‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 101 sur 106 · G34 HOR · texte numérisé non relu

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mois de pontincat. On a quatre-vingts Lettres environ de ce pape dans la collection des conciles. Il eut pour successeur Si -Jean l,r. D — s.

HOHMISDAS t" (en ancien persan Aouhrmatd ti. en persan moderne Aourmezd et Normous , en arménien Ormitt), troisième roi de Perse de la dynastie des Sassanides, était fil» de Schahpour Ier et petit-flls d'Ardeschir 1er, fondateur tic la nouvelle monarchie persane {vcy. Ahdechyr et Chapoor ■*). il monta sur le trône en l'an 271 , et mourut en 272, après un règne de quatorze mois : son tils Hahram V* lui succéda. On raconte de ce prince (pie , du temps de son père , il avait été gouverneur du Kboraçan : ses ennemis répandirent le bruit qu'il levait une armée pour détrôner Schahpour. Ouand Hormisdas en Tut informé, il se fit couper la main, et l'envoya enfermée dans une nulle pour lui prouver qu'il n'avait aucune intention de lui ravir l'empire ; car chez les Persans il était d'usage qu'un prince mutile ne pouvait monter sur le trône. Cet acte d'héroïsme augmenta l'?mitié que son père avait pour lui, et décida ce monarque a en faire son successeur. L'histoire ne nous a pas conservé le souvenir des événements qui arrivèrent pendant la courte durée de son règne. tfous savons seulement qu'il permit à l'hérésiarque Manès , qui avait été banni par son père dans la Transoxiane, de rester dons la Perse et d'y prêcher sa doctrine, dont II favorisa la propagation , en lui donnant pour résidence le château royal de llaskereh dans le Sedjestan. — Hormisdxs lir fils et successeur de Nam*» huitième roi de la dynastie des Sassanides, monta sur le trône en l'an 505, et mourut en l'an 511 , après un règne de sept ans et cinq mois. Il laissa en mourant la rein Mah Afrid, sa femme, enceinte, et elle accoucha, quelques jours après, d'un fils qu'on appela Schahpour et qui fat aussitôt proclamé roi (roy. Chatour llj. Hormisdas avait d'auLresenfaats, qui furent sans doute exclus de la succession parce qu'ils étaient nés de quelques concubines ; nous en connaissons trois ; Mormisdas, qui se retira chez les Humains et qui accompagna Julien l'Apostat dans son expédition contre les Perses ; N'arsès, que son frère Schahpour tenta plusieurs fois de faire roi d'Arménie, et Ardeschir, qui lui succéda sur le trône de Perse. — Hormisdas III, seizième roi de Perse, de la race des Sassanides, iils dlez-dedjerd U, lui succéda au préjudice de son frère aîné Firooz, qui fut obligé de se contenter du Sedjestan pour apanage. Hormisdas commença de régner en Tan 457 : son frère, qui ne pouvait pas oublier l'injustice qu'on avait commise à son égard, Ut alors alliance avec les Huns Ephthalites, ou Hayalhelites , qui lui fournirent une grande armée, et l'aidèrent à se rendre maître de la Perse, à condition qu'il leur céderait la ville de Termed et la plus grande partie du kboraçan. Hormisdas fut vaincu et pris en l'an 160, et Firouz le fit massacrer avec trois autres de ses frères, pour

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qu'il ne restât plus aucun prétendant à l'empire. & II— s.

HORMISDAS IV , vingt-deuxième roi de Perse, de la dynastie des Sassanides , fils du fpai Chosroès I'r, ou Kbotrçu AtmuiHtrrwm. s.-lon les Persans, fut aussi nommé Turk Zid [né d'une Turque), parce que sa mère était fllle du khakan des Turcs. Sous le règne de son père, l'empire de Perse était parvenu au plus haut degré de splendeur; les Romains, après de longues perres, avaient été forcés d'abandonner la plus belle partie de la Mésopotamie : la grande Arménie, î'Ibérie, l'Albanie et presque tous les pairesfermés dans le mont Caucase, faisaient partie de l'empire. L'Yémen et la plus grande partie de l'Arabie étaient régis par des gouverneurs ft> sans ; les tribus arabes , les peuples du Men étaient soumis : les rois «lt> Hirah, des Khanrts et des Alains fournissaient des troupes auuïiaires, et reconnaissaient la suprématie du grand roi, qui possédait encore une partie de l'Inde et de la Transoxiane ; enfin on voyait en même temps à Madafn ouCtésiphon, sa résidence royale, des ambassadeurs turcs, huns, kha/arts, liguas, indiens, arabes, éthiopiens et romains. Les armées du roi de Perse, presque toujours netsrieuses sous des généraux habiles, avaient répandu la terreur de son nom dans toute la parue de l'Asie, et un ministre célèbre dans l'Orient ptf ses grands talents et sa profonde sagesse, Boszourdj-Mihir, avait mis l'intérieur duroyaiHnedats I'étnt le plus florissant. Uorinisdas, en montant sur le trône, possédait l'empire le plus puisant, le plus riche et le mieux administré de l'Asie, et il eut pu, en marchant sur 1rs traces de son père, en être longtemps le paisible possesseur. Sol origiue doublement royale qui l'avait fait préférer à plusieurs- de ses frères plus âgés qae lui, et les preuves de courage qu'il avait données dans la dernière guerre que son père avait eue a soutenir contre les Turcs, faisaient, croire qu'il «f rait égaler dans les combats la gloire de ses aïeux , et qu'il ne serait pas moins habile «/« dans l'art de gouverner; car il était disciple da grand Bouzourdj-Mihir , qui conservait encore l'administration de* ail a ires. Mais malgré le courage et les talents qu'on ne pouvait lui contester, Hormisdas avait dans son caractère un f«i d'orgueil et de cruauté qui fit bientôt disparaître toutes ses bonnes qualités, le rendit l'objet de la haine universelle, et le précipita dans uo abîme de malheur», dont la Perte ressentit longte»!* les effets. Il monta sur le trône en l'an 579: te Persans soutenaient alors depuis huit ans, »"t des succès divers , la guerre contre les Romains; les deux peuples épuisés désiraient la paix ; *» négociations étaient déjà entamées quand Chosroès mourut : ce prince avait consenti à rendre aux Romains l'importante forteresse de ûaraen MésppotamiCyqu'iUréclamaientdepuuloogtcfflp^ et l'empereur Tibère, lui cédait la grande am*-

nie, TTlvérie, l'Albanie et l'Arzanenc, en demandant seulement que les chrétiens qui habitaient ces régions eussent la liberté de religion. Les choses en étaient là quand Hormisdas fut couronné roi. Malgré un usage établi depuis longtemps entre les deux peuples , il ne daigna pas faire notifier son avènement à la cour de Constantinople. Tibère ne fit pas attention à ce manque de procédé ; il voulut continuer les négociations, et il envoya à Ctésiphon ses ambassadeurs Zicharie et Théodore pour conclure la paix sur les bases déjà arrêtées. Après beaucoup de délais , Flormisdas lui répondit enfin arec hauteur que Chosroès avait bien pu céder Data , qui était sa conquête ; mais qne, quant à lui, il n'abandonnerait aucune partie de l'héritage de son père : il exigeait en outre le payement d'une somme égale à cinquante années d'un subside annuel que par le dernier traité les Romains s'étaient engagés à payer aux Persans, et qu'ils n'avaient fourni que pendant sept années. L'empereur rappela ses ambassadeurs , et envoya en Mésopotamie une puissante armée , sous le commandement de Maurice, qui fut son successeur à Fempire , et d'un Arménien nommé Narsès , qui s'était distingué en Italie, et qui était issu d une branche de la famille royale des Arsacides de Perse, établie en Arménie sous le nom de Gara- «araganr. Ces généraux ayant passé le Tigre, ravagèrent l'Assyrie et la Médie ; mais , trop faibles pour se maintenir pendant l'hiver au delà de î'Euphrate, ils revinrent camper dans la Cappadoce. Au printemps de l'année suivante, ÏWO, ils descendirent par la Syrie, dans le dessein de passer I'Euphrate à Circesium ou Karkisiah, et, en longeant ce fleuve, de pénétrer par le désert d'Arabie jusqu'à la capitale de l'empire. Mondar, prince des Arabes, qui était auxiliaire des Romains, les trahit, et donna secrètement avis de leur marche et de leur plan au roi de Perse , qui envoya le général Adarman pour passer I'Euphrate derrière eux , leur couper la retraite , et ravager la Syrie sans défense. Adarman s'était déjà emparé d'Édesse et était arrivé à Caltinieus, se préparant à passer le fleuve, quand Maurice informé de sa marche abandonna son projet contre Ctési phon , bru I a les barques qu i l'accom pagnaient , et revint sur ses pas attaquer Adarman , qui ne s'attendait pas à son approche. La plus grande partie des barbares qui servaient dans l'armée romaine, effrayé; par la manière de combattre des Arabes alliés des Persans, prirent la fuite, et Maurice se trouva réduit à la cruelle nécessité de combattre et de vaincre avec une très-petite partie de ses soldats. Adarman vaincu fut contraint de chercher un asile au delà du Tigre, et d'abandonner la Mésopotamie -, une autre armée persane , qui , du côté do nord , était entrée dans l'Arménie romaine, y avait aussi été détruite par Kours, qui y commandait. Tibère, quoique vainqueur, n'en voulait po» moins conclure !» paix avec

