‹ Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderneChapitre 92 sur 106 · HO · texte numérisé non relu

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toutes le s constructions de ce genre rencontrée» en Perse présentent partout, importante solution d'un des poiuts archéologiques les plus discutés, l'emploi de l'ogive pure primitive. Va peu moins de deux heures après avoir quitté le village de Kichlak (4 juillet), le voyageur se trouve à l'entrée d'une gorge étroite bordée de hautes escarpfs de roches gypseuses , d'où s'échappe un ruisseau salé dont les eaux stériles déposent de blanches efflorescences sur ses rives. A droite et à gauehe du défilé, s'étendent des montagnes arides, bouleversées île toutes manières , dignes remparts d'une plaine nue, gercée, et comme maudite. Ilommaire de Hell, se fondant -sur le témoignage d'Arrien et sur la situation et la configuration des lieux , suppose que ce sont les célèbres Portes Caspif unes (I), appelées aujourd'hui par les habitants Scn-da Rha ou la roule du général, en réminiscence peut-être d'Alexandre le Grand , qui la suivit dans sa poursuite de Darius. Il met quarante-cinq minutes à les passer, cl en doniw une description étendue. M. Jules 1.aurens les a représentées dans un dessin qui doit être exact , puisqu'il a été Tait d'après nature par un artiste plein de talent (2). Au sortir du défilé, le terrain devient moins abrupt, et se termine en pente douce presque jusqu'à Téhéran, où Ilommaire de Hell rentre le 7 juillet, après une journée d'études sur la mosquée de Véramine , unique en Per«c pour la richesse et le beau style de son ornementation. A peine de retour, il songe déjà à se remettre en route , malgré les fatigues et les dangers d'une campagne pendant laquelle il ne pouvait faire un pas sans l'escorte d'une cinquantaine d'hommes armés de fusils à mèches constamment allumées, tellement est grande la crainte qu'inspirent les sanvages turcomans, qui enlèvent souvent, en plein midi , les habitants du Wazandéran. 11 resta Cependant près d'un mois dans relte rapilale, ou plutôt dans les montagnes voisines, où campe l'été toute la population de Téhéran, pour mettre en ordre les observations et les matériaux recueillis pendant sa dernière excursion, la plus importante de son programme de voyage, et réunir les préparatifs de ses nouvelles courses. Il reçut alors du nouveau gouvernement de la l-Yance des encouragements et rautorisatian funeste de prolonger le terme de son voyage au delà de <cclui qui avait été fixé dans l'origine. Le 2 août , tout étant prêt, malgré un commencement de dyssenterie et les conseils de ses amis, qui l'engageaient à retourner en France, rlommaire de Util partit de Téhéran avec M. Jules Laurens et sa suite : « Je suis tellement souffrant, écrivait-il

il) Inexactement établie» >!on aux jenviron* de Flrouskma, c'eït-à-dirc quelque» lieues au-desju» rer» le nord , »ur Htit*vatre de Uurne.

|3i M. Jute» I -aurens en a fait , »ur la demande de l'auteur de cet article, une réduction , qui a été Imérée dant le BultiUn tt 4a Soetéit dt ytigraphit. aicc une Cuurte dcatrir>tloD extraite en majture partie r»t co dernier de» manuteriu d'Horomaira de

tua.

