‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 162 sur 196 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

Air : Le Fil de la Vierge.

oir où vécut tant d'heureux jours mon père ;

Séjour béni, ive enoore et ma sœur et ma mère,

Couple chéri ; lu passé la douce souvenance :

L'éclat vermeil 1 où brilla de ma première enfance

Le beau soleil,

s enivrants, mes courses, mes longs rêves

Au bruit du vent, des forôts, au tord des larges grèves

Du Saint-Laurent « de candeur, où tout dans la nature

Et dans mon cœur "hymne saint des anges, le murmure

Du vrai bonheur.

les du jardin, ombreuses avenues

Que tant de fois, .

; âge d'or, mes pas ont parcourues ;

Célestes voix •s, des oiseaux cachés parmi les roses,

Ou dans les lis, rous alors les merveilleuses choses

Du paradis ?

ur la montagne, où le soleil poudroie

Mes pas rêveurs nt les sentters où la mousse verdoie

Parmi les fleurs, des bois, de la mer qui sommeille

Le grand soupir, û m'environne en mon âme réveille

Un souvenir.

Voici la croix sainte où s'agenouillait mon père ;

A son côté Pressant du chapelet les grains bénis, ma mère

Disait l'Ave ; Et d'enfantines voix, poursuivant le cantique

De Gabriel,

Livraient au vent dm soir leur prière angélique A l'Eternel.

Quand l'hiver déployait sa robe virginale,

Qu'étincelait Dans ses sjllendides nuits l'aurore boréale,

On médisait:

Enfant, vois-tu tomber les étoiles filantes,

Du ciel si beau?

De tes illusions en ton âme expirantes,

C'est le tombeau.

Dispersés par le vent de cette amère vie,

Chaque printemps Ramène au vieux manoir une troupe ravie

De ses enfants.

Frères, sœurs, puissions-nous autour de notre mère

Encor longtemps Réunis, couronner d'un main tendre et fi ère

Ses oheveux blancs.

Mais d'où vient qu'un nuage assombrit ma paupière,

Noire vapeur ?

Hélas ! je vois là-bas la croix du cimetière,

Et j'ai frayeur.

Quand j'entendrai la voix du ministre suprême

Me dire : adieu !

Faites-moi retrouver tous ceux que mon cœur aime

Au ciel, mon Dieu !

Airvault, 1er juin 1869.

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