‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 100 sur 106 · BOO · texte numérisé non relu

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■ pas? Trois heures!... Je voit bien que tous êtes

■ fâché. Au nom du ciel , ne m'en veuillez pas.

■ Un accident inimaginable m'a barré la route, je « serais désolé d'avoir troublé vos arrangements.

• Je vois que tous ces messieurs attendent la soupe. « Je serais heureux d'entendre de votre Uouche

■ que ce n'est pas moi qui les ai fait languir. » —

■ Certainement, sir, ce n'est pas vous. Du diable « si je comptais sur l'honneur «le votre visite! » — « Permettez, cher monsieur Smith, que je vous « explique quel étrange incident m'a fait man-

■ quer l'heure militaire de notre entrevue... » Et ici Hook commence un texte tel qu'il les savait imaginer et broder, et dont le sens était que M. Smith, un de ses clients et correspondants, qu'il ne connaissait mie par lettres et non de vue, l'avait, par l'intermédiaire de Blagwel! , Dlagmore et comp., invité à prendre sa part du repas de famille, cejourd'hui tel jour, tel mais de l'an de grâce 18...

— « D'abord, monsieur M..., comment vous ap- « pelez-vous? » interrompt l'amphitryon un peu coriace. — o Thomson Edward, pour vous servir. »

— « Eh bien , monsieur Edward Thomson , sachez « d'abord que je m'appelle , de père en fils, > Jones et non Smith; sachez que je ne connais « ni Blagwcll , ni Dlagmore et comp. ; sachez que « je n'ai invité personne, sauf ces messieurs et « un ami qui ne saurait tarder; sachez enfin que

• je ne dîne jamais qu'à cinq heures. Or, elles « vont sonner. Donc vous n'êtes pas en retard « avec moi, donc personne ici ne vous attendait, « donc... » Uu autre que Hook n'eût pas douté qu'il n'eût plus qu'à plier bagage, et que le tour était raté. Pour lui , puisant dans l'obstacle même un nouveau courage, « Miséricorde! dit-il, que d'er- « rcurs entassées en peu d'instants! et que de « pardons à vous demander, sir, ainsi qu'aux ho- « norables ladys (les dames étaient entrées pen- « dant ce colloque) ! et que doit penser de moi « le correct et ponctuel Noll Dick Jack Smith, « dont la soupe refroidit et le rôti brûle, tandis « que je vous ennuie de mon babil ?» La maltresse de la maison prit alors la parole : « Le ponctuel « et correct Jack Dick Noll Smith et ses amis

• auront sans doute mangé leur soupe et laissé do « rôti la carcasse; de telle sorte que ce que vous « auriez de mieux à faire... » — « C'est de faire « mon deuil du dire de Smith? Sage avis, m3- « dame. H y aura bien sans doute anx environs « quelque restaurant où je puisse aller réparer « mes avaries. » — « Ce n'est pas là ce que j'en- « tendais... Ce que vous auriez de mieux à faire, « voulais-je dire, sir, c'est de demeurer où la « Providence vous envoie , où la soupe fume , où

■ la broche tourne encore... N'est-ce pas, Jones, « que c'est ici le port où l'hôte que Dieu nous « envoie réparera ses avaries? • — « N'est-ce pas,

■ père? exclamèrent les miss qu'avait amusées la « désinvolture de l'inconnu... » L'on devine la suite : Hook, sur désormais de n'être plus obligé de battre en retraite; nouvelles prières, instances,

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impossibilité' de résister... Que répondre quand le groom a clamé: « Vous êtes servis! » quand la dame répète : « Sir, votre couvert est mis! sir, votre « bras, » si ce n'est courber la téte et digérer le fait accompli , en même temps que le turbot, que le filet de chevreuil, que la bécassine et le faisan... Hook voulut juger de tout pour dresser de tout un exact procès-verbal ; et pour tout il avait une anecdote, un bon mot, un adage , un paradoxe; barreau, théâtre, bourse, politique, chronique des eaux, les beaux, les lionnes, tout était passé en revue. Il ne perdait ni l'occasion d'un coup de langue, ni un coup de dent, l'on ne savait lequel admirer le plus de sa célérité à faire de tous les mets un lentamen. ou de la volubilité de sa phrase : chacun se demandait si jamais il avait plus ri à quelque farce que ce fût; les miss Jones pouffaient sous leurs serviettes; le père cessait de regarder avec onihrage. Si « faire asseoir des convives à table , c'est se charger de leur bonheur tout le temps qu'on les possède , » masler Jones ce soir-là se trouvait plus qu'à la hauteur de sa mission, grâce à l'éternel parleur. Tout continua de même après la fugue des dames, après les liqueurs, après le thé. De plus en plus l'on faisait cercle autour de Hook, dont le rôle tournait à monologue. Finalement, comme harassé, il se laisse tomber sur le tabouret au pied du piano : avec un feint laisser aller, avec ces grimaces qui eussent fait rire un agonisant, il promène ses mains sur le clavier, ses mains aussi lestes que ses dents et sa langue; on écoule ses caprices mélodiques comme tout à l'heure on écoutait sa parole; on s'émerveille de trouver le Moscheles sous le Cobbelt. Tout à coup dix heures sonnent, trois coups de marteau retentissent à la porte , les deux battants de celle du salon s'ouvrent, et un groom annonce « l'ami de master Thomson. » Tandis que tous portent les yeux sur ce nouveau venu, le piano résonne toujours; mais par de rapides modulations, le ton saute et prend d'autres îlièses ou d'autres bémols à la clef, le rhythme change : au lieu de continuer son nocturne ou sa Sonate, Ilook chante, il chante des vers qu'évidemment il improvise en même temps que la musique. Voici sea vers, qui perdraient trop à passer en autre langue que l'anglais :

l'm rerr much pleax-d with your tare;

Your celiar's u prime a» your cook :

My Incn t'» IBMltl Tcrry tfie^ieyer

D serait bien pâle après ce petit drame auquel vraiment rien ne manque, de citer d'autres historiettes qui prouveraient uniquement le sansgêne convivial de Hook. Il en est cependant qui dépassent toutes les proportions ; celle - ci , par exemple, Price était le directeur de Drury-Lane. Il donna un jour un splendide dîner, dont fut

(I) Je eu!» raebanlé de votre menu; votre cave cet de première io\nc^ comme v<nre ciiiiimer , mon «ml e*t M. Teny, l'ae-

I Hook. Après le dîner , réunion dans les salon», thé, libations sur libations nouvelles, bref, respect complet des traditions anglaises jusqu'à onze heures. Or Priée était de longue main uo martyr de la goutte. L'accès le reprit ce soir-li, mais avec une violence telle que tout son héroïsme ne put le dissimuler. A l'instant le cercle jojem s'éclaircit, les invités se retirèrent successiïefljeut, I îl ne resta que Hook et Cannon. Priée leur bot I téte quelque temps encore , comptant sur uc ! prompt départ; mais voyant U conversation déployer derechef des ailes de large envergure et prostré par la douleur, il prit le parti de h retraite après les avoir fait entourer des flacons et dames-jeannes qu'il savait selon leur cœur. Le lendemain en s'éveillant d'un sommeil qiftJ n'avait goûté qu'après des souflrances atroces, il demanda au domestique qui accourait à son appel, à quelle heure les deux derniers fidèles s'étaient retirés. « Ketirés? répondit le valet; il* ■ viennent de sonner pour le café ». — Il y avait cependant une occasion où la perspective du dîner cessait de parler un langage viclorieui i j l'appétit de Hook : c'était, qui l'eut cm? lorsque I l'on risquait de se trouver treize à tal le. Il était en effet singulièrement superstitieux : il racontait très-sérieusement que pendant la travers* de la Grande-Bretagne à Maurice , il avait aperçu de ses yeux le fameux vaisseau-fantôme si céldw dans la légende hollandaise; et s'il n'attribuait pas au navire même toutes les tribulations dont ses extravagances à Maurice avaient été le point , de départ, du moins il voyait dans sa prétendue apparition un augure symbolique de ses maïu. Nous avons mentionné toutes les productions es prose de Hook : le temps nous manque pour les caractériser chacun à part. La nomenclature sen , complète si l'on y joint un mince volume qui ■ contient le recueil de ses œuvres en vers sous le I titre de Hook't tat res and pœtirnl Works. Ce o'est pas le moins original et le moins désopilant de ses ouvrages. Il excellait dans la parodie, tenon I celle qu'il improvisa sur le Dernier chant dtB*u quand Mattliews vint, chaleureusement et plein d'enthousiasme, la lui déclamer pour la première fois à la taverne comme le chef-d'œuvre de ù poésie au dix-neuvième siècle. Val. P.

HOOKE (Robert), célèbre mécanicien et matbt* matin ç n , naquit le 18 juillet 1635, à Frishvattr dans l'Ile de Wight. Fils de ministre et destine au ministère, il reçut une éducation soignée. Mais la faiblesse de sa constitution et la fréquence des maux de téte auxquels il était sujet l'obligèrent de suspendre ses études. Pour charmer ses «ou» il faisait de petits ouvrages en bois imitant tout ce qu'il voyait. Il fabriqua seul une horloge en bois," un petit vaisseau garni de ses mâts et cordages. H avait surtout une vocation particulière pour k dessin. Hooke perdit son père en 1618, et se pl*ca pendant quelque temps chez le peintre Lely. B suivit ensuite l'école de Weslminter, et s"»*»!»

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particulièrement à l'étude des mathématiques et des langues savantes. En 1653, il entra au collège de Christ-Churcb a Oxford , où il fut écolier servant de Goodman. Là son génie inventif ne tarda guère à se développer. Il imagina , nous dit-il , trente manières différentes de voler dans les airs ou de se donner sur terre et dans l'eau un mouvement très-rapide. Il en Qt l'essai sur lui-même, mais il ne nous est parvenu aucune trace de son mécanisme. Une autre machine île son invention, pourvue d'ailes qui se mouvaient obliquement au moyen d'une vis , s'élevait et se soutenait dans les airs, comme la colombe d'Architas, par la seule force des ressorts. Convaincu que c'est la faiblesse de nos muscles nui s'oppose à ce que nous puissions voler à l'aide d'ailes, il voulut fabriquer des muscles artificiels; mais il parait que celte tentative ne lui réussit pas. Les ailes qu'il avait adoptées étaient «le la forme de celles des chauves-souris et ce sont en effet les seules qui puissent être employées avec avantage pour soutenir en l'air un corps aussi pesant que celui de l'homme. Hooke suspendit bientôt ses ingénieuses tentatives, pour s'appliquer sérieusement à l'étude de l'astronomie. L'imperfection des pendules et l'inégale action des poids qui leur servaient de moteur le frappèrent vivement. 11 crut pouvoir remédier à cette inégalité par l'application d'un ressort à l'arbre du balancier (roy. Mai n i n ille et lluvcens). Hooke fait remonter sa découverte à l'an 1639. Il fut en marché l'année suivante pour vendre son secret. En 1664, il donna des leçons publiques sur ce sujet au collège de Cresham. Son invention est mentionnée dans les Tratuaet ons philosophique* de 1666. C'était alors Oldembourg qui teoait la plume pour la société royale. Hooke l'accusa d'avoir communiqué sa découverte à Huygens. Oldenbourg se défendit, en 1675, en disant que Hooke n'avait fait que des essais informes, et que lluygens seul avait perfectionné ; qu'au surplus Hooke n'ayant publié aucune description de son invention, il était impossible de s'en former une juste idée. Ce fut seulement la même année que la société royale consigna dans ses Mémoires la découverte de Huygens. Au reste , Ferdinand Berthoud, dans son Histoire de la mesure du temps par les horloges, pense que les ressorts imaginés en France par llaulefeuille, et en Angleterre par Hooke, pour régulariser le mouvement du balancier, furent d'abord des ressorts droits, n'agissant que par une de leurs extrémités; que l'application du spirale appartient en propre à Huygens, et que celte nouvelle invention ne tarda pas à être universellement répandue. On doit aussi à Hooke l'échappement à ancre et celui à double balancier, mais l'opinion qui lui attribue l'invention du pendule cycloïde n'est pas fondée. Trop promptement persuadé d'avoir porté les montres et les pendules à un degré de régularité qu'elles étaient loin d'avoir atteint, Hooke ne tarda pas à publier qu'il avait trouvé le secret des longitudes. U solli-

cita pour cette nouvelle découverte une patente qui lui assurât des bénéfices considérables qui devaient nécessairement en résulter. Boyle , Robert Murray, Brouncker, s'entremirent dans cette négociation. Mais des difficultés interminables contraignirent Hooke à renoncer à ses projets. Du reste, jamais il n'a divulgué son secret; ce qui a fait penser à beaucoup de gens que sa découverte était chimérique. Pendant son séjour à Oxford , Hooke avait beaucoup aidé Boyle et Thomas Willis dans leurs opérations chimiques. En 1658, il fabriqua plusieurs nouveaux instrument» astronomiques. Il tenta de déterminer la parallaxe annuelle des fixes avec plus d'exactitude que ne l'avait fait Galilée, et fut un de ceux qui avant Newton s'exprima le plus clairement sur les principes de la gravitation universelle. II fit des observations sur les planètes de Jupiter et de Saturne, et sur celle de Mars où il crut reconnaître des taches mobiles. II pensait qu'on pouvait fabriquer des lunettes de dix mille pieds, avec lesquelles on verrait des animaux dans la lune. Hooke dirigea ensuite ses travaux vers différentes parties de la physique. Il lut successivement, à la société royale , dont il avait été reçu membre en 1662, divers mémoires sur la forme des molécules de l'eau, sur la pression de ces molécules l'une sur l'autre; sur les figures formées par la gelée, la neige et la glace; sur la raréfaction de l'air, son élasticité, sa condensation, sa pesanteur; sur la différence de poids de l'eau froide et de l'eau chaude; sur celle des corps solides à mesure qu'on les élève de terre; sur le moyen de mesurer la chute des graves; sur la réfraction de la glace; sur les divers usages de la machine pneumatique. On a prétendu qu'il avait construit un récipient capable de contenir un homme, et qu'il avait fait sur lui-même quelques expériences pneumatiques. Il s'occupa ensuite de la condensation de l'esprit-de-vin, de l'extraction de l'air contenu dans l'eau, de l'anatomie de la vipère, de Yhydrocantisterium nooum de Cavall^ri, d'un effet singulier du tonnerre. Hooke examina aussi le rapport du nombre de vibrations des cordes avec leurs divers tons, en supposant à la corde tu deux cent soixante-douze vibrations par seconde. Il imagina une nouvelle éprouvetle, un quart de cercle à aire mobile , dont il publia la description en 1674, et un quartier de réflexion, ou octant, pour observer les astres en mer malgré le roulis du vaisseau: instrument qui fut depuis perfectionné par Newton (wy. Haolet). Il proposa une mesure universelle tirée de la longueur du pendule, et prouva par une expérience ingénieuse que le mouvement circulaire est composé de deux autres, l'effort direct par la tangente, et un autre effort vers le centre , ces deux forces étant égales. Si elles cessent de l'être, le mouvevement devient elliptique. En fixant à l'extrémité inférieure du grand pendule un fil plus court terminé par une boule, et donnant à ce dernier

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t circulaire tandis que l'aut re tourne, il expliquait le mouvement de la lune autour de la terre. Il s'occupa aussi d'un système de signaux ou espèce de télégraphe. 0° Jui doit encore une lampe conservant toujours l'huile à la même hauteur, un instrument universel pour tracer toutes sortes de cadrans, un nouveau micromètre , un baromètre de mer, un instrument pour perfectionner le sens de l'ouïe , une manière d'élever Peau par le moyen du feu , une horloge barométrographe , un instrument pour mesurer la pluie, un autre pour mesurer la vitesse du vent, «n compas pour décrire des spirales et autres courbes, une balance de proportion, un nouveau moulin à vent, une sonde sans corde, qui transmet un échantillon du terrain et de l'eau du fond de la mer. Hooke appelait les sondes : tXuntii inanimati, ad fundum ahyssi emittarii. Toutes ces în- Tcntions, au reste, qu'il faisait monter à plus de cent, sont bien loin d'être parfaitement constatées; et l'on peut souvent appliquer à Hooke le reproche que nous avons adressé à l'abbé Hautefeuille. À tous les talents que nous avons fait connaître, Hooke joignait encore celui d'habile architecte. En 1006, la ville de Londres ayant élé presque entièrement détruite par un incendie, Hooke proposa, pour la reconstruire, un plan qui fut extrêmement goûté. Le lord-maire et les aldermen le préférèrent à celui des intendants de la ville; et c'est en grande partie sur ce plan que fut faite la nouvelle construction. Ce succès valut à Hooke d'être, par acte du parlement, nommé l'un de ces intendants, pour reconnaître les terrains appartenant à chacun des incendiés, place qui lui procura l'occasion d'amasser de grands biens. On lui doit encore, comme architecte, les plans du nouveau Bethléhem de Londres, de l'hôpital de Hokton, de l'hôtel Montaigu, du collège des médecins et du théâtre qui y est contigu. Nous avons dit que Hooke fut admis en 1662, parmi les membres de la société royale. Il ne tarda pas à être spécialement chargé de diriger les expériences ordonnées par cette société; et après le décès d'Oldenbourg, il le remplaça dans l'emploi de secrétaire. Il se lit aussi recevoir maître ès arts, docteur en médecine en 1691. En 1663 Jean Cutler, patriote zélé pour le progrès des sciences, avait fondé une chaire de mécanique, et assigné à Hooke une pension viagère, sous la condition de faire des lectures ou leçons publiques sur les diverses parties de la physiqu?; ce dont Hooke s'acquitta de la manière la plus honorable. H fut aussi professeur de géométrie au collège de Gresham. Le peu de temps qu'il donnait au sommeil et la vie extrêmement laborieuse qu'il menait ruinèrent insensiblement sa santé; il perdit la vue, fut longtemps valétudinaire, et mourut k 3 mars 1703, âgé de 67 ans. Hooke était bossu, pôle, maigre, plus que négligé dans sa personne, défiant, jaloux, d'une humeur mélancolique, qu'avaient singulièrement aigrie les tracasseries