« pourtant à la même date, flans la parfaite m> « naissance de son état , que je puis à priât a* « tenir sur mon cheval. Jamais course nem'a|wn « aossi longue. En route, je ■croyais ne proror « janiah arriver à Chnh-Abdairl-Asîn , qui ne tt r> trouve cependant qu'à un far»ang(5 kikwtt* « environ) de Téhéran. » Néanmoins , rwo-winV ment B continue son voyage, mais.qiioVpjîb chaleur fût accablante (45 degrés a fomiw', il fait des observations météorologiques, to\tm$t les habitants, et prend des notes. Après «m* dépassé Cachan , Hommàire de tléîl mont? Vt eot de Khorcut, le seul qui existe entre fftrra et lspahan , et s'arrête au vîTtoge du même nom,^ en occupe le sommet. Enfin , le Î6 août, il «*J à Ispahan, mais ses forces étaient êpuis«s:1« AyssenteTie et les fièvres ne le quittaient pi». 11 dut prendre le lit, et quelques jours ipro, * 29 août 1848, il s'éteignit à peine âgé fc363ns'i; Les nombreux matériaux résultais du dmwr voy«g«. d'Hommaire de TieTl en furqui< rt ni Perse étalent restés entre les mains de H «un Le 9 avril 1831 , le ministre de rmstnicrion publique ayant consulte l'Académie dw insrriptie* et belles-lettres sur l'utilité et rqfrportim* la pubficafion du voyage dHommaire de M. une commission composée de SW. Quatrenxff, Ph. le Bas, Mohl, de TTailly, Walckenaer elto gnaut, fut chargée d'examiner les marrascfifcjt dessins laissés par le voyageur. Le rapport * H. Cnignaut, dont les conclusions étaient on peut plus favorables, ayant été approuve k 31 octobre suivant par l'Académie, la J*W dllommairc de IleU a été publiée aux Iras ' -J gouvernement sous ce titre : Voyy m en Perse, exécuté par ordre du gouvernement]'*** pendant les années 1846 , 1817 et 1848, Hommaire de tlell. accompagné de rarUs,f»*T tiont et d'un album de 10O planches dttsntn dénature par Jules Laurens, Paris, V. Mn". 1854-18537, 4 vol. in-8«. La partie Ai*"£ * compose de trois volumes in-8% avec ■ *»? 100 planches sur dcmi-colorribier, rt u r ' scient>j1gue d'un volume in-8" , avec un iW * trois cartes in-folio sur demi-colombier f t grande carte sur grand colombier, <^f* £ les soins de 11. P. Daussy, membre de JW* des sciences, au moytn des ifintrarres n jtravaux graphiques du général Srmnw, ^ relevés de cet habile officier genrral ron. avec ceux dllouimaire de Hell. Hommaire u ^ a laissé trois fils de son mariage arec ma t

selle Ilér.ot. ^L*.

HOMMEL (Chaw.es Fe»i>ixaxd), saraoi jua

.suite et ingénieux écrivain , naquit a Lr'l ;., 6 janvier 1722. Nomme professeur estra^

II) Le d'HmrrmaliT une simple

depoutlc»d

cimetière de Djulla, au aud-«at a^» • F„ aire d« «dl, «Mf*U d'««* f™.

pie ******** . «t été déj*-ea, -

"»d une uentalrc de vojaseur» tUCf*-tmm

de droit en 1750, il ouvrit son court pa* une a*> rieuse dissertation , De meritit juritctmsuWïrvm in bonat litteras. ai fit pressentir dès lors que son esprit, rempli de goût, ne séparerait jamais des épines de la jurisprudence les fleurs de ta beHe littérature. En 1752, il (.h tint la chaire de droit féodal, et, en 1736, celle d'institutes civiles, d'en il fut appelé a la chaire de droit canonique : n> (ut aussi honoré de diverses charges de magistrature, et mourut d'nne attaque d'apoplexie , le tfi mai 1781. Homme! a ru la plue grande part aux améliorations du Code pénal et à l'abolition de la torture dans l'électoral de Saxe. Voici I» liste de se» principaux ouvrages t 1° Obltttmnentajurit feudaUt teu grammatka- oùwreutionet jus rri ctienietariat et antiquitatet y rr manient varia Hlkt~tmntet, Leipsick, 1755, in-*» ; 2° Seet-km jvrit ciritis , teu jurisprudentia uniiersa paucit tabulit delineata, 4* édition, ibid., 1767; réimprimé à Turin, Î784 , 6 feuilles in-fol. ; 3" ' Rffigi et yuracmmitomm in indice** redacta , Leipsick , 1760, in»»0. C'est une taMe atpnanctique de tous les jurisconsultes dont il avait pu recueillir les portraits gravés , avec l'indication du format , du graveur et de I» collection où ils se trouvent, terminée par la description de soixante-sept médailles frappées pour des jurisconsultes, La pré» face de ce livre contient des observations eu»rieuses. 4* LUHratur» jwit, ibid., 1761, in^8» ; idem, 2» édition, totalement refonde*, ibid., 1779; in-8°, avec figures : ouvrage fort piquant et plein de recherches. Il est divisé en deux parties, Tune bibliographique , l'autre purement biographique : Ja> première se compose de notices sur les ouvrages classiques les plus importants, et sur quelques autres peu connus et qui mériteraient de l'être davantage : on peut y remarquer un morceau fort intéressant sur les controverses entre les jurisconsultes. Dan* la deuxième partie, Homme!;, sans s'astreindre à aucun ordre positif, traite tour à tour des jurisconsultes poètes-, des homonymes , des femmes qui ont étudié le droit ou l'ont professé , des biographies de droit , etc. : un tableau, dans lequel 1 s jurisconsultes sont classés à la date de leur mort depuis l'an 1408 jusque» et compris l'année 1760, termine l'ouvrage. Ce Hvre , unique dans ce genre , est écrit avec une rare facilité et une élégance tout à fait exempte de recherche : Hommel y manie souvent la plaisanterie avec une grâce dont on n'eût jamais cru que de pareille» matières pussent être susceptibles ; ce qoi donne en même temps la plus- heureuse idée de son1 esprit. 5° Bibliotkeca jurit retbbinien et Saraeenorum arabica, ibid., 1752', io>-80 ; C' Ju'itprudnlia numitmatibut Hlustrata, nerwan sigitlh, gemmir, aliitqne pictvrit retmlit varie exornrta, ibid., 1763, in-8°. Le conseiller Klotoy a donné une suite : \uctarnm)', ibid., 1765, in-8°"; 7° Le Flarius allemand, ou Introdurtion complète à ta pratique judiciaire, civile et criminelle, liayreutb, 1763, in-8° (en allemand) ; 4* édition

