LE PRISONNIER DE CHILLON
g( nio éternel de l'Ame indépendants, Liberté, nulle part tu n'es aussi brillants Qu'au sein des noirs caobot»! car la c'est du» la MB
La eccur que ton amour seul librement enchaîne. il da leur chaîne,
Et <iuan
)■ fils ri
mphe pn*
(I) Amen]
. 1874, j'ai visité!
la véracité dos détails qui précèdent.
Les donjons du château servent anoure aujourd'hui de prison; les sallea des prino;s sont remplis par les canons rayée de l'artillerie helvétique.
Par uns dos fenêtres da la forteresse, j'aperçus la petits île qui s'élève à peu de distance, du coté ds Villeneuve. Elle pnrte encore les trois ormeaux dont parle Byron à ia En Je son poème. Dans la prison de banni- Tard, le guide m'indiqua le nom du poète gravé sur une des colonnes; et sur la cinquième, l'anneau de la chsiati qui relouait la prisonnier.
Leur martyre l'assun S'urrachanl par la m Comme le papillon brisant sa chrysalide.
Leur âme Ta répandre aux quatre vont! des aïs Sur la patrîo saolavo un souffle généreux Qui (ait partout surgir la Ëcre indépendants- CUillunl vieux chûteiu qui vît tant de sooffr Ton triata caobot est désormais immortel.
Ta muraille ost un temple et ton sol un autel. Du sang do Bonnivard tu portes lu empreinte!
Tes lourds onnoaux de fer, tes pierre» en sont t Que jamais effacé ea sang élève au ciel Contre tous les tirons an sanglot éternel.
Ils ne m'ont pas blanchi da soir aa lardera Dana une seule nuit d'horreur on de ohagrii Mon sang s'est refroidi dam ma* Tsiites ni Et mes traiti desséchés sont creuses par 1' Mes membres sont courbés, mal) non par lia ont perda leur foroe en d'ignobles re; Je vis dans nneoebot, enseveli sans ter- Comme tes criminels, priïé d'air, ds lui Mon crime est de garder la toi damée Plus fort que les t.jra.is, mon poro m
Six fiôree, nu vieillard ont Bcell La foi sainte qu'en sain l'un vt L'nn d'eux sur un liûcher, deux Trois dans cette prisornout troi Seul, je u'ui pu périr dum ea s.
Et j'iitteuda que la mort de ui
POÉSIES
silence partout, et végétation » en moi, sans vie et sans extinction.
able à la mer morte, un océan stérile, ténébreux, apathique, immobile.
leur pénètre à travers mon cerveau,
>u réalité Serait-ce un chant d'oiseau?
w, puis reprend sa vague mélodie, i comme un chant d'un céleste génie.
le, autour de moi je laisse errer mes yeux, ut apercevoir quelqu'envoyé des oieux.
•d, je ne vis rien, ni trace de supplice, mon triste état l'apparence ou l'indice.
nés sens remontant par pénible degré, >8 impressions le cours désespéré, cas le pavé do mon sombre repaire, roûtei sur moi pesant comme naguère; 'ers la crevasse et toujours vacillant ron de soleil et l'oiseau gazouillant, s et moins craintif, dans la noire ouverture il avait posé son pied sur la ramure, is beau des oiseaux de la terre ou des oieux, ; de l'arc-en-ciel les rayons merveilleux, liles d'azur et corsage de roses , ant mélodieux qui disait mille choses, cane pour moi. Je n'ai vu qu'un moment reverrai plus ce petit être aimant, îait-il, comme moi, quelqu'&me affectueuse ?
a sienne était loin d'être aussi malheureuse. are où nul des miens n'était là pour m'aimer, rendait du ciel vers moi pour me charmer.
>parition, avec sa mélodie, id de ce donjon, me rendaient à la vie.
il depuis peu repris sa liberté, Ait-il gémir sur ma captivité ?......
