‹ Biographie universelle ancienne et moderneChapitre 96 sur 106 · J.EN · texte numérisé non relu

J.EN

rapport des lois civiles. 1828-1829. — J.ecs. (Charles), graveur célèbre, ué à Ludwigshourg dans le Wurtemberg, en 1763, mourut à Berlin en 1 80t), après s'être distingué parla gravure d'excellentes cartes géographiques. D— c.

J.4£GER (Herbert) , médecin au service de Hollunde, cl voyageur naturaliste, fut chef du commerce dans l'Indostan en 1606. Étant passé à Batavia, il y exerça la médecine, et en outre fit des recherches d'histoire naturelle. Il était en correspondance avec le célèbre Rumph, qui était fixé à Amboine. Valentyn nous a conservé dans son India litlcrata quelques-unes des lettres de ces deux hommes célèbres, ainsi que de Cleyer et de Vie. La première est de Rumph, et datée du fort Victoria, du 20 mai 1683 : la réponse est du moi? de septembre suivant. Jieger y satisfait à plusieurs questions de son correspondant , entre autres sur le bois de samlal , et il lui fait part des connaissances qu'il avait acquises à ce sujet. Pendant son séjour à Golconde, H se plaint déjà des atteintes de l'asthme, qui ne lui'fait pas espérer une longue vie ; cependant , dans une lettre suivante , datée de l'Ile de Dinding, il lui apprend qu'il n'a pu se défendre des sollicitations qu'on lui a faites pour accompagner dans le golfe Persifle le directeur Casembcr, à qui sa connaissance de la langue persane pouvait être fort utile dans la mission qu'il allait y remplir : elle est datée du 2f> janvier 1681. Celte mission devait durer deux ou trois ans, mais elle se prolongea davantage; car ce n'est que dans une lettre de Rumph , du M septembre 1689, que celui-ci le félicite sur son retour. En général on trouve dans les lettres de Jaeger plus d'érudition que d'observation directe de la nature : il parait surtout qu'il était trèssavant dans les langues orientales, au point qu'avant son départ d'Europe sa réputation était si bien établie à cet égard, que le célèbre GoUufl l'avait proposé pour lui succéder dans la chaire

Ïu'il avait illustrée; c'est ce que témoigne Charin, qui avait eu occasion de le connaître en Perse vers 1666. Ja'ger avait fait passer quelques mémoires en Europe; ils parurent dans les Mélanges de l'Académie des curieux de la nature : ainsi dans la seconde décurie, année 1685, on trouve de lui un traité sur l'indigo et sa préparation, un autre en 1681 sur la sementine, ou poudre à vers; enfin sur le cachou, où il certifie que l'arbre qui le produit est un acacia ou mimosa , vérité <,ui a été longtemps rejelée. D — P — s.

J.ENISCH (Godefroi- Jacques) , médecin de Hambourg, naquit en celte ville le 17 octobre 17M. Elevé avec soin par un père qui exerçait l'art de guérir de la manière la plus honorable, et destiné dès ses plus jeunes ans à une carrière dont toutes les circonstances se réunissaient pour aplanir les difficultés, il fit ses éludes médicales à Cœltingue. Vogel, Erxleben, Murray, Wrisberg, Richter, Osiauder et Baldinger brillaient alors dans cette université célèbre. Il profita habile-

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ment des leçons de ces grands maîtres, et , après avoir terminé toutes ses classes, prit le grade de docteur. Sa thèse de réception roulait sur un sujet de la plus haute importance, mais qu'il n'était pas donné à un débutant d'approfondir et d'envisager sous tous les rapports qui le lient d'une manière si intime avec les grandes questions de l'économie politique. Elle a pour titre : Ditstrietio sistens phthiseos ex uker* curationes antitfwtt, Gwltingue, 1773, iu-i°. J*n«ch revint alors dans sa ville natale, où il se fit une clientèle fort étendue. Nommé médecin de l'hôpital des pauvres, il rédigea, de concert avec ses collègues, un tableau des médicaments usités dans cet établissement, sous le litre de Pkarmacopiea pauperum, in usum inslituti elinici Hamburgensis, Hambourg, 1781, in-8°; réimprimé en 1783. Aucun autre écrit n'est sorti de sa plume. Les occupations incessantes de la pratique ne lui permirent pas de communiquer au public les observations qu'il dut réunir pendant cinquante-cinq ans d'une vie passée dans la contemplation des misère* humainés. Il succomba le 18 novembre 1850, regretté de ses compatriotes, dont il avait la confiance et l'affection. i — b — K.

JAERTA (IIansou Jean), homme d'État suédois, né le 11 février 1774, fils du lieutenant général baron Charles Hjerta, étudia à lipsal, et dés 1790 appartint à la chancellerie royale. Lors du démêlé qui eut lieu en 1800 a la diète, entre le roi et la noblesse , il se rangea parmi les nobles qui renoncèrent à l'ordre de la noblesse. 11 quitta le service du roi et adopta le nom de Jaerta. Au début de la révolution de 1809, il prit un emploi auprès du caissier des assurances à Stockholm , mais il ne larda pas à être appelé comme secrétaire d'État à la téle du département du commerce et des finances. 11 se démit de ses fonctions en 1811, et se rendit en 1812 à Ealun en qualité de commandant de province. Il résigna également cette place en 1822, passa dès lors une partie de sa vie dans la condition privée, à Upsal, consacrant ses principaux soins à la direction des études académiques de ses fils. Toutefois, en 1857, H reparut dans les emplois publics comme chef des archives du royaume à Stockholm. La mort de son fils Thomas le lit renoncer, en 1842, à sa place, et il mourut dans la retraite le 6 avril 1817. Jaerta était ennemi déclaré du libéralisme moderne , quoique ayant commencé sa carrière par des attaques courageuses contre le despotisme. Il a exposé ses principes dans un journal intitulé Odalmannen. Ealun, 1822-23. Associé avec Geijcr, il défendit la cause des études classiques comme devant conserver une part prépondérante dans l'enseignement des écoles, en publiant son écrit : Om sveriges lârotcerk (Des études difficiles). Stockholm, 1825, tandis que l'opinion contraire en faveur des éludes d'utilité positive était soutenue par léguer, Agaidh, HaxtuiaosdoriT et autres. L'Académie des antiquités de Stockholm