très-augm entée , ibid. , 180», 2 vah in-8»: ou* vrage devenu- classique en Allemagne , et rempli d'une érudition non moins curieuse que varier, r Hbinmel s'y est efforcé de substituer au style | barbare des tribunaux la correction dn langage qu'il avais coutume de mettre dans ses leçons et i dans ses livres. 8° Rhapmdia quattlinnum in /«*» quotldie obvenieutuin-, neque tamen Ugilktt decira- ™«. Le prenrott volume de celte collection parut d'abord à Leipsick, en 1765, in-4». La troisième I édition , Bayreuth , 1769*79 , 5 vol. fn-4* , fut in* terrorapue: par la mort de l'auteur. Son gendre; le doctewr Roessig , professeur à Leipsick , en donna une quatrième, 1 "«2-87, io-4f, augmentée d'un sixième volume, de remarques* et d'un septième,, qui contient des tables, une vie d'tfcmimel par l'éditeur, une autre vie qu'Houunel avait fournie lui-même à Weidlieh pour ses notices biographiques des jurisconsultes vivants , enfin l'éloge composé par Aug.-tiuill. Ernesti, et int> lulé Memona liommtlii, et qui se trouve aussi dans les ùputcula oraiorlo-ptUtologUa d'Ernest!, Leipsick, 1791, in-8° (ray. Ai.-G-. Entres ri). Ce recueil est précieux par la nature et ia diversité des ; questions qu'Mommel développe et traite succes- \ sivement, tantôt en jurisconsulte consommé, tan* tôt en écrivain habile et ingénieux ; on y rencontre même des dissertations sur des matières purement littéraires. 9* Corpus jurit avilit cum ! notés oariarum, Leipsick, 1767, in-8°. H vty a point de notes ; ce ne sont que de simples indications faites sur chaque paragraphe et chaque loi du corps de droit, et qui renvoient aux auteurs qui les ont expliqués : ceux-ci sont au nombre de deux cent quinze. On reproche avec raison k Itommel d'avoir apporté quelque négligence à un> travail qui, fait avec soin, aurait été très-ntile, et de s'en être rapporté trop souvent à ces tables qui sont placées à la fin des auteurs de droit, sans avoir pr.s la- peine de vérifier par lui-même l'exactitude de la citation. Ces critiques l'ont sans doute empêché de publier le deuxième volume, qui devait compléter le corps de droit et renfermer le Code, les i'ovrWes et les livres des (fcfs. Quoi qu'il en soit, l'idée «Nlommel était bonne en elle-même , et elle nous a valu on ouvrage fort précieux, intitulé A. Schulting notm ad Digesia seu Ptindèctat; edidit atque anîmadver*tionet tuatadjeat A'. Smaltenburg. Leyde, 1804 et 1807, 2 vol. in-80. Smallenburg a enfin exécuté ce. qu'Nommel n'avait fait, qu'essayer : au lieu d'une indication sèche et vague, il donne une citation détaillée et positive, renvoyant seulement au texte celles qui exigeraient un trop long développement. Il est Rkcheux que son travail n'embrasse que les dix premiers livres du Digeste. Smallenburg avait publié, comme essai de son travail, en 1799, ses notes et celles de Schulting sur les titres De verborwn tignijicalione et De régula jurit, Leyde, in-8°. 10° PaiingeneAa librorumjurit ceterum. teu Paudectarum toca intégra ai

