‹ Biographies alsaciennesChapitre 20 sur 57 · Itocb « été son ooUatKMraleur dans cette publication · texte numérisé non relu

Itocb « été son ooUatKMraleur dans cette publication

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travail d'art , mais un travail d'érudition ; ce sont les blocs à peine éfpiiu i ii , dont les historiens mo<lfrnes se sei-vent pour confecliouner leurs n>uvres éléfrantes ou populaires.

Je ne citerai que pour niciuoire (]uelques-unes de ses nombreuses dissertations sur des sujets d'histoire , de jr^^ographie ou d'antiquités locales. En 1752, il avait publié ses Rectierches sftr te» originei eelHgues*; en 1766, il publia des traités sur le pelais impérial de Gharlema^riie i Ingdfaeim, prèsMayence, et sur quelques découvertes, fiâtes aux environs de Heidelberg, telles qu*un autel à Ladenbonrg, un hypogée ou colombaireà Schriesbeim. De pnreils ti avaiix étaient les délassements de l'infatigable travailleur d.ms le champ mortuaire du passé.

Dans l inventairn des œuvres de Scliœptlin, iiivenlaire dressé par M. Ring à la suite de son panégyrique en l'honneur de son ami*, je ne trouve pas moins de cinquante-quatre numéros. Un opuscule de Schœpflîn est écrit eit irançais*; il n'a rien de saillant en fiiit de style, mais du moins il est pur de germa* nismes.

Scbœpflin était aussi le collaborateur du DietUmnaire de* Gawle» f édité par d*Expilly , qui rend un éclatant témoignage au concours généreux qu il a trouvé dans le savant de Strasbourg.

1. M. Rave nez n ins/'r»', dans son beau travail, îa traduction française des VimUcitF celticœ , taite par M. de Chifiiac, rèdit^iir de Pelloutier.

2. Vila Joannis Vonielis Schœpflini t'ra/tcùf histo-i inijrnpln . ■n i ipsit et rum inangurarctiir xocietas latiiiu qnrr Cartsruhœ est pi ctUijU Fritl. Dvminicus Ring, serenissimi principi* marehionis Batla-Uurlacensis a coiitUtiê a«l0. Carkruhœ, 1767, ia>12. >- Je citeni encore VÉtofede Schœpftin, proooncé ft TAernléiiile dag iiuerlpttons et belle»-letms , à resseiiililée publique de Pâques, de Tannée 1772, par Lancelot. Ce dfsooun a été Inaéré en léle de V Alsace iUitMMt de Sdla/^in, tndoite par M. Ravenes. — t<* tiTralaon. Mnlhonae, 1840.

3. Leê «rmêê du raijuêli^ contre rapologic de le cour de Vienne. Strasbourg, 1734, in-l*. — Cest on plaidoyer en tevenr des droite de Sta> nlalas, roi de Pologne.

SCHŒPFLIN.

En novembre 1770, riiniversilé de Su-a:»boui'g i'éla le jubilé de Schœpflin qui , cinquante ans auparavant , avait fait sa premiére leçon dans la chaire d'éloquence et de liuérature classique. La solennité fut le digne couronnement de cette vie laborieuse. Schœpflin occupait alors une habitation, démolie depuis, presqu*au pied du Temple -Neuf, et bordée d*une vaste terrasse, sur laquelle des tilleuls touffus projetaient leur ombre séculaire. Ce bouquet d'urbres, presqu'au cœui de la . cité, servait quelqueloi!> de biilon aux élèves universilaires, qui avaient le boniicur d'èire admis auprès de l'illuislre vieillard; quelquefois on y conviait les poètes classiques, en récitant, sous ce dôme de verdure, les tragédies de Sophocle ou d'Ëuripide. C'était le délassement de ces intelligences d'élite, dans un temps où les sociétés politiques, les casinos litténûres , et les cafés ou leurs succursales n'offraient point un asile plus ou moins attrayant , plus ou moins dangereux aux nourrissons des muses. Dans la soirée du 2-i novembre 1 770, les élèves de toutes les Facultés s'étaient doiiué rendez-vous sur cette terrasse; ils y arrivèrt iil eu cortège, avec des flambeaux ; et du milieu de cette réunion des voix harmonieuses entonnèrent des chants en l'honneui' du maître vénéré , la gloire de Strasbouiig, et l'un des plus anciens citoyens de la république des lettres.