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couronna un mémoire de sa composition sur l'histoire littéraire de la Suède. Il publia ce tra- Tail qu'il se proposait de continuer : Farsosk, etc., tome 1er, Stockholm, 1832. On a aussi de lui des poésies dont la diction est estimée, mais dépourvues d'inspiration. — Son (ils aîné, Charles Thomas Jaerta, né à Stockholm le 2 septembre 1802, d'abord maître au gymnase de Westeras, professeur d'éloquence à l'Université d'Upsal en 1840, et connu comme auteur de plusieurs ouvrages couronnés par l'Académie, mourut le 8 novembre 1841. Z.

JAGELLON. Voyn Alexandre Jagellon.

JAGELLON, duc de Lithuanie , né vers 1354, était petit-fils de Gedimin, l'un des héros de son temps : il se montra, dès sa jeunesse, digne de celte illustre origine, et signala sa valeur dans les combats que se livraient sans cesse des peuples encore à demi barbares. Il rechercha la main d'Hedwige, que les magnats de Pologne avaient élue reine, sous la condition qu'elle ne se marierait qu'avec leur consentement. Il plut a la reine par ses qualités personnelles, aux magnats par l'avantage qu'offrait la réunion de la Lithuanie à la Pologne , et ayant embrassé le christianisme , il épousa Iledwige en 1386 (voy. Hedwice). Jagellon, en montant sur le trône, prit le nom de Wladislas V. S'étant appliqué à gagner l'affection de ses nouveaux sujets en respectant leurs privilèges , il aflermit son autorité en paraissant la sacrifier à leur indépendance : il s'attacha ensuite à civiliser les Lithuaniens , eut la gloire de les convertir à la Toi , et ménagea les préjugés de ces peuples en leur donnant pour gouverneur Skirgelen , l'un de ses frères. Mais les vices de Skirgelen lui firent des ennemis de tous les nobles : Witolde , l'un des principaux , profita de cette disposition des esprits pour les pousser à la révolte; et, appuyé des chevaliers leutoniques, il se rendit maître de la Lithuanie. Jagellon , ayant levé à la hâte quelques soldats f reprit plusieurs villes sur les chevaliers, et les défit dans différentes rencontres : ceux-ci, craignant alors pour eux-mêmes, implorèrent des secours dans toute l'Europe; et bientôt on vit accourir à leur défense des Français, des Anglais, des Italiens, moins avides encore de butin que de gloire. La guerre se prolongea; et Jagellon, victorieux partout où il se présentait, mais effrayé des ravages que commettaient des troupes indisciplinées, crut sauver la Lithuanie en la cédant à Witolde , sous la condition de reconnaître sa suzeraineté. Ce traité, commandé par les circonstances, n'eut point l'assentiment de Skirgelen, fait duc de Kiowie; à la tète de son armée, il rentra dans la Lithuanie déjà épuisée, et pour l'apaiser il fallut agrandir se* domaines. Au milieu de ces désastres, Iledwige mourut. Jagullon , qui perdait avec son épouse ses droits sur la Pologne, se retira en Russie ; mais il se rendit ensuite aux vœux de ses sujets , et remonta sur le trône en épousant la

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princesse Anne, nièce de Casimir III. Bientôt après, les Bohèmes, soulevés contre Wenceslas, députèrent vers Jagellon pour lui offrir la couronne comme au prince le plus digne d'en relever l'éclat; mais loin d'accepter cette offre, il reprocha aux envoyés de méconnaître leurs devoirs envers leur souverain légitime, et ajouta qu'il était moins flatté de leur hommage qu'indigné de leur proposition. Wenceslas ne put croire à un désintéressement dont il n'aurait point été capable ; cependant il rechercha l'amitié de Jagellon, et voulut lui céder la Sévérie, moyennant la promesse d'un secours de cinq cents hommes dans les guerres qu'il pourrait avoir à soutenir : mais cet accord, tout avantageux qu'il était à la Pologne , échoua par la fierté des seigneurs polonais, qui repoussèrent l'idée de devenir les auxiliaires d'un prince étranger. Cependant Jagellon ne voyait pas sans inquiétude les chevaliers teuloniques renouveler leurs incursions en Pologne : malgré les avantages qu'il pouvait se promettre contre eux , il se voyait avec peine obligé de recommencer une guerre dont le poids retombait tout entier sur ses sujets. Il essaya donc de ramener les chevaliers à des sentiments pacifiques, en leur abandonnant volontairement ses droits sur les provinces qui paraissaient tenter leur cupidité ; mais sa trop grande bonté ne fit qu'accroître leur audace, et dès l'année 1405 ils recommencèrent leurs agressions. Tandis que les chevaliers ravageaient les frontières de la Pologne, Jagellon, pour rejeter sur eux le fardeau de la guerre, pénétra en Prusse , et par cette manœuvre les força à demander une trêve, qu'ils rompirent dès qu'ils crurent n'avoir plus rien à redouter : mais Jagellon s'était méfié de leur perfidie, et ayant joint, en 1410, les Teutoniqucs entre Tannemberg et Grunnwaldt, il remporta sur eux une victoire chèrement achetée, mais qui lui livra toute la Prusse. Trop généreux pour abuser de ce succès, et trop habile pour pousser au désespoir un ennemi vaincu , il consentit encore à écouter les propositions des chevaliers ; mais les magnats refusèrent leur adhésion au traité. Mariembourg était la seule place qui osât résister aux Polonais , et l'on en pressa le siège; la mésintelligence se glissa parmi les chefs : sur ces entrefaites le bruit se répandit que le roi de Hongrie s'avançait au secours des Teutoniques. Jagellon représenta qu'il ne pouvait point l'attendre avec une armée inférieure en nombre et déjà épuisée de fatigues; et il signa avec les Teutoniques un traité dont les conditions peu avantageuses à la Pologne mécontentèrent les magnats et le peuple. Les conditions étaient l'ouvrage de Witolde, duc de Lithuanie , qui cherchait à faire naître des troubles pour se rendre indépendant. Jagellon devina ses projets, et, sans rompre une paix achetée par tant de sacrifices, il mit un obstacle à l'ambition du duc en augmentant les privilèges des Lithuaniens, et les attachant par là de plus en plus à la Polo-