flormisdas; il lui renvoya Zaeharic pour entrer en potrrparler : mais le roi de Perse , qui , au fond , ne voulait pas d'accommodement , profita du repos que lui donnaient ces négociations pour lever de nouvelles troupes , dont il confia le commandement à Tenkhosrou on Tamcbosroès, l'un des plus illustres généraux de son père : eetui*ci rentra dans la Mésopotamie, et vint camper sous les murs de Nisîbe, d'où peu après il vint attaquer Maurice devant Constantine. I^s Perses, naguère tant de fois vainqueurs des Romains, brûlaient de réparer leur honneur et de venger l'affront qu'ils avaient essuyé sous les ordres d' Adarman; ils attaquèrent Maurice avec la dernière fumur : mais tous leurs efforts furent vains ; les Romains les mirent en déroute, et le vieux général persan désespiré de ce revers, ne voulant pas survivre à sa défaite, se précipita dans les rangs ennemis , où il trouva une mort glorieuse. Maurice , après cette éclatante victoire, alla recevoir à Constantinople la récompense de ses services; il obtint en mariage en 382 la fille de sou souverain , dont il devint le successeur dans la même année. Pendant que les armées d'Horuusdas étaient vaincues dans la Mésopotamie, et que les plus habiles généraux de son père voyaient ternir la gloire de leurs armes, ce prince devenait, par sa conduite tyrannique, l'horreur de ses sujets. II n'avait plus pour le guider le sage Bouzourdj-Mihir, qui était mort dix-huit mois après son avènement au trône, chargé d'ans et de gloire. La présence de ce respectable ministre, qui avait élevé son enfance, l'avait contenu pendant quelque temps; mais, après sa mort , il ne connut plus aucun frein : jouet de ses courtisans, infatué de son savoir, il suspendit tous les tribunaux , et voulut seul rendre la justice. Pour imprimer plus de respect à ses peuples , il dictait lui-même ses arrêts dans des assemblées solennelles des grands de l'Etat, où il paraissait revêtu de tous les ornements royaux et la couronne sur la tête , ce qui lui fit donner par dérision le surnom de Taéj Dit (portecouronne). Tourmenté par le souvenir d'une prédiction qu'on lui avait faite dans sa jeunesse, et qui le menaçait de perdre la eouronne par la révolte de ses sujets , Il les craignait et se défiait de chacun d'eu» : il n'osait ni sortir de sa capitale ni se montrer à la tête de ses armées, qui sous le règne de son père étaient accoutumées à voir leur souverain les guider lui-même au milieu des combats , et partager leurs fatigues et leurs dangers. Enferme dans son palais, en proie à de pcrp(*tut*Hp$ ersiotts, Horniiscirts chontjcdit cooti- TJueJleeaent ses générant: ; et il prodiguait arec (a plus froide indifférence te sang de ses soldats dans des expéditions insensées. Les nobles, qui étaient ceux de ses sujets qu'il devait le plus redouter en cas de rébellion, furent surtout victimes de sa cruauté : leur sang coula par torrents; les eaux du Tigre furent couvertes de leurs cadavres; et le château de l'Oubli , dans la Susianc, dont ce nom

seul indique la sinistre destination , regorgea de prisonniers. Les gens de lettres et les hommes d'État, dont il croyait surpasser le savoir et les connaissances, furent, par suite d'une basse jalousie, aussi exposes que ses généraux : Mehboud Fermayad, Simarah Berzin, lezdGoschasp.Bahram Ader-Mebran et tout ce qui restait des conseillers de son père, furent payes de leurs longs services par d'affreux supplices; le chef des prêtres, ou Moubednn - Mobrd . que ses fonctions devaient mettre plus qu'un autre à l'abri, fut aussi victime de ses fureurs. La Perse, si florissante trois ans avant cette époque, devint un théâtre horrible de proscriptions; et ce fils d'un roi encore après douze siècles l'objet de la vénération des Orientaux, qui le décorent du surnom de Juste, mérita , par sa tyrannie , l'exécration de ses peuples. Les habitants de l'IIyrcanie et du Dilem, ainsi que leurs voisins les Cadusiens, se révoltèrent, et soutinrent contre ses généraux des guerres longues et sanglantes qui lui attirèrent plus de haine que leur châtiment n'inspira d'horreur pour la rébellion. Au milieu de ces calamités, les Persans conservèrent un certain sentiment d'honneur; et le souvenir de leurs anciens exploits les portait toujours à combattre avec le même courage les étrangers qui de toutes parts menaçaient d'envahir l'empire. Peu après le départ de Maurice, Hormisdas avait envoyé dans la Mésopotamie une nouvelle armée, qui s'en était emparée presque sans coup férir: Maurice, devenu empereur, donna ordre à Mouschegh Mamigonéan, prince de Daron et duc d'Arménie, de réunir ses troupes à celles de Cours et du Lombard Ariulphe, pour chasser les Persans de cette province. Leurs armées réunies vinrent attaquer ces derniers, vers les lieux où le fleuve Nymphius se joint au Tigre, au nord d'Amid. Cours, jaloux de la préférence que l'empereur avait donnée à un prince arménien , ne seconda pas , comme il le devait , son général ; l'armée romaine fut vaincue , et obligée de laisser la Mésopotamie entre les mains des Persans, qui n'osèrent cependant pas profiter de leurs avantages, ni passer le Nymphius, où les deux peuples restèrent sur la défensive pendant environ une année. Enfin, l'empereur Maurice voulut pousser la guerre arec vigueur, et donna, en l'an 584, le commandement de l'armée d'Arménie à son beau-frère Philippique. Ce général arriva bientôt sur les bords du Tigre, d'où il vint forcer les passages du mont Izala, entre Amid et Nisibe , et il entra en Mésopotamie : mais voyant qu'il était trop faible pour tenir dans les vastes plaines de ce pays , contre la nombreuse et excellente cavalerie des Persans, il prit le parti de se replier sur l'Euphrate, après une campagne qui ne répondit pas à l'idée qu'on s'était formée de ses talents. Mais trompé par ses guides, au lieu d'aller vers le fleuve , il se dirigea vers Théodosiopolis en Arménie, où il passa l'hiver. L'année suivante il entra en campagne : mais tous ses

exploits se bornèrent à ravager l'Arzanène ; car il fut longtemps retenu par une maladie dangereuse dans les murs de Martyropolis : au commencement de l'hiver, il ramena ses troupes, rt gagna Constantinople. En l'an 586, Philippique vint à Amid prendre le commandement de son armée, et il allait commencer les hostilités avec une nouvelle vigueur, lorsqu'il reçut, de la part d'Hormisdas, une ambassade dont le chef était un certain Mehboud ou Mébodès , qui avait été déjà chargé de beaucoup de négociations sous le règne de Chosroès : mais les propositions d'Ilormisdas étaient si déraisonnables, et elles excitèrent une telle indignation parmi les Romains, que Philippique renvoya les ambassadeurs avec mépris, et commença la guerre, llormisdas avait été déterminé à cette démarche, si opposée à son caractère d'orgueil et d'obstination , par l'invasion des Khazars, qui avaient franchi les gorges du Caucase, étaient entrés dans l'Arménie, et poussaient leurs ravages jusque dans la Médie ; tandis que , du côté de l'Orient, Saweh, khakan des Turcs, avait passé l'Oxusou Djyhoun, avec quatre cent mille combattants, et s'avançait dans l'intérieur de la Perse , où il était maître déjà du Khoraçan et des villes de Badghiz et d'Hérat. llormisdas ne fut point effrayé par ce contre-temps. Après avoir vu détruire une de ses armées par les Turcs, il en envoya une autre , dont il donna le commandement à Uahram Tchoubin ou Tchoubineb, gouverneur de l'Arménie, qui, sous le règne de Chosroès , s'était acquis une haute réputation militaire , et qui était fils d'un illustre général nommé Goschasp, de la famille Mirhanéane , issue de la race royale des Arsacides. Bahreïn vint à Ctésipbon prendre les ordres d'Hormisdas et le commandement de l'armée : le roi lui remit en partant, comme un gage assuré de la victoire, un étendard qui passait pour avoir appartenu à l'ancien héros Itoustem. Ce guerrier se mit en marche vers le Khoraçan, pour aller à la rencontre des Turcs ; mais avant d'en venir aux mains, il envoya Khourad-Berzin pour les engager à faire la paix et à se retirer. Cette démarche fut inutile ; il fallut combattre. Babram forma un corps de 12,000 hommes d'élite, et vint attaquer les Turcs dans les environs de Meron. Dans une seconde bataille, il tua de sa main leur chef Saweh , dont il envoya la tête à Hormisdas. Poursuivant le cours de ses exploits, il passa le Djyhoun, et pénétra dans la Transoxiane, où il vainquit plusieurs fois Bezmoudeb, fils du roi des Turcs, qui avait rassemblé les débris de l'armée de son père , et qui fut enfin obligé de se renfermer dans la ville d'Awizeh, où le général persan vint l'assiéger, et le forcer, après un long siège , de se rendre prisonnier. Bahram le fit conduire à Ctésipbon, et se rendit maître du reste de ses États. Le roi de Perse traita son captif avec les plus grands honneurs, plutôt par ostentation et pour lui montrer sa puissance, que pour

