'ouvrir sa cage : ils surprirent et tuèrent ses gardes, et ils le mirent en liberté le in mai 1502. Jacques se rendit aussitôt en France , où il espérait recouvrer les comtés de Cerdagne et de Houssillon , ancien héritage de ses pères. Mais à peine y était-il arrivé, qu'on lui offrit la main de Jeanne lre, reine de Naples, dont le second mari, Louis de Tarente, venait de mourir. Jeanne voulait un époux de sang royal qui ne pût cependant point être son maître; elle avait été séduite parle récit des aventures de Jacques de Majorque, et par le portrait qu'on lui faisait de sa beauté. Ellemême , quoique âgée alors de trente-sept ans, passait pour la plus belle femme de son siècle. La brutalité de ses deux premiers maris l'avait rendue un objet de pitié plus encore que de blAmc : Jacques l'épousa le 14 décembre 13(12, se contentant de porter le titre de duc de Calabre et non celui de roi. Mais il se sentit bientôt humilié de n'être que le sujet de sa femme et souvent le témoin de ses galanteries. On assure que Jeanne, impatientée du ton d'autorité qu'il avait voulu prendre, le retint pendant six mois en prison. Cependant les guerres entre l'Aragon et la Castille donnèrent à Jacques quelque espérance de recouvrir l'héritage de ses aïeux. Il alla demander à Pierre le Cruel des secours contre Pierre le Cérémonieux. Le roi de Castille montra d'abord des dispositions favorables à Jacques; mais bientôt concevant des soupçons contre lui, il le fit enfermer dans la forteresse de Burgos. Jacques y était encore au mois d'octobre 1307, lorsquo Henri de Transtamare fit révolter la Castille contre son frère, et s'empara de Burgos. Ce nouveau souverain vendit, en 13G9, à Jeanne de Naples, la liberté de son mari. Jeanne paya pour sa rançon soixantedix mille florins. Cependant elle ne put le retenir longtemps à sa cour. Les malheurs de Jacques avaient redoublé son activité et sa hardiesse; il reconquit, en 1371, le Roussillon et la Cerdagne : chaque année il faisait quelque tentative nouvelle sur les Etats de Pierre le Cérémonieux. Enfin, en 1373, ayant passé les Pyrénées, il s'engagea dans up pays désert où les récoltes avaient manqué : les ennemis se retiraient à son approche après avoir détruit tous les vivres. Les soldats de Jacques, luttant contre la faim, tombèrent morts à ses côtés; lui-même était dévoré par la douleur et les . regrets : partageant les privations de ses soldats, il contracta leur maladie , et il mourut à Soria , au mois de janvier 1373. S. S — i.
JACQUES de BOURBON, comte de la Marche, eut le titre de roi de Naples par Jeanne II sa femme, de 1413 à 1411). Jeanne II de Naples, dominée par des favoris avec lesquels elle vivait d'une manière scandaleuse (roy. Jeanne II), résolut
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cependant de se marier; mais, pour ne pas se donner un matlre en même temps qu'un époux, «Ile lit choix d'un prince pauvre et sans puissance, qui n'avait d'autre illustration que sa naissance et sa valeur : c'était Jacques II de Bourbon, comte de la Marche. Jacques, à la bataille de Nicopolls, le 28 septembre 1396, était demeuré prisonnier des Turcs. Ayant été racheté avec le comte de Nevers (roy. Jean Sans-peur, duede Bourgogne) , à son retour en France il prit le parti des Bourguignons contre les Armagnacs , et il fut fait prisonnier une seconde fois au siège de Pulset , en Beauce ; il ne fut relâçhé qu'à la paix de 1412. Il avait perdu Béatrix de Navarre, sa première femme, qu'il avait épousée en 1406. Ces malheurs avaient endurci le coeur de Jacques. Assez peu délicat pour rechercherja main d'une femme devenue fameuse par ses galanteries, il résolut tout ensemble d'accepter ses bienfaits, et de la punir de ses fautes passées. Arrive à Manfredonia, au mois d'août 1413, il ordonna d'arrêter et de jeter dans un cachot Sforza , le grand connétable du royaume, parce que, d'après les injonctions précises de la reine, il ne lui avait pas donné le titre de roi , mais seulement celui de duc de Calabre. Après avoir épousé la reine, le 10. -tout 1413, Jacques fit saisir Pandolfello Alnpo, son favori; il lui arracha par la torfhre l'aveu de ses relations précédentes avec Jeanne, et il le fit périr par un supplice cruel et ignominieux. Il retint ensuîtela reine dans une espèce de captivité, éloignant d'elle ses sujets et ses ministres, et partageant avec les Français qu'il avait amenés tous les emplois du gouvernement. Après avoir supporté cette réclusion un peu plus d'une année, Jeanne fut délivrée du joug de son mari, le 13 septembre 1410, par une émeute du peuple de .Naples. Le comte de la Marche fut obligé d'éloigner, tous les Français qu'il avait avec lui , et de rendre à la reine sa première autorité. Comme il ne sut pas supporter patiemment le crédit de ser Gianni Caraccioli, nouvel amant de Jeanne, qui gouvernait le royaume et la reine, il fut à son tour arrêté et retenu prisonnier. 11 recouvra sa liberté à la sollicitation du pape, mais non pas son pouvoir : il s'échappa du palais en 1419, et il s'enfuit à Tarente, avec l'intention de soulever les provinces méridionales du royaume; mais il y fut bientôt poursuivi par les partisans de la reine, et assiégé dans Tarente. Alors, perdant toute espérance de régner à Naples, il revint en France, et il revêtit l'habit de St-François dans le couvent de Ste-Claire, à Besançon. Il y mourut le îl septembre 1 438. S. S— t.