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gnc. De nduvelles guerres arec ses frères et avec les chevaliers teutoniques, des troubles sans cesse renaissants et étoufies par les arines ou assoupis par des négociations, remplirent le reste de la vie de Jagellon. Toujours supérieur à la fortune, il refusa une seconde fbls la couronne de Rohême que lui offrirent I es hussites : il ne prit les armes que pour conquérir la paix , et les déposa aussitôt qu'il put le faire sans compromettre son honneur. Cettë modération, si étonriantë dans le siècle où il a vécu* le fit accuser de faiblesse : il contint lui-même que l'âge avait diminué son ardeur guerrière, et proposa de remettre ; au préjudice de ses propret etifants, la couronne à Witolde, son ennemi, si l'on supposait qu'il sût mieux In faire respecter. Il tenait enfin d'assurer le repos de ses États par une trêve de douze années avec leé chevaliers teuioniques, lorsqu'une fièvre ardente le mit au tombeau, le 31 mal 1434, à Pftge de 80 ans. Jagellon était un prince brave , prudent et généreux : il ne lui manqua peut-être que plus de constance dans l'exécution de ses plans, pour épargner à ses peuples les maux qu'il voyait peser sur eux; mais malgré ce défaut, la Pologne le comptera toujours parmi ses plus grands rois. Il fut marié quatre fois : il avait épousé, après la mort de la reine Anne, Elisabeth , fille d'Othon de Pilcza, palatin de Sandomir, qui mourut au bout de trois ans d'une maladie de consomption : il se maria ensuite à Sophie, fille d'André, dite de Kiowie, qu'il fit souffrir par sa jalousie; il en eut un fils qui lui succéda sous le nom de YVladislas VI. W— i.

JAGO (Richard) , poète anglais, né en 17 M ou 1715, dans le comté de Warwick, fut admis en qualité d'écolier servant dans un des collèges d'Oxford, ou étudiait Shenstone, l'ami de son enfance, et qttl fut aussi celui de toute sa tie, mais qui alors, ainsi que plusieurs autres jeunes gens de bonne famille, se cachait pour jouir de Sa société , à cause de son titre de domesticité. L'un de ces Jeunes gens, Graves, auteur du Don Quichotte spirituel , a'est exprimé depuis avec beaucoup de eandeur sur le préjugé qui les faisait 'Agir ainsi , préjugé qui s'est bien affaibli de nos Jours en Angleterre. Jago, entré dans les ordres, occupa quelques bénéfices ecclésiastiques, notamment la cote de Snitterfleld, près de Stratfordsur-Avon , dans sa province- natale , ou il mourut le 8 niai 1781 , âgé de 60 ans : son caractère aimable et sage le fit regretter. On a de lui : 1° Trois élégies assez touchantes» les Chardonneret*, les Hirondelles et les Merles; cette dernière a été publiée en 17SÎ par Itavvkesworth dans VAdtenlurtr, et a reparu dans la Collection poétique de Dodsley. t» Une burlesque égloguc de ville, intitulée les Bo%e*rt; 3° To ftrint or not to print (Imprimer ou ne pas Imprimer), parodie très-bien faite du fameux monologue de Handet : To be or not to be (Être ou ue pas erre); 4» Kdgekiil, poè*mc descriptif en vert blancs, 1707; 3° te Travail et le

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Génie (Genius), fable adressée à Shenstone, 1788} des Élégies, des Èglogues et des Lettres à son ami. Ces diverses pièces le placent au rang des gens du monde qui, sans prétendre au titré d'auteur, sont parvenus à attirer l'atterition dti public sur leursprodnctiOns littéraires. Il y a eu tlhë éditidtk corrigée de ses |K>ésiës, avec une notice biographique, en 1781. On a aussi publié des Lettres que Shenstone lui avait écrites. . L.

