‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 3 sur 196 · Le Père Jjrdme Lalamut · texte numérisé non relu

Le Père Jjrdme Lalamut

2. Ce vétéran de 1» forêt, realé nul debout de 'oui tel eeaopagooni, compte aujourd'hui plui de 300 *•d'ariiteiwtn (N<*n 4t la frtmUre édition.)

U vieux frane a «te imt«m4 par an* tempêta 1

INTRODUCTION

avec ses alternativ s de joies et de sacrifices, d'allégresse et de deuil, de sang et de triomphe-, — l'arrivée des premières ilottilles remontant les taux vierges du Grand Fleuve qui s'étonne de rtliéter le mirage de ce* canots étranges venus d'au delà du grand lac; l'admiration des naturels du pays, se penchant au-dessus des caps et s'avauç mt parmi les joncs du rivage pour contempler ces hommes d'une autre race qui portent le tonnerre dans leurs mains; — les premiers coups de hache retentissant sous les voûtes «.les bois séculaires. On croit encore entendre le long frémissement qui fit tressaillir les flancs d la lbrét à l'heure où le Verbe de l'Evangile fu annoncé, pour la première fois, sur ces plag s inconnues. Les missionnaires martyrs vous apparaissent, au milieu de cette vision, — comme autrefois le Christ prêchant sur la montagne, — les regards au ciel, les bras étendus, et faisant descendre la rosée du ciel sur les innombrables tribus accourues des extrémités de l'aurore et du couchant pour entendre la bonne nouvelle. Enfin, aprè< un demi-siècle de combats, la Vérité se lève, encore ruisselante du sang de ses martyrs; et l'hymne de la victoire, répété par les échos des Alléganys et des Laurentides, retentit depuis les rivages des grands lacs jusqu'au golfe Saint-Laurent.

Mais au-dessus de toutes les apparitions que fait éclore la- contemplation du tableau des Ursulines, surgit et plane une douce et pure image : c'est la figure de la Vénérable Mère de l'Incarnation, de cette femme forte de l'Evangile, si bien nommée la Thérèse de la Nouvelle-France. C'est autour de cette grande figure que convergent toutes les autres pensées du tableau, que viennent se ranger tous les autres personnages.

Bien souvent, accoudé au mur du monastère, nous nous sommes pris à méditer en face de ces vieux souvenirs ; nous laissant d'autant plus volontiers bercer au charme de leurs silencieux entretiens qu'ils avaient pour nous, comme pour tant d'autres Canadiens, un motif personnel.

Parmi ce groupe d'enfants rangées autour de la Mère de l'Incarnation, il nous semblait reconnaître une de nos ancêtres, qui eut le bonheur de recevoir ses saintes leçons, et de contempler ses grands exemples. Aussi cette histoire est-elle, à la fois, pour nous, une œuvre de reconnaissance, et un faible monument élevé à la mémoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation.

Mais avant d'entreprendre d'écrire sa vie, nous croyons nécessaire de tracer une rapide esquisse du temps où elle a vécu, afin de mieux faire resso^r la grandeur de ce caractère qui nous apparaît entouré de tant d'héroïsme, même au milieu de cette pléiade d'âmes fortes qui ont valu à cette époque la gloire d'être reconnue comme les temps héroïques de la Nouvelle-France.

^'ailleurs la vie de la Mère de l'Incarnation

élément liée à l'histoire des premiers temps

colonie, qu'on ne saurait l'envisager d'une

manière complète, sans avoir présents à l'esprit au moins les événements les plus importants de cette partie de notre histoire.

Notre intention n'est pas cependant de faire J connaître toute l'histoire religieuse de cette -jj époque; mais seulement d'en tracer les princi- ] paux linéaments, et de détacher de cet ensemble . ( les traits les plus saillants.

Avant la découverte du Nouveau Monde, les peuples de l'Amérique étaient dans l'attente d'envoyés qui devaient venir de l'Orient. Les „ enfants du soleil viendront de l'aurore, — annonçaient d'anciennes prophéties, — les sacrifices . humains seront abolis, et les peuples régénérés. ' Cette espérance, dernier lambeau de la révélation, s'est retrouvée chez toutes les nations de" Tunivers; car les ténèbres de l'idolâtrie, amoncelées sur la tête des sociétés, ne purent jamais intercepter entièrement toute lumière venue d'en haut. Chaque peuple, plié sous le joug de l'erreur, est venu, à son tour, secouer ses chaînes devant l'autel invisible du Dieu inconru, et faire éclater le cri de la délivrance. A mesure que l'heure approche, on voit ces lueurs d'espérance se multiplier et s'accroître : ce sont les premiers rayons de l'aube qui précède le grand jour de la Vérité.

Pendant bien des siècles, les enfants de l'extrême Occident, — de cette Atlantide qu'avaient rêvée jadis les Voyants du vieux monde — tournèrent en vain, dans l'attente, leurs regards vers l'Orient.

L'heure n'était pas encore venue.

L'Europe, prédestinée de Dieu pour aller por- j ter le rameau de la croix au nouvel hémisphère, . ; devait d'abord se rendre digne d'un si glorieux ;'5 privilège, et mériter cette gloire en accomplissant.. 3 quelque grande œuvre en faveur de la vérité. . ] Ce jour arriva enfin. 4

Plusieurs fois, à la voix du chef de l'Eglise,.' toute la chrétienté s'était précipitée sur l'Asie 1 pour écraser le Croissant et reconquérir le • i sépulcre du Sauveur. L'enthousiasme de la foi . avait accompli des prodiges d'héroïsme et de dévouement.

C'était le sacrifice exigé de Dieu.

L'Europe chrétienne avait pris la croix pour conquérir un tombeau, en récompense Dieu lui donna tout un monde. x :

En effet, la découverte du continent américain ^j fut l'œuvre des croisades. Le résultat de ces -S grandes expéditions, impénétrable d'abord aux .■ regards des hommes, était prévu dans les desseins-^ de Dieu. Les croisades développèrent cet esprit^; chevaleresque et aventureux qui donna l'impul-.-; sion à une foule de voyageurs, dont un grand. ; nombre pénétrèrent alors jusqu'aux extrémité* de l'Orient. Les récits qu'à leur retour ce voyageurs firent des pays qu'ils avaient çai courus, des merveilles qu'ils avaient admirées.

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