‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 91 sur 106 · BOH · texte numérisé non relu

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détermination, par une série d'expériences, de b force et de la direction des courants régnant dans ce canal , objet d'une partie de ses études en Turquie, furent l'une de ses occupations la plus sérieuses pendant la durée de son long séjour à Constantinople. Il s'empressa, aussitôt arrivé i Tauris (25 novembre 1847), d'en adresser les résultats à M. Elie de Beauinont, dans un mémoire immédiatement communiqué par cet illustre savant à l'Académie des sciences , et qui a été inséré dans ses Complet rendut (1). On y voit que les conclusions de notre observateur sur la constance des courants sont entièrement négatives, la force et la direction des vents exerçant sur eux , suivant lui, une très-grande influence. Plus de huit mois avant d'écrire ce mémoire , Hommaire de HeH était tombé malade à Constantinople; et espérât rétablir sa santé en utilisant les loisirs de sa convalescence, il fil sur les rivages de l'Asie mineure des excursions géologiques poussées jusqu'à Brousse , l'ancienne Prutiat ad Olumptn. Le fameux projet do canalisation entre le golfe de Nicomédie (hmiddes) et la mer Noire, qui avait déjà tenté les rois de Bithynie, et dont on avait continué de se préoccuper jusqu'à la fin ùu siècle dernier, lui parut un projet d'étude du plus haut intérêt. L'importance de ce canal, destiné à relier les deux mers par le lac de Sabandja, en suivant la vallée du Saridéré jusqu'à sa jonction avec la rivière de Sankaria , débouchant dans la mer Noire, lui sembla tellement incontestable, qu'il exécuta immédiatement des nivellements , établissant à une altitude d'environ quarante-sept mètres le point culminant de la plaine qui s'étend entre le golfe et le lac. Les conclusions puisées dans la détermination de et fait lui démontrèrent qu'il fallait de toute nécessité admettre la fermeture ancienne du Bosphore et sa rupture à une époque rapprochée. In rapport qu'Hommaire de Hell adressa au Rrand viw sur la même question , traitée au point de vue industriel, et qui fut insérée dans le Courrier it CoutlaniiHople du 29 mai 1847, constate la continuation de relations intimes entre le vovage» français et le gouvernement turc. Vers la roeaie époque, Hommaire de Hell, à peu près rétabli, fit ses préparatifs de départ pour la Perse. P** voyant, sans les craindre pour lui-roéo»e, te fatigues excessives qu'un long voyage dans celte contrée devait entraîner, il s'opposa formelleineijt celte fois à ce que sa femme l'accompagnât : elle quitta Constantinople le 24 juin , retournant en France par Trieste. Quant à lui, il n'f*1 1ua prendre, dès le 28, une calque de pcebeur pouf passer en Asie, et, longeant la mer Noire, arriva le 13 juillet à Héraclée. Une nouvelle estbarcation le conduit à Sinope, Samsoun, et «' divers autres points de la côte, qui lui f«irni*«