JAGOT (GntGotne-MAnir.), conventionnel, né dans le Bugey en 1731, était, avant 1789, un avocat obscur de la petite ville de Nantua. S'étSnt montré fort chaud partisan de la révolution i il fut nommé { en 1791, l'un des députés du département de l'Ain à l'assemblée législative, où il se fit peu remarquer. Il n'y prit qu'une seule fois la parole, dans la séance du 4 février 179Î, à l'occasion d'un rapport de Cdrgtierau , qui avait blâmé, avec quelque raison , l'usage abusif que l'on faisait du droit de pétition. Jagot prétendit que ce rapport n'était qu'une diatribe contre te peuple, ce qui lui valut de très-* ifs applaudissements de la part des tribunes. Nommé par le même département député à la convention nationale, il fut un des commissaires que cette assemblée envoya dans le mont Blanc, peu de jours avant te procès de Louis XVI , et il signa en cette qualité la fameuse lettre datée de Chahibéry, le 14 janvier 1793 (roy. Grégoire). Revenu à la convention , il continua de s'y montrer parmi les plus ardents révolutionnaires, et fut nommé secrétaire, puis membre du comité de sûreté générale. Lié particulièrement avec Amar, il prit comme lui une part très-actlve à toutes les arrestations, è toutes les proscriptions de celte horrible époque ; mais il eut toujours grand sOin de S'effacer et de se trm'r Caché dans les circonstances critiques. Ce fut pour ce caractère de faiblesse que Mcrlifto , député du même département, le dénonça à la tribune quelques jours après la chute de Robespierre : « ... Je serais coupable, dit-il, si je vous taisais « une lâcheté d'autant plus condamnable qu'elle « vient d un homme qui est chargé de fonctions » importantes. Je vous dénonce Jagot, qui, dans <« toutes les circonstances périlleuses de la législa- « ture et de la convention, a eu soin de se ca-

■ cher Il avait tenu la même conduite dans la

nuit du 9 au 10 thermidor, quoiqu'il fût du comité de sûreté générale. « Je dois ajouter, dit encore « Merlino, que dans ce moment mon départe- « ment gémit Sous l'oppression la plus lyranniquc « des hébertistes et des robespierriens , soutenus « par Jagot.... Je demande qu'il soit remplacé au

« comité de sûreté générale » Cette dernière

partie de la motion de Merlino fat à l'instant décrétée, et l'on expulsa Jagot du comité de sûreté générale, en même temps que David et Lavicomterie. Plus tard on produisit contre lui une lettre par laquelle il reprochait à un comité révolutionnaire de ne pas indiquer la fortune de* personnes qu'il faisait arrêter comme suspectes ; ët il fut dé-

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crété d'arrestation sur l'accusation de Gouly, qui prétendit qu'étant chargé de la correspondance au comité tle sûreté générale, Jagot arait soustrait des papiers à la charge de quelques scélérat* du département de l'Ain qu'il protégeait. Amnistié par la loi de brumaire an IV, il n'osa point retourner dans son département, et il dénatura sa fortune pour aller s'établir à Toul , dans la Meurthe, où il est mort en janvier 1838, sans avoir été exilé en 1816, son vote dans le procès de Louis XVI ayant été considéré tel que celui de Grégoire. kl — u j.

JACL'CHINSKI (Paul), ministre d'État en Russie, fut un de ces hommes éclairés et actifs qui contribuèrent à la gloire du règne de Pierre le Grand et à l'affermissement de son trône. Il naquit en 1683 à Moscou, où son père, Lithuanien d'origine, était bedeau de l'église luthérienne. Agé d'environ dix-huit ans , il eut occasion d'être connu de Pierre, qui lui trouva de l'esprit et l'attacha à sa personne. Peu après il embrassa la religion grecque. MenzikofI "l'appuya, et il devint bientôt l'un des principaux favoris du monarque. Nommé capitaine des gardes et général-major, il signa, en «18, avec plusieurs autres, l'arrêt de mort du malheureux Alexis Pétrowitch. Lors de la création du sénat, il y remplit le premier la charge importante de procureur général. Pierre élant mort, Jaguchinski seconda fortement Menzikoff dans le projet d'élever sur le trône Catherine, veuve de l'empereur, qui fut en effet proclamée impéra- I rire il se brouilla quelque temps après avec le ministre tout-puissant, et perdit la place de procureur général; mais il ne perdit point la considération dont il jouissait dans l'État. La cour le craignait, et l'armée avait pour lui le plus grand respect. Pendant le règne très-court de Pierre II, il se fit remarquer par son xèle pour le maintieù de la discipline militaire. Ce prince étant mort, JaguchinsM devint membre de la commission suprême qui devait prononcer sur la succession ; cette commission le fit arrêter; lorsque Anne fut parvenue au trône en signant une capitulation , il lui conseilla de la déchirer et de maintenir le pouvoir illimité de ses prédécesseurs. L'impératrice lui fit rendre la liberté aussitôt que, selon son conseil, elle eut déclaré qu'elle ne reconnaissait point |a capitulation. En même temps elle le nomma de nouveau procureur général, et loi rendit toute son influence dans le sénat ; mais il osa contredire Biren , et tira même l'épée contre ce favori de l'impératrice. Cependant Anne ne permit point à Biren de se venger; et, pour prévenir les suites de celte rupture, elle éloigna Jaguchinski, en lui donnant une commission d'envoyé extraordinaire à la cour de Berlin. Quelques années après elle le rappela et le nomma ministre du cabinet. Il mourut en 1756, et fut enterré avec de grands honneurs dans le couvent de Kewski. Sa mémoire est encore respectée en Rus sie comme celle d'un homme suoérieur uar ses

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talents, et distingué t>ar d'importants services. H se laissait quelquefois égarer par la colère et l'emportement : mais la franchise et la loyauté dominaient dans son caractère, et, quoiqu'il fût porté pour le maintien île l'autorité despotique dans son pays, il faisait souvent des représentations très-hardies à ceux qui en étaient revêtus. Il s'était marié en secondes noces à une comtesse Golowkin , qui après sa mort épousa le comte Michel Hestuchef , et fut impliquée dans une conspiration contre l'impératrice Elisabeth (roy. Michel Ulstuchkf). C — AU.