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suscitée:, par ses rivaux. Mais ces défauts uval plus que compensés par ses grands talents, wr ses connaissances presque universelles. Par suit de sa défiance et du mauvais esprit de mo iktk, il annonçait toutes ses découvertes par des graphes indéchiffrables. On a de lui les ouvrâtes suivants tous en anglais : ln Estai swar >;-.<■ qner les phéneménet d une expérience de Raht Boyle, Londres, 1660 ; 2° Discourt sur un ùttnmeu invente pour Jaire des observations nitrQMvwiiwi plus ?x fies. Londres, 1661, in-4"; 3* Oitemnmi sur ln come te de 1664 ; 4" Méthode /«wr misent ii terre, 1665; 3» Réponse aux considérations d An*, contenue dans une lettre écrite à fauteur du Tmiactions philosophiques , traduite de l'anglais. Paris, 1665, in -4°; 6" àlitroaraphi: , ou Itesryé* physiohgique des plut petits corps, Londres, 1665- 1667, in-fol. avec figures. Les planches Je eet ouvrage, au nombre de 38, ont élé par Henri Baker, en 1745, avec une plication. 7° Teututis, pou praiu*' .

de la terre], 1671; traduit en latin par Gutftaunx Nicolson, Londres, 1679, in-4"; 8° Èmsaftnm la première partie di la Machina CSSUMM , 9° Traité des kèhoer p-s, Londres, 1676. Il y doo* la description d'un télescope par réflexion. 10° tioner CMcranee, etc., 1678-1679, in-i». Hook traite de la nature et du mouvement de te tamière, de la mémoire artificielle, du magnetisM de la gravitation, du mouvement de la lerre.i la philosophie , de l'action des ressorts restitutiea) , etc. 11° Lanpas, OU D-ttnp» de qu lasses perfectionnements tnéc^nii^ts ru ta lampes et les poids à peser /'«m, 1677, 12' OEueres posthumes, etc., Londres, 17», in-fol.; recueil publié par Richard Waller. <: précédé de la vie de Hooke par l'éditeur, toast» œuvres se trouve un système bizarre sur la ■*■ ni ère dont l'âme perçoit et transmet les llfc Hooke avait prétendu calculer le nombre «fide* dont l'esprit humain est susceptible, et l'wt évalué à 3,155,760,000. On trouve en ottf* im ces oeuvres un tableau de l'état actuel de la P^y* sique, des leçons sur la lumière, sur l'astrooosuesur la navigation, des discours sur le* \Khws> un iits de terre, dont il attribue la cm* ^ montagnes, etc. 13° Expériences et oisertéa* ph losophique ; autre recueil qui ne fui P™* qu'en 1726, Londres, in-*>. Hooke y rend cobp* des plus nouvelles observations sur l'anaU»» « la chimie. On y trouve aussi un discours sur u Tour de Babel, et une explication des Met**phoses d'Ovide. D- L

HOOKE (Nathanbu), historien anglais, WP1 vers 1690, à Dublin, de pareois cau^ues.*!* le firent élever avec le plus grand soin, De fajj* spéculations ayant détruit sa fortune, u fut «»P de chercher dans l'exercice de ses talent* te ressources pour subvenir aux besoins de sa ww* S'étant fait connaître comme écrivain , il W g par la duchesse douairière d*Marlborou«bdf

ger ou de retoucher les mémoires qu'elle se proposait de publier sur sa conduite à la cour d'Anglcterre.Ce travail lui fut payéplusdecent mille francs. Il finit cependant par se" brouiller arec la duchesse qu'il avait entrepris de ramener à l'Église romaine. Hooke était un zélé catholique ; mais il avait adopté les idées de Fénélon sur le quiétisme. Ce fut lui qui se chargea de trouver an célèbre Pope un confesseur dans sa dernière maladie. A peine était-il sorti de la chambre du malade que Bolingbroke y entra» et se mit à cette occasion dans une grande colère. Dans son testament (1), Pope légua cinq livres sterling à Hooke pour acheter une bague ou quelque autre marque de souvenir. Hooke mourut le 19 juillet 1764. On a de lui : !• Roman hittory from the building of Rome ( Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu'à la ruine de la république), Londres, 1735-71, 4 vol. n] -40. En téte du premier volume est une suite de Rfmnrquet sur l'histoire des sept rois de Rome, à l'occasion des objections de sir Isaac Newton sur la durée supposée (244 ans) de la royauté. Le deuxième volume, publié en 1745, est précédé d'une dissertation de 53 pages (provoquée par un mémoire du savant M. de Beaufort, 1758) sur la vraisemblance des cinq cents premières années de Rome. Le troisième , revu par l'auteur, parut en 1764 ; le quatrième en 1771. Nous avons sous les yeux la troisième édition du premier volume et la deuxième du second, 4757, accompagné de cartes géographiques et autres gravures. Cette histoire est tres-estimée des Anglais. Elle a été réimprimée dans le format in-8° en 1766 et en 1806, 11 volumes. La première partie n'offre guère qu'un abrégé de VHittoire du P. Catrou et des Récolutiont de Vcrtot; mais dans les suivantes, l'auteur, encouragé par le succès de son ouvrage, se livre à ses propres observations : il discute les textes, il expose les faits avec exactitude et précision; son style estsimple, clair, facile. On peut louer aussi son impartialité, bien qu'il penche un peu pour la démocratie, et qu'il reproche à Rollin, et encore plus à Vertot, la propension contraire. Chaque volume est précédé de discourt et de réflexion* critique» qui ont été traduits en français par son fils (wy, l'article suivant), f* Relation de la conduite que la durhesse douairière de Marlborough a tenue à la cour depuis qu'elle y entra jusqu'à l'année 1720, Londres, 1742, in-8°; traduit la même année en français, la Haye, in -s- ; 5° 06tervatious sur quatre écrits relatifs au sénat romain (en anglais), Londres, 1758, in-8". Les auteurs de deux de ces écrits sont Middleton et Chapman. Un anonyme répondit la même année aux observations concernant le sénat romain et le caractère de Denys d'Ilaltcamasse. On a su depuis que l'anonyme était Edward Spelman , qui publiait alors une traduction de Denys. Hooke a traduit

m Voy. 1c Ttiinmtnt de Pop« 4 la

en anglais les Voyages de Cyrvt par Ramsay (voy. ce nom), 1739, in-4*. On a imprimé en 1816 sur son manuscrit : Six lettres à une dame de qualité concernant la paix religieuse et ta téri» table bote. Nath. Hooke avait un rare talent pour lire à haute voix , et Richardson nous apprend qu'un jour qu'il venait de prononcer quelques discours tires de son Histoire romaine devant Onslow, président de la chambre des communes, lequel se piquait aussi de bien lire, ayant ensuite demandé à son auditeur ce qu'il pensait de l'ouvrage : « En vérité, répondit le président, je ne « sais qu'en penser; cela pourrait n'avoir pas le « sens commun, car votre manièie de lire m'a en- « sorcelé, enchanté. » Ce trait rappelle à la mémoire les mots de dupeur doreillet appliqués à notre Jacques Delille, lorsqu'il lisait avec tant de charme dans les sociétés des fragments de ses poè"mes. L. et W — s.

HOOKE (Luce-Josepb), fils du précédent, naquit à Dublin en 1716. Amené jeune en France par son père, il acheva ses études à Paris au séminaire de St-Nicolas du Chardonnet. Bientôt reçu docteur de Sorbonne , il fut peu de temps après nommé professeur de théologie. En 1731, il présida la fameuse thèse de l'abbé de Prades (voy. ce nom). Pressé par de vives sollicitations, l'abbé Hooke, trop confiant, avait signé sans examen et presque sans la lire cette thèse immense , trois fois plus étendue que ne l'étaient les actes théologiques du même genre. On sait qu'au milieu d'une discussion animée entre le répondant et les argumentateurs , un vieux docteur de Sorbonne se leva, fit le signe de la croix, récita son Credo, et au grand étonnement des assistants, dénonça plusieurs propositions hérétiques ou impies qu'il avait découvertes dans cette thèse, parmi une foule de propositions diverses qui s'y trouvaient amoncelées à dessein. Cette affaire causa beaucoup de chagrin à l'abbé Hooke, qui se hâta de demander lui-même la condamnation de la thèse scandaleuse. Cependant le cardinal de Tencin fit déclarer sa chaire vacante. Ses confrères, ayant réclamé contre une mesure trop rigoureuse, forent assez heureux pour en obtenir la révocation, et le parlement de Paris rendit en 1762 un arrêt qui le maintenait dans l'exercice du professorat; mais l'archevêque défendit aux élèves en théologie de suivre les leçons de ce docteur, sous peine d'être exclus du séminaire. Hooke, dans une lettre à l'archevêque, écrite avec autant de force que de décence, se plaignit de cette nouvelle persécution que rien ne pouvait justifier. Celte lettre (1*8119, 1 765, in- 1 2 de 72 pages) est accompagnée de pièces justificatives qui, du moins en grande partie, avaient paru dès 1754, à la suite de l'extrait des conclusions de la faculté de théologie sur la thèse île l'abbé de Prades. Fatigué de lutter contre des adversaires trop puissants , Hooke finit par renoncer à l'enseignement. En 1791, il était conservateur de la bibliothèque Mazartne. N'ayan$

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pas voulu prêter le serment exigé des fonctionn nires ecclésiastiques, il fut remplacé par Leblond [roy. ce nom). Il parait qu'il refusa de remettre les clefs à son successeur, puisqu'un arrêté du directoire du département de Paris, en date du 49 mai , autorisa le procureur général syndic, en cas de nouveau refus , à se faire ouvrir les appartements de force (1). Ce malheureux vieillard alla chercher un asile a St-Cloud , et y mourut le 12 avril 1796, à l'âge de 80 ans. On a de lui : 1° Religionis naturalis et rctelata prineipia, Paris, 1754 ; ibid., 1774, 3 vol. in-8. Cette seconde édition d'un ouvrage très- estimé des théologiens est augmentée des notes de dom Brewer, bénédictin anglais. 2° Discours et réflexions critiques sur l'histoire et te gouvernement de l'ancienne Rome, traduit de l'anglais {roy. l'article précédent), Paris, 1770-84, 3 vol. in-12; 3° Principes sur la nature et T essence du pouvoir de ïl\glise. ibid. (1791), in-8» de 24 pages L'abbé Hooke est l'éditeur des Mémoires du maréchal de Berwick, Paris, 1778, 2 vol. in-12. F— i.

HOOKER (Jeax), littérateur et porte anglais du 46' siècle, mourut en 1343, au collège de la Madeleine d'Oxford , dont il était regardé comme le plus bel ornement par son savoir dans les langues grecque et latine, et par son talent pour la poésie dans ces deux langues. Il nous reste de lui : 1° une comédie Intitulée le Pécheur ; 2» une Introduction à la rhétorique ; 3° Poema de vero cruàfixo ; 4° F.pigrammata. T — 0.

I100KER (Richard), théologien anglais, naquit en 1534, à Heavy-Trée, près d'Exeter. Ses parents le destinaient à une profession mécanique; mais son maître d'école, frappé de son intelligence, les en détourna en leur faisant espérer qu'il trouverait sans doute un généreux protecteur. Il le trouva dans l'évêque de Salisbury, Jewell , qui lui procura un emploi dans l'université d'Oxford et lui lit une pension. Après la mort de cet évêque, Richard trouva un nouveau protecteur dans le docteur Edwin Sandys, évéque de Lincoln et qui fut depuis archevêque d'York. Nommé associé de son collège en 1577 et environ deux ans après professeur suppléant d'hébreu, il perdit ensuite ces places, contracta un mariage avec une femme que Wood appelle une vraie Xanthippe, et n'eut pendant quelque temps pour toute fortune jque la petite cure de Drayton-Beauchamp , dans '}r comté de Buckingham. En 1585, Sandys instruit de sa détresse le fit nommer maître du collège du Temple à Londres, place honorable et lucrative, mais dont les tracasseries d'un certain Walter Travers finirent par le dégoûter. Ce Travers, qui était prédicateur du Temple pour le matin, tandis que Hooker y était prédicateur du soir, voulant introduire dans cette société la doctrine de Genève, dont il était zélé partisan,

critiqué du Dittiontuùrts , pu Barbier,

fit tout ce qu'il put pour supplanter Hooker, tt n'ayant pas réussi l'attaqua avec véhémence dit» ses sermons; Hooker lui répondait dans les situ, ce qui faisait dire que le sermon du matin prêchait Cantorbéry et que celui de l'après-midi prêchait Genève. L'archevêque fit interdire la prédication au puritain, qui publia à cette occasion une supplique au comeil privé. Hooker y réponJit afte modération dans un écrit ad hoc, et bientôt après commença son fameux ouvrage Des Uns é le ptlitique ecclésiastique ; mais pour y travailler plu* tranquillement et aimant d'ailleurs la vie champêtre et retirée, où il pouvait, dit-il , wr> la bienfaits de Dieu sortir du sein de la Itm m mère, il résigna sa place, et reçut ta éekmje en 1591 la cure de Boscomb, dans le comte je Wilts, sous la prébende de Nether-Hafeo et le doyenné de Salisbury. La reine Elisabeth le nomma en 1595 recteur de Bishop's Bourne an comté de Kent, où il mourut le 2 novembre 1600, âgé de 47 ans, après avoir acheté son ouvrage, ce qui était toute son ambition. Des Tolews s'étant introduits chez lui, il fut parfaitement consolé en apprenant que ses livres et ses papiers lui restaient intacts : « Aucune autre perte, dit-il, • ne peut m'afîligcr. » La politique eeeUski^u est divisée en huit livres, dont les cinq premiers furent publiés successivement en 1594 et 1597, les trois derniers parurent après la mort dr l'auteur. On doute que l'ouvrage imprimé sod tel qu'il l'avait laissé , et il y a eu une discussion suivie à ce sujet; mais tel qu'il est, c'est un livre plein de savoir, de jugement et généralement estimé. Jacques Ie' disait avoir beaocouf profité de cette lecture, et Charles I" la rrco* mandait vivement à son fils, qui n'en profita guère. Un passage de Hooker est cité dans it procès de Charles I". On a aussi de lui des ** mons. Ses OEuvres ont été imprimées eoseoUf par le docteur Gauden, en 1662 , in-fol., avec la Vie de l'auteur et réimprimées en 1666, io-W • avec une Notice biographique par Wallon, et depuis , plusieurs fois , la dernière en 1793. Oxford, 3 vol. in-8°. On en a donné un ou quintessence en 1705. Le docteur Zoueb a beaucoup ajouté aux détails de la vie de Hooker donnés par Wallon. S-*

HOOLE (Jeas), littérateur anglais, né m» 1727, à Tenderven dans le comté de Kent, s'en fait de la réputation par ses traductions en »en de la Jérusalem délivrée du Tasse , 1762, * «• in-8°; du Roland jurieuz de l'Arioste, 177Î, 1783, 5 vol. in-8°, et d'une partie du Tbéitre de Métastase, 1767, 2 vol. in-12; 1800 , 3 itL in-8». C'est aussi de ce dernier qu'il tira les sujets de deux tragédies qui eurent du succès: Cyu 1768, Timanthe. 1770. Une autre tragédie •/« donna au théâtre, Cléonice. princesse it lone, 1775, ne réussit point, mais ce lui fut »■* occasion de déployer sa générosité en rtamjvA une grande partie de l'argent qu'il avait reçu *

noo

libraire pour le manuscrit , parce qu'il présumait qu'elle n'aurait pas plus de succès à la lecture qu'elle n'en avait eu sur la scène. Ses traductions se distinguent par le goût, la correction et l'élénce; mais on y trouve peu de poésie. On a aussi lui une Âlégie sur la mort de mis tris s Wojfington et une édition des Criticnl etsays de John Scott, avec une notice sur la vie et les écrits de l'auteur, in-8°, 1783. lloole était auditeur de la compagnie des Indes orientales; mais il se retira sur la On de sa vie, avec une pension. Il mourut à Dorking, dans le comté de Surrey, le 2 août 1803, âgé de 76 ans. — Son fils, le révérend Richard Hoole, est auteur de quelques poésies. L.