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adoucir son malheur. Au bout d'un mois, les deux princes firent la p?ix ; ils réglèrent que le Djyboun formerait la limite des deux États, et que le prince turc ferait hommage de son royaume au monarque persan. Après cet accommodement, Bezmoudeh revint dans la Transoxiane ; les troupes persanes repassèrent le Djyhoun ; et Bahram, élevé à la dignité de généralissime des armées, fut chargé du gouvernement «lu Khoraçan. Uormisdas, délivré ainsi par l'habileté de son général d'un ennemi formidable, et croyant n'avoir plus rien à redouter, devint plus cruel et plus orgueilleux qu'auparavant; mais les Romains et Philippique leur général, après avoir renvoyé les ambassadeurs d'Hormisdas, attaquaient son armée avec vigueur du coté de l'Occident. Ils eurent bientôt passé le fleuve Arzamon et traversé les défilés du mont Izala , où ils rencontrèrent les Persans qui voulaient défendre l'entrée de la Mésopotamie, et qui, après une résistance opiniâtre , furent défaits arec un horrible carnage dans un lieu nommé Solacon. Les vainqueurs les poursuivirent jusque sous les murs de Dara , passèrent ensuite le Tigre , et ravagèrent l'Arzanène , dont ils se rendirent maîtres ; mais Philippique ne put s'y maintenir : les Persans revenus avec de nouvelles forces, le contraignirent de repasser le fleuve Nymphius et de se fortifier sur le mout Izala. Un seul corps d'armée , commandé par le général Héraclius , dont le fils , du même nom , parvint à l'empire, soutint l'honneur des armées romaines, passa le Tigre, ravagea plusieurs provinces de Perse, et revint a Théodosiopolis en traversant l'Arménie, chargé d'un immense butin. La guerre, pendant l'année suivante (587), traîna en longueur : Philippique malade avait confié le commandement à Héraclius, dont les opérations se bornèrent à repousser les attaques des Persans et à se tenir sur la défensive. Philippique quitta ensuite le commandement de l'armée, qu'il laissa sous les ordres d'Uéraclius , et revint à Constan- Unople. L'armée ne voulut point reconnaître Priscus qui vint le remplacer : elle se choisit elle-même un nouveau chef, et fut agitée par de grands troubles jusqu'à ce que Philippique, en 38U, eût été réintégré dans le commandement. Les Persans profitèrent de ces dissensions pour s'emparer de l'importante ville de Martyropolis. Philippique s'avança pour la reprendre; il rencontra l'armée ennemie commandée par Mébodès, qui fut vaincu et tué : mais le général romain ne put pousser plus loin ses avantages ni reprendre Martyropolis ; et l'empereur, fatigué de sa lenteur, envoya en 501 Comentiole pour le remplacer. Ce . nouveau chef se hata de marcher contre les Persans, qu'il vainquit par la valeur d'Uéraclius, sous les murs du fort de Sisarbane , dans le voisinage de Nisibe : leur général Aphrahates fut tué, et Comentiole alla aussitôt mettre le siège devant Martyropolis. Pendant que tous ces événements se passaient dans la Mésopotamie et l'Ar-

ir.énie méridionale, Hormisdas envoya vers le mont Caucase le général bahram Nikhonljès, fils de Siawesch, que les écrivains byzantins ont confondu avec Bahram Tchoubin. Il était chargé de repousser les invasions des Khazars et des Al. lins, de soumettre les princes du nord de l'Arménie, de la Siounie, de la Gougarie, de l'Albanie et de l'Ibérie , qui avaient secoué le joug persan, et de pénétrer par la Souanic jusqu'à la Colchide et au Pont-Euxin. Bahram sortit de l'Atropatène, et passa l'Araxes avec une nombreuse armée. Maurice fit alors partir Romain , gouverneur de la Colchide, qui s'avança jusque dans l'Albanie à la rencontre de Bahram : celuici, pour attirer son ennemi dans l'intérieur de la Perse, repassa l'Araxes, et se retira vers Gandsak ou Tauriz, dans l'Atropatène; mais n'ayant pu l'attirer sur ses traces, il revint vers le fleuve, et trouva l'armée romaine campée sur la rive opposée. Après être demeuré quelques jours en observation , Bahram envoya offrir la bataille au géné- I ral ennemi, lui proposant de lui laisser passer le Neuve, ou, s'il l'aimait mieux, de le traverser lui-même pour décider d'un seul coup le sort de la campagne. Romain , qui était de moitié moins fort que les Persans , préféra les attendre dans son camp : alors Bahram passa l'Araxes , et fut complètement défait quoiqu'il déployât beaucoup de courage et de talents. Hormisdas fut transporté de fureur en apprenant ce revers : il dépouilla Bahram Nikordjès du commandement, et accompagna sa déposition d'une lettre outrageante qui lui donnait lieu d'appréhender avec raison le ressentiment du roi. Bahram , ne voyant i de salut que dans une rébellion ouverte, supposa . des lettresquimenaçaient de la mort les principaux I chefs de l'armée et qui annonçaient qu'on allait retrancher aux soldats une partie de leur paye ! pour les punir de leur défaite : il les (It connaître à l'armée, qui fut tout entière saisie d'indignation ; et quand Saram arriva chargé des ordres du roi, on se jeta sur lui, et on le fit écraser sous les pieds d'un éléphant; puis, à l'exemple de Bahram Tchoubin, qui s'était aussi révolté dans l'Orient, le général disposa son armée pour venir attaquer Hormisdas dans sa capitale. Il descendit donc à travers les montagnes des Curdes, dans l'Assyrie, où il vint camper sur les bords du Zab ou Lycus, qui se jette dans le Tigre au-dessous de Ninive : il y fut joint par l'armée qui avait été vaincue devant Nisibe, et qui, redoutant la ven- ( geance du roi , s'était aussi révoltée. Bahram en- I voya du lieu où il était campé , à Hormisdas, une caisse remplie de sabres, pour lui faire connaître ses sinistres projets : le roi, irrité de cette audace, fit briser ces armes, le menaçant de lui faire éprouver bientôt un sort semblable. Pendant que les armées d'Arménie et de Mésopotamie se révoltaient contre le cruel Hormisdas, son injustice et son ingratitude avaient forcé, comme on l'a dit, Bahram Tchoubin de se soulever aussi dans