JAIIN ,'Ji an . savant hébraïsant et orientaliste allemand , chanoine de l'église métropolitaine de St-Etienne, a été professeur d'archéologie biblique, de théologie dogmatique et de langues orientales dans l'université impériale et royale de Vienne en Autriche, jusqu'en 1806. A cette époque, il fut obligé de quitter sa chaire : il est mort en 1817. Ses principaux ouvrages sont : 1° line Grammaire hébraïque en langue allemande, Vienne, 171ht, in-K", et traduite en latin par lui-même. Llle a eu plusieurs éditions. 2° Une Grammaire arabe, avec une Chrestomalhie. en allemand, 1796, in-8°; 3° une Grammaire ckaldaique. en allemand; 1° Litres élémentaires de la langue hébraïque, comprenant la grammaire tout à fait refondue, et le dictionnaire, ibid., 171)9, 3 vol. in-s , en allemand; h" Grammaire araméenue, ou chafdaïque ei syriaque, en allemand, 1793, in-8°; 6° Introduction à l'étude des livret de l'Anci n Testament, en allemand, ibid., 1793, in-8°; 7° l'abrégé du même ouvrage, en latin; 8° Archéologie biblique, en allemand, ibid., 1797-1 808, 3 vol. in-8», flg.; O*» abrégé de cette archéologie, en latin, imprimé d'abord en 1809, et refondu presque en entier en 1814. 10° une édition de la Bible en langue hébraïque, avec les variantes les plus importantes, ibid., 1806, 4 vol. in-8«r, généralement estimée; li* Jfe* chiridion kerpteneuticœ gentralis tabularum ttteris etmti fmderis. Vienne, 1812, in-8°; 12° Aftpendùt qd hcrwf.neuticam sacram , sire fissckuli duo vatich nfarum de Metsia, 'Vienne, 1816, in-8°; 13» L«xicon arabteo-lut. , à la suite de la nouvelle édition de sa Chrestomalhie arabe, ibid., 1802, in-8« de 280 pages, dont les 80 dernières ne renferment que îles pièces inédites, savoir, les hîakamas (ou séances) 7* et 11e, d'Hariri, et quatre dialogues en arabe moderne, de M. Aryda, archiprêtre de Tripoli de Syrie, résident à Vienne. Ils sont très-curieux; et Sylvestre de Sacy en a donné un excellent extrait dans le ktag. encgcl. (8* ann., t. 4, p. 216). Le dictionnaire, qui a 490 pages, est le p|us ample que l'on ait en format portatif; mais, comme i| a été imprimé à léna, l'auteur n'a pu en revoir assez bien les épreuves, et il y est resté beaucoup de fautes d'impression. Jahn se proposait de travailler à un dictionnaire hébraico-allemand, quand Gesen fit paraître le sien , et il abandonna son projet. Il est vraisemblable qu'on aura trouvé beaucoup da choses

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sur ce sujet dans ses manuscrits. On lui avait demandé un Lexique hébraïco-latin , à l'usage des e'coles de Hongrie ; mais il refusa de se rendre aux invitations de ses amis, sous prétexte que le peu de dc'bit de son livre ne couvrirait pas les frais d'impression. Les ouvrages de cet auteur sont peut-être ce que l'on a de mieux sur la philologie des livres sacres; méthode, logique, érudition , clarté dans le style , voilà ce qui caractérise les ouvrages de Jahn. Néanmoins on lui reproche justement des idées singulières et des systèmes hardis. Il est aisé de s'apercevoir qu'il était attaché au parti réformateur des États autrichiens, et qu'il ne se tenait pas assez en garde contre la témérité des nouveaux exégètes protestants dont il lisait beaucoup les livres, et qu'il citait de préférence. L — » — e.

JAHN (Frédéric), médecin allemand, né à Meiningen en 17G6, prit le grade de docteur à iéna en 1787, devint ensuite médecin de la cour du duc de Saxe-Meiningen et médecin des eaux de Liebenstein. Il mourut le 49 décembre 1813. Ses ouvrages sont : 1° Dissertatio inaugaralis medica de . utero retroverto, Iéna, 1787. Cest la thèse de l'auteur pour le doctorat. Elle a été réimprimée dans le Delectus opusculorum de Frank, t. 6, p. 133. 2° Estai d'un manuel de médecine populaire. Iéna, 1790, in-8° (en allemand; , 5° Choix det médicaments les plut salutaires , ou Matière médicale pratique (allemand), Erfurt , 1797-1800, 2 vol. in-8» ; bon ouvrage, utile pour un praticien. Après une introduction qui contient les généralités de la matière médicale, l'auteur traite de tous les médicaments par ordre alphabétique. Il a paru, en 1807 , une deuxième édition de cet ouvrage, qui est fort estimé en Allemagne. On est étonné qu'il n'ait pas été traduit en français, ni en aucune autre langue que nous sachions. Une troisième édition a paru en 1814; enfin, en 1818, le docteur II.-A. Erhard en a publié une quatrième, corrigée et augmentée par lui, en deux volumes in-octavo. 4° Essai sur le système de Broten (allemand), Iéna , 1799, in-8°; 5° Essai sur la coqueluche (allem.), Rudolstadt, 1805, in-8°; 6° Nouveau système des maladies des enfants, d'après les principes de Brown etrexpérience(a\hm.}, Rudolstadt, 1803, in-8»; une troisième édition a paru en 1819; 7° Clinique des maladies chronique*. Erfurt, 1814-1821, 4 vol. in -8° (allem.). Cet ouvrage a été continué, depuis le second volume, par le docteur H.-A. Erhard. On trouve encore plusieurs articles de Jahn dans différents journaux de médecine allemande, g T— R.