I petit oiseau, je connais trop la mienne, ou8 ses tourments, pour désirer la tienne !
srns qu'il pouvait, sous ce déguisement, a paradis un messager charmant,
une (Que le ciel pardonne à mon délire
user qui me fit soupirer et sourire)
une de mon frère Hélas ! il prit son vol,
abandonna seu\ et gisant sur le sol.
vis bien alors qu'il n'était pas mon frère :
m'eût pas laissé deux fois seul sur la terre,
somme le oadavre entouré du linceul,
le l'algue jouet de la tempête, seul
îe, dans un ciel pur, un livide nuage
ouragan prochain le sinistre présage.
langeaient marqué se fit autour de moi; geôliers observaient une plus douce loi.
)as qu'à la pitié leur cœur fut accessible; y connaissaient plus une corde sensible, je n'en pus douter ..—.On ne rattacha pas nneaax de ma chalut , et souvent de mes pas
J'aimais à réveiller les échos do mes voûtes, Dans ces longs corridors à tracer mille routes. Puis je longeais ces murs, et je faisais le tour De chacun des piliers ; mais à chaque retour, J'évitais de fouler les tombes de mes frères ; Et lorsque, par oubli, mes pas touchaient ces pierres, Je sentais tout-à-coup mes membres tressaillir, Mes regards se voiler, et mon oœur défaillir.
La base du donjon est nu roc qui s'éraille;'
Je creusai des gradius au flanc de la muraille,
Non pas pour m'échapper ; car j'avais inhumé
Drus ce so a terrai u tout ce que j'avais aimée
Dès lors, la liberté me semblait nue charge,
La terre tout entière une prisou plus large.
Je n'avais rien de cher en dehors de prison ;
Et j'en- étais content; j'eus perdu la raison.
Mais j'aimais à gravir jusqu'à la meurtrière
Pour contempler encor l'horizon, la lumière,
Et réjouir mon âme en reposant mes yeux
Sur les sommets lointains qui dormaient dans les cieux.
De leur aspect je fus longtemps à me repaître ;
Il u'étaieut pas changés comme je devais l'être :
Toujours leur blanc linceul de neige sur leur front
Toujours, baiguaut leurs pieds, le lac large et profond,
Et le lihône y versant ses flots bleus et limpides.
J'entendais les. torrents, dans leurs courses rapides
Bondir sur les rochers/ entraîner les buissons.
Je voyais les. coteaux dorés par les moissons,
Les murs, les blanches tours de la ville distante,
Et les esquifs glissant sons leur voile éclatante.
Puis une petite lie en face du châtean,
La* seule que je vis sur cette nappe d'eau.
Elle ne semblait pas avoir plus d'étendue
Que le sol du donjon ; mais elle était perdue
Sous nu épais tapis de verdure et de fleurs
Qui miraient daus les flots leurs riantes couleurs.
Trois superbes ormeaux, enfants de la campagne,
T berçaient leur feuillage au vent de la moutagne.
A mes pieds, je voyais nager au fond des eaux
Les poissons qui semblaient aussi joyeux que beaux.
Jamais je n'avais vu l'aigle, au milieu des nues,
Plus agile, éployer ses ailes éperdues;
Jamais ni les oiseaux, ni la brise des bois
Ne m'avaient tant ému de leur suave voix.
Et nies yeux tout-à-conp se remplirent de larmes ;
Je sentie un grand trouble à l'aspect de ces charmes.
Et j'eus presqu'un regret d'avoir abandonné,
Un instant, la colonne où j'étais enchaîné.
Quand je redesceudis sous les voûtes funèbres,
Je ne pus supporter l'horreur de lenrs téuèbres,
Et je seutis sur moi retomber leur fardeau,
Comme nue terre fraîche au-dessus d'un tombeau.