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l'Orient. Cette rébellion, qui entrntna la perte du roi. fut causée par la perfidie et les calomnies du vizir Yezdan-Bakhsoh et des généraux Khourad- Berzin et Ayin-Goschasp, ennemis de l'illustre Bahrnin. Ils l'aeeusèrent de s'être approprie' la plus grande partie des trésors enlevés chez les Turcs; et ces derniers, qui Taraient accompagné dans son expédition , affirmèrent que , par sa lâcheté et sa perfidie , il arait compromis les intérêts de son souverain. Hormisdas, trompé par ces calomnies, envoya dans le premier mouvement de sa colère, à Rahram, des vêtements de femme et un fuseau. Piqué d'une telle insulte, Bahram fit assembler ses soldais, et parut devant eux revêtu de cet ignominieux accoutrement. Toute l'armée, qui adorait son général , fut pénétrée d'indignation, en voyant l'outrage dont on la convrait dans la personne de son chef, et jura devant lui, par les plus terribles serments, de laver cet affront dans le sang de l'injuste monarque. Bahram, sûr du dévouement de l'armée, leva l'étendard de la révolte, et écrivit à Hormisdis une lettre où il le qualifiait de fille de Chosroès. En vain sa sœur Gourdieb, mssî célèbre dans l'histoire de Perse par sa beauté que par ses exploits guerriers, vo'jlut le dissuader de prendre un parti extrême : Bahram connaissait trop bien le caractère implacable d'ilonnisdas, pour reculer après avoir manifesté si hautement le dessein de se venger. Soutenu par les avis de deux de ses plus cher» compagnons d'armes, Yelan-Sineh et Sayar, il envoya des ambassadeurs dans la Transoxtane, -pour contracter alliance avec le khakan Bezmondeh, et partit bientôt de Balkh avec toute son armée pour venir attaqner Hormisdas dans sa capitale. La haine des peuples contre le roi grossit considérablement ses forces, et favorisa tellement sa marche, qu'il eut bientôt atteint l'extrémité de la Médie, où il arriva devant Fchatanc ou Hamadan. Pour rendre ses succès plus faciles et augmenter le trouble qui était déjà dans l'empire, Bahram fit frapper des monnaies au nom de Chosroès, fils d'IIormisdas ; et il feignit de ne «t'être révolté que pour chasser le tyran , et placer sur ïe trône le légitime héritier, qui n'avait en aucune part à ses cruautés. Il n'avait d'autre but, en agissant ainsi, que d'armer le père contre le fils, et il réussit complètement. Le tyran , trop assuré de la haine qneses sujets lui portaient, et croyant que son fils trempait dans les complots des rebelles, voulut s'assurer de sa perso- ne t mais «elui-ei, averti à temps, se sauva en toute hate à Ardcbil dans l'Atropntène. Le roi , irrité de son évasion, fit alors charger de fersBestam-Kestenem et Bindouieh , oncles maternels du jeune prince, ainsi que toutes les personnes qui pouvaient lui être attachées. Apprenant alors que Bahram Tchoubin , joint aux rebelles d'Arménie et de Mésopotamie, ^'avançait dn côté d*£cbatane, il rassembla des troupes dont il donna te commandement à Ayin-Goschasp, ennemi particulier de

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Bahram , qui se mit aussitôt en mirche, et M poignardé dans sa tente au bout de <nielqnes jours , par des officiers qui entraînèrent, aussitôt après, sous les drapeaux de Bahram, une partit de l'armée royale. Hormisdas n'apprit qu'après cinq jours ce nouveau malheur: il rassembla et qui lui restait de soldats fidèles de Tannée d'Aria- Gosehasp , et revint en fugitif chercher an asile dans Ctésiphon , décidé à s'y défendre jusqu'à h drrnière extrémité. Cette armée était sa dernière espérance. Quand le peuple, qui le redoutait, iï qu'il était hors d'état de se venger, il se soukra ouvertement s Je peu de soldats qui restait dans la capitale imita leur exemple; on ail 1 briser 1rs portes des prisons, et on délivra les ooclrtde Chosroès, qui se mirent à la tête des msurrts, et se portèrent au palais pour se rendre malins de la personne du roi. Apprenant ce tumulte, Hormisdas voulut signaler le dernier jour de sa puissance par une conduite vraiment royale : il * revêtit de toutes les marques de sa dignité, st plaça sur son trône, environné de ses garda et de ses courtisans, et, dans cet appareil, sttewto les révoltés. Dès qu'il aperçut Bindouieh, le pne furieux de tous, « Par quel ordre es-tu sorti de ù « prison, lui dit-il , pourquoi cette audace 3 q»f « signifie cette troupe avec laquelle tu «Mf»

* raltre à mes yeux? » Bindouieh ne lui répond que par des outrages: Hornm sdas in digne se tonne vers ses gardes , qui restent muets à ses rot»; mais se voyant tout à fait abandonné : • *j«> « donc, s'écria-t-il , n'y a-t-il ici que de* em- « places de ce traître? » Bindouieh, profitait de la terreur qu'il avait inspirée aux courtisans d'fkirmisdas, s'élance vers son trône, l'en précipst. l'accable d'outrages et de coups, lui arrache a couronne et le fait charger de fers. Il s'eœp** ensuite de l'autorité, et fait proclamer roi le jeu» Chosroès. l.e lendemain de ce jour détastma. Hormisdas fit prier les grands de l'État d'exammer sa conduite. Ils s'assemblèrent dans le palus <ta roi , et firent venir en leur présence leur mnrain enchaîné et couvert d'opprobres : « Téaax» « et auteurs de mes maux, leur dit-il, tout pn- « sonarier est votre roi. Je ne vois que l'insulte « dans ces regards où je voyais naguère Irrespect « et la crainte. Adoré jusqu'à ce jour, mêla de « la pourpre la plus éclatante, maître du pto « puissant empire qu'éclaire Je soleil, le diei m-

* prême de la Perse, aie voilé chargé de (en, n> « duit à la plus affreuse misère ! Je tous an « odieux , et votre haine vous persuade que je

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« meriie ces nommes iraiiemenis. *p « mérité mes ancêtres, ces monarques victorwsi, « fondateurs de cet empire, qui ont transmis à

* leur postérité les droits qu'ils ont acquis a m

* respects par leurs actions immortelles? L« st- « trages dont vous m'accablez retombent «rem; « oui , tous les Sassanides gémissent arre m « dans un cachot ténébreux. ■ Bonn il les supp*»1 d'apaiser le feu de la rébellion , four faisant cran>

dre «te devenir eux-mêmes les victimes des troubles qu'ils avaient provoques et de périr par la fureur du peuple : il les exhorta même à te hâter d'écraser Bahram avant qu'il eût pu augmenter ses furces, les avertissant que s'il était vainqueur ils devaient redouter son caractère dur et violent; il leur conseilla enfin, puisqu'ils étaient las de son gouvernement, de choisir un nouveau roi, pourvu que ce ne fut pas son fils aîné Chosroès, dont ils apprendraient trop tard à connaître l'orgueil et la cruauté. Il termina son discours par leur proposer pour souverain le dernier de ses fils. Bindouieb, qui était présent à cette assemblée , et qui non-seulement par intérêt , mais encore par les liens du sang, tenait à Ghosroès, prit la parole pour détruire l'impression que les paroles du malheureux Uormisdas avaient faite sur quelques-uns des assistants. 11 l'accabla de nouveaux reproches et de nouvelles injures, fit un tableau de tous ses crimes, et porta au dernier degré d'exaltation la fureur des grands et du peuple. Uormisdas est bientôt expose à d'autres outrages : on court chercher celui de ses fils pour lequel il avait demande la couronne ; on l'amène au milieu des factieux avec sa mère, que l'on traîne par les cheveux; on égorge son fils en sa présence , et dans le même lieu on fait scier la mère par le milieu du corps; et après avoir forcé ÏTormisdas d'être témoin de cet horrible spectacle, on lui crève les yeux avec une aiguille brûlante, et on le fait reconduire en prison. On envoya aussitôt des messagers à Ardchil, auprès de Chosroès, pour le prier de venir prendre li s rênes du gouvernement. Ce prince, en arrivant à Clésiphon, désavoua hautement la conduite de ses oncles et des grands de l'État, s'empressa d'aller visiter son père dans sa prison, le fit rentrer dans le palais, et lui donna un appartement auprès du sien. Uormisdas, en se réconciliant avec son fils, ne lui demanda que de venir chaque jour passer quelques instants avec lui, de lui procurer un DOmmc instruit pour lecteur, et de disgracier ses deux oncles Bindouich et Restant, auteurs de tous ses maux. Chosroès ne put accorder à son infortuné père cette dernière grâce; car il redoutait beaucoup l'audace de ces deux hommes, qui disposaient à leur gré du peuple et des soldats. Cuelques jours après, il envoya de riches présents I Bahram Tchoubin , et lui écrivit pour l'engager j à se soumettre, lui promettant la première dignité du royaume après lui. Bahram, qui était déjà maître de presque tout l'empire, et qui n'était j qu'à une petite distance de la capitale, répondit i avec insolence qu'après la manière dont Chosroès s'était emparé de la couronne, il ne pouvait être considéré comme roi ; que s'il résistait , il éprouverait le sort d'Hormisdas, mais que s'il voulait se soumettre à son empire, il pourrait bien recevoir de lui le gouvernement d'une province. Chosroès, n'ayant plusd'cspoird'accommodcment.rassembla ce qui lui restait de troupes fidèles, et alla avec des