JAHN (Frédéric-Louis), professeur de gymnastique, connu pour la part qu'il prit au mouvement de la jeunesse allemande en 1813, était né le 11 août 1778 dans un village de la Poméranie, où son père était pasteur. 11 fit ses études à Iéna et a Halle, et se montra bientôt parmi les adversaires les plus ardents de la domination française, cherchant, par ses écrits aussi bien que par ses dis-

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cours, à ranimer le patriotisme des étudiants. Coadjuteur, en 1810, au gymnase de Kolniti, il fonda des sociétés gymnastico-politiques , s'attachant principalement à enseigner tout ce qui pouvait être utile à la guerre. En 1813, lors de la guerre allemande, Jahn reçut de Guillaume 111 le commandement du bataillon des vélites, c'est-àdire de la jeunesse d'élite, et en 1815 il le conduisit à Paris. La* paix ayant été signée, tout rentra dans le calme , et Jahn s'occupa exclusivement d'organiser des cours de gymnastique : il reçut même du gouvernement un traitement annuel de huit cents thalers ; mais peu à peu ces institutions tombèrent dans le discrédit. En 1817 cependant, Jahn chercha de nouveau à reconstruire la nationalité allemande ; mais , par suite de la réaction politique qui était survenue depuis le retour des Bourbons, il fut taxé de démagogue. On prétendait que toutes les écoles de gymnastique étaient affiliées aux sociétés secrètes, et qu'en résumé elles ne pouvaient qu'occasionner des désordres dans les Etals de l'Allemagne. En 1819 ces écoles furent fermées, et lui-même fut mis en état d'arrestation et conduit à Spandau, puis transféré à Custrin et ensuite dans la forteresse de Colberg, où il devait atteudre l'issue de son procès. D'abord condamné, le 13 janvier 1824, à deux ans de forteresse par le tribunal de Breslau, il fit casser son jugement par le tribunal suprême de Francfort-sur-l'Oder, et enfin fut acquitté et rendu à la liberté. Il se retira à Fribourg , et fut nommé professeur à l'université de cette ville. Frédéric-Guillaume IV, lors de son avènement au trône, lui offrit de rentrer dans son pays ; mais il n'accepta pas les offres bienveillantes qu'on lui faisait, et il continua d'habiter Fribourg. Cependant il consentit, en 1848, à faire partie de l'assemblée nationale de Francfort, et il se distingua par la justesse de ses vues et l'éloquence de ses discours. Jahn est mort à Fribourg le 15 octobre 1852. Ses principaux ouvrages sont : 1° De la nationalité allemande, Lubeck, 1810, in-8*; nouvelle édition, 1817, in-8», traduit en français, par P. Lortet, sous le titre : Recherches sur la nationalité, l'esprit des peuples allemands, et tes institutions qui seraient en harmonie avec leurs mœurs et leurs caractères, Paris, 1825, in-8°; 2° La gymnastique allemande, Berlin, 1816, in-S", publiée en société avec Eîseleben ; 3° Feuilles runiques, Naumbourg, 1814; 4° Nouvelles feuilles runiques, ibid., 1828, Ces deux derniers écrits se font remarquer par de justes et énergiques remarques sur la situation de l'Allemagne. 5° Observations sur les différents États allemands. Heidelberg, 1833, où il se montre grand admirateur de la révolution française de 1830. — Jaus (Joseph-Chrétien), philologue, né le 13 janvier 1797 à Stolzenheim, près de Grimma, après avoir terminé ses études à l'université de Leipsick, fut , en 1823, nommé professeur à l'école de Grimma. En 1826, il ouvrit un cours d'instruction privée à Leipskk, qu'il

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donna en 1830 pour être nomme adjoint de l'institution publique de cette ville; en 1835, il en devint vice-directeur. Il est mort à Leipsick, le 19 septembre 1847. On lui doit une Critique des outrages publiés sur Ovide; un ouvrage sur la véritable signification des Métamorphoses d'Ovide. Leipsick, 1821 , S vol.; un autre sur finterprétalion des ontvres d'Horace, Leipsick, 1824; 2* édition, 1827 ; un autre sur F interprétation desetuxres de Virgile, ibid., 1825; 2* édition , 1 838 ; un recueil des critiques faites sur toutes les œuvres d'Ovide, Leipsick, 1828-32, etc. Depuis 1826 jusqu'à sa mort, U fut rédacteur en chef de la publication annuelle de philologie et de pédagogie faite à Leipsick. Z.

JAILLOT ( Hubert-Alexis ), géographe, né vers 1640 au petit village d'Avignon, près de Saint- Claude, en Franche-Comté , montra des son enfance un gout naturel pour les arts du dessin, et apprit la sculpture de son frère Simon , artiste distingué dont on a plusieurs morceaux estimés des connaisseurs (1). Les deux frères vinrent à Paris en 1657, et ne tardèrent pas à s'y faire une certaine réputation. Hubert épousa la fille de Bercy, enlumineur de cartes, et cette circonstance le détermina dès lors à s'appliquer à la géographie. Il publia, en 1668ell669, les Quatre parties du monde, d'après Blaeu; et il acquit ensuite des Sansons les dessins de plusieurs cartes nouvelles qu'il grava avec beaucoup de netteté : il obtint en 1675 le titre de géographe ordinaire du roi , travailla sans relâche à augmenter sa collection de cartes, et mourut à Paris en 1712, dans un âge avancé. Le portrait d'Hubert Jaillot a été gravé in-fol. d'après C. Vermeulen. — Bernard- Hyacinthe, son fils, mort en 1739, et Berna ri d- A.ntoine, son petit-fils, mort le 16 juillet 1749, ont été l'un et l'autre géographes du roi, et ontcoopéré à la formation de l'Atlas qui porte le nom des Jaillot, ou celui à* Atlas français, 2 vol. in-fol.; on trouvera la liste des pièces dont il se compose dans le tome premier de la Méthode pour étudier la géographie, par Lenglet-Dufresnoy. Le morceau le plus important de cette collection est la carte topographique du comté de Namur, en douze feuilles, levée géométriquement et publiée en 1750 ; elle est encore estimée, quoique moins recherchée depuis qu'on a la grande carte de la Belgique (coy. Ferraris). — Jean-Baptiste-Michel Behou de Chauvické, plus connu sous le nom de Jaillot, était petit-fils d'Hubert; il naquit à Paris vers 1710, fit de très-bonnes études et fut reçu avocat au parlement : entraîné par un goût assez vif pour la littérature, il négligea le travail du cabi-

