L ABBÉ GRANDIDIER
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Au moment où Schœpflin fermait les yeux, et où sou héritage scientifique et littéraire fut remis, selon la volonté du testateur, à la ville de Strasbourg, on devait craÎDdre que les recherohes fiitigantes auxquelles il s'était livré, pour éclaircir l'origvie et les destinées de notre province, ne lussent arrêtées ou du moins interrompues. Heureusement il n'en fiit rien. A l'ombre de la cathédrale et abrité par les puissantes institutions de l'Église catholique, vivait alors im jeune ecclésiastique, dont le talent vt l'énidition précoct i avaient frappé Schœpttiii. L'ahbé Graiiiiidici <Hiilippe-André), dont je veux parler, était né à SlrasbuiHg- le 2*.) novembre IV-'i^; il n'avait donc qiie dix-neuf ans à l'époque de la mort de l'auteur de ÏAlsace Hlusirée : mais comme lui , il avait eu , au berceau déjà , l'amour du travail; dans sa jeune mémoire, les ftôts de lliis* loire s'étaient classés comme par enchantement; à dix ans, il avait composé on traité de mythologie et une histoire abrégée de la république romaine. Je ne suis ni partisan ni admirateur d'un développement intellectuel anticipé ; mais souvent aussi « la vertu , c'est-à-dire la force , n'attend pas le nombre * des auiiCf s , » et lorsque la lleur de mars n'est ni flétrie ni étiolée par les ^n-lées d'avi il , ou en termes plus smiples, lorsque rà^re mûr ne donne punit un démenti aux promesses de renlaiice, on ne peut qu'admirer ces organisations privilégiées qui combinent ou qui pensent à un âge où d'autres se livrent aux distractions futiles.
BIOGRAPHIES ALSACfRNNBS.
Grandiiticr appartenait a une famille d'austères magistrats , originaire de Lorraine; son aïeul avait été anobli en 16^9 par le duc Charles IV ; son père, avocat au parlement de Metz, était venu finir ses jours en Alsace , et put encore jouir des succès littéraires du jeune abbé. A Tige de quatorse ans, Philippe • André Grandidier avait reçu -la tonsure, et dii-huit mois plus tard, il signalait son attachement ft l'église de Strasbourg , en publiant le panég^ritpie des évêques saint Arfoogast et saint Amand. A dix-neuf ans, il était nommé archiviste de l'évêché de Strasbourg.
La vie do Grandidier esL Loul eiitière dans ses travaux, c'est-è-(lire dans les ouvrages érudits qui sont la preuve palpable de l'activité intellectuelle de ce savant, en vain caché dans le sanctuaire, où la renommée mondaine vint le chercher, au détriment peat-ôtre de son calme et de son bonheur.
En essayant de reconstruire la vie de Grandidier, sans connaître de loi autre chose que ses ouvrages imprimés, sans être nanti d'une seule lettre autographe, je suis peut-être téméraire; cependaul, j'ai la présomption d'avoir deviné sa pensée, et compris son caractère, en lisant avec attention les révélations intimes qui, sous le litre de préfaces, sont eu léle de ses trois ouvrapres capitaux. Peut-être aussi ni'est-il permis, à raison d uccupatious ajialogues qui ont absorbé huit ou dix ans de ma vie', de porter un jugement sur un confrère du siècle dernier; je me hâte de demander pardon d'une expression qui ne me sied point lorsque je parle d'un prédécesseur modèle.
Quelques-uns de mes lecteurs n'ignoi'ent pas, sans doute, que les archives de l'ancien évéché de Strasbourg ont été, à l'époque de nos tom>mentes révolutionnaires, fondues dans les archives départementales, et qu'elles en forment la section peut-être la plus importante. Ces nombreux parchemins et ces