force» bien inférieures à la rencontre de Bahram, qui était campé à Nebarwan, sur une rivière du même nom qui se jette dans le Tigre au nord de Ctésiphon. Le cours de la rivière séparait les deux armée». Chosroès fit proposer à son rival une entrevue, qui eut lieu en présence de leurs principaux, capitaines, mais qui, après des bravades réciproques, se termina sans résultat. Le prince Sassanidc résolut alors d'en venir aux mains; il donna le commandement de son aile droite à Saran, le centre à Zamendès, et la gauche à Bindouieh, et il vint présenter la bataille à Bahram, qui, vaillamment secondé par Seyyar, Yelao-Sineh et sa sœur Gourdiyeb , mit l'armée royale dan» une: déroule complète , et en fit pendant dix heures un horrible massacre. Chosroès n'eut que le temps de s'enfuir à Ctésiphon, où il assembla son conseil pour savoir ce qu'il devait faire dans un moment aussi difficile : les uns voulaient qu'il se rt lirât ehez les Turcs, les autres qu'il cherchât un asile dans le Caucase ; mais d'après L'avis de son père Uormisdas, il résolut de se retirer chex le» Bomains, pour y solliciter les moyens de remoater sur son trône. Suivi d'un petit nombre de», siens et de ses deux oncles, il abandonna secrètement la capitale, traversa le désert de Mésopotamie, gagna le fleuve Khabour, d'où il se rendit à Circesiuin, première ville romaine» déclarant qu'il était le roi de Perse fugitif, qui venait se mettre sous la protection de L'empereur Maurice. Pendant que Chosroès fuyait vers les Bomains, ses oncles, qui redoutaient toujours Uormisdas vivant, le quittèrent sous un vain prétexte, revinrent secrètement à Ctésiphon et y massacrèrent le malheureux roi; puis Us sortirent par une autre roule, et se retirèrent en Arménie, auprès île Mouschegh-Mamigonéan, prince de Daron. C'est ainsi qu'Hormisdas trouva enfin le terme de ses malheurs et de ses souffrances, en 592, dix mois après avoir été privé de la vue et dépouillé de la couronne. U avait occupé le trône pendant environ douze ans. S. M — >.

IIOBN, ou HORNES (Philippe II de Montmorenci-Ni velue, comte de), l'une des plus illustre» victimes que la po!itique de Philippe II, roi d'Es» pagne, crut devoir sacrifier à son zèle pour le maintien de la foi catholique dans les Pays-Bas, était arrière-petil-fils de ce Jean de Nivelle qui, ayant quitté le parti de Louis IX pour s'attacher au duc de Bourgogne, fut déshérité par son père (Jean II), et vit passer la baronnie et les fiefs paternels à son troisième frère Guillaume, père du fameux connétable Anne de Montmorenci, mort en 1567. Anne d'Egmond, mère de Philippe, sujet de cet article, était cousine au troisième degré du célèbre Lamoral iTEgmond, par leur bisaïeul commun, Guillaume I" d'Egmond, mort en 1 183. Ayant perdu, en 1550, son mari, Joseph de Nivelle, elle épousa Jean comte de Horn, qui, n'en ayant point eu de postérité, laissa toute sa fortune aux enfants de sa femme, à la charge de

porter son nom. Philippe de Horn , né en 1522, se trouva ainsi le plus riche seigneur îles Pays- Bas. Souverain des comtés de Horn, d'Altena, de Mœurs et de Veert , il faisait battre des monnaies d'or et d'argent dans cette dernière ville. Il était chevalier de la Toison d'or, chambellan et capitaine de la garde flamande du roi d'Espagne, chef des finances et du conseil d'État des Pays- Bas, amiral des mers de Flandre, et gouverneur des pays de Gueldre et de Zutphen. Il s'élait distingué à la bataille de Sl-Qucntin, et avait eu la [plus grande part au gain de celle de Gravelines. 'Les liens du sang qui l'attachaient au comte d'Egmond lui avaient fait partager l'opinion de ce seigneur sur le système de tolérance qu'ils croyaient le plus propre à maintenir la paix dans leur patrie; mais leur liaison avec le prince d'Orange les perdit l'un et l'autre. Us étaient loin cependant d'approuver sa résistance à l'autorité royale ; et ce fut en vain que dans la conférence de Villebrouck (1567), le prince déploya toute son éloquence pour les gagner au parti des confédérés, en leur représentant qu'avec le caractère connu du roi d'Espagne il n'y avait aucun ménagement à espérer, et qu'à moins de se résoudre à sacrifier ses meilleurs amis et à fléchir sous les moindres volontés d'un ministre impitoyable, il n'y avait pour eux de salut que sous l'étendard de la liberté. Ils furent inébranlables dans leur fidélité à leur souverain ; mais ils ne purent réussir à ramener le prince d'Orange, quoiqu'ils lui représentassent que ses biens seraient infailliblement confisqués : Adieu, prince tant terre, lui dirent-ils en prenant congé de lui : Adieu, comtet tant tête, leur répondit-il; et sa prédiction ne fut que trop vraie. Le duc d'AIbe , résolu de faire un exemple sur ces deux seigneurs qui , par leur crédit , cherchaient sans cesse à modérer les mesures de rigueur qu'il avait ordre de déployer, les fit arrêter par surprise à Bruxelles, le 10 septembre 1567, leur fit faire leur procès, et ils furent décapités le 4 juin 1568 (roy. Egnosd.) Le corps du comte de Horn fut enterré à Campen, dans le Brabant. Ce seigneur était âgé de 46 ans, et ne laissa point d'enfants de sa femme Walburge de Nicuenaer (1), qui mourut en 1600. Son tombeau a été découvert le 5 novembre 1839 dans l'église St-Martin, à Weert en Belgique. — Sur un couvercle d'urne trouvée dans le cercueil on lit ces mots : Heer, en grâce vor Home — 26 juin 1568. — Son frère, Floris de Montmorenci, qui | avait, de même, servi avec distinction dans les , Pays-Bas, fut aussi décapité à Simancas en 1570;

, 11) Elle était probablement de la même famille que le Herman de Nicuenaer (en latin Actuariat ou a nova aquila), préroi de l'rgliae de Cologne , mort à la dlvte d'Augubourg en 1630, soupçonne d'avoir eu part aux K pulut* obxcuror umiirorvn [roy . Hutte»), mai* plu* connu pour aroir le premier mis au jour la Vit d* CkarUmag-e. par hginard iCologne, 1621, ln-4 |, une auteur du traite Oturigiu* tttrdîbut p i corna /7aai , Mile, 1632, in-4-, dans lequel il osa combattre le ayant

et en lui finit la branche de Montmorenci-Nivellc. CM. P.

IIOBN (George), en latin Homivt. historien allemand, naquit en 1620 à Greussen , dans lf haut Palatinat. La guerre de Bohême força ses parents à se retirer en Franconie, où il fit ses études; il les acheva en Hollande , alla en Angleterre avec un jeune Anglais dont il était précepteur, et embrassa le presbytérianisme. Comme il s'était déjà fait connaître par quelques écrits, l'université d'Harderwvk en Gueldre l'appela pour remplir les chaires d'histoire, de géographie et de droit public; il passa ensuite à l'uni» r>'. d< Leyde, et mourut en 1670. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, tous écrits en latin; voici les principaux : 1° Rtrum Britnnnicanm hbri VU. quibut ret in Angtia, Sofia et Htbernia. omit 46 rt 47 bello gettit erponuntur , Leyde, 1618, nL in-8" ; 2° De originibut Amerieanit litri IV, h Haye, 1652, vol. in-12. Ce livre fut écrit à b demande de Jean de Laè*t, qui avait déjà réfuté l'opinion de Grotius sur ce sujet : Horn combat aussi les autres écrivains qui l'avaient traité; mais il établit son propre système sur des conjectures peu solides. Il fait d'abord peupler l'Amérique par les Phéniciens, les anciens Cantabres, et d'autres peuples de l'Occident, et plus tard par les Chinois, les nuns et d'autres nations de l'Orient. Il y i beaucoup d'érudition dans ce livre; mais elle y est mal digérée, et l'auteur fait souvent des eseursions étrangères à son sujet. 3* Histuria philonphira libri VU. quibut de origine, tectit et ritopKlotophorum nb orbe rondito ad tio>tram aUU* agitur. Leyde, 1655, vol. in-4°; 4° Dîtirrtatimt historié» et potitica. ibid., 1655, vol. in-12. Ce sont des sujets d'exercices académiques proposés aoi élèves de l'université d'Harderwyk. La plupart sont relatifs à l'histoire de la Gueldre et de l'Orer- Yssel, d'autres à l'histoire de divers pays, d'autre enfin à la politique générale. L'on y teoure des principes très-sages , et parfois des choses curieuses et singulières. 5° De vera atatt mt*di, ibid., 1659, vol. in-4". Horn soutient contre Vossius la supputation du texte hébreu ; celui-ci loi répondit; Horn répliqua la même année par son Auctarium de/m ion s pro tera «tinte mutât, ibid., vol. in-4°; 6° Hitloria ecctetiatica et potiUta. ibid., 1665, vol. in-12; réimprimée à Leyde en 1687, et à Francfort en 1704, avec des continuations jusqu'à ces années-la. On a ajouté à ces éditions des renvois aux auteurs principaux qui s'y trouvent cités. Cette histoire commence avec le mondf- Horn a, depuis l'époque de la réformation , suiri la manière de voir des protestants. 11 «pose le» faits avec clarté, et donne des détails instructifs.' H y en a une traduction française, Rotterdam, 1700, 2 vol. in-12. 7» Arca AW tiee kitfom mff riorum et regnorum a condito orbe ad nottr* tempara, Leyde, 1666, vol. in-12; assez bon précis d'histoire universelle. On y trouve du savoir et des recherches sur l'origine des monarchies, et