JACQUES (Jacques), po**te burlesque, n'a obtenu qu'une légère mention dans la Bibliothè^ne du Dauphiné; il était né à Embrun, et il obtint un canonicat de la cathédrale de cette ville : on ignore les autres particularités qui le concernent ; mais il est certain qu'il vivait encore en 1680. C'était un homme d'un caractère gai, et qui,
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comme il le dit lui-même, n'avait Je double que le nom. On connatt de lui les ouvrages suivants : 1° Le fout mourir, et les excuses inutiles qu'on apporte à cette nécessité , le tout en vers burlesques, Lyon , 1057, in-12. Ce sont des dialogues entre la mort et des personnages de différentes conditions, un financier, un juge, un médecin, et même un archevêque et un pape. Tous cherchent à se dispenser d'obéir à l'arrêt fatal prononcé contre eux; et, dit l'abbé Coujct, au milieu de discours où le plaisant et le ridicule se montrent tour à tour, on trouve de grandes maximes et des principes de morale fort solides. Cet ouvrage a Hi réimprimé à Lyon, 10(12, 1702, et à Rouen en 1710; et cependant il est assez rare. 2° Le Médecin charitable, in-12; 3" le Démon travesti, découvert et confus, in-12; 4° F Ami sans fard, qui console les affligés, envers burlesques, Lyon, 1001, in-12 : trois ouvrages du même genre que le précédent. Il a dédie le dernier à l'abbé d'Aubusson par une épltre dans laquelle il le félicite d'avoir été créé chevalier du Saint-Esprit; puis il ajoute : « Que le feu du Saint-Esprit qui brûle « sans consumer, ayant embrasé votre cœur, passe « jusque sur votre violet, et en l'échauffant de "■ ses ardeurs, lui imprime la couleur dYcarlate! » C'était lui souhaiter de le voir cardinal ; mais il n'eut pas cette satisfaction. Saint-Marc, dans ses Remarques sur Boileau , attribue à Jacques Jacques la Passion de Jésus-Christ en vers burlrsques. livre qui fait partie de la Bibliothèque Bleue. \V — s.
JACQUES (Krère). l'oyez Baulot.
JACQUES. Voye* VlTftV, Vomcink.
JACQUES (Matthieu-Joseph), l'un des plus savants théologiens du 18* siècle, uaquit en 1750 à Arc-sous- Montenot, bailliage de Salins. Ses heureuses dispositions décidèrent ses parents, quoique pauvres , à l'envoyer continuer ses études à l'université de Besançon, où il les termina d'une manière très-brillante. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il remplit d'abord les modestes fonctions de vicaire de campagne; mais il fut appelé peu de temps après à Lons-lc-Saulnier, pour y professer la philosophie et les mathématiques. Au bout de deux ans il obtint la chaire de mathématiques nouvellement établie au collège de Besançon, et ne tarda pas à justifier la haute idée qu'il avait fait concevoir de ses talents. Un mémoire sur une propriété des courbes qu'il avait découverte lui valut des éloges de d'Alembert; et les nombreux élèves qu'il présentait chaque année aux examens pour l'admission aux écoles de l'artillerie et du génie lui méritèrent l'estime de l'abbé Bossut, avec lequel il entretint longtemps une correspondance scientifique. Nommé membre de l'Académie de Besançon, en 1773, il y lut, le jour de sa réception, un précis de la vie des mathématiciens francs-comtois (1); enfin, à la mort
(1) Cet ouvrage, atntl que le* différente mémoire» lus -p»r l'abbé Jacques A l'Académie de Besançon, «ont conservée dans le» recette» de cette compagnie.