modum indicit Labitti et Wielingi oculit exporita et ab exemplari Tnurrlli Jlorentino accuratittime detcripta, ibid., 1767-68, 3 vol. in-8°. Déjà d'autres jurisconsultes, avant Homme), avaient formé le projet d'extraire du Digeste les fragments épars des jurisconsultes romains, et de les réunir pour les présenter dans l'ordre où ils devaient se trouver dans leurs ouvrages. Cujas avait, en quelque sorte, exécuté ce plan sur quelques traités de Paul et de Papinien ; Breukmann , sur Al/enut Vamt, etc. (roy. Brehkhakk}*. Freymon, Labitte et Ant. Augustin avaient publié des essais plus ou moins heureux ; mais il était réservé à Ab. Wieling de présenter un travail complet dans sa Juritprudentia restituia (toy. Wielisg) , Amsterdam , 1727 , 2 vol. in-8°. Cependant comme cet ouvrage ne renferme que de simples renvois, llommel conçut le projet de présenter, an lieu de citations, le texle même des jurisconsultes romains , aQn d'éviter par là de feuilleter tout le corps de droit. Malheureusement, comme ses occupations ue lui permettaient pas de surveiller lui-même l'exécution de ce travail, il en chargea un certain Kronbiegel, qui, par l'incurie qu'il y apporta , détruisit les espérances que ce projet avait fait concevoir : le texte est plein d'incorrections et d'omissions importantes. Quelques jurisconsultes allemands , entre autres Walcb (in Ek. llermen. jur., p. 591), ont entrepris de défendre ces ouvrages ; mais il a été réfuté , avec succès, par M. M. Gr. Hugo (in Ind. font. corp. jurit.. Berlin, 1795, p. 215), Seidensticker (in Sot. lit. Corp. jurit. preemit. ed. Corp. jur. in chrettomathiam contr , p. 16), et surtout par D. J. C. Koch (ii Auct. tert. tract, de suce. ab. intettato prim. edit.). H» Epitome taerijuris, ibid., 1777, in-8°. La première édition, publiée sous le nom de Curtiut Antoniut. avait pour titre: Epitome jurit eanonici, ibid., 1768, in-8° d'environ 300 pages; 12" la Théologie det peuple t du Sord éclairae par l'expl'eation du cornet d'or (1), ibid., 17t)9, in-8° avec figures (en allemand); 13° Sur Ut récompentet et let peinet dant la légitlation det Turet, ibid., 1770-1772, in-80; 14" Promptuarium jurit Bertochianum ad modum lexici jurit practki... ex recenliorum juritcontultorum teriptit, ibid., 1777, 2 vol. in 8° ; nouvelle édition sous ce titre, Ber~ tochii promptuarium jurit poit C. F. Hummelium turavit C. A. Gànthtr. Lcipsick, 1788, 2 vol. in-8". i. A. Carpzow avait publié en 1727 et 1728, à Lcipsick et Zittau, la première édition de ce dictionnaire, dont l'auteur primitif est inconnu, J. C. Bertoch, magistrat à Zittau, s'en empara, et en fit paraître, en 1740, in-4°, une nouvelle édition fort augmentée , et à laquelle un professeur de Lcipsick (Abr. Kaestner, père du célèbre mathématicien), donna, en 1744, un supplément in-8*. Ce fut en cet état qu'il passa entre les mains