HOOPER (George), savant évéque anglais, né en 1040 à Grimley, dans le comté de Worcester, fut un des élèves de l'école de Westminster dont le docteur Busby {voy. ce nom) s'honorait le plus ; il entra ensuite à l'université d'Oxford. Hooper joignait à un grand mérite beaucoup de modestie et de désintéressement. Il fut successivement chapelain de Morley, de l'évêque de Winchester, de l'archevêque Sheldon , du roi Guillaume et de la reine Marie, prolocuteur de la chambre basse de convocation, évéque de Sl-Asaph et enfin évéque de Bain et Wells, il occupa ce dernier siège vingt-quatre ans et demi , et mourut le 0 septembre 1727. En 1085, d'après l'ordre du roi, il assista le duc de Monmouth et eut de longs entretiens avec lui la veille et le jour de son exécution. Parmi plusieurs ouvrages qu'il a laissés, on cite : 1° Discussion franche et méthodique tur la première et principale controverse entre l'Eglise d'Angleterre et l'Église de Rome, concernant le guide infaillible, 1087; 2° Discours concernant le carême. 1091 ; 3» Calcul sur la crédibilité du témoignage humain, inséré dans les Transactions philosophiques, octobre 101)9; 4° De Valenti ha resi conjectura, quibus iltius origo ex Aïgyptiaca. theol gia deducitur, 1711; 3° Recherches sur l état des anciennes mesures, l'attique, la romaine et spécialement l'hébraïque, avec un appendice concernant les anciennes monnaies et mesures de capacité anglaises. 1721 . On a donné une édition complète des écrits de G. Hooper, 0*ford, 1737, in-fol. S — d.

HOOKN VAN VIAXJSWICK (Pierre-Nicolas, baron de), noble hollandais, de l'Académie de Cortone et de celle des antiquités de Cassel , naquit à Amsterdam le 27 mars 1742. Possesseur d'une fortune immense , il était naturellement appelé aux premières charges de sa république. Il fut même d'abord commis de la banque d'Amsterdam ; mais son goût décidé pour les arts et les désagréments que lui suscita une passion réprouvée par les femmes l'obligèrent de quitter la Hollande. Il dirigea ses pas vers l'Italie, où Kome et Florence fixèrent particulièrement son attention. Le fameux Pickler vivait alors : Van lloorn le connut, et prit, dans le commerce de cet artiste, le goût particulier qu'il eut toujours depuis pour la dactyliologie. 11 se lia également avec

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le célèbre Mengs, et avec les cardinaux Borgia et Albani , ces illustres protecteurs des arts , et il fut constamment honoré de la bienveillance du grand-duc Léopold. N'étant borné par aucune considération pécuniaire, Van Uoorn ne s'occupa que de l'acquisition des pierres gravées les plus parfaites. En peu de temps , il en réunit huit cent cinquante, tant grecques qu'égyptiennes, étrusques, persanes, etc., parmi lesquelles se trouvaient le génie eTAcratus, qu'il tenait du chevalier Vettori, la téte de philosophe connue sous le nom de tète de Scipion, ainsi que le grand camée décrit par Caylus, et représentant une scène comique. Hoorn ne jouit pas longtemps d'une aussi précieuse collection : elle lui fut volée au mois d'octobre 1789 par son valet de chambre. Cette perte irréparable influa pour toujours sur I sa santé. Cependant il apprend que son infidèle | domestique se trouve à Amsterdam. Il s'y rend : avec une somme immense, rachète du voleur luimême deux cents de ses pierres (c'était tout ce qu'il en restait), et ne poursuit pas sa vengeance. Fixé depuis à Paris, lloorn passa le reste de sa vie à former le cabinet précieux dans tous les genres que tous les amateurs ont connu, et dont Lebrun fit la vente en novembre 1809. Van IJorn était mort le fi janvier de la même année. Trois parties composent ce catalogue : 1° celle des objets rare» et curieux décrits par Lebrun ; 2° celle des pierres gracées, par Dubois, et 3° un recueil gravé d inscriptions camées antiques, publié aussi par Dubois. Dans la première partie ou dislingue plusieurs bustes de rouge antique de grandeur naturelle, des colonnes de porphyre de grand antique, des vases des matières les plus précieuses, des tables de mosaïque antiques ou de Florence , des urnes cinéraires, un Gtrmanicus antique en bronxe avec des yeux d'argent , une suite considérable d'idoles chinoises, indiennes, japonaises, thibétaines, plusieurs lingams , un vase égyptien en basalte vert de dix-neuf pouces, un vase étrusque, monument unique, entièrement recouvert de madrépores pétrifiés , résultat du séjour de ce vase au fond de la mer, d'où il avait été retiré près de Gênes, environ soixante ans auparavant; un autre vase de celte terre indienne que l'on dit être digestible. Un physicien connu, M. F..., montrant chez de lloorn ce vase à des dames, se permit d'en rompre un fragment pour ,1e leur offrir à manger. La pièce ia plus importante de cette collection était uu buste de Sérapts en basalte vert, et d'une exécution si parfaite que lloorn ne craignait pas d'en faire houneur à Praxitèle. Parmi ses pierres gravées, on distinguait une téte d'isis du vieux style, une pierre étrusque, le seul monument connu qui représente le potfte Tyrtée, une Léda, une Méduse d'un travail admirable, un camée à trois couches, représentant un mime bouffon , qu'il refusa constamment aux instances réitérées de Joséphine, première femme de Bonaparte, lloorn était sans politesse et avait peu

d'instruction. La rudesse de son caractère avait été fortifiée par cette indépendance que peuvent seules donner la philosophie ou l'extrême richesse. Un Jour d'hiver rigoureux il se mit en fureur contre une très-belle chienne qu'il avait, parce qu'elle s'opposait par ses mouvements et par '•es cris à ce qu'on la revêtit d'un habit qu'il lui 'avait fait faire, persuadé qu'elle devait avoir froid. <Du reste , il était bienfaisant et protecteur lélé |dcs artistes. Une des clauses de son testament portait que son baguier ne serait vendu qu'à Londres, après la paix générale. D. L.

HOPE (Jean), cinquième comte de II option, général anglais, naquit le 17 août 1766, à llopctoun-House (Linlithgow), résidence habituelle de ton père. Son éducation achevée, y compris le voyage de rigueur pour tout Anglais qui vise au titre de gentleman , il se décida en sa qualité de cadet a entrer comme volontaire dans l'armée britannique, et il débuta par le grade de cornette dana le 10* dragons légers. Son intrépidité, son aptitude justifièrent le rapide avancement que lui valurent l'heureuse position de sa noble famille et la chaleur avec laquelle il était recommandé. Après avoir rapidement traversé les divers grades inférieurs, il servit comme adjudant général sous les ordres de sir Ralph Abercrombie dans les lies sous le Vent, en 1794. Nommé colonel en 1796, il continua de faire partie des forces anglaises dans l'archipel américain, et il y remplit les fonctions de brigadier général. Stratégiste parfait, il était de plus vaillant soldat, et son courage l'entraînait souvent au milieu de périls ■uxquels il eut pu comme général ne pas s'exposer. De retour en Angleterre après les quatre campagnes de 1794, 1795, 1796 et 1797, Hope donna sa démission d'adjudant général. Le comté «le Linlithgow venait alors (1796) de le choisir pour son représentant à la chambre des communes. Mais bientôt il s'aperçut que la chambre ne serait jamais son vrai chara^ de bataille, et il se laissa nommer député adjudant général pour l'expédition de Hollande (août 1799). Blessé grièvement lors du débarquement au Helder, il fut obligé de se faire transporter en Angleterre, et il n'en revint que deux mois après avec le titre d'adjudant général du duc d'York L'année suivante il eut le plaisir d'accompagner un capitaine plus habile ou plus heureux, Abercrombie, qu'il avait jadis secondé en Amérique, et à la suite duquel il allait combattre encore dans une troisième partie du monade. 11 assista aux dernières et faciles affaires de cette guerre d'Egypte, si infructueuse pour les Français, aux engagements des S et 13 mars 1801 , à la bataille d'Alexandrie du 21 , où il reçut une biessurc, puis au siège du Caire où était le général Beiliard. C'est lui qui fut chargé des négociations à La suite desquelles fut conclue la convention pour la reddition de la place et l'évacuation de l'Egypte. Ses services

nop

sés par l'épaulette de major général, qa'D obtint en 1802, et trois ans après par le titre de Rowerneur de Ports mont h Mais il résigna et poste la même année pour passer sur le confinent atet les troupes placées sous le comsuanderaetit k lord Cathcart Promu au grade de lieutenant général en avril 1808, il eut part, sons John Moort, d'abord à l'expédition anglaise contre le Dînera are* , et par conséquent à la destruction de la flotte danoise , puis à celle du Portugal et de h Galice. On sait que l'armée britannique mwt trop tard sur la cote espagnole, reçue d'aillean avec défiance par ceux qu'elle venait défendre, et bientôt isolée par les défaites succeisws de tous les corps indigènes, fut prompt emeot réduite à battre en retraite devant l'armée française qui chaque jour croissait en nombre, et qoeertte retraite admirablement conduite dans loo» ses détails, mais contrariée avec non moins de talent par le maréchal Soult, ne put préserver 1rs Anglais de la nécessité de se battre à la Corogne (16 janvier 1809), où Moore périt glorieusement. Hope prit alors le commandement de cette irmet si compromise : jusque-là il s'était montré k digne compagnon de Moore ; il redonbli de sangfroid , d'énergie pour achever son ouvrage; il continua de défendre pied à pied ses positiofe Cl parvint à embarquer jusqu'à son dernier soldat, préservant ainsi ses troupes de la désir*tion ou de la captivité, et justifiant p resque « que les Anglais n'ont cessé de dire qu'ils avaient été vainqueurs à la Corogne. Hope fut i cet! occasion nommé chevalier de l'ordre du Bain, ri son frère atné fut élevé à la pairie. Qjriqss mois après fut entreprise l'infructueuse expédition de Walcheren : Hope y commandait indivision; c'est lui qui, débarqué à Ter-Cor», s'empara des batteries françaises qui poirowi gêner le passage de West-Scheldt, et qui, maliff du poste important de BaU, s'y maintint neut jours durant , malgré les attaques réitérées de Français, et sans être soutenu par les canonnière de sir Home Popham. L'année suivante (1810), il fut encore emplové en Espagne , d'où le cabinet le rappela pour lui confier le commandement m cb- ' des troupes en Irlande. Il resta dais cette Ile jusqu'en 1813 , puis alla rejoindre k duc de Wellington dans la Péninsule : la guerre tirait 4*5 à sa fin , les Français reculaient et allaient reposer la frontière. Hope commanda l'aile gwftir anglaise à la bataille de la Nivella (tOMTettsrt; une attaque vigoureuse sur les avant-postes établis par 1. s Français, eu tête de leurs retraBfbeinenU sur la basse Nivdla, le rendit maître de U redoute d'Orange, et H s'établit sur les bautrnrs vis-à-vis de Sibour, pour être en position i< mettre à profit sur-le-champ tous les imw ments de la droite ennemie.

Celle-ci avec le re»e de l'armée se retira la nuit suivante sur Ma* après avoir détruit tous ses travaux et to» « ponts de la basse Nivella. Hope avec la

anglaise traversa la rivière le plus vite qu'il put et se mit à la poursuite de l'armée en retraite qui, de Bidart, s'était dirigée au camp retranché devant Bayonne. Parti de St-Jean de Luz, il vint faire la reconnaissance de ce camp et des rives de l'Adour, soutint plusieurs attaques désespérées des Français sans perdre du terrain, jeta un pont sur l'embouchure de l'Adour, grâce à la coopération du contre-amiral Penrose, et investit la citadelle de Bayonne qui fut bientôt étroitement bloquée, mais qui résistait encore le 14 avril en dépit de la déchéance et de l'abilicalion de Napoléon. Hope eut même la mortification de voir les assiégés de Bayonne opérer une vigoureuse sortie et de demeurer leur prisonnier. Mais sa captivité ne pouvait être longue. Redevenu libre, il fut créé, le 3 mai 1814, pair d'Angleterre sous le litre de baron de Xiddry, mais il refusa toute récompense pécuniaire de la part du parlement, et n'accepta que la grand'eroix de l'ordre du Bain. Bientôt la mort de son frère consanguin aîné Jacques fit passer sur sa tête, en 1816, le titre de comte de Ilopeloun, et en 1819 il reçut le brevet dé général. Mais il ne jouit pas longtemps de toutes ces faveurs que la fortune accumulait sur lui : il mourut le 27 août 1825, à Paris, dont il aimait beaucoup le séjour. Son corps fut transporté en Angleterre, et déposé à Abercorn dans le caveau de se s ancêtres. P— ot.

HOPE (Tuohas), écrivain anglais, était issu de l'ancienne famille écossaise des Hope de Craig-Hall (comté de Fife), dont les Hope d'Amsterdam sont une branche, et naquit en 1774. L'éducation de Thomas Hope fut celle d'un riche et jeune gentleman : il réussit principalement dans les arts d'agrément, et une fois entré dans le monde, il cultiva le dessin , tout en se livrant aux distractions de la société. La fortune considérable dont bientôt il hérita le mit à même de suivre son goût favori. Il entreprit un grand voyage artis- ( tique, et après avoir visité diverses parties de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, il revint, son portefeuille plein de belles esquisses, représentant surtout des statues et des monuments d'architecture. Il eut grand soin ensuite d'assurer dans les cercles d'élite son renom comme dessinateur et comme connaisseur en beaux-arts, soit en exhibant libéralement ses cartons, soit en imprimant son opinion sur les dessins proposés pour le collège Downing à Cambridge, soit enfin en annonçant qu'il allait lui-même créer et décorer une habitation, en se posant en quelque sorte d'avance comme législateur ou comme modèle en celle partie. Effectivement, ayant acquis dans Duchess-slreel une vaste maison , il employa plusieurs années à en modifier la distribution et à l'orner d'après ses propres dessins, tantôt imaginant, tantôt copiant des modèles d'Italie, mêlant l'ancien et le moderne; et s'il n'esquiva pas toujours le reproche de recherche, de surcharge dans cet amalgame , il réussit pourtant en der-

nière analyse à réunir l'élégance, la richesse, la commodité, et à produire des effets piquants au! moins par la variété. A la galerie de peinture et de sculpture, partie essentielle de l'édifice, il ajouta en 1820 une galerie de tableaux flamands. La maison Hope a eu les honneurs de la description dans les Public Buildings of London , de Brit- Ion et Pugin, et Weslmacott a donné une vue de la galerie primitive dans son Account of the Br*tish galleries. Ce n'était là que la maison de ville. Hope mit ensuite la même magnificence à s'arranger une maison de campagne dans le site délicieux de Deepdene anx environs de Dorking, et il réussit peut-être mieux encore. Celle-ci eut aussi sa bibliothèque, sa galerie, et de plus, un amphithéâtre pour les antiquités. La collection de Hope , en ce genre, devint une des plus riches de l'Angleterre. On peut prendre une idée de cette seconde babilalion par deux vues qu'eu donne Prosser dans ses Vievu in Surrey. Hope employait beaucoup d'artistes dans tous ces em- : bellissements, auxquels, du rcsle, il présidait, et il faut lui rendre celte justice , qu'il ce s'adressait pas uniquement au peintre, au sculpteur en vogue, mais qu'il allait chercher au fond des allées et des cours obscures le génie méconnu. Le célèbre Thorwaldsen trouva en lui un patron généreux et enthousiaste. Le jeune Chantrey lut , dut aussi de sortir d'une position inférieure et ' voisine de la détresse. Ces hommes illustres gardèrent toujours pour lui de la reconnaissance. Il n'en fut pas de même de tous ceux qu'il mit à l'œuvre. Un d'eux surtout, le peintre français Dubost , le stigmatisa d'une manière sanglante. Irrité d'un démêlé qu'il avait eu avec lui relativement à l'exécution et au prix d'un ouvrage, il exhala son mécontentement dans un tableau où tout le monde t-cconnut une scène fameuse de la Ih lie et la Béu : la figure de la Belle était celle de mislriss Hope; la Bé(e, qui versait à ses pieds les ttésors pour l'attendrir, était le mari. Dubost exposa son ouvrage en percevant de ceux qui entraient un droit assez léger, mais qui ne laissait pas de produire au bout de la journée environ vingt-cinq guinées. Tout allait au mieux pour le vindicatif artiste, quand le frère de madame Hope mit en pièces le tableau. En vaiu Dubost lui intenta un procès, demanda mille livres sterling de dommages-intérêts, le jury ne lui en alloua que cinq pour frais de canevas et de couleur (1). Malgré son triomphe, cette mésaventure rendit Hope plus circonspect avec set ar-

\\) Dubost avait apporté en Angleterre un tableau d'un mérite

reconnu, et dont le sujet était Oamoc'h. Il l'avait vendu 4 Th. Hope au pris de hait cents guinéee; et celui-ci lai avait promis lie lut en donner qnè.tre cents autres pour le put trait de sa femme. Ce lut a l'occasion de ce travail que l'harmonie cessa entre eux Dabost, croyant avoir Reu de se plaindre, te wiçt» en produisant la carieatare dont U est parlé «ri dessus, et qui fat exposée publiquement en 1810, sons le titra de Beamiy an4 tk» Brait Le frère de mlstriss Hope, qui lacera ra toile, était rm ecclésiastique, le révesxad Béieslord, AU de l arebevéqu^d»