passablement de détails sur l'histoire des pays situés hors de l'Europe ; mais il y règne un peu de confusion. 8° Aecuratittima orbit delineatio, tive Geographia vêtus sacra et prophana, ezhibent quidquid imperionm. regnorum, prineipatuum. renmpublicarum ab initia rerum ad pr a tentent usçue mundi ttatum, ibid., 1667, vol. in-fol C'est une espèce d'atlas historique composé de cartes de différents auteurs, et de celle de Peutinger. Horn, à la prière du libraire Jansson , y ajouta une introduction pour éclaircir les migrations et les origines des différents peuples. 9° Orbit politicus imperiurum, rrgnorvm. prineipatuum, rerumpubticarum, cum memurabilium historiis et geographia Hteri ae retenti, ibid., 1668; ibid., 1669, vol. in-12. Ce livre fait suite à l'Are» Noa; il donne un tableau des divers pays, cite les traits mémorables de leur histoire, et enfin tout ce qui concerne leur géographie. 10° Orbit imptrant , ibid., 1668, Toi. in-12. C'est l'histoire des treize principaux États de l'ancien continent, à l'époque de la publication du livre. 11° Arca Uotit, rive Hittoria

lium, omnium aitium et tcientiarum, ibid., 1668, vol. in-12. Horn pense que dans le premier chapitre de la Genèse l'on trouve les principes de toutes les connaissances humaines. Son livre est une espèce de traité de physique , de chimie, d'anatomie et de matière médicale suivant les idées du temps. 12° Olytsea, tive ttudiotut peregrinut omnia iustrans tittora . ibid. , 1671 , vol. in-12. Cet ouvrage posthume contient une géographie politique et historique, des extraits d'itinéraires et de l'histoire des découvertes géographiques, enfin une traduction du voyage de Benjamin de Tudèle et de celui de Josaphat Barbaro. 13° Divers traités politiques insérés dans différents recueils; des observations sur les institutions politiques de Box horn ; une édition de Sulpice Sévère, publiée en 16*8. 14" Une traduction latine de l'ambassade des Hollandais a la Chine , Amsterdam, 1668, vol. in-fol. , flg. Horn jouissait de la réputation d'homme éloquent, instruit, studieux; mais il lui arriva souvent d'écrire de mémoire en fumant sa pipe, et de ne pas consulter les sources, de sorte qu'il a commis des erreurs. Sur la fin de sa vie , il fut sujet a des absences d'esprit; on attribua cet accident au chagrin .l'avoir été la dupe d'un alchimiste qui lui avait escroqué cinq mille florins. Enlin sa tete se dérangea au point qu'il courut une fois tout nu dans les rues de Leyde, en s'écriant : Au tu vnquam viditti hominem paraditiarum ? Ego tu m Adam. Ses accès de folie, comme on le voit, ne lui faisaient pas oublier son latin. E— s.

HOKN (Gustave comte de), sénateur et connétable de Suède, fut l'un des héros suédois qui eurent le plus de part aux exploits de tiustave- Adolpbe, et qui, après la mort de ce prince, soutinrent la gloire des armes de leur pays, il naquit en im, et fut envoyé à l'âge de seize ans en

Allemagne pour y faire ses études. Après avoir assisté , depuis son retour , à une campagne contre les Russes, il entreprit un voyage en Hollande, en France et en Italie, pour connaître ces pays sous les rapports politiques et militaires. En 1619, 11 fut chargé de négocier, à Berlin, le mariage de Gustave-Adolphe avec Marie-Eléonor , fille de l'électeur Jean Sigismond. Peu après, il eut occasion de déployer ses talents militaires en Pologne, en Livonie et sur les frontières du Danemarck. Gustave-Adolphe fut si satisfait de sa conduite, qu'il le créa chevalier en présence des états du royaume, et le fit en même temps entrer dans le sénat. La guerre d'Allemagne ayant commencé , Horn combattit à côté de Gustave : à la bataille de Leipsick , il commanda l'aile gauche de l'armée suédoise, et son courage contribua beaucoup i la victoire. Après cette bataille, il suivit le roi en Franconie, et s'empara d'un grand nombre de villes et de places fortes. Gustave-Adolphe ayant été tué à l.utzen, Horn marcha en Souabe avec une portion de l'armée , et se joignit aux troupes commandées par le duc de Weimar. Il avait remporté plusieurs avantages, lorsque les Autrichiens se présentèrent avec une armée considérable près de Norlingen en 1654. La situation des Suédois devint plus critique qu'elle n'avait encore été dans aucune autre circonstance. Horn fut d'avis de ne point livrer bataille avant qu'on eût pris toutes les mesures qu'exigeait la prudence dans ce moment difficile ; mais Weimar, soit qu'il fût entraîné par l'impétuosité de son caractère, soit qu'un orgueil jaloux l'eût irrité contre le général suédois, fut d'un avis différent, et proposa de combattre aussitôt. Horn céda; la bataille fut donnée, et l'armée suédoise éprouva une défaite, qui eut les suites les plus malheureuses. Horn, fait prisonnier lui-même, resta enfermé à Ingolstadt et Burgbausen pendant huit années. On l'échangea entin, en 1642, contre trois généraux; et il retourna en Suède par la Suisse, la France et la Hollande, recevant partout des témoignages flatteurs d'estime et de considération. Christine, rendant justice à son mérite, lui confia le commandement en chef des troupes suédoises qui furent envoyées contre le Danemarck. Ce général conduisit cette guerre avec tant de bravoure et d'intelligence, que les Danois furent obligés peu après de signer un traité qui procurait aux Suédois les avantages les plus importants. Retourné en Suède, Horn fut élevé par la reine à la dignité de connétable, avec le titre de comte. Après avoir eu le gouvernement général de Livonie et de Scanie pendant quelques années, il mourut en 1697. Ou lui attribue un ouvrage latin intitulé Uueu perfecti munus, qu'il doit avoir composé pendant sa captivité en Bavière. C — ad.

HOHN (Arvid Bernard, comte de), sénateur de Suéde, de la même famille que le précédent, naquit en 1664, et entra très-jeune dans la carrière des armes, où il se distingua, tant en Allemagne

«on

et en Hongrie qu'en Suède. Mais il se rendit surtout remarquable par l'influence nu il «ut sur lis destinées politique» de la Suéde, a pré» la mort de Charles Xll. Ce fut lui qui dirige» prineipaleuienl la révolution de 1719, el qui, en Hâu, «'tant a la tête de la diète, engagea le* état» a élever sur le trône Frédéric de llesse-Cassel. Deux parti» s étant formés, le couile de llorn devint le chef de celui qui reçut Le nom île parti des <W» tU, qui favorisait l'Angleterre et la Russie,, et qui. domina jusqu'en 1758; mais pendant la< dicte assemblée cette année il succomba sous celui des ■ h ijh a ,.r . qui entrait daus les vues de la France, et qui avait des plant d'administré 1 1 <u entièrement «liflérenls. Ne pouvant plus jouer le premier rôle , le comte de Uorn se retira du sénat et «les affaires, et mourut, en 1742, dans son château d'Ckebyholin. Q— au.