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du savant Bull, t (voy. ce nom), il lui succéda comme professeur de théologie à l'université, et se montra digne d'occuper une chaire que la réputation de son prédécesseur avait rendue trèsdiflictlc. Quoique grand mathématicien, l'abbé Jacques n'avait pas su calculer ses dépenses de manière à les combiner avec ses ressources. Sa bonté naturelle lui avait fait contracter quelques dettes qu'il était assez embarrassé d'acquitter. En refusant de prêter le serment exigé îles fonctionnaires ecclésiastiques, il se priva de tout moyen de payer ses créanciers. Il sortit de France en 1791 , et se retira d'abord à Fribourg, puis à Constance, où il ne vécut que du faible produit de quelques leçons de grammaire. L'un de ses compagnons d'exil , l'abbé Lambert, était à Constance lorsque Jacques y arriva. « Ce me fut, dit-il, une » chose pénible de voir un tel homme dans une « chambre 6ans feu, vêtu d'un mauvais habit râpé, « et obligé à soixante ans de colporter par un « temps très-froid , de maison en maison , son m français et son allemand; il avait appris par « cœur non-seulement la grammaire de Colls- « ched, mais encore l'énorme diclioi.naire de la « langue allemande en deux gros volumes ln-i°; •< et, à quelque ligne qu'on le mit, il continuait " sans manquer ni déplacer un seul mot; qu'on " j"g<* par là de sa mémoire prodigieuse. Ses ta- « lents n'étaient point inférieurs : avec un mérile ■ aussi extraordinaire, il était la modestie même, » et ne se plaignait pas d'une position dont '< tout le monde gémissait. (Mémoires de famille , « p. 192). » Heureusement l'abbé Jacques parvint à se placer chez un riche particulier de Munich, qui lui conlla l'éducation de ses enfants. Après le concordat de 1801 , il se balade rentrer en France et s'établit à Paris, où il s'occupa de rédiger les observations que son expérience l'avait mis à même de faire sur l'enseignement des langues. A la création des académies en 1810, il fut nommé doyen de la faculté de théologie â Lyon. Il passa le reste de sa vie dans l'exercice de cette place , et mourut le 10 février 1821 , à l'âge de 85 ans. On a de lui : 1° Pralectiones theologica, Besançon, 1781-80,7 vol. in-12. Ce cours de théologie devenu rare est assez recherché. 2° Preuves convaincantes de la religion chrétienne, en forme de dialogue à la portée de tout le monde, Ncufchfttel, 1793; Paris, 1804 ; Dole, 1812, in-12. La première édition est suivie d'une réfutation des principes de l'église constitutionnelle, que l'auteur supprima depuis par amour de In paix. 3° Nouvelle grammaire allemande, d'après les principes deGoltsched et Juncker, avec un petit dictionnaire françaisallemand, Strasbourg, 1798, petit in-8°de 134 pa* ges; elle a eu plusieurs éditions ; 4° Éléments de la grammaire française, Paris, 1801, in-12; 8° Démonstration simple et directe des propriétés des parallèles rencontrées par une sécante, ibid., 1804, in-8» ; 0° Moyens de doubler au moins les propres de la langue latine, ibid., 1804, in-12; 1* Moyen peu
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dispendieux et généralement applicable de mettre les enfants en ctat de traduire la plupart des auteurs latins à l'âge où l'on a coutume de les enrouer aux premières écoles de latinité, ibid. , 1805, in-12; 8° La logique et la métaphysique , rappelées à 4eurs principes, ibid., 1805, in-12; 9» Les traits Us plus intéressants de l'histoire ancienne et de l'histoire romaine . tirés des auteurs latins, et liés par des sommaires des autres faits historiques, ibid., 4820, 2 vol. in-12. Cest une traduction des Narrationes excerptœ, etc., deDumouchel {voy. ce nom). L'abbé Jacques avait, dit-on, composé un ouvrage sur les dissensions de l'Église de France à la fin du 18' siècle; mais il le jeta au feu, parce que les principes qu'il y défendait n'étaient point en harmonie avec le concordat. On lui attribue aussi une grammaire italienne restée inédile. L'éloge de l'abbé Jacques a été prononcé à l'Acailémie de Besançon par J.-B. Déchet ( voy. ce nom). On trouve des notices sur cet écrivain dans Y Ami de la religion, t. 27, p. 467, tlAdmV Annuaire nécrologique de M. Hahul, 1821, p. 210-13. W— ».