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listes. Du reste , il faut avouer que son antagoniste dans ses imputations était aussi injuste que grossier, llope ne ressemblait point à ces amateurs qui ne comprennent rien aux richesses accumulées dans leurs galeries. Non-seulement il les appréciait en maître, mais encore il en tirait infiniment de notions d'un autre ordre , et de la contemplation des chefs-d'œuvre de la peinture il passait à des méditations sur les costumes et les mœurs des peuples, sur leur histoire, sur leur origine et leurs destins. L'abondance et l'originalité de ses idées sur ces questions le classent très-haut parmi les penseurs, et le tirent de la foule des littérateurs qui ont écrit quelques feuilletons sur l'art. A mesure qu'il avançait en âge, ces idées se perfectionnaient et gagnaient en étendue et en précision. Ce n'est pas cependant que nous les regardions comme irréprochables et que nous les acceptions dans leur entier. Partageant ainsi son temps entre des loisirs élégants et la composition d'articles ou d'ouvrages littéraires, llope atteignit tranquillement la fin de sa carrière :.tl mourut le 3 février 1830. Voici la liste de ses ouvrages. 1° Lettre à F. Annrley sur la tuile de destins proposés pour le collège Downing à Cambridge. Ces dessins étaient de Wyatt. Le résultat des eritiques de Hope fut de faire rejeter les plans de ce dessinateur et de le faire remplacer par Wilkins : toutefois l'édifice ne fut que commencé, et probablement il ne sera jamais achevé. 2° Ameublement et décors de maisons, Londres, 180», in-fol. C'est une collection de dessins représentant le plan et des vues de ses maisons , les ornements extérieurs et intérieurs , les formes et la distribution des meubles. La Revue d'Edimbourg tenta de jeter une teinte de ridicule sur cette publication; mais elle était trop en harmonie avec un goût dominant des grandes familles anglaises pour que les sarcasmes du journal l'atteignissent , et l'on peut même dire que le recueil de llope eut une influence très-marquée sur le développement du goût anglais pour l'étude de ce qui constitue le confortable et l'élégance à l'intérieur des habitations. 3" Le Costume des anciens, Londres, 1809, 2 vol. grand in-8». Ce nouveau recueil, orné de superbes gravures au trait, tirées surtout de vases de la collection de Hope, et dues la plupart au burin de II. Moser, coûta immensément à l'auteur qui, pour le répandre plus aisément dans le public , fit sur le total des exemplaires un sacrifice de mille livres sterling. 4° Dessins de costumes modernes, Londres, 1812, in-fol. Cet ouvrage, qui est le pendant du précédent, se recommande par les mêmes qualités. Le chou des costumes est heureux, et l'exécution des dessins irréprochable. 3° Anastase, ou Mémoire! d'un Grec moderne, Londres, 1819, IU-12, Paris, 1831 , 2 vol. in-8»; traduit en français par Defauconpret, Paris, 1820, 2 vol. in-8° avec carte; autre édition , précédée d'une notice sur l'auteur et de notes par Buchoo, Paris, 1844, in-12 avec '

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carte. On ne peut nier que ce roman n'ait eu m moment de son apparition un succès d'enthousiasme; il se distingue de la foule des productions de même genre par la réunion à la sensibilité, à l'imagination et quelquefois à l'éloquence, d'un s* voir que ne possèdent ordinairement pas les romanciers, llope , en choisissant pour lieu de la scène un pays habité par les Grecs et par les Turcs, » préparait habilement un champ où pouvaient à l'aise se déployer dans tout leur luxe ses connaissances si variées en fait d'art et de géographie : aussi la partie descriptive du roman est-elle exécutée de main de maître. Il peint aw ia même vérité les sites riants, agrestes ou terribles du pays, les costumes si pittoresques, les existences si tranchées des populations divers» qui luttent à sa surface. Toutefois on aurait grand tort de mettre sérieusement Anastase à cote <hi Voyage d Anacharsis , et, quoi que l'on en dise, il reste encore aux voyageurs qui visiteront h Cm» moderne et la Turquie beaucoup à dire dans leur» relations. Quant à la fable du roman, elle ne s'élève pas au-dessus du vulgaire , et le caractère du héros Anastase est trop roide pour jamais intéresser. L'ouvrage d'ailleurs a d'un bout à l'autre quelque chose de trop tendu : on y trouve de la finesse peut-être, mais pas d'esprit, ou bien de l'esprit , mais pas d'humour. Nul laisser-aller, nul entraînement. 6° De rorigine et det pnfa de rh omme , Londres, 1821 , in-8°. Cet outrage, qui était encore sous presse à l'instant de la mort de l'auteur , était la première pierre d'un ismense édifice qu'il se flattait d'élever, et où il voulait suivre dans toutes les phases, par tout» les sphères et à tous les degrés de son développement, l'idée et la réalisation du beau : ici Hope ne s'occupe que de la cosmogonie, prélude carntiel à l'authropogonie , et du développement du genre humain à la surface de la terre. Suinot lui, tout est né du temps et de l'espace, awqueb succède la gravitation sous le double aspect de force centripète et force centrifuge. Des évolutions de cette double force, principe de toute agrégation et de toute combinaison, viennent le* premières modifications de l'électricité, notamment celles dont résultent le froid et la substance. Le froid, selon Hope , est l'anneau intermédiaire par lequel de la force pure on passe à la substance, qui primitivement est rayonnante, k condense ensuite sous l'empire de diverses circonstances, et devient fluide, liquide, enfin solide; puis elle passe de l'état amorphe à celui de criV tallisation , le tout encore à l'aide de l'électricité et du froid. Parvenue à cette forme la plus haute, la plus complète que puisse affecter la substance inorganique, la matière subit, par l'action de li chaleur, des décompositions et recoropojiuo» tout autres, qui sont comme une deuxième série de créations et qui Fêlèrent à l'état de substance organisée, vivante d'abord, ensuite sentante et intelligente. 11 arrive ainsi à l'homme; mail il*

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fait pas descendre tout le genre humain d'une même souche, et chaque partie de la terre s' étant trouvée, dit-il, à l'époque de la naissance de l'homme, pourvue de tous les éléments nécessaires à la formation de ce genre nouveau et d'éléments soumis à l'action de circonstances identiques, a dû produire ses autochthones en même temps pareils et divers, pareils à cause de la parité des éléments et des circonstances, divers à cause des différences et de sol et de climat lors de la formation des types. Ilope, en établissant ainsi l'homme comme un genre divisible en sousgenres, en espèces et en variétés, nie fortement la possibilité pour les variétés inférieures de s'élever au niveau des supérieures; il croit qu'il est aussi impossible au Samoïède, au Copte d'atteindre la science de l'Européen qu'à la tortue de parvenir à la sagacité , à la dextérité de l'éléphant. Il croit même que certaines espèces humaines sont moins heureusement dotées que d'autres espèces animales, et que l'avantage stérile de quelques hautes facultés sans développement ne compense point leur infériorité en fait de facultés physiques. Admettant si largement et la multiplicité et la grande différence des types humains, et croyant que l'histoire du genre homme, comme celle des autres genres animaux , présenterait beaucoup d'espèces éteintes, il ne doute ni de la longévité des patriarches ni de la gigantesque dimension des Titatis, des géants, etc. De quelque opinion qu'on puisse être sur toutes ces questions, le fait certain est qu'il y a infiniment de hardiesse, d'érudition , de notions scientifiques et autres dans tout l'ouvrage , et que peu de traités donnent plus à penser. 11 est fâcheux que Ilope y ait usé d'un style qu'il a cru poétique et qui est tellement surchargé de mots bizarres et de constructions extraordinaires, qu'il faudrait en quelque sorte le traduire en anglais pour le rendre intelligible aux Anglais. 7° Histoire de l'architecture, traduite en français par A. Baron, Bruxelles et Paris, 1 839, 2 vol. grand i n-8°. Le tome premier renferme le texte , le tome second renferme les planches. Dans celte histoire, qui mériterait d'être plus connue en France, l'auteur caractérise avec soin les divers genres de l'architecture. Il y donne de bonnes dissertations sur l'origine du style ogival , et des listes d'édifices remarquables en style ogival et de la renaissance en Angleterre, en Espagne, en France, en Hollande , etc. P— ot.

HOPITAL (de l'). Voyet L'Hôpital.

HOPFENGAERTNER (Philippe- Frédéric), médecin allemand, naquit à Stuttgart! en 1771. Après avoir reçu le grade de docteur, il exerça l'art de guérir dans sa ville natale, et fut nommé en 1795 médecin de la cour de Wurtemberg. Son père avait eu avant lui la même place. Hopfengaertner se brûla la cervelle le l*r décembre 1807, dans le désespoir profond que lui causa la mort de son épouse. Ses ouvrages sont : 1° Quelques

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remarqutt tw U développement de l'homme et le* maladies qui l'accompagnent (en allemand), Stuttgard , 1792, in-8°. Sprengel ( H'ut. de la médecine. t. 6, p. 224) donne les plus grands éloges à cet ouvrage, qui parut à l'occasion d'une maladie nerveuse remarquable, dont était atteinte une femme somnambule. 2" Essai d'une théorie générale et spéciale des maladies épidémiques (en allemand), Francfort et Leipsick, 1793, in-8». L'auteur veut qu'on distingue avec soin les maladies simplement épidémiques de celles qui sont à la fois épidémiques et contagieuses. En les confondant trop souvent ensemble, on a jeté la plus grande obscurité sur la doctrine des épidémies» 3° Observations et recherches sur la petite cérole (en allemand), Stuttgard, 1799, in-8°. C'est la description d'une épidémie de petite vérole maligne qui régna à Stuttgard. Sprengel fait l'éloge de cet ouvrage. 4° Recherches sur la nature et le traitement des diverses espèces d'hydrocéphale, Stuttgard, 1802, in-8«. G — T — R.

HOpKINS (Ezéchiel), érèque anglais, né en 1633, à Sandford, dans le Devonshire, fut élevé dans les principes des presbytériens et des indépendants, et se rendit populaire comme prédicateur parmi les fanatiques de son temps; après la restauration il obtint la cure de Ste-Marie d'Exeter. Ses avantages personnels et l'élégance de ses manières lui procurèrent des succès dans le monde , et ne nuisirent pas à son avancement dans l'Église. Lord Roberts, depuis comte de Truro , lui donna sa fille en mariage , l'emmena avec lui en Irlande en 1669, avec le titre de son chapelain, le nomma doyen de Raphoe, et lui procura en 1671 l'évèché de ce nom. Hopkins fut transféré en 1681 à l'évèché de Londonderry, d'où il fut chassé en 1688, par les troupes du comte de Tyrconnel. S'étant réfugié en Angleterre, il fut choisi ministre d'Aldermanbury, où il mourut le 22 juin 1690. On a de lui deux volumes de Sermons ; une Exposition de l'oraison dominicale, 1691 , et une Exposition des dix commandements de Dieu, 1692, avec son portrait. Ces ouvrages ont été récemment réimprimés en 4 volumes in-8°. S — d.

HOPKINS (Charles), fils du précédent, né à Exeter en 1664, étudia à Dublin et à Cambridge. Lors de la rébellion de l'Irlande en 1688, il y retourna et déploya sa valeur pour la défense de son pays et de sa religion. Lorsque la tranquillité fut rétablie, il repassa en Angleterre, où il publia, en 1694, des poésies épistolaires et des traductions qui ont été imprimées dans la Collection choisie de Nicbols. Plusieurs autres ouvrages de poésie, écrits avec pureté et avec harmonie, lui firent de la réputation et lui procurèrent l'amitié de Dryden, du comte de Dorset et de plusieurs autres littérateurs et beaux esprits. Ces ouvrages sont : 1 ° Pyrrhus, roi d'Èpire, tragédie , avec un épilogue par Congrève, 1693; 2° V Histoire de l'amour, suite de fables tirées des Uétsmorphoses d'Ovide, 1693;

5» Y Art d'amer; 4° Coup d mil xwr ta <oar; 5* Bondu te, reine d'Angleterre, tragédie, 1697; 6° l' Amitié épurée, ou la Femme soldat, tragédie, 1699. L'auteur mourut d'épuisement l'année suivante, par suite de son attachement aux plaisirs de la table et de la galanterie. S — ».

HOPKINS (John), autre flls de l'éveque de Londonderry, né en 1675, consacra ses talents poétiques à chanter l'amour, et mourut aussi malheureusement que son frère. Ses ouvrages sont : 1° Les Triomphes de la paix ou les Honneurs de Nattau, poëïne pindarique sur la conclusion de la paix entre les confédérés et la France, 1698; 9° la Victoire de la mort ou la Chute de la beauté. ri h on pindarique (en vers), à l'occasion de la mort de lady CuttS, 1698, in-8°; 3° Amasia ou les Travaux des muses, collection de pommes en 3 petits volumes, 1700. On trouve dans ce reçut 11 une couleur sentimentale, plutôt qu'un vrai talent pour la poésie. Chacun des trois volumes est divisé en trois livres, et chaque livre est adressé à quelque beauté protectrice, notammeut à la duchesse de Grafton. Le dernier livre est consacré à la mémoire tV Amasia. L'auteur se déguise sous le nom

de Syinus. S— D.

HOPKINS (David), chirurgien anglais, attaché à la compagnie anglaise dn Bengale, réaida quelque temps à Bhagulpoore, comme agent de la compagnie, et fut ensuite surintendant général des forets de Tek (bois de construction pour la marine), dans l'Ile de Java, où il mourut à Samanng, en 1844. On a de lui les Dangers que . Inde anglaise peut atwr é craindre de t'invmsion et des établissements de missions françaises, 1809, in-8°. Il y annonçait l'intention de publier une Histoire générale de l'Inde en 4 volumes in-8B, et un Vota» buîaire per>an. arabe et anglais, abrégé de l'édition du Dictionnaire de Richardson, donnée par le docteur Wilkins. L.

IIOPPER (Marc), docteur en droit, naquit à Baie, et y mourut de la peste en 156i. Depuis 15-14, il occupait de nombreuses et différentes chaires à l'université de sa ville natale. Ce savant a bien mérité de la littérature par ses éditions de Lucien (15t»3, 4 vol. in-8°), et des œuvres d'Apulée (1560, 1599 et 1604, 3 vol. in-8*). Il soigna la collection des opuscules à' /Eneas Sylehss (roy. Pre 11), qui parut à Baie, 1551 , in-fol., et il eut part au Dictionnaire grec et latin imprimé à Baie en 1563, 1572 et 1584, in-fol. Il a aussi compose" des préfaces pour une édition de Strabon et pour une tVEusébe, dont il a traduit en latin le 15e livre de la Préparation évangéHque. U — l.

HOPPERS (JoAcmv), en latin Hopj>erus. homme d'Etat et jurisconsulte hollandais, également distingué sous ces deux rapports, naquit d'une trèsancienne famille, à Sncek, en Frise, le 11 novembre 1523. Envoyé à dix-sept ans à l'université de Lotrram, 11 acheva son cours de droit à Orléans et à Paris, d'où il allait passer en Italie, quand un de ses amis le rappela à Louvain, pour y occuper

ane chaire honoraire de professeur en droit: il at Larda pas à y être appelé au même enseignement par les états du Braisant, avec des appointements proportionnés à son mérite. Loin de se tramer dans l'ornière scolastique de la chicane, Hopptn signalait ses leçons par une méthode également littéraire et philosophique. La salle ordinaire de cette classe ne pouvant plus contenir ses nombreux auditeurs, il transporta ses cours dans le vestibule de son bétel; et il y expliquait entre autres le Timée de Platon, philosophe dont il rt* gardait la doctrine comme singuiici émeut propre à former des hommes d'Etat. Vers la lin de 1564, la gouvernante des Pays-Bas, Marguerite, infante d'Espagne, transféra Hoppers de Louvaia i m» lines, et des fonctions de l'enseignement académique i celles de l'administration. En 1561, 4e membre du grand conseil de M ai; nos. il omat membre du conseil secret de Bruxelles. CrantrUe, Viglius ab Aytta et lui partageaient alors dam les Pays-Bas toute la confiance du goarersemeat espagnol. Des considérations moitié rtsiçieves, moitié politiques, ayant engagé celui-ci a former une université à Douai, Hoppers fut chargé de cette tache, et il s'en acquitta honorablement, on, nid Charles Tisenach, qui administrait les affaires des Pays-Bas auprès de la cour d'kpaa*. eut demandé et obtenu son rappel, en 1566. Hoppers fut nommé à sa place. Il partit pour Madrid le 2 avril, trois jours seulement avant la fameuse supplique des nobles, qui prélada à i'aV franchissement «le la Batavie. Philippe le recat avec beaucoup de distinction, et le combla de litres et de faveurs. Hoppers passa ainsi en Espagne neuf années, ja<oux de se rendre, au wu* des circonstances les plus difficiles, égalemea» recommandable auprès de son roi et utile i * patrie. 11 mourut à Madrid , des suites d'une s* la die de consomption, le 25 décembre 1576, et «s loi lit de pompeuses obsèques. Le roi donna ta témoignages d'intérêt les plus flatteur) i « veuve (1 ) et à ses sept enfants. Si Hoppers. ai milieu de tant de défections, continua a nwràet toujours sous la même bannière politique et religieuse, il n'en faut pas conclure qu'il fut parus» de l'oppression et des abus : mais la rcVolalwa lui sembla un remède pire que le mal. H «'»"' pas désespéré de voir les esprits ramenés par I» douceur : c'est dans ce sens qu'il applaudît m remplacement du sanguinaire duc d'Alb< par Joa Louis de Requesens. Sa modération et sa I** ranec en matière de culte sont attestées par ifc qu'il écrivit, te 12 octobre 156i, à Geo^ ider sur son livre De ojicio ni ■(*"" a

il) Chrirtiac Beltwf , SU* d'an preeidwt de la ce» pion*»* de Brabant : elle coucourut avec ion mari à repaiir» Payn-bai '« 6°0t de la botanique. Dodonée lui i nti\r7> iuetlce dant la préface de aoa HitUArt dtt Pi*»i*-L*' Hopper» et i aa femme que l'on doit la coiin*i»*in« * ■ °f liatUut anmuluê, om grand loleil , originaire du Prie*, * **j jourd'hui al commun dan* aoajardiaa. Voyez Duo*" ~*

