‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 193 sur 196 · ALLOCUTION AUX MILICES CANADIENNES · texte numérisé non relu

ALLOCUTION AUX MILICES CANADIENNES

Est-il besoin de tous faire remarquer la beauté, la magnificence du spectacle que tous offrez en ce moment par cet acte de piété qui tous réunit autour de cet autel ? La messe célébrée dans un camp, c'est là un spectacle unique par sa grandeur et devant lequel aucun homme d^ intelligence et de cœur ne peut rester insensible, surtout quand il ee déroule dans un pareil lieu ; sur ce rivage si pittoresque, avec ses champs de verdure, ses bosquets d'arbres, ses coteaux qui s'élèvent jusqu'ici, comme un vaste amphithéâtre d'où l'on découvre un des plus beaux points de vue du monde. ïout ici est plein de majesté et d'harmonie : cet autel rustique, orné de drapeaux, dressé] au Dieu des armées: sur l'autel la croix et l'épée qui s'unissent et brillent ensemble : le prêtre, vêtu des ornements sacrés, qui domine toute la scène et qui va, dans un instant, élever l'Auguste Victime au-dessus des fronts prosternés: autour de lui pressés comme à l'assaut, avec leurs baïonnettes qui étincellent, avec leurs sabres qui brillent aux rayons du soleil, les bataillons d'infanterie, l'artillerie, les escadrons de cavalerie, tous prosternés dans la même prière : deux accents dej cette prière sublime, les fanfares militaires, les roulements du tambour qui font retentir les échos et se mêlent à la grande voix du canon qui fait trembler la terre.

A deux pas d'ici, la forêt qui balance dans les airs ses rameaux embaumés, F érable national qui agite devant nous son feuillage symbolique. Au loin, tout autour, fermant l'horizon, les grandes montagnes qui ouvrent, tout près de nous, à nos pieds, leurs bras gigantesques pour laisser passer le plus beau fleuve du monde. C'est cette immense nature qui sert eh ce moment, d'autel pour le sacrifice.

Peut-on imaginer un spectacle plus capable d'élever l'âme vers Dieu! L'homme parle à quelques hommes par les sens, Dieu seul parle

à tous par l'âme. L'esprit de Diea domine tous les esprits. 1 " Quand vous serez réunis M- j semble pour prier, dit-il, mon esprit sera an ml»] lieu de vous.'' Soldats, l'esprit de Dieu est ; milieu de vous, précisément parce que êtes réunis, réunis comme chrétiens et soldats, parce que vous placez l'épée à cété< la croix.

Nous ne craignons pas de l'affirmer : si, vous relevant de cette prière, après avoir bénis par la main du prêtre, vos batail avaient à rencontrer l'ennemi, ils seraient phi] terribles, plus redoutables, qu'en tout ut») temps. Qu'on nous montre, dans les livres di l'antiquité, une harangue de général plus &• quente que la bénédiction de Dieu.

Et maintenant, ô Dieu des armées, rosît»

souverain de la guerre et de la paix, qui dissipe» les complots, qui calmez les tempêtes, qui brises, quand vous le voulez, le glaive tiré pour le combat : Qui conieri8 bella, venez, à ma voix, descendre sur cet autel, venez bénir vous-même cette armée, rendez-la terrible à tous les enoemii de la paix, de l'ordre, du repos public, à toi» ceux qui, jaloux de notre gloire et de notre jprosperité, tenteraient de les troubler : Ad dissipa*das génies quœ bella volunt. Que les armes portées par ces soldats deviennent un gage de paix et de sécurité pour la patrie. ES qu'en saluant, à leur retour de ces exercices de discipline, ces généreux enfants, le Canada, rendant grâce à Dieu, puisse dire avec un orgueil légir time : Au jour du combat, ils seront les dignesfils des héros de Carillon, de Sainte Foye et de* Châteauguay.

Àinsi-soit-il.

1 Le Colonel Ambert.

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