(1) Voyex dans Fabriclua { Util, anliq., p. 877) la liste de* auteur» qui ont écrit aur ce curieux monument d'antiquité tcaa-

d'ffommel, qui y ajouta de nouveaux extraits tirés principalement de ses ouvrages. L'édition de Cûnther peut être plus utile pour les Allemands qui font de cet ouvrage l'usage que nous fais») en France du dictionnaire de Ferrière; mais dit doit être moins recherchée par nous que tdlt d'Hommel, attendu que Gtinlber a jugé i propos d'en retrancher tout ce qu'llommel y mit ajouté sur le droit naturel, l'histoire et les antiquités du droit civil. 15° Pentéet philotophiffutt sur U ind criminel (en allemand), Breslau, 1784, in-8°, avec des notes de C. G. Rtfssig , qui en fut l'éditeur. C'est un développement de la préface qu'Homme! avait mise a ta tête delà traduction allemande du Traité det délits et det peinet (de Beccaria), ibid., 1778, în-8°, 16° Oputcula jurit umterti etimfrimit elegantiorit telecta, 1^ part., ibid., 1785, in*; publiée de même par Rtfssig. C'est uq choit de quelques dissertations académiques d'Hommel, avec les notes manuscrites dont il avait charge 6on exemplaire. 17° De jure arleqvinhanlt. mit teg but rtdteultt aut nitfrionlca jwitprudeiHM,\»)reulh.1761, in-8MI prononça ce discours à Leip. sick, pour la réception d'un docteur. 18* iWti sur une langue unira selle (Allgrmeine U'clltprtck, que chaque peupU pourrait apprendre en pn il fourt (dans le recueil intitulé Zuterltttiije Sxkrickte von den gegentca>r1. Zustande der Wuiatcha/ten) , et beaucoup d'autres dissertations et morceaux de critique dans divers ouvrages péticdiques. P — s— t.

IIOMPESCH (FcbmkaKD de), dernier grand suit* de l'ordre de St-Jean de Jérusalem qui ait régné à Malte, naquit à DusseldorlT le 9 novembre 1741. Venu à l'âge de douze ans dans cette Ile, où il fut d'abord page du grand maître, il s'éleva successivement jusqu'au rang de grand-croix, et lit pendant vingt-cinq ans ministre de la cour oV Vienne auprès de son ordre. Les langue» de France avalent perdu beaucoup de leur influence par suite de la révolution de leur pars, k>rs»|ue le grand maître Kohan mourut en août 1737, et elles ne furent pas en mesure de diriger le choix de son successeur. Ainsi la langue de Bavière lit nommer Ferdinand de ilompesch , et il fut le premier Allemand qu'on eût vu à la léle de l'ordre de Malte. Dès lors le propagandiste? révolutionnaire avait pénétré jusque dans cette ue, et ses partisans ne prenaient même pas la peiat de dissimuler. Le nouveau grand maître était lois de les approuver ; mais la faiblesse de sod caractère l'empêcha de les éloigner des emplois que la nullité de son prédécesseur leur avait abandonnés , et quoique ce fût un usage invariable i tous les changements de règne, il n'osa p» ï porter ceux qui avaient concouru à son élévalit*- Aussi lorsque Bonaparte se présenta devant l ue (juin 1798), ce boulevard de la chrétienté était dans les mains de chevaliers parjures, nant au nom du souverain le plus faible qi" * encore porté le barelon. Dès le mois dejmwr