llUltN fFtfataïc), comte d'Aminne, général suédois, «le la même famille que Les précédents , naquit en 1725 à liusby, dans la province de Sudermanie. Sun père, colonel et. baron, le vit avec plaisir «lès sou bas âge faire preuve d'un vif prn> chant pour L'art militaire, et a dix-sept ans, après de brillantes éludes, il entra dans la carrière «les armes et se disposait a joindre k'anuée suédoise, lorsque la paix conclue eulre la Suéde et la Russie (1743; vint susprndre ses projets. Ne pouvant se livrer a sou ardeur martiale dans sa patrie, il partit pour la France , qui venait de déclarer la guerre à l'Autriche, et fut nouuué lieutenant ao régiment «le Royal-Alsace sous les ordres du «lue de Deux-Pouls. Les bonis du Kliin furent le tbéâtre de ses premiers exploits. L'armée autrichienne, •/anllenléle passage du fleuve sur plusieurs point» à la fois, réussit à Cermensheim. Moins heureuse à Oppenheim, elle essuya une grande perte. Le région ut de Royal-Alsace occupait te rivage de Kirkhofl, qui eut a soutenu les plus gramla efforts des impériaux: sa résistance opiniâtre fit échouer toutes leurs tentatives; mais le corps principal de l'armée autrichienne, «pu avait passe le fleuve à Gerincnsheim, menaçait de prendre à re»er» le»' Français portés à Oppe.alu.im,. cl ils se virent obligés de faire retraite.. Le» Autrichiens, réunis se dirigèrent sur Weisseubourg,, ou ils s'arrête mot et se lui Liiic i eut . L'armée française, d'abord repousîée, ne tarda pas à reprendre l'offensive sur les ligne» ennemies à Weisseubourg- Une attaque générale lut ordonnée, et. après une déieusc vigoureuse les Autrichiens, enfonce» sur loua Je» points » furent contraintstle se replieren «lésordreut nes'arv retèrent qu'après avoir mis le Rhin entre eux et le» Français, llorn se distingua particulièrement dan» cette oceas.on , où son régùuent se nourrit de gloire à l'attaque de» retranchement» ennemis. L'armée autricb enne ue songea plu» qu'à se neti» rer sur la Uaviere. où les Français Ja. pxMirsni virée l en lui livrant plusieurs cumbsts» dans lestsuel» llorn eut souvent occasion de se signaler.. Ses expjuiu, et, ton. anutniicté «Lui* lu (régiment. Lui

■ firent confier le eommamtemfnt di* r<*seorte des pontons, mission difficile, qu'il remplit avec Immbeue tn djouant tontes les tentatives que fit l'ennemi pour s'emparer rie «on é«piipage. Le maréchal Serteenik»rf dntma hautement des éloges à sa voleur dans r«*tte ocras ion. Horn assista ensuite au blorus d'tngalstadt , et «parlque temps après il obtint le grade «le lieutenant au régiment de RoyabSuédois. C'est dans o-tte même année que fut livrée la bataille de WalTenhofen^ on, malgré la résistance la plus glorieuse. Tannée française se vit obligée de céder à des forces supérieure*. Horo s'y trouvait avec son régiment, et il fut chargé avee un corps de fianquenrs de protéger la retraite. Les combats qu'il soutint avec une «-tonnante opiniâtreté recuisirent sa troupe à trois homme». Avec ce faible débris, 3 rejoignit L'année française. Le comte «le Ségur, général en chef, a qui il fut prt^enté, le recoinpensa par le grade «le capitaine. Le prince de Conti, ayant pris le commandement de l'année, suit Liai il a ta tête: d'un corps de volontaires chargé «le couvrir k'areière-gnrde- «Ions une retraite. La poix étant survenue, cet officier fut envoyé avet* son régiment dan» une garnison de l'intérieur ; mais la renommée porto bientôt en Suède h bruit de ses exploits, et H y fut rappelé pour recevoir un brevet d'enseigne dans I» garde ro>ale. Lorsque la guerre recommença en 17*3, Uorn rejoignit de nouveau l'armer française qw entrait en Belgique. Il se trouva «l'abonr au siège île Namur et a la bataille de Rauroux, queTaruiéc française gagna sous le» ordres «lu maréchal de Saxe. Chargé ensuite «le l'organisation d'une compagnie, il ne put prendre part ans opérations de la oampagne de 1747. L'année suivante il fit partie du corps qui. assiégea Maastricht , et il assista à toutes les attaques jusqu'à la prise de la ville. Le courage dont il fit preuve Tut peu de temps après récompensé par le grade de colonel au service de France et par celui de viee-eaporal «le» gardes «tu corps du roi de Suèile. Kn 17», rl voulut revoir son paya, qui ue l'avait jamais oublié malgré son éloignentent. A son arrivée en Suéde, il lut décoré de l'or < Ire de l'Epée. l ,.i guerre quivenaitdeserallnmecledreidaa rrpartireu toute bâte pour la France , usai» il n'arriva qu'après If cessation d*s bostilité». Vendant la psi» , les souverains de llKnrope ayant1 fariné «les camp* d'exi-reiee pour les troupes, ilorn e-oiploya son temps a les visiter et à s'instruire dans les grandes manoeuvres en étudiant chez chaque nation le* «liverses inéthotie» qu'elle avait adoptée». Mais bientôt commença, la guerre n> sept an» La France, liée par de» traites, dut mettre sur pied une armée nom breu se , e t le coarmandement en fut coolie antsnaréehal d'Ëslreas; «n» eut' pour aide ne camp généras II baron- Honu Celle- jrniee réunie en West pliai ie, après- quelques combat* oV peu d'importance, rencontra' farinée ennemie* à" llaslenibecù. Une affaire «énérale était méritante

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. une position importante et ^ort dangereuse, où ses soldai» «tous le (eu <lf l'ariillerie ennemie éfirouvaient des perles immenses.

.1er ou emporter les pièces. Avec un oflteier 4rJ •que Morm, ie choix n'était pas douteux ; à peine eut-ià -reçu l'ordre qu'il avait demandé «pi'*l ne porta m pas de charge sur la batterie à la lé te d'un régiment «l'infanterie et d'un faillie «ors» d\îTfc«!Jr r»f , et qu'en enlevant cette position il ■décida le igsàa 4e la bataille. Cet exploit lui mé~ rrtaJa confiance de tous «es supérieurs, et odtaa> mrnt du dne de Richelieu, oui venait de prendre le (MnÉbnsst de l'armée. Horn allait Itîen- A6t être appelé sur ua autre théâtre : J a Suède réclamait le secour* de tous ses enfants, et il •n'hésita pas, malgré 1rs instances les plus vives, à sacrifier tous les avantages et sous les honneurs 0,0 il avait en France. Le roi le décora avant son départ de l'ordre du Hérite militaire. ■Quelque désir qu'il eut de servir son pays , des ciroonunpérteuses forcèrent le baron Uorn à en Suède sans pouvoir se rendre en », où se faisait la guerre avec la Crusse. •Cette inaction forcée ne l'empêcha point d'obtenir un grade supérieur dans les gardis du corps et d'être peu apranonimé colond du régiment d'Ostrogothtc (cavalerie), t^e roi ne borna point là les lYOom proses que méritaient les talents et sa «valeur de Uorn : il l'éleva en 1770 «u grade de général major et le nomma commandeur de l'oridre de l'Épée. liais il ne put exercer longtemps Des .diverses fonctions; sa santé, affaiblie par les fatigues de la guerre, le contraignit de cesser un service trop aotif. Il resta auprès du roi comme officier supérieur des gardes du corps, et fut un •des conseillers les plus intimes d' Adolphe-Frédéric jusqu'à la mort de ce monarque. Gustave Jll, qui lui succéda, témoigna au baron ilorn la même confiance que son prédécesseur : il lui donna la direction des affaires politiques et le nomma membre du conseil charge de reviser la constitution. L'état de fermentation où se .trouvait la ospitnle inspirait au roi des craintes sérieuses. Jlocn fut chargé du commandement des troupes .pi i lurent néuniesaStocldioim.C ell émission si difficile, «titans laquelle il fallut en même temps raire respecter d'autorité du roi et agir avec modération à é" égard -du peuple , fut reosplie .par ie baron avec autant d' habileté que de prudence. 8a lite dans cette circonstance lui valut le grade tnsnt général et le titre de comte, il fui

gardes du corps et chevalier de l'ordre du Séraphin. Horn avait épousé la fille du directeur Flomgreu , dont il eut plusieurs enfants. Ayant eu le malheur de la perdre., il épousa la veuve d'un colonel qui loi a mine eu longtemps. Distingué par ses sentiments patriotiques, le comte aie Jaorn fit parue de toutes les diètes qui furent réunies SOUS le règne de Gustave Ul , si «.n'est

rde eelle de 1792, à laquelle son grand âge ne loi ■pnrmil pas d'assister. Il mourut le lrr janvier 179tt- -La (in de sa vie fut empoisonnée par ilo douleur de voir son fils impliqué dans U conspiration centre «sBtasc III («*/. l'article suivant ,). U — l — m.

