‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 71 sur 106 · RIM · texte numérisé non relu

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plus modeste , de plus doux , de plus enveloppé qu'un pareil langage. Quand, dans la lutte des deux religions, la victoire passa aux chrétiens, ce fut d'un autre ton qu'ils parlèrent de leurs adversaires abattus ; elle plus illustre des disciples d'Himérius n'imita pas la modération de son maître. Uiinérius mourut , fort vieux , de la maladie que les anciens appelaient par euphémisme le mal sacré; c'est l'épi le psie. Il avait écrit plus de cinquante discours, dont Photius nous a conservé trente-six morceaux choisis. Ces extraits et trente-quatre discours, dont vingt-quatre sont entiers, ont été réunis, traduits en latin, et savamment commentés par Wcrnsdorf, qui ne put, pendant sa vie, réussir à en publier l'édition. Ole a paru à GUttingue en 1790, longtemps après sa mort. Celte édition, qui a coûté à Wernsdorf un travail et des recherches considérables, est fort bonne, et fait beaucoup d'honneur à son érudition. Avant lui, on ne connaissait, outre les extraits de Photius, que trois discours d'Ilimérius. Tous les autres, on les doit absolument à ses soins, à sa patience , à son zèle que les obstacles et les difficultés ne purent ralentir. Quelques lecteurs, d'un goût trop sévère peut-être et trop dédaigneux , ne lui sauront pas beaucoup de gré des peines qu'il s'est données pour nous faire lire, aussi complètes que possible, les œuvres d'un sophiste , d'un déclamateur du Bas-Empire. Mais les bons esprits savent que rien n'est à dédaigner; qu'il faut soigneusement recueillir et conserver jusqu'aux moindres débris de l'antiquité; que les monuments s'éclairent mutuellement, et que ceux même que l'on se croirait quelquefois en droit de négliger, deviennent précieux par le jour qu'ils peuvent jeter sur les plus beaux chefs-d'œuvre. Himérius d'ailleurs n'est pas absolument méprisable ; et ses discours offrent plusieurs particularités historiques dont on peut tirer quelque utilité, il est vrai qu'il a dans le style les défauts de son siècle et du genre dans lequel il s'est exercé; qu'il affecte les locutions poétiques, les mots inusités, les formes audacieuses; qu'il donne à l'éloquence de la prose le ton de l'ode , même du dithyrambe. Néanmoins le goût peut souvent profiler en observant ces fautes; et les vices brillants et fatigants de cette éloquence asiatique, bien loin d'être contagieux, ne font que mieux sentir le prix de l'éloquence sage et pure, grande sans excès et forte sans violence, dont Démosibène cl Eschine sont chez les Grecs les plus grands maîtres et les plus parfaits modèles. 6 — 58.

HIMILCON , célèbre navigateur carthaginois. Entre tous les personnages du même nom qui fleurirent à presque toutes les époques de la république de Carthage, ce qui distingue celui-ci c'est le voyage qu'il entreprit dans l'Océan septentrional , avant qu'aucun navigateur connu en eût indiqué la roule, ou seulement révélé l'existence aux nations civilisées de l'ancien monde. Cependant nous n'avons que peu de lumières sur

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un voyage qui dut être si remarquable dans son temps , et dont les résultats devaient être si importants pour l'avenir. Pline se borne à dire que l'expédition d'ilimiicon fut contemporaine de celle d'IIannon, et produite par les mêmes motifs, quoique conduite dans une direction différente (Plin. Hislor. natur. Hb. 2 , e. 67). Les seules notions un peu précises , mais encore bien défectueuses , que l'antiquité nous ait transmises à ce sujet sont entièrement dues à Rufus Festus Aviénus , qui , dans son Ora maritima (apud Geograph. Grœc. minor. . t. 4 , édit. Hudson), poê*me lalin très-incomplet lui-même , a recueilli quelques fragments du Périple original d'Himilcou. Ces fragments sont tellement obscurs et incohérents, que la plupart des géographes ou n'y ont fait que peu d'attention, ou même ont absolument négligé d'en parler. Voici, en substance, ce qu'on trouve dans la relation abrégée du poète latin , et c'est à cela seulement que doivent se réduire les découvertes du navigateur carlbaginois : « Au delà