Et pourtant, éblouis de ces vives lumières,
Mes yeux avaient besoin de fermer leurs paupières.
ce
POÉSIES
A la i>laco du lait de* chèvres de montagne, Noub buvions l'oau puisée au fossé de ce bagne ; Et nous mangions ce pain, triste ami des malheurs, Que tous les prisonniers ont trempé de leurs pleurs, Depuis tant de mille ans que les hommes coupables Ont osé dans les fers renfermer leurs semblables. Mais à lui comme à nous qu'importait cette horreur? Un autre mal rongeait ses membres et son cœur. Son âme était coulée en ces étranges moules Qui no peuvent souffrir les palais ou les foules. 11 leur faut l'horizm, l'air pur, la liberté. Mais pourquoi plus longtemps taire la vérité?
Il mourut .je le vis, et de ma main tremblante
Je ne pus soutenir sa tête défaillante.
Je ne pus l'arroser de mes larmes; en vain , J'essayai de saisir sa pale et froide main.
Aussi bien que mes cris mes forces furent vaines.
Il mourut ks geôliers détachèrent ses chaînes,
Et creusèrent au fond de ce noir souterrain Une fosse profonde, humide, horrible ; en vain Je priai les geôliers d'accorder à men frère Une tombe on un lieu qu'éclairât la lumière.
C'était uno pensée absurde ; cependant Je ne pus l'arracher de mon cerveau brûlant; Je croyais que cette âme aventureuse et £ère Ne serait jamais libre en oette froide bière. Ils reçurent mes vœux par un rire glacial.
Et jetèrent le corps dans ce trou sépulcral.
Un sol plat, sans gazon, où nul ne s'agenouille, Recouvre maintenant oette chère dépouille.
Seul témoin du forfait laissé par le bourreau, Sa chaîne vide pend au-dessus du tombeau.
Mais lui, le favori, la fleur de la famille,
Naïf et délioat comme une jeune fille,
Le plus aimé de tous depuis ses premiers ans,
L'âme de notre mère aveo ses traits charmants,
De son père nnrtyr la joie et l'espérance,
Lui pour qui seul j'aimais enoore l'existence,
Pour qui seul j'espérais la fin de ce malheur,
Des jours de liberté, peut-être de bonheur,
Ce frère aussi perdit sa gaité naturelle.
En vain il s'épuisait en bonté fraternelle,
Je le vis se courber au vent de la douleur,
Ainsi que sur sa tige une brillante fleur.
O Dieu ! que le trépas est rempli d'épouvante
Quello quo soit la forme ou l'aspect qu'il présente !
J'ai vu l'homme expirer parmi des flots de sang,
Je l'ai vu disparaître au fond de l'océan,
Les membres agités, la tôte convulsive.
Lorsque du criminel le ohàtiment arrive,
Je l'ai vu sur sa couche ou devant l'éohafaud
Le visage livide à l'aspect du tombeau.
C'était chose hideuse loi, rien de semblable.
Un trépas assuré, mais lent, impitoyable. ^ Il vit venir la mort, toujours calme et serein,
Aimable en sa langueur ot doux jusqu'à la fin,
Dévoué chaque jour avec de nouveaux charmes,
Et gardant pour moi seul ses soupirs et ses larmes,
La fraîcheur ce s'a joue et l'éclat de son teint
Qui, si près do la nuit laissaient croiro au matin,
Pâlirent lentement autour do son visage,
Ainsi que l'arc-en-ciel à la fin de l'orage.
Et son regard restait si transparent, si beau,
Qu'on eût dit à le voir la lampe du cachot.
Du re.-tc, ni retour, ni parole ulcérée
Pour pleurer aveo moi sa fin prématurée.
Vois des jours plus heureux un vague souvenir;
Pour m'animer, un mot d'espoir en l'avenir;
Car j'étais aLl.né d. ns un morne silence
A ce dernier malheur pour moi le plus immense.
Cependant s'approchait la mort ; chaque soupir Quo sa poitrine en feu ne pouvait retenir, Devint plus lent, plus rare, et j'entendais à peino Le murmure étouffé de sa mourante baleine.
