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CHAPITRE PREMIER

Ancêtres do là Mère de l'Incarnation — Son enfance— Sa jeunesse.

11 existe, au centre de la France, une contrée charmante entre toutes celles qui l'environnent, et dont le nom seul réveille d'agréables souvenirs. Le doux pays de la Touraine, qui fut le berceau de plusieurs familles de la Nouvelle-France, a de tout temps 'été célèbre par la fertilité de ses vasteB prairies, la richesse de ses vignobles, la douceur de son climat et l'aménité de ses habitants. Arrosées par l'un des plus beaux fleuves de la France, ses campagnes sont émaillées de riants bocages et de villages pittoresques qui s'élèvent au bord des vallées, ou couronnent les collines dont les courbes harmonieuses se prolongeant au loin jusqu'à l'horizon, encadrent tout le paysage dans un cercle de gracieuses ondulations.

Les grands seigneurs du royaume, attirés par la beauté du pays, aimèrent de tout temps a y • fixer leur séjour; et Pourvoit encore aujourd'hui surgir, du sein des massifs de verdure, les tourelles élancées de leurs antiques châteaux, longtemps aussi les rois de France tinrent leur cour dan 8 la capitale de cette province, qui a été surnommée le jardin de France et le plaisir

des roys. x

La ville de Tours est assise, au milieu de cette belle contrée, sur la rive gauche de la Loire, dont le cours sinueux serpente à travers la plaine, en se dirigeant de l'orient à l'occident.

C'est dans cette ville que vivait, vers la fin du

chrétiennes si puissantes. Le père de la vé rable Marie de l'Incarnation appartenait, par naissance, à la classe moyenne de la société avait été plus enrichi des dons du ciel que ceux de la fortune. Engagé dans le comme des soieries, M. Florent Guyard n'avait réu par son travail, .qu'à se créer une rr\odi aisance ; mais, en revanche, il avait su acqué parmi «es concitoyens, une telle réputation justice et de probité qu'il était souvent ch comme arbitre de leurs différends.

Ces précieuses qualités semblaient hérédita dans cette famille bénie. La réputation de p qu'elle s'était acquise, était si répandue France, qu'en 1485, ce fut à un membre de c famille que fut dévolu l'honneur d'être déf en Italie, auprès du grand solitaire de la Calai Saint François de Paule, et de le ramener France pour consoler les derniers moments roi Louis XI, alors étendu sur sa couche fun< dans son château de Plessis-les-Tours. La ]M de l'Incarnation rappelait plus tard ce pi souvenir de famille à son fils, comme une gi et austère leçon de vertu.

11 Je crois que vous n'ignorez pas que ce notre bisaïeul qui fut envoyé par le roi Louis pour demander Saint François de Paule Pape, et pour l'amener en France. J'en ai 1 entendu parler à mon grand-père ; et même tante, qui est morte lorsque j'avais quinze i avait vu sa grand' mère, fille de ce bisaïeul, la menait souvent à Plessis-les-Tours pour vu ce saint homme, qui* par une pieuse affect faisait le signe de la croix sur le front dets petite en la bénissant. C'est ce qui a touj< donné une grande dévotion à notre fan envers ce grand saint. Mon grand-père t racontait cela fort souvent, afin d'en perpé après lui la mémoire et la dévotion, comra l'avait reçue de son aïeul."

M. Guyard était allié par sa femme à noble famille de France, l'illustre et ancie maison des Babou de la Bourdaisière, a

seizième siècle, une de ces familles patriarcales

à la piété solide et aux mœurs austères^*»* l»idietiag«ée, par les hommes éminents qii'el christianisme seul peut former, et d'où sont donnés à l'Eglise et à l'Etat, sous le règn sorties ces fortes races qui ont rendu les nations François I, que par ses alliances avec les ]

nobles familles du royaume.

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