‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 127 sur 196 · Imitatioa de Jésus Christ · texte numérisé non relu

Imitatioa de Jésus Christ

LE TABLEAU

dégagée de ses entrave?, ravie, transfigurée, écoutait, dans une extase inénarrable, la divine harmonie de sa voix.

" Eternellement cette voix retentira dans mon âme !

" Et des torrents de larmes, se faisant jour à ' travers mes paupières, inondaient mon cœur 'd'une rosée rafraîchissante

" Enfin, peu à peu, le mystérieux prodige s'évanouit....

" Nuages, figures, anges, lumière avaient disparu, et mon âme appelait encore par d'ineffables géminements la céleste vision.

" Quand enfin je me détournai, le secours qui J.in'avait été miraculeusement promis, était déjà "arrivé.

\ " O'est alors, mon Révérend Père, que je vous aperçus prés de moi.

11 Vous savez le reste. "

Le lendemain, il y avait grand émoi parmi toute la petite population d'alentour.

La bruit du miracle n'était rapidement répandu, et la foule pieuse et recueillie, réunie dans la : modeste église, assistait à une messe solennelle " d'actions de grâce, célébrée par le saint mission- -aaire.

[ Plus d'un regard attendri, se tournait pendant ; js pieuse cérémonie, vers le jeune officier qui,

ageuouillé près du sanctuaire, priait avec une ferveur angélique.

On dit que plus tard, dans un autre pays

loin, bien loin, par delà les mers, un jeune militaire, échappé miraculeusement à la mort, abandonnant un brillant avenir, s'était consacra à Dieu dans un cloître.

Etait-ce lui? Personne n'a jamais pu rassurer.

Si jamais vous passez près de la vieille église de la Rivière-Ouefle, n'oubliez pas de vous y. arrêter un instant.

Vous y verrez suspendu dans une des chapelles latérales, l'antique ex-voto qui rappellele souvenir du miraculeux événement.

Le tableau n'a pas de valeur artistique ; maisc'est une vieille relique qu'on aime à voir, parce qu'elle nous dit une touchante histoire.

Souvent des voyageurs, venus de loin, s'arrêtent devant cette poudreuse peinture, frappés de l'étrange scène qu'elle retrace.

Souventes fois aussi, on y voit de pieuses mères de famille indiquer du doigt les divers» personnages, et raconter à leurs petits enfants émerveillés la merveilleuse légende ; car le souvenir de cette touchante histoire est encore vivant dans tonte la contrée.

Québec, janvier, 1860.

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