LES JUMEAUX
LÉGEXDE.
Qu'ils étaient beaux à voir an jour de leur baptême Dans 1 eurs langes de soie et leur voile tout blanc En faisant sur leur front Ponction du saint-chrême, Le prêtre souriait d'aise en les admirant.
Si pareilles étaient leurs figures de roses, Leurs prunelles d'azur, leurs lèvres demi-closes !
Quand ils dormaient tous deux dans leur petit bertWB, Aussi frais que deux lis entrouverts dans un vase, Leur mère ne savait quel était le plus beau.
Sur leur tête penchée, elle était en extase, Cherchant à deviner des yeux et de la main, Lequel était Joseph et lequel Benjamin.
Ils grandirent ensemble ; ensemble ils easayerent Leurs premiers petits pas. Ensemble ils gtsouUlèreBt Leur première parole. Ils dormaient dans les bras L'un de l'autre, et maiigeaieut côte-à-côte au repas. A voir ce double amour -et cette ressemblance, On eût dit en deux corps une même existence.
Les vieillards du village, assis sous les ormeaux, Les regardaient passer : " Voici nos deux jumeaux," Disaient ils souriant d'un ton qui les arrête, Posant pour les bénir leurs deux mains sur leur tête.
Le dimanche, à l'église, en beaux snrplisue lin, Chacun d'enx, dans le chœur, semblait un séraphin. Les chantres se taisaient, quand leurs voix angéliqotf- Entonnaient une au tienne, on quelques saints caution*
Vint pour eux le grand jour. Ensemble agenouillai Pour la première fois à la table suprême, Recueillis et fervents,, les yeux de pleurs mouillés, Us reçurent le pain des anges, Dieu lui-même.
POÉSIES
ifiétait de lenr âme en lenrs yenx :
it briller les élns dans les pieux, enr mère était rayonnante d'ivresse.
es montrait an sortir de la messe, ; " Voyez combien il sout heureux ! " 3 venaient les embrasser tons deux.
Dême jonr, an bord de la rivière, i denx jnmeanx sortant de la prière, lir d'entendre et lenr rire et leurs chants, ir s'aninser s'arrêtaient les passants, ifants guidaient lenrs petites nacelles lient sur l'ean comme des hirondelles, la rive, ils suivaient attentifs lntiou, chaqne élau des esqnifs, oup de vent fond sur le plus grand navire, che à l'onde, il chancelle, il chavire, i courant. Le petit Benjamin, In danger, une perche à la main, n pour l'atteindre. Il l'approche, il le rase, à coup sou pied glisse et fuit sur la vase.
8 font entendre, et l'enfant disparaît, t hors de lui, s'élance comme nu trait, son frère ; il l'étreint, il l'embrasse.
on les voit flotter à la snrface ; b engloutis. Un cris d'effroi .parcourt
" Les bessons sout noyés ! " ou accourt, Un plongeur se jette à la rivière, t revient bieutôt à la lumière re ses bras les deux jeunes enfants a sans vie aux pieds de lenrs parents, ortunée est là, d'angoisse folle, les cheveux, sourde à toute parole, ou s'empresse, ou s'épuise en efforts.
u espoir ? tons les denx sont-ils morts 1 ont paraît n'être qu'en léthargie.
i de soins ; il revient à la vie.
ie nu seul mot s'échappe : " Benjamin !
oi Benjamin ! " On le retient eu vain ; en délire anx restes de son frère.
Jons, ni larmes, ni prière l'éloigner ; et la fièvre an cervean, à grands cris son frère on le tombeau.
in, lorsqne reparut la lumière, ira eaux gisaient sur leur couche dernière, tout entier fut plongé daus le deuil ; irer autour de ce double cercueil, encor leur tombe an coin du cimetière ; casserait sans dire une prière.
25 Jnin 1873.