* des colonnes d'Hercule s'élève un promontoire « qu'on appelait jadis OEstryminis. Toute la masse « de ce grand promontoire se prolonge vers le

* midi. A ses pieds s'outre un golfe que les habi- « tants nomment OKstrymnkut. Dans ce golfe, « on voit les lies OEatrymnidet , qui s'étendent au « loin , et qui abondent en étain et en plomb. « Les peuples de ces lies sont courageux, ailiers, « industrieux et fort adonnés aux soins du coni- « merce : ils franchissent dans des barques les « abîmes de l'Océan et le détroit qui les sépare « des autres terres. Us ne construisent pas leurs « bateaux avec le pin, l'érable ou le sapin , mais « avec des peaux qu'ils cousent ensemble. Au « moyen de ces barques , ils parcourent souvent « de grands espaces de mer , et se rendent en « deux jours dans l'Ile Sacrée : c'est le nom que « donnaient les anciens à l'Ile habitée par la « grande nation des Hiberni. Cette Ile est voisioe

■ de celle des Albioni. Les Tartessiens avaient

■ coutume de venir négocier sur les côtes du « pays des OEsIrymnii; les Carthaginois y venaient « aussi , en passant les colonnes d'Hercule, ilâ— « milcon rapporte qu'il a employé près de quatre « mois pour arriver à ces Iles , parce que , dans « ces parages, les vents n'ont point de force, et

■ que la mer y est presque immobile. Il ajoute « que dans beaucoup d'endroits elle est peu « profonde et remplie d'herbes , dans lesquelles « la poupe du vaisseau s'engage et s'arrête. * Voilà la première notion que nous ayons sur les lies de notre Océan septentrional , et l'on s'aperçoit aisément , d'après l'embarras et l'obscurité qui régnent dans cette description, qu'Aviénus n'avait pu se faire une idée nette et précise de la forme , de l'étendue , de l'éloigoement des lies et du rivage dont il parlait : c'est que , suivant la judicieuse observation du savant géographe dont nous avons emprunté plus haut la traduction, Gosselin {RechtrcAes sur la yro-

graphie des anciens , t. 4, p. 162-165), les Carthaginois n'avaient probablement pas permis qu'Himilcon traçât la route des lies Œstryninides avec assez de clarté, pour qu'elle pût être retrouree et suivie par les autres nations. Aussi , les connaissances qu'Himilcon avait acquises , réserves pour les seuls Carthaginois , demeurèrentelles étrangères aux Grecs, qui , appliquant seulement à ces Iles un nom propre à désigner, dans leur langue, l'étain, qui en était la principale production , en ignorèrent toujours la situation et la route ; on le voit par l'aveu que fait Hérodote (lib. 3, c. 115) de l'inutilité des recherches qu'il avait faites à cet égard. Plus tard, les Romains eux-mêmes partagèrent cette ignorance, longtemps encore après que la destruction de Carthage les eut mis en possession des titres et des archives de cette cité rivale. Ce ne fut que vers le temps de l'expédition de Jules César dans la Gaule que les Romains , parvenus jusqu'aux rivages septentrionaux de cette contrée , apprirent enfin l'emplacement des (Ëslrymnides ou Cassitérides , et cette découverte, quoique connue de Strabon , était si peu répandue à Rome , dans le siècle de Pline, que cet auteur reléguait encore les Cassitérides au rang des Iles fabuleuses de l'océan Atlantique : tant avaient été ingénieuses les précautions des Carthaginois pour se réserver le commerce de ces lies ! Quoi qu'il en soit , on convient généralement aujourd'hui, et Gosselin (ouvrage cité plus haut) a démontré jusqu'à l'évidence l'opinion déjà soutenue parCamden, que les (Estrymnides d'Uimilcon , les Cassitérides des Grecs et des Romains, sont les Sorlingues ou Scilly «les Anglais modernes. Ce ne peut être que par méprise que des écrivains fort savants, tels que Huet (Histoire du commerce, p. 201), et le président de Rrosses (Œuvres de Salluste. t. 1, p. 360, n° 2), ont appliqué le nom de Cassitérides au groupe entier des Iles Britanniques. Les anciens, et même llimilcon, le premier de tous, ont su constamment distinguer les Cassitérides de l'Ile d'Albion et de l'Ile d'Uibernie , l'Angleterre et l'Irlande de nos jours. 11 y a encore d'autres erreurs que nous nous permettrons de relever ici , dans l'endroit où le président de Brosses parle du voyage d'Uimilcon. 11 l'appelle Ham- MeUch, en langue punique ; et l'on peut ne voir dans ce nom ainsi restitué qu'une supposition assez hasardée. Mais en voici une autre d'un genre plus grave. Ce savant ne fait nulle difficulté d'avancer qu'Himilcon est probablement le même qu'un navigateur nommé mal à propos par Pline Médiocrité ou Médacrit , au lieu de itélech-Carth, chef ou roi de Carthage. Si cette identité était aussi réelle que l'assure le président de Brosses, il serait étrauge qu'elle eût échappé à Pline, qui, dans le seul passage où il parle d'Uimilcon, n'indique rien qui y ait rapport, liais, en admettant cette identité , qui ne nous parait nullement prouvée , il resterait encore à démontrer l'exis-