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ancien ti moJirnt de Cagricullurt tl dt'la b****''" tff * Payi-Bai, par M. tan UvUtbem , Oud , ml, la*, P> *

hoc religion) s distidio : il y regrette que le concile de Trente n'eût pas appelé dans son sein un certain nombre d'hommes animé» du même esprit que Cassander. « Cela seul, dit-il , eût pu assurer « le salut de la république chrétienne, » qu'il regarde comme très-compromis par l'autre système. Hoppers a écrit : 1° De jwir art» libri très , Lotirai n, 1853, in-fol.; 2» Ad Justmianum de obliqUio-

vibus mttevûv libri V. .bld., 1553, in-fol.; 3» Dispotitio in Héros iv Institut ionum. — DitpotUio in libros Pandeclarum. Cologne, 1557 et 1558, in-8»; 4° Isagoge in veram jurisprudentutm , libris VIII. ibid., 1580, in-8" ; 5° SeduarJut, nve de rem jurisprudentia, en douze livres, dont quatre traitent de la législation, quatre du droit public, et quatre du droit mil. Cet ouvrage est une espèce de drame qui se passe à boni d'un vaisseau , et où figurent comme interlocuteurs les quatre fils de l'auteur (1). 11 est dédié à Philippe II par les fils de l'auteur, Grégoire et Caj us- Antoine : la préface, assez étendue, est de la main du premier. Conring, éditeur de ce litre à Rruoswick, 165G,in-4°, l'a réuni à deux autres productions de Hoppers, antérieurement publiées; savoir: sa Tkemis hyperborea , sire De tabula regum Frisitt . et son Perd*, n an du s , siée De institution principit; 6° une paraphrase latine en prose des psaumes de David, accompagnée d'un petit traité De utu psalmorum, Anvers, 1590, in-8»; 7» Recueil et mémorial des troubles dei Pays-Bas. Ce morceau historique , qu' Hoppers écrivit en français, a été publié par Hoyuck van Papendrccht, dans ses Analeeta Belfica. t. 4, p. 17-118. 8" Le même a placé dans le tome 2 du même recueil Viglii ab Aytta Zuichemh «pistolet ad Joach mum Hopperum : elles remplissent tout le volume. La première lettre est du 9 février 1566; la dernière du 19 avril 1576. Simon Abbes Cabbema les avait déjà publiées, mais d'une manière incomplète et informe , à Leeuwarde, en 1661. Les lettres écrites par Hoppers en réponse à Viglitis existaient entre les mains de M. de Nt lis, évêque d'Anvers : il en promit la publication dans Son Liber prodeomus reium Belgicanm, imprimé à Parme chez Bodoni, 1795, in-8*, et elle a eu lieu depuis. Cette correspondance, ainsi complète, est d'un grand intérêt pour les affaires du temps. 9* On trouve cinq lettres de Hoppers dans les lltustrittm virorvm epistolm seleetiorrs, vel a Belgii, tel ad Belgas scripta, Leyde, 1617, in-4°. Les CommfHtaria de anùqua Frisiorum republica , qu'avait promis Hoppers, n'ont jamais paru. Cest par erreur que Morhoft, dans son Polyhittor., 1, 4, 8, 5, a fait de notre Hoppers un des collaborateurs du Ltxicon gratvm VII auctorvm Baie, 1560, in-fol. Il a confondu Joachim Hoppers avec Marc Hopper, jurisconsulte et littérateur bàlois, mort à Baie en 1564, et de qui l'on a encore: ■ pretbgteri ctmeio de soluté ang. ici. tra-

du llrre wt un

la publication de l'ourraj|« | et le nom

' de la Undreaw paternelle. Ce

duite du grec, et 2° une édition des œuvres d'Eneas Sgleius (Piccolomini), pape sous le non de Pie II. M-on.

HOPPNER (Hb*bj-Pabjcvm), navigateur anglais, était le (ils d'un peintre distingué, et frère de Hich. Belgrave Hoppner, consul général britannique à Venise. Né vers 1795, il fit sa première campagne maritime sur VKndymion. au moment où ce bâtiment protégeait la retraite de Moore, chassé de Galice par les armes de Bonaparte, en 1808. Pendant les cinq années suivantes, il fut sans cesse en activité, tantôt dans la Manche, tantôt dans l'Amérique septentrionale où l'Angleterre entrait en lutte avec les États-Unis. La paix faite, il accompagna en qualité de lieutenant le plénipotentiaire britannique lord Amberst en Chine (1816), et contracta dans ce voyage une liaison intime avec Madera (le personnage le plus important de Loutchou). Ce début développa chez lui le goût des expéditions scientifiques, et dès cet instant il rechercha toutes les occasions de concourir à ces découvertes maritimes qui semblent devoir être une des gloires du Iftr siècle. Il prit part en 1818, comme lieutenant du brick \ AleT.mdre que commandait Parry, au voyage de Ross dans les mers polaires; repartit en 1819, avec le même titre sur le Griprr, et, de retour en novembre 1820 , reçut 5,000 francs dans le grand prix de 125,000 promis par le parlement an premier qui pénétrerait à 110° de longitude ouest dans le cercle polaire arctique. Il passa en mai 1821 , avec le titre de premier lieutenant, sur YHicla que commandait le capitaine Lyon, et qui faisait partie de l'expédition de Parry; remit encore à la voile avec Ross en 1824, et cette fois commanda un des vaisseaux de l'expédition, la F une. H souffrit énormément dans cette dernière tentative et eut la douleur de se voir obligé d'abandonner son navire dans les glaces. A son retour en octobre 1825, il fut nommé capitaine en second; mais le délabrement de sa santé l'empêcha de suivre Parry en 1827, et son séjour en Europe ne put pas même porter remède a ses souffrances : il expira n'ayant encore que 38 ans, le 22 décembre 1833. P — ot.

HORACE, Quintus Horatius Flaccm.. naquit à Venons* , ville frontière de la Lucarne et de la Pouille, le 8 décembre de l'an de Rome 689, selon la chronologie de Vairon (65 ans avant J.-C.). Son père, simple affranchi, t'était acquis une fortune honnête dans l'emploi d'huissier aux ventes publiques , et s'en servit pour lui donner la meilleure éducation. Au lieu de se borner à lui faire fréquenter les écoles de sa ville natale, il le conduisit a Rome, et lui servit lui-même de gouverneur. Le jeune Horace s'y forma d'abord sous les maîtres les plus habiles, et entre autres sous un certain Orbilius, dont Suétone a écrit la vie, et qui . d'après le témoignage de notre poète, ne ménageait point les châtiments à ses écoliers. De là , son père l'envoya terminer dans Athènes

G24 HOR Dateurs et les chevaliers romains donnaient à leurs fils. Ces détails nous sont fournis par Horace luimême, qui s'est complu à marquer sa reconnaissance envers l'estimable auteur de ses jours. 11 parait, quoiqu'il ne le dise point, que ce fut pendant ce séjour dans la ville de Minerve, qu'il fit connaissance avec Brulus : il parait aussi qu'il se développa entre eux une grande conformité d'opinions et de sentiments, puisque la guerre civile s'étant déclarée, Horace suivit le parti de la république, et fut tribun d'une légion dans l'armée qui combattit à Philippe» sous Brutus et Cassius. Après leur défaite et leur mort, Horace profita de l'amnistie accordée par les vainqueurs à ceux qui déposeraient les armes, et repassa en Italie; mais il y revint dépouillé de son patrimoine, qui avait été enveloppé dans la confiscation. Alors il acheta, pour subsister, une charge de secrétaire du trésor (scr>/<tum quattorium); et le désir de se faire connaître, plus encore que celui d'échapper à la pauvreté, quoique ce dernier motif soit celui qu'il nous indique, lui inspira ses premiers vers. 11 débuta par des satires, et par quelques odes où il cherchait à imiter les mètres employés par les Grecs; et quoiqu'il ne montrât aucun empressement à se produire, et qu'il ne récitât point ses vers en public, il fut bientôt connu de Varius, de Virgile, et de quelques personnages éminenls. L'aimable et sensible Virgile eut le premier l'idée de le recommander à Mécène, et fut secondé par Varius. Horace, présenté au favori d'Auguste, parla de lui-même avec modestie, avec embarras; et ce ne fut qu'au bout de neuf mois que Mécène le redemanda pour l'admettre au nombre de ses amis et de ses convives. Cet événement remarquable dans la vie de notre poète doit se rapporter à l'an de Rome 714, trois ans après la bataille de Philippes. Deux ans encore après (en 716), il accompagna Mécène dans un vovage à Brindes qui avait pour but de réconcilier Antoine et Auguste sur le point de rallumer la guerre civile, et dont il nous a donné la relation. On doit croire que dès lors Horace avait gagné les bonnes grâces de Mécène; car c'est probablement peu de temps après ce voyage, et certainement avant l'an de Rome 720, que Mécène lui fit présent de cette terre , aux environs de Tibur, qu'il a si souvent célébrée dans ses ouvrages. Le crédit de son patron et son propre mérite lui acquirent bientôt l'amitié des personnages les plus illustres et des poètes les plus distingués. Parmi les premiers, nous devons nommer Agrippa et Pollion, parmi les autres, Varius et Tibulle. De ce moment aussi, Horace embrassa sincèrement le parti d'Auguste : celui de la république n'existait plus, car on ne pouvait reconnaître pour tel celui que dirigeait Sexlus Pompée. Antoine n'était plus que l'humble adorateur d'une reine étrangère. La cause d'Auguste était devenue celle des Romains : de là les différentes odes où notre poète s'offre à suivre Mécène à l'armée

HOR

qu'Auguste conduisait contre son compétiteur ,oà il prédit ou célèbre sa victoire, où il s'indigne contre ses ennemis. La bataille d'Actium, qui rendit la paix au momie romain, assura aussi h tranquillité du porte. A partir de celte époque, sa vie n'offre plus d'événements. Jeune, il mil eu du patriotisme; m lis il n'eut jamais d'ami' tion. Auguste voulut en vain se l'attacher, et 1 prendre pour son secrétaire intime : Borate rt fusa; et Auguste, loin de s'en irriter, ne ma point de lui faire les avances les plus amicale» Horace y répondit, non en se rapprochant davantage de sa personne et de sa cour, nuis en célébrant sa gloire à chaque occasion qui se présentait, en secondant, autant qu'il le pouuit, comme poète, son plan de réforme pour les mœurs des Bomains. Ce fut par l'ordre d'Auguste qu'il composa le poème séculaire, l'an de Rock 736, et qu'il célébra quelques années plus tard les victoires de Tibère et de Drusus sur les lb> déliciens et sur les Bhètes. Au reste, il nous donne lui-même tons les détails que Von peat désirer sur sa vie habituelle, qui fut celle d'au homme de bonne compagnie bien plus que d'un auteur de profession. Loin d'avoir jamais appartenu à aucune coterie littéraire, il les tournait en ridicule, quoique déjà nombreuses et asti puissantes de son temps. L'amitié de Mécène, l'aisance dont il lui était redevable, son rang menx (car quoique fils d'affranchi il siégeait au spectacle auprès de Mécène parmi les chevaliers romains), assuraient son indépendance : il étart, comme il le dit lui-même , le dernier parmi les premiers, le premier parmi les derniers. L'élude n'était point la grande affaire de sa vie, mais die occupait ses loisirs. On peut consulter , sur toute? ces particularités, la sixième satire de son premier livre; on y trouvera la division exacte Je 9 journée, et jusqu'au mt*u de son dîner, dont h frugalité est remarquable. Cependant il éuit savent invité chez Mécène, et ne pouvait refusa l'invitation. Il parait même que pendant longtemps il se crut obligé de le suivre danssesarursions à la campagne : mais en avançant en âge, il s'affranchit peu à peu de cet assujellissemeit; il abrégea même de plus en plus le temps de «• séjour a Borne, et finit par vivre le plus souvent dans sa retraite de Tibur. Ce goût pour la retrait* et la solitude est assez général parmi les poéw. et il est très-vraisemblable qu'Horace y était porte naturellement; mais il n'en est pas moins bon d'observer qu'en cela son penchant naturel s* cordait fort bien avec les convenances de sa | «nation. Ses opinions politiques avaient été b mêmes que celles des hommes les plus e*litnabk> de sou temps. Comme Caton et Cicéron. il préféré le parti du sénat et le gouvernement Intime de sa patrie à ce parti populaire «jw *rm alors, comme dans tous les temps, d'inslrunns et de prétexte aux ambitieux, pour établir u tyrannie sur les ruines de l'ancienne consuiuiw»

Non-seulement il avait professé ces opinions, mais il avait combattu pour elles. Après la chute de son parti, n'ayant que le choix entre deux maîtres, il se décida pour celui dont la république asservie avait le moins à craindre et le plus à espérer : mais jamais il ne fut infidèle à ses premiers sentiments , jamais il ne les dissimula ; il ne craignit ni de rappeler ses liaisons arec Brutus, ni de louer les derniers appuis de la république expirante. Deux fois il rendit le plus noble hommage à l'inflexibilité' et à la mort de Caton; et lorsqu'il eut à célébrer le vengeur de Crassus, ce fut à la gloire de Re'gulus qu'il consacra son ode presque entière. Sans doute, et nous l'avons déjà observe , il chanta les louanges d'Auguste; il crut pouvoir le servir de son talent en louant et secondant ce que cet empereur faisait de bien : mais il ne le servit pas de sa personne; il refusa d'être admis dans son intimité, et il ne pouvait guère motiver un pareil refus que par son goût pour la retraite et l'indépendance. Sa conduite étant expliquée et développée de cette manière, il paraîtra sans doute assez étrange que ses commentateurs , ses admirateurs mêmes parmi les modernes, l'aient fait passer pour un adroit courtisan , pour un vil flatteur. Quel autre à sa place aurait pu refuser à Auguste le tribut d'éloges qu'il lui paya? Que pouvait faire de moins le proscrit de Pbilippes qui ne voulait point prendre part au nouveau gouvernement? Remarquons encore qu'il ne donna presque jamais à Auguste que des louanges méritées; qu'en général l'enthousiasme lyrique peut du moins leur servir d'excuse lorsqu'on y trouve de l'exagération ; qu'une fois seulement , dans l'épltre 1 du livre 2 (Cum tôt ttutineeu), l'exagération est trop forte et le ton du poète trop grave pour que cette excuse soit admise : mais l'examen des circonstances auxquelles nous devons cette épttre lui en fournira bientôt une autre qu'il serait bien sévère de repousser. Horace n'avait point encore adressé d'épltre à Auguste. Ce despote en fut offensé. « Sachez, écrivit-il à notre poète, que je « suis en colère contre vous de ce que vous ne

■ vous adressez pas le plus souvent à moi dans « les écrits de ce genre. Craignez-vous de vous

■ déshonorer aux yeux de la postérité en mon- « trant que vous êtes de mes amis? » Ainsi parlait la conscience alarmée de l'usurpateur. Horace connaissait trop les hommes pour ne pas pourvoir à son repos, en lui adressant l'épltre déjà citée. Le reproche de poltronnerie qu'on a fait *i souvent à notre poëte n'est pas mieux fondé. On a cru pouvoir l'établir sur un aveu qu'il a poétiquement consigné dans son ode à Pompeius Varus : il abandonna, dit-on, son bouclier à Philippes ; il avoue lui-même qu'il n'a pas bien fait {non bttte). Pour le juger équitablement , il faut citer tout le passage. Horace prit la fuite lorsque la valeur, la vertu même de ses compagnons, fut abattue, lorsque des guerriers na-

HOR 625

guère menaçants eurent mordu la poussière. Quand la bataille est perdue , c'est ce qui arrive assez souvent; et cependant Horace s'en accuse : un poltron n'en eût rien dit (1). Au reste, la poltronnerie s'allie rarement avec cette indépendance de caractère dont Horace donné tant de preuves : mais ce n'est pas seulement sous ce point de vue qu'on l'a méconnu. Tout atteste, dans ses épltres, la simplicité de ses goûts et de ses manières; tout y annonce sa modestie : et cependant, en le jugeant d'après quelques odes, on a pu l'accuser d'un amour-propre excessif. On aurait dû songer que là c'est le poè'te, et le poè'te lyrique, qui parle. On aurait pu remarquer encore que quelque destin brillant qu'il promette à ses poésies tians les épilogues du second et du troisième livre, ces promesses ont été bien surpassées par la réalité. Enfin c'est dans ses épltres principalement qu'il faut le juger comme homme : c'est là qu'il est tout à fait lui-même ; et s'il est vrai que dans l'épltre 19* du premier livre, U ait pris soin de constater, d'apprécier son propre mérite avec cette noble confiance qui sied si bien au vrai talent, on voit aussi dans la suivante, adressée à son livre même, que , loin de lui promettre des succès constants , il lui annonce qu'au bout de quelques années il sera exilé dans les provinces ou deviendra la pâture des vers. Deux autres traits de son caractère lui feront un éternel honneur : sa profonde vénération pour la mémoire de son père (coy. la sixième satire du livre premier); la chaleur et la constance de ses amitiés ; jamais ce sentiment ne s'exprima mieux que dans ses odes à Pompeius Varus, à Septimius, à Virgile. Nous ne parlons pas de sa reconnaissance envers Mécène; elle égala au moins le bienfait. Les mœurs d'Horace ont été attaquées aussi vivement que son caractère, et l'apologiste le plus zélé de notre poète doit faire à ce sujet quelques concessions. Sans doute Horace eut des mattresses; jeune, il aima la table et le bon vin; à supposer même que Lyciscus et Ligurinus ne soient que des personnages imaginaires, on ne peut nier qu'il n'ait traité avec trop de légèreté et d'indifférence (si même il ne le partagea point) un vice alors trop commun parmi les Romains. U ne faut pourtant pas s'imaginer qu'il n'y eût pas plus d'une Iris en l'air parmi les maîtresses qu'il a célébrées; l'auteur de cet article l'a vengé ailleurs du reproche d'avoir insulté dans le déclin de leurs appas les femmes qu'il avait aimées. Enfin ce n'est point d'après notre morale actuelle, mais d'après celle de son temps, qu'il faut le juger. Dans la satire seconde du premier livre, où d'ailleurs il développe des principes que nous trouvons très- relâchés, U s'attache principalement à décréditer, à ridiculiser l'adultère , qu'il proscrit dans ses odes si sévèrement. On lui a

de cet article explique tout i «W, 1. 1 de m Uauucuon, p.

