DÉPART
Un jour, il lui fut donné de réaliser de son adolescence.
Oh ! comme son cœur palpita d'une it able émotion, lorsque, pour la première leva devant ses yeux, du sein des mers, lî terre d'Europe tout enluminée en ce moai les splendeurs du couchant !
Oh ! ne l'aimez-vous pas comme moi cette voix éternelle, vous qui êtes nés et qui avez grandi, comme moi, sur ses larges grèves ?
Votre âme ne semble-t-elle pas veuve de son bonheur dès que votre oreille n'est plus bercée par sa rauque chanson ?
Plongé uans de suaves rêveries, il écoutait ce verbe intime qui parle tout bas au fond de l'àme dans la solitude, et s'éprenait d'un immense amour pour toute cette grande nature.
Non. se disait-il à lui-même, eu s'éveillant de ces extases, pour l'enfant de ces beaux rivages, il n'est- aucun lieu sur la terre, qui puisse oifrir tant de charmes à tous ses sens et où son cœur puisse prendre une aussi forte racine.
Mais parfois involontairement il se prenait à
Nouveau Chactas, — il visita tour à toa
Et cette fière iie, volcan d'industrie, sw retentissante des siiïfements de la vapeur, jours ceinte d'un bandeau de brouillar fumée ; 'où siège le moderne Adamastor d gigantesques mains étreigneut les mondes, le souffle jette aux quatre vents, comn poussière, les flottes de ses infatigables en
Et cette belle terre de France, berceau ancêtres, le plus beau royaume après ce ciel ;
Et la molle Italie, cachant à peine »
sures et ses rides sous son crêpe de gloire, traîne aujourd'hui, l'ingrate, dans la &t révolutions;
Et toutes ces plages semées de grandes c — et toutes ces oasis enchantées :
Paris, la grande capitale, — la coupe de venin de l'humanité, — la sirène em resse qui, le front couronné d'un diadème lais et de chefs-d'œuvre, soupire sans < l'oreille fascinée des peuples ses chant ques et perfides j
Et Versailles avec ses jardins royaux, charmilles, et ses voluptueux Trianons, allée sombreuses et solitaires où se pronu core, attentive au bruit des cascatelles, au d'une cour 4e statues, l'ombuedu grand
Et Gênes, 1a ville de marbre, la reine i veuvage $
FANTAISIE
lie Florence étincelante aux pieds des comme un diamant au fond d'une
ermeil.
Rome sur les ruines du Colysée, il 3 grandes ombres des Martyrs et des tains ; et entendit les voix étranges et jes des sept collines s'entretenant éterentre elles des destinées du monde, iples et les merveilles de son golfe, où Ischia, Procida, Caprée, les perles Tyrrhénienne, enchâssées par le flot collier de diamant.
;na ses vagues rêveries sur toute cette haque pas réveille un souvenir :
grotte de Pausilippe aux palais de
îes de Castellamare, à la plage de
Misène où chantait Corinne à l'omtronniers et des amandiers roses, au Pouzzole où abordait, captif, l'Apôtre
:re de la Sibylle, au bois sacré où la r innle cueillait le rameau d'or.
t le Vésuve, et vit bouillonner la lave î son cratère enflammé.
réveillèrent un moment les échos en- .ns les ruines de Pompéi, où seuls*au- Re glissent les lézards parmi des flots t de silence.
;, sous sa main, tressaillir encore d'ef-
Ron linceul de cendres, la cité-squerue du monstre qui l'engloutit pendant ècles.
'où vient qu'au milieu de toutes ces i de la nature et des arts, sur toutes . où l'ëgarait sa course aventureuse, — ; qu'il sentait tout à coup la tristesse son front et le froid lui monter au
3Pt que l'air qu'il respirait, — ie rayon teintes chaudes noyaient 1 horizon et ffleurer sa paupière, — les parfums que ait la brise avaient passé sur d'impures s'exhalent incessamment des miasmes nt la mort.
jue partout se dressait devant lui le udeux d'une société pourrie j — ulcère — cadavre fétide auquel une dernière galvanique communique un reste vie; aux formes grêles, au front imbécile, hâve et livide, au regard glauque et suant le vice et la débauche à travers voltairieone.
ez-vous, là-bas, branlant une tête dérre du vin de tous les crimes, et che-
minant à travers le siècle en écorchant, à chaque pas, ses membres chancelants sur les débris des croix et des sceptres?
Entendez-vous au sein de la nuit, sa voix qui tinte comme un glas funèbre, bavant d'une lèvre édentée le blasphème et le sarcasme : Ils nesontplus, s'écrie-t-il,
" Ils ne sont vins ces jours, oh d'an siècle barbare
Naquit un siècle d'or, plus fertile et pluB beau 1
Où le vieil univers fendit avec Lazare
De son front rajeuni la pierre du tombeau 1
Ils ne sont vins ces jours où nos vieilles romances
Ouvraient leurs ailes d'or vers leur monde enchanté !
Où tous nos monuments et toutes nos croyances
Portaient le manteau blanc de leur virginité 1
Où le palais du prince et la maison du prêtre,
Portant la même croix sur leur front radieux,
Sortaient de la montagne en regardant les oieux !
Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et Saint-Pierre,
S'agenouillant au loin, dans leurs robes de pierre,
Sur l'orgue universel des peuples prosternés
Entonnaient l'hos.inna des siècles nouveau-nés !
Le temps où se faisait tout ce qu'a dit l'histoire,
Où sur les saints autels, les crucifix d'ivoire
Ouvraient des bras sans tache et blancs comme le lait,
Où la vie était jeune, où la mort espérait!
Dors-tu content, Voltaire, erton hideux souriro Voltige-t-il encore sur tes os décharnés t Ton tiède était, dit-on, trop jeune pour te lire ; Le nôtre doit te plaire et tes hommes sont nés. 11 est tombé sur nous cet édifice imuionse Que de tes larges mains tu sapais nuit et jonjr. La mort devait l'attendre avec impatience Pendant quatre-vingts ans que tu lui fis la cour.
Ne quittes- tu jamais ta demeure infernal*
Pour t'en "aller tout seul promener ton front pâle Dans un cloître désert ou dans un vieux château ? Que te disent alors tous ces grands corps sans vie t Ces murs silencieux, oes autels désolés, Que pour l'éternité ton souffle a dépeuplée?
Que te disent les croix ? que te dit le Mossie ? Oh 1 saigne- t-il enoor, quand pour le déclouer^ Sur son arbre tremblant oomme une fleur flétrie, Ton spectre dans la ouït revient le secouer ? "
Et le monstre, en vomissant ces blasphèmes, a poussé des ricanements d'enfer.
Ah ! fuyons, fuyons cette terre maudite de crainte d'être enveloppé dans le châtiment terrible qui va fondre sur elle.
Ne voyez-vous jjas déjà, dans la nuit, la main rophétique, traçant en caractères de feiv sur a muraille du temps, la sentence de mort de Balthazar ?
Ne voyez- vous pas déjà les nuages de la tempête, chargés de grêle et de foudre, s'amonceler à l'horizon ?
Déjà l'éclair en longs serpents, sillonne la nue et le tonnerre gronde dans le lointain.
Une lueur blafarde ensanglante le firmament r
C'est le feu du ciel qui va consumer Sodot
FANTAISIE
Ah ! fuyons, fuyons sans même oser détourner la tête vers les cité:) infâmes de crainte «l'irriter le Seigneur.