‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 2 sur 196 · COLLEGE · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

Il existe au monastère des Ursulines de Québec un petit tableau qui rappelle une touchante tradition des premiers temps du Canada r c'est e peinture, faite par un artiste canadien, d'aèa d'anciens croquis conservés depuis longues années au monastère. Le sujet, du reste, en est bien connu j car un grand nombre d'élèvea des Ursulines en ont crayonné des miniatures que retrouvons aujourd'hui suspendues dans leurs salons

uile représente l'antique forêt qui couronnait le promontoire de Québec à la naissance de la colonie. Au centre du tableau s'élève, à trai les érables et les grands pins, le premier monastère fondé, en 1641, par Madame de la Peltrie. 1 Sur l'avant-scène se dessine, en perspective, la maison que cette fondatrice fit bâtir, Kur son propre usage, trois années plus tard, espace compris entre ces deux édifices est ccupé par un champ défriché entouré d'une ■lissade 3 , où l'on voit naître un troupeau de lebis. A gauche du tableau, une large issue *ree la forêt: c'est la Grande Allée, devenue, «puis, la rue Saint-Louis, qui conduisait alors U village de Sillcry. Deux cavaliers, vêtus à i Louis XIV, se rencontrent sur cette voie:

in est M. d'Aillebout, gouverneur de la colonie, l'autre M. Du Plessis-Iîochart, .gouverneur s Trois-Rivicres. Ils sont interrompus au mira de leur conversation par un chef sauvage li leur présente une peau de castor.

A quelques pas de son habitation, Madame de I Peltrie se tient debout auprès d'un autre chef lavage qui l'écoute, la tête inclinée dans l'attiuje du plus profond respect, pendant que, d'un t plein de noblesse et d'autorité, elle l'instruit ■ saintes vérités de la foi. Celte scène contraste Imirabletnent avec une autre qui se paafie à x pas de là : c'est un guerrier sauvage qui, an air dédaigneux et impératif, donne îles

' I* mODMttre dee Unnlinfla fat incendié la 31 imbre 1660, rebâti i'aonéo euivante, incendié de «■ •" lflMp «t raeonitrait peu de tempe tpreï.

ordres à une sauvagesse qui parait être sa femme, mais qu'a son attitude soumise et humiliée, ou prendrait plutôt pour une esclave. A elles seules, ces deux scènes formeraient un tableau. Un y voit, en présence les deux religions : le paganisme et la religion du Christ. L'une qui, par l'orgueil, abaisse l'homme jusqu'à la férocité, et abrutit la femme en la rendant esclave ; l'autre qui humanise et relève l'homme par l'humiliation, et ennoblit la femme en lui mettant au front l'auréole de la wuoteté.

Non loin de ce groupe, un missionnaire, ■ après avoir visité qnelq.K's ur ânes de sauvages réunies autour de la maison d« Madame de la Peltrie, s'acheni::if dans un petit sentier qui s'enfonce sous le sombres arca ifs de la forêt.

L'heureux rapprochement de ces cabanes de sauvages du monastère des Vierges chrétiennes est plein d'harmonies. Ces farouches Indiens, devenus plus doux qne des agneaux, i't dont les tentes se dressent autour de cette pub-sade où paissent des brebis, symlioles des Vierges du* cloître, n'offrent-ils pas L'accomplissement de la prophétie d'Isaïe : On verra te loup cl lu hretne habiter ensemble; te. lion et le léopard reposer auprès de l'agneau ?

Mais ce qui surtout- attire et charme les regards dans ce tableau, c'est un groupe de jeunes enfants attentives aux leçons d'une religieuse que l'on voit, 1 â droite, assise à l'ombre d'un frêne. L'impression qu'éveille cet antique souvenir est d'autant plus - délicieuse et plus vive, qu'en détournant un instant la vue du tableau, on aperçoit encore aujourd'hui, dans l'enceinte du cloître, la tête chenue du vieux frêne bous lequel la tradition nous montre la Vénérable Mère de l'Incarnation catbéchisant les petites sauvagesses, et instruisant les jeunes filles de la colonie. a

Lorsque voub avez étudié, pendant quelques instante, cette peinture, vous demeurez involontairement tout pensif; car elle vous raconte toute l'histoire des^tempa héroïques du Canada,

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