‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 131 sur 196 · AGONIE · texte numérisé non relu

AGONIE

—Je demeurais, dit-elle, depuis quelane temps près du furt Waine, avec ma sœur, lorsqu'un matin pendant que son mari travaillait dans son champ, plu-ieuiH Sauvages entrèrent tout à coup huis la maison.

— Où est ton mari? demandèrent-ils brusquement a ma MI-UT.

— Il i-t mi fort Waine, répondit-elle effrayée de leur ns|>cct sinistre.

Kt ils sortirent.

Pleines d'anxiété, nous les suivîmes des yeux pendant quelque temps.

— Mon hieiil ma *œur, lui dis- je toute tremblante, j'u ipenr, j'ai peur, sauvons-nons . . . Ces Sauvage* m'ont l'air de méditer quelques mauvais desseins ; ils vont revenir*

Hmm écouter mes paroles, elle continuait à les regurder s'éloigner dans la direction du fort.

Ia\ chemin qu'ils suivaient passait à peu de distance dv l'endroit où son mari travaillait tranquillement sans soupçonner le péril qui le meuaçait.

Heureusement qu'une touffe d'arbres le dérobait A leur* regards.

Non* commencions à respirer un peu.

DtjA lin l'avaient dépassé et s' éloignai en tpaisi- M*iii*ht, lorw|iie l'un d'eux se détourna un mo-

Jlttflt.

— 1U l'ont, découvert ! ils l'ont découvert ! ft'éitria tout il coup inaiuuir, saisie d'épouvante.

Kfi »ffi>t, Ils s'étaient tous arrêtés, et se dirigftftltMt vers l'endroit où Joseoh, courbé vers la Mf f*i rtt misait les branche* d'un arbre qu'il vefi*H il» MMitumer.

Il ft'nvAlt- MiMMiu si)Ujx;on du danger.

Ih<* frmvtti/f"), itliritéh derrière les arbres, n'érftlMhf plu* qu'A hum petite <li*tunoe, lorsqu'on en- Iwiflll mt noiip du liind el Joseph tombai la ren-

I* iHoyuiil mort, il* n'avançaient, triomphants

rAimiiilInr j iiihIa Joiwpli, que lu hallo en

m M* /f'MVMlt lait qu'étourdir, se re-

dressant tout à coup et se faisant un rampart de l'arbre près duquel il était, saisit son fusil et en étendit deux rai. les morts sur la place.

Les autres, effrayés, se retirèrent précipitamment vers la lisière du bois et alors une vive fusillade commença de part et d'autre.

Joseph était un habile tireur.

A chaque coup il abattait un ennemi.

Trois avaient déjà succombé.

Nous attendions dans les transes de l'agonie, l'issue du combat qui n'aurait pas été douteux si les Sauvages avaient eu affaire à un ennemi ordinaire.

Mais Joseph était un terrible adversaire.

Blotti derrière son arbre, à peine avait-il tiré un coup, qu'en une seconde il avait rechargé sou fusil.

Alors, avec un sang-froid admirable, pendant que les balles sifflaient autour de lui et balayaient les feuilles de l'arbre qui l'abritait, il passait tout doucement le canon de son fusil à travers les branches, et, au moment de viser, faisait un grand signe de croix ; puis il ajustait et pressait la détente ; le coup partait et nous pouvions compter un ennemi de moins. . * ^

Chaque fois" que je voyais tomber une nouvelle victime, je ne pouvais réprimer un indicible tressaillement d'ivres3e.

Le plomb de Joseph venait de frapper un quatrième ennemi.

Nous commencions à avoir quelqu' espérance, lorsque nous vîmes un des Sauvages se glisser en rampant derrière lui.

Le serpent ne s'avance pas vers son ennemi avec plu s de ruse et d'adresse.

Sans faire rouler un caillou, sans froisser une feuille, il s'approchait lentement se cachant tantôt derrière une petite élévation, tantôt derrière une touffe de broussailles, ne se hasardant qu'au moment où il voyait Joseph tout entier occupé à viser.

Enfin îl arriva à deux pas de lui sans avoir été découvert.

Alors il s'arrêta et attendit que Joseph eût rechargé son arme.

Sans rien soupçonner, celui-ci élevait, un moment après, son fusil à son épaule pour viser, lorsque nous le vîmes abaisser- tout à coup son arme et se retourner.

Il avait cru entendre un léger frôleùient derrière lui.

Elevant un peu la tête, il écouta un instant ; puis se penche à droite et à gauche ; mais sans rien apercevoir, car le Sauvage était couché à plat ventre derrière un tas de branches.

Entièrement rassuré de ce côté, il se retourna et appuya de nouveau la crosse de son fusil sur son épaule. Mais en même temps le Sauvage, avec un sourire infernal, se redressait de toute°6a hauteur.

LES PIONNIERS

Au moment où Joseph s'apprêtait à immoler un nouvel ennemi, l'Indien brandissait son couteau.

Un dernier coup de fusil retentit, une dernière victime tomba; mais Joseph tomba aussi, frappé au cœur par son lâche ennemi.

Après lui avoir enlevé la chevelure, il le dépouilla de ses vêtement et s'en revêtit.

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