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encore Tait un crime d'aToir quelquefois parlé un langage obscène. Voltaire lui-même (qui le croirait ! ) ne le lui pardonne pas. Les pièces qui lui ont attiré ce reproche se bornent à ses deux odes contre des vieilles; mauvaises plaisanteries de sa jeunesse qui ne furent pas publiées de son virant ; a deux satires , dont l'une est encore un de ses premiers ouvrages , tandis pie dans l'autre c'est un esclave qu'il fait parler, et à un seul mot d'une troisième. Avouons que c'est bien peu pour un poète dont la langue permettait ce que la notre détend. Disons le mol : c'est Horace qui a fourni très-innocemment à ses détracteurs leurs plus fortes armes, en introduisant dans une des satires déjà citées (Jam dudum ausculta) un de ses esclaves qui lui reproche toutes sortes de vices, d'après le dire d'un autre esclave , portier d'un mauvais déclamateur nommé Crispinus, qu'il avait cent fois ridiculisé. C'était un moyen assez plaisant de censurer indirectement ces vices dans les autres; et notre poêle ne prévoyait pas qu'après tant de siècles il aurait des commentateurs assez innocents pour le prendre au mot. Au reste , si la jeunesse d'Horace fut dissipée , îl en répara bien les torts dans l'âge mûr et dans la vieillesse, qu'il voua entièrement à la retraite, a la méditation, à la philosophie. Il ne s'attacha pourtant à aucune secte, et l'on s'est trompé en le rangeant parmi les épicuriens. Ce fut dans les bosquets de l'Académie qu'il chercha la vérité pendant son séjour à Athènes. Ses liaisons avec Brutus ne permettent pas de le ranger parmi les antagonistes déclarés des stoïciens. Il est vrai que ses premiers ouvrages, écrits dans l'âge des passions, se ressentent de la doctrine des épicuriens ; il est vrai qu'il a tourné plus d'une fois les stoïciens en ridicule dans ses satires; mais on sait que l'Académie ne ménageait point le Portique. Horace parvenu à l'âge mûr, loin de suivre les opinions d'Êpicure, reconnut formellement une Providence, puisque dans l'épltrc 18» du premier livre îl lui demande les biens de la fortune, l'abondance et la santé , et ne diffère des moralistes chrétiens qu'en ce qu'il s'en repose sur lui-même pour les biens de l'âme , la modération et la vertu. N'étant point philosophe de profession et n'ayant adopté les systèmes d'aucun mattre,

fl put , sans conséquence , passer d'une école è l'autre pour tout ce qui tenait à la spéculation. Sa morale fut plus constante : quoiqu'il ait chanté le plaisir dans sa jeunesse, il enseigna toujours la vertu. Il s'élève dans ses odes à tout ce que le stoïcisme offre de plus sublime : il y chante l'amour de la patrie, la persévérance dans la justice, la patience dans la pauvreté, le mépris de la mort Dans ses satires, il fait la guerre à tous les vices. Dans ses épltres, il ne cesse de recommander le désintéressement, l'indépendance, du caractère , le détachement des biens de la fortnne,

l'étnde de sol-même et de la vertu. Dès ses premières satires on le voit pratiquant rc mfg recommande , travaillant sans cesse à perfectionner son caractère, à se corriger de ses défauts flirl. sat. t), et faisant, à la manière des Pittagoriciens , une sorte d'examen de conscience . Qtiand on l'étudié avec soin , on n'est plus étonné que J. Rond, l'un de ses commentateurs les plus connus , se récrie souvent sur la ressemblance de a morale avec celle du christianisme. On pilonnera sans doute à l'auteur de cet article, tm admirateur d'norace, à P un de ses Inducteurs, d'avoir donné autant d'étendue à son apolope; elle était nécessaire à un poêle dont le caractère a été si longtemps et si généralement méconnu On a rendu plus de justice à ses ouvngrj, rt nous en parlerons moins longuement. Cest m un petit volume qui ne contient pas dh mille vers qu'Horace a fait parvenir son nom à h postérité la plus reculée , et c'est dans uo espace de plus de trente ans qu'il a composé ce petit volume. Rien de ce qu'il a écrit n'a Ai penk Ses contemporains, sans doute, ne loi auraient pas prédit un pnreil succès. Auguste , Mécène et quelques autres reconnurent tout ce qu'il valait; mais il eut plus d'ennemis que d'admirateur! pendant sa vie. On trouve peu d'éloges de sa mu* chez les premiers poètes qui vinrent après lui Ovide ne lui consacre qne deux vers, et leslonioges que lui donne Quintilien contenteraient i peine aujourd'hui le poète le plus merôoor « Horace , dit-il, est presque le seul de noslm- « ques qui mérite d'être hi ; car il ïVrVre ç*'?w « fois, îl est plein d'agrément et de piee, rt * son audace est très-heureuse dans les ligures rt - dans les mots. » En revanche, radmintk» qu'inspirent ses écrits ne fit que s'accroître Jf siècle en siècle. De tous les poètes latins, on» peut lui opposer que Virgile. Il laisse bien M® tous les autres par le mérite de ses comptât** poétiques et par leur variété. Wons avons Je 1" quatre livres d'Odes. Il y prend tour â tuer tous les tons , depuis le pius sublime josqu'ao plus enjoué. De là rient qu'on a voulu rrtronrr en lui Wndare et Anacréon ; mais aucun de ce deux poêles ne fut son modèle. H désespita <Tatteindre Pindarc , et ne l'imita jamais : pw Anacréon , à en juger par les poésies qu'on la attribue , 11 diffère entièrement d'Horace p» jj couleur, parla manière, et par le mètre dont B s'est servi. Il paraît que le premier btrt (THoraee , comme poète lyrique, fut d'adapter à sa langw i les différents mètres des lyriques grecs. S»» nous montrent qu'à l'exception de ceux d'AW* | créon et de Pindarc , il les a presque tous ess.f* 1 Archiloque, Alcée et Sapho furent ki modète qu'il affectionna, 1,'éloge de ses odes serait vf > jourdtmi superflu; le plus grand nombre t* gravé dans la mémoire de tous les amateurs de b poésie latine. Nous avons parié plus bsat a» sentiments qu'elles respirent; il faut seuleœtf*

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avertir 1rs lecteurs peu familiers arec le goût de l'antiquité qu'on ne doit point les apprécier d'après les principes du goût moderne. La plu* part ne sont point des ouvrages en forme , mais le fruit d'un moment d'inspiration; quelques-unes ne sont que des billets de circonstance. Le désordre lyrique y régne souvent beaucoup plus que noire sévérité ne le permet. On doit surtout se garder de juger ses strophes comme des couplets toujours aiguisés par la pointe. Ce n'est ni pour la lin de chaque strophe , ni pour celle de chaque ode, qu'Horace garde le mouvement le plus poétique ou le trait le plus saillant. C'est de l'ensemble de chacune qu'il en altend l'effet, et non de tel ou tel passage. Dans quelques-unes , le lecteur moderne est surpris de ne point trouver de pensées saillantes, ni ce qu'on nomme des traits d'esprit Mais que l'on y fasse attention, et l'on sera amplement dédommagé en y reconnaissant quelque tableau brillant des plus vives couleurs de la poésie. 2° Un livre d'Kpodes. On a prouvé ailleurs (I) qu'Horace ne le publia point de son vivant. Ce n'est pas qu'il ne renferme quelques morceaux du premier mérite; mais d'autres sont écrits dans le mètre et l'esprit d'Archiloque, et dictés par des haines personnelles; d'autres rappellent des sentiments de sa jeunesse que l'ami de Mécène et le protégé d'Auguste ne devait pas désavouer sans doute, mais auxquels il ne pouvait donner en les recueillant une nouvelle publicité. 3° Le Poème séculaire; in deux livres «le Satires. Horace n'avait eu, en ce genre, de prédécesseur que Lucilius. 11 le laissa bien loin derrière lui pour la pureté, pour l'élégance du style, pour les grâces, la finesse et l'urbanité. Il n'a point ce ton sentenlieux qu'affecta Perse, son imitateur, ni le fiel que Juvénal répandit sur les vices de son siècle. Ce fut plutôt par le ridicule qu'Horace essaya île corriger le sien. Un mérite de ses satires que l'on n'a point assez remarqué, c'est qu'il y a reproduit les formes et l'esprit de la vieille comédie grecque. La satire troisième du second livre, la cinquième, où Ulysse consulte Tirésias, la septième , où Davus fait la leçon à son maître , sont des modèles de bon comique. 5° Deux livres d'Eyftrct, qui sont peut-être ce qu'il nous a laissé de plus précieux. C'est là surtout, nous le répétons, qu'if faut étudier Horace ; c'est là qu'il s'est peint lui même, et qu'il a déployé la plus profonde connaissance du cœur humain. Pour le style et la manière elfes ont tant de ressemblance avec les satires qu'au premier aspect on serait tenté de les réunir sous le titre commun de S tr motte t. Voici en quoi elles di Aèrent. Horace composa les satires pour se faire connaître : elles sont l'ouvrage de l'auteur; les épltres, au contraire, sont l'ouvrage de l'homme. Il ne les écrivit point pour écrire; elles sont

U) Vojm la traduction des Odes d'Horace par l'auteur de cet article, Û 2, p. M9.

non (,»

toutes nées de l'occasion. Les satires ne sont adressées à personne, à l'exception de deux dans lesquelles il parle à Mécène, et de ces deux, la première aurait pu porter également un autre nom. Aucune épltre, au contraire, ne pourrait convenir à un antre personnage que celui auquel il l'adresse. La morale des satires est d'une application générale ; dans les épltres elle convient en particulier à l'ami pour lequel il écrit. Leur mérite est parfaitement apprécié dans ces deux vers de Perse :

Omc* Tarer vitium ridcoU Flaccm axnico Tangit, et admiuui circum praecordla ludll.

« L'adroit Horace touche légèrement tous les « défauts de l'uni qu'il fait rire, et s'insinue, en ■ se jouant, jusque dans son cœur. » L'n talent qu'Horace possède au plus haut degré, et qa'il déploie également dans les épltres et dans les satires, c'est celui de la narration. Il suffit de eiter la fable des deux rats dans la sixième satire du deuxième livre, et le conte de Vulteius et de Philippe dans l'épltre septième du livre premier. Peutêtre le style est-il plus soutenu et plus soigné dans les épltres. Cela parait vrai , surtout de celles du deuxième livre , qui n'en renferme que deux : la première est celle qu'Auguste lui demanda. Horace n'y traite que de littérature, et c'est encore de ce sujet qu'il s'occupe dans la seconde, adressée à Julius Klorus. C'est pour cela, sans doute, que quelques éditeurs ont fait entrer dans ce livre l'épltre aux Pison connue assez improprement sous le nom d'Art poétique. En effet on y trouve d'excellents préceptes de goût , une histoire abrégée de la poésie, et même quelques règles de versification ; mais tout cela est présenté avec si peu d'ordre, et il y manque tant de choses pour former un traité complet, que l'ingénieux Wieland en a conclu qu'au lieu de vouloir donner des leçons de poésie à Pison et à ses fils , Horace, à la prière du père , cherche à détourner ses enfants de la manie de faire des vers. Hais ce »'< - t pas ici le lieu de développer cette hypothèse, qui a beaucoup «le probabilité. Quel qu'ait été le but d'Horace, qu'il ait voulu écrire une simple épltre ou un traité, son Art poétique, comme on l'appelle , n'en sera pas moins pour la poésie le code éternel de la raison et du goût. — Horace était de petite stature et d'une constitution délicate : il fut chassieux dès sa jeunesse; ses cheveux blanchirent avant le temps, et il devint assez replet. Il mourut le 37 novembre de l'an de Home 74ttr âgé de 57 ans. — Parlons maintenant «les éditions de notre poète. Sa réputation, à la renaissance des lettres, parait avoir eu le même sort que dans l'antiquité. Les éditions «le ses œuvres furent rares dans le 15e siècle ; elles se sont ai prodigieusement nuatlipliées depuis, qu'oo en compte* rail peut-être aujourd'hui plus de mille. Les éditeurs se contentèrent d'abord d'imprimer son texte d'après les premiers manuscrits qui lèuf

tombèrent sous la main ; ces éditions décorées du nom de Prinrept. quoique très-recherchées, ont par conséquenl très-peu de mérite. Landiuus, et après lui Mancinellus, furent les premiers qui joignirent au texte un commentaire de leur façon ; on s'était borné , avant eux , à imprimer ceux des anciens sroliastes. Au commencement du 16» siècle, Aide l'ancien s'occupa de la critique du texte, de la recherche et de la collation des manuscrits. Les Esliennes suivirent son exemple , aussi bien que Muret, Georges Fabrieius, Théodore Pulmann, etc. Cependant à cette époque, où les manuscrits étaient communs, on n'y attachait point encore assez d'importance; on ne les indiquait que vaguement , et Pulmann fut le premier qui les désigna d'une manière précise. Lambin, qui le suivit de près, eut l'honneur de donner la première édition d'Horace qui mérite le nom d'édition critique. Cruquius lui succéda ; Torrentius vint après lui , et leurs travaux épurèrent le texte à un tel point, qu'il parut presque inutile d'y revenir, et que dans le siècle suivant on s'occupa beaucoup plus de l'interprétation que de la critique. Ce siècle fut celui des deux Heinsius , de Lefèvre, de J. Bond , de Minellius et de tant d'autres, auxquels nous pouvons joindre Dacier, qui parut à son tour avoir épuisé l'interprétation, et qui ne fit rien pour la critique. Au commencement du 18* siècle, la critique reprit faveur. Les Anglais donnèrent l'exemple. Sans parler même de Baxter et de Talbot , Bentley revit et corrigea le texte entier sur de nombreux manuscrits, et Cuningham bouleversa presque entièrement ses corrections et en imagina de nouvelles. En France, le P. Sanadon se porta en quelque sorte pour médiateur entre les deux Anglais , mais sans profiter des manuscrits qu'il avait à sa portée, plus que n'avait fait Dacier. Depuis, d'autres manuscrits ont encore été consultés en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en France. L'auteur de cet article a donné luimême une nouvelle récension des Odes d'après dix-huit manuscrits de la bibliothèque de Paris, Paris, Schœll, 1812 et 13. Enfin il a paru à Rome, en 1811 , une édition critique des œuvres complètes, donnée par M. Carlo Fea, reproduite par H. Bothe, Heidelberg, 1820, 2 vol. in-8", et M. Braunhard en a donné une autre, Leipsick, 4831-38, 1 vol. m -S". L'interprétation a fait aussi de grands progrès dans le dernier siècle, et depuis le commencement de celui-ci. On y porta, non pas peut-être plus d'érudition, mais plus de connaissance de l'esprit de l'antiquité, du caractère de notre poète , et de celui de ses contemporains. Au reste , il serait impossible de nombrer tous les commentateurs d'Horace. On en compte déjà quarante dans l'édition donnée à Baie en 4580. Nous nous contenterons d'indiquer comme excellentes pour l'usage, l'édition de Baxter, revue parCessner et Zeune, Leipsick, 4802, et celle de M. Wetxel, LigniU, 4799, qui renfer-