non

plusieurs émissaire* français étaient venus s'établir à la Valette sous de vains prétextes , et ils avaient réuni dans des banquets scandaleux un grand nombre d'habitants séduits et de chevaliers infidèles à leur ordre. Tout avait été concerté dans ces réunions séditieuses, et le commandeur Bosredon , secrétaire du trésor, s'était mis lui' même à la téte du complot. Au moment où les vaisseaux de la république française parurent, il déclara que ses vœux étaient « de combattre les « Turcs et non pas les chrétiens. » Conduit en prison par un premier mouvement d'indignation et d'énergie de la part du grand maître , il fut bientôt relâché par les effets de la sédition qu'il avait préparée , pendant que les autres chefs du complot disposaient les troupes et les chevaliers fidèles de telle sorte que , dispersés sur les côtes et dans des forts isolés , sans ordres et sans munitions, ils ne purent opposer le moindre obstacle au débarquement. Dès qu'on vit les colonnes françaises se diriger vers la place, le commandeur Bosredon se rendit auprès de leur général , et là, sans mission comme sans pouvoir, il signa pour son ordre une honteuse capitulation. Le grand maître, qui avait tout laissé faire , n'eut plus qu'à se soumettre. Ainsi vingt-quatre heures s'étaient à peine» écoulées depuis l'apparition des Français, et déjà tous les forts, tous les magasins, toutes les munitions leur étaient livrés (1). Déjà leur chef s'était établi dans l'un des palais de la capitale , et là il attendait la visite du grand maître. Ce malheureux prince , ne s'étant pas d'abord rendu à ce devoir, par oubli ou par un reste de sentiment de sa dignité , encourut toute la disgrâce de son orgueilleux vainqueur, et il lui fournit ainsi une occasion ou un prétexte pour le traiter avec la dernière rigueur. Ce fut en vain que le faible vieillard mit le comble à son ignominie en écrivant à Bonaparte pour le remercier de sa prévenance , de ta ginérotiti,- il l'assura même qu'il eût mit un grand emprestement à aller lui offrir l'expression de ta reconnaittance « si, par « une délicatesse qui n'avait pour objet que de « ne rien faire qui pût rappeler aux Maltais sa m personne et leur ancien gouvernement , il ne m se fut déterminé à éviter toute occasion de se « montrer en public. » Tant d'humilité ne put lui faire obtenir grâce. Bonaparte ordonna d'effacer et de détruire partout les armes et les signes de l'ordre ; ce qui fut exécuté dans le palais et jusque sous les yeux du grand maître : on renversa même en sa présence le buste de Lavalette, cet illustre prédécesseur, qui devait lui rappeler alors tant de souvenirs humiliants. Le troisième jour, le grand maître fut embarqué sur une galère désarmée , qui fit voile pour Trieste. On lui

(1) Quelque* Jour» après cette capitulation, Bonaparte, ta promenant autour dee rempart» de la Valette, en admirait la con.truci ion et la force. - Il faut convenir, lui dit un rte k* aidet - de camp, que nos* avon» et* bien heureu* qu il te «.m trouvé m du monde dan» celte ville pour no il» en ouvrir le» portât. »

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donna cent mille écus pour prix de son argent terie , qui fut mise à bord des vaisseaux français. Une rente de pareille somme lui fut promise, et il en reçut le premier terme en traites qui n'ont jamais été payées. Voilà comment fut acquise une souveraineté jadis si illustre , et l'une des forteresses les plus redoutables qui existent, mais qui devait rester si peu de temps dans les mains de ceux qui venaient de s'en emparer avec tant de facilité ! Arrivé à Trieste , Hompesch déchira les traites qu'il avait reçues , et il lit d'inutiles protestations contre une capitulation qu'il n'avait ni stipulée ni ratiQée, mais à laquelle il n'avait pas eu le courage de s'opposer. Quelques mois plus tard, se voyant pressé par la cour de Vienne, qui cédait elle-même aux instances de la Russie , il signa une abdication en faveur de Paul I", et il vécut en Allemagne dans l'obscurité et assiégé par les plus urgents besoins. Enfin, assailli par de nombreux créanciers, il se rendit à Montpellier, et réclama auprès du gouvernement français les arrérages d'une pension qu'il avait d'abord refusée. Il lui était dû près de deux millions ; on lui donna une provision de quinze mille francs! Cette faible somme lui avait à peine été comptée, qu'une mort précipitée termina sa carrière, en 1803. M— »j.

HONAIN (Abou-Yezid), fils d'Ishac, naquit à Hyrah, ville de la Mésopotamie, et appartenait à la tribu des Obadites, qui professaient le nestorianisme. Il eut pour maître en médecine Jean, fils de Massowieh, et en grammaire arabe, le célèbre Khalyl-ibn-Ahmed. Comme il joignait à la connaissance de cette langue celle du grec, il fut choisi par les premiers khalifes abbassides pour traduire en arabe les ouvrages scientifiques des Grecs et il fut l'un des traducteurs les plus actifs de cette époque. On dit même qu'il voyagea en Grèce de la part des khalifes, et y fit une ample moisson de livres sur toutes les parties de la philosophie. On lui doit des versions de la plupart des ouvrages d'ilip^ocrale et de Galien, d'Euclide, de l'Almageste de Ptolémée, etc. Outre ses traductions , il a composé un grand nombre de traités sur la médecine et la dialectique. Casiri en donne la nomenclature [BtbL ar. ht: p., t. i, p. 286). On rapporte que le khalife Moléwekkel, ayant conçu quelques doutes sur ses rapports avec les Grecs, et craignant une trahison , le fit venir en sa présence , revêtir d'une robe brillante et combler de présents ; ensuite il lui demanda un poison violent et assez secret pour donner la mort sans qu'on pût le découvrir. Honaln lui répondit : « Prince des croyants, je n'ai appris à connaître ■ que des médicaments utiles , et je ne pensais « pas que vous m'en demandassiez d'autres : tou- « lefois, si vous le permettez, j'en ferai la recher- « che. » Moléwekkel y consentit; et au bout d'un an il adressa la même demande et reçut cette réponse : « Prince des croyants , je n'ai pu con- « naître que des médicaments utiles. « Alors le