JACQUES (Henri-Joachih), né à Bamberg le 50 octobre 1777, mort dans la même vUle, le 20 janvier 18-17, était directeur de la bibliothèque de la principauté de Bamberg. On lui doit : 4° Histoire de Bambejrg. Bamberg, 1806-9, 4 vol.; 2' édition, 1811-1820 ; 2° Panthéon de la littérature de Bamberg. 1812-1815; 3° Panthéon des gens de lettres de la principauté de Bamberg. 1822-25; ces deux derniers ouvrages ont été publiés de nouveau et ensemble, Bamberg, 1813 et 1844; 4° Voyages en France, en Angleterre et dans les pays du Xord, Weimar, 1822-24-20, dont il donna un résumé à Nuremberg, 1827-36 ; 5° Histoire des peintures des cloîtres. 1826-27 ; 6° Position politique, historique, statistique, topographique et géographique de Bamberg. 1829-30; 7° Galerie des cloîtres d'Allemagne. Nuremberg, 1831-32; 8» Traité ou aperçu sur tes accroissements de la bibliothèque de Bamberg. 1831-54, 4 vol.; 9° Catalogue alphabétique des manuscrits et des livres de la bibliothèque de Bamberg, Leipsick, 1833-36, 4 vol.; 10° Examen rétrospectif des différentes bibliothèques d'Europe, notamment de celles de Vienne, de Trieste, de Venise, Vérone et Inspruch. Z,
JACQUES (Nicolas), peintre miniaturiste de mérite, né à Jarville, près Nancy, en mars 1780, mort à Paris le 21 mars 1844, fut élève de David et d'isabey. Ses portraits se distinguent par leur exacte ressemblance et par la finesse de leur exécution. Il a peint rempereur Napoléon /• r, l'impératrice Joséphine, la reine de Hollande, la princesse Stéphanie de Baden avec sa fille enfant, le prince Oscar de Suède, la princesse Amélie de Bavière, qui épousa le prince Eugène , la princesse Borghèse . enlin à peu près tous les personnages marquants du premier empire. En 1810, il exposa un magnifique portrait de mademoiselle Mars; il peignit madame de Lavalette, ainsi que son mari, et, en 1815, après la fuite de ce dernier, reproduisit
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en les réduisant ces portraits , qui furent offerts, montés sur des bagues, aux trois Anglais qui avaient sauvé M. de Lavalette. Le portrait de madame de Lavalette qui se trouve dans les recueils de portraits historiques est fait d'après la miniature de Jacques. En 4816, il fit un superbe portrait du prince de Saxe-Cobourg (maintenant roi des Belges) pour élre envoyé à la princesse Charlotte d'Angleterre. Sous la restauration, il fit une grande et très-belle miniature d'après le duc d'Orléans (depuis Louis-Philippe). Ce portrait fut reproduit à l'infini par l'auteur, plus ou moins réduit , pour être envoyé dans les cours étrangères ou offert par le prince à ceux qu'il favorisait ou distinguait. Tous les princes de cette maison furent peints par Jacques lorsqu'ils étaient enfauts ou adolescent.*. Il peignit aussi madame la duchesse d'Oiléans (depuis Marie-Amélie) et la princesse Adélaïde. Il exposa le portrait du général Lafontaine, de madame Cavaudan, de madame Iligaut de l'Opéra-Comique, etc., etc.; fil un beau portrait de Georges Cuvier qui fut gravé, un portrait à la sépia de Benjamin Constant, qui servit depuis aux peintres d'histoire qui eurent à reproduire ses traits; un superbe portrait de Chopin le pianiste, etc., etc. Z.
JACQUES (l'abbé Smox- Pierre), né à Lyon en 1789, embrassa fort jeune l'état ecclésiastique; mais sa mauvaise santé ne lui permit pas d'accepter les différentes fonctions auxquelles il fut souvent appelé; toutefois, lorsque la chaire d'histoire à la faculté de théologie de Lyon devint vacante, en 1835, par la mort de l'abbé Chouvy, il la sollicita; mais on lui préféra M. I'abl»é Pavy (depuis évêque d'Alger). Après la révolution de février 1X48,' il alla se fixer à St-Éticnne, où il est mort le 4 août 1854. On a de lui : 1» VOrigine de C Eglise de Lyon, discours opposé au Bèsumè de M. Jal sur [histoire du Lyonnais. Lyon, 1826, in-8»; 2° t Église considérée dans ses rapports arec h liberté, l'ordre public, etc., Paris, 1856, in-8°; 3° l'Eglise primatiale de St-Jeau et son chapitre, Lyon, 1837, ill-8°; 4° le Bécélateur des mystères, ou l'antique cérémonial de St-Jéan, Lyon, 1840, in-8". Voyez la Bévue du Lyonnais, t. 9 de la nouvelle série, p. 166. A. P.