(1) Simon Jaillot, mort à Parti le 23 septembre 1681, à l'âge de 4& ans, excellait sono ut dans le* ouvrages d'ivoire. L'abbé de Marolles fait un grand éloge de cet artiste dans sa Dttcriplion dt Paru en vers; et le sculpteur Florent Leconte dit qu'on trouve dans ses Crucifix tout ce qu'on peut demander de savant et de dévot, et qu'Us offrent aux uns dca sujets d'étude, et aux autres des sujets de médiUUon. Voyex le Caàitut des tingulanUs fast\U4cturt, «te., par Leconte, t. S, p. 336.

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net, et se lança dans la société, où il obtint des succès par quelques pièces de vers. Il fut nommé ensuite secrétaire d'ambassade à Gènes, et parvint à se faire aimer dans une ville où c'était beaucoup, dit-on, pour un étranger, que de n'être pas haï. De retour à Paris, il épousa sa cousine germaine, et prit un intérêt dans le commerce de son beaufrère, Bernard-Antoine, dont on a parlé plus haut. Devenu par sa mort unique propriétaire du fonds des Jaillot, il l'augmenta d'un grand nombre de cartes, estimées pour leur exactitude, et en publia de nouveau le recueil , grand in-fol. C'est ,à lui qu'on doit le Livre des postes, qu'il continuait tous les ans, et qu'il eut le chagrin de se voir enlever par l'administration des postes, qui regarda ce livre comme sa propriété, et finit par le faire imprimer en types mobiles; car sous la direction de Jaillot, il était entièrement gravé en taille-douce. Jaillot mourut à Paris, au mois d'avril 1780. Il était membre de l'Académie d'Angers ; on a de lui : Recherches critiques, historiques et topographiqmet sur la ville de Paris, depuis ses commencements connus jusqu'à présent, Paris, 1772-1775, 5 vol. in-8°; il y a joint uue table alphabétique et le plan de cette immense cité, divisée alors en vingt quartiers. Cet ouvrage est plein de recherches, mais d'une lecture moins agréable que les Essais historiques de Saint-Foix : l'auteur s'attache particulièrement à relever les erreurs des écrivains qui l'ont précédé, et il n'avance rien sans l'appuyer de titres et de preuves puisés dans les meilleures sources/Son livre essuya cependant quelques critiques; mais U y répondit solidement par un petit écrit de 24 pages, qu'on trouve ordinairement à la suite de l'ouvrage. On a inséré une courte notice sur Jaillot de Chauvigné dans le Kécrologe des hommes célèbres de France, t. 17. W — S.

JAILLY (Gabriel-Hector »e), préfet sous la restauration, rédacteur de la France et du Corsaire, mort à Paris en 1852, dans sa 98* année, a publié: 1» Le Pari royaliste, proverbe impromptu à l'occasion de la naissance de S. A. B. Monseigneur le duc de Bordeaux, Mclun, 1820, in- 12; 2° Le vingt-neuf septembre 1821 , Melun , 1821 , in-8» de quelques pages; 3° Us Statue, pièce féerie en un acte et mêlée de chants, Lyon, 1825, in 8°; 4» U Trois mai 1826 (en vers), Lyon, 1825, in-4» de 12 pages; 5» une Année, ou la France depuis le 27 juillet 1830 jusqu'au 27 juillet 1831 , Paris, 1831 , in-8°; 2* édition, 1832 ; 6° le Mois de Henri, Anecdotes, poésie, faits recueillis dans le Journal du Bourbonnais, Moulins et Paris, 1832, in-12; c'est au mois de septembre que l'auteur donne le nom de Mois de Henri; 7° Encore deux années, ou 1832 et 1833, épisodes , Moulins et Paris, 1834, in-8"; 8° Voyage en Allemagne , Paris, 1838, in-8a de 44 pages. Z.

JAÏM1NI, ou plus correctement DJAÏMIM, nom d'un philosophe indien, fondateur d'un système appelé Mlmânsà. De même que pour la plupart des philosophes de l'Inde, on

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le Ijeu et 1'époqqe où il vécut. On ne le connaît que par l'ouveage qui porta sou nom. Selon toute apparence, pet ouvrage est un des plus anciens dont puissent se vanter les Darsanas ou Théories philosophiques de l'Inde. Il doit être antérieur au bouddhisme, c'est-à-dire qu'il remonte à sept ou huit sièges avant noire ère. Sans doute cette indication est bien vague; mais l'Inde, comme on sait, manque de chronologie ; et si l'on est parvenu a fixer la date précise de quelques radnu-