noN

khafife, touché de sa probité, Toi avoua le motif secret de sa demande , et mettant une confiante sans bornes dans son médecin, il le combla de nouveaux bienfaits. Honaïo mourut en ^60 de rbegire (87 i de J.-C.V

HONDirs (Josst), chef d'une famille de graveurs distingues, a joui longtemps d'une réputation assez étendue, et qu'il devait à la supériorité de ses cartes géographiques sar celles de ses prédécesseurs. Tl naquit en 1546 (1), à Waekène, bourg de Flandre , et , à Vagc de deux ans , fut amené par ses parents à Cand , circonstance qui a fait conjecturer qu'il était né dans cette ville, fi ne tarda pas à annoncer des dispositions trèsremarquables pour 1rs arts du dessin ; et Ton assure qu'à huit ans il gravait et peignait sot cuivre et sur Ivoire de petits sujets de son invention. Il n'avait cependant point encore en de maître : il entra ensuite dans l'atelier d'un peintre, qu'il effaça bientôt par la rapidité de ses propres, quoiqu'il donnât une partie de son temps à l'étude des langues et de la littérature anciennes. On Kt dans le /Wetionnaire de Moréri que le duc de Parme fit venir Tlondius dans son camp devant Anvers, et qu'il lui proposa de le suivre à Rome, où il se chargeait du soin de sa fortune. C'est une erreur : Hondius s'était retiré en Angleterre à l'approche des trou» bles; et il se Ht connaître avantageusement à Londres par son talent pour la construction des instruments de mathématiques et pour In fonte des caractères d'imprimerie. De retour dans sa patrie, il s'établit à Amsterdam, on il pnblia de nouvelles cartes géographiques qui eurent beaifcoup de succès. 11 fit paraître en 1597 un Traité d' la construction des globes (en hollandais 1, et donna successivement de nouvelles éditions du tîvand Atlas de tJérard Mercator, augmenté de plus d'un tiers ; un abrégé sous le titre (Vâtlat mhwr, itt-fr oblong, sonvent réimprimé; le traité d'tsaac Pei>tanus , Des globes et de leur venge , enrichi de planches et de curieuses v/bservations , etc. On doit encore à ce géographe les cartes et las planches de la Description de tu Unième, par Walt. Raleigh, Nuremberg, 1599, iit-4*;-et des Vonngas autour du monde, tle Drake et «de Cavendish. Sete estampes, peu îtoinbreuses , sont marquées du chiffre Tl. I. Tl mourut a Amsterdam, en 1tttlH tgé de 05 uns. Tl laissa deuil fils : — Henri Ho»tm s , dit le Vieux . né à Gand en iî>73, mort à In Haye en I61fi, eut pour maître Jean Vierio. dont il prit la manière an point d'imiter jusqu'à se* d fauts. Tl était très-laborieux , et il a laissé une grande quantité d'estampes, -et une suite de cent quarante-quatre portraits d'artistes, la plupart flamands. Cet artiste a gravé d'après Albert Durer» Holbein , Zaechero , Breughct, etc. — Henri Jlorr*

< i ' Moréri et d'autre» biographe* placent 1» r>ai»»aii ce de lloudlu» en 1W>3, mai* il n'aurait eu t|Uc dix aria en UJ73, époque dr la naissance de Henri, ni* fils aine, . t chv-wpt à liMiaaaarc de •on tecond file. Cette raison noua a détermine à suivre l'o^nii « de l'auteur des Aottcti tur Iti gratturê IBisançon, 1W7.S ?oL ta-*), q«U fait ntmri ?«•« H «aies ea 1*4(3.

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