GÉNÉRAL BARON DE GŒHORN
Le général de Gœhorn n'a poinl conimaoclé en chef comme son eompalriote et ami, le général Happ; mais il éUiii lu dve l I intelligeot comme lui; les circonstances heureuses lui oui fait défaut : la suite de ce récit biographique fera toucher du doigt la raison de cette différence dans la carrière de ces deux vaillants Alsaciens. Au surplus, il existe entre eux plus d*un point de contact. Leur origine alsacienne, leur impétueuse bravoure sur les champs de bataiUe , les péripéties de leur carrière, leur inflexible culte de la discipline en l'ont des fig-ures originales dîins lo *^rand Panlhéoii tin premier Empire. Le biisle du général de C(i'liui ii, pour èU e sur \m «irrièi e-plaii . lùm est pas moins (ligne d intérêt. Le palriolisuje alsa^ icn aicuciIlL', avec amour, toutes les gluii es qui ont leur berceau dans le pays entre les Vosges et le Hbin; on parcourant du regard les nombreuses illustrations de sa belle [n ovince, il s'attache avec une salisfiiction impartiale aux étoiles fixes et aux planètes.
Je viens d'indiquer une analogie, un parallélisme frappant entre Happ et Cœhom, et tout d'abord je suis obligé cependant de signaler une dissemblance entre leur point de départ et leur destinée finale. L'un, le soldat de Colmar, est le fils de parents bourgeois; il commence par s'enrôler, sous l'ancien régime, et la Kévolulion seulement lui nuvie la (arrière des honneurs militaires; aprtis une vie du ('uniltats, il jouit de quelifuc années de repos champêtre; il s'éteint, franquillemenl dans son lit, sur les rives du beau fleuve, témoin de ses premiers iiaits d'armes. CkBhom n'est pas un soldat de Ibrtune,
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il est le ûls d'un noble, d'un officier supérieur; il a des ancêtres en Suède et en Hollande; il commence sa carrière comme volontaire» maïs le brevet d*officier lui était garant», il Toblient au bout dp peu de temps. La République ou plutôt la Révolution lui enlève son grade , il commence à nouveaux Avis , romme simple soldai, reconquiert liientôt le rang qu il iivnii penlii. nionle, moins rapidement queilapp, qii(»ique pluscou- \ xM't (le blessures que lui, et meurt à l'étranger, dix jours après la lialaille de Leipzig, des suites d'une teriible blessure dont il est atteint vers la fin de ces meurtrières et désolantes journées.
Les principes de 1789, inculqués de bonne heure dans nos esprits» nous ont fiiit envisager sous un nouveau jour les avantages ou les inconvénients de la naissance. On a pu abolir les barrières infranchissables qui séparaient autrefois les rangs de la société; mais, cette jii:>tice ftiite^ les souvenirs qui s'attachent aux femilles historiques non-seulement restent debout, ils sont peut-être fiUis res|)cctés et plus appréciés que dans les derniers siècles, où ils consliluiucnl des pi ivUrfres. Une longue série d'aïeux, inscrile dans les archives dune maison, i)ent inspirer quelque satisfaction et devenir l'objet très-légitime d'un culte de famille, surtout lorsque les descendants aspirent à égaler ou à dépasser leurs devanciers. Ces réflexions m'ont été suggérées, en étudiant la généalogie du général de Ccehom, qui, avant d'être soldat de la République et baron de TEmpire français, avait été baron de son propre chef et de celui de ses pères. II rattache son origine à celle du Vauban hollandais, è l'inîiénieur Cœhorn, et celui-ci fait remonter la sienne aux premiers t< mps de la m(marehie suédoise. Une branche de la famille ( xislail dans le coiiii.u N cnnis: in. îl vaut la peine de jeter un coup d'œil sur cet arbre qui plongeait ses premières racines dans le soi de l'antique Scandinavie.
Je décline toute conipétence pour discuter les titres du premier Cœhom, qui aurait été, dit-on, un serviteur du roi Olaûs et qui aurait reçu le bapléme, avec ce roi païen converti, dès
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