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ment les œuvres complètes. Les poésies lyriques seules ont été très-bien commentées par J ni (Leipsick, 1778-1782 , 2 volumes) et par NiUch». lirh (Leipsick, 1800, 2 volumes). Eutin le célèbre Wieland a traduit et interprété les satires et les épltres en savant, en homme du monde, en poète, et personne n'a connu Horace mieux que lui. — Voici maintenant les éditions que les biblicmanes et les curieux ne nous pardonneraient pas d'avoir oubliées : 1° l'ne édition sans date io4* (Milan), que l'on croit être la première, et dont la bibliothèque de Paris possède un exemplaire en mauvais état ; 2° quatre éditions du 15e siècle avec date, Milan, 1174, in-4°; Ferrare, 1174, in-4°; Naples, même date et même format; Tenise, 1478, in-fol. ; 3n les éditions aldinrs de 1501, 1509, 1519 ; 4» l'édition de Sedan, Jannon, 1627, in-52; 5° les deux éditions données par les Eb> virs, savoir: celle de D. lleinsius, 1629, 3 roi. in-16, dont le premier doit avoir trois titres; deux (l'un gravé et l'autre imprimé) à la lèle do volume, et le troisième après les pièces préliminaires; et l'édition de 1676, in-12, avec les notes de J. Bond; 6° les deux éditions de Desprex, l'une in-4°, Paris, 1691, pour la collection dite Ai vium; l'autre, in-8°, pour la collection dite IV riorum, Amsterdam, 1695 ; 7" la belle édilioa toute gravée, donnée par J. Pine, Londres, 1733- 37; 8° plusieurs éditions anglaises du 18* siècle, savoir : celles de Glasgow, Fou lis, 1744, in-lî; de Londres, Sandby, 1749, 2 vol. in-8»; de Birmingham, Baskerville, 1762, in-12; de Watefield, 1794 , 2 vol. in-8°; et de Combe, Londres, 1792-93, 2 vol. in-4°; 9° enfin les magnifiques éditions in-fol. données à Parme , par Bodooi, en 1791, et à Paris, par H. Didot l'aîné, en 1799, véritables chefs-d'œuvre de typographie (I). L« poésies d'Horace ont été traduites dans presfit toutes les langues de l'Europe moderne, tl ses odes l'ont même été en grec ancien par un médecin de Saumur. En italien , en anglais, en allemand , les traductions , tant en prose qu'eo ws, sont très-nombreuses. Elles le sont plus «Hitt peut-être en français; mais ce n'est point a l'auteur de cet article d'en apprécier le mérite littéraire. Qu'on nous permette d'indiquer seulement la traduction de M. Daru, Paris, 1810.2 vol. iD-4*. comme la seule en vers qui soit complète, et de rappeler, moins pour la traduction que pw

l) Nom citerons encore l'édition de» Ode» et ÉpoJs» d***" Hoiman-Pccrlkamp, Hatlrm, 1836, qoi le» toonxt i u« jque des plu» rigoureuses « retranche 644 »er» CfW

par F critique „,

Rue» d'Horace; le» édition» de» Satire» donnée» par Hfin<ton, Brralau, 1816 teuementée par Wtisteroan, MMlhpar K"«™f> 18»; les édition» de» Epltrc» données par Zcil , 1^9. F*-' »*■ cheder, 1«S0; par Obbariua >t Bchmkd, Leipsick, 1S37 ei in**» •titrantes ; les Mitions de l'Art poétique données par StWJ». Leipsick, i806.par Hoiiapfel. Lemgo, 1818, in-8- ;F*raU«MfjJ> Prague, 1833, in-8-; par Hoirnan-Peerllump , Harlem, l<» Enfin, le* éditions de toute» les «aères, par Dan"* «>="<"* taira explicatif,, 1802, et souvent réimprimée depm«. « Ueu mot par Regel ; par Dillenburger, 18*4, p« R""«" *~ Uon critique) ; enfin, par Casp. Orelli et Baiter, 2 fort! n i »■» cette édition , la plu» estimée de toutes, m est, depoi» WJi ■

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les commentaire», l'édition d'Amsterdam, 1733, 8 vol . in-12 , où l'on a réuni le travail de Dacier à celui du P. Sanadon, et qui est très-rccherchire(l). La Vie d'Horace a été' écrite en latin par Masson , Leyde, 1708, in-8°. Capmartin de Chaupy a publié, en 1767, la Découverte de la maison de campagne d'Horace, Rome, 3 vol. in-8° avec figures (2). V— c.

HOKANYI (Fiiasçois-Joseimï-Alexis), piariste , né à Bude le 15 février 1736 , est mort à Pesth le 11 septembre 1809. 11 consacra sa vie à l'étude de l'histoire, et publia les ouvrages suivants : 1° une traduction hongroise de l'ouvrage attribué au comte François Nadasdi, et intitulé Mautoleum potentits. ac gloriositt. regni apostuliei rtgutn et ducum. Bude, 1771 , in-8°; 2» Memoria Hungarorum et protiucialium tcri/itis editis notortim, Vienne , 1773-1777, 3 vol. in-8». Paul Wallaszky donne à l'ouvrage d'Horanyi la date de 1770, et dit qu'il a été imprimé à Presbourg. L'édition de Vienne, que nous avons vue, pourrait alors ne diflérer de celle de 1770 que par le frontispice : les auteurs y sont rangés par ordre alphabétique de leurs noms. Le travail de Horanyi est estimable ; Wallaszky en fait un grand éloge, et loue comme digne de remarque dans un homme de son état la tolérance de l'auteur. 3° Johnnnit Bethlemii Historia Tramylvanica . Vienne, 1782, 2 vol. in-12 ; 4°i/. Simonis de Ktvt chrome m hungaricum. Vienne, 1782, in-8°; réimprimé à Bude, in-8° ; Simon de Keza vivait au 13* siècle. En publiant sa Chronique , qui paraissait pour la première fois, Horanyi y ajouta quelques notes; 5* F. Forgact episcopi Varadinensit et cancellarii Ferdinandi primi rerum Hungariœ sut temporis commentant , liùris duodecim, Presbourg, 1788, in-8°. Ces mémoires vont de 1340 à 1583 : l'éditeur a ajouté une dissertation sur la vie de l'auteur. 6° Nova Memoria Hungarorum et provincialium , Pestb, 1792 , in-8°; c'est un supplément au Memoria mentionné ci -dessus. Cette première partie (la seule qui ait paru) comprend les trois premières lettres de l'alphabet. 7n Scriptores pia~ rum tcholarum liberaliumque artium magvtri, Bude, 1808, deux parties in-8°; Schédius, professeur à Pesth, y a joint une préface, avec une notice sur la vie de l'auteur. Nous citons cet ouvrage d'après le Dictionn. histor. (allem.) de Samuel Baur. A. B-t.

HORAPOLLON , ou bien , comme on lit dans quelques manuscrits, Horus-Apollon , est l'auteur

M Noue mentlonneron. élément U traduction de MM. Cam- Ptm et Deaprei avec 1« texte en regard. ParU, 1821^ 2jol.

\Vt M Walekenaer a donné, en 2 Tolutnea ln-8*, Paria , 1840, VHxMioirt dt la ri/ tt dti poitU* tTHoraet, ouvrage plein de recherche» et d'nne érudition protonde , le plu» complet qui ait été .publie aur Horace. M. Pietro Rom semble avoir découvert la véritab'e emplacement de la villa d'Horace; voyet on mémoire présenté a l'Académie dea Inacriptiona et belle»- lettre» par il. Noél dea Verger», en 1865. On peut consulter encore : H omet tt l'rmi-trenr Auputt, o» Obttrvatùmt qui peuvent servir dt complmtnt ami tomuunlairtt tur H ni a ci. par Eugène 8al- Terte.Parit, 1823, in-9\et UetUnei Vtnmtn* de Jacob» leojr. ce nom), injérée. dan. le tome 6 de ae. Milanfu. Z-D.

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présumé d'un traité écrit en grec, et en deux livres, sur les hiéroglyphes égyptiens. Son nom, l'époque où il vécut, l'origine et la destination de son ouvrage ont été depuis la renaissance des lettres l'objet d'une foule de discussions parmi les érudits. La critique, récemment enrichie des découvertes faites dans les écritures sacrées de l'antique Egypte, est parvenue à nous donner une solution sinon précise et complète , du moins trèsprobable et satisfaisante de ces diverses questions. Le nom d'ilorapollon ne se retrouve, que l'on sache, que dans quatre écrivains dont le plus ancien est de la fin du 5» siècle de notre ère : ce sont Etienne de Byzance, Photius, Suidas et Eustathe; suivant le premier, Horapollon était d'un bourg appelé Phaenebythis, situé dans le nome Panopolite en Egypte. Grammairien de profession, après avoir professé à Alexandrie, il passa à Constantinople sous Tbéodose. U avait écrit un traité sur les temples, des commentaires sur Sophocle, Alcée et Homère. Suidas le représente comme un homme qui s'était fait un nom dans l'exercice de son art (1). D'après le même lexicographe, il exista un autre Horapollon, Egyptien d'origine, et qui vivait sous l'empereur Zénon. C'est du premier de ces deux personnages que parle évidemment Etienne de Byzance dans son traité De urbibus (2) ; il le nomme Phanébélhyte et le qualifie de philosophe. Le personnage de ce nom dont il est question dans Photius était grammairien, Alexandrin de naissance, et auteur de pièces de théâtre (3). Enfin Eustathe, dans son commentaire sur l'Odyssée, cite un Horapollon qu'il préconise comme un homme distingué par son érudition. Ces indications pourraient se rapporter à un seul , comme à deux ou plusieurs personnages du même nom; mais en quoi peuvent-elles convenir à l'auteur du traité sur les hiéroglyphiques? Cesl là un point de crU^ue littéraire sur lequel il existe de nombreuses divergences Hceschel pensait que l'auteur des Hiéroglyphiques est le même que l'Horapollon de Suidas , et que cet ouvrage faisait partie du traité sur les temples, et celte opinion semble avoir été partagée par M. Idelcr dans son ouvrage sur les observations astronomiques des anciens (4). Hceschel pensait encore que la mention qui se trouve dans le titre des Hiéroglyphiques, et qui porte que ce traité a été traduit de l'égyptien en grec, est une addition postérieure faite dans la vue de lui donner plus de crédit. Caussin suivi par Horhof croit que les Hiéroglyphiques n'appartiennent point à l'Horapollon de Suidas, non plus qu'à un grammairien d'Alexandrie nommé Horus, mentionné par le même lexicographe; car ce dernier, qui donne la liste des ouvrages d'Ho-

(t| Suidas, au mot Horapollon.

(2) Au mot Phantbttkit.

(S) Bibl. eod. CCLXX1X.

(4< H-tlorUAt unttmcÂnngm Gber il» Attronemitcht* Btobachtungtn der Aiicn.

nort

rapollon et d'Ilorus «l'une manière tellement circonstanciée <|u'il n'omet pas même un traité sur l'une îles diphthongues grecques, se tait entièrement sur les Hiéroglyphique». Ce silence n'empêcha pas de l'auw et Yossius de penser que l'auteur du traité sur les lemplts pouvait être aussi l'auteur des Hiéroglyphiques. Rien dans leur opinion ne s'opposait à ce qu'un homme né sur les bords du Nil et parlant en même temps l'égyptien et le grec n'eut pu écrire dans ces deux idiomes. Fabricius regardait le livre d'ilorapoHon comme une œuvre sacerdotale, en bête de laquelle les préires avaient placé le nom divin d'Ilorus, par la même raison qu'ils attribuaient à leur dieu Hermès les livres qui composaient leur bibliothèque sacrée. D'autres savants , tels que Harles, Meiners, Hrueker, embrassant une opiuion delà» vorable au livre d'ilorapoHon, le d.clarèrent l'œuvre d'un homme également étranger à la connaissance îles doctrines religieuses de l'Égypte et à celle de la langue grecque. Enfin W olf alla jusqu'à traiter Horapollon d'écrivain ignorant du 5» ou C« siècle , lequel avait donné une explication des hiéroglyphes très-mauvaise et bien éloignée de l'esprit de l'Rgvpte antique (1). Wyltcnbach déclara les Hiéroglyphiques l'œuvre d'un çraettlus. compilateur inepte qui avait par supercherie pris le nom divin d'Horus pour faire adopter sa méchante composition (z). La critique en était là flottante entre des opinions contradictoires et toutes accréditées par «les noms imposants, lorsque les travaux de Cbampollion sur lis écritures égyptiennes vinrent fournir, j our la solution de* problèmes que les Hiéroglyphiques faisaient naître un élément nouveau, l'étude rationnelle des texte» sacrés, inscrits sur les monuments égyptien», et rapprochés du livre 1 Horapollon. Ce savant archéologue eut bientôt reconnu la nature de ce livre; il vit qu'il se composait d'un mélange d'idées puisées à des sources diverses , de notions émanant de» sanctuaires égyptiens et d'autre» d'un caractère évidemment apocryphe. Cela posé, il se demanda si la plupart des signes décrits et expliqués par Horapollon faisaient exclusivement partie de l'écriture birrogly-pliiqoc , et s'ils ne tenaient pas prin.ordialewent a quelque autre système de représentation de la pensée. Il ne reconnut, en i tï'.-t , dans les textes sacrés que trente seulement des soixante-six »Ljt t» physique» indiques par Horapollon dans son livre premier, comme signes symboliques de certain*» idées, et sur ers trente caractères il en est treiae seulement, savoir : le croissant ronw.rsé de la luae, le scarabée, le vautour, les partie» antérieures du lion , h s trois vases, le lièvre, l'ibis, l'encrier, le roseau* le bureau, l'oie chénalopcx, la téte de konroupha et l'abeille, qui paraissent réellement avoir dans ces textes U scus qu'llora-

(1 ) Vorluunftn Ubtr dit Giêckichlt dm Gtitàkiukt iittraiur fc 2, p. 409.

12) ÙKt. m r d . dt HUI. I Al/., «et. I , KO. 3, J ».

HOB

pollon leur attribue (1). « La plupart des images « symboliques indiquées dans tout le livre pre- « mier d'ilorapoHon , dit l'auteur du /V<rii </» « tytiënu hièro9ltjj,-hi()u< . et dans la partie «lu « deuxième qui semble la plus autheutique , se « retrouvent dans des tableaux sculptes ou peints, « soit sur les murs des temples et des p ilai*, sur « les parois des tombeaux , soit dans les manu- « scrits, sur les enveloppes et cercueils iWs wo- « mie? , sur les amulette», etc., peinture» tt ! « tableaux sculptés qui ne retracent point des « scènes de la vie publique ou privée, ai des « cérémonies religieuses, mais qui sont dcscoïc- « positions extraordinaires où des êtres fanlas* « tiques , soit même des êtres réels qui n'ont entre « eux aucune relation dans la nature, sont et* « pendant unis, rapprochés et mis en action. Ces « bas-reliefs purement allégoriques ou sytubo- « tiques, qui abondent sur les conslnnïions « égyptiennes, furent particulièrement désignes « par les anciens sous le nom iVAuaylypha. CtUe « distinction établie , U est aisé de voir que l'ou- « vrage d'Horjpoilon se rapporte bien plus spé-

• cialement à l'explication, des images dont k ■ composaient les anaglypbes, qu'aux éléments « ou caractères de l'écriture hiéroglyphique pro- « prement dite : le litre si vague de ce tint,

* HirroglypUiqats (sculpture sacrée ou granirt « sacrée) , est la seule cause de la méprise. • L» division des uutions île provenance diverses qui fout la matière da livre d'Uorapollon, l'épuration de L'élément égyptien d'avec 1 élément étrange/' auquel il est associé est le premier travail à (air* pour parvenir à déterminer l'époque où ce litre vit le jour. D'après cela, nous ne lUsculerons point « priori, comme on l'a fait jusqu'à présent, si la rédaction originale en Langue égyptienne doit être attribuée à Horapollon, et la traduction grecque à Philippe, comme nous le voyons dans le titre même du livre, ou bien s'U faut faire honneur du fond même de l'ouvrage à ce dernier, en Regardant le nom d'UorapoUon mis à U (il* comme, une supercherie littéraire. La forme Je ce nom est elk-mèrae une indication chronologique qui porte avec soi la valeur d'une date : il se compose de deux cléments empruntés, le premier à la religion égyptienne ,, le secoud au polythéisme grec, sortes de dénominations hybrides qui ne prévalurent en Egypte que iofl^Uim» après la fusion qui s'opéra entre la population grecque des bords du NU et les indigènes. Les noms que l'on rencontre le plus fréquemment dans les contrats grecs de l'époque des Ladites ne sont composés que d'un seul nom divin accompagné d'un qualificatif ou adjectif indifiant la dévotion a une divinité , la descendance du père au ûls comme Scvpoëris, Tienamnm, /■»!•*• rù, etc. Les dénominations à double nom dîna

I p. 347 et «lit.