JACQUET (Pierre), né à Grenoble dans les dernières années du 17* siècle, se livra d'abord à l'étude du droit et fut reçu avocat au parlement de Paris; mais, sur la fin de sa vie, il embrassa l'état ecclésiastique et fut promu aux ordres sacrés. Il mourut dans sa vi|Je natale en!766.0n a de lui : 1° Abrégé du commentaire de la coutume de Tonraine, etc., Auxerre, 1761, 2 vol. in-4°. C'est une espèce de conférence de toutes les coutumes du "royaume avec celles de Touraine. Le travail que l'auteur avait fait surce sujet se composait de quatre volumes in-folio; pour le rendre plus utile aux jurisconcultes des provinces centrales de France, il le réduisit à la forme sous laquelle il a paru. Quelques années après, il le fit reparaître, avec des
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augmentations séparées du corps de l'ouvrage, SOUS le litre d'Abrégé général du commentaire de toutes les coutumes et des autres lois municipales en usage dans les différentes provinces de France , Paris, 176-1, 2 vol. in-4°; 2° Traité des fiefs, Paris, 1702, in-12. Si ce livre n'annonce pas des vues bien approfondies, il a le mérite de résumer d'une manière claire et précise la science confuse éparpillée dans les innombrables écrits des feuilistes. 3° Traité des justices de seigneurs et des devoirs en dépendant, ibid., 176i, in-12; A" la Clef duPartidis, ou Prières chrétiennes extraites des meilleurs livres d'église, ibid., 1766, in-12. — Jacquet de Malzct (Louis-Sebastien), prêtre, né à Nancy en 1715, fut bibliothécaire du prince de Paar, à Vienne, en Autriche , obtint un canonicat au collège de St- Jean, à Varsovie, et revint à Vienne, où il fut nommé professeur d'histoire et de géographie à l'académie militaire de celte ville. Il mourut le il août 1800. On a de lui : 1° Cours de géographie. Vienne, in-8°; ^"Eléments géographiques, ou Description abrégée de la surface du globe terrestre, ibid., 4755, in-8"; 3- Éléments de l'histoire profa ne ancienne et moderne, ibid. , 1753-50, in-8". Ces deux derniers ouvrages sont anonymes. 4°'Le militaire citoyen, ou Emploi des hommes, Vienne, 1759, in-8'S Paris, 1760, in-12; 5° Éléments de l'histoire ancienne. Vienne, 1763, in-8°; 6° Éléments de l'histoire d'Allemagne, ibid., 1769-70, in-8°; 7» Précis de l'électricité, ou Extrait expérimental et théorique des phénomènes électriques, ibid., 1776, in-8°; 8° Lettre d'un abbé de Vienne à un de ses amis à Presbourg, sur Télectrophore perpétuel, ibid., 1776, in-8" (anonyme). P — rt.
JACQUET (Jean-Claude), pamphlétaire obscur, qui ne peut être omis dans cette Biographie, puisque son nom figure dans les mémoires du temps, était né vers 1730, à Lons-le-Saulnier. Fils et neveu de magistrats honorables, après avoir achevé ses études à l'université de Besançon, il exerça d'abord la profession d'avocat, puis acquit, en 1763, la charge de lieutenant particulier au bailliage de sa ville natale. Il avait épousé quelque temps auparavant la fille du greffier en chef du parlement de bombes, qui lui avait apporté une dot considérable. Tout semblait lui promettre un sort heureux; mais il dissipa promptement sa fortune par ses prodigalités, et pour soutenir son luxe eut recours à des moyens que réprouvait la délicatesse. Forcé de vendre sa charge, il laissa sa femme à Lons-le-Saulnier, et vint en 1 772 à Paris, où il vécut d'abord des bénéfices qu'il faisait sur la vente des livres prohibés. Il parvint à se faire donner le litre d'inspecteur de la librairie étrangère, et prit alors, d'un fief près de Salins, possédé par sa famille, le nom de La Doge. On lit dans les Mémoires secrets (t. 22, p. 181) qu'en 1777 il s'offrit d'aller en Hollande arrêter le comte de Mirabeau, et qu'ayant gagné sa confiance, en se donnant pour un officier que des malheurs obligeaient de s'expatrier, il s'empara de sa per-