Puis, je n'entendis rien. J'appelai; oar la peur Me donnait le vertige. Hélas l nulle lueur
D'espoir ne me i estait. J'appelai le silence
Seul me répondit; puis un soupir Je m'élance
£t je brise mes fers d'ur» bond désespéré
Il n'était plus là Seul, j'errais incarcéré,
Respirant d'un tombeau l'atmosphère malsaine. La seule, la dernière et la plus douce chaîne Qui me retenait loin du rivage éternel Venait de se briser dans cet antre cruel.
De mes deux frères, l'un sommeillait sous la terre, L'autre gisait dessus. D'une étreinte dernière J'embrassai sa dépouille, et je pressai sa main......
Plus froide était, la mienne Et penché sur soniwn,
Je restai demi mort, et l'âme en défaillance, Aveo cette navrante et vague souvenance Que tout ce qui fût cher est perdu pour toujours. Pourquoi n'étais-je pas au dernier de mes jouis ? Plus d'espoir ici-bas; la foi seule subsiste: Elle me défendait une mort égoïste.
Que m'advint-il alors ? Je no m'en souviens plus» Tout flotte en mon esprit incertain et confias. C'est d'abord une absence et d'air et de lumière, Des ténèbres enfin. J'étais comme une pierre Au fond de ces monceaux de pierres : ni penser,
Ni sentiment plus rien tout semblait segta*-
Au dedans, au dehors. De ma propre existence J'ignore si j'avais même la conscience :
Ainsi git un roc nu dans la brame, sans bruit. Ce n'était pas le jour, ce n'était pas là nuit : Pas même du cachot le orépusoule pâle, L'odieuse lumière à mes yeux si fatale.
On eût dit le néant ou semblable milieu, Vide absorbant l'espace et fixité sans lieu.
Ni temps, ni ciel, ni terré an fond de oet abîme, Nul acte, nul arrêt, nulle rertu, qui crime.
POÉSIES
ilence partout, et végétation » en moi, sans vie et sans extinction.
ible à la mer morte, un océan stérile, ténébreux, apathique, immobile.
eur pénètre à travers mon cerveau,
>u réalité ...... Serait-ce un chant d'oiseau?
e, puis reprend sa vague mélodie,
comme un chant d'un céleste génie.
s, autour de moi je laisse errer mes yeux,
ït apercevoir quelqu'envoyé des ci eux.
d, je ne vis rien, ni trace de supplice,
mon triste état l'apparence ou l'indice.
oas sens remontant par pénible degré,
s impressions le cours désespéré,
sus le pavé do mon sombre repaire,
routes sur moi pesant comme naguère;
ers la crevasse et toujours vacillant
on de soleil et l'oiseau gazouillant,
c et moins craintif, dans la noire ouverture
il avait posé son pied sur la ramure.
s beau des oiseaux de la terre ou des cieux,
de l'arc-en-ciel les rayons merveilleux,
Iles d'azur et corsage de roses ,
rat mélodieux qui disait mille choses,
suoe pour moi. Je n'ai vu qu'un moment
reverrai plus ce petit être aimant.
tait-il, comme moi, quelqu'&me affectueuse ?
i sienne était loin d'être aussi malheureuse»
ire où nul des miens n'était là pour m'aimer,
endait du oiel vers moi pour me charmer.
parition, avec sa mélodie,
d de ce donjon, me rendaient à la vie.
il depuis peu repris sa liberté,
ait-il gémir sur ma captivité ?......
petit oiseau, je connais trop la mienne, tas ses tourments, pour désirer la tienne!
rus qu'il pouvait, sous ce déguisement, t paradis un messager charmant,
me (Que le ciel pardonne à mon délire
iser qui me fit soupirer et sourire)
me de mon frère Hélas ! il prit son vol,
abandonna seul et gisant sur le sol.
ris bien alors qu'il n'était pas mon frère :
m'eût pas laissé deux fois seul sur la terre,
omme le cadavre entouré du linceul,
ï l'algue jouet de la tempête, seul
a, dans un ciel pur, un livide nuage
mragan prochain le sinistre présage.