(1) Complu

htbicmodairtê du

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de nombreux renseignements sur le commerce et l'industrie du pays. Il y fait des observations d'un haut intérêt pour la science, et trouve l'occasion d'y esquisser plusieurs monuments et de mouler un assez grand nombre d'inscriptions, surtout à U&koup, la l'rutias ou Prusa ad Hypium des anciens géographes. Le 24 août, il atteint Trébizonde. Le 15 septembre, il visite les mines d'argent de Gumuch-Khané , et commence à se rapprocher de l'Euphrate, dont la branche principal* lui parait mal établie sur les cartes. Il navigue sur ce fleuve à l'aide d'un radeau informe, parvient aux mines de cuivre de Kéban-Maden , dont il signale la mauvaise direction. Le 7 octobre , il se trouve à Diarbekir, bâtie près de la rive droite du Tigre, sur un plateau de roche volcanique. Les remparts, les plus beaux qui existent peut-être, et de nombreux édifices appartenant à l'époque arabe, donnent à celte ville une véritable importance artistique. A Bitlis, il recueille des renseignements sur l'origine, l'idiome et les mœurs des tribus à demi sauvages qui habitent le haut Kurdistan ; il aperçoit bientôt le lac de Van , traverse la ville du même nom , et entre le 3 novembre dans le royaume de Perse, constamment poursuivi , depuis son départ de Trébizonde, par le choléra, qui sévissait largement dans tous les pays parcourus par notre voyageur. Le 11 janvier 1848 il se remet en route, et, malgré le froid et l'épaisseur de la neige dont le sol était couvert, il se dirige sur Téhéran avec M. Jules Laurens, son compagnon de voyage. Le 9 février il atteint celte ville, qu'il s'était plu à considérer comme une terre promise, mais dont l'aspect misérable, les échoppes dégoûtantes, les constructions en terre, les rues suies et encombrées de neige, détruisirent ses illusions en lui donnant une triste opinion de cette nouvelle capitale de la Perse. Le séjour de plusieurs mois, que l'état vacillant de sa santé le força d'y faire, et qui fut néanmoins fort utilement employé comme à l'ordinaire, modifia peu ses premières impressions. Il venait d'assister, le 20 mars , à la fêle nationale du Nourouz ou Nevtoiiz ( commencement de l'année persane, qui, d'après la tradition guébre , est célébré le jour du passage du soleil dans le signe du Bélier), et de recevoir du souverain de la Perse, comme témoignage de considération , le cadeau d'un fort beau châle de Cachemire , lorsqu'il se détermina à aller explorer le cours de la rivière de Chahroud, qui coule au nord-ouest de Téhéran, et dont on se proposait d'amener les eaux dans cette capitale. Le 29 mars, Ilommaire de Hell se mit en route, accompagné du général Semino (eoy. ce nom), homme fort instruit, habitant depuis vingt-trois ans la Perse, qu'il avait explorée dans tous les sens, et du colonel italien Colombari, tous deux attachés au service du Schab. Après avoir traversé sur un pont, commodité devenant de plus en plus rare en Perse, la rivière qui passe à Kéretcb, ils

s'engagèrent dans des chaînes de montagnes courant parallèlement de l'ouest à l'est, et où Ilommaire de Hell eut à s'occuper du percement destiné à faire déverser les eaux du Chahroud dans la plaine de Saloueh-Boulak; puis, suivant à micote les hauteurs qui bordent celte rivière, il éludia la ligne du canal à construire, et détermina enfin le point où il serait nécessaire d'élever des digues. De retour à Téhéran le 7 avril , il s empressa de faire traduire en persan , et de remettre au premier ministre du Schah , les notes de son projet, qui furent accueillies avec de vifs remerclments et toutes sortes d'éloges. La santé de Ilommaire de Hell s'était profondément altérée. Malgré son état maladif, l'impatient voyageur, depuis longtemps résolu à explorer le Mazandéran , ne voulut pas attendre un parfait rétablissement pour mettre cette tâche à exécution, et partit le 17 mai. En quittant Téhéran, il franchit d'abord une vaste plaine de gravier et de cailloux roulés, qui s'élève par une pente douce; puis, tournant le pic de Démavend, dont le territoire n'est point infesté de tigres et de panthères, ainsi que l'ont prétendu quelques voyageurs, il descend le cours du Lar. Le 23 mai, apparaît enfin le littoral de la mer Caspienne , celte mer restée presque inconnue aux Européens jusqu'au 14* siècle, que les habitants du Mazandéran n'appellent que la mer ou ta grande mer. et dans laquelle le Lar verse ses eaux. Forcé de s'arrêter plusieurs jours à Astérabad, il quitte cette ville le 13 juin pour retourner à Téhéran par la route du Khorassan, en suivant d'abord une vallée très-accidentée qui le conduit, à travers de riches prairies et de belles forêts , aux pâturages kurdes de Tchéhennémé, entourés de hautes montagnes, et placés eux-mêmes à une assez grande élévation. Après être descendu dans la vallée de la Nékha , et avoir dépassé Radkan et Touwa, il visite, au débouché d'Astérabad, la fontaine de Tchesmé-Ali, considérée comme un lieu saint, et la plus remarquable qu'Uommaire de Hell connaisse pour l'abondance de ses eaux, qui ne peuvent être comparées dignement qu'à celles «te Vaucluse. De Semnan, l'ancienne Hécatompytot , dit -on, qu'il traverse le 29 juin , et où s'élève une élégante mosquée construite par Felh-Ali- Schah , tout à fait intacte et tellement bien entretenue, qu'on la dirait achevée de la veille, la route (île dans la plaine entre la chaîne principale de l'Elbourz à droite et le grand désert salé à gauche, où se silhouettent à peine quelques chaînons de collines. Près de Laskirt, il est frappé par la vue d'immenses constructions en ruines, que les habitants de la contrée prétendent avoir été bâties par les Dicet (1), et qui offrent une incroyable confusion de voûtes, de coupoles, d'escaliers, de précipices. Hommaire de Uell y constate que

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