ScbœpÛUi descendit au milieu d*eux pour les remercier; il était alors âgé de près de 76 ans; mais sa démarche élait celle d*un homme à ])eine sur le seuO de la rieillesse, et les boucles de cheveux blancs qui encadraient sa noble figure prêtaient un charme de plus à ces trails, sur lesquels l'ùge avait passé sans y laisser les tristes rides de la décrépitude. Scliœjinin était une de ces organisations fortes qui reverdissent lorsque d'autres déclinent et qui se retrempent dans la vie intellectuelle comme dans la fontaine de Jouvence. Il lit à ces jeunes gens une allocution en latin et leur recommanda Tamour des lettres comme la sauvegarde de leurs mceurs pendant l'âge

des passions, et comme la consolatî' n duns les jours d'amertume dont parle le psalmiste, lorsqu'il veut désigner le soir de notre existence passagère. Ce discours improvisé fiil Tadieu de Schœpflin à la jeunesse académique; le professeur vénéré ne devait plus se relrouvef au milieu d'elle.

Parmi les étudiants qui avaient assisté h cette solennité , se Irouvail un jeune homme, incoimu tlds, iiiiiis (|ui allait, quatre ans jihis tnrr] , ronquérir tl uii .<t.Mii liait, par quelques pajj^es de roman, lui nom européen, el uccnjicr pondant plus d'un demi-siècle tous les oi||[aiiesde la crilique liltémirr [ nr ses immortelles créations. Ce jeune homme , c'était Goethe. Dans ses mémoires, il indique en quelques mots la scène dont je viens de retracer les contours, et il ajoute que tous ses condisciples avaient été électrisés par cette allocution de l'un des patriarches de la science archéologique. L'impulsion que Schœpflin avait donnée à ce genre d'études, dut, sans doute, contribuer à en inspirer le guut au jemie poëte de Francfort; et lorsque Gœthe visita quinze ans plus tard Kumc et l'Italie , je suis convaificu que sa pensée se reportait avec gratitude vers le petit cabinet d'antiques , donné avec sa bibliothèque , par l'auteur de V Alsace illustrée, à la ville de Strasbourg.

Si Schœpflin n'avait pas laissé un seul volume de sa composition, é l'adi'esse du monde érudit, sa mémoire n'en serait pas moins chère aux habitants du chef- lieu du Bas -Rhin, à raison de cette généreuse donation. Pour ma part , je ne franchis pas inin fois le seuil de la bibliothèque, j<* ne travci*se pas une l'ois le vestibule, orné d'iiist m ijifiJi! , djtih'ls, de cippes et de fragments de slaliies gauloises et allemandi's , je ne prends pas une fois en main un volume de cette vaste bibliothèque historique, fondée par lui, et tenue au courant avec un som et une intelligence remarquables, je ne pénètre pas une fois dans le cabinet des antiques , sans bénir hi mémoire de Schœpflin, et je suis sûr que le sentiment que j'éprouve est partagé par tous ceux qui ont conservé, ao

SCHaSPPLIlf.

milieu de Tagilatiou coiilen)jK)raiae» le culle de« lettres, des sciences et des arts.

SchœpÛin mourut le 7 août 1771. Un sculpteur, Badois d'origine comme lui, et comme lui Strasbourgeois naturalisé, j'ai nommé Ohmacht, composa et exécuta en Tbonneur de son compatriote un monument modeste , placé à Fombre du monument pompeux qui rappelle aussi une gloire d'origine allemande, mais touto fraiiyaiî^e par ses hauts fails gucniers. Si la dépouille mortelle du maréchal de Saxe avait été transférée à l'église (le Saint -Thomas, du vivant de Schœpflin, cette imposante cérémonie aurait fourni des accents éloquents & l'orateur, qui, dans sa jeunesse, avait complimenté une autre illustration à la fois étrangère et ftançaise'. Dans son beau langage cicéronien, il aurait salué le cercueil du vainqueur de Fontenof , et déposé une couronne de lauriers de plus sur cette téte , fatiguée de combats , de passion et de gloire. Mais j'oublie que les oraisons funèbres n'ont point niaii«]iié au [iriuce de Saxe, et que Schœplliii, avant de descendre dans la tondre, avait acquis assez de liires au souvenir du monde savant ; un discours acadënnque de plus n'aurait rien ajouté à sa renommée. Je n'exprimerai qu'un seul regret, c'est que Schœpflin n'ait pu exécuter son Alsace sacrée et son Atsaee UUéraire ; les matériaux étaient sous sa main , mais il faut bien que la mort trouve quelque chose à briser dans une belle et glorieuse existence; son approche n'inspireiait plus de pensées salutaires, si elle ne venait fraftper que des intelligences à moitié éteintes , et des corps déjà dévolus au tombeau.

Je ne vous ai poujl - nli uU-iius de la vie puvee de Scho'ptliii; elle a été calme et simple , il avait confié le soin de ses ailàires domestiques à une sœur chérie; et dans cette union pure et sainte, où le cceur n'apprend point à connaître l'amertume

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