IK >HN ;'lc comte',, fils du précèdent, naquit dans une famille qui, bieu que comblée des bienfaits de ses souverains, se ûl longtemps remarquer par son opposition à l'autorité royale. Lui-même ne distingua dans ce parti dès sa jeunesse, et vint passer plusieurs années en France , où son père avait laissé quelque renommée et où il trouva beaucoup de jeunes seigneurs, comme lui avid<a 4e changements et de révolutions. Revenu darj sa patrie vers les premiers temps de nos troubles politiques, il s'y lia de plus en plus avec le parti du sénat ou de l'opposition au gouvernement de Gustave 111, et se trouva bientôt implique dans le complot dont l'assassinat de ce prince fut le déplorable résultat (ray. Arckahstkoem). Condamné à mort pour ce fait avec quatre aiUres conjurés, il obtint de la bonté, ou peut-être de la connivence du duc de Sudermanie , la commutation de celte. peine en un baouissemeut perpétuel. S'étant réfugié à Copeidiague , il y passa le reste de sa «ie dans des occupations de littérature et d'arts, songeant toujours ù sa patrie et cherchant par tous les moyens à y retourner, ce qui ne lui ftt pas accordé. Comme Ovide exilé, il a composé des élégies, et il fit imprimer, peu de temps avant sa mort a Copenhague, un volume île Poésies légères eu suédois , avec cette épigraphe tirée des Tri$i*s du poêle latin : Siue m*. . lïksr , itit in i.rèem. Ces poésies ont été traduites en danois par M. itabbeck, Copenhague, 1824. Le comte Ilorn était un homme de beaucoup d'esprit et de connaissances très-étendues , mais qui s'était jeté dès sa jeunesse avec un incroyable aveuglement dans ceUe faction 4e la noblesse suédoise, qui, en portant de si terribles coups à l'autorité royale, devait tant contribuer à l'affaiblissement de sa patrie, et la placer enfin au second rang des puissances de l'Europe dont elle avait été l'arbitre. Il mourut à Copenhague en 1823. M— dj.

HOKN (Jean Vax), docteur en médecine et premier médecin du roi de Suède, né à Stockholm en 1462 , de parents hollandais , fit ses études à Leyde et séjourna ensuite à Paris, pour y étudier l'artdes accouchements.. Elan t. retourné en Suède, il devint membre du conseil de médecine de Stockholm, fit des cours publics d'anatomie, et fut chargé par le gouvernement de régler tout ce qui concernait rétablissement des sages-femmes. En 1720, il fut nommé premier médecin du roi Frédéric. U mourut en 1721, laissant plusieurs ouvrages, parmi lesquels on remarque son Trmili èiémeHtatrt, en suédois, à l'usage ikssages-femmes,1 et la partie de son cours d'anatomie., en latin,1 publiée après sa mort, sous ie titre $An«iomtt f+lim, anw 17Jn% Stockholm** hubUaUdio Urtia.

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Ces deux prodtic tions firent époque en Suède , et contribuèrent beaucoup à perfectionner la médecine dans ce pays. C — au.

HOBN (Hknri-Guillacne de) , lieutenant général prussien , naquit à Warmbrunn en Silésie , le 31 octobre 17G2. Son père , qui avait été premier lieutenant dans le régiment de hussards de Mehring, s'était distingué dans la guerre de Silésie, et le grand Frédéric , qui aimait beaucoup sa famille, l'admit, en 1774, dans le corps des cadets. Cette faveur était alors très-rare. Après» quatre années d'études, de Horn entra (25 mars 1778), comme gentilhomme dans le régiment d'infanterie «le Luck. La guerre de la succession de Bavière venait d'éclater, et bien qu'elle ne donnât pas lieu à de grands faits d'armes, le petit combat de Lewin fournit au jeune officier l'occasion de montrer son courage cl sa présence d'esprit. Il fut nommé lieutenant en 1779, et fit le service d'adjudant du régiment jusqu'en 1794, où l'occupation de la Pologne et les troubles qui en furent le résultat lui fournirent de nouveau des occasions de se distinguer. Il obtint le grade de capitaine d'état-major le 16 novembre 1794, après avoir donné des preuves d'une bravoure peu commune, et puissamment contribué à la victoire de Ruvka ou Szcekocin. Lorsque le traité de Baie eut mis fin à la guerre , en 1793 , de Horn resta comme adjudant du gouvernement auprès du lieutenant général de Farrat, à Glatz, Jusqu'en 1797, où il fut nommé capitaine titulaire dans le régiment d'infanterie de Courbière. En 1806, il défendit avec la plus grande valeur le fort de Ragelsberg près de Danlzig, et en fut récompensé par le grade de major, puis par celui de lieutenantcolonel. En 18U7 il obtint le commandement du régiment d'infanterie de la garde, faveur d'autant plus signalée que le roi en était le chef. Dès lors son avancement fut rapide. Nommé commandant de Colberg en 1811 , il devint colonel dans la campagne de Bussic, après le combat d'Eckau (6 août 1812), puis brigadier peu de temps après. En 1813 et 1814 il faisait partie du corps du général Yorck, et commandait une brigade à la téte de laquelle il combattit les Français. Le 9 juillet 1813, il fut promu au grade de général-major, et à la paix le roi lui confia le commandement de l'imporlanle place de Magdebourg. A l'ouverture de la campagne de 1815, il marcha à la téte d'une brigade du 6« corps d'armée, et revint en 1816 à Magdebourg, où il réunit au poste qu'il y occupait l'inspection de la landwebr. Nommé lieutenant général le 5 avril 1817, il devint commandant du 7e corps d'armée en 1820, après la mort du général de cavalerie Tbielmann. Il serait trop long de détailler ici tous les faits d'armes du général de Horn ; son nom est cité avec honneur dans le récit des batailles de Lutzen , de la KaLzbach, de Wurtenbourg, de Leipsick, de Château-Thierry , de Laon et de Paris. Dans le cours de ces campagnes il avait été décoré de plusieurs

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ordres, et en 1812 Napoléon lui avait donné celui de la Légion d'honneur , pour le récompenser des services qu'il avait rendus au combat d'Eckau. Le 23 mai 1828, à l'occasion de son jubilé, le roi de Prusse lui envoya l'ordre de l'Aigle noir. L'année suivante , de Horn mourut à Munster le 31 octobre. M — o j.

HORN (François-Christophe), romancier, philosophe et critique allemand, naquit le 30 juillet 1781, à Brunswick. Son père était sénateur et premier maître des comptes dans cette ville, et avait servi comme ingénieur pendant la guerre de sept ans. Il destinait son fils au commerce ; mais l'antipathie du jeune homme pour cette carrière le fit changer de dessein. Après avoir achevé sa rhétorique au collège de Brunswick, Horn, âgé de dix-huit ans, se rendit à l'université d'Iéna, où il se fit remarquer de Fichte par sa profondeur et la lucidité avec laquelle il se posait à lui-même les problèmes à résoudre , et où d'abord il fit marcher de front les cours de droit, objet spécial de son séjour à l'université , avec l'étude de la philosophie, de l'esthétique , de l'histoire et des langues, vers laquelle il se sentait plus attiré. Bientôt le droit fut négligé, puis abandonné entièrement. Dès 1801 , un roman qu'il publia sous le voile de l'anonyme, Gtùscard le poète, lui révéla son talent d'écrivain et l'engagea irrévocablement dans la carrière littéraire. Cependant il ne dédaigna point d'accepter ou plutôt de solliciter une chaire dans un des gymnases de Berlin (1803). Deux ans après , il passa au lycée de Brème en même temps que Michaclis.Sa santé, déjà délicate et que son travail opiniâtre avait compromise, se détériora complètement dans cette ville; et en 1800 il fut obligé de demander un congé, qu'il alla passer à Berlin : toujours aussi souHrant, aprè> un an et demi d'absence il donna sa démission. C'est alors qu'il se livra de la manière la plus active à la composition des ouvrages qui ont fut sa réputation. La rapidité avec laquelle il écrivait tenait du prodige, et, contrairement à ce qui se voit le plus souvent, celles de ses productions qu'U rédigeait le plus vite, et en quelque sorte comme une improvisation , sont celles qui ont le plus de mérite. Cette supériorité s'explique peut -être parce qu'il couvait longtemps ses sujets de prédilection avant de prendre la plume et de leur imprimer une forme définitive : dès lors, la célérité de la rédaction n'était qu'apparente, et l'improvisation ne portait que sur les mots. 11 faisait au théâtre de Berlin une espèce de cours d'art dramatique et de déclamation qui exerça une influence très-heureuse sur les acteurs, et qui lui valut dans la suite l'honneur d'être fréquemment consulté par des artistes en renom , relativement à leurs rôles ou à des problèmes scéoiques. Pendant plusieurs hivers aussi , il forma une réunion nombreuse d'hommes et de femmes du grand monde devant lesquels il exposa l'histoire de l'art et de la littérature et commenta les chefs-d'œuvre

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