HOR

ne se montrent que bien plus tard : elles abondent dans l'histoire des communautés religieuses de l'Egypte, à commencer de la fin du 4» siècle. Presque à chaque page on y lit les noms de Sarapammon , Chronammon , Phibammon , etc. ; celui d'Horapollon , qui réunit un élément grec avec nn clément égyptien, indique par cette forme mixte une époque que l'analogie des monuments artistiques ou littéraires nous fait placer vers la fin du 4' siècle ou dans le 5» de notre ère. La nature hétérogène des doctrines que renferment les Hiéroglyphiques corrobore cette première détermination chronologique. Loin de voir, comme on l'a fait, dans ce livre la version d'un original égyptien préexistant, original traduit et interpolé à une époque postérieure par un Grec ignorant , nous pensons que la composition de l'ouvrage est une , en ce sens qu'elle répond à une des phases marquées dans la série des transformations que subirent les doctrines religieuses et philosophiques en Égypte : nous les voyons avec la marche du temps s'imprégner d'idées étrangères , importées de tous les pays sur le sol de l'Egypte. Hérodote, Diodore, Plutarquc, St-Clément d'Alexandrie, Jamhlique, l'auteur des livres Hermétiques, îlorapollon, et plus tard Ahmed -parmi les Arabes, sont les anneaux de celle série de transformations. Simples et sans altération à l'extrémité initiale de cette chaîne , les doctrines de l'Egypte passèrent par tous les remaniements que leur fit subir un syncrétisme grossier pour tomber au moyen âge dans le domaine des interpréta de songes. Les idées égyptiennes que nous retrouvons dans Jamblique, dans les livres hermétiques, dans Ilorapollon, ne durent point être tirées par ces auteurs des livres composés parles prêtres égyptiens , car ces livres, ils les auraient cités; et d'ailleurs comment les auraient- Hs compris, puisqu'ils étaient écrits en égyptien? Au contraire, tous les faits tendent à prouver que la connaissance de ces idées ne leur vint que par des communications verbales avec les prêtres de l'Egypte. Ce ne fut que très-tard , et même longtemps après les prescriptions rigoureuses des empereurs byzantins contre l'idolâtrie, que le sacerdoce égyptien cessa entièrement d'exister; et l'intelligence plus ou moins complète des doctrines qu'il professait lui survécut, puisque l'on Tetrouve dans des auteurs du "Bas-Empire , cl principalement dans les écrivains ecclésiastiques de cette époque, l'explication reconnue vraie au- * jourd'hui de plusieurs symboles égyptiens. Les -sectes gnostiques qui faisaient aussi usage de ces emblèmes prolongèrent leur existence sur les bords du Nil encore longtemps avant dans la période byzantine. Le livre d'Horapollon nous parait convenir mervedleusement, par le fond des choses qu'il renferme, à l'état des idées dominantes dans la société en Égypte , à l'époque que nous avons déjà fixée d'après la composition étymologique du nom de cet auteur. Ilorapollon , ou bien

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Philippe si l'on veul , dut en écrivant se meltre, s'il est permis de parler ainsi, à l'unisson du siècle où il écrivait. Les notions qu'il nous a transmises, il les puisa aux sources consultées par ses prédécesseurs ou ses contemporains. Comme Plutarque, Jamblique, l'auteur des livres hermétiques, les rédacteurs des papyrus bilingues grecs et démotiques du musée de Leydc, il mit à profit les communications orales ou les traditions du sacerdoce égyptien. Les hiéroglyphes expliqués dans le premier livre d'Horapollon offrent, à l'exception d'un petit nombre, un caractère d'authenticité que l'on ne saurait révoquer en doute. On peut en dire autant des trente-sept premiers et des quatre derniers du livre second. Le reste a été pris ailleurs qu'aux sources égyptiennes. Plusieurs symboles semblent rappeler les idées familières aux sectes du gnesticisme ; d'autres expriment des similitudes populaires représentées par une image quelquefois puérile , d'autres fois même grossière ou indécente. Une classe de symboles semble avoir été systématiquement empruntée à l'histoire naturelle .- dans le livre 2, du n" 31 au a " 100, on voit figurer les animaux terrestres et les plantes; 101 et 102, les amphibies; de 107 à 114, les poissons et autres animaux vivant dans l'eau. Ailleurs on rencontre des idées entièrement opposées à celles que l'antiquité s'accorde à pré* ter aux Egyptiens; une foule d'emblèmes dans le livre 2 sont tirés de la mer, tandis que nous savons l'horreur des Égyptiens pour cet élément et l'impossibilité de trouver parmi les hiéroglyphes la représentation d'une seule production marine. Ailleurs se manifestent des disparates choquantes entre les diverses parties de l'ouvrage. Si de l'examen des doctrines qui constituent le fond de ce livre on passe à la forme sous laquelle elles sont présentées, si des idées au style, on verra encore se confirmer nos premières déductions sur l'époque où il fut rédigé. Le plus léger examen suffit à prouver que le style des Hiéroglyphiques ne peut appartenir qu'à la période déjà commencée du Bas -Empire, à une époque où la langue grecque était loin de sa pureté originelle. On voit, en effet, l'auteur des Hiéroglyphiques se servir tantôt d'expressions homériques et bannies de la prose, tantôt former une construction vicieuse ou bien changer sans raison le temps des verbes, substituer, par exemple, le futur au présent ou à l'imparfait; ailleurs recourir à des expressions hors de l'usage littéraire, ou bien empruntées à des idiomes étrangers et barbares. Tout dans l'ouvrage d'Horapollon , et le nom de Fauteur et les notions que cet ouvrage renferme, et le style dont elles sont revêtues, tout se réunit donc pour nous autoriser à croire qu'il fut composé vers la fin du 4e siècle de notre ère, ou dans le courant du 5'. Les manuscrits qui nous restent des Hiéroglyphiques sont presque toujours réunis en un même volume avec d'autres productions de la littérature grecque. La bibliothèque de

Laurent de Médicis à Florence en possède quatre I dont l'un est du 14e siècle et les autres du 15\ La bibliothèque de Saint-Marc à Venise en a un du 15* siècle , ainsi que celle du Vatican à Rome. La bibliothèque de Paris en conserve trois exemplaires, dont l'un est du 14» siècle, et les deux autres du 10'. La bibliothèque impériale de Vienne possède une traduction latine manuscrite des { Hiéroglyphiques. Cet ouvrage compte plusieurs éditions dont voici les principales : 1° la première, l'Édition prince ps , est celle qu'ont publiée les Aide à Venise , octobre 1505, in-fol. ; elle fait partie d'un volume qui renferme plusieurs autres ouvrages grecs. M. Henouard a signalé celte édition comme incomplète, et comme étant dans un état d'imperfection qui tient à la rareté des manuscrits d'Horapollon et à la mauvaise condition de ceux sur lesquels les Aide ont travaillé. Celte édition a été reproduite à Paris , 1551 , in-S°, chez Conrad Resch , libraire. 2° Une traduction latine des Hiéroglyphiques, p<.r Bernardin Treùatiut de i Vicence, parut à Augsbourg eu 1515; elle fut réimprimée, avec quelques améliorations, par i Froben, à Bâlc, 1518, in-4°; par Robert Eslienne, Paris, 1530, in-8°; à Râle, 1534, in-8"; à Leydc, ( 1542, in- 8°; 3° une aulre traduction est celle qui est due à PhD. Phasianini et qui vit le jour à Rolognc,1517, in-4°; 4° dansl'ordre chronologique des éditions des Hiéroglyphiques vient ici se placer celle de Mercier, avec la traduction latine du même auteur, publiée séparément, chez Christian Wechel, Paris, 1518, in-4°. Mercier parait avoir suivi le texte des Aide , d'après l'édition précitée de Paris de 1551. L'édition de Mercier reparut avec les corrections de Morcl à Paris, chez Jacquin Kerver, 1551, in-8°. 5° Horapollonis Hicroglyphica grâce et latine a Dav. Haschelio , fide cod. Augustani Us., correcte, etc., avec la version de Mercier; Augsbourg, 1595 , in-4°; publié de nouveau avec quelques changements en 1005, in-40; 0° Horapottinis Hieroglyphicc grâce et latine, etc., curante Joanne Cornilio de l'auto, Utrecht, chez Léonard Charlois, 1727, in-4». Cette édition, due à un critique habile quoique souvent trop hardi , est bien supérieure aux précédentes. L'auteur a suivi le texte de l'édiiion d'Hœschel. 7° Enfin une dernière et toute récente édition , en grec et en latin, est celle que l'on doit à Conrad Leemans, imprimée à Leyde chez Lalau , 1825, in-8°. M. Leemans a profité des découvertes archéologiques dont les monuments égyptiens ent été dernièrement l'objet et des travaux philologiques les plus récents, pour donner à son travail un plus haut degré d'amélioration que n'avaient pu le faire ses devanciers. Nous possédons deux traductions françaises du livre d'Horapollon. La première a pour titre : Les sculptures ou gravures sarées, traduites du latin en français, acte des figures en bois, Paris, 1543, in-8°, et 1553, in-12; on attribue cette version à Geoff roy Thorg ou Tory de Bourges en Berry. La seconde est connue sous le titre de :

Hiéroglyphes dits <f Horapolle , ouvrage traduit du grec par M. Requier, Amsterdam et Paris, 1773, in-12, et 1782, in-12, avec un nouveau litre. M. I.enormant a publié en 1838 une dissertation très-ingénieuse sur l'origine, la destination chu les anciens, et l'utilité actuelle des Hiérogly. pbiques d'Horapollon; nous arons nous- même consulté avec fruit ce travail, quoique ne partageant point les principales vues de l'auteur sur l'origine des Hiéroglyphiques et l'époque à laquelle cet ouvrage fut composé. Du.

HORATIL S. Voyez Coclès.

HORBORCH (Guillaume de), canoniste sur lequel on n'a presque aucun renseignement, naquit ren le milieu du 14e siècle dans une petite ville delà Wcstphalie dont il porte le nom. Etant allé à Rome , il y fut attaché longtemps comme avocat ou comme greffier au tribunal de la Rote, dont il a recueilli les décisions. Dans la préface il nom apprend qu'il commença ce travail le 30 janvier 1570 , el le continua jusqu'au mois de mai 13Si. Celte compilation a été publiée sous ce litre i Dtcittones nota Rota Romance , Rome , l'dalricb Gailus (vers 1470), in-fol. ; ibid., 1472, grand in-fol., et 1 175 , même format. Ces trois éditions ont été décrites soigneusement par le P. AuduTredi dam son Catal. edit. romanor. Comme la date de l'impression fait maintenant le principal mérite de ces ouvrages, les éditions postérieures, quoique revues et augmentées par divers canonisles, sont peu recherchées. Vf— s.

HOBDAL (Jea.h), jurisconsulte lorrain, descesdait d'un des frères de Jeanne d'Arc, et fut élevé dans des sentiments de vénération pour lamémoire de celte héroïne. Ayant achevé ses études, il prit ses degrés dans la double faculté de droit, et peu de temps après fut pourvu d'une chaire i l'université de Pont-à-Mousson. A cette place il joignit celle de conseiller du duc de Lorraine, montra dans plusieurs circonstances beaucoup de zèle pour le service de son souverain, et mourut en 1018, à l'âge de 00 ans. Son épitaphe, que l'an voyait dans l'église des Clarisses à Pont-à-Homson , est imprimée dans la Btbliothèqut de dom Calmet, col. 508. A la prière de Charles Dut js. avocat général à la cour des aides de Paris, et parent comme lui de Jeanne d'Arc, Hordal publia l'ouvrage suivant : Heroinœ nobilissima J<x*** d'Arc lotharinga, vulgo aurelianensit pwUa, toria. ex tariis grarissimœ incorruptùsimetpt M* scriptoribus excerjM i , « jusque innocentia a cflfe"*" tindicata, Pont-à-Mousson , 1012, in-4°. Ce volume, assez rare , mais peu recherché maintenant, renferme, comme le titre l'indique, des eiirafc d'un grand nombre d'auteurs, historiens, théologiens, médecins et poêles qui tous ont reoda justice aux vertus de cette héroïne. Hordal donne en outre (p. 152] la liste des ouvrages dont il ne s'est point servi, mais dans lesquels on trouverait quelques renseignements. Cette liste, très-incomplète , même pour l'époque , ne mérite plus d'«K

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consultée (roy. Jeanne d'Arc). — Le fil» de Hordal, nommé Jean , comme son père , lui succéda dans sa place de professeur en droit , fut employé par Charles IV, duc de Lorraine, à diverses négociations , et mourut à Bruxelles dans un âge peu avancé. W — s.

HOR LEMAN (Chaules, baron m), surintendant des bâtiments du roi de Suède, et chevalier de Tordre de l'Étoile polaire, né en 1700, mort en 1753 , avait embrassé dans ses études, non-seulement l'architecture et les arts qui s'y rapportent, mais l'économie rurale, l'économie politique et la géographie. En 1749 il fit aux frais du gouvernement un voyage dans l'intérieur du royaume pour examiner le sol, les rivières, les mines, et publia à Stockholm ses observations en forme de journal. Ce journal , rédigé en suédois, parut en allemand à Leipsick, 1751. Quelque temps après Horleman entreprit un autre voyage en diverses provinces, et présenta aux administrateurs, au public, de nouveaux résultats dignes d'attention. On profita dans plusieurs circonstances des conseils de ce savant, et cet estimable citoyen eut une grande influence sur la prospérité du pays. Plusieurs édifices publics dont il donna le plan attestent que ses principes d'architecture étaient conformes au bon gowt, et qu'il savait en faire l'application avec discernement. L'Académie des sciences et celle des beaux-arts de Stockholm le comptaient parmi leurs membres les plus actifs et les plus zélés. C — au.

HOKMAN (Guillaume), natif de Salisbury, après avoir fait ses études avec beaucoup de succès au collège Neuf d'Oxford, dont il était un des membres, devint en 1485 principal du collège d'Eaton. Il y mourut le 12 avril 1555, étant devenu viceprévôt et s'étant fait la réputation d'excellent critique et de savant théologien. On a de lui : i° Anti-Bossicon ad Gulielmum LUitm. 1521 , in-4° (eoy. Lilt); 2° Apologeticon contra Boberti U/hittington . prvto-oatis Anqlia , inciviiem indortamque criminationem, 1521 , in-4° (roy. Rob. Whitting- TOW) ; 3° Vulgaria pturorum ; 4° Compendtum historiœ Gulielmt Matmesburitnsis ; 5° F.pitome historiée Johannis Péd liirandula ; 6° Elegite in morUm Gultetmi Litii; 7° Anatomia membrorum kominis; 8° Anaiamia corpons kumani; 9° lu theologiam Gabrielit Biel; 10° Faso* rerum britannicarum ; 1 1° De secundo régis connttbio. Cet ouvrage est contre le divorce de Henri VIII. 12° Epistolœ et orationes; j.V Herb/trum synonyma; 14° De artt dictandi ; 1S° In Catoaem de r* rustica; 16°/* Varronem Columeltam etc., De re rustica. Jean Baie et le docteur Pittt ont confondu cet auteur avec Godefroi Horman son contemporain , qui habitait à Cambridge pendant que Guillaume résidait à Eaton. U y a d'ailleurs dans la vie de ces deux savants plusieurs circonstances qui ne sauraient convenir à la même personne. T— ».

HOBMISDAS, élu pape le 28 novembre 514, succédait à Symmaque : il était né à Frosinone,

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dans la campagne de Rome , et fort instruit dans l'étude des lettres. Ses vertus répondirent à ses talents, et lui méritèrent les honneurs de l'élection. Anastase était alors sur le trône d'Orient, et protégeait les sectateurs d'Eutychès. Son compétiteur à l'empire, Vitalien, après avoir obtenu des succès militaires contre Anastase , appuyait au contraire le parti catholique , et voulait qu'on assemblât un concile pour faire juger le différend. Anastase , ayant été obligé d'y consentir, reçut des légats d'IIormisdas , qui désirait aussi la réunion, mais à condition qu'on accepterait en Orient le concile de Chalcédoine , et surtout qu'on prononcerait la condamnation de la mémoire d'Acace, ce patriarche de Constantinople qui avait été l'un des premiers à protéger l'hétérodoxie. Anastase se refusa à ce dernier point, et le pape n'aurait pas insisté si le sénat de Rome n'eût écrit que, sans cette condition , il n'y avait point de réunion à espérer entre les deux Églises. Ainsi les légats du pape revinrent sans avoir rien obtenu. Hormisdas ne se rebuta point, et renvoya de nouveaux ambassadeurs à Conslantinople. Le refus d'Anastase et de ses évéques étant toujours le même, la persécution exercée par les moines eutychiens de Syrie contre les moines catholiques du pape devint plus violente. Anastase était résolu de se porter aux dernières extrémités ; mais St-Sabas et St-Théodose vinrent à Constantinople, à la téte de près de dix mille moines, présenter une requête dans laquelle ils renouvelaient les demandes de la cour de Rome, et déclaraient qu'ils étaient attachés aux quatre conciles comme aux quatre Évangiles. Dés ce moment l'empereur resta en repos, et les choses demeurèrent indécises jusqu'à sa mort, arrivée en 518. Justin, son successeur, et le patriarche Jean se montrèrent plus favorables aux demandes d'Hormisdas, et déclarèrent y consentir pour le bien de la paix et la réunion des Églises. Ainsi le nom d'Acace fut rayé des dyptiques, et par conséquent de la communion des fidèles. Jusque-là on loue le zèle , la prudence et la fermeté du pape ; mais beaucoup de gens ont blâmé sa sévérité lorsqu'il exigea pareillement la radiation des noms d'Èuphème et de Macédonius, successeurs d'Acace, dont toute la vie avait été exemplaire, et qui n'avaient eu d'autre tort que d'obéir à la nécessité de ne point troubler la tranquillité de l'Orient, en se soumettant à l'opinion publique. Hormisdas déploya le même zèle pour entretenir la foi et la discipline dans les Églises d'Occident. C'est ce qui résulte tle ses instructions adressées à St-Avit dans la Gaule narbonnaise, à Jean de Tarragone et à Salluste de Séville dans les Espagnes. Sa conduite intérieure ne fut pas moins louable. Il donna des exemples édifiants de modestie, de pénitence, de charité, prit un très-^rand soin du culte extérieur de la religion , instruisit le clergé dans la psalmodie, et fit orner plusieurs églises dans la ville. U mourut le 6 août 523 , après neuf ans et dix

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