Sienls d'architecture sur lesquels on a déchiffré .ça inscriptions, ce sont des découvertes tout exceptionnelles. Elfes ne s'étendent pas jusqu'à la littérature; et sur ce point malheureusement, • il faut se résigner, du moins jusqu'à nouvel ordre, à une obscurité à peu près complète. Seulement, ou peut tirer du caractère propre de chacun «les ouvrages qu'on étudie des inductions assez plausible»; et soit par la forme, soit même par le style, on peut établir des classification* relatives qui n'ont rien de trop arbitraire. C'est ainsi qu'on peut supposer au système de Djaïmini, qui est profondément et exclusivement orthodoxe, une liante antiquité. Il se borne à tirer du livre sacré, du Véda étroitement interprété, une morale toute liturgique, Djaïmini n'a point rejeté , comme Kapila dans son système du SAnkhya, l'autorité de la révélation , pour aboutir à l'athéisme. Il n'est pojnt matérialiste comme Kanada dans son Vaiçeshika; il n'est point mystique comme Patandjali dans son Yoga ; il n'est pas mfrae métaphysique comme Vyâsa dans le VédAnta. Il se borne uniquement à rechercher ce que la loi religieuse prescrit à l'homme comme règle de conduite dans cette vie, et c'est un enseignement tout pratique qu'il essaye d'en faire sortir. On peut donc croire, sans avancer une hypothèse hasardeuse, qu'une doctrine qui se tient si prèa du livre révélé est une des premières qui en soient issues; et dans la succession des Darsanas, on peut assigner la place la plus ancienne au Darsana de Djaïmini. Or il est prouvé qu'au temps où le Bouddha apporta sa réforme, dans, le 6« siècle avant J.-C, les principaux systèmes de la philosophie sanscrite existaient déjà; et l'on doit conclure que la MlmànsA était un de ces systèmes, en décadence dès cette époque puisque le besoin de la réforme se faisait sentir, et que cette grande révolution devait s'accomplir avec succès. — Voilà donc aujourd'hui tout ce qu'on peut dire de plus satisfaisant sur l'époque où a vécu Djaïmini, le vénérable fondateur de la Mimai»*. — Vais qu'est-ce que la MlmAnsA? Et d'abord qu'est-ce que signifie ce mot? MlmAnsA est une forme réduplicative du radical wdna, qui Signifie dètirer de connaUre, de telle sorte que le mot de IHm*nsà répond assez bien au mot grec de philosophie, que nous avons transporté dans notre langue. L'amour de la sagesse peut bien se confondre avec la recherche et l'amour de la science; et pour tout, esprit sérieux, la science qui ne mèpe pas à la sagesse est dangereuse ou vaine.

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On peut trouver même que le mot sanscrit de

Mlmans* est encore plus général que celui de Philosophie ; et il est peut-être plus convenable dans le domaine de la libre recherche d'indiquer ie moyen dont on se sert plutét que le but auquel on vise. Quoi qu'il en puisse être, la MlmAnsA, ou la philosophie védique, s'est partagée en deux grandes écoles : l'une toute pratique nommée Karma-MImAns* ou |a MlmAnsA des œuvres ; l'antre, toute spéculative, nommée Brahma-MImAnsA, ou MlroAns* divine, théologique. La Karma-MImAnsA s'appelle encore Poilrva-MImAnsA, ou première MlmànsA; la Brahma-Mlmànsa s'appelle àussi encore Outtara-MIminsA, ou dernière MlmAnsA. La Karma-Mlmânsâ, la MtmAns* des œuvres pies, est celle de Djaïmini, comme l'autre, appelée plus communément VédAnta, objet et fin du Véda, est celle de Vy*sa, philosophe aussi peu connu personnellement que Djaïmini. L'ouvrage qu'on attribue à Djaïmini, et qui a été écrit non par lui, mais par ses disciples, se compose de sentences axiomatiques au nombre de deux mille six cent cinquante-deux. Les axiomes se nomment en sanscrit soûtrat; et tous les Darsanas ont leurs soùtras, comme le bouddhisme a les siens, bien que sous une autre forme beaucoup moins concise. Les soùtras de Djaïmini sont très-obscurs ; et cela se conçoit, puisque ces brèves sentences devaient être expliquées oralement par le maître , et qu'elles n'étaient en quelque sorte que des points de repère. Elles servaient à fixer les souvenirs , et c'était un soulagement pour la mémoire, à laquelle les Indiens paraissent avoir toujours beaucoup plus demandé que ne lui demande la science européenne. Aussi les soùtras «lu Djaïmini ont-ils été fréquemment commentés; et bon nombre de ces explications sont parvenues jusqu'à nous, quoique l'on ait perdu la plus ancienne de toutes, la Vrittikara. On de çes commentaires, et peut-être le plus célèbre, est celui de Bhatta Koumarila, le persécuteur du bouddhisme dans le x° siècle de notre ère. La MtmAns* a été mise aussi, connue la plupart des autres Darsanas, en kàrikàs ou vers mémoriaux; et au 14* siècle, elle inspirait encofl assez d'intécét pour qu'un docteur appelé MAdhara ait fait en vers de ce genre une introduction à ce système. — Les soùtras primitifs de Djaïmini se partagent en douze lectures d'inégale longueur, dont neuf ont quatre chapitres chacune, tandis que trois autres, la troisième, la sixième et la dixième, en ont huit ; en tout soixante lectures ou leçons : car c'est pour la facilité de renseignemrnt et de l'étude que ces divisions ont été faites. Chaque chapitre est subdivisé en sections appelées adhikaranas; et les adhikaranas sont au nombre de neuf cent quinze pour les deux mille six cent cinquante-deux axiomes ou soùtras. « L'étude du « devoir doit être commencée ; le devoir est ce « qui est prescrit par un commandement ; et la « raison de ce commandement doit être re « chée. « Tel est le premier axiome de la MlmAnsA

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