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, tence de ce Médiocrité , personnage absolument inconnu d'ailleurs, et dont nous avons vainement cherché le nom dans l'ouvrage entier de Pline. Il est donc probable que le président de Brosses a fait ici quelque confusion, ou que, dans la citation de Pline , il aura été mal servi par sa mémoire. Quant à la date de l'expédition d'Uimilcon , elle résulte nécessairement du témoignage de cet historien latin , qui la fait , ainsi que nous l'avons dit, contemporaine de celle d'Hannon , et, comme nous n'avons rien à ajouter aux documents que nous avons présentés sur cette double question à l'article d'HANso.N, nous renvoyons nos lecteurs i cet article. R. R.

HiMILCON , général et sénateur carthaginois, de la faction Barcine , insulta Hannon , chef du parti opposé , en plein sénat , à l'occasion de la victoire de Cannes, et insista fortement pour qu'on accordât les secours que demandait Anuibal (coy. Hannok). Envoyé lui-même en Sicile avec une armée pour secourir Syracuse, que bloquait Marcellus , il débarqua au port d'Héraclée , reprit sur les Romains Agrigente et plusieurs autres villes; mais il arriva trop tard devant Syracuse, et trouva Marcellus maître de deux quartiers de cette ville, llimilcon attaqua avec beaucoup de vigueur les retranchements des Romains, mais sans aucun succès. La peste étant venue ravager son camp, il perdit la plupart de ses soldats, fut atteint lui-même de la contagion , et en mourut devant Syracuse l'an 213 avant l'ère chrétienne. — Himilcon , surnommé l' fut manu , général de la cavalerie, défendit d'abord avec beaucoup de valeur les approches de Carthage , assiégée par les Romains ; mais à la suite d'une entrevue secrète avec Scipion , il passa du côté de l'ennemi, avec un corps de deux mille chevaux, et contribua par sa trahison et son habileté à la destruction de Carthage, l'an 147 avant J.-C. Himilcon accompagna ensuite Scipion Ëmilien à Rome pour y recevoir les récompenses que méritait de la république le service important qu'il venait de rendre aux Romains en leur sacrifiant son honneur et sa patrie. B — t.

HIMLY (Cuakles-Gostave), médecin allemand, né le 30 avril 1772, à Brunswick, où son père était conseiller aulique, fit ses études au collège de celte ville , et y suivit les leçons du célèbre naturaliste Zimmermann. A l'âge de dix-huit ans il se destina à la médecine et commença l'étude de l'anatomie sous la direction du professeur Hildebrand. Il montra dès lors un goût décidé pour les sciences naturelles, et surtout l'anatomie et la physiologie comparées. En 1792, lliinly se rendit avec son compatriote et ami d'enfance Th.-G.-A. Rose à Gœltiiigue pour y suivre le cours de cette université ; il s'y attira l'amitié du célèbre Richter et y remporta à l'âge de vingt-deux ans un prix académique pour la publication d'une dissertation intitulée Commentatio mortis historiam , causas et signa sistens, Gœttingue, 1794, in - i". La même

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